"Coup de force démocratique", hausse du Smic... Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot
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Bonjour Mathilde Panot, vous réclamez au président qu'il nomme à Matignon quelqu'un issu du nouveau Front Populaire, mais personne ne l'a emporté, c'est ce que vous répond Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français publiée hier soir. C'est donc raté, c'est perdu ?
Jamais je crois que je suis parlementaire depuis 7 ans, jamais je n'aurais cru commencer une interview en disant à quel point je suis inquiète de l'accaparement du pouvoir du président de la République et de la Macronie avec ce qui s'apparente de manière évidente à un coup de force démocratique, à un coup de force présidentielle qui nie non seulement le résultat des urnes, puisque la coalition du nouveau Front Populaire est arrivée en tête du second tour des élections législatives, mais qui à quelques jours du 14 juillet, qui notamment a mis fin à l'ancien régime et qui quand même, où nous célébrons pendant la fête nationale, la souveraineté du peuple, est je crois un signal très inquiétant que de nier ainsi le résultat du scrutin des urnes et de en quelque sorte rétablir un veto d'un monarque qui nie le scrutin universel.
Ce que vous répondrez les macronistes, c'est que vous aussi, il y a une forme de déni si vous estimez avoir une majorité suffisante pour gouverner dans la durée.
Mais ce n'est pas vrai, nous avons la majorité relative.
Vous savez, 195 députés, c'est moins que...
Nous avons 195 députés, c'est effectivement non pas une majorité absolue, mais une majorité relative. Qu'est-ce qui se passe dans une démocratie lorsque vous faites des élections législatives ? Qui se sont tenues, ça ne vous a pas échappé. Bon, dans un temps qui est très très court, puisque nous avons eu trois semaines avant le premier tour et une semaine entre les deux tours, donc dans un temps démocratique très contraint. Et c'est le choix du président de la République que de l'avoir fait à ce moment-là, de l'avoir fait avant les Jeux Olympiques. Donc moi, je suis un peu énervé lorsque j'entends qu'il faut une stabilité, etc. Nous avons donc un résultat démocratique.
Et je rappelle qu'avant cette élection, sur tous les plateaux de télé, vous expliquiez qu'au vu de la mobilisation civique exceptionnelle qu'il y a eu dans cette élection, le résultat serait incontestable. Eh bien, je le dis, le président de la République est le garant des institutions.
Mais ce qui est incontestable aujourd'hui, Mathilde Panot, c'est que personne n'a la majorité absolue.
C'est une lettre de rupture avec la démocratie et les institutions républicaines. Nous, pourtant, le président doit être le garant. Donc moi, je suis très inquiète aujourd'hui de voir à quel point le président de la République fait un coup de force qu'il faut absolument dénoncer. Et je le redis, nous aspirons toujours à gouverner ce pays. Les Français et les Françaises nous ont mis en tête de ce scrutin.
Il n'est pas dans son rôle, au contraire, Emmanuel Macron, quand il demande aux forces républicaines qui représentent une majorité absolue, face à ces trois blocs minoritaires, dit-il, de bâtir une coalition ? Est-ce qu'il ne se pose pas justement en garant des institutions ?
Non, justement, parce que dans n'importe quelle démocratie du monde, c'est la coalition qui est arrivée en tête, qui propose un nom de Premier ministre et une équipe gouvernementale au Président de la République. Et donc, le Président de la République doit nommer le Premier ministre issu de cette coalition.
C'est ce qui se passe dans toutes les démocraties. Mais Mathilde Panot, là, il y a trois groupes qui ne sont pas très éloignés. Vous n'êtes pas très loin devant l'ex-majorité présidentielle. Vous, après les législatives de 2022, vous vous êtes adressée à Elisabeth Borne à l'époque et vous lui aviez dit « Madame, vous devenez officiellement la Première ministre d'un gouvernement minoritaire. Vous ne devez votre place qu'à un président lui-même élu par défaut ». À l'époque, Elisabeth Borne, les macronistes avaient obtenu 245 sièges. C'est-à-dire plus que le NFP aujourd'hui, vous disiez 195.
Donc, pourquoi le NFP aujourd'hui serait plus légitime, à vos yeux, que les macronistes à l'époque qui étaient pourtant plus nombreux ?
Mais écoutez, je n'ai jamais mis en cause la légitimité ni du Président de la République qui a pourtant été élu par défaut contre l'extrême droite en 2022, réélu en 2022. Il y avait un choix d'être face à Marine Le Pen pour pouvoir être justement réélu, avec un refus des débats à l'époque dont vous vous rappelez, ni même d'un gouvernement dont je disais qu'il était minoritaire. Et nous aussi, nous n'avons pas la majorité absolue. Donc, vous êtes minoritaire, vous le reconnaissez ou pas ? Nous n'avons pas la majorité absolue, je suis d'accord, nous avons une majorité relative.
Mais puisque, vous disiez, parce que vous faites un parallèle dans un sens, moi je vais vous faire le parallèle dans l'autre sens, si les macronistes ont pu gouverner, pourquoi ne pourrions-nous pas, nous, à cet instant, gouverner le pays ? C'est ça la question qui est posée. Ce n'est pas possible de, en quelque sorte, changer les règles lorsque le résultat des urnes ne vous convient pas. Après, vous pouvez aller dans des choses comme Brèche, ou alors, à la fin, si le vote ne vous convient pas, vous essayez de changer de peuple. Mais je vais vous dire pourquoi il y a un déni démocratique énorme dans cette question.
Depuis quatre jours que l'élection législative a eu lieu, le Président de la République fait comme si cette élection n'avait pas existé, continue à maintenir un Premier ministre qui a été battu plusieurs fois et qui doit donc partir, c'est ce que nous demandons depuis plusieurs jours, et fait même pire que ça. Il continue de prendre des décrets en vitesse, alors que, là encore, la Macronie a été battue dans cette élection. Et Mme Belloubet, par exemple, explique que le choc des savoirs doit s'appliquer en septembre dans les écoles. Parce que le gouvernement n'est pas encore démissionnaire.
Dans notre programme, il est bien noté que nous voulons abroger le choc des savoirs qui trie les élèves socialement, et que, donc, c'est nous qui avons gagné les élections. Donc, il faut arrêter de faire comme si rien ne s'était passé. Et qu'est-ce que vous allez faire, Matipano, pour faire pression sur le Président ?
Juste parce que le résultat des urnes ne leur plaît pas. Qu'est-ce que vous allez faire aujourd'hui pour que le pouvoir ne vous échappe pas ?
Eh bien, d'abord, je le dis, nous ne laisserons pas l'élection et le scrutin des gens se faire voler. Donc, nous continuons, nous, à travailler méthodiquement avec le nouveau Front populaire, à travailler méthodiquement à la fois sur le nom d'un Premier ou d'une Première ministre, mais aussi sur l'architecture du gouvernement, pour travailler sur les différentes mesures que nous avons dans notre contrat de législature commune. Mais pour faire pression sur Emmanuel Macron ? Ensuite, moi, je le dis, je suis inquiète que dans notre pays, peut-être, on soit obligé de se mobiliser dans les rues pour pouvoir faire respecter le résultat des urnes.
Je salue, par exemple, la Fédération CGT des Cheminaux, qui appelle à faire une manifestation, notamment devant l'Assemblée et puis un peu partout dans le pays. Je pense que c'est important pour dire au Président de la République qu'il faut respecter le résultat des urnes.
Les membres de la rue viennent faire pression, c'est une question.
Oui, la manifestation est démocratique. La manifestation fait partie même de la démocratie intégrante. C'est comme ça qu'on a gagné des nouveaux droits. Et je trouve que ce qui n'est pas démocratique, c'est de devoir, après avoir une mobilisation exceptionnelle où les gens ont été mettre un bulletin dans l'urne pour dire ce qu'ils voulaient pour le pays, qui est toujours dans une crise politique. Nous le disons, le pays est toujours dans une crise politique.
Eh bien, après cette mobilisation exceptionnelle, je crois qu'il n'est pas normal que nous ayons un Président de la République qui ne soit pas le garant des institutions et qui refuse de nommer un Premier ministre du Nouveau Front Populaire. Donc, je le dis, nous continuons et nous continuons de dire que le Président de la République doit être à la hauteur de l'histoire et de la démocratie.
Mathilde Panot, vous êtes avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On laisse passer le fil Info, il est 8h40. Valentine Lottes. Les Français ne veulent pas qu'on livre la France aux extrêmes, estime Rachida Dati. Comme le Président de la République dans sa lettre aux Français, la ministre de la Culture estime sur France 2 que personne n'a gagné les législatives et elle s'oppose à un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire. Les deux rugbymen français accusés de viol en Argentine, présentés aujourd'hui à la justice de Mendoza, ville de l'Ouest, où ils sont accusés de viol dans un hôtel par une femme. Son avocate parle d'une scène de violence terrible.
Nouveau test aujourd'hui pour Joe Biden, une conférence de presse. Le Président des Etats-Unis joue désormais sa candidature à la Maison-Blanche à chaque apparition publique depuis son débat raté contre Donald Trump. Traverser l'île de France demain avant midi, conseil de bison futé pour ce deuxième week-end de vacances d'été. Le trafic est encore chargé ce vendredi dans le sens des départs. Orange, difficile partout en France et même rouge au Nord-Ouest. France Info. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jérôme Chapuis.
Toujours avec Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Mathilde Panot, vous réclamez au président de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire, mais vous n'avez toujours pas proposé de nom de Premier Ministrable alors que ça fait quatre jours que vous êtes arrivée en tête. Qu'est-ce qui coince entre vous ?
Il n'y a rien qui coince. Nous sommes juste en train de parler de quelque chose d'extrêmement sérieux, puisque gouverner le pays est une question sérieuse. Et donc, nous prenons la discussion avec méthode, point par point, notamment sur la manière dont nous voulons organiser, non pas seulement le choix du Premier ou de la Première ministre, qui évidemment est important, mais aussi de l'ensemble de l'équipe gouvernementale. Et je dirais même un peu plus loin, des postes à responsabilité, notamment de ceux à l'Assemblée, qui doivent, je crois, toutes ensemble, respecter les différents poids des formations du Nouveau Front Populaire. Ça, c'est la première des choses.
Et puis, nous travaillons sur quelle architecture du gouvernement nous voulons, sur la manière dont vont se passer les premiers jours du gouvernement. Donc, nous sommes à la tâche. C'est une question sérieuse. Donc, ça ne coince pas. C'est juste que nous prenons le temps de proposer quelque chose qui est solide et à la hauteur de nos responsabilités.
Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, a fait acte de candidature. Est-ce que ça pourrait être une option, selon vous ?
Je crois que ce que nous disons depuis plusieurs jours, d'abord, c'est qu'il y a une tradition républicaine qui veut que ça soit la plus grande formation politique au sein de l'Assemblée, au sein de la coalition, qui puisse proposer le nom d'un Premier ministre. Mais surtout, ce que nous disons au moment où nous sommes en train de négocier, c'est que personne ne peut imposer un nom et que cela vaut pour tout le monde. Donc, voilà. Nous sommes toujours dans cette discussion.
Il n'y a pas une dynamique, quand même, qui est du côté des socialistes ? Parce qu'ils ont obtenu 14% des voix aux Européennes, vous, 10%. Ils font plus que doubler leur nombre de députés, alors que vous, vous retrouvez à peu près le niveau d'avant l'élection. Est-ce que la logique, donc, ce ne serait pas plutôt les socialistes ? D'ailleurs, les socialistes pensent qu'ils auront le même nombre de sièges que vous, au final.
Alors, non, je ne crois pas que les socialistes auront le même nombre de sièges que nous. Et je vais vous dire, moi, je me réjouis qu'il y ait une dynamique positive qui augmente le nombre de députés du nouveau Front populaire à l'Assemblée nationale, puisque nous étions, dans le format NUPES précédent, 151 députés, que là, nous allons être 195 députés. Donc, ça, c'est un bon point. Et nous devenons, donc, la première force politique à l'Assemblée nationale. Ensuite, la deuxième chose, je voudrais quand même le dire, sur le bashing permanent qu'il y a eu contre les Insoumis. Les Insoumis sont ceux qui ont permis l'union.
D'abord, parce que nous avons cédé sans circonscription pour faire en sorte que cet accord puisse se faire. Donc, nous sommes ceux qui avons fait la plus grande part sur cette question. Et je vais vous dire à quoi servent, bon, les insultes à notre égard, la diffamation à notre égard le plus souvent. Il sert juste à essayer de diviser le nouveau Front populaire. Et je crois qu'ils n'y arriveront pas, notamment parce que nous sommes à la tâche sur le programme. Il sert à diviser. Et il y a eu un effet dessus.
Il y a eu un effet, quand vous regardez les reports de voix, lorsqu'il y a un duel Rassemblement national, Nouveau Front populaire, selon que c'est LFI ou que c'est quelqu'un du Parti communiste, des écologistes ou du Parti socialiste, il y a eu dix points en moins des macronistes qui ont voté, du bloc macroniste, qui ont voté pour les candidats du Nouveau Front populaire.
Et vous ne faites pas vous-même une sorte d'examen de conscience en vous disant qu'il y a peut-être une responsabilité de votre côté ? Agathe rappelait qu'il y a aussi une scission au sein de la France Insoumise.
Un nouveau groupe va se créer avec Alexis Corbière, Clémentine Autain, François Ruffin, les Frondeurs ou les Purgés ou les deux, Frondeurs et Purgés.
Non, non, ce n'est pas une purge, ce n'est pas une purge, ça s'appelle une désinvestiture sur un désaccord politique.
Ils vont créer un autre groupe en tout cas, est-ce que c'est, vous prenez comme un échec personnel, vous êtes présidente du groupe LFI qui aujourd'hui se scinde en deux ?
Non, ils ne se scindent pas en deux, il n'y a qu'un groupe qui comporte les candidats qui ont été investis par la France Insoumise, le reste, je ne sais pas où est-ce qu'ils vont créer leur groupe, ça, ça sera leur problème, mais je vais vous dire qu'à ce moment, ça ne m'intéresse pas. Je veux juste dire quelque chose, non, je ne fais pas d'examen de conscience. Pourquoi sommes-nous autant attaqués ? Parce que nous sommes dangereux pour le pouvoir, parce que nous sommes une véritable alternative.
Et il faut vous poser la question, pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron, par exemple, préférait être contre Marine Le Pen au second tour de 2022 pour être réélu par défaut, plutôt que contre Jean-Luc Mélenchon ? Parce que nous sommes plus dangereux qu'eux. Et donc, le jour où nous craquerons-nous, ce sera d'autres gens.
Pour l'instant, la France Insoumise, vous n'êtes pas en situation de représenter une alternative à l'Assemblée Nationale aujourd'hui.
Avec le nouveau Front Populaire, nous ne sommes pas en capacité.
Avec 190 députés et 195 députés, on va tenir les comptes, mais la France Insoumise aujourd'hui n'est pas en situation de représenter une alternative.
Bien sûr que si. Nous avons créé le nouveau Front Populaire, nous sommes dans une coalition avec un contrat de législature. Je vais même vous dire, les Insoumis et surtout la mobilisation dans les quartiers populaires, dans les territoires dits d'outre-mer, dans la jeunesse, ont sauvé la République. Lorsque le Président de la République parle de force républicaine, c'est nous qui avons sauvé la République. Et je veux dire quelque chose à ce moment, puisqu'on parle souvent du Front Républicain. Le Front Républicain, ce n'est pas un mot que nous utilisons, puisque ce n'a jamais été une alliance.
Nous, nous avons retiré des candidats pour empêcher l'extrême droite d'exercer son projet dangereux à Matignon.
Mais les macronistes vous diront qu'eux aussi, ils l'ont fait.
Nous avons retiré nos candidats sans aucune contrepartie, sans aucune combine. Et donc, nous, nous préférons le terme cordon sanitaire. Nous avons fait cordon sanitaire pour sauver la République. Et à ce jour, nous sommes la première force politique du pays qui voulons, dès que nous arrivons à Matignon, si Emmanuel Macron respecte enfin les formes démocratiques et les institutions républicaines, augmenter le SMIC à 1 600 euros net, abroger la réforme de la retraite à 70 ans.
Et on va parler sur le fond, mais d'abord avec quel Premier ministre ? Quand est-ce que sera nommé votre Premier ministre ? Est-ce que vous pourriez en passer par un vote pour trancher, puisque vous n'êtes pas d'accord avec les socialistes ?
Nous sommes en train de discuter de la méthode, c'est ce que je vous dis.
Vous n'êtes même pas d'accord encore sur la méthode de désignation ? Nous discutons de tout cela en même temps.
Parce qu'Olivier Ford nous a dit lundi dernier, ce sera d'ici la fin de la semaine.
Nous sommes donnés d'ici la fin de la semaine, effectivement.
Alors, cette fin de semaine, vous aurez un nom à proposer à Emmanuel Macron.
Nous aurons une équipe gouvernementale.
Une équipe gouvernementale d'ici la fin de la semaine. Mais vous ne voulez pas d'un vote à la France Insoumise ?
Non, mais nous n'avons pas de problème avec le vote, vous voyez. Vous n'avez pas peur de perdre le vote s'il y a un vote ? Je viens d'être élue avec un vote de mon groupe. Donc, nous n'avons pas de problème sur le vote. Je dis juste, il y a des discussions actuellement, qu'il y a des équilibres à tenir entre les différents postes à responsabilité et que donc, nous avançons pas à pas. Donc, je sais que vous êtes impatients et c'est des questions tout à fait légitimes. Mais vous serez, en temps voulu, le résultat des discussions que nous avons.
Ce n'est pas nous, parce que vous le rappeliez, il y a des Jeux olympiques et les Français, légitimement, peuvent se demander qui sera Premier ministre.
Vous comprenez quand même que ce n'est pas possible d'avoir fait en aussi peu de temps une dissolution, bon, dans des conditions démocratiques qui sont très contestables et ensuite de nous expliquer, il y a les Jeux olympiques. Donc, en fait, on maintient un pouvoir qui a été battu. Enfin, ce n'est pas possible.
Mais il vous arrive de vous projeter le 18, c'est-à-dire mercredi prochain, jeudi prochain, pour la première séance de l'Assemblée nationale, séance plénière, avec un Premier ministre qui est toujours Gabriel Attal. Vous l'envisagez, ça ?
Mais non, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible de continuer comme ça. Écoutez, la Macronie a été battue dans cette élection. Quels ont été les enseignements de cette élection avec la plus forte mobilisation populaire depuis au moins 40 ans pour des élections législatives ? Eh bien, d'abord, c'est à la fois le refus de la majorité absolue.
Ça, on l'a compris, mais si jamais la situation était restée bloquée,
mais je vais vous expliquer pourquoi Emmanuel Macron est en train de nous mettre dans une situation démocratique ubuesque. Pour constituer les groupes à l'Assemblée nationale, vous faites à chaque fois une déclaration politique des groupes. Et vous devez dire dans la déclaration politique des groupes si vous êtes dans la majorité ou dans l'opposition. Puisqu'il n'y a pas de pouvoir, actuellement, et de gouvernement, comment pouvons-nous dire si nous sommes dans la majorité ou dans l'opposition ? Voilà la situation incroyable dans laquelle nous sommes plongés. C'est une forme de coup de force législatif qu'est en train de faire le Président de la République.
Donc, il faut qu'il arrête de s'accaparer le pouvoir, qu'il admette qu'il a été battu et qu'il admette que nous avons gagné.
Mathilde Panot, si jamais vous arrivez à désigner un Premier ministre, est-ce qu'il devra se soumettre au vote de confiance à l'Assemblée ?
En tant que démocrate, je dirais oui. Après, nous devons gouverner ce pays. Donc, nous avancerons pas à pas. Et là aussi, nous vous dirons à chaque étape ce que nous allons faire.
Vous ne pouvez pas vous y engager dès maintenant ? Parce qu'Elisabeth Borne, qui ne s'était pas soumise au vote de confiance, vous l'avez accusée de prendre la fuite.
Aprement critiquée, effectivement. Donc, c'est pour ça que je vous dis, comme démocrate, effectivement, je pense qu'un vote de confiance serait important. Mais encore une fois, nous sommes dans une coalition. C'est la première des choses. Et la deuxième des choses, c'est que nous avons des majorités à l'Assemblée nationale pour faire passer des textes. Lorsque nous parlons à la fois de l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans, qui n'a jamais été votée dans ce pays, puisque c'est imposé par 49-3, puisque l'Assemblée nationale précédente allait faire battre cette réforme de la retraite à 64 ans, qu'ils se sont passés en force, y compris contre l'ensemble du peuple.
Nous avons une majorité pour cela. Pour la taxation des super-profits, je crois que, notamment, le Modem était très impliqué sur cette question. Nous pouvons avoir des majorités sur cette question-là. Texte par texte. Oui, exactement. Et chaque groupe politique prend ensuite ses responsabilités.
Mathilde Panot, vous êtes avec nous encore pour une dizaine de minutes. On laisse passer le fil info à 8h50. Valentine Lettesse. Un cirque indigne. Les mots de Marine Le Pen pour qualifier la lettre d'Emmanuel Macron aux Français. Le chef de l'État appelle à un compromis du Front Républicain pour bâtir une majorité solide. Et dans ce contexte politique, les préoccupations des chefs d'entreprise, d'après la Banque de France, leur incertitude est d'un niveau inédit depuis au moins deux ans. 1 400 Français ont obtenu leur code de la route sans le passer.
A leur place, le gérant d'un centre d'examen de permis de conduire du Val-de-Marne, il est jugé, à partir d'aujourd'hui, pour la falsification de ces documents et leur revente. Retour au plat sur la douzième étape du Tour de France. Aujourd'hui, entre Aurillac et Villeneuve-sur-Lotte, Tadej Pogacar est toujours en jaune. Le Slovène est arrivé deuxième de l'étape d'hier au Lioran, juste derrière le dernier vainqueur du Tour, le Danois Jonas Wingard. France Info. Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jérôme Chapuis.
Toujours avec Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous disiez que vous alliez gouverner texte par texte, trouver des majorités. Vous avez aussi expliqué que vous alliez gouverner par décret. Olivier Faure, le patron du PS, a même évoqué le 49.3. Prendre un décret pour instaurer le SMIC à 1 600 euros net, ce n'est pas une méthode de gouvernement, vous répond Raphaël Glucksmann, qui est pourtant un homme de gauche. Ça ne tiendra pas longtemps. Comment vous allez faire ?
Alors, première chose, nous avons dans notre programme la volonté d'avancer vers la VIème République, puisque nous sommes dans un moment où nous voyons bien le blocage de la Vème République, avec un pouvoir aussi fort donné à l'exécutif et à un président de la République. Ça, je le dis parce que nous avons, notamment dans ce programme, sur la question de la démocratie, à la fois le référendum d'initiative citoyenne, mais aussi l'abrocation du 49.3. Parce que le décret, c'est démocratique pour vous de gouverner par décret. Je mets le 49.3 de côté, nous voulons l'abroger, c'est écrit dans le contrat de législature.
Ensuite, sur le décret, mais évidemment, nous pouvons gouverner par décret, vous savez, le SMIC, c'est un décret. Nous ne pouvons pas faire autrement que d'augmenter le SMIC par décret. Donc, nous avons... Pourquoi est-ce démocratique ? Pour deux raisons. La première chose, nous avons été extrêmement clairs sur ce que nous allions faire. Le contrat de législature est disponible en ligne. Nous sommes les seuls à avoir chiffré ce programme, qui a été soutenu par 300 économistes, dont la prix Nobel de l'économie, Esther Duflo. Donc, ça, c'est la première chose. Les Français ont voté pour ce programme. Donc, nous voulons le respecter entièrement. Ça, c'est la première chose.
Deuxième chose, ceux qui font des leçons de morale, j'ai entendu Yaël Braun-Pivet, par exemple, ça me semble être vraiment l'hôpital qui se moque de la charité. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, 23.49.3 de leur part, un pouvoir d'un autoritarisme absolu, une répression de l'ensemble des mouvements sociaux. Donc, je crois que je n'ai aucune leçon démocratique à recevoir d'un pouvoir qui est d'ailleurs historiquement responsable, non seulement de la montée de l'extrême droite, mais de la situation dans laquelle se trouve le pays actuellement.
Mathilde Panot, vous dites que les Français ont voté pour ce programme. Le gouverneur de la Banque de France, ce matin, sur France Info, François Villerois de Gallo, appelle à reconnaître les exigences du réel sur les coûts salariaux excessifs pour les entreprises. Vous proposez le SMIC à 1 600 euros. Comment est-ce que vous répondez à cet appel à reconnaître les exigences du réel ?
À chaque fois que nous avons voulu faire des conquêtes ou des avancées pour les droits des travailleurs, dans toute l'histoire de notre pays, vous regardez au moment de 1981, vous regardez au moment justement du Front populaire en 1936, à chaque fois, on nous a expliqué que c'était impossible. Je vais vous dire pourquoi c'est intéressant d'augmenter le SMIC dans ce pays et ensuite de faire une conférence salariale sur les autres salaires. Pourquoi est-ce intéressant ? D'abord parce que 53% de l'activité économique de notre pays, c'est la consommation populaire.
Et lorsque vous redonnez des moyens aux gens pour qu'ils puissent vivre dignement, vous relancez aussi la consommation populaire et donc le carnet de commandes des très petites et moyennes entreprises.
Avec 30 000 à 500 000 emplois, les évaluations sont très diverses, mais détruits, des emplois détruits en raison de cette mesure.
Non, je vais même vous dire, non seulement ça crée de l'emploi, mais ça crée de l'attractivité sur les emplois. Vous avez vu à quel point nous n'arrivons pas, par exemple, à recruter un certain nombre de métiers qui sont pourtant indispensables pour notre société parce qu'ils ne sont pas assez bien payés. Ce sont surtout les femmes, d'ailleurs, qui sont payées au SMIC. 60% des personnes payées au SMIC sont des femmes. Donc c'est quelque chose qui est très important dans ce pays. Donc moi, je n'accepte pas qu'on nous explique à chaque fois qu'il serait impossible de vivre mieux dans ce pays, qu'il serait impossible de partager les richesses.
Et je le dis puisque c'est une question qui nous est souvent posée, puisque je sais qu'il y a des TPE-PME qui ne peuvent pas, au premier abord, avant que cet effet économique se fasse sentir, du carnet de commandes qui permet justement à la fois de réembaucher et d'avoir une activité qui fonctionne bien.
Eh bien, nous proposons donc une caisse de péréquation qui permet que les grandes entreprises aident pour les petites entreprises, et notamment en réorientant comment les plus de 200 milliards d'aides publiques aux entreprises qui sont données chaque année sans contrepartie, et dont France Stratégie elle-même explique que ces milliards d'aides aux entreprises données chaque année se retrouvent à la fin principalement dans les dividendes versés aux entreprises du CAC 40. Donc nous pouvons réorienter cet argent qui permettra au contraire d'aider les petites et les très petites entreprises qui, je le rappelle, sont le tissu économique essentiel de notre pays.
Mathilde Panot, vous accusez le gouvernement d'être responsable de la montée du Rassemblement national. Vous, à gauche, vous n'avez aucune responsabilité. François Ruffin régulièrement pointe le fait que la gauche ne s'adresse plus aux classes populaires, et il a critiqué en particulier la stratégie de la France insoumise, qui plutôt que de tenter de récupérer ses classes populaires, a tout misé sur les quartiers, sur la jeunesse diplômée. Depuis deux ans, LFI, c'est la stratégie de Terra Nova avec le ton du nouveau parti anticapitaliste. En fait, il dit, vous vous adressez aux bourgeois en creux.
Non, alors déjà, ce n'est pas vrai. Sinon, comment aurions-nous pu nous gagner cette élection s'il n'y avait pas eu une stratégie qui, justement, visait à convaincre et à convaincre toujours plus largement ? Donc, nous continuons de le faire. Ça, c'est le premier point sur lequel je voulais répondre. Et quel était le début de votre question ? Excusez-moi.
Est-ce que vous vous adressez encore aux classes populaires ? Parce que vous accusez Emmanuel Macron d'être responsable. Vous n'avez pas une responsabilité d'Emmanuel Macron ? Non, je vais vous donner la vôtre. La vôtre, la vôtre.
Non, mais d'accord.
Vous, vous n'y êtes pour rien. La montée de l'URN sur des terres de gauche.
Nous, nous sommes en train... Demandez à François Riffin. C'était lui qui était sur sa circonscription. Mais je vais vous dire. Il a gagné. Nous, nous redonnons le goût de la politique à des millions de personnes dans ce pays. À des millions de personnes. Peut-être ne le savez-vous pas, mais la nouvelle classe ouvrière de ce pays est aussi racisée. Et donc, nous, nous tenons l'ensemble de nos bouts. Je vais vous dire. C'est le seul en fait, le fait que la classe ouvrière soit raciste. Nous n'avons pas de responsabilité dans la montée de l'extrême droite. Et même, ce n'est pas que nous n'avons pas de responsabilité.
C'est nous qui faisons réculer l'extrême droite comme nous venons de le faire à ces élections. Mais les personnes qui, aujourd'hui, votent pour le Rassemblement national
font partie de classes sociales qui, hier, votaient pour la gauche et ne votent plus pour la gauche aujourd'hui. Ça se voit.
Vous essayez de leur parler ou vous êtes toujours perdus ? Écoutez, nous avons réussi à avoir dans la jeunesse un vote massif pour le nouveau Front populaire dans des quartiers populaires qui, je le rappelle, ont les mêmes problématiques que les zones rurales.
Mais vous nous parlez du Parti populaire, nous vous parlons des circonscriptions qui, hier, étaient à gauche et qui, aujourd'hui, sont au Rassemblement national. Vous ne vous dites pas que vous avez une responsabilité ? Mais non.
Écoutez, il y a une course de vitesse contre l'extrême droite, entre l'extrême droite et nous. Mais qui est responsable de ça ? C'est nous qui sommes au pouvoir depuis 7 ans ? Je ne crois pas. C'est nous qui avons dit immigrationniste qui est le mot de l'extrême droite en parlant du nouveau Front populaire ? Non, c'est Emmanuel Macron. C'est nous qui avons réhabilité Pétain et Maurras ? Non, c'est Emmanuel Macron. C'est nous qui avons fait une loi immigration avec le programme de Jean-Marie Le Pen et qui est passé avec les voix du Rassemblement national ? Non, là aussi, c'est Emmanuel Macron. Donc, je crois qu'il faut être sérieux dans cette affaire.
Oui, il y a une course de vitesse contre l'extrême droite dans ce pays et nous avons réussi à déjouer l'impossible en faisant à la fois le nouveau Front populaire et en gagnant ces élections alors qu'aucun sondage ne nous donnait gagnants nulle part et donnait l'extrême droite en tête. Donc, nous pouvons réussir à les faire reculer. C'est ce que nous faisons, nous.
Mathilde Panot était l'invité de France Info ce matin. Merci à vous. Merci.
Mathilde Panot