8h30 franceinfo du dimanche 04 octobre 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a décidé à sortir de vos lycées, à organiser les blocus ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes surprise par la rapidité et l'ampleur de ce mouvement ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous-même vous avez été surpris par cette violence ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Quel est votre regard de proviseur sur ces mobilisations et ces affrontements ?
- 4:45RelanceRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression que les forces de l'ordre n'agissent pas toujours suffisamment avec retenue ?
- 8:04OuverteRéponse directe
On va parler des revendications, de savoir si vous êtes écouté ou pas suffisamment.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06InvitéFait
« Nos camarades et nous, les lycéens, on est profondément déçus par les politiques d'éducation mises en place ces dernières années. »
- 1:16InvitéFait
« C'est un ras-le-bol, je pense. Et à Créteil, principalement, c'est parce qu'on est arrivé dans un établissement où il manquait des professeurs, des personnels de l'administration, des AED, une infirmière scolaire. »
- 2:08PrésentateurChiffre
« Le ministre de l'Éducation a dit que 40 proviseurs avaient été blessés. »
- 3:28InvitéChiffre
« Bien sûr, bien sûr. Alors, justement, sur la répression, beaucoup d'interpellations. Donc, près de 5000 interpellations en une semaine, c'est considérable. »
- 3:45InvitéPromesse
« La fin de parcours suple, l'ouverture de places dans l'enseignement supérieur, la création de postes d'enseignants. »
- 3:54InvitéChiffre
« Et le gouvernement, déjà, le matin même de notre... Enfin, la veille de notre arrivée au ministère, supprime dans le projet de loi de finances 1588 postes d'enseignants. »
- 4:19InvitéFait
« il y a un véritable étouffement, puisque en interdisant les cours en présentiel dans ces établissements, on empêche aussi aux élèves de se réunir pour faire des votes et se mobiliser. »
- 5:04InvitéFait
« On a vu des établissements incendiés. »
- 5:10InvitéFait
« Ce qu'on avait rarement vu aussi, c'est ces tirs de mortiers. »
- 5:43InvitéFait
« Et aujourd'hui, quand on a des policiers qui font des tirs à bout portant, au LBD, aux grenades lacrymogènes, dans la tête de certains lycéens, les lycéens ne se sentent pas protégés. »
- 9:04InvitéChiffre
« il manque, plus de 10% des heures de cours ne sont pas assurées sur le territoire national. »
- 9:17InvitéChiffre
« il a prévu la suppression de 1 580 postes. »
- 9:41PrésentateurChiffre
« 15,4 millions d'heures de cours non assurées par an dans les collèges et lycées, c'est un chiffre qui donne le vertige. »
- 11:01InvitéChiffre
« En France, en 2011, à peu près 27 élèves par classe à aujourd'hui plus de 30. »
Temps de parole
- Invité37 %
- Invité 228 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 29 %
- ?4 %
≈ 13,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Philemon Jouglet Marcus, vous avez 16 ans, vous êtes l'un des visages de cette mobilisation lycéenne avec votre syndicat l'USL, l'Union Syndicale Lycéenne. Bonjour Carole Zerbib, vous êtes-vous proviseur d'un lycée parisien et membre du syndicat SNPDEN, UNESA, le principal syndicat des chefs d'établissement. On a voulu vous réunir aujourd'hui tous les deux, un lycéen, une proviseur, pour évoquer les enjeux de la mobilisation du moment, à la veille aussi d'une semaine cruciale avec cette manifestation annoncée mardi. D'abord Philemon Jouglet Marcus, vous êtes le représentant à Paris de votre syndicat. Qu'est-ce qui vous a décidé à sortir de vos lycées, à organiser les blocus
?
Écoutez, évidemment tout est parti de Créteil, mais c'est parti quand même plus généralement d'un constat des investissements dans l'éducation nationale. Nos camarades et nous, les lycéens, on est profondément déçus par les politiques d'éducation mises en place ces dernières années. Voilà, avec une baisse du nombre de professeurs, une baisse d'investissement dans les bâtis. Et donc nous, il arrive assez régulièrement que des lycéens n'aient pas de professeurs devant eux. Mais qu'est-ce qui a allumé la mèche à Créteil
?
Écoutez, c'est un ras-le-bol, je pense. Et à Créteil, principalement, c'est parce qu'on est arrivé dans un établissement où il manquait des professeurs, des personnels de l'administration, des AED, une infirmière scolaire. C'est un manque de personnel qu'il faut combler.
Carole Zerbib, vous êtes professeure dans un lycée parisien. Vous avez aussi travaillé pendant longtemps en Seine-Saint-Denis, qui est un des foyers principaux de la contestation. Est-ce que vous êtes surprise par la rapidité et l'ampleur de ce mouvement
?
Alors,
la rapidité et la violence du mouvement, c'est ce qui nous a énormément surpris. Parce que très vite, tout est monté très fort. Et la violence, en fait, s'est exprimée très vite et de façon, pour
nous, complètement inédite. C'est une violence que vous n'aviez jamais constatée, en particulier contre les proviseurs. C'est ce qui est apparu. Le ministre de l'Éducation a dit que 40 proviseurs avaient été blessés. Tout à fait. Voilà,
c
'est ça qui nous surprend beaucoup. C'est que, bien sûr, il peut y avoir des revendications lycéennes, des lycéens qu'on doit entendre. Mais ce qui n'est pas admissible, c'est que des personnels soient ciblés. Des chefs d'établissement, mais aussi des enseignants.
C
'est-à-dire que cette contestation ou ces revendications ne doivent pas être le prétexte pour régler des comptes avec des personnels.
Et ça, vous avez pu le dire, justement, aux représentants syndicaux comme Philemon
?
Je lui dis. Vous
l'entendez ?
Je
l'entends, mais en fait, à partir du moment où les revendications, c'est d'avoir des personnels,
d
'avoir des établissements salubres, évidemment que la destruction des biens et l'attaque aux personnes de l'éducation nationale, avec qui nous faisons front commun, d'ailleurs. Mardi, la mobilisation que nous annonçons, nous la faisons en commun avec nos professeurs.
Et filément, la question, c'est est-ce que vous-même vous avez été surpris par cette violence ? Est-ce que vous-même vous avez été dépassé
?
Écoutez, non, malheureusement. Mais en fait, l'ampleur de ce mouvement est telle. C'est des mouvements qui, par leur nature, sont dangereux dans le sens où il n'y
a
pas de service d'ordre, où ce ne sont pas des mouvements traditionnels. Donc, même, je m'étonne même de la faible proportion des violences par rapport au nombre ahurissant.
Il y a quand même eu des actes contre des enseignants,
contre des policiers. 300 policiers, gendarmes blessés, 5000
interpellations. Bien sûr, bien sûr. Alors, justement, sur la répression, beaucoup d'interpellations. Donc, près de 5000 interpellations en une semaine, c'est considérable. Et en fait, il
y
a vraiment la volonté de ne pas nous écouter. Donc, le gouvernement ne veut pas écouter les revendications. Nous, on est allé voir le ministre avec nos revendications qui sont claires. La fin de parcours suple, l'ouverture de places dans l'enseignement supérieur, la création de postes d'enseignants. Et le gouvernement, déjà, le matin même de notre... Enfin, la veille de notre arrivée au ministère, supprime dans le projet de loi de finances 1588 postes d'enseignants.
Et,
malgré toutes ces revendications, et malgré tous ces mouvements, fait tout pour l'étouffer, justement, ces mouvements. Vous parlez d
'étouffement, justement. Il y avait 400 lycées contraints de fermer leurs portes vendredi. Vous savez s'ils seront plus nombreux à partir de demain, à partir de lundi, où il y a un véritable étouffement ? Écoutez,
il y a un véritable étouffement, puisque en interdisant les cours en présentiel dans ces établissements, on empêche aussi aux élèves de se réunir pour faire des votes et se mobiliser.
Carole
Zerbib, quel est votre regard de proviseur sur ces mobilisations et ces affrontements ? On va parler aussi des revendications, évidemment. Mais est-ce que vous avez l'impression que les forces de l'ordre n'agissent pas toujours suffisamment avec retenue ? Quel est, vous, votre constat sur le terrain de ce qui se passe devant les établissements scolaires ?
Ce
qui se passe devant les établissements scolaires, c'est quand même... Nous, ce qu'on retient, c'est qu
'il
y a eu cette semaine énormément de violences qui ont mis en difficulté les chefs d'établissement et les personnels des établissements. Il y a eu énormément de dégradations d'établissements. On a vu des établissements incendiés. Ce qu'on avait rarement vu aussi, c'est ces tirs de mortiers. C'était quand même des phénomènes qui arrivaient rarement. Là, on voit qu
'il y a
une sorte de généralisation des tirs de mortiers et des tirs de mortiers qui peuvent être aussi dirigés vers des personnels. Cette violence qui fait que, forcément, un chef d'établissement, quand il se retrouve avec ça devant son établissement, il appelle les forces de l'ordre. C'est normal. La police est là pour protéger les biens et les personnels. Donc, nous, on
peut bien sûr appeler la police.
Et aussi
les lycéennes et
les lycéens.
Ce que je
voulais dire aussi,
c
'est qu'à
partir du livre... Allez
-y, Philippe. La police se doit aussi de défendre les lycéennes et les lycéens. Et aujourd'hui, quand on a des policiers qui font des tirs à bout portant, au LBD, aux grenades lacrymogènes, dans la tête de certains lycéens, les lycéens ne se sentent pas protégés. Et c'est ce qui explique aussi les réactions des lycéennes et des lycéens face à la police. Voilà. Par
les herbibles, sur ce point, vous étiez en train de vous exprimer. Vous avez pu constater...
Non, moi, je voulais
dire que sur la trentaine d'établissements qui ont été fermés dans l'Académie de Paris, c'est bien parce qu'il y avait des violences et des débordements très importants qui font que le rectorat de Paris, enfin les chefs d'établissement, ont pris la décision de suspendre les cours dans leurs établissements. Pour une sécurité. Et vous, Philippe, vous dites que c'est
pour un peu casser
le mouvement. Oui, mais il y a vraiment une
instrumentalisation de la violence de la part du gouvernement. C'est-à-dire que, oui, il y a une violence, mais une violence ultra minoritaire. Et aujourd'hui, si les revendications ne sont pas écoutées, c'est parce que le gouvernement instrumentalise cette violence, fait fermer des établissements, dont certains qui avaient fait des mouvements pacifiques. Donc, vraiment, il
y
a une volonté de ne pas nous écouter. Il y
a
des interdictions quand même de préfectoraux de manifestations et de rassemblements aux abords de certains établissements.
D
'ailleurs, mon syndicat et l'Union étudiante... Ceux qui sont fermés.
Ceux
qui sont fermés. Mais nous, nous avons donc là fait un recours près du tribunal administratif de Montreuil pour faire sauter l'arrêté préfectoral en Seine-Saint-Denis qui interdisait les manifestations. Parce qu'il était interdit, d'ailleurs.
Je vous
vois réagir, Carole Zerbib. On ne peut pas laisser détruire des établissements scolaires.
D
'autant plus que la revendication lycéenne, c'est davantage de moyens et des établissements, un bâti scolaire qui soit mieux pour les élèves. Or là, l'argent qui était peut-être destiné à la rénovation du bâti scolaire, il va servir à la réparation de tout ce qui est en train d'être détruit. On ne
peut
pas laisser faire ça. Je crois que là, ce qu'on doit dire aux jeunes, on peut entendre vos revendications. Elles sont légitimes. Elles peuvent être légitimes. Mais il faut absolument cesser les violences devant les établissements.
C'est le message pour la semaine prochaine
?
Ben oui.
Il faut que ça cesse. C'est aussi votre message, Philemon ? Un appel au calme ? Et après, on
va aller sur les revendications. Un appel à la
prudence surtout. Mais la vérité, c'est que nos revendications ne sont pas entendues. Là, il
y
a une enquête d'antenne qui est sortie. Sur France 2, sur tout le temps d'antenne alloué aux mobilisations lycéennes, il
y
a 75% sur les violences, 8% sur les revendications.
Alors
justement, Philemon, on va parler des revendications, de savoir si vous êtes écouté ou pas suffisamment. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geoffrey, a reçu des organisations lycéennes vendredi dernier, dont la vôtre, votre syndicat. On l'écoute. Il a avancé des premières pistes.
Dès
le début de la semaine prochaine,
on
va lancer un plan d'action avec l'ensemble des recteurs, que je vais voir d'ailleurs à cette fin,
de
manière à ce que les remplacements puissent être sensiblement accélérés
et
qu
'ils
soient évidemment priorisés sur les classes à examen pour que nos élèves ne soient pas pénalisés pendant les années où ils se préparent aux examens et a fortiori avec la perspective derrière de la poursuite du tour supérieur ou de
l
'insertion professionnelle.
Alors les professeurs absents, ça fait partie des gros problèmes et des revendications portées dans votre mouvement Philemon. Est-ce que vous avez le sentiment avec cette déclaration du ministre que vous avez déjà gagné une première victoire
? Eh bien non, parce qu'en fait, déjà, c'est une réaction purement opportuniste à ce qu'il se passe. Et c'est une réponse qui ne sera pas efficace parce que là,
il
manque, plus de 10% des heures de cours ne sont pas assurées sur le territoire national. ce n
'est
pas en trois semaines qu'il va embaucher des profs. Et d'ailleurs, ce n
'est
pas la volonté puisque dans le projet de loi de finances déposé jeudi, alors que la mobilisation était déjà présente depuis plusieurs jours, il a prévu la suppression de 1 580
postes. Alors,
ce que dit le ministre de l'éducation, c'est aussi qu'il y
a
une baisse démographique et que donc, la baisse aurait pu être plus importante du nombre de professeurs. Votre regard là-dessus, Carole Zerbib, vous êtes proviseur. j'imagine que pour vous,
c
'est un casse-tête incessant de pouvoir mettre des professeurs devant les élèves. 15,4 millions d'heures de cours non assurées par an dans les collèges et lycées, c'est un chiffre qui donne le vertige.
Oui,
il
y
a les heures de cours non assurées en raison de l'absence de certains enseignants, soit pour maladie, soit parce qu'ils sont en formation, mais il y a aussi des heures de cours non assurées parce que des enseignants ne sont pas présents dès la rentrée dans les établissements scolaires. C'est ce que nous avions dénoncé lors de notre conférence de rentrée. Le SNP2N UNESA avait constaté qu'il y avait un manque d'enseignants dans de nombreux établissements. Là-dessus, vous vous rejoignez,
lycéens et proviseurs.
Et même, nous on dit, l'intitulé de notre conférence de rentrée,
c
'était comment faire avec rien. Et moi, je vais reprendre cette phrase de Shakespeare, de rien, rien ne peut venir. C'est-à-dire qu'à un moment, quand on nous demande plus et qu'on ne donne rien, eh bien, il
n
'y a rien. Et effectivement, là, à force de tirer sur la corde,
eh
bien, cette corde craque et on est là, en plein, dans ce que revendiquent les lycéens. Donc, il y a un manque d'enseignants. Il y a aussi une baisse des dotations. Sur la baisse démographique, effectivement, il y a une baisse démographique, mais on aurait pu ne pas supprimer les moyens et les répartir différemment. Ça, ce sont des choix qui sont faits. Philippe, je vois réagir. Parce que, justement, nous, on a un problème aujourd'hui de démographie dans les classes, c'est
-à
-dire des classes surchargées. On est passé, en moyenne, en France, en 2011, à peu près 27 élèves par classe à aujourd'hui plus de 30. Donc, c'est une augmentation qui est considérable. Et donc, nous,
ce
qu
'on
dit, c'est que cette baisse démographique, elle doit surtout profiter aux élèves pour faire diminuer les effectifs par classe. Et ensuite, par rapport à la suppression de postes qui serait, soi-disant, liée à la baisse démographique, aujourd'hui, on n'a pas fini d'être dans le pic démographique des établissements scolaires. Et d'ailleurs, on voit, on constate qu'on a un manque de professeurs. Donc, on ne
peut
pas dire d'un côté, oui, il manque des professeurs et de l'autre, ah ben non, tout va bien, il y
a
une baisse démographique.
Il
est aussi beaucoup question dans ce mouvement du bâti. On en parle énormément des conditions de travail, des professeurs comme des lycéens d'ailleurs. Sur ce point-là, vous n'avez pas obtenu de réponse suffisamment concrète d'après ce qu'on comprend non plus.
Non, on n'a pas eu de réponse concrète. Nous, ce qu'on veut, ce qu'on demande, c'est une rénovation thermique et écologique des bâtiments parce que c'est inadmissible que des élèves suivent des cours dans des salles où il fait 10 degrés parce qu
'il
n
'y a
pas de chauffage et qu'ils
passent
leurs examens dans des salles où il fait 45 degrés. C'est impossible. Et vous demandez quoi alors ? Nous, ce qu
'on
demande, c'est une rénovation générale et l'augmentation des dotations régionales pour que des rénovations puissent avoir lieu. C
'est
intéressant parce que Carole Zerbib, je vous vois au chiffre, vous êtes tout à
fait d'accord avec
ces revendications. Bien sûr, sur le bâti scolaire, on est tout à fait d'accord et nous l'avons aussi au SNP de NUNSA revendiqué et dénoncé, notamment suite aux épisodes de Calicule qui se sont
succédés.
Ce qui est compliqué à vous entendre tous les deux, c'est que les revendications, les réponses que le gouvernement pourrait apporter, c'est du long terme. Comment faire pour vous répondre tout de suite ? Finément, qu'est-ce qui pourrait vous faire lever les blocus
? Évidemment qu'il y
a
une idée de long terme mais il y a aussi une idée de... On ne nous écoute pas.
Le
projet de loi de finances a été déposé jeudi, les mobilisations avaient lieu depuis la semaine précédente
et
dans ce projet, on ne nous écoute pas. Donc comment on peut se sentir écouté derrière ? On vous a dit, il
y a
une plateforme de concertation. Oui, une plateforme de concertation, c'est comme les numéros verts pour la canicule. En réalité, on ne fait rien. donc moi, en tout cas, merci Carole Zerbib et l'UNSA de nous suivre sur les revendications. D'ailleurs, si vous nous suivez, vraiment, nous vous
invitons
à rejoindre
le mouvement intersyndical de Marguerite.
Sur ce point, Carole Zerbib, je vous ai entendu dire aussi votre inquiétude parce que là, les lycéens, ils ne sont pas contre une réforme en particulier, c'est plusieurs revendications. Comment on répond à ça ?
Oui, il y a d'ailleurs même des revendications de fond sur l'organisation même de notre système scolaire. Quand les élèves disent on ne veut plus avoir cours de 8 heures à 18 heures, eh bien, moi, je leur explique, j'ai pu en discuter avec mes élèves dans l'établissement, je leur ai dit quand on doit mettre dans un emploi du temps entre 30 et 35 heures de cours dans la semaine, forcément, l'amplitude horaire, elle est de 8 heures à 18 heures. Maintenant, si on décidait que les élèves n'avaient que 20 heures de cours dans la semaine, effectivement, ils auraient des heures, ils auraient un emploi du temps moins chargé.
Mais ça, c'est une réforme de fond et c'est une réflexion sur tout notre système éducatif et ça, Philémon, ce n
'est
pas pour demain.
D'ailleurs,
sur ce sujet-là, il y a beaucoup d'incompréhension.
On
entend beaucoup de Français dire mais qu'est-ce que c'est que ces lycéens qui se plaignent d'avoir cours de 8 heures à 17 heures 30 ? on faisait
comment ? En fait, quand on a cours de 8 heures à 17 heures 30, les heures d'enseignement ne sont pas efficaces puisqu'on perd en concentration au fur et à mesure de la journée et au fur et à mesure que la fatigue progresse dans l'esprit des lycéens. On parle vraiment d'aliénation quand même parce que quand vous avez des
lycéens...
Aliénation, le terme est
fort. Oui, le terme est fort, bien
sûr, mais quand vous avez des lycéens qui se lèvent à 6 heures qui prennent le bus à 7 heures pour arriver en cours à 8 heures parce qu'ils habitent loin de leurs établissements, je pense surtout aux lycées professionnels qui ne sont pas sectorisés
et
qui rentrent le soir à 20 heures chez eux, oui, ils n
'ont
pas le temps de penser à autre chose. Mais ça a toujours existé, ça, Philémon, on joue les marcus.
Oui,
mais alors on a le droit de le remettre en question sinon on
n
'avance jamais.
Vous ne vous
êtes pas assez mobilisés.
Je
vous le dis parce que c'est un discours qu'on entend et j'imagine qu'il
y a
des auditeurs aujourd'hui qui sont en train de se dire ça aussi. Oui, oui, et puis d'ailleurs c
'est en cela aussi que notre lutte rejoint la lutte des autres, des travailleurs et des travailleurs et c'est pour ça que nous appelons à une mobilisation générale en soutien à la jeunesse mais toujours avec la jeunesse au centre car c'est elle qui l'a initiée. Ce sera un mardi ce rassemblement.
Mais sans
violence.
Le
830 France Info Camille Girère Benjamin Fontaine
Philémon
Jouglet-Marcus lycéen et membre de l'union syndicale lycéenne Carole Zerbi professeure de lycée et membre du syndicat SPDEN UNSA deux regards sur une mobilisation et une question se pose dans cette mobilisation lycéenne quel rôle joue la France Insoumise ? Je vous propose d'écouter Jean-Luc Mélenchon à propos de la mobilisation mardi prochain.
La
semaine prochaine on a la manif du 6 octobre. Moi j'invite les adultes les parents à se mettre un casque blanc ou un brassard blanc et à entourer les manifestations pour protéger.
On
a un devoir d'abord de protection
à
leur égard.
Et
je pense que si on le fait
le
nombre de ceux qui le feront ça aidera
à
ce que ça se passe bien.
Philémon Jouglet-Marcus quel rôle joue la France Insoumise dans votre mobilisation ?
Écoutez, on remarque aussi avec les prises de parole du gouvernement à propos des proxys d'ultra-gauche présumés de la France Insoumise nous on voit surtout une volonté d'infantiliser le mouvement et de faire croire à l'opinion publique que les lycéennes et les lycéens ne sont pas conscients de leurs conditions de travail et de leurs revendications.
Mais on les a vus
à vos côtés. On les a vus à nos côtés et effectivement quand on a des lycéens qui ne se sentent pas écoutés avoir une écharpe tricolore à proximité ça fait plaisir. Mais vous savez il n
'y a
pas que la France Insoumise qui nous a soutenus le parti socialiste aussi les écologistes voilà tout un nombre de partis donc il faut arrêter de se focaliser sur la France Insoumise et en fait ça contribue à diaboliser le mouvement et surtout à l'infantiliser à le minimiser.
Est
-ce que vous personnellement vous vous sentez une proximité avec la France Insoumise
?
Écoutez, moi je porte des revendications syndicales je porte le projet
pour
que je porte le projet qui permettrait à mes camarades d'apprendre dans de meilleures conditions si des partis politiques sur le plan idéologique ont les mêmes convictions que nous ça ne nous dérange pas qu'ils nous rejoignent mais ce ne sont pas les seuls et les lycéens sont autonomes et d'ailleurs les proxys d'ultra-gauche c'est une espèce de rhétorique antiterroriste absolument ridicule non tous
les mouvements sont eux
qui agiteraient les mobilisations et les affrontements devant
les
lycées la proxys d'ultra-gauche ça ne sous-entend pas ça ça sous-entend qu'il
y a
des c'est presque un complot des agissements en sous-marin oui c'est ça avec des groupuscules qui soutiendraient qui soutiendraient cela et qui seraient liées avec la France Insoumise c'est faux
Carole Zerbib vous êtes donc proviseur d'un établissement à Paris vous qu
'est
-ce que vous avez pu constater qu'est-ce que vous avez pu voir est-ce qu'il y a des élus de la France Insoumise qui viennent se joindre aux mobilisations et qui peut-être encouragent les jeunes à se mobiliser oui on a
vu
certains élus devant les établissements scolaires qui n'avaient pas un rôle tout à fait tout à fait distancié et moi ce que je voudrais dire aux jeunes et à Philemon d'être vigilants à toute tentative de récupération qui pourrait et d'instrumentalisation et qui pourrait servir en fait des stratégies électorales voilà il faut rester vigilant et je pense aussi que ça risque même de discréditer le mouvement on a quand même vu à Paris alors là je ne sais pas d'où viennent ces groupuscules mais on a vu des groupes extrêmement mobiles très organisés attaquer des établissements des établissements
mais ça c'est le
cas pour de nombreuses manifs depuis quelques années déjà voilà
mais
je le dis
il y a eu aussi des attaques mais il ne faut pas que vous
entendre qu'ils sont liés avec la France Insoumise
j'ai vu que
je ne savais pas d'où venaient
ces
mouvements est-ce que c'est l'ultra droite ou l'ultra gauche je n'en sais rien en tout cas c'est ce qu'on a pu observer des mouvements des groupes très organisés très rapides qui venaient juste pour dégrader des établissements et ça allait très vite et
on l'a vu dans plusieurs
établissements à Paris
ça vous a fait sourire cet appel à être vigilant de Carole Zerbib non non mais il faut être il faut être prudent
mais en tout cas aujourd'hui la réelle récupération la réelle instrumentalisation c'est bien le gouvernement qui le fait avec la violence en fait on parle de tout sauf des revendications lycéennes
on en parle là aussi quand même
oui
mais par exemple sur la loi qui va être déposée au Sénat de casseurs payeurs
le principe de
casseurs payeurs
c'était un projet qui était défendu par le Rassemblement National initialement et
qui est
repris par le gouvernement et en fait on aurait aimé une aussi grande réactivité de la part du gouvernement pour entendre nos revendications
Carole
Zerbib vous êtes proviseur à Paris depuis longtemps aussi en Seine-Saint-Denis vous en avez vu des mobilisations de lycéens est-ce que vous avez le sentiment que la jeunesse aujourd'hui sur ces blocus est plus politisée que celle que vous avez pu connaître auparavant
Alors politisée
je ne sais pas en tout cas ce qui me surprend c'est qu'on avait le sentiment qu'il y avait un désengagement de la jeunesse pour les affaires politiques pour la vie politique et là tout d'un coup on voit qu'il y a une mobilisation importante avec effectivement des revendications qui vont un peu dans tous les sens parce qu'il y a des revendications qui sont finalement très locales en fonction des réalités ou des situations des établissements mais il
y
a des revendications ce que je regrette c'est le manque d'organisation peut-être de ces groupes de jeunes c'est-à-dire que le rôle de l'école c'est aussi l'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie et j
'ai
l'impression là que ces jeunes ne savent pas très bien comment s'y prendre pour s'organiser il y a des choses il y a des revendications mais il y a aussi une façon peut-être de s'organiser dans la mobilisation et d'où peut-être le fait que ce mouvement a très vite été récupéré ou en tout cas est victime de toute cette violence et de parfois cette récupération
il est mon juglet Marcus s'il y a une politisation qui revient comme le dit Carole Zerbi parce que ce
n
'est pas parce que justement il
y
a une jeunesse qui souffre aujourd'hui on l'a vu on l'a entendu qui souffre des co-anxiétés qui se pose des questions sur l'avenir sur sa retraite sur le fait de trouver un travail tout
à
fait et déjà la politisation a changé de forme avec l'arrivée des réseaux sociaux c'est une politisation qui est beaucoup plus individuelle aussi et
beaucoup plus
virale TikTok, Snapchat d'autres réseaux sociaux permettent cette mobilisation plus fortement
oui sur le plan de la mobilisation mais pas sur le plan de la politisation et sur le plan de la politisation c'est sûr que quand on voit un mouvement aussi large quand même plus de 700 d'établissements bloqués si on cumule de jour en jour ça y
a
plusieurs milliers oui c'est considérable et ça montre bien qu'il y a une souffrance sociale qui est une souffrance aussi par rapport à l'anxiété écologique et aussi qui
est
une souffrance mentale et psychique de ces jeunes qui au quotidien ne se sentent pas écoutés par ailleurs pour revenir à la convergence des luttes un lycéen qui arrive dans un établissement
il
n'enlève pas sa veste la veste de son quotidien de sa situation familiale et donc quand on a une situation sociale problématique
vous voulez dire que les
lycéens aujourd'hui dans la rue sont aussi le porte-voix des difficultés de leurs parents bien sûr c'est ça que vous voulez exprimer il
y
a la mobilisation donc mardi on a parlé des images d'affrontements qui sont évidemment insoutenables il
y
a aussi des images de fraternité entre les proviseurs les élèves on a vu même des batailles de danse dans certains établissements madame le proviseur est-ce que vous allez rejoindre Philemon dans les manifestations mardi où serez-vous ? je serai dans mon établissement
pour garantir la sécurité des biens et des personnes
et
vous étiez avec nous ce matin sur France Info merci beaucoup Carole Zerbib et merci à vous Philemon Jouglet Marcus d'avoir accepté notre invitation pour nous aider à bien comprendre les raisons qui vous poussent aujourd'hui à manifester merci beaucoup Camille
merci beaucoup merci
à vous l'info continue sur France Info