Aurélien Pradié : "Cette crise est profonde, elle est une remise en question significative de notre modèle"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Question sur la crise sanitaire et économique vue de la droite.
- 0:17OuverteRéponse directe
Quelles leçons souhaiteriez-vous que les Républicains tirent à l'issue de cette séquence ?
- 1:38OuverteRéponse directe
L'audace dont vous parlez serait par exemple redéfinir l'État providence ?
- 2:16RelanceRéponse partielle
Cette lâcheté que vous évoquez, elle est où ? De la part de qui ?
- 3:46OuverteRéponse partielle
De quelle table parliez-vous en demandant de la renverser ?
- 4:33OuverteRéponse directe
Les activités hospitalières et alimentaires doivent-elles échapper au libéralisme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« cette crise est profonde, qu'elle est une remise en question assez significative de notre modèle social, politique, économique. »
- 3:21Invité politiqueFait
« lorsqu'aujourd'hui vous voyez qu'une grande nation comme la France en est réduite à aller faire la manche auprès des Chinois pour obtenir quelques masques »
- 9:41PrésentateurChiffre
« François Fillon, Les Républicains, vous vouliez supprimer 500 000 postes dans la fonction publique. »
- 12:13Invité politiqueFait
« une des premières grandes lois pour protéger les femmes avait été portée par Simone Veil »
- 15:40PrésentateurChiffre
« Les violences conjugales ont augmenté d'au moins 30%. »
Temps de parole
- Aurélien Pradié64 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 27 %
- Auditeur7 %
- Auditeur 22 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Aurélien Pradié, numéro 3 des Républicains, secrétaire général du mouvement, député du LOT. Question donc ce matin sur cette crise sanitaire et économique vue de la droite. Et je précise Aurélien Pradié que vous êtes partisan d'une droite dite sociale. Alors quelles leçons d'ailleurs souhaiteriez-vous que les Républicains tirent à l'issue de cette séquence ?
Elles sont nombreuses ces leçons et elles ne concernent pas que les Républicains, elles concernent notre pays tout entier. Et sûrement que la position la plus confortable pour moi comme pour d'autres consisterait à dire qu'au fond cette crise n'est qu'une petite perturbation de notre système économique, de notre modèle social et qu'au fond on sortira le carnet de chèques comme par le passé et puis on repartira de bons trains sur le modèle que nous avons connu. Moi je fais partie de ceux qui considèrent que cette crise est profonde, qu'elle est une remise en question assez significative de notre modèle social, politique, économique.
Peut-être que la forme de lâcheté qui jusque-là a prédominé consistait à ne pas se poser ces questions. Mais je pense que ça fait partie des responsabilités de la droite républicaine de s'interroger sur notre modèle, y compris économique, et de se reposer des questions que collectivement, les uns les autres, à droite comme à gauche ailleurs, nous ne sommes plus posés depuis de nombreuses années. Au fond d'ailleurs c'est ce que la droite a toujours fait chaque fois qu'il y a eu des crises historiques profondes depuis le général de Gaulle. C'est la droite qui a accepté de re-questionner en profondeur les choses. L'audace c'est aussi une valeur de droite.
Et je pense qu'aujourd'hui il faut que nous ayons plus que l'audace le courage de nous dire que notre modèle, notre système ne fonctionne pas, qu'il n'apporte plus aux êtres humains ce qu'il a pu apporter il y a quelques décennies, et que donc il faut qu'on se repose toutes les questions.
Et l'audace dont vous parlez Aurélien Pradié, ce serait par exemple redéfendre l'idée d'un état providence, un état protecteur, le remettre au goût du jour à droite ?
Sûrement. Sûrement est-ce que ça passe par cela ? D'abord ça passe par les questionnements. Moi je suis assez frappé depuis plusieurs semaines de voir qu'il n'est pas si simple de poser des questions essentielles. Je crois qu'il y a une forme de lâcheté collective, y compris intellectuelle, qui consiste à ne pas vouloir s'interroger. Et donc je pense que c'est le rôle du politique, c'est le mien. J'ai 34 ans, je suis député de mon pays. Si à mon âge je ne me pose pas de questions, je ne vois pas bien quand est-ce que je le ferai ?
Une parenthèse, cette lâcheté que vous évoquez depuis le début de cette interview, elle est où ? De la part de qui ?
Elle concerne la classe politique comme elle concerne les citoyens aussi. Moi je suis un citoyen avant d'être un député. Sur notre modèle de consommation, est-ce que nous, citoyens, nous nous sommes vraiment posés toutes les questions depuis des décennies ? Est-ce que les citoyens, les uns après les autres, moi le premier, comme citoyen et responsable politique, nous nous sommes interrogés sur notre modèle de santé, sur la manière dont on achetait des produits alimentaires ? Toutes ces questions sont des questions collectives. Je ne suis pas en train de pointer du doigt qui que ce soit.
Je dis juste que c'est le moment que les politiques sortent du bois, dressent un chemin et emportent avec eux les citoyens pour poser les questions, y compris celles de l'État que vous évoquiez. Moi je ne suis ni pour plus d'État, ni pour moins d'État, je suis pour mieux d'État. Pour un État stratège qui ne s'occupe pas de tout et de n'importe quoi, mais qui soit capable de fixer un horizon sur les questions de santé, sur les questions économiques, sur certains secteurs stratégiques qui en laissent d'autres à la liberté, parce que je suis pour la liberté fondamentalement, mais il y a des sujets stratégiques. Écoutez, un constat très simple que tout le monde peut partager.
Lorsqu'aujourd'hui vous voyez qu'une grande nation comme la France en est réduite à aller faire la manche auprès des Chinois pour obtenir quelques masques, on ne peut quand même pas se dire que ce modèle économique-là, il a porté aujourd'hui tous ses fruits. Il y a des secteurs dans lesquels je crois que l'État, la puissance publique, peut faire et peut mieux faire.
Dans une interview à Libération parue cette semaine, vous avez demandé à renverser la table après cette crise, mais de quelle table parliez-vous précisément ? Celle du libéralisme, du capitalisme ou bien du néolibéralisme ? Quelle table faut-il renverser selon vous ?
Pour rien vous cacher, j'ai un petit peu de mal avec ces débats sémantiques qui ont sûrement intéressé beaucoup d'intellectuels en confinement, mais qui sont un peu éloignés de la réalité. Je ne sais pas si c'est le libéralisme, si c'est le capitalisme financier qu'il faut interroger. Ce que je sais juste, c'est que très précisément, très concrètement, je suis favorable à la liberté d'entreprise, qu'elle a beaucoup apporté à l'évolution des êtres humains, mais que je considère qu'il y a des secteurs stratégiques dans lesquels l'État, la puissance publique, le citoyen par la voie du politique doit pouvoir contrôler les choses, maîtriser les choses.
Par exemple les activités hospitalières, alimentaires, celles-là doivent échapper désormais au régime libéral le plus débridé ?
La réflexion doit être ouverte, mais moi j'ai quelques secteurs en tête. La question de la santé, évidemment, la question de l'éducation, la question industrielle, notamment sur les aspects alimentaires, je pense à l'agriculture. Je considère aujourd'hui que lorsque l'on voit que le blé est devenu plus une matière boursière qu'une matière agricole, l'État, les États, puisque là il s'agit d'une construction européenne et mondiale, ont quelque chose à dire, ont quelque chose à faire. Donc je suis favorable à ce que nous identifions 4 ou 5 plans stratégiques des secteurs dans lesquels l'État, la puissance publique, aura son mot à dire.
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne soit pas dans un système mixte qui évidemment laisse la liberté aux uns et aux autres. Après l'interview que j'ai donnée à Libération, j'ai eu droit à beaucoup de soutien, y compris à droite, mais aussi parfois quelques caricatures. Et c'est ce qui me stupéfait d'ailleurs beaucoup, c'est que je trouve qu'aujourd'hui le dogmatisme d'extrême-gauche est aussi fort que le dogmatisme des ultralibéraux qui refuserait presque de se poser des questions fondamentales. Il faut que nous nous interrogions et que nous trouvions un modèle qui satisfasse à la liberté de chacun, mais aussi au contrôle, et à l'orientation de notre vie collective.
Une question de Patricia Martin.
Aurélien Pradié, une parenthèse pour commencer. Vous savez que les intellectuels, qu'ils soient confinés ou pas, ils nous aident aussi à réfléchir notamment aux questions fondamentales. Parenthèse fermée. Vous êtes jeune, vous le disiez, vous avez 34 ans. Certains disent de vous que vous êtes un jeune loup et vous comparez ça à Jacques Chirac. Ce qui devrait vous plaire, puisque Jacques Chirac a été votre idole, tout comme Georges Pompidou, bien que vous n'ayez jamais eu de mentor.
Oui, d'abord pour clôturer votre parenthèse, j'ai un profond respect pour les intellectuels, mais les vrais intellectuels, ceux qui sont capables de sortir des conventions, ceux qui sont capables de sortir des banalités. Et je dis juste qu'il est nécessaire que nos intellectuels ouvrent un chemin, mais pas qu'ils soient toujours dans les mêmes logiques de pensée. Voilà ce que je disais simplement. Pour le reste, c'est une fatalité de la vie politique. Quand vous avez 34 ans et que vous avez envie de faire avancer les choses, vous êtes forcément un jeune loup. J'espère ne pas devenir un vieux renard dans quelques années. Et quant à Jacques Chirac, moi j'ai grandi dans le lot.
Je viens d'une famille qui n'a jamais fait de politique. J'ai grandi dans une terre de gauche. J'ai été élu dans des situations souvent assez incongrues.
Vous avez fait campagne en 2008, vous étiez sur votre mobilette et vous avez tenté de vous tourner à ce moment-là peut-être vers un autre parti, puisque le lot c'est quand même une terre de gauche. Est-ce qu'à un moment donné vous avez été tenté par un autre parti ?
Jamais. Jamais. Et pourtant on me l'a conseillé, parce que pour être élu dans le lot, qui est une terre de gauche, radicale de gauche, il fallait souvent avoir la bonne étiquette à gauche. Non, je l'ai toujours refusé. J'ai toujours été élu sur mes convictions dans ce département-là. Des gens de convictions politiques différentes m'ont toujours fait confiance. Et j'ai appris simplement une chose, c'est qu'en politique pour être respecté, il faut être respectable. Et pour être respectable, il faut oser avoir des convictions. Je ne déteste rien de plus que ceux qui n'ont pas de convictions. Voilà pourquoi j'essaie d'exprimer les miennes toujours assez librement.
Politiquement, vous êtes un peu dans la ligne de Philippe Séguin ?
J'ai toujours du mal à me mettre dans une ligne, mais Philippe Séguin fait partie de ceux pour qui j'ai une admiration profonde. Depuis quand la politique n'a pas permis véritablement de changer les choses ? Depuis très très longtemps. Et sûrement que les Générales de Gaulle, Philippe Séguin et quelques autres ont contribué à faire que la politique avait du sens. Si on peut retrouver ce chemin-là, j'en serais très heureux.
Aurélien Pradier, numéro 3 des Républicains, députés du Loïc. Vous avez peut-être lu cette tribune que signent aujourd'hui 58 parlementaires, issus pour la plupart de la gauche et aussi de la majorité. Ils appellent les Français à partager leurs idées pour qu'il y ait un avant et un après coronavirus. Un peu comme votre stratégie en ce moment. Ils veulent d'ailleurs placer les hôpitaux en dehors de la loi du marché. Ils veulent relocaliser. Y a-t-il véritablement une différence entre la gauche et la droite désormais ?
Oui, il y en a sûrement une. Et heureusement, je pense que c'est salutaire au débat public. Il y a une différence entre la droite et la gauche.
Vous avez les mêmes ambitions sur ce sujet, en tout cas.
Mais que nous ayons à droite comme à gauche l'ambition de changer la France et de transformer cette crise-là en une chance pour nos concitoyens, c'est plutôt une bonne nouvelle. D'ailleurs, si je reprends l'historique du gaullisme, lorsque nos prédécesseurs ont rebâti la France, ils l'ont fait en associant les gaullistes et les communistes. Oui, l'ambition de rebâtir la France est une belle ambition. Quant aux solutions, il n'est pas certain que nous ayons les mêmes, évidemment. Et c'est très bien. Si tout le monde se repose ces questions-là, c'est fondamental.
Quant aux députés de la majorité, je ne suis pas sûr qu'ils soient capables de changer de modèle parce que le modèle qui est en train de s'éteindre aujourd'hui, à mon sens, est tout à fait leur héritage. Ils en sont le pur produit. Donc c'est sûrement, et à la droite et à la gauche, de réinventer ce modèle-là avec nos solutions différentes.
Changer de modèle à droite également, c'est tout de même un sacré changement de paradigme. Je rappelle que François Fillon, Les Républicains, vous vouliez supprimer 500 000 postes dans la fonction publique. Vous vouliez favoriser les entreprises avec des baisses de charges de 40 milliards. Ce que vous proposez aujourd'hui, Aurélien Pradié, c'est quand même un sacré changement de discours assez radical. Est-ce que vous sentez votre parti prêt à franchir cette marche haute ?
Je pense que c'est en fait un retour aux sources. La droite s'est peut-être parfois un peu égarée. Et aujourd'hui, nous en revenons à nos fondamentaux. Je le redis lorsque je prononce le mot de gaullisme, lorsque vous prononciez tout à l'heure le nom de Philippe Séguin. Tout ça, ce sont nos fondamentaux. Et donc, c'est un retour à nos sources profondes, celles du volontarisme politique, celles de l'audace aussi dans les idées et dans les convictions. Et quant à mon parti politique, Eh bien, écoutez, depuis quelques jours, je suis très marqué, y compris par les propos que Christian Jacob a pu avoir, qui me permettent de mesurer que nous sommes prêts. Nous sommes prêts.
Il y a sûrement eu, de ce point de vue, un vrai travail de fond, un vrai travail de courage. Plus personne à droite ne considère aujourd'hui qu'on s'en sortira avec les solutions d'hier.
01, 45, 24, 7000. Les questions des auditeurs à présent. Question à Aurélien Pradié, ce matin, numéro 3 des Républicains, secrétaire général du Mouvement et député du Lot. Nous avons Olivier qui est en ligne. Bonjour, Olivier.
Oui, allô ?
Oui, bonjour. On vous entend très bien. Quelle est votre question ?
Oui, bonjour, monsieur. Je suis Olivier du département Gironde, le Porges 33. J'aurais souhaité savoir si, bonjour à tout le monde, si le député Pradié était dans les cortèges pour défendre l'hôpital public. Et donc, les réflexions qui se fait, se les faisait-il avant ? Et puis, quand il parle des fondamentaux de la droite, voilà, donc le progrès social, c'est plutôt la gauche qui l'a fait. Voilà, merci.
Alors, cette droite sociale remise en cause par Olivier ce matin, aviez-vous jadis défendu les services hospitaliers lorsqu'ils manifestaient, Aurélien Pradié ?
Je n'étais pas dans les cortèges, mais mes prises d'opposition sont connues depuis de nombreuses années. Je ne vais pas partir de ceux qui ont varié sur ces convictions-là, celles que je porte aujourd'hui, y compris d'un état stratège et de la préservation de certains de nos services publics. C'est une conviction que j'ai toujours portée, et votre auditeur pourra le retrouver. Je ne me suis pas découvert une fibre sociale du jour au lendemain. Quant à la question qui a été posée du progrès social qui aurait plutôt été porté par la gauche, c'est tout à fait inexact en vérité.
Et moi, j'ai travaillé notamment sur la question des violences conjugales, et je me souviens, au moment où j'ai travaillé sur cette question, on a fait voter les Républicains à l'unanimité et une loi à l'Assemblée nationale pour protéger les femmes il y a quelques mois maintenant. Je me suis souvenu, et j'ai rappelé, qu'une des premières grandes lois pour protéger les femmes avait été portée par Simone Veil, qui n'était pas de gauche, en l'occurrence, lorsqu'elle était au gouvernement. Bref, je le redis, et c'est conforme à la question que vous posiez tout à l'heure, peut-être que la droite s'est égarée depuis quelques années en oubliant ce qu'elle était profondément.
Le progrès humain, c'est l'ADN de la droite républicaine.
Question de Laurent, au Standard de France Inter. Bonjour Laurent.
Bonjour, je vous appelle de Metz. Oui, il fait très beau.
Eh bien, merci de nous le signaler. Quelle est votre question ?
Ben, Metz est une ville commerçante où il y a de moins en moins d'indépendants. Déjà, la crise et puis les gilets jaunes, ça a fait du mal. Alors, la question, c'est faut-il anticiper la relance ou alors faut attendre que la presse compte les cadavres ? Moi, je pense qu'il faut anticiper. Les choses ne se règlent pas les unes après les autres, mais je pense qu'il faut faire un règlement simultané pour exemple, on a déjà eu un hiver catastrophique. Aujourd'hui, les TGV qui sont médicalisés doivent ralentir dans certains endroits parce qu'en Moselle et en Alsace, il y a tellement plu, on a des glissements de terrain. Il faut traiter déjà les conséquences.
Il faut toujours traiter les conséquences des problèmes climatiques qu'on a eus.
Alors, quelle est votre question précisément ?
Il y a plein de problèmes simultanés et je pense que le retard, les commerces en Moselle et en Alsace, ça fait déjà, on est dans le deuxième mois pratiquement sans activité. Alors moi, je pense que pour les plus petits, est-ce qu'il ne serait pas judiciable de lancer un appel régional, que les présidents des conseils régionaux lancent un appel à une souscription d'un emprunt public pour éviter que, comme l'État, d'aller emprunter sur les marchés internationaux pour aller sauver d'abord les grosses entreprises ?
On va poser la question à Rélien Pradier. Est-ce la fonction et le rôle des collectivités territoriales d'aller souscrire sur les marchés pour soutenir cette crise localement ? Rélien Pradier ?
Non, je le dis clairement, non. Ce n'est pas le rôle. C'est le rôle de la nation, c'est le rôle de l'État que de le faire. Vous voyez bien qu'y compris, moi qui suis un grand décentralisateur, enfin un grand, en tous les cas, convaincu de la décentralisation, et j'ai été élu local avant d'être élu national, je mesure à quel point aujourd'hui les collectivités pallient ce que l'État n'est pas capable de faire en termes de protection de nos concitoyens. Or, c'est le rôle profond de l'État que de le faire. Sur la question de la souscription nationale, c'est une question qui revient assez souvent dans l'esprit de nos concitoyens.
Avant de solliciter la souscription nationale, il faut savoir à quelle reconstruction elle peut servir. Et lorsque j'entends aujourd'hui le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, solliciter les Français pour verser au pot commun, alors même que lui-même, comme ministre, récolte l'impôt, je suis consterné. Consterné de voir à quel point l'État, la nation, n'est devenue qu'un squelette aujourd'hui.
Si nous voulons reconstruire la nation demain, on peut le faire par une contribution forte des citoyens, elle peut venir par une souscription publique, ça a été fait dans les grandes années de reconstruction de notre pays, mais pour cela, il faut se poser la question fondamentale de qu'est-ce que nous voulons faire de cette nation pour les années qui viennent. Et ensuite,
on trouvera les moyens nécessaires. Vous parliez tout à l'heure des violences conjugales, on pourrait ajouter également les violences sur enfants. On sait que c'est un des sujets avec le handicap d'ailleurs qui a refait surface avec le Covid-19. Les violences conjugales ont augmenté d'au moins 30%. En 2019, 117 femmes, il faut le rappeler, ont été tuées. Le risque, évidemment, c'est qu'on s'habitue. Vous vous souvenez de ce jour de mars 2008, de votre premier rendez-vous en tant que conseiller général avec une jeune femme face à vous ?
Oui, c'était le tout début de mon parcours politique. C'était la maman d'un de mes amis d'enfance qui était venu me voir alors que je venais d'être élu local et qui m'avait expliqué ce jour-là droit dans les yeux que si elle rentrait à la maison, son mari allait la crever. Et c'est depuis 2008, il y a maintenant 12 ans, que cet engagement-là contre les violences conjugales a été pour moi quelque chose de fondamental et je m'étais juré de faire de mon engagement politique quelque chose d'utile pour ces femmes. Et vous avez raison de le rappeler, la situation actuelle est encore plus dramatique.
Et lorsque, il y a maintenant plusieurs mois, parce que je m'en souviens très bien, nous avons porté à l'Assemblée nationale cette proposition de loi Les Républicains votée à l'unanimité pour passer véritablement des paroles aux actes en matière de protection des femmes, c'est l'idée que nous faisons de la politique aussi à droite. Pas seulement des mots, pas seulement des slogans, mais des actes qui protègent. Et j'ai dit, notamment à la secrétaire d'État chargée de ces questions il y a quelques jours, qu'il fallait que nous ayons des actes beaucoup plus forts, au moins à la hauteur des paroles que nous pouvions avoir.
C'est aussi ça, l'idée qu'on se fait de la politique, pas du baratin, mais des actes. Et je pense que l'après, l'après-crise, ça doit aussi être le retour de la politique qui agit et pas seulement celle qui baratine.
est la droite sociale que vous appelez de vos voeux. Aurélien Pradié, donc numéro 3 des Républicains, secrétaire général du mouvement et député du Lot. Merci d'être venu vous exprimer et répondre aux questions des auditeurs de France Inter ce matin. Merci et bonne journée.
Aurélien Pradié