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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 24 juin 2025 37 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Échec du conclave : quel avenir pour François Bayrou ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 44 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:55OuverteÉludée

    Est-ce que le gouvernement Bayrou passera l'été ?

  • 1:03OuverteÉludée

    La situation internationale joue-t-elle dans le choix de changer de Premier ministre ?

  • 1:17OuverteÉludée

    Quel est le bilan de François Bayrou en 6 mois ?

  • 2:48OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il n'y a que des perdants dans ce conclave ?

  • 4:36OuverteRéponse partielle

    Est-ce un échec pour les partenaires sociaux ?

  • 6:07OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce que cette voie de passage dont parle Bayrou ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:37PrésentateurChiffre
    « Les 77% qui répondent non à la question « François Bayrou est-il un bon ministre ? » »
  • 29:26PrésentateurFait
    « Est-ce qu'il s'est refait une santé réellement Emmanuel Macron sur les crises internationales ou pas du tout ? »
  • 30:05PrésentateurFait
    « Mais moi ce qui me gêne c'est l'argument qui dit on ne peut pas se payer le luxe de faire tomber un gouvernement or c'est ça la démocratie. »
  • 32:41AuditeurFait
    « Je faisais référence tout à l'heure à la réforme de 2010 où le passage de 60 à 62 ans avait été mollement soutenu mais par un français sur deux avalé parce qu'il y avait une vraie finalité de la réforme qui était sauver le système. »
  • 33:37PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron s'est entêté à vouloir mettre un premier ministre de droite beaucoup de français se sentent floués. »
  • 34:38PrésentateurFait
    « Julien Nenni soutient François Bayrou on a l'impression qu'il a été lâché effectivement par LR. »
  • 34:44PrésentateurFait
    « Il a été lâché en race campagne par Edouard Philippe et Horizon donc le bloc central il ne l'a pas tenu. »
  • 35:38AuditeurFait
    « Edouard Philippe n'a pas trop intérêt à rester totalement arrimé à Emmanuel Macron il va falloir qu'il se différencie pour qu'il ne soit pas totalement associé à lui. »
  • 36:30AuditeurFait
    « Est-ce que François Bayrou a renoncé à une ambition présidentielle ? »

Temps de parole

  • Invité25 %
  • Présentateur24 %
  • Auditeur23 %
  • Auditeur 217 %
  • Auditeur 35 %
  • Auditeur 43 %

≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bon ben c'est un échec, il n'y a pas 36 manières de dire les choses. Ce conclave sur les retraites qui a débordé de son calendrier se termine un peu en eau de boudin. François Bayrou a rencontré les participants aujourd'hui. Il dit aussi qu'il reste ce qu'il appelle une voie de passage. On verra ce que ça peut vouloir dire, une voie de passage parlementaire ou pas. Il cherche un chemin, en tout cas le Premier ministre. Mais au bout du compte, ce conclave qui a permis au Premier ministre d'éviter la censure il y a 4 mois lui explose un peu entre les jambes. Et d'ailleurs le PS a immédiatement annoncé le dépôt d'une motion de censure.

On sait déjà que le RN n'est pas tout à fait chaud pour s'y atteler. Le RN attend plutôt le budget pour éventuellement sortir la censure. Quoi qu'il en soit, il semble que le bail de François Bayrou ne tienne qu'à un fil. Une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'en effet le gouvernement Bayrou ne passera pas l'été qui y a intérêt ? Et vous allez nous dire, vous d'abord, si vous êtes prêts pour un nouveau psychodrame tel qu'on l'a vécu déjà deux fois ou s'il y a moyen de trouver un volontaire qui prendra la suite ? Est-ce que la situation internationale joue dans le choix de changer ou pas de Premier ministre ? Est-ce qu'on a besoin d'une France déstabilisée ?

Est-ce que la voix du Président, au moment par exemple du sommet de l'OTAN en ce moment, cesse de porter quand son gouvernement a implosé ? Après, objectivement, quel est le bilan de François Bayrou en 6 mois ? Aurait-il lu les moyens de faire mieux ? Quelques textes qu'on a peut-être un peu oubliés d'ailleurs sur les narcotrafiques par exemple, celui sur la fin de vie évidemment, mais qui était déjà dans les tuyaux avant lui. François Bayrou est aussi un Premier ministre très impopulaire. Les 77% qui répondent non à la question « François Bayrou est-il un bon ministre ? » ça ne doit pas être très agréable.

D'où cette question que nous poserons aussi peut-être après tout, est-ce que François Bayrou veut rester ? C'est le téléphone sonne et soyez les bienvenus.

1:50
Auditeur

Le téléphone sonne. 01 45 24 7000.

1:54
Présentateur

Gérard, vous êtes dans le Baldoise et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.

1:57
Auditeur

Oui, bonsoir.

1:58
Présentateur

On vous écoute.

1:59
Auditeur

Bonsoir, j'entends dire que c'est un échec ce conclave. En vrai qu'il n'y aura pas de gagnants, que des perdants. Non, non, non. Il y a bien des gagnants. Il y a le MEDEF et la droite qui ont gagné, qui sont pourtant minoritaires dans ce pays depuis la dissolution de l'Assemblée il y a un an, alors que la gauche est majoritaire depuis cette date. Cherchons l'erreur. Quant au Rassemblement national, il observe. Et il n'a, comme on dit chez moi, que de la gueule, puisqu'il menace, mais il n'a pas le courage de passer à l'acte de la censure.

2:26
Présentateur

Merci Gérard pour ce démarrage. Vous soulevez déjà, vous ouvrez quelques portes qui nous permettent d'entamer cette discussion pour discuter ensemble jusqu'à 20h dans le téléphone. Il y a Françoise Fressos. Bonsoir Françoise. Bonsoir. Éditorialiste au Monde. Il y a Frédéric Dhabi. Bonsoir. Bonsoir. Inter-général de l'IFOP et puis Julien Nenni. Bonsoir Julien. Bonsoir. Du service politique de France Inter. Je vais vous poser la question à tous. Est-ce qu'il n'y a que des perdants ? Est-ce qu'on sait qui a gagné et qui a perdu ? Françoise Fressos là-dedans ou pas ? À la fin.

2:54
Invité

Là, je pense que pour le moment c'est trop tôt, parce qu'il n'y a pas encore rupture officielle, puisqu'ils se sont vus à Matignon aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est que, au fond, la démarche de François Bayrou, c'était de se dire, il y a peut-être un compromis possible, et c'était au moment où il était en train de discuter avec le Parti Socialiste, essayer d'arracher une partie du Parti Socialiste pour éviter ce qui s'était passé sous Barnier, c'est-à-dire une motion de censure à la fois gauche, totale gauche, et Rassemblement National.

Donc, il y a eu une sorte de lune de miel avec les socialistes, et il s'est dit, peut-être que je vais pouvoir les détacher, et peut-être que je peux réouvrir la discussion autour de la réforme des retraites. Là, c'est un échec. On voit d'ailleurs que le PS immédiatement dit on va faire dépôt d'une motion de censure. Je pense que plusieurs éléments ont joué. Il y a à la fois le résultat du Congrès du Parti Socialiste, où il y a eu sans doute l'espoir chez François Bayrou que ce qu'on appelle l'aile réformiste remporte le morceau, et se détache un peu de LFI. Ça n'a pas été le cas.

Par ailleurs, il y a eu, je pense qu'il a essayé de tendre la main à la CFDT qui avait aussi éprouvé le besoin de redevenir un syndicat réformiste. C'est-à-dire de quitter cette unité syndicale qui est eue pendant la réforme des retraites pour dire, nous on a peut-être une voie réformiste, on veut peser dans la période, mais les concessions n'ont pas été suffisantes et donc il y a eu une rupture. Mais je pense que le paysage néanmoins bouge.

4:33
Présentateur

Ce n'est pas complètement figé et on y reviendra peut-être plus tard. Est-ce que c'est aussi, Frédéric Dhabi, un échec au fond pour les partenaires sociaux qui avaient l'occasion de revenir sur le début de la scène et de dire, si vous, les politiques, vous n'arrivez pas à nous faire une loi qui convienne, nous on va pouvoir le faire ? Résultat non, en fait.

4:50
Auditeur

Oui, résultat non. C'est vrai que depuis cette assemblée introuvable, j'entends ce qui a été dit par votre auditeur, la gauche n'a pas gagné le 7 juillet, elle a eu un peu plus de députés que les autres. Elle a 80 sièges de la majorité absolue, il ne faut pas l'oublier. Et c'est vrai que ça montre cette éclipse du politique, que ce soit le politique de manière générale, les partenaires sociaux n'arrivent plus à résoudre les problèmes. Devant nous, on a une opinion publique désabusée qui reste toujours contre, vent debout, la réforme Borne à 64 ans, deux tiers des Français, trois quarts des personnes actives.

Et au-delà de ça, parce qu'il ne faut pas oublier qu'en 2010, on a trouvé une majorité de Français favorable au passage de 60 à 62 ans, au-delà de ça, il y a un vrai désarroi sur la question des retraites de la part des Français. Puisque les Français voient qu'on leur impose à chaque fois une logique de der-de-der, c'est-à-dire c'est la dernière réforme pour sauver le système. Comme on parlait de la Première Guerre mondiale, ça sera bien sûr la dernière guerre, c'est parce qu'il est produit comme vous le savez.

Et à chaque fois, on voit ce sujet arriver dans un contexte où même les jeunes générations, on pense à la retraite, on pense à cet âge heureux, on pense à ce futur désirable avec l'espérance de vie qui augmente, avec en parallèle des questions de santé, d'accès aux soins de dépendants. Et on voit une fois de plus que les problèmes ne sont pas résolus. Donc on met, si je puis dire, quelques centimes ou euros de plus dans cette machine de l'éclipse du politique. Ce n'est plus à l'échelle nationale que ça se passe pour changer la vie des Français.

6:07
Présentateur

Mais Julien Néni, quand il dit, François Bayrou, qu'il y a une voie de passage et qu'il va tenter une voie de passage, c'est quoi cette voie de passage ?

6:14
Auditeur

Alors, elle existe, mais elle est plus étroite que jamais. Vous vous souvenez, au moment de sa prise de fonction à Matignon en début d'année, il avait parlé d'Himalaya, de difficultés face à lui. On en est en plein dedans. On est en plein dans l'ascension du premier col de l'Himalaya. Et donc, ce chemin de crête, ce chemin de passage, comme vous dites, extrêmement étroit, ça passe par les réunions de la dernière chance qui ont lieu aujourd'hui avec les partenaires sociaux, ceux qui étaient encore autour de la table du conclave. Il y a à 20 heures, dans une heure, moins d'une heure, une petite réunion, une dernière, avec le représentant des PME.

À la fin de ce dernier round de négociations, François Bayrou espère pouvoir aboutir à un accord de la dernière chance. Mais même s'il n'aboutit pas au bout de la 19ème, c'est la 19ème réunion de négociations aujourd'hui, même si ça n'aboutit pas, il y a encore une toute petite possibilité, une toute petite voie de passage, ce serait de reprendre ce que techniquement ils appellent dans le conclave le relevé de conclusion. C'est-à-dire ce que le médiateur du conclave, certain Jean-Jacques Marrette, qui est très inconnu du grand public, c'est celui qui a piloté un peu les débats en interne, il a relevé un petit peu tous les points potentiels d'accord pendant ce conclave.

Alors, le MEDEF et la CFDT ne se sont pas mis d'accord précisément sur ce relevé de conclusion, mais pour autant, ça pourrait faire l'objet d'un texte transmis au Parlement comme l'avait promis François Bayrou aux socialistes, notamment en début d'année, et même sans accord des partenaires sociaux, ça pourrait quand même aboutir au Parlement à un vote. Ça permettrait de garder peut-être les socialistes du bout du bout du bout des doigts avec François Bayrou et ça permettrait à François Bayrou de sauver la face. C'est un chemin de crête, il est extrêmement étroit, mais il existe au moment où on se parle.

7:43
Présentateur

Mais s'il y a un texte qui arrive devant le Parlement, aidez-moi à comprendre, François Fréceau, on vote sur le texte et uniquement ce texte, aussi baroque soit-il, effectivement, parce qu'on fait une espèce d'addition de ce sur quoi ils sont d'accord en mettant sous le tapis ce qui me semble assez compliqué. Sur la pénibilité, etc. Mais est-ce qu'on l'amende ce texte ou pas ? Parce que si la question est oui, alors on est reparti comme en 40 et 62 ans, etc.

8:08
Invité

Je ne crois pas trop à cette hypothèse. Je pense que s'il y a une avancée, ça sera peut-être intégré dans le PLFSS ou dans le projet de loi de finances, sécurité sociale et tout, mais votez un texte maintenant alors que les trois quarts du Parlement vont vous dire nous on veut la remise en cause de la réforme. Je ne vois pas comment ça peut aboutir. Non, ce qui est dommage, c'est qu'il y avait des vraies avancées par exemple pour les maires de famille, qu'ils n'étaient pas loin d'un accord là-dessus et qu'il y avait des possibilités d'amélioration de la réforme. Mais bon, voilà.

8:41
Présentateur

Alors sur le sujet qui nous occupe aujourd'hui et François Bayrou qui ne tient plus qu'à un fil, Frédéric Dabine, ne tient-il réellement qu'à un fil d'abord ou pas ? Parce qu'on sait bien ce qui va se passer avec la motion de censure. Pour l'instant, le RN n'a pas dit qu'il la votera, il attend plutôt le budget derrière.

8:56
Auditeur

Il y a vraiment deux niveaux. Il y a le niveau de l'Assemblée nationale où oui, il ne tient qu'à un fil. On se souvient de Michel Barnier. Si toute la gauche vote la censure et si le RN finalement baisse le pouce comme ça a été le cas en novembre dernier pour Michel Barnier, oui, sa vie ne tient qu'à un fil. Sa vie ministérielle à Hôtel Matignon. Il y a aussi le regard des Français où les choses ne sont pas meilleures voire pires. Vous savez, on a le plus ancien baromètre de la Vème République avec le JDD. Dans l'histoire, si on remonte au couple de Gaulle-Debré, seul Alain Juppé et Edith Cresson ont fait moins bien en termes de satisfait que François Bayrou. Ce ne sont que des sondages.

Mais est-ce que non-satisfaction, ça veut dire

9:35
Présentateur

envie de changer ? Ce sont deux choses très différentes.

9:37
Auditeur

Non, ça ne veut pas dire envie de changer mais ce qui me frappe c'est que les critiques par exemple pour Alain Juppé il y a 30 ans, c'était des critiques politiques. Le non-respect des promesses de Jacques Chirac, candidat avec la fracture sociale. François Bayrou, dans la droitine de ce que je viens de vous dire sur l'équipe du politique, c'est une grille d'électure en termes d'inaction. Il ne fait rien, il ne se passe rien. C'était la même chose d'ailleurs pour Michel Barnier qui était sauvé par une image personnelle assez flamboyante. François Bayrou en plus est empoisonné par l'affaire Betaram qui réactive l'image d'un politicard d'un politique d'avant.

J'ai été frappé par un verbatim d'un électeur d'Emmanuel Macron qui dit François Bayrou depuis 30 ans qu'est-ce qu'il a fait pour nous ? Et cette crise du résultat est absolument délétère puisque les Français ont vu que tout était bloqué et gelé. Donc de ce point de vue-là, du point de vue du rapport au français, c'est également très compliqué pour lui.

10:23
Présentateur

Est-ce qu'on peut se dire qu'il aurait pu faire plus ou pas, Julien Nenny par exemple, dans la situation telle qu'elle est aujourd'hui, dans le blocage, la difficulté parlementaire que l'on connaît ? Est-ce que c'est lui ou est-ce que c'est la situation qui fait que les choses sont quand même très très difficiles à bouger ?

10:41
Auditeur

Alors il faut effectivement remettre dans le contexte. La situation est quasi inextricable. Elle est quasi impossible. Michel Barnier a payé. Pour voir, François Bayrou est peut-être un peu plus habile politiquement. Il a aussi bénéficié des erreurs de Michel Barnier pour durer un petit peu plus longtemps. C'est un peu la spécialité du centriste depuis le début de sa carrière. Durer, acheter du temps. C'est un artiste de la politique de ce point de vue-là, François Bayrou.

Mais de fait, sans aucune majorité absolue à l'Assemblée, sans aucune marge de manœuvre financière, avec un Emmanuel Macron qui ne pilote plus grand-chose puisqu'il se replie sur l'international faute de pouvoir se représenter et tellement affaibli politiquement par sa dissolution ratée dans l'an dernier. Qu'est-ce que vous voulez un milliard d'euros à trouver ? Personne n'est d'accord sur les solutions. Ils ont laissé cinq mois même aux partenaires sociaux pour tenter de ripolliner la réforme borne sur les retraites. Ils n'ont pas été capables de se mettre d'accord. On est dans une impasse totale et finalement, ça donne raison en partie à Édouard Philippe.

Il y a quelques mois à Bordeaux, en meeting Horizon, il avait dit qu'il ne va rien se passer pendant deux ans. Ça avait beaucoup ulcéré Emmanuel Macron et François Bayrou. Il a peut-être un peu raison.

11:41
Présentateur

Il dit que rien de sérieux ne pourra être entrepris avant 2027. En fait, il a raison, François Sfressos. On sait qu'on est dans cette situation-là et c'est peut-être ce qui fera qu'au final, il sauvera sa peau. Alors, je vais prendre

11:51
Invité

un peu le contre-pied de ce qui a été dit parce qu'il y a deux choses qui me frappent. Moi, je trouve que François Bayrou, il est arrivé au bout de sa histoire politique mais il reste d'une logique avec ses convictions qui me frappent. C'est-à-dire, il pense que le pays doit faire des compromis, qu'il faut faire de la proportionnelle, que le budget, il faut agir mais il faut laisser mûrir et je pense qu'il est sur son cheminement et ce qui peut le servir, c'est que la situation est quand même grave sur le plan international et si jamais il saute, on ne sait pas ce qui peut se passer.

C'est-à-dire que personne n'est capable de vous mettre le scénario en France est-ce qu'on ne va pas vers une crise financière majeure, est-ce qu'on ne perd pas les rênes ? Et donc, je pense qu'il n'est pas complètement cuit. Regardez ce qui va se passer sur les retraites, il va y avoir une motion de censure de la gauche, je ne pense pas que le RN va s'y associer parce que le RN est en recherche de crédibilité aussi. Le budget, qui a envie d'affronter le budget aujourd'hui ? Moi, je serai les autres, je le laisserai faire en criant, en disant ça ne va pas et tout, mais je ne suis pas sûre que la bonne stratégie, c'est de dire

13:00
Présentateur

parce qu'on fiche tout en l'air. Et surtout, qui aura envie de rentrer dans ce bombier ?

13:04
Invité

Voilà, exactement. Donc moi, je n'exclus pas que très impopulaire, très mal aimé, il arrive quand même à poursuivre son chemin, mais avec une dégradation de ce qu'a fait la politique française, c'est-à-dire cet amour de la politique, on voit bien que les gouvernants sont détestés et qu'il y a une dévitalisation. Mais sur le scénario catastrophe, il n'a plus les manettes, je n'en suis pas si sûre que ça.

13:27
Présentateur

On reviendra sur ce que vous dites sur la situation internationale et ce qu'elle est aujourd'hui et en quoi, effectivement, l'implosion du gouvernement pourrait causer. Mais je voudrais qu'on retourne au standard quand même et on retourne sur les retraites avec vous, Régis. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute, Régis.

13:43
Auditeur

Merci. Je vous remercie pour vos émissions, toujours bien judicieuses. Alors, moi, je voudrais dire que comment peut-on faire pour garder un Premier ministre pour au moins deux raisons. La première, c'est l'affaire Bétara. Manifestement, il a rendu moi, j'ai deux filles, les filles, ça parle à leur papa. Donc, sa fille de 14 ans qui a été violentée à l'époque, c'est obligatoire qu'elle ait parlé à son papa et son épouse qui travaillait à Bétaram, obligatoire qu'elle ait parlé à son mari. Donc là, il nous ment. Donc déjà, quelqu'un qui ment ne peut pas diriger la France. La deuxième raison, c'est les retraites. Alors, en faisant vite, si on fait l'origine de M. Bayrou, M.

Bayrou, en 2012, il a soutenu M. Hollande, homme de gauche. En 2017, il a soutenu M. Macron qui était un hollandiste purement, vraiment. Et à l'époque, tout le monde pensait, on s'est trompé depuis, on s'est aperçu que c'était un homme de droite, mais à l'époque, M. Macron était présenté comme un homme de gauche. Et aujourd'hui, M. Bayrou voudrait nous faire avaler une réforme des retraites avec un départ à la retraite à 64 ans, ce que la gauche n'accepte absolument pas. Moi, je suis un homme de gauche, ça, je n'accepte pas, vraiment pas. Mais il y a un autre problème, madame, je trouve. Merci vraiment de m'avoir pris à l'antenne. Et ça, personne n'en parle.

Mais rapidement, s'il vous plaît, Régis. Oui, je vous fais vite. Le problème, c'est le montant des retraites. Le problème, c'est ça. C'est qu'aujourd'hui, vous vous apercevez qu'il y a des gens, et j'en fais partie parce que je suis un jeune retraité, j'ai travaillé 183 trimestres dans ma vie, je touche 869 euros. Et pendant ce temps-là, M. Hollande touche 31 000 euros. Donc là, il y a un problème. Donc cette question-là doit être traitée. Mais vraiment. Donc quand on a un premier qui n'est pas capable de traiter l'âge et qui n'est pas capable de traiter le montant, il ne peut pas rester à maquillant.

Et ce que vous pouvez s'inviter, j'écoute beaucoup, je le fais très vite, c'est pas elle que j'en veux parce qu'elle fait une analyse. Mais c'est grave. Je veux dire, on va le garder parce qu'après tout, on n'a pas le... Mais madame, c'est grave.

15:39
Présentateur

Régis, vous parlez en dehors de votre téléphone et du coup, on ne vous entend pas. Vous êtes en train de bouger votre téléphone. Mais on a entendu ce que vous nous dites. On a entendu, vous nous dites ilment, vous nous dites les retraites, ce sera 64 ans et vous nous parlez du montant aussi des retraites. Frédéric Daby, M. le sondeur. Est-ce que vous avez l'impression que Régis est au fond l'archétype aujourd'hui des gens qui sont dans ces fameux 77% qui disent François Bayrou, c'est non ?

16:02
Auditeur

Clairement, oui. Et Régis, c'est très représentatif à l'égard du Premier Ministre. Bétarame. C'est une sorte de poison. Le point de départ et le péché originel, c'est le sentiment qu'il a menti, qu'il a dissimulé, qu'il a trompé sur un sujet qui touche tout le monde. N'oublions pas, il ne vient pas comme ça. On a parlé du harcèlement qui est devenu un sujet qui a marqué beaucoup les Français, MeToo, l'enfance, violenté. Donc, c'est vraiment un sujet, je ne rentre pas sur le fond, je ne vais pas le dire, terrible pour lui.

Il a quand même réussi à atténuer un peu le mécontentement grâce à l'audition où on a eu, les Français ont eu souvent le sentiment qu'il était tombé dans un piège et que c'était LFI, M. Vanier, qui voulait se payer le Premier Ministre. Mais pour autant, le problème reste là, c'est-à-dire l'inaction. Le sentiment qu'il ne peut pas, il n'a pas les marges de manœuvre, mais la logique d'exonération qui a pu marcher à une époque pour Macron, Emmanuel Macron pendant le Covid, pendant des crises, ne marche absolument pas pour lui. Et on a l'idée aussi, vous l'avez dit Julien, qu'il est là pour durer, il n'est pas là pour endurer.

Il n'est pas là pour régler les problèmes quand les Français voient des acteurs qui arrivent à régler les problèmes. Les chefs d'entreprise, les élus locaux, en l'occurrence, les maires. Donc c'est quand même un cocktail que j'ai rarement vu pour un chef de gouvernement.

17:18
Présentateur

Et alors néanmoins, et pour revenir à ce que disait Françoise effectivement sur qui voudrait rentrer dans ce bourbier si je puis dire, on a Patrick qui dit ceci, je suis de gauche mais à mon sens, faire tomber le gouvernement dans les circonstances actuelles me semble suicidaire. On a Anne qui nous dit pour moi, une seule question mérite d'être posée qu'apporterait la censure à la France ? Je pense que ce sera

17:35
Invité

un moment compliqué parce qu'on voit bien que ce dont on souffre aujourd'hui, c'est une absence de majorité, une très difficulté. La remise en jeu des partenaires sociaux, je trouvais ça très intéressant parce qu'ils avaient été un peu boycottés par Emmanuel Macron qui disait je décide de tout. Et on voit qu'ils peinent aussi à s'entendre parce qu'il y a des vrais enjeux. C'est-à-dire que l'entreprise ne veut pas payer. L'entreprise dit nous on est confrontés à un bouleversement mondial ce qui est vrai d'ailleurs.

Et donc on n'a pas les moyens on a des impôts au taquet et donc le pays est quand même globalement confronté à comment remettre d'équerre les comptes publics dans un dissensus absolu. Et la période pour moi est dangereuse parce qu'on voit bien que tout se durcit sur la scène internationale qui a un vrai risque de marginalisation pour nous qui a sans doute un risque aussi sur les finances publiques c'est-à-dire qu'à un moment si on n'arrive pas à être plus sérieux on va être rattrapé par la patrouille. Et donc je pense que c'est ce moment-là qu'on vit et qui est extrêmement difficile à régler parce qu'il n'y a pas d'acteurs qui sont suffisamment la confiance de l'opinion

18:52
Présentateur

pour agir. Et c'est pour ça que j'allais poser la question à l'envers Julien Nény au fond est-ce que le PS ou le RN ou les deux peuvent se payer le luxe au fond de recréer une période d'instabilité comme celle qu'on a déjà traversée à deux reprises ?

19:09
Auditeur

Oui c'est la question essentielle c'est ce qui avait beaucoup fait hésiter déjà le Rassemblement National en décembre dernier au moment de la censure de Michel Barnier ils avaient pris un gros risque vis-à-vis de leur électorat vous savez ils essaient de se respectabiliser de s'institutionnaliser et créer du chaos politique créer une crise politique nationale majeure en censurant un gouvernement ça déstabilise forcément d'ailleurs c'est intéressant parce que cet argument du contexte international il est repris aujourd'hui et par Emmanuel Macron depuis Oslo et ce matin à Matignon dès 7h du matin par François Bayreux ils disent au fond ils jouent l'opinion mais est-ce que vraiment au moment où le Moyen-Orient et le Proche-Orient s'embrase au moment où la guerre en Ukraine s'enlise etc est-ce qu'on a envie de créer une crise politique nationale qui apparaîtrait complètement déconnectée des grands enjeux géostratégiques c'est un argument qui me semble-t-il peut porter dans l'opinion d'ailleurs je crois que c'est Patrick votre auditeur en ligne qui se disait électeur de gauche je crois qu'il lui-même se demande si c'est une bonne idée est-ce que ça apporterait de censurer le gouvernement c'est effectivement l'un des aspects qui peut sauver encore François Bayreux dans cette équation et puis j'ajouterais une chose c'est que finalement le PS en déposant sa motion de censure dès ce soir fait un cadeau inespéré au RN aussi parce que comme sous Michel Barnier au dernier moment le RN se retrouve avec sa position favorite celle de l'arbitre c'est eux qui ont désormais droit de vie ou de mort sur le gouvernement de François Bayreux ils peuvent lever le pouce baisser le pouce en fonction de leur intérêt stratégique du moment et ça c'est un cadeau inespéré du PS au RN

20:27
Présentateur

et d'ailleurs on a entendu le RN être assez catégorique pour dire non nous c'est le budget plutôt qui se fera l'objet de notre censure et on a entendu Jordan Bardella juste après c'était dans le 19h qui pesait les choses de manière un peu différente pour montrer à quel point effectivement ils peuvent être là-dessus encore une fois les faiseurs de rois on a eu un Patrick en voilà un autre

20:47
Auditeur

bonsoir à tous oui alors moi je voulais dire que je pense que même si Bérou est impopulaire il risque de durer jusqu'au bout je veux dire jusqu'au présidentiel parce qu'en fait Marine Le Pen elle est frappée d'inligibilité et donc là on arrive au mois de juillet c'est-à-dire que si on devait censurer le gouvernement le président pourrait très bien dissoudre l'Assemblée nationale et Marine Le Pen ne pourrait pas se représenter ça veut dire qu'elle ne pourrait plus être présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale et je pense que c'est un poste qu'elle affectionne particulièrement et si elle n'est plus rien en fait eh bien elle aurait moins d'aura et je pense que pour préparer une campagne politique c'est plutôt déconseillé donc à mon avis Bérou peut être serein il le restera au moins jusqu'à l'été 2026 là où il y aura l'appel du jugement pour Marine Le Pen et probablement jusqu'en 2027

21:52
Présentateur

Merci pour votre remarque voilà les paris sont pris Patrick qu'est-ce que vous dites de ça Frédéric Daby ?

21:59
Auditeur

Oui ce que dit Patrick est tout à fait pertinent ça se tient s'il y a une dissolution le président peut dissoudre à partir alors certains disent à partir du soir du premier tour anniversaire du 30 juin à partir du 7 juillet du 7 au soir donc c'est-à-dire des législatives anticipées effectivement Marine Le Pen disparaîtra du champ parlementaire elle gardera quand même son magistère et à ses intérêts enfin parler de sérénité quand on a une chambre pareille et une incapacité d'agir je n'irai pas jusque-là mais effectivement il a peut-être des circonstances qui lui sont favorables il y a aussi la proximité des élections municipales qui sont le dernier scrutin avant la présidentielle même si c'est le scrutin on n'est pas sûr que ce sera le prochain scrutin quid d'un référendum et quid comme ça a été dit d'une dissolution de l'Assemblée Nationale

22:45
Présentateur

Alors justement puisque vous parlez de référendum on va y aller tout de suite voici Luc bonsoir Bonsoir On vous écoute

22:50
Auditeur

Une simple remarque l'Assemblée Nationale étant plus ou moins bloquée du fait des divisions François Véroux par ruissellement comme dirait certains est plus ou moins bloquée aussi est-ce qu'il n'est effectivement pas temps de faire un référendum je suis bien conscient qu'on ne peut pas faire des référendums sur certains sujets du fait du blocage de la constitution mais il n'en demeure pas moins qu'un référendum sur un sujet quelconque pourrait redonner quand même un coup de boost ne serait-ce que par la participation sur un référendum où il y aurait une énorme participation de la population française ça obligerait un peu les politiques à dire bon là ce coup-ci il faut qu'on fasse quelque chose

23:24
Invité

Françoise Fresseau C'est assez dubitatif sur le référendum parce que d'abord vous n'êtes pas sûr qu'il y ait une participation aussi forte et tout deuxièmement je trouve que le fond de l'air est tellement virulent qu'au fond il peut y avoir des campagnes qui se dévient complètement et qu'on ne répond pas du tout à la question posée et je pense que je ne sais pas vu le contexte je ne suis pas sûr que ce soit la bonne la bonne arme en ce moment

23:50
Présentateur

Je voudrais revenir à ce que disait notre auditeur précédent dans l'hypothèse d'une dissolution on ne le voit effectivement pas du tout venir mais je me demandais s'il y avait censure même si ce n'est pas maintenant mais même si c'est plus tard est-ce qu'on peut imaginer puisqu'il y a recensure et que ça va être effectivement compliqué on refait tapis de la part du président disant bon bah écoutez puisqu'on a censuré à nouveau le gouvernement c'est le deuxième donc on remet les cartes sur la table

24:14
Auditeur

alors pour la première fois il y a quelques semaines c'était juste à la fin du sommet sur les océans à Nice Emmanuel Macron a publiquement brandi cette menace en effet en conférence de presse il a dit moi mon intention ce n'est pas de dissoudre à nouveau voilà j'en ai pas envie maintenant attention si les oppositions sont irresponsables je crois que c'est comme ça qu'il l'avait dit j'aurai tous les outils de la constitution à ma main en gros c'est une menace de dissolution à nouveau et il sait très bien que la plupart des partis même tous les partis n'ont pas du tout intérêt à une nouvelle dissolution on a parlé du RN l'auditeur précédent a raison Marine Le Pen ne pourrait pas se représenter ce serait un des avantages pour elle de repartir en campagne législative pour le rassemblement national les LR n'y ont pas intérêt non plus ils sont en train de se reconstruire autour de Bruno Retailleau ils ont engrangé quelques victoires dans des législatives partielles mais c'est trop tôt pour eux pour repartir en campagne ils ne sont pas du tout certains de revenir avec autant de députés et on pourrait poursuivre le même raisonnement pour tous les groupes présents à l'Assemblée donc finalement tout le monde se tient d'une certaine façon et Emmanuel Macron a beau jeu de brandir cette menace il sait très bien qu'il les tient tous entre guillemets avec cette arme constitutionnelle massive et il y a finalement assez peu de chances qu'il la brandisse à nouveau Oui on a fait une enquête pour TF1 pour l'anniversaire TF1 LCI pour l'anniversaire de la dissolution le souhait de voir dissoudre l'Assemblée et donc revenir aux urnes est de 40% chez les Français majoritaire chez les électeurs LFI et RN il ne faut pas oublier qu'une des motivations des électeurs RN c'est l'alternative c'est le coup de balai c'est mettre au pouvoir ce qu'on n'a jamais essayé et également chez les électeurs LFI et le pronostic c'est-à-dire je peux souhaiter quelque chose mais est-ce que ça va se produire ce n'est que 30% donc pour l'instant les Français ne sont pas dans cette situation mais personne n'allait venir également le 9 juin 2024 mais on ne se parle dans la situation d'un retour aux urnes pour les élections pour des élections législatives

25:58
Présentateur

Et en même temps Françoise Fresseau on entend bien certains électeurs qui veulent effectivement remettre les choses sur le tapis mais on parlait d'immobilisme tout à l'heure s'agissant de François Bayrou l'immobilisme est-ce que ce n'est pas aussi le nôtre les électeurs donc si on votait demain de toute façon il n'est pas du tout sûr qu'on aurait une assemblée qui ne ressemblerait pas exactement à celle qu'on a aujourd'hui

26:14
Invité

Alors ça c'est ce que tout le monde dit c'est qu'il est très probable qu'on arrive aux mêmes situations de blocage vu l'état de polarité de polarisation actuelle par ailleurs moi ce qui me frappe c'est qu'on reproche beaucoup à l'immobilisme de François Bayrou mais attendez le 14 juillet là je pense qu'il y aura le plan de redressement des finances publiques sur trois ans et ça ne sera pas de l'immobilisme donc je pense que c'est ce moment-là qui va être très important c'est comment se positionne le reste des politiques en gros il va annoncer si vous voulez des économies budgétaires très importantes

26:52
Présentateur

seront violentes

26:52
Invité

et après il va laisser l'été au parti pour dire écoutez si vous voulez corriger ma copie faites des propositions mais financez-les et donc là ça va être quand même un exercice de responsabilité et on va voir qui joue le chaos qui ne joue pas le chaos mais je pense qu'on est quand même dans une situation très très incertaine et très compliquée parce que sur la scène internationale on voit bien qu'on est en train de perdre les manettes et l'Europe est en train de perdre les manettes qu'économiquement la croissance n'est pas bonne et qu'on vit aujourd'hui un moment très très périlleux très compliqué donc est-ce qu'il y a une sorte de ressaisissement en se disant bon ben on va peut-être tenir jusqu'en 2027 ou est-ce qu'on va vers le chaos moi je suis plutôt sur le test de la responsabilité parce que je pense que les parties ont tous beaucoup à perdre à jouer le chaos

27:41
Présentateur

moi je voudrais savoir en quoi à votre avis la situation internationale pourrait être impactée si d'aventure on retournait dans un moment de difficulté en tout cas des stabilisations j'en sais rien mais en tout cas de difficulté chez nous est-ce que vraiment ça joue ça dans l'esprit des gens

27:58
Auditeur

alors clairement ça ne jouait pas par le passé ça joue énormément une des grandes mutations de l'opinion publique depuis on va dire 5-10 ans c'est un intérêt croissant pour les questions internationales avant c'était réservé à des poches particulières de la population les personnes âgées les personnes diplômées ceux qui avaient un capital culturel fort le reste il y avait une sorte d'indifférence dans les campagnes présidentielles on parlait très peu d'internationales c'était au contraire le pays qui s'arrêtait il y avait un imaginaire où on débattait sur les grands sujets maintenant je vois le niveau d'intérêt des français qui est massif parce que il y a une logique d'opinion qui a été enclenchée les français nous le disent ce qui se passe dans le bureau Val ce qui se passe en Ukraine ce qui se passe en Iran ce qui se passe même au fin fond de la forêt amazonienne ça peut avoir un impact sur ma vie et donc sur ma vie quotidienne et les gens en tête l'inflation la crise de l'énergie donc effectivement ouvrir encore le barillet et jouer à la roulette russe dans un contexte pareil d'inquiétude massive quand on interroge les français sur un risque de guerre mondiale on a un tiers des gens qui disent oui

28:58
Présentateur

c'est surtout cette inquiétude là

29:02
Auditeur

oui tout à fait cette inquiétude d'un embrasement et puis l'idée de l'absence de maîtrise vous l'avez dit l'absence de l'Europe la France qui recule également et tout ça effectivement ça plaide pour essayer de ne pas revenir se remettre sous tension même si clairement l'éclipse du politique c'est les français qui nous disent il ne se passe plus rien au national est-ce qu'une dissolution améliore les choses sans doute pas

29:25
Présentateur

est-ce qu'il s'est refait une santé réellement Emmanuel Macron sur les crises internationales ou pas du tout est-ce que ça se voit dans les chiffres en les sondages

29:32
Auditeur

ça s'est vu à court terme au moment des derniers soubres sur la guerre en Ukraine là il y a une nouvelle dimension moins bonne pour lui c'est que ça ne se joue pas du tout de son côté les crises internationales ça lui permet d'enclencher une logique de distinction c'est tous les français qui nous disent il m'agace mais c'est le seul qui peut parler à Poutine c'est le seul s'ajoute dans un jeu à trois Trump, Israël, Iran s'agissant de la crise dernière et effectivement il apparaît comme plus spectateur qu'acteur donc même là c'est compliqué pour lui

30:02
Présentateur

On a François qui nous dit mais moi ce qui me gêne c'est l'argument qui dit on ne peut pas se payer le luxe de faire tomber un gouvernement or c'est ça la démocratie donc si un gouvernement tombe et bien il tombe et on ne peut pas le garder juste parce qu'on a peur d'un changement de gouvernement

30:14
Invité

Oui mais la démocratie c'est vous arrivez quand même une fois que vous avez fait tomber le gouvernement vous avez essayé d'installer à la place un autre gouvernement qui fera mieux et je trouve que là on est quand même quand vous regardez les hypothèses possibles c'est très compliqué parce qu'on est quand même dans une situation de blocage en fait moi ce qui me frappe c'est quand même cette chose là c'est qu'on a fait des critiques sur la 5ème République en disant c'est un régime autoritaire il faut développer la culture du compromis ça fait un an qu'on est dans une situation où on devrait avoir une culture du compromis qui se développe et on est dans un blocage absolu et je trouve que là il y a quand même une démission collective une impossibilité de se saisir des problèmes qui est un problème collectif pour moi plus qu'un problème de la scène politique c'est que il y a quelque chose qui s'est enrayé dans notre capacité à affronter le réel et à essayer de le résoudre et quand vous dites collectif

31:10
Présentateur

donc c'est la faute des politiques mais aussi la nôtre nous les électeurs et nous qui vivons cette situation

31:18
Invité

ou pas ? je pense qu'on pourrait arriver à essayer de construire des choses un peu positives un peu constructives y compris sur la retraite c'est-à-dire s'il y avait des choses à corriger sur la réforme d'accord mais en même temps estimer qu'au fond on pourra toujours continuer sans travailler plus ou plus longtemps moi je pense que c'est irréel parce que vous avez une réalité démographique qui fait qu'on n'y arrivera pas donc on a une partie des politiques qui se berce d'illusions et on n'arrive pas à avancer et je pense que c'est très dommageable

31:52
Présentateur

pour le pays là-dessus je me demandais peut-être que vous voyez dans les chiffres Frédéric Daby parce que justement sur les 64 ans est-ce que c'est pas ce qu'on a vu aussi finalement pendant le conclave une fois qu'effectivement la CGT faut son parti mais au fond dans ce qui restait donc la CFDT la CFE c'est comme si cette histoire de 64 ans avait de toute façon été avalée et que donc on considérait que les français l'avaient avalée et au-delà des discours qu'il peut y avoir est-ce qu'on l'a avalée ou pas du tout ?

32:20
Auditeur

Non je pense pas que les français l'ont avalée ils ont pas été pris en traître je rappellerai qu'Emmanuel Macron dans son programme présidentiel très percuté par le Covid et la guerre en Ukraine la principale mesure mémoriste c'était la traite à 65 ans c'était un retour complet sur la réforme

32:35
Présentateur

avaler ça veut pas dire pas avaler de travers

32:36
Auditeur

mais il y a une vraie différence je faisais référence tout à l'heure à la réforme de 2010 où le passage de 60 à 62 ans avait été mollement soutenu mais par un français sur deux avalé parce qu'il y avait une vraie finalité de la réforme qui était sauver le système on cite souvent le discours churchillien sur du sort de la soeur et des larmes c'est accepté s'il y a une finalité le drame de cette réforme c'est qu'il n'y a jamais eu de finalité ou en tout cas une finalité qui a changé on a parlé de sauver le système on a parlé de trouver des marges de manœuvre en matière de santé et d'éducation et le vert était dans le fruit maintenant c'est vrai du côté des électeurs de gauche clairement c'est un marqueur très fort et c'est vrai que dans le cadre de la pré-campagne présidentielle beaucoup de français oui ça sera tranché cette question sera un vrai marqueur lors de la campagne pas avant parce que c'est en ce moment du fait du blocage un comment dire insolutionnable on va dire de grossièreté

33:29
Présentateur

et nos auditeurs y retournent forcément sur whatsapp je lis ceci mais enfin on a oublié que les derniers résultats des élections avaient mis la gauche en premier Emmanuel Macron s'est entêté à vouloir mettre un premier ministre de droite beaucoup de français se sentent floués et n'attendent rien du coup du gouvernement actuel cette discussion là François ce qu'on le veuille ou non on l'a depuis une année entière et on l'aura jusqu'en 2027 bien sûr la difficulté

33:52
Invité

c'est que il aurait peut-être dû effectivement nommer un premier ministre de gauche qui se serait fait censurer immédiatement et serait sans doute lever l'hypothèque mais il y a effectivement il y a ce ressentiment qui est très fort je ne justifie pas du tout l'attitude d'Emmanuel Macron je dis juste qu'on est rentré dans ce qu'on appelle l'ère du tripartiste c'est-à-dire qu'il n'y a pas de majorité il n'y a pas de majorité absolue et pour l'intérêt du pays il y aurait quand même possibilité de construire des compromis et je pense que personne n'y met vraiment du sien et je le regrette

34:27
Présentateur

il y a trois choses qui mettent François Bayrou en difficulté on a parlé de son impopularité on a parlé de ce conclave on a peut-être passé un peu vite sur son isolement qui aujourd'hui Julien Nenni soutient François Bayrou on a l'impression qu'il a été lâché effectivement par LR il a été lâché en race campagne par Edouard Philippe et Horizon donc le bloc central il ne l'a pas tenu en fait qui aujourd'hui soutient François Bayrou

34:53
Auditeur

c'est une bonne question son entourage est très maigre en fait à François Bayrou il a deux lieutenants principaux qui assurent ses intérêts et qui font sa promotion entre guillemets politique c'est Marc Fénaud le patron du groupe Modem à l'Assemblée et Patrick Mignola le ministre des Relations avec le Parlement mais c'est à peu près tout si on schématise entre guillemets il y avait ce fameux socle commun comme l'appelait Michel Barnier qui a vaguement vécu pendant le bail du Savoyard à Matignon vous savez c'était le Modem Renaissance LR et Horizon bon ça a complètement explosé en vol avec notamment l'attitude de Laurent Wauquiez on ne va pas rentrer dans les détails et refaire l'histoire mais en fait Frédéric a tout dit il y a quelques minutes on est rentré en pré-campagne présidentielle d'ores et déjà et c'est ça qui commande tout c'est ça qui fait qu'aujourd'hui Edouard Philippe n'a pas trop intérêt à rester totalement arrimé à Emmanuel Macron il va falloir qu'il se différencie pour qu'il ne soit pas totalement associé à lui et qu'il porte une candidature de rupture comme Nicolas Sarkozy avait pu le faire avec Jacques Chirac en 2007 même raisonnement pour Gabriel Attal en froid total avec le chef de l'état qui lui aussi a tout intérêt bien sûr plus que jamais qui lui aussi a tout intérêt à se différencier même chose pour Bruno Retailleau qui n'a jamais été un macroniste et qui n'a pas l'intention de le devenir s'il veut être candidat crédible à la prochaine présidentielle bref tout le monde est dans les starting blocks pour la prochaine présidentielle personne n'a intérêt à sauver le soldat Macron ni sauver le soldat Bayrou entre guillemets chacun dans son camp chacun est prêt pour le grand combat de 2027 et c'est ça qui contribue aussi au blocage actuel

36:18
Présentateur

c'est ça que ça veut dire aussi Frédéric Daby on a l'impression que tout le monde est en train de le regarder il est tout seul sur le Titanic François Bayrou et tout le monde regarde et lui fait coucou mais personne n'ira lui tendre la main

36:29
Auditeur

oui est-ce que François Bayrou a renoncé à une ambition présidentielle on parle d'un triple candidat qui a failli même être un quadruple candidat en 2017 on nous dit qu'il a renoncé à rien l'avenir le dira alors dans ce que vous dites je rajouterais Gérald Darmanin qui a une position un peu particulière il est très différenciant en termes de parcours de trajectoire d'image dans l'opinion du président Macron mais lui n'a jamais véritablement rompu et joue la carte de la loyauté lui aussi c'est quelqu'un qui pourrait compter

36:53
Présentateur

je nuance juste

36:55
Invité

je pense que personne n'a intérêt non plus à jouer la crise totale c'est-à-dire ils mettent Bayrou sous pression ils ne le soutiennent pas mais je pense que le premier qui appuie sur le bouton et qu'il fait chuter c'est compliqué parce qu'on ne sait pas le scénario catastrophe qui peut se produire derrière

37:13
Présentateur

écoutez à suivre en tout cas on aura l'occasion d'y revenir je vous remercie chaleureusement tous les trois et vous tous qui nous avez appelés comme d'habitude je voudrais finir avec ce message de Pascal il me dit ceci chaque jour j'entends le ou pas de Madame Synthès encore gagné et bien écoutez peut-être que demain je le redirai ou pas

37:29
Locuteur

je vous remercie je vous remercie je vous remercie