APPEL AUX MILITAIRES ET AUX CITOYENS - J.-L. Mélenchon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15J.-L. MélenchonFait
« le Président de la République, le Premier ministre, ont décidé d'inclure l'armée dans les dispositifs de ce qu'on appelle le maintien de l'ordre. »
- 0:30J.-L. MélenchonFait
« Le métier de militaire n'est pas celui de policier. Les tâches de défense ne sont pas les tâche de sécurité publique ou de maintien de l'ordre. »
- 1:00J.-L. MélenchonFait
« les militaires pourront aller jusqu'à l'ouverture du feu si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent. »
- 3:30J.-L. MélenchonPromesse
« J'appelle donc à une mobilisation intense ce samedi, aux-côtés et à l'appel des Gilets Jaunes. »
- 5:00J.-L. MélenchonFait
« Le gouvernement s'honorerait à changer d'avis. »
- 5:30J.-L. MélenchonFait
« Il faut absolument préserver la crédibilité et l'affection qui entourent le dispositif Sentinelle. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, messieurs, bonjour. Merci de votre présence. Notre pays entre dans un moment particulièrement tendu de son histoire.
Pour des raisons qui échappent à l'entendement du commun, le Président de la République, le Premier ministre, ont décidé d'inclure l'armée dans les dispositifs de ce qu'on appelle le maintien de l'ordre. C'est une décision irréfléchie, périlleuse et dont les conséquences peuvent être totalement aventureuses. Pourquoi ?
Le dispositif Sentinelle bénéficie dans la population française d'une affectueuse solidarité. Il est destiné à lutter contre les interventions des terroristes. On pense ce que l'on veut de ce dispositif, il n'empêche que telle est la relation de l'armée à la nation : que tout un chacun voit dans Sentinelle des amis et des protecteurs.
Disposer l'armée pour participer au maintien de l'ordre a une conséquence et une signification concrète que personne ne doit sous-estimer. Le métier de militaire n'est pas celui de policier. Les tâches de défense ne sont pas les tâche de sécurité publique ou de maintien de l'ordre.
Les militaires ne peuvent faire que deux choses : attaquer ou fuir. Le général commandant l'armée à Paris, le général Bruno Leray gouverneur militaire de Paris a déclaré que dans les tâches qui leurs seraient confiées, les militaires pourront aller jusqu'à l'ouverture du feu si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent. Il a exprimé de la manière la plus claire et la plus nette ce qu'est, tout simplement, le comportement normal d'une force armée.
Mais évidemment ce comportement prend une toute autre signification quand il s'agit de la relation a des manifestants. La vérité est que si telle est la doctrine, alors le pays tout entier, la relation armée-nation, l'idée que nous nous faisons de nous-même, Français, l'image de notre République est à la merci et à la portée d'un seul provocateur. Dans ces conditions, je voudrais rappeler que l'honneur de l'armée est d'être celle de la République et du peuple.
Et qu'il ne saurait être question que l'armée de la République utilise contre le peuple les méthodes et les armes qu'elle destine à ses ennemis. Le code de la Défense dit de la manière la plus claire à l'article 4122-1 « les militaires doivent obéissance aux ordres de leurs supérieurs et sont responsables de l’exécution des missions qui leurs sont confiées» et tout aussitôt, cet article précise : toutefois, il ne peut leur être ordonné et ils ne peuvent accomplir des actes qui sont contraires aux lois, aux coutumes de la guerre et aux conventions internationales ». Les conventions internationales qu'a signée la France, les coutumes de guerre telles que les pratique la France excluent que l'on vienne à tirer sur une foule de manifestants.
C'est la raison pour laquelle, à cet instant, je voudrais adresser un double appel. Le premier aux militaires eux-mêmes, pour qu'ils sachent que nous avons parfaitement compris que leur avis n'a pas été sollicité. Qu'il n'est même pas certain que le chef d'état-major des armées ait été informé de cette décision avant qu'elle soit prise et qu'il n'a donc pas été en situation de donner son point de vue.
Nous voulons dire à nos militaires que notre confiance en eux est totale, et nous leur demandons, conformément au droit qui leur est reconnu et au devoir qui leur est imposé, de n'accomplir aucun acte contraire aux coutumes de la guerre et aux conventions internationales, que quand bien même ils en recevraient l'ordre, qu'ils n'y obéissent pas. Qu'ils ne tirent pas. Tirer c'est faire d'un seul coup basculer toute la situation de notre pays dans autre chose dont nous ne voulons pas.
Nous appelons à la désescalade, au retour à une relation proportionnée entre l'action et la répression de cette action. Et donc, voici mon second appel : les insoumis appellent les Français à manifester par leur courage qu'aucune mesure d'intimidation ne contraindra jamais notre peuple. Et que notre peuple a compris que la liberté, c'est toujours d'abord la liberté de celui qui n'est pas d'accord.
J'appelle donc à une mobilisation intense ce samedi, aux-côtés et à l'appel des Gilets Jaunes. J'appelle à ce que tous ceux qui y participeront fassent tout ce qui est en leur pouvoir avec les méthodes pacifiques auxquelles ils doivent se tenir pour qu'aucune provocation ne soit possible. Je rappelle au plus grand nombre que la violence ne peut ni ne doit jamais être une stratégie pour nous.
Pour la raison qu'elle est inefficace et qu'elle conduit à des escalades qui, au bout du compte, ne tournent jamais en faveur du grand nombre. Il faut tout au contraire, que par le nombre, soit créée une ambiance qui dissuade de la violence. Je veux donner toute la solennité possible à cet appel.
Le gouvernement s'honorerait à changer d'avis. Le rétropédalage laborieux auquel il se livre, disant que nulle part les militaires seraient mis au contact, si l'on en croit deux ministres, du public n'a aucun sens. S'ils ne sont pas mis au contact et s'ils ne protègent pas alors que font-ils là ?
Il faut absolument préserver la crédibilité et l'affection qui entourent le dispositif Sentinelle parce qu'en tant que dispositif Sentinelle contre le terrorisme il ne peut pas fonctionner si le peuple français voit dans ses militaires un adversaire. Le gouvernement s'honorerait à dissiper définitivement toute forme de risque en annonçant qu'il n'y aura aucun militaire affecté à des tâches de quelque nature que ce soit de maintien de l'ordre ce samedi. C'est cette fois-ci être allé trop loin, M.
Macron, il faut savoir ne pas précipiter le pays tout entier dans un règlement de comptes. C'est le moment de revenir à des méthodes proportionnées. Le monde entier apprendrait avec horreur qu'en France on pratique des méthodes que partout ailleurs la France condamne.
Merci de votre attention, merci à tous ceux qui le pourront de relayer mon appel : samedi, soyez nombreux, soyez pacifiques, soyez déterminés. Et vous autres, soldats, n'obéissez qu'à des ordres conformes à l'honneur de votre engagement et de votre devoir d'obéissance à la patrie.
Jean-Luc Mélenchon