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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 14 octobre 2025 37 min

Gouvernement Lecornu II : l’heure de vérité ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et c'est l'heure de notre reportage en région. On va parler des agriculteurs. En Bretagne, le secteur agricole fait face à des difficultés de recrutement. D'ici 2030, 50% des exploitations bretonnes seront à reprendre. Alors, la région crée des formations sur tout le territoire pour former les agriculteurs de demain. Encore faut-il attirer les candidats ? On regarde ce reportage d'Enora Le Nôtre et Zoé Duhamel pour nos partenaires de TPO.

0:34
Invité

Maël, tu vois le veau qui est là-bas ? On va aller voir si ce n'est pas un nouveau-né.

0:40
Présentateur

Maël est arrivé ce matin dans l'exploitation de Gwennel Lebert à Gourlison. En stage pour trois mois, il a commencé une formation de salarié agricole.

0:48
Invité

En fait, je n'ai aucune famille qui fait de l'agriculture. J'ai fait une production horticole et un jardin épisagiste. Et du coup, là, je voulais me mettre dans l'élevage bovin.

0:57
Présentateur

Cette formation, financée par la région Bretagne, permet à Maël d'apprendre les soins et travaux à réaliser dans une ferme d'élevage. L'objectif est de former rapidement des salariés agricoles dans ce secteur qui peine à recruter.

1:09
Invité

Et maintenant, les gens qui travaillent dans les exploitations agricoles, ils veulent avoir une vie entre guillemets comme tout le monde. Donc, si on veut dans les années à venir trouver de la main d'œuvre, il faut pouvoir offrir à peu près les mêmes conditions de travail qu'ailleurs. Sept autres stagiaires ont intégré la formation.

1:27
Présentateur

Durant trois mois, ils suivront des cours théoriques au lycée de Bréoulou à Fouenand et pratiques sur une exploitation.

1:33
Invité

Ces animaux-là, à un moment donné, on va les sortir du troupeau. Et par contre, on va les remplacer par des plus jeunes.

1:39
Présentateur

Depuis plusieurs années, le secteur fait face à des difficultés de recrutement. Et alors que d'ici 2030, 50% des exploitations bretonnes seront à reprendre,

1:48
Invité

la région crée des formations sur tout le territoire pour former les agriculteurs de demain. Mais encore, faut-il attirer des candidats ? Parmi les jeunes, c'est beaucoup plus compliqué de les attirer. Même si dans les formations agricoles, dans les lycées agricoles, les formations initiales, aujourd'hui, il y a une belle dynamique. Cependant, il faut vraiment travailler pour donner envie. Et nous travaillons aussi sur l'attractivité des métiers.

2:15
Présentateur

La formation a lieu du 6 octobre au 9 décembre 2025 dans le Finistère. La région espère favoriser l'installation de 1 000 agriculteurs par an à partir de 2028. Et on poursuit notre tour des régions avec nos partenaires de la presse régionale. On va en Ariège. On vous retrouve. Cécile Dupont, bonjour. Merci d'être avec nous. Rédactrice en chef de la Gazette Ariégeois. Cécile, on va parler du gouvernement Le Cornu 2 avec un coup de projecteur sur la nomination de Laurent Panifou au poste de ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement. Et il faut dire, Cécile, qu'un ministre Ariégeois, c'est une première depuis bien longtemps.

2:52
Invité

Alors depuis bien longtemps, en effet. Juste pour l'anecdote, le dernier député qui a été ministre, c'était Georges Galli-Gasparo. Et il a été sous le gouvernement de Mendès France. D'abord secrétaire d'État à l'information en 1954 et 1955. Et ensuite, déjà secrétaire d'État chargé aux Relations avec les Assemblées. C'était en 1957. Je voudrais aussi citer Roger Faureux, qui a été ministre sous le gouvernement Rocard. Et ensuite, en 1989, il a été élu maire de Saint-Giraud. Voilà. Donc nous avons depuis le 12 octobre un ministre Ariégeois, un député, Laurent Panifouz, qui était député. Alors, Laurent Panifouz, il est né à Foix. Il a 48 ans.

Il est relativement jeune en politique, puisqu'il a d'abord été maire du village du Fossat de 2014 à 2022, jusqu'à sa première élection en tant que député. Le Fossat, c'est un village de 1000 habitants à peu près, près de Toulouse, dans la Vallée de la Laisse. Il a ensuite occupé des fonctions de président de la communauté de communes de la Vallée de la Laisse de 2017 à 2022. Et en 2022, se présente, sous les couleurs du Parti socialiste Ariégeois, à la députation, contre le député sortant, qui est Michel Larive, pour la France insoumise. Alors, un petit peu de contexte quand même.

En 2017, en Ariège, petit coup de tonnerre, puisque la France insoumise renverse la table et place, sur les deux seuls circos que nous avons, deux candidats et deux élus insoumis. En 2022, donc, pour le Parti socialiste, l'heure est à la revanche, entre guillemets, et c'est Laurent Panifousse qui va porter l'étendard. Et déjà, à ce moment-là, le Parti socialiste Ariégeois se différencie de la ligne nationale, puisqu'il refuse de signer les accords de la NUPES, et il part sous les couleurs Parti socialiste Ariégeois. Laurent Panifousse sera élu contre Michel Larive. Il siège au non-inscrit, dans un premier temps, puis ensuite au groupe Lyot, et il se représente après la dissolution en 2024.

5:12
Présentateur

Et du coup, comment réagit le PS, Cécile ?

5:16
Invité

Alors, les réactions sont pour le moins contrastées. Là, depuis hier, nous recevons beaucoup de communiqués. Donc, Laurent Panifousse était au Parti socialiste, s'est toujours présenté comme étant un homme de gauche, avec des valeurs de gauche. En 2022, après n'avoir pas voulu aller dans la ligne NUPES, il est suspendu par le Parti socialiste, mais la commission d'exclusion ne s'est réunie pas, et il ne sera jamais exclu. Il a été, en fait, dimanche soir, 12 octobre. Donc, c'est très récent.

Donc, le Parti socialiste, par la voix de son premier fédéral, Jean-Christophe Beaurepo, a produit un communiqué dans lequel il explique que ce choix est un choix personnel et que ça n'engage pas le Parti socialiste. Donc, le Parti socialiste arriégeois prend un petit peu ses distances. De son côté, la présidente du Conseil départemental, Christine Tecli, se félicite, elle, de cette nomination, et estime que Laurent Panifou s'incarne une gauche de responsabilité et de devoir, presque.

Et après, on a l'action du président de la Occitanie, Kamel Chibli, un proche de Karol Delga, qui, lui, m'a dit hier que ce choix, il ne l'aurait pas fait, qu'il pense que c'est une erreur politique, mais qu'il lui souhaite beaucoup de succès, notamment dans son projet de réussir à faire voter un budget pour la France et puis aussi de suspendre la réforme des retraites qui est très chère aux socialistes, vous venez d'en parler.

6:59
Présentateur

Merci beaucoup, merci Cécile Dupont d'avoir été avec nous, la une de la Gazette arriégeoise. C'est un tout autre sujet, c'est un des rares sourcils arriégeois, il s'appelle Christophe Sanchez. Merci beaucoup, Cécile Dupont, d'avoir été avec nous. Audrey, on regarde ce qu'elle a une de nos quotidiens régionaux ce matin. Évidemment, c'est la libération des 20 derniers otages israéliens vivants qui fait la une de nos journaux. En effet, Oriane, regardez la fin d'un cauchemar, titre le télégramme en mettant en avant cette famille qui s'étreint. Enfin, un espoir de paix pour la dépêche du midi qui rappelle que tout reste à faire dans Gaza dévastée.

La Voix du Nord fait le choix d'afficher les visages et les noms des otages libérés avec ce titre. Est-ce le début d'une paix durable ? Avec un point d'interrogation très important en page intérieure. Le Quotidien s'intéresse à Donald Trump, le président américain, qui savoure évidemment son triomphe, lui qui n'a pas obtenu le Nobel de la paix qui l'obsède tant. Eh bien, hier, il a été ovationné à la Knesset, le Parlement israélien. Il a aussi été couvert d'éloge pendant le sommet international sur Gaza en Égypte. Il faut dire que la libération des otages intervient dans le cadre de son plan pour mettre un terme à la guerre à Gaza.

Il réussit ce que Benyamin Netanyahou n'a jamais fait, ramener tous les otages. En France, Sébastien Lecornu prononce aujourd'hui son discours politique général. Dans lequel, pardon, il évoquera sûrement son projet de budget présenté aujourd'hui, nous rappellent la Marseillaise et le gouvernement. Et déjà dans l'œil du cyclone, nommé dimanche, il pourrait tomber avant vendredi, car les oppositions sont prêtes pour la censure. Sébastien Lecornu doit donc tout faire pour convaincre les socialistes de ne pas voter cette censure.

Et c'est sur la réforme des retraites qui l'attendent, ça, ça fait la une, du Dauphiné libérer les socialistes qui réclame sa suspension inimaginable pour les Républicains. Le Premier ministre est donc sur la corde raide. Mais le quotidien s'intéresse aussi à un Isérois qui a choisi de ne plus faire partie du gouvernement. Yannick Noderre, l'ex-ministre de la Santé qui tacle. On a complètement dégoûté les Français de la politique. Il explique pourquoi il a choisi de ne pas rempiler. Je ne savais pas qui allait être mes coéquipiers. En l'occurrence, il ne savait pas qui allait être les ministres de l'économie et du budget. Et ce sont eux auprès desquels il faut obtenir des arbitrages.

Voilà pourquoi, d'après lui, il a choisi de ne pas rempiler. Autre sujet, c'est la campagne de vaccination contre la grippe qui débute aujourd'hui. Et ça fait la une de Lyon républicaine qui précise que cette année, il y a de nouveaux vaccins pour les personnes à risque. Donc si vous avez plus de 65 ans, que vous êtes enceinte ou que vous souffrez de maladies chroniques, vous pouvez vous faire vacciner gratuitement. L'an passé, l'épidémie très virulente a causé près de 17 000 décès dans notre pays. Allez, on termine par un sujet plus léger. C'est le Maine Libre qui met en lumière Thiago da Silva. C'est un jeune boulanger de 22 ans. Il fait les meilleurs croissants.

Et il fait en tout cas les meilleurs croissants de la Sarthe, d'après un prix qui lui a été décerné. Autant vous dire qu'à cette heure-ci, on a très envie de s'inviter chez lui au Mans. Je faisais déjà des gâteaux pour ma maman au Portugal, mon pays natal, rappelle-t-il. Il souhaite exporter son savoir-faire de l'autre côté du globe dans un futur proche. Si vous l'exportez sur le plateau, déjà… On attend, s'il nous écoute, on attend les croissants. Merci beaucoup. Merci Audrey d'avoir été avec nous. Allez, on revient au gouvernement Le Cornu 2 et notre débat d'éditorialiste. Sébastien Le Cornu qui joue donc aujourd'hui son avenir à Matignon.

À 15h, il prononce devant les députés son discours de politique générale. L'objectif, éviter la censure, mais peut-il encore convaincre les socialistes ? Avant d'en parler avec nos éditorialistes, on regarde ce sujet d'Adrien Pain. Cet après-midi, les socialistes ont le sort du gouvernement entre leurs mains. Si le reste de la gauche, le RN et ses alliés votent la censure comme ils le promettent,

10:46
Sébastien Lecornu

il suffit d'une vingtaine de voix supplémentaires pour faire chuter Sébastien Le Cornu. Le choix des socialistes fera pencher la balance et leur position est claire, la suspension de la réforme des retraites ou la censure. Il sait parfaitement ce qui est attendu par cette opposition, en l'occurrence le Parti Socialiste. Oui, il faut suspendre la réforme des retraites jusqu'à l'élection présidentielle. En position de faiseur de roi, le PS demande d'autres garanties sur la fiscalité et l'usage du 49-3. Mais de son côté, le RN fustige la stratégie des socialistes et appelle à une censure immédiate.

Les socialistes dans notre pays sont prêts à se corrompre et sont prêts en tout cas à se faire acheter.

11:25
Présentateur

Je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, peut-être pour quelques subventions aux élections municipales.

11:28
Sébastien Lecornu

Face à la menace d'une chute précipitée, Sébastien Le Cornu a fait passer hier son mot d'ordre au ministre.

11:33
Invité

Dans un moment qui, on le sait, est difficile et au fond, dont notre seul objectif et seule mission est évidemment de surpasser, de dépasser cette crise politique.

11:45
Présentateur

C'est à partir de 15 heures aujourd'hui que la survie du gouvernement se joue, à la tribune de l'Assemblée nationale.

11:50
Sébastien Lecornu

Le Premier ministre y prononce son discours de politique générale et le PS pourrait décider de déposer sa propre motion dans la foulée, si ses revendications ne sont pas respectées.

12:00
Présentateur

Et on va en parler avec nos éditorialistes politiques. Bonjour Françoise Degouard. Bonjour.

12:03
Invité

Merci d'être là. Ça va et vous ? Parfaitement en forme pour la The D-Day. Ah, avec Hubert Couturier. Bonjour Hubert.

12:11
Présentateur

Merci également d'être là, directeur de l'information du Télégramme. The D-Day, le jour J, pour Sébastien Le Cornu, Françoise Degouard. Est-ce qu'il peut, cet après-midi, encore éviter la censure ?

12:22
Invité

Je pense, oui. Je pense qu'il peut éviter la censure s'il prononce un mot magique. Le mot magique, c'est le mot suspension. Et ce n'est pas un caprice, je pense, de la gauche. Écoutez, moi, j'écoute Oduy est fort. J'écoute, dans une moins de mesure peut-être, mais Boris Vallaud, j'entends les arguments, c'est-à-dire la suspension de la réforme des retraites et se départir du 49-3, c'est véridement, j'ai presque envie de dire, c'est le tarif minimum syndical. C'est-à-dire que, mais ce n'est pas une suspension, comme je commence à entendre la sémantique, la suspension jusqu'à la présidentielle. Bon, ça, ça veut dire, c'est le fameux décalage proposé par Emmanuel Macron.

C'était une sorte d'artifice de langage. Donc, les socialistes, vous savez, la droite regarde toujours la gauche de façon méprisante en se disant, ils pensent toujours que la gauche, vous savez, c'est un rassemblement de joueurs avec des bonnets de laine, des fûtes de pan et des fûtes de pan qui mangent de la graine. Mais non, mais je vous dis juste caricature, mais genre, personne ne sait lire un budget là-dedans, personne n'a fait normal, personne n'a fait X min, X point. Qu'on est cette espèce de caricature générale ?

13:28
Présentateur

Après, les amis chez la lampe à huile, on a Françoise de Bois et les mangeurs de graines.

13:32
Invité

Non, mais parce que c'est la vérité, si vous voulez, il y a toujours ce mépris de la droite qui dit les socialistes, vous ne savez pas, vous ne savez faire que des âdes, en gros. Non, excusez-moi, regardez, ça fait huit ans que la gauche ne gère pas, regardez l'état du pays, regardez avec Sarkozy, donc je reviens à la chose.

13:47
Présentateur

– Non, mais donc il peut éviter la censure. – Il peut éviter la censure. – Vous connaissez bien le Parti socialiste, est-ce que s'il prononce le mot suspension,

13:56
Invité

il est sûr d'avoir le nombre de députés nécessaires ? – Pas n'importe quel mot suspension, ça ne peut pas être, je suspendrai un jour sur la corde à linge dans quatre ans, vous voyez ce que je veux dire ? C'est la suspension sinédillée et surtout l'autorisation, non mais l'autorisation de remettre la réforme dans le débat parlementaire au moment du PLFSS, c'est-à-dire du budget de la Sécu. Sinon, c'est encore, ils sont même très gentils, je trouve, les socialistes. – Hubert.

14:25
Présentateur

– Je reconnais à Françoise le fait que les socialistes n'ont pas toujours mal géré le pays. – Ah, monsieur est trop bon. – Emmanuel, pardon, Lionel Jospin le premier, sauf qu'il avait aussi beaucoup dépensé à travers les 35 heures à l'époque. En fait, il faut aussi souligner qu'Emmanuel Macron, c'est le dernier avatar du socialisme parce que c'est l'enfant rebelle, c'est l'enfant rebelle de…

14:50
Invité

– Ah, ça y est, voilà, évidemment, il a mal géré, il y a le socialisme dedans.

14:53
Présentateur

– C'est quand même François Hollande qui l'a misé, puisque vous vous rappelez au congrès du Bourget, François Hollande avait dit « Mon ennemi, c'est la finance », ben oui, c'est Emmanuel Macron, le financier par excellence.

15:03
Invité

– Ce n'est pas la peine de rappeler les choses douloureuses ?

15:04
Présentateur

– Maintenant, je crois que le fond du problème aujourd'hui, c'est de savoir si, au-delà de la question centrale de la censure, censure ou pas censure, on le saura dans deux ou trois jours, c'est est-ce qu'on va assister à la naissance, à la vraie naissance du Premier ministre Sébastien Lecornu ? C'est-à-dire, le Président de la République a dit qu'il lui donnait carte blanche. Est-ce que c'est la réalité ? Est-ce qu'il va s'en affranchir ? Parce que je pense quand même que les mots qu'il va prononcer, comme le dit François, sont essentiels, mais il faut qu'il réussisse à obtenir en contrepartie une sorte d'accord des socialistes de non-censure jusqu'en 2027.

Et donc, il va pouvoir rester Premier ministre pendant 18 mois pour gérer, finalement, la sortie du macronisme. – Mais quand vous dites la naissance du Premier ministre, ça veut dire qu'au-delà de la question de la suspension de la réforme des retraites, il faut qu'il affirme, qu'il incarne la rupture avec Emmanuel Macron cet après-midi, c'est ça ? – Je pense qu'à partir du moment où il prononce les mots fatidiques de suspension de la réforme des retraites, c'est quand même l'héritage d'Emmanuel Macron qu'il met à bas, parce que, dans le fond, il y a eu un certain nombre de mesures fiscales au début du quinquennat, du premier quinquennat, et puis c'est quand même la réforme emblématique.

Donc, s'il franchit le rubicon, et s'il le dit, eh bien, effectivement, il enterre définitivement le macronisme, beaucoup mieux d'ailleurs que tous ceux qui ont prétendu le pousser à la démission, et qui se sont un peu discrédités, je pense, notamment à Édouard Philippe, qui a été son premier Premier ministre, et dont la sortie a été assez moyennement appréciée.

16:39
Invité

– Oui, je suis assez d'accord, mais est-ce qu'on ne peut pas envisager, même si ça n'est pas officiel, que cette sortie-là, ce mot-là, soit aussi en accord, même contraint et forcé, avec Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron, il fait quand même de la politique, il a quand même réussi ce que personne n'a réussi, une réélection sur deux quinquennats. Après, on juge que c'est assez catastrophique, ce qui est mon cas, mais n'empêche que cette chose-là, il l'a réussi. Donc, ça veut dire qu'il sait regarder politiquement les choses.

Emmanuel Macron, il sait très bien que si Sébastien Lecornu tombe, il y a une petite chance éventuellement qu'il renomme encore quelqu'un à Matignon, enfin, ça ferait beaucoup, mais pourquoi pas ? Et si la dissolution arrive, il sait très bien qu'à 220 ou 230 députés, il est obligé d'appeler Jordan de Bardella à Matignon. Comment pourrait-il faire autrement, en plus avec un tel écart avec les autres groupes ? Donc, moi, je ne suis pas adepte de la politique fiscion, mais ce que je sais, c'est qu'il est de bon ton de cracher sur Emmanuel Macron de la part de ses meilleurs amis. Je rejoins Hubert totalement là-dessus. C'est délirant, le double par ici de Gabriel Attal et Édouard Philippe.

En fait, en réalité, ils se sont tués eux-mêmes. Et d'ailleurs, l'opinion les sanctionne immédiatement, comme elle sanctionne d'ailleurs Bruno Retailleau, qui était supposément un homme calme et qui a cassé la vaisselle, on ne sait pas pourquoi. Voilà. Donc, moi, ce que je crois, c'est que peut-être que Sébastien Lecornu ne s'émancipe pas tant que cela, parce que peut-être qu'il y a, de la part d'Emmanuel Macron, une lucidité profonde qui fait que ça, il faut le lâcher. Et j'ai envie de dire à Emmanuel Macron et à tous ses amis, franchement, résumer un double quinquennat sur une réforme aussi minable, parce qu'entre vous et moi, le coin de la table, cette réforme n'a rien d'extraordinaire.

Quand on sait qu'Emmanuel Macron était pour la réforme à point, à la base, c'était ça son projet, résumer le quinquennat à cette réforme, eh bien, moi, je me dis qu'il peut quand même la lâcher. Il y a d'autres choses qui ont été faites. Il a géré le Covid, il a fait Notre-Dame, et le discours pour la Palestine, c'est quand même pas ça.

18:38
Présentateur

– Et les Jeux olympiques. Mais le problème, ce n'est pas tellement la réforme en soi qui est perfectible, qui peut être négociée, avec des équilibres financiers qu'il va falloir retrouver. Le problème, c'est la stabilité du pays. Et ce n'est pas seulement un problème d'instabilité politique, parce que c'est vrai qu'en France, on n'est pas habitué au mal-governo qu'on a connu en Italie pendant des décennies, même si aujourd'hui, ça a changé depuis trois ans avec Giorgia Meloni. Donc, ça nous déstabilise. Le problème, c'est la stabilité économique du pays, c'est les marchés financiers, et c'est le symbole que ça enverrait aux marchés.

– Et justement, puisque vous parlez d'économie, on peut écouter le nouveau prix Nobel d'économie. Philippe Aguillon, il était l'invité hier soir de France 2, il a encouragé à stopper cette réforme des retraites. A contrario, ce n'est pas du tout l'avis du patron du patron, Patrick Martin, qui était l'invité ce matin d'RTL. On les écoute tous les deux.

19:33
Invité

– Il faut arrêter l'horloge maintenant, jusqu'aux élections présidentielles. C'est-à-dire qu'on est à 62 ans et 9 mois, on stoppe à 62 ans et 9 mois, jusqu'aux élections présidentielles. – On peut se le permettre ? – On peut absolument se le permettre, ça ne coûte pas très cher de se stopper. Ça ne veut pas dire que la réforme est supprimée, normalement, ça veut dire que si rien ne se passe, ça reprend en 2027. Et puis maintenant, le nouveau président, le nouveau gouvernement, le nouveau parlement peut décider une nouvelle loi. Mais on stoppe l'horloge, c'est simplement qu'on interrompt l'horloge pour un an. Voilà, alors je ne sais pas si le mot suspension fait peur, si le mot…

Mais c'est évident qu'il faut faire ça. C'est la façon de calmer les choses. Moi, j'ai toujours été pour un 63 ans plus revoyure. Et je dois vous dire que même les LR étaient pour Marlex, le regretté Marlex, et Xavier Bertrand étaient d'accord sur l'idée d'un 63 ans et revoyure. Laurent Berger aussi. Donc, je crois que ça peut être vraiment une ligne de consensus.

20:23
Sébastien Lecornu

– Il faut arrêter de se convaincre que tout le monde est favorable à ce décalage. Que tactiquement, ça soit compréhensible, et que ce soit fait, why not ? Mais comprenons bien les conséquences. Comprenons bien les conséquences. – Ça serait la faute la plus lourde ? Y compris sur les taux d'intérêt auxquels emprunteront non seulement l'État, mais moi, vous, pour un crédit à la consommation, pour un crédit immobilier, ça se paiera en croissance, ça se paiera en dette, ou ça se paiera en impôts. On est bien partis pour que ça se paye en impôts, notamment sur les entreprises.

20:50
Invité

– Moi, j'en ai marre d'entendre le MEDEF. Vraiment, normalement…

20:54
Présentateur

– Excusez-moi, mais il crée quelques emplois dans ce pays. – Ok, il crée quelques emplois.

20:58
Invité

– Non, non, je suis d'accord. D'abord, lui, il est patron du MEDEF. Je ne pense pas, ce n'est pas ça le sujet. L'antigeux, maintenant, vous avez maintenant, carrément, le MEDEF qui fait des manifs, carrément. – Ils ont renoncé. – Bien sûr qu'ils ont renoncé. Il ne faut pas friser quand même le ridicule et la débilité. J'en ai assez d'entendre. Ça, c'est un manque de patriotisme. Je vous dis, vraiment, le pays est vraiment dans une mouise incroyable. Est-ce que le patron des patrons n'aurait pas autre chose à dire que de dire, ok, on se met sur la table au lieu de tout rejeter avec le crucifié l'aïe en disant, va des rétros.

21:29
Présentateur

– Ça va avoir des conséquences économiques sur la croissance.

21:31
Invité

– Mais elles sont déjà chiffrées. Agiter la peur des marchés, c'est insupportable. Les agences de notation, nos vies ne sont… Mais écoutez, vous savez bien, Hubert, que nos vies ne sont pas assujetties au plus ou au moins de fiches et de moudises. Non, ça, c'est pas vrai.

21:46
Présentateur

– Je suis étonné par votre inculture économique. Vous êtes très politique et on pose toujours la question en termes politiques dans ce pays.

21:55
Invité

– Mais déjà pas en termes économiques, c'est pas parce qu'on emprunte plus cher pendant un certain temps. La France, elle est solvable. Arrêtez de penser que la France, c'est la Grèce.

22:02
Présentateur

– Si j'ai bien… – Oui, oui, vous êtes optimiste. – Non, mais c'est pas l'optimisme, c'est le même. – On dit que la réforme des retraites, en soi, ça coûterait, si elle était suspendue, ça coûterait, alors je ne sais pas… – 500 millions sur 2026. – Franchement, c'est des pays sur le trait, Hubert, sans blaguer. – J'ai entendu, madame de Montchalin, dire que l'instabilité économique générée par l'instabilité politique et la hausse des taux, ça avait coûté beaucoup plus que ça. Elle parle de 11 milliards d'euros, etc. – D'accord.

22:34
Invité

– Combien va vous coûter la dissolution ? Combien va vous coûter l'instabilité qui est créée elle-même par ce gouvernement ? On est à 15 milliards sur la dissolution. – Permettez-moi de m'intéresser d'abord aux chiffres. – Mais moi, je m'intéresse aux chiffres aussi. Vous savez très bien, moi, ce discours qui consiste… On a tous couvert, Hubert, vous étiez journaliste, et moi aussi à l'époque. L'effondrement de la Grèce, nous savons ce que c'est la Grèce. J'en ai assez qu'on nous brandisse les ventailles de la Grèce.

22:58
Présentateur

– Oui, oui, oui, mais la Grèce, elle a subi une purge économique. – Ça n'existe pas. – Elle a retrouvé, grâce effectivement aux efforts qui ont été concentrés… – Hubert, ça n'existe pas à la Grèce. – Très douloureuse, elle a fait des efforts économiques qui l'ont remis sur le chemin de la croissance. Et nous avons aujourd'hui, dans ce pays, un problème de ré-engineering de l'État, de redéploiement des masses budgétaires. C'est un pays où on gaspille énormément. – Bien sûr, la Couricomne vous le dit. – Et donc, il y a un vrai problème économique. Et moi, je ne suis pas pour taper sur le chef de l'État, parce que je trouve ça un peu médiocre, en fin de mandat, de vouloir à tout prix…

– Vous n'êtes pas pour taper un peu dans la poche des gens qui ont plus de 100 millions de patrimoine,

23:35
Invité

plutôt que dans la politique qui gagne 1 600 euros par mois.

23:39
Présentateur

– Je suis persuadé qu'il y a des économies à faire dans certains domaines, il faut préciser lesquelles. Et ça devrait être aussi notre préoccupation majeure, de se dire, le navire prend l'eau, puisqu'il est trop endetté. On parle maintenant des collectivités locales, on dit qu'il y a des économies, je crois qu'il y a 7,5 milliards d'économies à faire sur une réforme de la décentralisation. – Non mais Hubert, ils sont déjà à l'os. – Non, non, c'est ce que j'ai entendu.

24:02
Invité

– Les mairies sont à l'os, les conseils régionaux sont à l'os.

24:05
Présentateur

– Donc, si vous voulez, soyons concrets et pragmatiques.

24:06
Invité

– Moi, je suis concrète et pragmatique, et je vous dis juste une chose, qu'on l'appelle Zuckman ou qu'on ne l'appelle pas Zuckman, ce n'est pas le sujet. Il y a un moment donné, il faut partager. Il y a un moment donné, le vrai patriotisme, quand je cogne un peu le patron des patrons, c'est parce que son discours est uniquement négatif, son discours est totalement apocalyptique. J'en ai marre d'entendre Marc Ferracci, que je vois encore ce matin, qui dit, oh là là, les marchés, écoutez, ça fait 8 ans que les marchés…

24:30
Présentateur

– Et l'inquiétude de nos voisins européens, ça vous paraît… – L'inquiétude de nos voisins européens… – L'inquiétude de l'Allemagne, tout ça, ça vous paraît dérisoire ? – Et moi, on ne peut pas être inquiet pour l'Allemagne,

24:38
Invité

l'Allemagne, pour la première fois, Volkswagen ferme des usines en Allemagne, donc vous pensez que nous, on ne pourrait pas être inquiet.

24:43
Présentateur

– Ils ont la moitié de notre déficit. – Ils ont encore quelques marges de manœuvre.

24:46
Invité

– D'accord, nous aussi, nous avons la marge de manœuvre. Nous avons 6 000 milliards d'épargne, par exemple, des Français dans les Badelaines.

24:51
Présentateur

– Ils ne vont pas nous les donner du jour à l'heure de mort.

24:53
Invité

– Nous avons des possessions dans le monde entier et la signature de la France reste en tant que crédible. Est-ce qu'on pourrait aller à l'os et dire les choses telles qu'elles sont ? Nous ne sommes pas la Grèce, nous avons de la ressource. Donc, demander à des gens ou les 1 800 familles qui ont plus de 100 millions de patrimoine de contribuer à l'effort collectif, est-ce que ça vous paraît ? Est-ce qu'il y a de quoi grimper au cintre derrière les caméras ? Sérieusement, n'importe quelle personne normalement constituée peut l'entendre.

25:22
Présentateur

– Bien sûr, mais c'est un discours assez facile. Il faudrait être capable aussi de voir quels sont les réels problèmes et là où on peut faire des économies pour remettre l'économie sur les rails, justement.

25:32
Invité

– Je suis d'accord, vous avez des conseillers d'accord.

25:33
Présentateur

– Et donc, dans le budget à venir, je ne vois pas effectivement où on va faire des économies. C'est plutôt mal parti par rapport à ce qu'avait prévu l'ancien Premier ministre François Bayer. – C'est très bien, mais c'est très bien. Censure ou pas censure ? Le Rassemblement national a acté que quoi que dise cet après-midi, Sébastien Lecornu, il censurait et il cible également le Parti socialiste. On écoute le premier vice-président du parti, Louis Alliot, il était ce matin sur France 2.

25:59
Invité

– On remarquera une fois de plus

26:02
Présentateur

la manœuvre des socialistes avec le gouvernement sortant, comme il l'avait fait d'ailleurs auparavant, en négociant une suspension qui ne veut rien dire, qui ne veut strictement rien dire dans les faits. Et qui va très certainement pénaliser la politique d'ensemble,

26:16
Invité

puisque si vous faites cette suspension-là, ça veut dire que le Parti socialiste a obtenu d'autres avantages,

26:24
Présentateur

et on verra bien lesquels, et très certainement, ça voudra dire moins de sécurité, moins de politique sur l'immigration.

26:29
Invité

– Ils sont embêtés le RN, ils sont très embêtés. – En tout cas, ils sauvent le PS, en disant qu'ils sauvent Emmanuel Macron.

26:35
Présentateur

– Ils sont embêtés.

26:36
Invité

– Si, si, moi je pense qu'ils sont très ennuyés, parce qu'ils veulent la dissolution, évidemment, ils la veulent parce que ce seront les grands triomphateurs de la dissolution, et ils sont très ennuyés, parce que, effectivement, si la suspension de la réforme des retraites peut éviter cette censure-là, et peut justement permettre la stabilisation, la stabilisation, même momentanée, je suis d'accord avec Hubert, il faut que ça soit un truc un peu dans le temps, et le vrai débat parlementaire qui s'engage sur l'ensemble du budget, eh bien, le RN est encore repoussé. Repoussé, c'est pas repoussé, c'est-à-dire qu'il est battu.

27:12
Présentateur

– Oui, non, mais il y a beaucoup de postures et de faux-semblants dans cette affaire.

À mon avis, le seul parti qui est vraiment embêté, ce sont les Républicains, puisqu'effectivement, sans accabler Bruno Retailleau, il a plutôt mal joué, il s'était constitué un capital de sympathie, il était sur une trajectoire présidentielle, et là, alors je ne sais pas si ce sont les mal-oeuvres de Laurent Wauquiez ou simplement son impulsivité, le fait qu'il a hésité, au moment de quitter le gouvernement, tout le monde lui disait qu'il fallait qu'il parte, au moment de l'Algérie, puisqu'il avait été ravalé à un rang subalterne et que le dossier avait été refilé au Quai d'Orsay, il a hésité, et puis là, peut-être que tout d'un coup, il s'est dit, bon, allez, maintenant, je ne peux plus…

Et ça s'est retourné contre lui, parce que les députés ne veulent pas être censurés. Mais le problème, à mon avis, pour le Rassemblement national, c'est que, et le PS d'ailleurs est dans une situation aussi assez confortable, c'est que le Rassemblement national, il engrange, et que finalement, il réclame la dissolution, et ça, ça ne peut pas lui être reproché, parce que finalement, il dit, le président de la République est dans une impasse, on ne va pas nommer six premiers ministres d'affilée, donc c'est le cornu ou rien, maintenant.

Donc le Rassemblement national, on sait quand même que, même si beaucoup de gens, pour éviter la dissolution, disent, on va se retrouver dans une assemblée aussi instable, le Rassemblement national risque d'avoir une majorité, sinon absolue, du moins relative. Et donc, pour éviter ça, on empêche la dissolution, qui peut être quand même, qui est une arme normale de gestion des impasses politiques. Et en fait, le Rassemblement national, il laisse les socialistes se débrouiller avec le problème des retraites, et finalement, ça marche vers le pouvoir, pareil, inéluctable, et ce n'est pas un véritable obstacle pour lui que la dissolution n'ait pas lieu, même s'il dit le contraire.

28:54
Invité

– Oui, l'obstacle, moi je suis d'accord avec ce que dit Hubert, mais j'irai un peu plus loin, non pas que vous ayez un raisonnement à courte vue, mais si je vais plus loin, dans la bataille parlementaire que nous connaissons, les batailles parlementaires, supposément, elles n'intéressent pas les gens, mais quand elles sont idéologiques, elles deviennent homériques, et ça donne véritablement le vrai débat d'opinion.

Vous savez, le Rassemblement national, j'aime bien, j'entends, ce n'est pas la joueur rouette qui tourne, c'est le vent, j'aime entendre Louis Alliot faire vader rétro-satanas sur les retraites, ça va être très intéressant, ça serait très intéressant s'il n'y avait pas de censure budgétaire 149.3, ça va être très intéressant de voir le changement de pied du Rassemblement national, supposément social, sur la réforme des retraites, ça va être très intéressant de voir la position du Rassemblement national, supposément social, sur la taxe Zuckman, avec un Jordan Bardella qui a complètement bifurqué, qui maintenant s'est vendu complètement au CAC 40 sans aucun problème, ça va être intéressant, c'est pour ça que...

29:50
Présentateur

Oui, mais vous avez complètement raison, le programme économique du Rassemblement national est en train d'évoluer à une vitesse grand V, de même qu'il a évolué sur le flexi, sur l'assenté de l'euro, etc. Mais vous souvenez, le Rassemblement national, aujourd'hui, il est un peu dans la situation du RPR à la grande époque, et en fait, vous avez vu la main tendue de Jordan Bardella aux Républicains, c'est un drame, aujourd'hui, la droite traditionnelle, la droite classique est en train de mourir, puisqu'on sait très bien que s'il y avait une dissolution, vous en avez la moitié qui partirait du côté du Rassemblement national. – Bien sûr, bien sûr.

– Et donc, aujourd'hui, le RN, il engrange, il est en train d'ajuster sa doctrine économique, parce qu'effectivement, c'est ce côté social-étatiste qui bloque encore, et que Jordan Bardella a commencé à y brécher.

30:36
Invité

– C'est pour ça que, moi, je pense que c'est très important qu'il y ait le débat parlementaire, parce que les débats parlementaires, si on est dans cette dimension-là, vont être des débats nationaux et idéologiques, et je pense que, ça, c'est mon point de vue, parce que je suis une éditorialiste engagée, tout le monde le sait à Gaulle, je pense que c'est très important dans le débat parlementaire de démasquer le Rassemblement national. Où est votre politique sociale ? – Non, non, mais c'est très…

30:59
Présentateur

– Mais vous pourrez toujours démasquer ce que vous voulez. – Je ne pense pas à la marche… – Jacques Chirac, lui-même, a beaucoup évolué pendant sa carrière. – Mais oui, mais moi,

31:07
Invité

je ne pense pas à la marche triomphale du RN, vous savez, on l'arrêtera.

31:10
Présentateur

– Ce n'est pas une question de marche triomphale, c'est que vous avez beaucoup de gens qui disent, aujourd'hui, il ne faut pas non plus masquer les yeux. On ne les a pas essayés. c'est le pouvoir, donc… – Alors, il n'y a pas encore une majorité, mais… – Nous verrons bien. – La marée monte, hein.

31:26
Invité

– Vous savez, la marée monte, je suis d'accord, le Breton que vous êtes, j'apprécie. Comme disait Karl Rhoff, qui était le mauvais gémini Georges Bush, un génie de la com' politique, il disait, la majorité, c'est 50% plus une voix. Et en réalité, pour le moment, les 50% plus une voix, Marine Le Pen, ni Jordan Ballet, n'y arrivent. Et comptez sur tout le monde pour qu'il n'y arrive jamais.

31:45
Présentateur

– Et on va écouter la gauche, Fabien Roussel, le patron du Parti communiste qui, lui, prend plutôt la responsabilité d'Emmanuel Macron, il était ce matin sur TF1.

31:53
Invité

– Il le sait, Sébastien Lecornus, ce que nous demandons. Nous demandons l'abrogation de la réforme de retraite ou la suspension de la réforme de retraite, une suspension réelle. Si nous n'avons pas ça et qu'il faut repasser par les urnes, par une dissolution de l'Assemblée nationale, allons-y. Il y a un tel ras-le-bol dans le pays que les Français, là, ils demandent la tête d'Emmanuel Macron sur des pics, comme en 1789. C'est ça, ce qu'on entend. Et donc, il faut passer par les urnes, je préfère passer par les urnes que par les pics. – Moi, je voudrais rester calme, j'aime bien le sens de la formule de Fabien Roussel, mais il ne faut pas non plus exagérer l'état du pays, de la haine.

Vous avez tous les députés qui, pour justifier le fait qu'ils vont s'assurer, vous expliquent que c'est la haine.

32:36
Présentateur

– Non, mais tout le monde met de l'huile sur le feu en ce moment.

32:38
Invité

– Tout le monde devrait descendre de l'échelle des perroquets. On se calme, on n'en est pas dans une cour.

32:46
Présentateur

– Et surtout, il y a quand même une telle focalisation sur le chef de l'État que si ça ne passe pas cette semaine avec Sébastien Lebrun, la dissolution, c'est pour lui le seul moyen de retrouver de l'air.

32:57
Invité

– Je suis d'accord avec ce que vous dites, je dis simplement que cette espèce de folie générale, je regardais l'autre soir les plateaux pour commenter, pour remarquer, j'étais le lendemain aussi en plateau, pour commenter l'ensemble du gouvernement, enfin, c'était vraiment des trucs de post-adolescents, arrêtez-vous, tout le monde redescend, parce qu'on est dans notre bocal, là, vous pensez qu'on est la France normale, là, non, pas du tout, on n'est pas là, on est dans notre bocal, mais les Français qui regardent ça se disent mais vous nous cassez les oreilles en fait, en réalité, le Fabien Roussel, la tête au bout d'une pique, mais enfin, ce n'est pas sérieux, il y a toujours eu d'ailleurs, depuis que nous faisons la politique…

– L'inconscient révolutionnaire, est toujours là. – Oui, il y a toujours eu, moi j'ai vu Mitterrand pendu dans des manifs, j'ai vu Sarkozy avec sa marionnette, j'ai vu Hollande, n'en parlons pas, enfin…

33:39
Présentateur

– Tout va bien, arrêtons de paniquer, la France est éternelle et s'en sortira toujours. – Mais je le pense vraiment,

33:47
Invité

pardonnez-moi de vous le dire, je le pense vraiment, je pense que les ressorts de ce pays sont bien plus puissants que les agitations de plateau et je pense que déjà, en plus, les Français sont moins débiles et sont plus intelligents que les gens qui les gouvernent ou prétendent les gouverner. – Ils sont pragmatiques. – Tout le monde voit les postures, moi je veux bien, parce que Fabien Roussel, il fait son cinéma…

– Non mais il ne pèse pas Fabien Roussel, c'est son cinéma comme Marine Tondelier, nous censurons, nous censurons, ok, j'attends de voir, tiens, cet après-midi, si Sébastien Lecornu annonce la suspension pure et somme d'un réforme des retraites, comment Marine Tondelier va faire son rétro-pédalage pour expliquer que, à son électorat, que le truc pour lequel la gauche se bat depuis deux ans avec des millions de gens dans la rue, la gauche l'obtient avec Lecornu et que finalement, bon, on censure, on se tire une balle dans le pied. Vous comprenez ce que je veux dire ? Je pense que ce qui est sanctionné toujours en politique, Hubert et Oriane, c'est ma conviction depuis que je cours…

– La cohérence. – Voilà,

34:43
Présentateur

c'est la cohérence. – De toute façon, la balle est dans le camp clairement des socialistes aujourd'hui, c'est eux qui sont…

34:48
Invité

– Non, dans le camp de Sébastien Lecornu, il faut juste qu'ils disent le mot magique, s'il ne le dit pas, c'est ciao.

34:53
Présentateur

– Et qu'ils s'affranchissent donc du chef de l'État. – Et on suivra ça à 15h, sur notre antenne, à suivre en direct c'est un tout autre sujet, un peu de légèreté, on redescend de l'échelle des perroquets, Françoise.

35:08
Invité

C'est bientôt Noël. – Moi-même, je suis montée ce matin, excusez-moi.

35:12
Présentateur

– C'est bientôt Noël ou presque. Mais les préparatifs ont déjà commencé, notamment à Aubagne, la capitale du…

35:17
Invité

– Des centons. – Bravo, Françoise. – Et des 13 desserts de Noël.

35:22
Présentateur

– Alors, Philippe Riche, il est centonnier dans la ville des Bouches-du-Rhône, il a voulu rendre hommage à l'acteur Michel Blanc qui est décédé il y a un an, il a donc créé un centon à son effigie, on va le regarder. – Génial. – Et c'est Jean-Claude Duce, évidemment, dans les bronzés fondus qui, alors tout y est, vous le voyez, dans ce centon provençal, façonné et peint la main, je précise, la norac, la combi orange, le fameux planté de bâton, les lunettes de ski.

35:44
Invité

– L'étoile des neiges.

35:45
Présentateur

– La totale, un centon de 7 cm en argile, 300 exemplaires qui seront mis en vente dès dimanche à l'atelier des centons Flore à Aubagne. 17 euros le centon, si jamais vous voulez vous le procurer. – La formule de Jean-Claude Duce peut tout à fait s'appliquer à la politique française sur un malentendu, ça peut marcher. – C'est très bon. – On est dans les postures. – Attends, il y a un truc pour vous, Françoise. – On ne ferait pas un petit centon de le cornu, là, déjà, d'ores et d'ores. – Alors, il n'y a pas encore le cornu, mais il y a un autre centon qui est prêt, c'est le centon pour les fans de l'OM, Françoise. Le centon Jean-Pierre Papin. – Ah, oui,

36:19
Invité

ah, mais c'est oui, mais oui, mais oui. – Qui prendra le centon Jean-Pierre Papin, nous. – Ben oui, je prends le Papin.

36:23
Présentateur

– Qui a donné son accord pour être centonisé, je le prétis. – Ben, dis-moi plus, plutôt, non ? – Ben, ils ont fait Jean-Pierre Papin, mais c'est sympa aussi, Jean-Pierre Papin. – Oui, bien sûr. – Merci beaucoup. – Merci à vous. – Merci à tous les deux. Merci, Hubert, merci, Françoise. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée.

36:43
Invité

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