Convention Education : Former des citoyen•nes libres et heureux•ses.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Est-ce que ça marche ? Oui, bien sûr. Quel titre prometteur nous avons pour cette trisème table ronde ?
Former des citoyens libres et heureux. La question qu'on va se poser tous ensemble, c'est celle de savoir si on peut former à la fois au marché du travail, aux enjeux de l'économie de de demain et même d'aujourd'hui, tout en formant à l'émancipation comme à la citoyenneté ainsi qu'à la réussite de tous les jeunes dans tous les secteurs de leur existence, réussite sociale, professionnelle, mais aussi réussite personnelle, familiale, émotive, sensible et aussi citoyenne. Dans cette table ronde, on va parler de tas de choses qui font très envie.
On va parler de pédagogie active, coopérative. On va parler d'école qui seraient des lieux de vie, des lieux ouverts, des lieux d'inclusion. On va parler d'orientation enfin choisie et non pas subie.
On va parler aussi de prise en compte de la parole des enfants, de la parole des jeunes et de formation à la citoyenneté. Précisément, c'est sur ce premier sujet que je voudrais donner la parole à une représentante des jeunes engagés que nous avons essayer de rendre le plus présent possible dans l'ensemble de la journée. En la personne de Cherille Enjo, vous êtes étudiante en droit mais vous êtes aussi engagé dans une association qui s'appelle la jeunesse populaire qui œuvre particulièrement à l'engagement des jeunes dans la citoyenneté.
Je vous propose de prendre le micro et de tenter de répondre à notre question. Comment former des jeunes libres et heureux ? En 5 minutes, gros challenge.
Merci. Bonjour à tous et toutes. Euh tout d'abord, je commencerai par dire que chercher à être heureux, c'est déjà un privilège.
Dans nos luttes, la question n'est pas le bonheur, mais la vie. On lutte pas avec des roses et des pacrettes, on lutte avec nos armes, la conscience, la parole et la solidarité. Parce que dans nos réalités, choisir la vie, c'est la choisir aussi pour les autres.
Nous ne luttons pas pour être heureux, mais pour une égalité réelle et une dignité partagé. Chaque jeune doit avoir accès à des opportunités éducatives, culturelles et sociales, quel que soit son milieu. L'éducation est donc au cœur de tout.
Mais c'est pas en cherchant le bonheur qu'on échappera au un système injuste racisme, contrôle aux facièes, discrimination, précarité et cette machine à broyer qui est parcours sup qui détruit les rêves de la jeunesse chaque année. Le bonheur lui ne remplit pas le frigo. On ne peut pas parler de citoyens libres et heureux sans parler du déterminisme social ni de la précarité.
Uvrer pour les jeunes des milieux populaires, c'est renforcer les programmes scolaires et tout ce qui entoure l'école. Trop d'étudiants issus des familles précaires arrivent dans le supérieur avec un décalage linguistique, social ou culturel. Ce n'est pas un manque de mérite, mais c'est la conséquence d'un système qui invisibilise nos réalités.
L'école seule ne peut pas réparer ses inégalités. Il faut y associer les familles. Souvent monoparentales, souvent issu de l'immigration, parfois privé elle-même d'accès à la culture ou à l'éducation.
On ne peut pas transmettre ce qu'on a jamais reçu. Soutenir les parents, c'est aussi faire preuve d'éducation populaire. Et que dire des enfants de l'aide sociale à l'enfance ?
Ce que l'État devrait protéger en premier. 40 % redoublent l'école primaire, moins d'un sur 3 obtient le bac et 1/ seulement accède à l'université. Peut-on parler d'égalité quand la protection de l'enfance devient trop souvent une filière de relégation ?
Former des citoyens libres, c'est leur permettre de comprendre les institutions, de s'exprimer, de débattre, de participer à la vie politique. Quand la politique n'entre pas dans les foyers, la politisation devient un combat en soi. Dans 5 ans, nous voulons une jeunesse consciente, éduquée, capable de penser, d'agir et de transmettre.
Une école ouverte sur la société qui ne forme pas à la soumission, mais à la liberté. Et cette vision ne pourra exister que si la citoyenneté cesse d'être un concept abstrait relégué au manuel scolaire. Former des citoyens suppose qu'au moins une fois dans leur scolarité, tous les élèves de Calé à Point à Pitre en passant par la Creuse puissent entrer dans une institution publique, comprendre son fonctionnement, la rencontrer réellement.
Cela suppose aussi que nos voies soient prises en compte dans la construction du projet collectif. Cela commence dans des espaces comme celui-ci où la parole des premiers concernés est reconnue comme légitime et experte. Cela passe par le soutien aux associations de terrain qui maintiennent un lien social au quotidien et offrent des expériences majeures comme le service public aujourd'hui menacé alors qu'il constitue un outil de citoyenneté irremplaçable.
Et cela doit se prolonger jusque dans l'engagement politique en permettant à des personnes issues de leur territoire d'être investis dans leur municipalité ou leurs circonscription pour donner du sens jusqu'au bout à une formation citoyenne qui se construit toute une vie. Merci beaucoup Chine. [applaudissements] Rendre toute sa place à la parole des jeunes, c'est une un impératif pour toute la société.
C'est aussi un impératif dans les parcours individuels des jeunes. Et je vais donner la parole là-dessus à Dylan AI. Vous êtes auteur d'un ouvrage qui s'intitule La revanche des pros.
Euh vous êtes aussi fondateur d'une association, une voix pour tous dont l'objectif est de faire en sorte que les choix soient d'abord ceux des jeunes et notamment pour l'accès à l'éducation professionnelle. Totalement merci. Merci beaucoup pour euh pour l'invitation.
Effectivement la question de l'enseignement professionnel nous semble essentielle et elle sera aussi évoquée par ailleurs. Euh d'une part parce qu'en fait elle représente entre autres beaucoup de beaucoup de beaucoup de difficultés et elle révèle beaucoup de difficultés du système éducatif et plus globalement du système social, mais aussi parce qu'elle pose la question de l'avenir qu'on souhaite construire pour les plus jeunes. Parler de citoyenneté, ça nécessite de poser la question de pourquoi est-ce qu'on on doit parler de citoyenneté ?
À quoi est-ce que ça sert finalement ? Et je pense que les dernières périodes qu'on a qu'on a qu'on a collectivement vécu rappellent que il y a un impératif euh qu'il faut rapidement régler de recréer du commun. Euh et pour recréer du commun, il faut redonner enfin il faut donner sa chance à tout le monde.
Et parler de chance euh et parler d'égalité, parler d'équité, c'est parler notamment du choix d'orientation pour reposer le paysage. Le lycée pro aujourd'hui, c'est c'est un peu plus de de 6500 élèves euh dans un peu plus de d'une centaine de filières qui et et pourquoi est-ce que c'est pourquoi est-ce que c'est révélateur ? C'est parce que moi j'ai été orienté en lycée pro, j'avais pas choisi mon orientation.
Donc, j'étais dans le même cas qu'une grande majorité des élèves qui sont orientés. Et lorsque j'ai eu mon bac, je me suis quand même posé la question de la raison pour laquelle finalement on se retrouvait tous dans la même situation avec les mêmes trajectoires scolaires, avec les mêmes parcours sociaux et j'ai été étonné de voir qu'il y avait de la donnée dessus, qu'il y avait des chiffres. On sait par ailleurs que un enfant défavorisé à 93 % de chances de plus d'être orienté en BP pro, 169 % de chance en plus pardon d'être orienté en en CAP.
On sait que dans certains territoires, il y a des dynamiques d'orientation qui varient. Dans les territoires où il y a une population forte issue de l'immigration et ben on a 75 % des garçons, notamment dans les dans les académies franciliennes qui sont orientés en lycée professionnel. On sait que dans les territoires dans lesquels c'est pas le cas.
La première dynamique, c'est une dynamique sociale et donc finalement on a aussi la question de on a on trouve pardon dans le lycée professionnel une réponse à toutes les problématiques qu'on dénonce à juste titre sur ce qui le précède sur le collège. Tous les élèves qui peuvent avoir des trajectoires accidentées soit orienté en lycée professionnel. On sait qu'on a une surreprésentation des élèves en situation de handicap en lycée professionnel. on sait qu'on a une surreprésentation des des élèves hallophones, des mineurs et des compagnies en lycée prochel.
Donc finalement le lycée pro devient non pas la cause mais le le l'espace qui rassemble toutes ces difficultés. Et une fois qu'il rassemble toutes ces difficultés alors il est aidé par des enseignants qui sont dévoués, qui font un travail formidable, qui enfin moi je pour l'avoir vu, qui peuvent parfois sauver des élèves, mais il y a aussi la question de l'avenir qu'on leur permet de d'envisager. Et on a eu une réflexion assez récemment sur la question de la durée de vie.
Et la durée de vie, c'est quelque chose qui est euh qui est central. C'est quel nombre d'années est-ce qu'on laisse en plus à quelqu'un pour pouvoir b pour pouvoir profiter de sa vie, tout le débat autour des retraites et cetera. Et lorsqu'on sait par exemple que un travailleur dans les métiers du BTP à 5 ans d'expérience de vie en moins et qu'on connaît la masse d'élèves qui orienté sans l'avoir choisi dans le lycée professionnel et en particulier dans des filières qui peuvent être des filières exposantes à un certain nombre de risques, on peut aussi se poser la question de la de du niveau auquel l'école peut être amenée à retirer des années de vie à des individus, à des enfants qui euh à 15 ans seront amenés à être exposés dans des dans des entreprises avec tout un tas de risques.
Et on a toujours des des des alertes qui nous racontent des drames surgis soit pendant des moments d'alternance, soit en stage pour pour un pour un certain nombre d'élèves. Donc il y a cette question centrale qui est celle de la vie, qui est celle du choix et qui est celle de l'épanouissement. Et on construit pas une société heureuse, on construit pas une société cohérente dans laquelle les gens n'ont pas le sentiment de pouvoir choisir leur destin.
Et on pense que c'est quelque chose de superficiel, mais la frustration qui est celle d'élèves qui a 15 ans se voi imposer une vie qui ne ve qui qu'ils ne veulent pas euh à qui on dit en en 3è euh toi ta vie tu vas la passer dans un chantier ou euh tu veux être boulanger mais ta vie tu vas la passer derrière un bureau. Il y a une violence qu'on imagine même pas. Et donc euh le résultat logique de ça, c'est une euh une une défiance d'abord vis-à-vis de l'institution en partie vis-à-vis de l'institution scolaire, mais euh vis-à-vis de tout le reste de ce que peut représenter de ce que peut pardon représenter l'institution.
Et euh euh implique aussi la question de de la citoyenneté forcément. Et donc euh en terme de solution maintenant, parce que une fois qu'on on pose ces constats, on peut aussi se dire que euh par ces difficultés, le lycée propose aussi une vraie opportunité qui est celle de se dire puisqu'on a euh dans un espace toutes les problématiques éducatives mais aussi sociales, on a aussi l'opportunité de profiter de cet espace là, de ce moment pour reconstruire tout ce qui est autour et donc faire cohésion. faire cohésion parce que on a des élèves qui ont des parcours géographiques qui sont très différents.
Faire cohésion parce qu'on a des élèves qui vont apprendre à se connaître, à se rencontrer à travers le faire, à travers le travail euh parce qu'ils vont avoir les mêmes blessures, les mêmes fractures avec la société et euh et surtout parce qu'on va pouvoir poser des actes forts pour pouvoir leur permettre au-delà de la situation d'élèves qui est la leure de d'intégrer pleinement pleinement la société. Et il y a il y a plusieurs pistes auxquelles nous on réfléchit, mais il y a notamment celle de la de la de la gouvernance de des établissements scolaires. Comment est-ce que l'école devient un forum social devient un lieu de rencontre et de passage avec tous les acteurs qui dans l'élè dans le dans la ville élève pardon peut avoir peuvent avoir un un rôle à jouer et une place à prendre.
Merci beaucoup Dylan. [applaudissements] et euh poursuivre la la réflexion à laquelle vous nous invitez sur ces choix à l'heure actuelle subis mais qui pourrait être aussi un un un levier de mixité de réflexion et de d'enrichissement des jeunes qui se retrouvent dans la filière pro. Je vais passer la parole à Valérie Duré.
Vous êtes enseignante précisément en lycée pro à Mariniane. Euh vous êtes également militante à la CGT éducation et euh votre propos nous pourrait nous permettre de d'aller sur la question des des méthodes et des contenus éducatifs qui sont dispensés dans ces établissements et peut-être également dans les autres. Oui.
Euh quand on m'a proposé de faire cette enfin cette intervention sur former des citoyennes et des citoyens libres et heureux et heureuses en lycée pro, c'est vrai que c'est une question bah qu'on se pose finalement parce que enseigner à des élèves de lycée professionnel, c'est c'est enseigner à des jeunes qui qui doutent souvent d'eux-mêmes parce qu'on leur a fait croire tôt qu'ils valaient moins que les autres. Et euh finalement, ils se disent eux-mêmes sous-citoyennes et sous-citoyens quand ils arrivent du collège. Ils ont vécu l'orientation en voie professionnelle comme un échec.
Ils ont vécu, ils se projettent moins en se disant que finalement les études longues ça ne sera pas pour eux et donc les perspectives d'avenir s'assombrissent. Or, comme l'a dit Dylan, c'est un élève sur trois euh qui entre dans la voie professionnelle. C'est une majorité d'enfants des classes populaires et euh c'est aussi un lycée inclusif puisqu'il accueille cinq fois plus d'élèves en situation de handicap ou avec des besoins spécifiques.
Euh donc il ce lycée, il a quand même la spécificité de de compenser socialement et culturellement les inégalités d'origine. En tout cas, ça a longtemps été comme ça. Moi quand j'ai commencé il y a 30 ans, c'est vrai que il y avait une certaine fierté à se dire que oui, on formait des travailleurs et des travailleuses qualifiées, mais aussi des citoyennes et et des citoyens éclairés.
Et euh on a appris à faire ça. L'enseignant de lycée proie spécifique. Euh il a le goût de la réussite de ses élèves.
Il leur redonne le goût de l'estime de soi. Alors, tout n'était pas parfait, c'est clair, mais il y avait quand même cette mission humaniste et et républicaine qui qui était à l'origine de l'enseignement professionnel fin 19e et qui s'est démocratisé, je dirais, en 1985 au moment de l'élaboration du bac pro. Il faut bien le dire, c'est ces deux piliers, c'est-à-dire former un métier, mais aussi à être un citoyen ou une citoyenne éclairée.
Les réformes successives depuis 2009 ont considérablement affaibli cet aspect de citoyenneté éclairée. C'est-à-dire que les différents gouvernements depuis Sarkozy jusqu'à je dirais Jean-Michel Blanquer ont fait en sorte de couper une des deux jambes du lycée pro, c'est-à-dire couper tout ce qui concernait finalement le la culture générale, l'expérience de la pédagogie de projet, tout ce qui pouvait faire que oui, les enfants des classes populaires, même s'ils sont ils ont fait le choix du lycée professionnel, ce qu'ils ne font pas toujours, mais ont en dépit du fait d'être formés comme des travailleurs le droit à une culture commune, à un patrimoine commun. Et ça clairement les différents gouvernements de droite ont fait en sorte de couper cette cette ce pied-là.
Alors, je prends Sarkozi qui a réduit d'un an hein au nom de la modernisation de la voie professionnelle en disant finalement on va se moderniser. Or nos élèves, ils ont besoin d'un peu plus de temps. C'est-à-dire que 4 ans pour un bac pro, ça nous semblait pas non plus tellement énorme.
Donc, on nous a enlevé un an. Euh en 2014, le gouvernement de François Hollande supprime le Label Zeps qui nous conduit à avoir des effectifs surchargé et des conditions d'enseignement plus compliquées. Et alors blancaire si vous voulez, c'est le coup de massu.
C'est-à-dire qu'on nous en il y a des coupes des centaines d'heures supprimées en enseignement général. Songez qu'on a on a tr quart d'heure d'histoire géographie en terminal professionnel. C'est même pas 1 heure.
Euh, on a supprimé la question du génocide, des guerres mondiales. Enfin, pour des élèves qui finalement n'ont que l'école parfois pour poser leurs questions, pour essayer de faire en sorte d'avoir cette culture commune. Ça nous semble absolument catastrophique.
On l'a dit, les syndicats l'ont dit et on a malheureusement pas été entendu. Alors clairement, c'est tu ben le système éducatif trit ses enfants. C'est-à-dire que aux enfants des classes moyenne et bourgeoise, la culture, la possibilité de se projeter sur un avenir à moyen et long terme et aux enfants des classes populaires, le travail, l'employabilité, répondre aux besoins de l'entreprise puisque tout est fait pour que ce soit le temps de l'entreprise qui grignote le temps scolaire.
Et donc pour une école émancipatrice, nous on pense que c'est tout l'inverse qu'il faut faire. Moi je vais je finirai là-dessus. J'ai pas par j'ai pas parlé des accidents au travail dans l'entreprise parce que Dylan l'a évoqué, mais je peux quand même vous dire que entre avril et juillet 2025, on a cinq jeunes qui sont morts au travail.
Un apprenti de 15 ans, un lycéen de bacfro de 17 ans, deux élèves de 16 ans en séquence d'observation. Donc ces chiffres-là devraient alerter. En toute logique, le gouvernement devrait s'interroger sur le temps de présence des mineurs en entreprise.
Il ne le fait pas. Non seulement il ne le fait pas, mais il augmente les périodes euh de temps scolaire en entreprise. Donc ce qu'il faudrait pour une formation équilibrée et émancipée, bah c'est tout l'inverse en fait qu'il faudrait faire.
C'est-à-dire qu'il faut euh augmenter la formation en milieu scolaire, rescolariser euh l'enseignement professionnel, traiter de des savoirs et des savoir-faire à part entière et non pas seulement comme des compétences au service d'une employabilité immédiate. Revaloriser évidemment la culture générale, la philo, la réflexion, le savoir, l'esprit critique. Et moi, je voudrais quand même dire que si on veut vraiment former des citoyennes et des citoyens libres, heureuses et heureux, c'est bien dans cette école là qu'il faut investir, celle des classes populaires.
Elle est méconnue. Les politiques mettent rarement leurs enfants en lycée professionnel. Elle est reléguée et pourtant je peux vous dire les faits le prouvent.
Elle ça fonctionne parce que tous les élèves sont accueilli sans discrimination contrairement à l'apprentissage les taux de réussite sont plutôt bons. Les poursuites d'études fonctionnent aussi et le décrochage est moindre. Donc sur le long terme nos élèves et bien s'insèrent mieux professionnellement et socialement.
Merci. [applaudissements] Merci beaucoup Valérie sur cette à la fois alerte sur cette différenciation des des parcours scolaires et cette attention très contrastée apportée au aux jeunes des lycées pro et à ceux qui sont dans la filière générale. Mais en même temps, à la fois vous donnez des messages d'espoir sur le fait que vous y arrivez, que que vos élèves réussissent grâce à vous et et vraiment ces ces enseignants qui sont à la manœuvre au quotidien.
Et en même temps, vous posez des questions qui sont très générales par rapport à au contenu éducatif. C'est-à-dire que ce sur quoi vous nous alertez, c'est-à-dire un contenu très orienté vers les parcours professionnels, vers l'état du marché du travail un instanté, est-ce que ces questions-là ne se posent pas à l'ensemble de l'enseignement ? Les modalités d'enseignement peut-être verticales qu'on a beaucoup pratiqué en France, forment-t-elle vraiment des citoyens ou simplement des personnes prêtes à l'emploi ?
Et vous avez notamment travaillé là-dessus Laurence Deco ? Je vais vous passer la parole. Vous êtes historienne et enseignante, vous êtes spécialiste de l'histoire de l'éducation et vous pouvez peut-être nous donner votre vision sur ce qui nous permettrait d'aller vers une école émancipatrice.
Oui, merci beaucoup. D'abord, je voudrais commencer par vous dire l'immense plaisir que j'ai à voir que vous avez fait de l'éducation votre premier sujet. Euh, il est grand temps que la gauche se mobilise enfin politiquement sur cette question. le plaisir que j'ai à voir que la salle est très jeune et que nous avons donné la parole en priorité aux jeunes et le plaisir aussi enfin que j'ai à voir que pour une fois et ça c'est extrêmement rare et je peux vous dire que je tourne beaucoup, la parole est donnée beaucoup au lycée professionnel et c'est très important car généralement c'est bien vous qu'on entend pas ou alors c'est de vous qu'on dit "Ah, j'ai oublié de parler des lycées professionnels." Voilà.
Euh mais vous dire également mon inquiétude parce que ça n'a pas encore été dit de façon euh grave, donc je vais le faire, mais euh la droite et maintenant l'extrême droite euh nous ont déclaré la guerre, hein. Euh elles ont déclaré la guerre à l'école et donc à la fois, je suis très contente de voir que nous sommes là et en même temps, je peux d'embler vous dire que nous ne sommes pas suffisamment nombreuses et nombreux et que il y a encore un très long chemin à parcourir. Il ne vous a pas échappé que sur la question des diagnostics, très souvent en fait, du moins formellement, la droite et la gauche sont assez d'accord, hein.
Vous ne trouverez jamais un ministre qui prendra ses fonctions en disant "Moi, je suis contre l'égalité des chances. Je pense que les gamins des classes populaires doivent rester dans leur quartier." Donc, on est assez d'accord en fait sur le discours, hein.
Donc, je pense que ça c'est dit, ça c'est fait. Maintenant, il faut vraiment passer à l'offensive et il faut passer à l'offensive des solutions. Alors, ce que je voulais moi développer parce qu'il y a beaucoup de choses qui ont qui ont été dites, c'est à la fois une une réflexion sur euh la forme et sur le fond euh de ce qui pourrait éventuellement constituer une refonte.
D'abord, une réparation parce qu'il faudra bien en passer par làin, une réparation et une refonte du système éducatif tel que une gauche pourrait l'imaginer. commencer d'abord sur la forme. Vous je je passais en arrivant devant le collège qui est tout à côté et pour les gens qui vivent ici, vous vous le savez, ce collège, il s'appelle le village.
Je trouve ça génial comme nom de collège. C'est la première fois que je vois un collège aussi bien nommé. Et je trouve ça génial aussi parce que en réalité quand on regarde à quoi ressemble ce village, on n' pas très envie d'aller habiter ce village en fait hein.
C'està-dire que c'est grillagé, c'est refermé, c'est clos sur lui-même. Et effectivement là, on a pas eu le temps d'en parler beaucoup mais la question de la morphologie urbanistique des établissements scolaires, elle est absolument majeure. Je crois que c'est Patrick Rayot qui disait que les fenêtres avaient été expressément faites sous la 3e République pour que les enfants ne voient pas ce qui se passe dehors.
C'est vrai hein, c'était 1,20. C'était écrit dans le code de enfin dans le règlement de de construction des établissements scolaires. Les établissements scolaires sont conçus.
Alors il y en a qui disent comme des prisons, il y en a d'autres qui disent comme des monastères. En tout cas, ils sont conçus pour que finalement rien ne soit fait pour que il y ait des alliances qui se développent avec l'extérieur et que ça devienne réellement des villages. C'est vrai aussi pour les salles de classe hein, vous êtes tous passés ici par les salles de classe et vous savez très bien qu'une salle de classe un peu comme ici d'ailleurs hein, c'est l'estrade du maître et puis les élèves qui sont mis en situation uniquement d'écoute hein.
Alors la situation d'écoute pendant 8h assis sur une chaise, c'est pas donné à tout le monde, c'est pas donné à tous les enfants. Tous les enfants n'ont pas ces capacités là. Donc déjà d'embler dans la forme, vous avez quelque chose qui crée qui fabrique des inégalités.
Sur le fond maintenant effectivement ma mon combat actuel et les gens qui me connaissent connaissent cette formule que je vais que je m'apprête à à sortir. C'est un combat pour une refonte aussi du curriculum comme le disait Patrick Rayou. C'est-à-dire une refonte de tout ce qui est enseigné à l'école, à la fois la forme des savoirs, mais aussi les manières de faire avec ce que j'appelle une mise à égal dignité des savoirs.
Une mise à égale dignité des savoirs. Ces savoirs aujourd'hui dans l'école, ceux qui sont vraiment brandis comme les seuls savoirs utiles, c'est les savoirs qui vont permettre des études longues. C'est le latin, c'est la philosophie qui n'est pas en lycée professionnel mais qui n'est pas non plus ailleurs qu'en terminal.
Ce qui est assez hallucinant en fait quand on y pense, ce sont les matières nobles qui permettent de faire des études longues et d'avoir des des métiers qui sont socialement reconnus. Évidemment, ça veut dire que toute autre forme de savoir, on peut les appeler autrement, hein, les savoirs pratiques, les savoirs manuels, les savoirs populaires. J'ai pas tellement trouvé vraiment de noms encore qui correspondent vraiment à ce que je pense.
Toute autre forme de savoir est disqualifiée et de de la sorte en réalité, on part d'un principe qui est que les enfants des classes populaires ne savent rien. Voilà. Et donc la première proposition, s'il y a une mise à égale dignité du savoir, c'est-à-dire s'il y a entré des savoirs populaires dans les curricula, on dit parce que c'est du latin hein, s'il y a entré des savoirs populaires dans les curriculas, et bien alors ça permettra de considérer tout simplement hein que les enfants des quartiers populaires savent des choses.
Tout à l'heure, il a été dit des choses sur l'autonomie de certains enfants, sur leur capacité à prendre des décisions, sur leur capacité à réparer des robinets, sur leur capacité à réparer des vélos. Tous ces savoirsl sont absolument étrangers, hein. Ils sont exclus de l'école.
Or, s'il y a une mise à égal dignité du savoir, ça veut dire que dans notre pratique d'éducation à la citoyenneté, dans notre pratique d'éducation au choix justement et dans cette euh dans ce but que nous aurions qu'il n'y ait pas de choix subi, hein, dans notre éducation au choix, et bien les enfants qui choisirent des savoirs pratiques, des savoirs populaires ou des métiers qui ne soient pas annoblis par la norme sociale seraient des enfants qui le feraient en leur en toute conscience, hein, et donc finalement qui serait véritablement un choix et qui ne serait pas un choix subi. Et même d'ailleurs dans cette école idéale d'égal dignité du savoir, et bien le lycée professionnel disparaîtrait en réalité hein. Le lycée professionnel disparaîtrait puisqu'il n'y aurait plus la relégation dans un segment particulier du système éducatif d'une forme de savoir.
Et donc ça irait vers une école unique he qui serait allée de 3 ans jusqu'à 18 ans avec un curriculum complètement refondu et avec des élèves aux yeux desquels faire de la philosophie ou apprendre à réparer un moteur serait également mis à égale dignité. Voilà. Et on terminerait puisqu'il s'agit là encore du fond, on terminerait aussi par une question de forme qui n'est possible que avec cette mise à égale dignité des savoirs, c'est-à-dire la pédagogie.
Effectivement, la pédagogie frontale, telle que nous sommes en train de la pratiquer là, c'est une pédagogie qui est purement transmissive, hein. Il y a des spécialistes qui appellent ça la pédagogie bancaire. On prend, on prend, on prend, on prend, on prend pas beaucoup avec la banque, mais bon, en tout cas, voilà, qui appelle ça la pédagogie bancaire.
Moi, j'appelle ça la pédagogie le gavage doigt, hein. C'està-dire, on parle, on parle et puis on demande aux enfants d'écouter, d'être complètement passif. Cette pédagogie, elle n'est pas possible quand il s'agit d'apprendre à réparer un moteur ou d'apprendre à réparer un vélo.
Cette pédagogie, elle n'est pas possible. Ça veut dire que ça appelle d'autres formes d'enseignement. Des pédagogies qui sont coopératives, des pédagogies qui sont actives.
Et de ce point de vue-là, évidemment l'éducation populaire a énormément à nous apprendre. des pédagogies qui non seulement vont partir d'une égale dignité des savoirs, mais vont postuler qu'il y a une égale dignité des enfants, qu'il n'y a pas de concurrence entre les enfants et les adolescents un petit peu plus loin, que chacun a à apprendre de l'autre et c'est la condition en fait première d'une école émancipatrice. [applaudissements] Merci beaucoup Laurence.
Vous avez exprimé tous les quatre dans vos expertises différentes, qu'elles soient des expertises d'usage, de pratique ou académique, à la fois des constats d'état des lieux et puis des souhaits que ça change, que les choses évoluent. un peu comme nous l'avons fait dans les précédentes tables rondes, on va donner la parole à des politiques euh pour soit donner des réponses, soit indiquer ce que ce que vous inspire ces réflexions. Euh François Tiolet, vous êtes enseignant euh et principal et vous avez été enseignant et aujourd'hui principal adjoint.
Voilà, je suis passé du côté obscur de la force. Voilà. Euh vous êtes ancien député européen et vous êtes secrétaire national adjoint des écologistes.
Que vous inspire ces réflexions ? Alors, d'abord vraiment, je vais redire ce qu'a dit Laurence, mais merci d'avoir choisi euh l'éducation comme premier sujet parce que pour avoir fait plusieurs campagnes nationales, c'est souvent très difficile de mettre ce sujet en avant, même dans euh les programmes de gauche. Et parce que sinon, on n' pas de projet et si on dit pas qu'on a un projet pour l'éducation, la droite et l'extrême droite ont un projet pour l'éducation.
Je vais vous donner un exemple tiré de mon quotidien. On doit mettre en place dans les collèges ce qui s'appelle aujourd'hui les Vars, l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on a des parents et des parents qui sont très bien par ailleurs, qui viennent nous voir et qui nous interpellent pour dire "Mais alors, qu'est-ce que vous allez faire ?
Vous allez apprendre à nos enfants à tailler les Je m'arrête parce que j'ai mon fils dans la salle mais c'est aujourd'hui c'est ce qui se passe et c'est vrai pour plein d'autres sujets et on a besoin de réapproprier ce champ de combat de qu'est-ce qu'on apprend pourquoi on l'apprend dans une dimension citoyenne. Je vais continuer sur Evars parce que à mon époque donc moi je suis né en 75 donc années 90 sida et cetera, c'est un peu le début de l'éducation sexuelle et à ce moment-là on allait tous mourir. C'estàd que l'éducation sexuelle c'est le sida préservatif sinon vous êtes tous morts.
On avait une éducation qui était très transmissive et je trouve qu'on a un petit peu le même genre de choses qu'il faut mettre et qui sont incontestables sur comment on doit faire sans se poser la question de ce que disait Laurent juste avant de comment est-ce qu'on fait ces transmissions là, pourquoi est-ce qu'on ne part pas plus de ce que savent faire, de ce que connaissent déjà nos élèves ? C'est vrai pour l'éducation à la vie affective, mais c'est vrai pour énormément d'autres choses. C'est vrai pour les savoirs pratiques.
Je le dis aussi parce que ça a été vraiment un truc auquel je crois et surquel on doit se battre parce que a été dit deux fois la question de on fait pas de la philosophie au lycée professionnel mais posons aussi l'inverse. Demandons à ce que dans des lycées généraux on fasse de la mécanique. Dans un collège, aller à la piscine c'est obligatoire désormais.
Et ça a été un combat à la question de l'éducation, mais le voyage scolaire à l'étranger, c'est pas obligatoire. Donc qu'est-ce qui se passe ? Les familles qui n'ont pas de moyens, les familles qui ont culturellement pas l'habitude de laisser partir leurs enfants et c'est un vrai enjeu.
Elles ne font pas ce voyage scolaire à l'étranger et elle ne profite pas de la mixité qui a été évoquée. C'était dans le débat précédent et du mélange qu'on a aussi la la question du droit à la colo, c'est pas juste un droit et ça peut être une proposition de la gauche, c'est de proposer ce que colonie de vacances plutôt qu'un stage en fin de seconde ou plutôt que le service national universel, ça puisse être possible pour tous les enfants au moins une fois par an, une fois dans l'année, une fois dans sa vie, peu importe, mais que ce droit puisse exister et s'imposer. Il y a aussi comment est-ce qu'on apprend la citoyenneté ?
Là aussi, on a souvent des postures qui sont assez descendantes. C'est-à-dire que la citoyenneté, c'est les symboles, aller voter, l'ur tout ça et cetera. Moi, je vois ça aussi dans un collège, c'est on met les mais la situité c'est pas simplement la question du droit de vote.
La situité c'est comment s exercer et dans l'école, le collège, le lycée, le lycée pro, malheureusement souvent la représentation institutionnelle est consultative et le pouvoir donné laissé aux élèves est relativement faible et encadré parce que il y a quand même un peu une crainte que imaginez si jamais il prenaient le pouvoir. Mais l'enjeu c'est pas tant de les faire prendre pouvoir. L'enjeu, c'est de leur faire expérimenter en transformant leur établissement, en transformant peu importe la cantine, peu importe le projet culturel et cetera, comment ils ont une expérience collective pour changer les choses.
Expérience collective, faire ensemble. Il me reste combien de temps ? Parce que 5 minutes mais je OK.
OK. Faire ensemble, c'est aussi un enjeu fondamental de l'école. Et ça, pour l'avoir regardé un peu au niveau européen, un problème de notre école, c'est que elle est très individualisante, que ce soit pour les enseignants, que ce soit pour les élèves.
C'est-à-dire que la réussite, elle est beaucoup individuelle. La réussite, elle est pas vue comme collectif. Donc ce qui est valorisé, c'est d'abord le travail individuel et surtout faut pas copier sur son voisin.
Alors que si on travaille sur du projet, bah notamment sur du projet pratique, en fait réparer un moteur c'est plus facile à plusieurs et c'est ces projets collectifs qu'on devrait plus valoriser dans l'enseignement. Ce qui existe dont beaucoup d'exemples européens et pas et qui existe assez peu en France. Et c'est vrai aussi pour les enseignants.
Les enseignants français sont ceux qui vont le moins voir comment travaillent leurs collègues. Alors que de voir comment travaille son collègue, c'est déjà voir ce que évidemment on fait pas bien, mais ce que l'autre aussi finalement il réussit des fois pas avec certaines classes. Et c'est quand on travaille ensemble, quand on fait de la coéducation, que on se rend compte que on réussit à progresser.
J'avais encore la question, ça a été évoqué par vous pour le choix de l'orientation et c'est vrai que moi je me rends compte en collège, je m'en rendais compte avant quand j'étais prof et notamment en R plus, c'est comment les élèves ont intégré leurs difficultés et eux-mêmes se projettent pas. C'est vrai pour des élèves issus de classe populaire, c'est vrai pour des enfants des fois issus l'immigration, c'est vrai aussi pour des enfants porteurs de handicap. Mais par exemple des enfants qui sont issus de l'immigration.
Moi, j'avais ça quand j'étais prof dans au collège, j'avais des élèves, il parlaient beaucoup plus de langues que moi. Moi, je parle à peu près anglais, petit peu de langue des signes et c'est fini en fait. Et eux, ils parlaient des fois deux trois quatre langues, mais ça à aucun moment dans le parcours scolaire, c'est valorisé alors que c'est une richesse.
Et ce qu'on doit faire dans l'éducation, c'est être capable de donner confiance à l'élève en sa capacité réussite. Quel que soit le choix qu'il fasse, c'est donner confiance à l'élève. Et pour conclure, ce qu'on doit faire au niveau de la gauche, c'est être capable de donner confiance aux enseignants, donner confiance aux familles, donner confiance aux élèves pour transformer la société.
Merci beaucoup. [applaudissements] Merci beaucoup pour ces premières pistes de réponse. Je vais maintenant poser passer la parole pardon à Jean-Claude Rau.
Euh vous êtes également enseignant de formation en lycée pro prof de lettre anglais et vous êtes député de l'or atlantique siégeant pour le groupe écologiste et social et vous intervenez pour debout dans cette table ronde. À vous la parole en essayant de récupérer le micro. Voilà.
Merci. Merci beaucoup. À mon tour, je vais me réjouir de la place qui a été donnée à la voie pro sur cette table ronde.
Il faut le signaler parce que la semaine dernière, nous avons auditionné le ministre de l'éducation nationale le 7e depuis que je suis député. Ça ne fait pas si longtemps som toutes. Et euh donc pour un/ers des lycéens lycéennes de ce pays, il en été question pendant 2 minutes parce que je l'ai interpellé sur la question.
Voilà. Donc ça fait du bien de temps en temps d'être pas surreé mais de l'être à sa à sa juste valeur. Alors former des citoyens libres et heureux c'est non seulement une un beau programme pour pour l'école de demain pour notre école de la République mais c'est aussi une injonction qui est plus que jamais d'actualité je dirais même indispensable.
Alors je vais commencer par un vœux. Je sais pas si on finira par des vœux. euh c'est euh de de dire que l'école doit respirer, doit s'ouvrir, doit donner de l'air euh et de la confiance.
Et je vais euh je vais poser deux questions. Se demander si aujourd'hui euh l'école est encore au cœur du projet républicain. Il y a un indice, c'est que bah pour la première fois, le budget de l'éducation nationale n'est plus le premier de l'État.
C'est l'armée dans le PLF 2026. Et euh voilà, je reviendrai peut-être pour pour compléter cette question, enfin la réponse à cette question un petit peu plus tard. Puis la deuxième question, c'est de se demander si nous étions heureux à l'école et si on l'est toujours aujourd'hui.
Alors, les bons élèves sans doute. Les autres, je m'interroge. En tout cas, moi ce que je tenais à dire, c'est qu'entre le l'école que j'ai pu connaître dans ma scolarité et celle d'aujourd'hui, c'est un modèle qui n'a pas changé tant que ça en en fin de compte alors que le le cadre a explosé.
Ce que je veux dire par là, le modèle c'est toujours celui de d'un adulte devant devant une classe avec des journées qui sont trop chargé avec peu de respiration finalement qui sont dictées par des référentiels, par des contraintes matérielles d'emploi du temps. Une école qui reste largement, on l'a évoqué les uns et les autres, tourné vers des savoirs théoriques, omniprésents, je dirais même écrasant dans la perspective de la voie royale des des filières générales. Sinon bah tant pis, c'est la relégation en voie professionnelle ou en lycée agricole et avec, on l'a dit aussi, un modèle de transmission qui reste largement unilatéral et et dépourvu d'interaction.
Donc ça c'est pour ce qui n'a pas beaucoup changé. Par contre, le cadre lui a explosé avec l'arrivée du téléphone portable. Alors, on l'interdit d'un côté parce que effectivement c'est un vrai problème.
Moi je je l'ai vu, l'arrivée des portables dans les salles de classe, c'est un vrai problème. Dans le même temps, on offre des ordinateurs. L'arrivée que moi je n'ai pas encore connu de l'intelligence artificielle, en tout cas en tant qu'enseignant.
Et puis l'école inclusive aujourd'hui, on l'a dit, qui représente un peu plus d'un demi million d'élèves et qui a été dont le nombre d'élèves qui en relève a été multiplié par 4 depuis le vote de la loi de de 2005. Donc quelques propositions que je souhaiterais faire, c'est bah sortir justement, je ne suis pas le seul, de la simple acquisition de de ces connaissances théoriques et faut faire, comme le dit François Ruifin, en sorte que la joie revienne à l'école. Je trouve que c'est une belle une belle proposition.
On pourrait s'intéresser aussi à tout ce qui concerne le savoir être et le vivre ensemble. Alors, on enseigne l'empathie dans dans les cursus au Canada. Il est question de responsabilité collective au Japon, il est question d'équité et de confiance dans les dans les programmes en Finlande.
Les savoir-faires aussi des savoirs peut-être pratiques. Alors, on pourrait citer en vrac la couture, la cuisine, le bricolage, le jardinage et cetera pour dire qu'il n'y a pas que l'intelligence du cerveau. Moi justement en lycée professionnel, j'ai pu me rendre compte que des élèves qui ne brillaient pas, c'est moins qu'on puisse dire dans les matières que j'enseignais m'ont franchement épaté lorsque je les voyais sur le terrain par leurs aptitudes relationnelles ou par leurs compétences professionnelles.
Du coup, il prenaient tout de suite une autre une autre valeur à mes yeux. J'avais une vision beaucoup plus large. S'ouvrir aussi sur des projets extérieurs, sur la découverte des métiers.
Alors, il y a un certain nombre d'associations aujourd'hui qui le font en dehors du cadre scolaire et ça marche plutôt bien tout ce qui euh tout ce qui est l'outil en main, l'ors dans les mains. Euh s'ouvrir sur la vie euh associative, sur la vie euh culturelle et économique d'un territoire, les échanges internationaux aussi qui sont également extrêmement importants. Et puis je je me j'ai repris aussi donc les les deux adjectifs qui étaient proposés pour cette table ronde parce que évidemment avant d'être des citoyens et des citoyennes, les élèves doivent aussi profiter de la liberté et du bonheur.
Alors libre de quoi ? libre de la signation sociale. Encore une fois, je j'y reviens mais c'est important puisque on sait que les D sont jetés très tôt et que c'est malheureusement difficile d'y échapper.
Souvent trop tard au collège qui ne fait que creuser les écarts. c'est que dans les évaluations de 6e, le décile des élèves les plus faibles, bon, on sait déjà que c'est terminé pour enfin terminer d'une certaine manière parce que 80 % n'auront pas d'autre choix malheureusement que de se retrouver dans la dans la voie professionnelle. Donc ça en dit long justement sur cette assignation précoce, libre aussi de l'emprise des réseaux.
On voit bien que dans notre société, il va être important de développer l'esprit critique et puis aussi du harcèlement puisqu'on sait qu'il y a 700000 jeunes qui sont frappés par par ce fléo dans dans notre système scolaire. Libre aussi de leur choix. Ça concerne l'orientation qui devrait effectivement être choisie plutôt que subi et de l'enfer de le parcours sup.
Je n'y reviens pas, il en était question. Et prix aussi libre du bitume dans les écoles où la végétation doit retrouver une place. et des passoirs et des bouilloirs que représentent bien souvent le bâtis scolaire.
Et puis si j'ai encore un petit peu de temps, je vais tranquillement parce que on aimerait la parole, je vais développer sur le côté heureux. Je parlerai peut-être des profs un petit peu plus tard. Donc heureux, c'est une école où on puisse s'épanouir sans rentrer trop vite dans des cases.
Nous ne voulons plus d'une école qui enferme. C'est une école qui écoute, qui autorise et aussi qui encadre les discussions ouvertes qui apprennent l'art du débat que je n'ai jamais pratiqué dans ma scolarité pour ma part. l'importance aussi de la démocratie scolaire hein pour que les élèves puissent influer sur leur environnement direct mais aussi sur leur formation qu'on donne vraiment une place plus importante à de réelles options à à à des choix qu'on peut effectuer dans sa scolarité.
Évidemment une pédagogie qui soit plus personnalisée, qui soit en soutien durable des élèves en difficulté. Et puis pour redire et puis je vais laisser la parole à mes collègues que la question du modèle éducatif c'est effectivement la question du modèle de société que nous voulons. [applaudissements] Merci beaucoup Jean-Claude.
J'ai envie de de rebondir sur le dernier sujet que vous avez abordé, c'est-à-dire la démocratie scolaire, la place de la parole des jeunes en me tournant vers ceux qui sont le plus proche du parcours scolaire dans le dans leur existence récente, à savoir Cheril et et Dylan, quel quelle serait par rapport à l'expérience que vous en avez eu de quelle était votre place en tant qu'enfant dans votre propre formation ? Quelles seraient vos attentes, vos désirs demain pour une école qui donne plus de place à la parole de la jeunesse dès l'enfance dans le parcours scolaire ? Bah pour moi, il y a la question de de la parole dans le cadre scolaire, mais le l'école, elle doit aussi elle s'inscrit aussi dans un environnement géographique et donc dans un environnement social.
Et c'est aussi la question de la façon dont tous les dispositifs qui contribuent au quotidien d'un établissement scolaire laissent aussi la parole aux élèves. On peut parler des cités éducative, on peut parler euh euh des euh des des programmes pour la réussite éducative qui ne conçoivent les jeunes que comme des bénéficiaires et pas suffisamment comme comme des acteurs qui peuvent aussi apporter des idées et apporter des solutions. Et puis je pense qu'il y a autant la question de faire prendre conscience aux élèves le le la place qu'ils ont dans leur cadre académique que aussi les faire réfléchir à des solutions plus globales, plus grandes, à pouvoir les faire réfléchir à à des lois, à pouvoir les faire pardon à pouvoir leur faire regarder et comprendre leur environnement politique aussi pour qu'ils comprennent que les difficultés qu'ils vont rencontrer ou qu'ils ont déjà rencontrés ne sont pas que les leurs et que ça ça s'inscrit aussi dans un contexte plus national.
Je sais pas si Chéril ça vous inspire des envies ou des désirs à exprimer par rapport à la formation, à la citoyenneté, à la prise de parole des jeunes sur leur propre parcours scolaire ou même sur leur influence sur la société. Déjà, je pense qu'on devrait être un peu mieux informé parce que quand on vient de milieu populaire, on n' pas vraiment connaissance de ce qu'on peut faire à l'avenir. Moi personnellement, je sais que je j'y connaissais rien des prépas ou des facs un peu plus prestigieuses.
Et c'est quand je suis arrivée à l'école sub que du coup je me suis rendu compte qu'il existait toutes ces choses. Je pense aussi qu'il faut qu'on travaille sur le débat avec la jeunesse, qu'on apprenne à confronter des idées, qu'on apprenne aussi à accepter le désaccord et la différence des uns et des autres parce que c'est parfois difficile même entre personnes issues de milieu populaire. Donc je pense qu'il faut qu'on valorise toutes ces choses et je pense qu'il faut aussi qu'on montre à la jeunesse comment ça se passe en politique le plus tôt possible, comment les projets de loi sont adoptés, quels sont leurs impacts parce que je pense que tout est politique notamment quand on vient de milieux comme ceci où il y a de la précarité et des fragilités sociales, la discrimination, c'est intrinsèquement lié à des choix politiques et donc je pense qu'il faut l'apprendre au plus vite et donner donner les clés nécessaires à la jeunesse de développer un esprit critique et de pouvoir agir sur toutes ces questions. en grandissant et même en étant encore jeune.
Merci beaucoup. Je ne sais pas si cette question suscite d'autres réactions dans la table ronde mais j'avais aussi envie de vous relancer sur un sujet qui a traversé quand même beaucoup vos échanges à savoir celui de la différenciation des savoirs et des filières collège unique ou au contraire parcours spécialisé. Faut-il encore demain avoir un enseignement pro ou pas ?
Est-ce que ces questions-là pour vous sont des questions politiques majeures à se poser dans les années qui viennent ? Peut-être Laurence ? Oui, il y a il y a une loi dans l'histoire de l'éducation en fait, c'est que plus on multiplie la possibilité de quitter le système éducatif de façon prématurée, plus on nourrit la contre-démocratisation scolaire.
Donc en fait la visée qu'il faut avoir c'est de garder le plus longtemps possible ensemble tous les enfants. À partir du moment où vous donnez la possibilité de bifurquer soit une bifurcation dans une classe prépa ultra prestigieuse, soit une bifurcation à l'âge de 12 ans dans une classe prépa métier et cetera, dès que vous multipliez les possibilités de bifurcation, vous allez à l'encontre de la démocratisation scolaire. Ce qui est un peu intuitif parce que contreintuitif parce que généralement c'est justifié en disant oui mais c'est des enfants qui ne sont pas faits pour l'école.
C'est jamais l'inverse he c'est jamais l'école qui est pas faite pour ces enfants-là. C'est toujours les enfants qui sont pas faits pour l'école donc ils sont pas fait pour l'école donc ils seront quand même mieux dans telle classe ou au contraire lui il est HPI donc il serait mieux dans telle classe et cetera. Donc on a toujours le sentiment qu'en multipliant les filières en fait on est au plus près des besoins des enfants.
Et c'est pas vrai en fait les besoins des enfants, c'est de rester ensemble mélangé le plus longtemps possible. Voilà donc ça c'est effectivement un discours qui doit être tenu par la gauche parce que c'est le discours de la démocratisation scolaire. La démocratisation scolaire, c'est donner la possibilité aux enfants d'où qu'ils viennent, quels qu'ils soient, queles que soient leurs inégalités culturel de genre géographique, leur éventuelle situation de handicap et cetera, donner la possibilité à tous les enfants d'accomplir la trajectoire scolaire de leur choix et le plus important, c'est le choix et la trajectoire scolaire, c'est-à-dire pas la réussite au sens propre, la question de la trajectoire telle qu'ils l'auront conçu tel qu'ils l'auront bâti, tel qu'ils l'auront choisi parce que en effet ils auront aussi les informations partout les mêmes et donc ils pourront choisir en fonction de ce qui est de de ce qu'ils connaissent et non pas de ce qu'on leur dit qui est bien pour eux.
Moi je termine juste par une anecdote de prof. Euh j'ai longtemps enseigné aussi dans les quartiers populaires. J'ai souvent j'étais bébé prof à l'époque et euh j'étais professeur principal en 3e.
C'est là où euh se fait justement l'orientation subie. Euh et je me souviens d'avoir eu le cœur fendu par une petite qui à laquelle donc je demandais ce qu'elle aimerait faire et à l'époque, il y avait pas il y avait encore les BEP, vous rappelez en bac pro, ça a disparu en lycée pro et elle me dit "Je voudrais faire un BEP vétérinaire." Et c'est extraordinaire comme réponse parce que vétérinaire c'était toujours présenté comme le métier le plus difficile à atteindre, celui voilà qui était vraiment réservé au à l'excellence.
Elle savait très bien qu'elle pour elle c'était le BEP. Et donc comment est-ce qu'elle me dit que ça va pas et que c'est une souffrance ? Bah elle veut faire un BEP vétérinaire quoi.
Voilà, ça c'est quelque chose qui est plus possible. Enfin, c'est vraiment quelque chose contre lequel il faut absolument agir quoi. Valérie, ça suscite votre envie de réagir.
Moi, je crois qu'il faut qu'on se réinterroge à gauche sur la finalité. Qu'est-ce qu'on veut de l'école ? C'est-à-dire, je parle de l'école du secondaire. de la primaire en passant par le lycée.
Les les c'est c'est différent ensuite dans l'enseignement supérieur, mais aujourd'hui, on a une école malade de ses son évaluation à outrance. penser que dès la maternelle, dès la primaire, bon euh on a une école malade de sa compétition, euh de ses orientation précoces euh inégalitaire de de cette professionnalisation précoce parce que c'est un sujet qui est pris à bras le corps et mal pris à bras le corps par les gouvernements de droite, mais ça ça n'a pas commencé qu'avec eux. Et moi, je crois qu'il faut qu'on s'interroge à savoir est-ce que l'école, en tout cas quand on a 15, 14, 15, 16, 17 ans, on doit aller à l'école pour être employable et pour répondre aux besoins du marché.
Je crois pas en fait. Moi, je crois que il faut que parce que vous avez les discours, hein, vous avez les discours sur l'art, la culture, il faut favoriser et cetera. Puis il y a la réalité.
La réalité c'est que dans les lycées et pas que dans les lycées pro, l'art et la culture ont quasiment disparu, hein, du fait des emplois du temps euh euh hyper lourd et cetera. Euh c'est de moins c'est ça n'est de moins en moins des espaces d'épanouissement et de convivialité. Et si on veut faire société et si on veut faire société avec tous nos enfants et ben il faut que ça commence à l'école, il me semble. [applaudissements] Oui.
Oui. Alors messieurs, les parlementaires ou représentants de de parti, que vous inspire ces ces désirs ou ces constats ? Ça va être extrêmement bref du coup parce que je vois le compteur qui tourne.
Euh oui, ce qui est important en fin de compte, c'est que chacun puisse enfin quand je dis chacun chaque élève he puisse exploiter son potentiel et trouver sa place et ne pas aller à celle qu'on qu'on lui a déjà réservé. Donc ça passe évidemment par la par la confiance dans l'école mais pas seulement. Et après avoir cité François Ruffin tout à l'heure, je vais citer Lucy Casté qui qui disait qu'il faut faire entendre une autre voix et dessiner une autre voix.
Alors, nous avons ébauché un certain nombre de de pistes ensemble et ça peut passer aussi par le débat parlementaire parce que paradoxalement euh nous sommes commissaires avec Sophie Alexis sur ces questions éducatives mais jamais au grand jamais nous n'avons de de débat de fond sur l'éducation. Nous subissons les réformes qui passent par voie de décret, par voie réglementaire et dans notre pays, c'est un vrai problème et on voit ces réformes s'empil sans jamais être évalué sans qu'on en mesure l'impact et c'est aussi une des grosses difficultés de notre système éducatif. Merci beaucoup François.
Dernier mot cit. Oui, la question de l'employabilité que tu souvis tout à l'heure, c'est la question en fait, c'est toujours le prétexte à la sélection par l'exclusion. C'est euh les élèves porteurs de handicap, c'est les élèves perturbateurs.
Et donc à la fin, on les met en dehors parce que vous comprenez, c'est tous les autres sont gênés par ces élèves-là qui sont pas au niveau qui suivent pas euh qui sont différents. Pour être optimiste en pensant à l'école inclusive, les choses ont quand même bien changé depuis euh 10 ans. Mais par rapport à ce qui existe dans d'autres pays, je pense particulièrement à l'Italie, on n'est pas encore haut niveau.
On n' pas une reconnaissance réelle du travail des AESH qui ont développé des vraies compétences. Et comme on est quand même toujours sur un système de diplôme, il y a quand même le truc de la ESH, c'est après le prof. Là où par exemple en Italie, c'est vraiment des professionnels, des gens qui sont vraiment des fonctionnaires et qui sont des spécialistes de l'inclusion.
Dernier truc, on va arriver sur les municipales et on peut aussi changer des choses au niveau municipal. Il y avait la question des cours d'école, mais regarder aussi au niveau municipal où va l'argent. Moi, j'ai le souvenir de quand j'étais élu à la jeunesse à Blois.
En fait, il y avait beaucoup plus de moyens pour mes enfants qu'aller au conservatoire par l'argent qu'on mettait dans le conservatoire que pour les jeunes de quartier pour lesquels on se battait pour pouvoir faire des concerts dans une MJC. Et ça, c'est un élément vraiment important. Regardez aussi où va l'argent dans l'école.
Pour être heureux en prépa, on a beaucoup plus de moyens par élève que ce qu'on a en réalité dans un collège R plus. Donc intéressez-vous à ça et c'est aussi des choses que la gauche peut et doit changer. Merci beaucoup à tous de dégager des pistes pour la la libération et l'émancipation de de nos enfants.
Je vous invite à à rester là pour accueillir pour une nouvelle tableau ronde donné à représentant une représentante en l'occurrence d'organisation de de jeunesse sur ce sujet de la formation de citoyens libre et heureux. Danel, vous êtes cocoordinatrice nationale de jeunes génération et vous êtes par ailleurs enseignante. [applaudissements] Euh merci à l'ensemble des intervenants qui euh ont réussi à faire le constat de notre système éducatif français, le triste constat de notre système scolaire qui est tourné vers la performance vers une sélection euh permanente qui nous éloigne tous les jours euh et toutes les décennies un peu plus de l'idéal républicain d'une école qui devrait être une école émancipatrice.
Cette école, elle est comme un espace de triocial qui relègue au second plan sa mission principale qui est d'émanciper et de vivre ensemble. Le vivre ensemble, c'est pas un, c'est quelque chose qui s'apprend. C'est pas iné chez les jeunes et ce n'est pas non plus iné chez les adultes.
C'est pour ça qu'il faut une réelle formation des futurs citoyens et citoyennes. C'est un enjeu qui est primordial de l'éducation et également des objectifs en terme de connaissances. les connaissances qui sont abordées tout au long des cycles, que ce soit en primaire, en secondaire, de l'école jusqu'au lycée et même ensuite à la faculté.
L'éducation à la citoyenneté, elle doit être aussi au cœur de nos programmes et pas seulement en enseignement moral et civique, on a tendance à souvent cantonner très facilement la formation des futurs citoyens au cours de ce qu'on appelle l'EMC. Et euh cette éducation, elle doit être justement le fil rouge de l'ensemble des matières enseignées du primaire jusqu'au secondaire. cette éducation qui fait des élèves des futurs citoyens.
Euh nous le savons, euh on devient citoyen en étant acteur et actrice et également sujet de la participation citoyenne dans les établissements. Alors, sensibilisons les élèves, accompagnez-les. Il faut les accompagner dans leur participation à la vie dans les établissements euh dans les établissements scolaires pour qu'ils soient fait par eux mais également pour eux.
Euh on a des propositions assez claires, nous les organisations de jeunesse qui notamment proposent de faire un programme effectif de MC, donc d'enseignement moral et civique qui aborde profondément les enjeux de la démocratie, spécifiquement la la démocratie scolaire. Donc, il faut former les citoyens de demain. Former les citoyens de demain, c'est avant tout faire comprendre aux élèves quels sont leurs droits, leur devoirs également, mais surtout leurs droits et non seulement donc leur devoirs comme c'est régulièrement rappelé par les différents ministères successifs. aussi mettre en place concrètement la lutte contre les discriminations, donc dans les programmes développer tout ce qui va être l'esprit critique qui est en ce moment mis à mal par justement la concentration des médias par l'extrême droite.
Donc c'est d'autant plus important vu le contexte. Il est temps d'en finir également avec ce qu'on appelle les pédagogies descendantes. Donc c'est mettre au cœur en fait des apprentissages les élèves.
C'est ne pas en fait faire cours aux élèves pendant 5h assis. c'est les mettre au cœur de leur de leur travail, retravailler les contenus euh les contenus scolaires des programmes, c'est également revoir les pratiques scolaires. Donc permettons au final aux élèves de se questionner, de s'interroger, d'expérimenter justement pour ouvrir à la complexité du monde, pour les ouvrir en leur donnant les outils pour s'émanciper à l'intérieur de la société et leur faire devenir des citoyens et des citoyennes à part entière.
On peut également euh pas parler d'esprit d'esprit critique dans un contexte médiatique. Euh et on peut pas parler de ce contexte médiatique sans évoquer l'une des questions les plus préignantes de notre temps, c'est l'exposition des jeunes aux réseaux sociaux et donc forcément l'éducation aux réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, c'est un lieu d'expression à part entière. qui dit lieu d'expression dit aussi lieu malheureusement de discrimination de discrimination et de danger également pour les plus jeunes qui ne peuvent pas forcément maîtriser leurs actions sur les réseaux sociaux et en plus de ça ne pas maîtriser les actions des autres sur les réseaux sociaux.
Donc les pouvoirs français, les pouvoirs publics français et européens doivent et ont le devoir d'assurer cette éducation et la sécurité des jeunes en garantissant une vraie éducation justement à leur usage. C'est notamment le cas avec l'éducation au médias et à l'information. Donc il s'agit de repenser cet enseignement là et l'usage également des outils numériques avec l'intégration des risques et des pratiques liées à ces réseaux sociaux là.
Donc, il faut réinterroger la place de euh l'éducation des médias à l'information dans ce contexte particulier, dans ce contexte d'omniprésence des réseaux sociaux et dans un contexte de désinformation euh croissant. Ces changements dans les contenus euh éducatifs, ils doivent prendre place dans une école qui est renouvelée, une école qui est également adaptée aux attentes des élèves et aussi également de toute une génération. Les établissements aujourd'hui, ce ne sont pas des établissements où il y a une libre parole.
On sait ça mène à des situations assez dramatiques de détresse des jeunes et d'absence d'accompagnement des élèves. Il faut ouvrir ces écoles, ouvrir l'ensemble de ces établissements à la démocratie et la démocratie scolaire. Garantir la parole des élèves en devant en faisant des écoles des lieux d'expression mais également des lieux de débat avec l'enseignant et l'enseignante comme garantie là à l'intérieur des cours mais aussi à l'intérieur de tout le climat scolaire.
Il faut que les établissements deviennent des lieux d'écoute à part entière des plus jeunes et de leurs aspirations futures. On a entendu également en fait la prise en compte, on a eu pas mal de débats sur la prise en compte de la question de l'orientation pour une orientation choisie avec une prise en compte des volontés et des aspirations de l'ensemble des jeunes. Donc en conclusion, il est temps de faire de l'école un laboratoire de la citoyenneté pour que la démocratie scolaire devienne un vrai levier de la démocration de la démocratie pardon vivante et renouvelée à l'échelle de la citoyenneté pour que l'éducation rime toujours avec émancipation qui est sa mission première. [applaudissements] Merci beaucoup.
Merci à tous. Merci beaucoup Danel. Ev.
François Thiollet