L'interview : Jordan Bardella - 07/02
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC. Bonjour, Jordan. Bonjour. Vous êtes député européen, vous êtes président du Rassemblement National. 63 jours avant le premier tour et ce week-end match. Match de meeting comme un air de primaire à distance entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Ce que l'on retient en particulier du meeting de Marine Le Pen, c'est ce moment où, comme une surprise, elle avait d'ailleurs prévenu les journalistes, qu'il y aurait une surprise. Cette surprise, c'est qu'à un moment, elle est sortie du pupitre, elle s'est avancée devant son public et elle a parlé d'elle, presque comme un stand-up, elle a joué la carte de l'émotion.
Est-ce qu'au fond, ce n'est pas un échec, la preuve d'un échec ? C'est-à-dire que quand elle parle de ses idées, elle est moins crédible. Et aujourd'hui, quand elle parle de sa vie, quand elle parle de ses chats, finalement, ce serait une forme de manière de ne plus avoir parlé des idées.
Si vous résumez une heure dix de discours et de meetings à l'évocation de ses chats, alors vous n'avez peut-être pas entendu l'intégralité du discours. J'ai tout écouté. L'élection présidentielle, c'est telle que l'a voulu le général de Gaulle, la rencontre entre un homme et une femme et le peuple français. Marine Le Pen est en première ligne aujourd'hui de la vie politique depuis 20 ans. Ses grandes idées sont assez bien connues par les Français. La volonté d'être l'avocate de la France des oubliés, tout cela est assez bien connu par les Français. Mais c'est vrai que la dureté de sa vie, les sacrifices qu'elle a pu faire pour défendre les Français, ça a été des sacrifices personnels.
Tout le monde s'accorde à dire que d'avoir été une fille Le Pen quand on était plus jeune, dans les années 70, dans les années 80, d'avoir eu l'étiquette du Front National très tôt, d'avoir sauté sur une bombe quand on avait 8 ans, tout cela forge probablement un caractère. Et c'est vrai que souvent, les gens peuvent dire, c'est vrai que Marine Le Pen a pu être un peu dure, un peu raide, mais quand on la connaît, on s'aperçoit que derrière la leader politique qu'elle est...
C'est ce que vous nous dites à chaque campagne. Il y a aussi une femme, une mère de famille et une avocate. Il y avait eu Karine Le Marchand, il y avait eu des moments d'émotion où elle avait déjà, comme on dit désormais, c'est devenu une expression consacrée, fendu l'armure. Ce n'est pas non plus nouveau. Si elle doit le redire, c'est que précisément, peut-être que ça n'a pas convaincu.
Non, parce que vous savez, je pense qu'il y a deux types de dirigeants politiques. Il y a ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie personnelle pour défendre les Français. Et je pense que même si on est en désaccord sur le fond avec les idées de Marine Le Pen, on peut au moins lui reconnaître cela. Et puis, il y a ceux qui sacrifient la France pour défendre leur carrière. Et elle n'est pas de cela. Or, aujourd'hui, ce qui est en train de se constituer dans cette élection présidentielle, c'est un nouveau clivage entre, d'un côté, le bloc populaire, ce grand mouvement populaire et national que nous incarnons, et de l'autre, un bloc élitaire qui est regroupé autour d'Emmanuel Macron.
Donc, c'est vrai qu'au-delà des idées, c'est un choix de personne. Et Marine Le Pen, elle n'est pas dans le faux. Marine Le Pen, elle n'est pas dans l'insincérité. Encore une fois, moi, j'entends qu'on puisse être en désaccord avec elle sur certaines de ses idées, même si, aujourd'hui, on voit que les idées qu'elle a toujours défendues sont partagées par une très large majorité de Français.
Moi, je me pose la question, est-ce qu'à un moment donné, quand on voit les cinq ans d'Emmanuel Macron, quand on voit les gouvernements qui sont succédés depuis 30 ans et qui ont conduit peu ou prou la même politique, est-ce que les Français vont, à un moment donné, se choisir un président ou une présidente qui les aime ? Eh bien, je pense qu'avec Marine Le Pen, ils feront le bon choix.
Donc, vous nous parlez d'amour, vous nous parlez d'émotion, vous nous parlez de souffrance, tout ça, c'est vraiment du registre, en effet, du personnel. Mais, au fond, je reviens quand même à un moment fondateur, le moment difficilement, justement, ça aurait pu être fondateur, ça ne l'a pas été, qui était le moment du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Est-ce que ce n'est pas ça qu'elle fuit ? C'est-à-dire ne pas parler rationnel, idée, défendre ses idées et se mettre dans un registre, comme vous dites, de l'amour ou de la souffrance ?
Quand vous êtes en première ligne depuis 20 ans, on ne peut pas dire que vous fuyez vos responsabilités. Elle a été de tous les combats politiques, elle a été de tous les débats politiques ces 20 dernières années. Elle a été la seule à porter pendant très longtemps le sujet de la mondialisation, de la France des oubliés, le sujet, évidemment, de l'immigration, que nous avons été seuls à porter contre tous, parfois dans le désert français. Alors, aujourd'hui, on voit qu'il y a une majorité de Français qui s'accordent à dire que nous avions eu raison. Elle a le caractère aujourd'hui, elle a les qualités d'une femme d'État.
Vous savez, quand on a connu l'échec en politique, ce ne sont pas des échecs qu'on connaît, on apprend de ses erreurs. Elle a beaucoup appris de ses erreurs et c'est vrai que le choix du président de la République, ce n'est pas un scrutin de liste, ce n'est pas le choix d'un robot, ce n'est pas le choix d'une machine. Je sais qu'Emmanuel Macron a fait preuve d'énormément de froideur, d'énormément de mépris, d'énormément de cynisme pendant cinq ans. Ça lui a été reproché d'ailleurs. Ça lui a été reproché par les gilets jaunes qui sont descendus dans les rues.
Ça a été reproché par des gens qui n'arrivent plus à boucler les fins de mois et qui ont le sentiment que les gens qui sont au pouvoir ne les respectent pas. Marine Le Pen, elle aime les Français, elle les respecte. Et je pense que le patriotisme, comme la politique, c'est aussi des preuves d'amour qu'on donne au peuple français. Donc il n'y a pas de faux autour d'elle.
Et son slogan désormais, c'est aussi la France qu'on aime. J'ai l'impression presque que vous, désormais, vous seriez vous les gentils et Éric Zemmour, ce serait les méchants. Alors évidemment, je caricature, mais il y a un côté un peu, regardez, chez lui, il y a des nazis, des extrémistes. Et nous, finalement, au Rassemblement National, on serait devenus les gentils, les respectables, les modérés.
La synthèse est un peu rapide. Mais on a fait beaucoup d'efforts. Beaucoup de Français nous ont reproché pendant très longtemps, parfois faire preuve d'une trop grande brutalité, d'une trop grande radicalité. Moi, je fais mon mea culpa dessus. On nous a dit pendant très longtemps, il y a parfois un peu de provocation chez vous, il y a parfois un peu de tentation, peut-être de la polémique, mais parfois, beaucoup de procès nous ont été faits à tort, mais je crois que ce temps-là, il est derrière nous.
Et nous avons compris, il y a maintenant 5 ans, il y a maintenant 10 ans, que Marine Le Pen est à la tête du mouvement national en France, même si elle s'est mise en retrait de la présidence du Front National, du Rassemblement National, pour être la candidate de tous les Français. Cette volonté de rassurer, cette volonté de rassembler. Or, je pense qu'on a fait, depuis 10 ans, beaucoup de travail sur le programme, sur le fond, sur le sérieux de nos propositions. Évidemment que la question civilisationnelle que pose Éric Zemmour... Il n'y a plus de brutalité chez vous ? Non, je ne le crois pas. Il y a de la fermeté.
Mais nous, à la différence d'Éric Zemmour, on ne confond pas la brutalité et la fermeté. Ce que fait Éric Zemmour ? Moi, j'ai regardé ça de manière très bienveillante au début, parce que ce qu'a fait Éric Zemmour, c'est ce qu'a fait le Front National il y a 30 ans. Sauf que la stratégie qu'il met en œuvre, une forme de brutalité, de caractère un peu excessif des propos, des déclarations, ne le permet pas d'abord de se qualifier au second tour l'élection présidentielle. On le voit bien dans les sondages.
Pardon, aujourd'hui, vous êtes exactement... Non, non, alors... Regardons les sondages ensemble. Regardons les sondages ensemble. Les sondages, les derniers sondages... Bah oui, mais vous non plus.
Second tour, Macron-Le Pen, on est sur des marges d'erreur qui sont très très proches. On est sur du 45-55, c'est-à-dire sur du 50-50 avec les marges d'erreur. Sur des seconds tours, Zemmour, Macron, Macron gagne à plat de couture à près de 65%. Parce qu'Éric Zemmour suscite tellement de rejets, il suscite tellement de caricatures et de brutalités qu'il ne permet pas de rassembler une majorité de Français. Or, je pense qu'on n'a plus le temps d'attendre. Moi, je peux avoir des points d'accord avec lui, mais je pense que la stratégie qu'il a choisie, qui est une stratégie un peu de la course au buzz, de la course à la polémique, fait fuir beaucoup de gens.
Elle fait fuir beaucoup de Français et elle peut parfois heurter certains Français.
Gilbert Collard, hier, il dit, il est clair qu'au second tour, il va falloir qu'on se réconcilie.
Les électeurs d'Éric Zemmour sont des patriotes sincères. Moi, je veux juste leur dire aujourd'hui que maintenant, depuis six mois, on a un peu de recul sur la campagne. On voit que Marine Le Pen est aujourd'hui la candidate patriote, la candidate du camp national, la mieux placée à la fois au premier tour et au second tour. Si voter Éric Zemmour, pour affébien Marine Le Pen, comme c'est la volonté de certains autour d'Éric Zemmour, Gilbert Collard le dit clairement, il est parti du Rassemblement National, il dit, moi, je m'en fous qu'on gagne ou qu'on ne gagne pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la recomposition après l'élection présidentielle de la droite.
Donc, nous, on n'est pas là-dedans. Nous, on considère qu'il y a une urgence aujourd'hui civilisationnelle, une urgence du pouvoir d'achat, une urgence politique qui fait que nos idées doivent arriver au pouvoir. Si voter Éric Zemmour pour affébien Marine Le Pen permet de qualifier au second tour de la présidentielle Emmanuel Macron au Valérie Pécresse, c'est-à-dire des clones, c'est-à-dire pour nous exactement la même chose et bon courage si vous arrivez à me trouver trois différences entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron. Alors, je pense que beaucoup d'électeurs patriotes vont se réveiller avec la gueule de bois.
Donc, je pense que l'urgence aujourd'hui du pays, la nécessité d'empêcher la réélection d'Emmanuel Macron qui nous amènerait à un nouveau quinquennat de violence, de chaos, de mépris, de saignée fiscale, de violence sociale contre le peuple français nécessite que l'ensemble des patriotes se rassemblent derrière celle qui est aujourd'hui la mieux placée et c'est incontestablement. Marine Le Pen, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en dise, elle est aujourd'hui à sa troisième élection présidentielle.
Au premier tour, vous êtes à égalité.
Non, on n'est pas à égalité. On est à égalité dans un sondage qui est sorti hier.
Non, non, non. Il y a le sondage Ipsos, en effet, où vous êtes tous les deux à 14%. Il y a le sondage Cluster 17
qui vous place tous les deux à 14.5%. Non, non, non, non. Il y a un sondage, le sondage de Cluster 17, la commission des sondages par...
Le journal Marianne,
le... La commission des sondages a mis en garde Marianne sur la pertinence de Saint-Dix. Donc, celui-là, vous ne le regardez pas. Il ne vaut rien. Je faisais n'importe quoi.
Celui-là, il ne vaut rien.
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la commission des sondages. D'accord. Quand vous regardez aujourd'hui tous les sondages, depuis six mois, vous faites souvent la moyenne.
Vous faites souvent la moyenne. Tout d'un coup, il y a des moments où les sondages, ça devient vraiment... Non, non, non. Il y a des moments où on ne peut pas les regarder. Il y a d'autres moments où on les regarde.
Non, non, mais Apolline, moi, vous m'expliquez que BFM TV raconte n'importe quoi. Moi, j'ai vu sur votre antenne, vous faites régulièrement une moyenne des sondages et on voit que sur cette moyenne des sondages...
Alors, mettons-nous d'accord sur celui d'hier. Nous sommes très largement en avant. Mettons-nous d'accord sur celui d'hier. Parlons de la même chose. Celui du Christ.
Sur le pop, il y a six points d'avant. Sur le opinion way, Éric Zemmour est à 13, Marine Le Pen est à 18. Bon, on peut rentrer dans une bataille de chiffres. C'est vous qui l'a. C'est vous qui l'avance. Mais si vous voulez, je veux dire, on voit aujourd'hui que la capacité de rassembler... Vous avez peur quand vous regardez tous ces chiffres. Non, mais je n'ai pas peur.
Vous les regardez visiblement, vous les connaissez tous par peur.
Vous savez, en 49 ans, le Front National qui est devenu le Rassemblement a traversé beaucoup de tempêtes. Et surtout, on s'est relevé à peu près de 872 enterrements. Après la dernière élection présidentielle, tout le monde nous a expliqué qu'on était mort enterré. On a gagné les élections européennes deux ans après et on est aujourd'hui donné au coude à coude avec Emmanuel Macron au second tour. Ce que je dis, c'est que la personne qui est aujourd'hui la mieux placée pour rassembler l'ensemble du camp patriote pour faire face à Emmanuel Macron, c'est incontestablement Marine Le Pen.
Je pense qu'Éric Zemmour et beaucoup de Français font le conseil aujourd'hui qu'il suscite tellement de rejets qu'il va offrir à Emmanuel Macron la réélection sur un plateau. Donc moi, je dis que toutes les voix patriotes doivent aller à Marine Le Pen dès le premier tour et parce qu'il y a la question civilisationnelle mais il y a autre chose.
Vous en êtes à brandir quand même la question du vote utile.
Mais bien sûr qu'il y a la question du vote utile parce que cette élection présidentielle est une course contre la montre et il y a des questions extrêmement...
Je vous sens d'ailleurs dans une espèce d'urgence
parce que le pays est dans une forme d'urgence et il y a des questions extrêmement claires. Moi, je vois qu'on a un candidat, Éric Zemmour qui découvre la question du pouvoir d'achat à 60 jours du premier tour de l'élection présidentielle après nous avoir expliqué pendant six mois que c'était une thématique secondaire que ce n'était pas au président de la République de s'occuper, il l'a dit de 10, 20 ou 30 euros de plus pour les Français à la fin du mois. Tout le monde s'est moqué de Marine Le Pen quand elle a fait le choix dès septembre d'en faire un axe majeur de sa campagne en racontant d'ailleurs n'importe quoi.
Quand il dit qu'on va faire payer il souhaite faire payer l'augmentation des prix de l'essence pour 50% par les chefs d'entreprise mais c'est complètement déconnecté. C'est ne pas se rendre compte qu'aujourd'hui les chefs d'entreprise paient déjà beaucoup d'impôts paient déjà des contraintes normatives et administratives qui sont délirantes et qu'on leur foute la paix de ce point de vue-là. Pour l'essence. Vous pourrez quoi
pour l'essence ?
Il y a un racket fiscal auquel nous voulons mettre aujourd'hui et que 60% du prix de l'essence ce sont des taxes ce sont des taxes c'est délirant il y a plus de taxes que de produits sur les carburants. Ce que nous souhaitons faire et nous le ferons dès l'élection de Marine Le Pen dès son élection nous abaisserons la TVA de 20% à 5,5 pour baisser les taxes sur l'essence. Je vous donne un exemple sur un plein de 40 litres ça sera 8 euros de gagné sauf que 8 euros multiplié par 4 c'est un gain de pouvoir d'achat important pour les français.
Notre objectif c'est de rendre 200 euros de pouvoir d'achat aux français par mois et nous le ferons en décrétant tous les produits énergétiques comme des produits de première nécessité donc le carburant l'électricité le gaz le fuel j'en termine on fera passer la TVA de 20% à 5,5 pour mettre fin à ce racket fiscal que subissent les français juste à côté on est à quelques kilomètres à quelques kilomètres d'ici les stations d'échange
en Paris
vous êtes à 2 euros le litre c'est du délire je veux dire les français ils ont besoin de leur voiture pour aller travailler contrairement à ce que pensent les verts les français ne peuvent pas tous les travailler en trottinette donc ils ont besoin de leur voiture et il faut arrêter cette politique de chasse aux automobilistes qui a été mise en place non pas seulement ici par la mairie de Paris mais évidemment par le gouvernement
vous augmenterez le SMIC quand vous entendez Fabien Roussel hier qui dit qu'il faut passer le SMIC à 1500 euros net ça pourrait être un axe pour vous
il faut augmenter les salaires pas directement sur le SMIC parce que l'augmentation du SMIC il y a déjà eu un coup de pouce qui a été fait mais l'augmentation du SMIC serait quand même en grande partie payée par les chefs d'entreprise ce que nous proposons nous c'est un système qui nous paraît meilleur nous disons que nous permettrons à l'ensemble des chefs d'entreprise d'augmenter les salaires de 10% cette augmentation de salaire de 10% sera exonérée de cotisations patronales pendant 5 ans c'est une proposition que Marine Le Pen a défendue devant les chefs d'entreprise d'éthique un syndicat de TPE-PME il y a quelques jours et qui a séduit une grande partie des chefs d'entreprise qui étaient dans la salle donc il faut agir sur la fiscalité pour rendre du pouvoir d'achat aux français on a beaucoup de mesures on propose notamment de rétablir aussi la demi-part fiscale pour les veufs et les veuves et on souhaite qu'il n'y ait pas une seule pension de retraite en dessous de 1000 euros donc nous réindexerons les pensions de retraite sur l'inflation et il faut augmenter les salaires et permettre effectivement que les chefs d'entreprise puissent augmenter en étant exonérés de cotisations patronales les salaires de 10%
Jordan Mardela une question sur le débat des 32 heures qui revient est-ce que ça ça pourrait vous intéresser aussi la question de la réduction du temps de travail
non en l'état on ne touche pas aux 35 heures alors sauf à engager des négociations par branche on est quand même il faut le dire j'entends beaucoup de choses à ce sujet en moyenne dans le temps de travail de l'Union Européenne
Emmanuel Macron part à l'Est il sera à Moscou aujourd'hui il sera à Kiev demain est-ce qu'il a raison ?
oui il a raison j'ai beaucoup de désaccords avec le président de la République mais je pense que le rôle de la France est d'inciter à la désescalade l'Ukraine est en train de devenir le territoire d'affrontement d'une nouvelle guerre froide en quelque sorte entre les Etats-Unis et la Russie il faut dire les choses il y a eu des provocations de part et d'autre de part et d'autre
ça veut dire que vous considérez vous entendez ce que dit Vladimir Poutine quand il dit que les Européens et les Américains ont fait de la provocation
comprenez que la Russie ne souhaite pas qu'elle est persécutée par les institutions européennes depuis plusieurs années avec des sanctions qui n'ont aucun sens des sanctions économiques qui ont soutenu les députés de M.
Macron au Parlement européen qui n'ont aucun sens la Russie ne souhaite pas voir débarquer les Américains à leurs frontières excusez-les mais il y a quand même peut-être un petit contentieux historique lorsque les Américains ont vu débarquer les Soviétiques à Cuba avec la crise des missiles en 1962 on ne peut pas dire que les Américains aient été ravis de voir des missiles soviétiques s'installer sur l'île d'en face donc il y a eu des provocations de part et d'autre lorsque les Américains déploient des navires font voler des bombardiers en mer noire il y a quelques mois lorsqu'ils déploient des troupes par l'intermédiaire de l'OTAN quand même en Ukraine en ouvrant la porte à une adhésion à l'OTAN de l'Ukraine on ne peut pas dire qu'on ne soit dans une volonté de désescalade lorsque les Américains pardon j'en termine envoient des troupes en Roumanie on ne peut pas dire que ça incite à la désescalade donc je pense que le rôle de la France est encore une fois d'avoir une voie équilibrée je pense qu'Emmanuel Macron a raison d'engager le dialogue avec à la fois les Etats-Unis et la Russie
et ça veut dire que vous considérez aujourd'hui vous que la Russie répond à la provocation
je pense qu'on est dans une escalade de provocation quand Vladimir Poutine déploie des dizaines de milliers de soldats à la frontière avec l'Ukraine il y a en tout cas une volonté manifeste de ne pas voir les Américains débarquer à la frontière
donc vous dites quand même un peu c'est pas où tout commencer non je dis
qu'il y a des provocations des deux côtés mais je pense que la France doit retrouver une voie autonome une voie indépendante et Marine Le Pen engagera la sortie du commandement militaire intégré de l'OTAN que nous a fait réintégrer Nicolas Sarkozy parce que c'est vrai que depuis trop longtemps nous sommes sous la coupe des Etats-Unis lorsque les Etats-Unis déclenchent des guerres en Syrie ou en Libye on est tenté de les suivre je pense que la France doit retrouver la voie qui était la sienne sous le général de Gaulle
donc si Emmanuel Macron revient indépendante
et autonome
en ayant organisé un sommet à Paris vous direz bravo
je pense qu'il a raison d'engager le dialogue maintenant ce qui en ressortira je pense qu'Emmanuel Macron est bien impuissant aujourd'hui à limiter l'inflation de la violence à la frontière ukrainienne mais il a raison il a raison d'engager le dialogue et nous souhaitons que l'Ukraine puisse également préserver sa souveraineté et la maîtrise évidemment de ses frontières sans que sa souveraineté territoriale soit violée
Jordan Bardella vous êtes président du Rassemblement National mais on apprend que Marine Le Pen est payée pour ce job qu'elle ne fait pas et que vous vous n'êtes pas payée pour ce job que vous faites
mais d'abord madame bon d'abord article 4 de la constitution les partis politiques s'administrent librement pardon Marine Le Pen bénéficiait en tant que dirigeante du Rassemblement National d'une enveloppe de frais parce que tout le monde comprend bien que dans le cadre des déplacements qu'elle est amenée à faire dans le cadre des campagnes électorales dans le cadre des personnes qu'elle est amenée à rencontrer elle puisse disposer d'une enveloppe de frais pour ses déjeuners pour ses déplacements premièrement deuxièmement je suis président par intérim du Rassemblement National et donc compte tenu de son rôle aujourd'hui de dirigeante de premier plan du mouvement en tout cas d'actrice de premier plan du mouvement elle continue à bénéficier mais vous le faites bénévolement ?
je le fais bénévolement
ça vous paraît normal ?
oui ça me paraît normal madame je suis militant et je suis rémunéré comme député européen pour mon travail de parlementaire européen et j'estime ne pas nécessiter d'une rémunération supplémentaire encore une fois s'agissant de Marine Le Pen ce n'est pas une rémunération c'est une indemnisation de frais pour les frais qu'elle est amenée à
mais parfois on aimerait bien que vous aussi vous nous parliez de votre vie parce que Marine Le Pen elle parle beaucoup de sa vie elle parle beaucoup finalement de sa vie on a combien de temps ? non mais au fond ce que je veux dire c'est que vous me faites parfois penser presque à un séminariste qui rentre en religion et qui décide qu'il va tout donner non seulement non seulement non mais je me dis est-ce que au fond vous sacrifiez la question de la rémunération en disant je le fais bénévolement est-ce que vous faites partie de ceux qui ont décidé de tout donner à la politique est-ce qu'il faut aujourd'hui tout donner à la politique ?
en tout cas la politique est venue me chercher très tôt moi vous savez je me suis engagé il y a maintenant 10 ans ça fait 10 ans que je suis au rassemblement national parce que j'ai grandi dans un territoire la Seine-Saint-Denis qui m'a en fait amené à la politique c'est-à-dire que j'ai été à la fois confronté très tôt à la violence j'ai été confronté très tôt à la pression du communautarisme j'ai vu ce communautarisme se développer sous mes yeux vous savez la cité dans laquelle j'ai grandi la cité dans laquelle j'ai habité il y a des trafiquants de drogue qui regardent qui sont les gens qui entrent qui contrôlent les gens qui rentrent et tous les jours j'avais ça en rentrant chez moi et j'ai aussi vu moi ma mère avoir toutes les difficultés du monde à m'élever avec 1500 euros par mois et à finir le mois donc toutes ces souffrances des français on les a en nous en fait et quand je vois des gens y compris hier venir me dire au meeting on n'arrive plus à boucler les fins de mois on n'arrive plus à aller au bout de nos factures ces souffrances-là on les a en nous on les comprend et on n'est pas comme les autres
est-ce que vous n'avez pas l'impression d'être un peu un des derniers jeunes chez Marine Le Pen du côté des militants je veux dire les militants quand vous regardez les premiers rangs du meeting justement de ce week-end dans le match des meetings du côté d'Éric Zemmour les militants étaient très jeunes génération Zemmour ça vous fait pas rêver ?
il y a beaucoup de jeunes qui votent pour le Rassemblement National
oui oui je vous parlais des militants
parce qu'il y a beaucoup de jeunes les jeunes aujourd'hui
ils votent Macron Marine Le Pen, Zemmour
bien sûr mais y compris chez les cadres enfin je veux dire dans aucun autre mouvement politique le président du mouvement on a un président de mouvement qui a 26 ans et je prends ça avec une très grande humilité mais c'est le propre du Rassemblement National que tout misait sur la jeunesse que tout misait sur l'avenir on a fait lire en 2012 la plus jeune députée Marion Maréchal on a fait lire en 2007 le plus jeune député
mais regardez vous avez pas réussi à la garder
mais elle a fait un choix qui était celui de faire autre chose mais nous la flamme du combat politique
elle n'était pas au premier rang elle n'était pas au premier rang du meeting et elle laisse entendre qu'elle choisirait Éric Zemmour
mais c'est son choix je le regrette c'est son choix mais peu importe je vais vous dire et on a beaucoup de jeunes maires on a beaucoup de jeunes maires on a beaucoup de jeunes élus donc on n'a pas à se justifier par rapport à ça c'est vrai que y compris dans les propositions que formule Marine Le Pen vous savez qu'elle souhaite exonérer tout jeune de moins de 30 ans d'impôts sur le revenu c'est un coup de 2 milliards mais notre objectif c'est de garder les jeunes talents en France c'est d'éviter que les jeunes soient contraints de partir à l'étranger
sachant qu'il n'y a quand même pas beaucoup de jeunes de moins de 30 ans qui payent des impôts
je suis d'une génération madame qui n'a jamais connu la France qui va bien moi je suis né en 1995 cette France qui va bien dont m'ont parlé mes parents et mes grands-parents je brûle d'envie de la connaître et j'espère qu'avec Marine Le Pen nous allons la connaître en tout cas on va tout faire pour se battre et pour rendre aux Français leur pays et à notre peuple sa grandeur et son destin
merci Jordan Bardella nous sommes donc le lundi 7 février 63 jours avant le premier tour
Jordan Bardella