G7 à Hiroshima : point presse du Président Emmanuel Macron.
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Les Russes prétendent avoir pris le contrôle de Bakhmout. Est-ce que vous avez confirmation de ceci et est-ce que ça ne vient pas un petit peu gâcher la tournée de Monsieur Zelensky, ici ?
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Monsieur le Président, juste pour revenir à la présence physique du président ukrainien, vous avez dit hier que ça pouvait changer la donne. Est-ce que vous espérez des mots, des paroles, notamment des pays du Sud ?
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Sur la Chine, les délégations nord-américaines disent que la France a beaucoup travaillé pour adoucir les communiqués sur la coercition économique. Pourquoi pensez-vous qu'il ne faut pas être trop sévères sur ces questions économiques avec la Chine ?
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Sur les armes nucléaires : quelle serait votre idée pour faire engager la Chine et la Russie pour les efforts du désarmement et la transparence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronFait
« Ce G7 est d'abord un G7 d'unité, de soutien à l'Ukraine. »
- 5:00Emmanuel MacronPromesse
« Nous allons porter un agenda de réformes du FMI et de la Banque mondiale pour davantage offrir de financements aux pays qui en ont le plus besoin. »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Nous n'avons pas à choisir entre la lutte contre la pauvreté et la lutte pour le climat et la biodiversité. »
- 12:00Emmanuel MacronFait
« Nous défendons un cadre international, celui du Traité de non-prolifération. »
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Les Russes prétendent avoir pris le contrôle de Bakhmout. Est-ce que vous avez confirmation de ceci et est-ce que ça ne vient pas un petit peu gâcher la tournée de Monsieur Zelensky, ici ? Non, je pense que d'abord, il appartient aux autorités ukrainiennes de dire l'évolution sur le terrain de leur de leurs forces, et donc je resterai, à ce stade, pour ma part, extrêmement prudent.
On sait la difficulté de de ce théâtre d'opérations. On sait aussi que, malgré tout, cette opération qui est lancée depuis décembre sur une ville de taille limitée, marque aussi la difficulté que l'armée russe a à avancer. Donc, je ne me prononcerai pas sur ce sujet.
Je pense que la présence de Monsieur Zelensky ici est importante. Peut-être que je vais dire quelques mots, d'abord pour remercier la présidence japonaise et le Premier ministre japonais pour leur accueil, ici à Hiroshima, et en disant cela, j'ai une pensée toute particulière pour son prédécesseur, son anté-prédécesseur, Shinzo Abe qui, comme vous le savez, a été assassiné il y a quelques mois et avec lequel nous avions travaillé main dans la main. Je veux remercier, donc, le Premier ministre japonais pour son accueil et pour la parfaite organisation.
Nous avons commencé ce G7 avec un moment qui a été très émouvant et qui nous a replongés, si je puis dire, dans notre histoire contemporaine et le devoir qui est le nôtre, en particulier quand on parle de paix dans le monde, en visitant ce mémorial d'Hiroshima, en nous remémorant et en témoignant notre respect à l'égard de toutes les victimes de la bombe d'Hiroshima et évidemment de Nagasaki. Ce G7 est d'abord un G7 d'unité, de soutien à l'Ukraine, revenons à votre question. Il y a une unité très forte depuis le début et le Japon, d'ailleurs, joue un rôle clé qui montre combien cette guerre n'est pas qu'européenne, mais est une guerre de défense de nos principes, de notre sécurité internationale, et nous avons tous salué d'ailleurs le Japon pour cela, parce que leur engagement est très fort.
Unité, confirmation de notre engagement, je pourrais revenir avec la discussion que nous aurons dans quelques instants avec Volodymyr Zelensky. C'est aussi l'occasion, et c'est ce qui a conduits à la venue du président Zelensky, de discuter, d'échanger, de convaincre des partenaires, justement, de ce format élargi du G7, l'Inde qui a la présidence du G20, l'Indonésie qui vient de la quitter, le Brésil qui aura la présidence du G20 l'année prochaine, et plusieurs autres pays de l'Asie, d'Afrique, avec l'Union africaine, et du continent sud-américain, donc des pays du Sud, qui ont moins pu échanger avec l'Ukraine, mais avec lesquels il aura l'occasion d'expliquer la situation et qui nous permettra aussi de rappeler les fondamentaux qui sont les nôtres, et en particulier le fait que pour toute la communauté internationale, le soutien à la Charte des Nations Unies, à la souveraineté, à l'intégrité territoriale sont absolument existentiels. Ensuite, ce G20 nous a conduits à discuter de la question de la Chine.
Vous le savez, la France a une position qui est très claire sur le sujet, une volonté d'engager avec exigence, et donc de pouvoir essayer de préserver une capacité à agir, avec la Chine, sur les grandes questions que sont le climat, la biodiversité, nous l'avons encore montré récemment avec de vraies avancées, de pouvoir également, je l'espère, avancer dans les prochains mois et prochaines années sur des questions aussi structurantes que l'intelligence artificielle, avec des compétitions économiques qui sont aussi là, et des points de désaccord sur nos valeurs. Dans ce contexte, nous avons décidé, d'abord de pouvoir mettre en place des mécanismes pour faire face, ensemble, à de la coercition économique, si elle était décidée, ensuite pour éviter les transferts de technologies sur les technologies les plus critiques qui pourraient être à usage militaire. Et puis, nous avons décidé, dans le cadre de la relocalisation des chaînes de valeur, qui ont donné lieu à une stratégie américaine, vous le savez, l'Inflation Reduction Act, puis à une stratégie européenne, le Net Zero Industrial Act, pour parler en bon français, et donc toutes nos stratégies pour relocaliser des technologies clés dans nos filières, dans nos chaînes de valeur, pour pouvoir faire face à la transition climatique, eh bien de renforcer la coordination pour pour préserver l'unité des chaînes de valeur entre pays du G7, mais aussi à l'égard des émergents et des pays en développement.
Ensuite, sur les grands sujets internationaux, ce G7 a permis de prendre plusieurs options, je trouve claires, et qui vont scander les prochains mois. D'abord sur la solidarité internationale, nous avons rappelé l'importance de celle-ci et elle est clé, dans un contexte de sortie de covid, de guerre en Ukraine et de conséquences sur la sécurité alimentaire, et beaucoup d'autres sujets et de conséquences du changement climatique, qui touche beaucoup de ces pays. Cette solidarité internationale ne peut pas se réduire ou s'amenuiser, au contraire.
C'est ce qui nous avait conduits, rappelez-vous, d'ailleurs, à lancer cette initiative d'une augmentation de capital du Fonds monétaire international et de réallouer, pour les pays les plus riches, nos droits de tirage spéciaux. La France a d'ores et déjà fait 30 %. Nous irons plus loin, lors du Sommet que nous allons organiser.
Je salue la présidence japonaise, qui a décidé de porter à 40 % la réallocation de ces droits de tirage spéciaux, et nous avons ainsi commencé à scander un agenda, et j'ai pu présenter ce que sera le Sommet pour le nouveau pacte financier international de Paris les 22 et 23 juin prochains, qui va permettre d'aller plus loin. La France prendra des engagements nouveaux et nous souhaitons mobiliser plusieurs pays qui sont au capital du FMI pour justement libérer plus de financements. Nous allons porter un agenda de réformes du FMI et de la Banque mondiale pour davantage offrir de financements aux pays qui en ont le plus besoin.
C'est aussi un agenda d'amélioration de ces instruments et d'innovations, en termes financiers, pour accompagner les pays les plus pauvres et les pays en voie de développement face aux besoins qui sont les leurs. C'est ensuite un agenda visant à répondre à l'appel dit de Brixton, pour la vulnérabilité climatique de plusieurs pays en développement et à revenus intermédiaires. C'est également la volonté de développer plus de financements privés, par des mécanismes de garanties, qui vont permettre aux financements privés de se mobiliser dans ces pays.
Mais au fond, plus largement, ce que nous souhaitons porter, je l'ai expliqué hier, et je crois que ça a été entendu par nos partenaires aussi, c'est dire : nous n'avons pas à choisir entre la lutte contre la pauvreté et la lutte pour le climat et la biodiversité. La transition juste est la seule réponse. Elle suppose donc un choc concessionnel et donc une mobilisation plus forte de nos instruments, des financements nouveaux, publics et privés, et c'est le seul moyen d'éviter une division du monde, en quelque sorte, là où, on le voit, de plus en plus de pays du Sud ont le sentiment qu'il y a des standards multiples et qu'on leur demande de faire des efforts climatiques alors qu'on ne les a pas suffisamment aidés pour lutter contre la pauvreté.
Ensuite, sur les sujets justement de climat, là aussi nous avons pu avancer, avec des déclarations fortes, mais je veux saluer une décision importante qui a été prise par le Japon, qui est d'arrêter la construction et le financement de toute centrale à charbon nouvelle. Et c'est essentiel parce que dans un contexte où, vous le savez, nous voulons lutter contre le charbon, à l'échelle internationale, et on sait que c'est une priorité pour réduire les émissions, il nous faut être exemplaires, en tant que pays du G7. Et cet engagement du Japon, qui est nouveau et qui est une annonce pour ce Sommet, est vraiment un élément de transition, en même temps que nous avons continué d'avancer sur nos financements, vous savez, les Just Energy Transition, les JETP, que nous avions lancées en marge de la COP de Glasgow.
En matière de biodiversité, nous avons pu, si je puis dire, faire endosser par le G7 ce que nous avions porté lors du Sommet de Libreville, qui est à peu près la même chose pour la biodiversité, c'est-à-dire de créer des partenariats pour la conservation positive des écosystèmes, et en particulier des forêts primaires, et donc d'avoir un mécanisme de financements pour préserver la biodiversité de ces pays. Sur les océans, la déclaration et l'agenda que nous avons partagé est lui aussi très ambitieux et important, et il permet de consolider les accords internationaux obtenus, d'ailleurs, avec la Chine, comme je le disais tout à l'heure, pour préserver en particulier la haute mer, les accords dits BBNJ, et surtout scander notre ambition jusqu'au Sommet des Nations-Unies pour les océans, que nous organiserons, comme vous le savez, en 2025, à Nice. Donc, vous le voyez sur ces sujets, nous avons pu placer une ambition collective du G7.
Enfin, nous avons eu une longue discussion sur les questions d'intelligence artificielle, qui nous préoccupent beaucoup. Nous avions, sous présidence canadienne, consolidé sous présidence française du G7, construit ce partenariat mondial pour l'intelligence artificielle, qui est adossé à l'OCDE, et nous souhaitons, dans ce cadre, coordonner notre action en la matière. Voilà, donc ce G7 permet, sur ces sujets, de vraiment consolider notre unité.
Il nous permet aussi de, et c'est à mes yeux sur la question ukrainienne comme plus largement, un des points clés, éviter toute partition du monde entre le G7, les grands émergents et plusieurs pays en développement. Et les discussions que nous avons eues hier après-midi et hier soir, et que nous continuerons d'avoir, sont à cet égard clés. Monsieur le Président, juste pour revenir à la présence physique du président ukrainien, vous avez dit hier que ça pouvait changer la donne.
Est-ce que vous espérez des mots, des paroles, notamment des pays du Sud ? Vous avez cité l'Inde, vous avez cité le Brésil. En quoi les lignes pourraient bouger ?
En quoi ce serait un succès ? Par ailleurs, que répondez-vous à certains de l'opposition en France, qui vous reprochent d'avoir transporté le président ukrainien dans un avion de la République ? Je pense que c'est l'honneur de la France d'avoir fait cela et je pense que c'est tout à fait cohérent avec notre politique de soutien, dès le premier jour, et c'est aussi la France bâtissant la paix et cherchant des solutions.
La France est une puissance de solutions dans cette affaire. Nous l'avons dit dès le début, nous avons tout fait pour éviter cette guerre. Depuis le début de cette guerre, nous avons une position très claire et constante, nous soutenons l'Ukraine par tous les moyens, nous ne rentrons pas dans le conflit et nous veillons à ce qu'il n'y ait pas d'escalade, et nous avons sanctionné, sous la présidence française de l'Union européenne, en gardant l'unité, la Russie.
Mais depuis le début, nous disons : à un moment, les armes devront se taire, le droit international doit être respecté et les droits du peuple ukrainien, ce faisant, et donc il faut bâtir des solutions de paix. C'est la diplomatie. Et donc c'est ce que nous cherchons à faire depuis le début, ce que nous voulons faire.
Et en permettant au président Zelensky de se rendre devant la Ligue arabe, de parler très directement avec ces derniers, d'avoir un soutien très clair de la part de l'Arabie Saoudite et de plusieurs puissances de la région, ce qui est un vrai tournant, et de venir ici pour pouvoir s'exprimer, dans quelques instants, devant les membres du G7, obtenir des clarifications, parfois, sur les soutiens, et plaider devant la troïka des présidences du G20, c'est une manière de bâtir la paix. D'abord, c'est pour nous très important, parce que ça évite une partition du monde entre ceux qui soutiennent clairement l'Ukraine et ceux qui disent soutenir la paix, mais sans qu'on sache parfois ce que ça veut dire, derrière. Et c'est toutes les discussions que nous avons nous-mêmes eues avec l'Inde, le Brésil et plusieurs autres, en disant : la paix ne peut être qu'une paix durable, qui part du principe que l'Ukraine doit être respectée et que le droit international doit en être le fondement.
Et une paix ne peut pas être un cessez-le-feu qui reconnaît simplement l'état de fait sur le territoire. Donc je pense que c'est l'honneur de la France, que c'est l'intérêt de la France et que c'est notre rôle, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et grande puissance diplomatique, d'avoir réussi à construire ce truchement, cette médiation, et de permettre au Président Zelensky de parler au G7 et de s'exprimer devant plusieurs puissances du monde qui parfois ne sont exposées qu'à un seul discours, il faut bien le dire. Et je dis cela quelques semaines avant un sommet des BRICS, qui se tiendra en Afrique du Sud, et comme vous le savez, la Russie est membre des BRICS.
Est-ce que lors de vos bilatérales, justement, avec l'Inde et le Brésil, vous avez senti, quand même, une ouverture possible à un changement de discours ? La difficulté que nous avons tous, c'est que nous ne sommes pas les acteurs, et donc ils ont tous la même difficulté que nous. Certains font le choix d'aider, aussi, militairement et de soutenir, d'autres veulent rester dans une position un peu plus en retrait.
Ils appellent tous à la paix, nous aussi, et ils ont bien conscience que cette paix doit respecter le droit international. Et donc ce qui est important, c'est de comprendre ce qui se passe sur le terrain, d'abord ce qui s'est passé dès le début et ce qui est en train de se passer. Et donc ils ont une volonté que ce conflit cesse.
Après, là où nous rapprochons nos positions, c'est qu'on leur dit : la paix, ça ne peut pas être la transformation de la situation en conflit gelé. Au fond, c'est comme ça que je le dirais, de la manière la plus simple et la plus claire. Et c'est là où il faut lever une ambiguïté, si faire la paix, c'est faire de la guerre en Ukraine un conflit gelé, c'est une erreur pour nous tous, parce que l'expérience nous a appris qu'un conflit gelé, ce sera une guerre pour demain.
Et donc n'ayons pas une préférence absolue pour le présent, par lâcheté ou par facilité. La paix, ça doit être la construction d'une paix durable négociée, qui règle le problème dans ses fondamentaux, et qui respecte la Charte des Nations Unies. Et c'est là où il faut lever l'ambiguïté.
Monsieur le Président, Je reviens au sujet d'Hiroshima, les armes nucléaires. Oui. Donc, vous avez visité le mémorial de la paix, le musée, et vous avez écouté les témoignages des survivants.
Oui, c'était très émouvant. C'est la première, en tant que le président de la République, en fonction. Quelle était votre émotion ?
Qu'est-ce que vous avez pensé ? Et politiquement, le communiqué du G7 a exprimé sa préoccupation à l'égard de l'augmentation de l'arsenal chinois. Quelle serait votre idée pour faire engager la Chine, mais aussi la Russie, pour les efforts du désarmement et la transparence ?
D'abord, je veux dire combien c'était bouleversant, évidemment, de se retrouver dans ce mémorial et ce musée, et d'avoir l'opportunité, la chance, d'entendre une survivante s'exprimer sur ce qu'elle avait vécu. Tout ça nous montre le désastre que crée l'arme nucléaire et le drame absolu, humain, y compris sur plusieurs années, que cela produit. Et tout ça nous redire combien l'arme nucléaire est un instrument de dissuasion pour plusieurs puissances dotées, dans un cadre international, mais ça ne peut jamais être un instrument de chantage ou de pression.
Il y a quelque chose d'indicible, d'absolu, qui ne se commente pas, dans les images, dans ce qu'a vécu le Japon, dans sa chair et dans ses vies, à Hiroshima et Nagasaki. Ça nous impose du respect et l'esprit de responsabilité. Face à cela, nous, nous défendons un cadre international, celui du Traité de non-prolifération.
La difficulté, c'est qu'un de ses signataires ne le respecte plus et que ce cadre, en effet, n'inclut pas certaines autres puissances, qui deviennent de plus en plus ambitieuses sur le sujet. Nous, nous soutenons un cadre inclusif, plus ambitieux sur le plan international, permettant de contrôler et de réduire les armements nucléaires internationaux. Cela suppose un travail de longue haleine, avec la Chine, les États-Unis d'Amérique et la Russie, dès que cette guerre sera terminée.
Je prends une dernière question, peut-être. Sur la Chine, les délégations nord-américaines disent que la France a beaucoup travaillé pour adoucir les communiqués sur la coercition économique et aussi les lignes qui sont dans le communiqué final. Pourquoi pensez-vous qu'il ne faut pas être trop sévères sur ces questions économiques avec la Chine ?
Vous jouez un peu le rôle de modérateur, par rapport à d'autres pays nord-américains, ou à l'Australie, qui seraient plus durs [INAUDIBLE] le G7, mais qui ont eu de gros problèmes de coercition économique. D'abord, je pense que c'est une position européenne, que nous portons main dans la main avec l'Allemagne et l'Union européenne, c'est celle de réduire les risques sur nos chaînes de valeur, mais pas de chercher une désassociation complète de nos économies, à tous égards. Ensuite, il n'y a pas de naïveté, mais il y a une volonté d'engager, et je pense que c'est aussi cet équilibre qu'il faut trouver, parce que si nous envoyons le message qu'il y a un ennemi et que nous cherchons au maximum à tout couper, on crée, de manière autoréalisatrice, une forme d'accélération de l'histoire.
Donc il ne faut pas avoir de naïveté. Nous savons ce sur quoi on a besoin d'engager avec la Chine. On ne règle pas l'ambition climatique, de biodiversité, l'intelligence artificielle, si on n'engage pas avec la Chine.
Il y a aujourd'hui beaucoup de coopération économique. Les États-Unis d'Amérique ont beaucoup plus d'exportations avec la Chine que nous ne pouvons en avoir. Donc nous avons tous aussi cela.
Et je dis ça, la France est sans doute l'un des pays qui exporte le moins vers la Chine, si je nous compare à l'Allemagne ou aux États-Unis d'Amérique, mais je pense qu'il ne faut pas avoir de naïveté non plus et donc préserver nos intérêts, avoir des éléments de réciprocité, et en effet, dans nos chaînes de valeur, ce qui est critique et stratégique, le protéger. C'est ça, la position de la France. Et donc pas d'escalade, mais un vrai réalisme, et cette position est constante.
C'est celle que je défendais il y a six ans. Et vous savez, quand, il y a six ans, parfois en Europe, on me disait : "vous êtes beaucoup trop protectionnistes, vous Français", j'étais le premier à dire : "sur certains éléments clés de nos opérateurs de télécoms, il faut nous protéger, parce que ce sont des éléments de souveraineté". Et c'est aussi pour ça que quand on regarde, par exemple, la pénétration sur le marché français de composantes d'opérateurs télécoms, la France est autour de 15 % quand la moyenne européenne est entre 40 et 50 % et que beaucoup de pays européens sont à 80 ou 100 %.
Nous sommes cohérents et constants, et je ne veux pas que dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, où on doit faire face, d'abord à la guerre, à cette lutte contre la pauvreté et à la transition climatique, nous ayons en quelque sorte une accélération des montées, des tensions. Pas de naïveté, aucune, mais une volonté d'engager, avec exigence, et de donner au maximum les chances au système international de garder sa stabilité. Donc voilà, on joue ce rôle, avec les Allemands, avec l'Union européenne, et c'est d'ailleurs celui qui est aussi à la racine de notre politique indo-pacifique, qui est de préserver la liberté de la souveraineté dans la région, de ne céder à rien, d'être clairs.
D'ailleurs, la France est le pays européen qui est le plus présent dans la région, qui par sa marine, ses opérations, est le plus présent, mais sans volonté de confrontation. Merci beaucoup, je vais devoir filer. Merci beaucoup.
Bon courage à tous. Et on continue après, avec la Mongolie.
Emmanuel Macron