Macron : nouveau monde ou "vieille école" ? #cdanslair 16.12.2017
Emmanuel Macron Au micro : Nathalie Saint-Cricq, Mathieu Croissandeau, Cécile Cornudet, Yves TréhardSource d'origine 4 locuteursTranscription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 35 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:02OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un message politique derrière ce choix de Chambord ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon a réagi ce matin, il n'est pas du tout enthousiaste. Pourquoi ?
- 5:45RelanceRéponse directe
Un symbole politique, c'est un lieu de la monarchie, Chambord. Est-ce une faute politique ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Il assume, voire il joue avec les journalistes et leur obsession de la transparence ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron va aborder tous les sujets ou un seul thème dans son interview de demain ?
- 8:58OuverteRéponse directe
Juste un mot sur la communication de ce président : il parle beaucoup, est-ce calculé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44PrésentateurFait
« La transparence est désormais de mise. D'ailleurs ce matin, le patrimoine de tous les ministres a été rendu public. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Il dort dans un gîte, alors ce n'est pas un gîte rural, c'est un gîte 4 étoiles qui s'appelle la maison des réfractaires. »
- 4:49Invité politiqueChiffre
« C'est 800 euros d'après… »
- 8:21Invité politiqueFait
« Il y a également beaucoup de questions sur l'exercice du pouvoir et la façon dont Emmanuel Macron, alors il l'a déjà expliqué, mais il continue à faire de la pédagogie. »
- 10:26InvitéFait
« Il sature l'espace médiatique. »
- 12:21InvitéFait
« Il y a eu son voyage en Afrique, il y a eu toutes ses actions au Proche-Orient. »
- 14:41InvitéFait
« Nous savons qu'il faut de la solidarité sur le plan intérieur. Mais il nous faut aussi avancer sur un droit commun, en particulier de l'asile, sur une politique de protection commune aux frontières. »
- 16:09PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron a notamment obtenu de l'Arabie Saoudite une contribution de 100 millions d'euros. »
- 17:15InvitéFait
« On ne va pas assez vite. Et c'est ça le drame. On ne va pas assez vite. »
- 21:51InvitéFait
« Nicolas Hulot, qui était réputé pour être un écologiste convaincu, et qui se montre être un écologiste réaliste. »
- 21:55InvitéFait
« On ne va pas pouvoir fermer les centrales nucléaires, celles qu'on doit fermer d'ici à 2025, mais il va falloir au moins 10 ans de plus. »
- 28:56PrésentateurChiffre
« La ministre la plus riche, c'est Muriel Pénicaud, ministre du Travail. 7,5 millions d'euros de patrimoine. »
- 29:04PrésentateurChiffre
« Il y a Nicolas Hulot, 7,2 millions et 6 voitures. »
- 36:03PrésentateurFait
« Le dédoublement des classes de CP dans l'éducation prioritaire. »
- 38:50PrésentateurFait
« Pour un ministre de l'éducation nationale, la durée de vie d'un ministre de l'éducation nationale sous la 5e République, c'est deux ans. »
- 40:23InvitéFait
« Avant, c'était une espèce de comité théodule qui échappait à la responsabilité du ministre. »
- 43:00Invité politiqueFait
« Il considère que la pire des inégalités, c'est quand on laisse tomber un certain nombre de personnes de milieux très modestes en se disant de toute façon c'est même pas la peine de leur apprendre Victor Hugo ou de leur apprendre le latin, ils n'y arriveront pas. »
- 43:32Invité politiqueFait
« Cette droite, alors effectivement il y a un certain nombre de choses qui plaisent au Figaro, comme dit la gentille de Mersan, qui sont lecture, l'ordre. »
- 45:32PrésentateurFait
« Il fait de la politique incroyablement parce que c'est le seul ministre de l'éducation qui pour l'instant n'a pas cédé au système de co-gestion syndicat rue de Grunel qui prévalait depuis 30 ans, 40 ans. »
- 55:34PrésentateurFait
« En 1936 le patron du Front Populaire s'appelait Léon Blum et Léon Blum était issu d'une famille d'une grande richesse. »
- 55:56PrésentateurFait
« Le premier ministre socialiste le deuxième premier ministre socialiste de François Mitterrand s'appelait Laurent Fabius. Laurent Fabius était d'une très grande famille extrêmement riche. »
- 58:39InvitéFait
« Ça avait choqué les paroles d'Emmanuel Macron sur le bordel, vous vous souvenez quand il disait au fond à des syndicalistes faites 200 kilomètres pour aller trouver du boulot. »
- 59:07Invité politiqueFait
« C'est compliqué avec une difficulté supplémentaire, c'est comme très peu ont été élus, c'est-à-dire sont des élus de terrain. »
- 1:02:01Invité politiqueFait
« Quand on est président de la république et quand on communique dans un sens, quand on a envie de communiquer et bien on s'expose aussi à ce que les gens ont envie de savoir tout ce qu'on fait. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Emmanuel Macron14 %
- Invité12 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Emmanuel Macron fête ses 40 ans ce week-end à Chambord en famille, avec quelques jours d'avance, puisque son anniversaire est en fait le 21 décembre. Le choix de ce château de la Loire, joyau de la Renaissance, suscite quelques commentaires, c'est vrai que ça ne fait pas très nouveau monde. Mais pour être précis, le chef de l'État séjourne dans un gîte à 200 mètres de l'ancienne résidence royale. Et c'est un week-end privé, payé sur ses deniers propres, comme pour couper court à tout début de polémiques. C'est vrai que la transparence est désormais de mise. D'ailleurs ce matin, le patrimoine de tous les ministres a été rendu public.
Il y a quelques surprises, on en parlera, notamment lorsqu'on découvre que Nicolas Hulot possède six voitures. Tout cela met un terme à une semaine politique marquée par une série d'annonces sur l'école qui remet l'ordre au cœur de l'enseignement, avec une dictée, une chorale et même un uniforme souhaité par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. Ce n'est sans doute pas un hasard, car Emmanuel Macron dirige d'une main de fer l'État français. C'est aussi sans doute ce qu'il voudra faire passer comme message demain à 20h, dans une interview qu'il a accordée à France 2. On en parle avec nos invités. Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Nathalie Saint-Cricq, vous êtes responsable du service politique de France 2. Cécile Cornudet, éditorialiste quotidien Les Echos. Dans Les Echos, ce week-end, on peut lire votre édito intitulé Macron, manager darwiniens.
Dans les Echos magazines.
Les Echos magazines. Et Mathieu Croissando, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs, dont la une est consacrée à Johnny Hallyday. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Alors je ne sais pas où vous avez fêté vos 40 ans autour de la table et vous qui nous regardez ce soir. Mais Chambord, c'est chic quand même pour ses 40 ans. Est-ce qu'il y a un message, Yves Tréhard, un message politique ou au moins symbolique derrière ce choix ? On peut galéger, on peut galéger là-dessus.
Vous savez, il y a quelques années, enfin il y a deux ans je crois, dans le magazine Le 1, il nous avait parlé beaucoup de la monarchie, le président de la République, en disant que la France avait quelque nostalgie justement de cette époque monarchique. Lui aussi, semble-t-il, puisqu'il va fêter son anniversaire à Chambord. Après tout, il fait ce qu'il veut, je vais vous dire. Simplement, il y a une chose qui m'intrigue, j'avais compris, on m'avait appris qu'il ne fallait jamais fêter son anniversaire avant la date de l'anniversaire. Je suis d'accord avec vous, c'est ce qui m'a le plus surpris. Je trouve ça un peu étrangement, enfin bon, peu importe.
Mais le week-end après, c'est Noël, donc peut-être qu'il y a une citation de calendrier. Le 21, c'est une date qui existe, il aurait pu aussi fêter après tout le 21. Non, en dehors de ça, si vous voulez, ce dont on s'aperçoit, et vous parliez des patrimoines des ministres, c'est cette obsession de la transparence, il faut qu'on sache tout, il faut que maintenant le public sache tout ce que fait son personnel politique. Moi, ça m'irrite un petit peu, pour vous dire la vérité, à partir du moment où, bon, il nous le dit, c'est avec ses propres deniers, donc après tout, il fait ce qu'il veut.
S'il avait eu envie, peut-être que ça aurait été le cas pour Nicolas Sarkozy d'aller fêter ça à Disneyland Paris, il aurait fait ça à Disneyland Paris. Lui, il a choisi Chambord, c'est après tout d'assez bon goût, quand on est français, de célébrer le patrimoine national. C'est un président qui aime l'histoire ? C'est un président qui est passionné d'histoire, qui est habité par l'histoire. C'est rare, vous savez, qu'on n'ait pas des présidents qui ne soient pas habités par l'histoire.
Alors peut-être que les deux précédents, ça ne s'est peut-être pas beaucoup vu, mais si vous prenez tous les présidents depuis le début de la Vème République, Charles de Gaulle était non seulement passionné par l'histoire, mais c'était un personnage de l'histoire. Pompidou était un grand lettré qui connaissait son histoire de France par cœur, Giscard d'Estaing, il y a toujours des symboles, et les symboles sont importants. Et c'est vrai que de choisir Chambord, ça envoie, ça adresse à la France un message qui est un message extrêmement symbolique, qui est après tout un message, comme je vous l'ai dit, on est dans une république monarchique. – Bien, quelques réactions politiques.
Jean-Luc Mélenchon a réagi ce matin, il n'est pas du tout enthousiaste, Nathalie Saint-Cricq, tout ce qui touche au symbole royaliste, justement, m'exaspère.
– Oui, cela dit, il est souvent exaspéré. Mais là, on peut le comprendre, parce qu'effectivement, au château de Chambord, c'est un peu étanche. Mais alors, il faut quand même préciser, vous l'avez dit tout à l'heure, qu'il dort dans un gîte, alors ce n'est pas un gîte rural, c'est un gîte 4 étoiles qui s'appelle la maison des réfractaires, donc il y a une espèce d'opposition entre le nom du gîte, la maison des réfractaires, et le côté Chambord, c'est effectivement, ils payent toutes les choses, donc on ne va pas aller leur prochain… – C'est 800 euros d'après… – 800 à 1000 euros, enfin, on s'est tous trouvés pour essayer de voir combien ça coûtait.
Et puis, il y a eu quelque chose d'assez étonnant, c'est hier soir, il est allé voir des chasseurs, qui avaient fait une battue de sangliers, et en même temps, il est allé au zoo voir des bêtes, gentilles, donc c'est à la fois l'ami des bêtes et l'ami des chasseurs, donc je pense que tout ça, un, il se fiche complètement de ce qu'on peut dire de sa décision de fêter son anniversaire, deuxièmement, il joue peut-être un peu avec l'opinion et avec les journalistes en envoyant des petits signaux à différentes cibles.
– Oui, enfin bon, j'allais dire que ça nous intéresse, on ne va pas dire que ça nous passionne, mais c'est quelque chose qui est significatif.
– Yves a raison, si Nicolas Sarkozy était allé à Disneyland, on aurait dit que c'était l'américanisation, que c'était Sarkozy l'américain, s'il était allé dans un camping-car sur un terrain vague, on aurait dit que c'était ridicule, qu'il ne faisait pas président.
– De toute façon, on en aurait parlé.
– De toute façon, il y avait quelque chose qui n'allait pas parce que ça aurait énervé forcément quelqu'un. Donc là, je pense qu'il envoie des signaux à tout le monde et puis il a bien le droit, il a enfin 40 ans, c'est la bonne nouvelle.
– Mathieu Croissandeau ? – Un symbole politique, c'est un lieu de la monarchie, c'est le lieu d'un caprice royal, Chambord, quand on se souvient de la création et de la fondation de Chambord. C'est une volonté comme ça d'avoir un château au cœur de ce pays-là, de la France. Moi, je trouve qu'il y a une faute politique de la part de Macron, il fait ce qu'il veut, il est dans une sorte de démesure, d'une forme d'hubris, donc je vous embête et je fais absolument ce que je veux, je ne consulte personne. Mais il y a un côté quand même, à la fois le symbole monarchique, qui est à mon avis lourdeau, très lourdeau.
Alors c'est peut-être s'inscrire dans l'histoire, mais c'est quand même faire ça à Chambord, ce n'est pas rien. – C'est monarchique ou c'est du patrimoine ? – Oui, c'est les deux, mais il y a d'autres lieux du patrimoine qui ne sont pas associés à la monarchie, donc il aurait pu choisir autre chose. Et puis, par ailleurs, quand vous êtes catalogué, étiqueté président des riches depuis la rentrée, donner le sentiment d'aller faire la fête dans un château royal, même s'il dort à 400 mètres, ça me paraît pas à droit politiquement, ça me paraît pas très fin. – Cécile Cornudet ?
– Oui, je crois qu'il assume, voire il joue un peu avec les journalistes et notre obsession de la transparence, il aime bien monter. Comme il est irréprochable, c'est effectivement, il paye son gîte et il paye la location de la salle dans laquelle va avoir lieu le dîner, ben voilà, il est très content sans doute de voir qu'on passe du temps à… – La liste des invités va être importante. – Alors, il y a toujours eu la pompe chez Emmanuel Macron, de la pompe assumée. Vous vous souvenez, quand il traverse la cour du Louvre, à un pas extrêmement lent, bon, cette image monarchique, il l'est et il l'assume.
– La liste des invités ? – Ah ben vous allez voir, ça va faire jaser. – Mais c'est très restreint, non ? – C'est très familial. – Oui, c'est très familial. – C'est très familial, oui, mais on sait qu'on aime aussi savoir qui participe. – Et juste pour reprendre le titre de cette émission, Nouveau Monde ou Vieille École, on parlera d'école tout à l'heure, mais là on est… – C'est les deux en même temps, lui. – Ça c'est à l'ancienne quand même, c'est quand même plus tôt. – C'est pas… – Non, parce que Giscard, il allait chez les gens.
– Il a dit, c'est vrai qu'en fait, il allait chez les éboueurs.
– On est vraiment dans les ors de la République. – Emmanuel Macron sera l'invité de France 2 demain soir, il a accordé une interview à Laurent Delahousse, donc 20h40, 45 minutes d'entretien qui a été enregistré, il faut bien le préciser. Mais Nathalie Saint-Cricq, il va aborder tous les sujets ou c'est un seul thème qui est abordé ?
– Non, non, il y a plusieurs thèmes qui vont être abordés. Ils sont partis, on va parler de l'écologie puisqu'il y a eu sommet cette semaine, et puis de proche en proche, il y a beaucoup sur la diplomatie, beaucoup sur la situation en Syrie et les solutions éventuelles. Il y a également beaucoup de questions sur l'exercice du pouvoir et la façon dont Emmanuel Macron, alors il l'a déjà expliqué, mais il continue à faire de la pédagogie, il y a une sorte de discours de la méthode Macron, il y a aussi des questions sur l'audiovisuel public qui a été quand même quelque peu, comment dire, dans le collimateur ces derniers jours.
– Il y a eu des tensions.
– Il y a eu quelques tensions, et c'est une forme assez inédite, c'est-à-dire qu'il y a à la fois des périodes très classiques, c'est-à-dire face à face, et puis il y a aussi… – Ça a été fait à l'Elysée. – Ça a été fait à l'Elysée, puis aussi une forme de déambulation dans l'Elysée, donc c'est une forme un peu nouvelle.
– Juste un mot sur la communication de ce président, parce qu'on en a beaucoup parlé, alors il y a eu l'interview à TF1, souvenez-vous, fin octobre, maintenant cet entretien à France 2, petit à petit il rentre un peu dans le rang, parce qu'au début il ne voulait pas nous parler. – Oui, mais enfin, c'est quand même très calculé tout ça. L'interview, il y était un petit peu contraint quand il l'a accordée il y a deux mois. Là, on est juste avant les fêtes de Noël, ce qui va être intéressant, c'est la forme que vont prendre ces vœux, les vœux… – De 31 décembre. – Généralement, souvent il n'y a pas d'annonce, mais parfois il y en a.
François Hollande avait complètement changé le cap de sa politique à la gestion des vœux le 1er janvier 2014. On va voir. Ce qui est sûr, c'est que là, encore une fois, il est face à un journaliste. C'est lui qui va donner le tempo, apparemment. Enfin, je ne présume pas de ce qu'aura fait Laurent Delahousse, mais si vous voulez, c'est à l'Elysée, alors qu'on aurait pu imaginer que justement il s'exprime hors du palais présidentiel. Bon, on va voir ce qu'il va nous dire. Je doute qu'il y ait des grandes annonces. Ce qui est sûr, c'est qu'il va essayer de ramasser le dernier trimestre, et puis de nous envoyer en vacances. En fait, c'est ça qu'il veut faire. – On est en effet une semaine avant.
Ce sera une semaine avant le réveillon de Noël. Mathieu Crassando, effectivement, c'est la deuxième fois qu'il accorde une interview à la télévision, la deuxième fois que ça se passe à l'Elysée. Là aussi, ce n'est pas très nouveau monde. – Non, ce n'est pas très nouveau monde. Et puis pour un président dont la parole devait être rare et pesée au trébuchet, moi je trouve qu'il parle beaucoup. On l'a beaucoup entendu. Il faut le faire le compte depuis dix jours. Il sature l'espace médiatique. On l'a entendu pour Jean-Denis Resson.
On l'a entendu, il s'est beaucoup mêlé, enfin l'Elysée s'est beaucoup mêlé de l'organisation de l'hommage à Johnny Hallyday, où Macron en a profité d'une certaine façon. En tout cas, ça lui a probablement bénéficié. On l'a entendu à l'issue du sommet européen le 15. On l'a entendu dans Le Monde, dans une grande interview sur le climat. Donc en huit jours de temps, il sature l'espace. Vous n'entendez personne d'autre politiquement. Et donc on est au contraire dans une stratégie qui est l'inverse de ce qu'était cet été.
Il théorisait la vieille stratégie de Jacques Pilan, l'ancien conseiller de Mitterrand, puis de Chirac, qui disait qu'il faut intervenir uniquement quand on a quelque chose à dire et puis rendre la parole rare. Lui, il intervient tous azimuts pour saturer l'espace médiatique et parce qu'il sait aussi qu'on est une période cruciale. Il fait partie de ces politiques qui pensent que les vacances de Noël sont un moment familial, où on parle politique, où on fait le bilan de l'année et qu'il faut imprimer à ce moment-là. Il l'a fait il y a un an, souvenez-vous, avec son grand meeting. On était alors en pleine campagne présidentielle.
Il avait fait un meeting à la mi-décembre, de mémoire, le 10 décembre. Porte de Versailles. Porte de Versailles, qui avait été une surprise parce que personne n'attendait autant de monde. C'est là où il s'était égozillé. Alors que Fillon lui-même ne faisait pas campagne à l'époque, lui, il s'était souvenu de ce vieil adage qui est « il faut faire parler dans les dîners à table en famille ». Et donc là, il va probablement donner beaucoup de sujets de conversation. Cécile Cornudel, la communication présidentielle est-elle en train de changer ?
Elle a changé début septembre. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a pas de parole rare, mais il y a une parole peut-être plus formelle, parce qu'il parle beaucoup, mais dans des grands discours. Ce n'est pas comme François Hollande qui parlait beaucoup à des micros qui se tendaient. Lui, il se refuse toujours à ça. Et pour revenir à l'émission de télévision de demain, il résonne beaucoup en séquence. Donc la première, à TF1, c'était pour fermer la période d'ordonnance, droit du travail et passer à autre chose. Et là, c'est pour acter une période d'intense activité diplomatique. Il y a eu son voyage en Afrique, il y a eu toutes ses actions au Proche-Orient.
Donc c'est pour fermer cette séquence-là et effectivement, nous envoyer en vacances.
On peut dire aussi qu'il aime bien accorder des interviews à des journalistes étrangers. Oui, mais c'est parce qu'il y a un tel précédent. On peut voir aussi qu'il parle très bien l'anglais lorsqu'il s'adresse à la télévision américaine. Il le montre, il le montre, il essaye de le montrer. Justement, il veut montrer qu'il est un président qui maîtrise complètement l'anglais. Ça, c'est nouveau monde. Ce n'est pas très difficile parce que tous les prédécesseurs étaient quand même assez médiocres. On va s'envoyer faire un outrage en anglais. Mais ce n'est pas ça, c'est que lui, son terrain de jeu, ce n'est pas la France, c'est le monde.
Vous l'aurez remarqué, toute sa politique consiste à occuper les espaces qui sont vides. Et il a des espaces énormes, béants. M. Trump est impopulaire, hors de son pays, et il se retire de beaucoup, je dirais, de sujets très importants. Mme Merkel, c'est quand même un peu méchant, mais c'est un peu le crépuscule quand même. Mme May, en Angleterre, est quand même pas mal empêtrée dans son Brexit. Alors, il reste Poutine et le président Xi. Et d'ailleurs, les trois occupent, je dirais, complètement les négociations et le dialogue international.
On suivra donc l'interview d'Emmanuel Macron demain soir sur France 2, dès 20h, avant un week-end de répit en famille pour fêter son anniversaire à Chambord. C'est une semaine chargée qui vient de s'achever pour Emmanuel Macron. Au menu climat, terrorisme, Europe, des dossiers internationaux et stratégiques sur lesquels le président veut affirmer ses positions. Romain Becker et Michel Bouilly. Il en a fait l'un des piliers de son action, la relance du projet européen. Emmanuel Macron assistait cette semaine à son cinquième sommet entre chefs d'État du Vieux Continent. Au menu des discussions à Bruxelles, le Brexit, mais pas seulement.
Tout à sa volonté de réformer l'Europe et d'en prendre le leadership. Emmanuel Macron insiste, dès son arrivée, plus que soldé le passé, il souhaite écrire l'avenir.
Il ne s'agit pas dans la discussion d'aujourd'hui de revenir sur des structurations qui sont en cours. Nous savons qu'il faut de la solidarité sur le plan intérieur. Mais il nous faut aussi avancer sur un droit commun, en particulier de l'asile, sur une politique de protection commune aux frontières et sur une politique, en particulier vis-à-vis des théâtres d'opérations les plus sensibles, communes.
Mais Emmanuel Macron le sait, impossible de faire avancer l'Europe sans l'Allemagne. Alors à Bruxelles, il veut montrer sa complicité avec Angela Merkel.
Je vous attendais. Je l'ai fait.
Mais ce qu'attend surtout Emmanuel Macron, c'est la fin de la crise politique que traversent en Allemagne Angela Merkel, en pleine discussion actuellement pour former un nouveau gouvernement. D'ici là, impossible pour le président français d'avancer sur une politique migratoire commune, l'Europe de la défense, ou encore la désignation d'un ministre des finances pour la zone euro.
La chancelière l'a dit, notre objectif c'est de pouvoir converger au mois de mars. Parce qu'à ce moment-là, une étape politique sera passée en Allemagne et nous aurons une capacité à construire ensemble beaucoup plus clairement sur ce sujet.
A la manœuvre cette semaine sur les dossiers diplomatiques majeurs, Emmanuel Macron recevait aussi mercredi en région parisienne les pays du G5 Sahel. Composé de plusieurs pays africains, européens et du Moyen-Orient, cette force lutte contre les groupes terroristes en Afrique. Emmanuel Macron a notamment obtenu de l'Arabie Saoudite une contribution de 100 millions d'euros. Autre chantier dont il souhaite être le maître d'œuvre à l'échelle mondiale, la lutte contre le réchauffement climatique. La mise en scène est soignée, c'est en péniche, aux côtés notamment de Bill Gates, qu'Emmanuel Macron se rend au One Planet Summit.
A l'initiative de la France, 55 chefs d'État ou encore des hommes d'affaires philanthropes sont réunis, deux ans jour pour jour après la signature des accords de Paris. A la tribune, Emmanuel Macron se montre particulièrement alarmiste et mobilisateur.
On est en train de perdre la bataille. Il ne faut pas se tromper. On passe un très bon moment, tout est formidable parce qu'on se retrouve, il y a beaucoup de gens qui s'apprécient ou qui se découvrent, et ça peut paraître un très bon moment. Mais on est en train de perdre la bataille. On ne va pas assez vite. Et c'est ça le drame. On ne va pas assez vite. Si on continue sur notre lancée, on est là où on s'est engagé à une augmentation d'en moyenne 1,5 degré, on est à 3, 3 degrés et demi. Ça n'a rien à voir avec ce à quoi on s'est engagé. Rien.
Emmanuel Macron souhaite faire du One Planet Summit un rendez-vous annuel. Depuis le retrait des Etats-Unis des accords de Paris, il veut incarner au plan mondial la lutte contre le réchauffement climatique. Un activisme qui séduit à l'étranger, à l'image de ce journal allemand qui vient de le désigner Rome de l'année. En France, à l'approche des fêtes de fin d'année, la popularité d'Emmanuel Macron est en nette hausse. – Alors, l'écologie, c'est quand même important. Il veut être, Mathieu Croissando, le patron de l'écologie mondiale. – Il a trouvé un créneau sur la scène internationale qui peut occuper, qui est celui de l'écologie et de la défense de l'accord de Paris.
Est-ce que c'est un écolo convaincu ? Non. Emmanuel Macron n'a jamais été vraiment sensible aux thèses écologistes, qu'elles soient sur la décroissance, que ce soit sur le nucléaire, que ce soit sur la gestion des ce qu'on appelle les biens communs. Il n'est pas anti-écolo, mais il n'a pas la fibre écologique du tout. Alors après, sur la scène internationale, il a bien compris qu'il y avait un coup à jouer quand Trump s'est retiré de l'accord de Paris. Il l'a fait de façon très maligne le soir, en invitant, souvenez-vous, les scientifiques, les chercheurs américains à venir travailler en France et puis en détournant le slogan de Trump.
Aujourd'hui, il tisse ce fil-là qui lui permet d'exister sur la scène internationale sur un truc qui est assez fédérateur et consensuel, si on accepte évidemment la position de Trump. Mais c'est pour marquer des points et avancer ses pions, si j'ose dire. Mais on l'a vu depuis le début de son mandat, sur les questions écologiques, il n'y a pas eu encore de signaux forts.
Alors il va y en avoir un sur la question de Notre-Dame-des-Landes, dont il va sortir de façon assez habile au fond, puisqu'il semble qu'on soit sur une option où à la fois on renonce à l'aéroport, on agrandisse celui de Nantes et puis on vide la ZAD quand même de ces ZADistes, mais qui devraient se vider tout seuls à partir du moment où il n'y a plus d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Bref, c'est très malin, c'est bien fait, ça explique sans doute aussi que l'opinion monte. Mais il y a eu quelques signaux sur le glyphosate, il y a eu quelques signaux sur la loi Hulot sur l'extraction et l'exploration des hydrocarbures.
Mais pour le reste, on n'est pas encore, on n'a pas encore mille pieds dans la grande transition écologique. Tout ça va venir normalement l'an prochain. Alors écolo, mais pas récent, on va dire. Néanmoins, peut-il réussir ce pari de s'imposer sur la scène internationale, d'avoir cette casquette, cette étiquette ?
Son grand pari, c'est surtout sur l'Europe, de réconcilier les Français et les Européens avec leur Europe et vraiment de donner un nouveau souffle à l'Europe. Alors c'est vrai qu'Angela Merkel étant un petit peu affaiblie, il veut prendre le leadership. Et il y a son discours de la Sorbonne. Toute cette année, le parti En Marche veut le consacrer à essayer de convaincre les uns et les autres de se rallier aux propositions d'Emmanuel Macron sur la Sorbonne. Je pense qu'en matière diplomatique, c'est ça son chantier numéro un.
Il veut réconcilier les Français avec l'Europe ou il veut être le patron de l'Europe, Yves Tréard ? Il veut être le patron de tout. Il ne vous aura pas échappé que... Mais bien sûr qu'il veut être le patron de tout ce que je vous dis. Il veut être le maître du monde. En tous les cas, du monde libre. Parce qu'évidemment, Poutine et Xi Jinping, le patron, le président chinois, c'est un peu compliqué. Mais il a une opportunité folle. Il a une chance folle. Mais une chance inouïe. C'est quoi ? Il n'y a personne. Il n'y a personne sur la scène intérieure, on le voit bien.
Il n'y a personne sur la scène internationale qu'avec des gens qui sont impopulaires, sur le déclin ou qui sont, je dirais, embringués dans des dossiers extrêmement compliqués. Alors, Cécile a raison. Vous avez tous les deux raisons. C'est-à-dire que sur le climat, il ne vous aura pas échappé qu'on ne parle plus de COP. On parle de One Planet Summit. Il a rebaptisé la chose. Fini Hollande dehors. Maintenant, c'est Macron avec les plus grands patrons de la planète qui sont tous à Paris. Mais vous vous rendez compte ? Il y a le processus des COP qui perdurent. Oui, qui perdurent. Mais là, il en a fait un sommet. C'est une COP bis. C'est une COP bis à côté.
On apprend dans votre reportage d'ailleurs qu'il veut faire ça tous les ans. Il n'en est pas sorti grand-chose. Donc, même s'il n'en est pas sorti grand-chose, sauf un cri d'alarme qui est un cri d'alarme qui a été entendu. Et sur l'écologie, vous allez voir qu'il a une chance aussi d'avoir à côté de lui Nicolas Hulot, qui était réputé pour être un écologiste convaincu, et qui se montre être un écologiste réaliste. C'est-à-dire en disant qu'on ne va pas pouvoir fermer les centrales nucléaires, celles qu'on doit fermer d'ici à 2025, mais il va falloir au moins 10 ans de plus. Sur le glyphosate, il arrive à trouver un modus vivendi. Pareil pour notre date des Landes.
Enfin, vous voyez, là, il marque un point. Deuxième chose, sur l'Europe. Alors, sur l'Europe, c'est non seulement qu'il veut être le patron de l'Europe, mais il est en train de faire aujourd'hui un travail en coulisses qui est le suivant. Il veut qu'il y ait une liste centrale, quasiment dans tous les grands pays, qu'il soit une liste macronienne, macroniste, comme d'ailleurs l'avait indiqué Alain Juppé il y a quelques semaines. Vous voulez dire pour les prochaines élections européennes ? Pour les prochaines élections européennes qui sont capitales pour lui. Oui, oui, en 2019. C'est-à-dire qu'au Parlement européen, pour nos téléspectateurs, il y a trois grands groupes.
Il y a le groupe socialiste, il y a le groupe qu'on appelle PPE, c'est-à-dire le groupe d'une droite classique. Et puis, vous avez le groupe libéral, qui est mené par une figure de proue qui est assez connue, qui s'appelle Guy Verhofstadt, qui est un belge. Eh bien, il veut élargir ce troisième groupe, qui est le plus petit des trois. Et il veut que ça soit l'axe central du Parlement européen. Et que ce groupe-là applique sa politique. Et ça a des conséquences énormes.
Puisque si aujourd'hui, les négociations entre le SPD en Allemagne et la CSU de Mme Merkel sont en train d'achopper, d'être très compliquées, c'est parce que le SPD veut imposer à Mme Merkel toutes les propositions européennes de M. Macron. Donc, Macron s'est invité dans la négociation entre le SPD, entre les sociodémocrates et les chrétiens démocrates allemands. C'est assez... C'est très ambitieux. Il a une ambition débordante. Mais rassurément, il ne peut pas se présenter dans d'autres pays. Non, mais ce qu'il voulait, parce que ça, ça a peut-être aussi échappé, il l'avait dit.
C'est-à-dire que comme le Brexit, maintenant, il va y avoir plusieurs dizaines de sièges qui vont être libérés au Parlement européen, il voulait que les sièges qui allaient aux Britanniques, que ces sièges soient pourvus par une liste transnationale au niveau européen. C'est-à-dire que sur une même liste, vous ayez des Allemands, des Français, des Espagnols, des Italiens. Il veut justement que ce scrutin, et d'ailleurs, c'est assez conforme à l'idée que certains se font une Europe plutôt fédérale, c'est-à-dire d'avoir des listes qui soient les mêmes dans tous les pays. – Alors, Yves Tréhardi, il veut être le patron de tout. Regardez cette question SMS, Nathalie Saint-Cricq.
« Macron est-il trop sur tous les fronts ? »
– Écoutez, d'une certaine manière, pour l'instant, non, parce qu'il réussit. Alors, je vous dis tout à l'heure qu'il veut être le maître du monde. Je pense que c'est quelqu'un qui n'a pas de limite, c'est-à-dire qu'il est parti, on sait très bien d'où, il a réussi à être élu de façon absolument insensée, il aime vraiment l'Europe, il ne voit pas pourquoi il n'irait pas plus loin. Alors, qui est une forme de griserie, c'est possible, mais il y a aussi, alors on peut appeler ça de l'ambition démesurée ou forcenée, on peut appeler ça aussi une forme de volontarisme.
Après, ça, pour l'instant, ça a l'air de plaire aux Français, c'est-à-dire qu'il y a une cesse de fierté nationale, c'est-à-dire qu'on devient des gens importants, alors qu'on avait l'impression qu'on était un petit pays un peu rabougri. Donc, dans un premier temps, ça peut plaire. La seule chose qui, moi, me préoccupe, et qui peut-être doit le préoccuper aussi, c'est qu'à un moment donné, les Français considèrent que c'est formidable de s'occuper de l'Europe, du climat, de tout, mais que, de temps en temps, ça serait pas mal de s'occuper un peu d'eux.
C'est-à-dire qu'on l'a vu beaucoup, on a vu sa politique africaine quand il était à Ouagadougou, donc toutes les semaines, on est effectivement soit occupé, soit intéressé, soit passionné par ce qu'il fait, mais c'est vrai que dans toute la séquence, il y a eu assez peu de national, et que probablement, même si pour l'instant, les Français ont l'air de trouver que ça nous redonne une certaine forme de grandeur, il y a peut-être un moment où il va falloir qu'il accompagne toute la liste des réformes qui vont venir à la rentrée, en reparlant aussi à son pays.
Et vous savez, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais à l'époque, Mitterrand, on l'appelait la madone des aéroports internationaux, en disant en gros qu'il palétait absolument partout et qu'il s'occupait beaucoup de tout de l'étranger du monde, que le monde était son terrain de jeu, et qu'il faut peut-être à un moment donné revenir un tout petit peu, non pas chez nous, avec ce côté chauviniste et patriotique, mais entendre éventuellement ce qui se passe dans le pays.
Sur le fonctionnement de l'État, c'est intéressant, parce que là aussi, on voit bien qu'il y a une mainmise d'Emmanuel Macron. Le Monde, qui est sorti ce soir à Paris, dit qu'il est le DRH de la République. Il veut tout faire lui-même. Alors il reçoit, c'est ce qu'expliquent les journalistes du Monde, il reçoit lui-même les fonctionnaires qui doivent être nommés par les ministres. Les directeurs d'administration centrale. Les futurs directeurs d'administration centrale. Il les reçoit alors que ce n'est pas tellement son boulot. Pour le coup, il l'avait dit, parce qu'il faut lui reconnaître une chose, et ça vaut aussi pour l'Europe, il fait peut-être ça par tactique, par volontariat.
Il y a aussi une forme de conviction. C'est le seul homme politique, pendant cette campagne présidentielle, et par la suite, à avoir tenu un réel discours européen. Souvenez-vous, tous les autres se tenaient très éloignés de ce sujet-là. Là, il l'avait dit aussi, le spoil system, il avait annoncé la couleur en disant que il sait très bien comment marche l'État, il a été conseiller, il a été aberci, il est lui-même haut fonctionnaire. Donc, il sait très bien comment une haute administration peut bloquer, empêcher, contourner une décision politique. Il les briefe. Et donc, il avait annoncé qu'il faudrait qu'ils marchent ou qu'ils sortent. Donc, il les reçoit.
Il n'a pas fait énormément de changements, pour l'instant, mais il en a fait à des points précis. Et il les reçoit pour leur dire, en gros, soit vous êtes avec moi, soit vous faites autre chose.
Oui, il y a vraiment une réflexion sur comment on arrime la haute fonction publique au mouvement de transformation du pays. Comment on sort de l'immobilisme qu'il y avait jusqu'à présent. Alors, c'est vrai qu'il avait théorisé le spoil system, il avait dit on fera venir des gens... C'est de changer les directeurs d'administration centrale pour mettre des gens aux mains des ministres. Il voulait faire venir des gens du privé, il voulait faire, par exemple, dans l'éducation nationale, il avait dit les recteurs, par exemple, il faudra qu'on nomme des préfets ou des directeurs d'administration, d'hôpitaux, enfin, des gestionnaires à la tête des administrations centrales.
Alors, ça, il ne l'a pas fait, finalement. Il a renoncé parce qu'il a senti que ça déstabilisait trop les administrations. En fait, les directeurs avaient peur. Et donc, du coup, ils n'arrivaient plus à participer, justement, à ce mouvement de transformation. Donc, il les a laissés en place, quand même, pour l'essentiel. En revanche, il les coache. Ils les coachent en direct. Et les ministres les coachent. Les ministres reçoivent leurs directeurs d'administration une fois par semaine. Ils les emmènent en déplacement. Au moment du budget, par exemple, Matignon a reçu, le Premier ministre a reçu à Matignon les directeurs du budget, ce qui ne se faisait jamais.
Donc, c'est vrai qu'il y a un embarquement, si vous voulez, de la haute administration dans les caisses d'Emmanuel Macron.
Alors, ce matin, publication des patrimoines des ministres. Ça, c'est plutôt le nouveau monde. On n'était pas habitué. Il y a quand même une douzaine de millionnaires au gouvernement. La ministre la plus riche, c'est Muriel Pénicaud, ministre du Travail. 7,5 millions d'euros de patrimoine. Il y a Nicolas Hulot, 7,2 millions et 6 voitures. Ça sert à quoi, ces déclarations de patrimoine ? On est dans l'ère de la transparence, qui est sans doute une ère qu'on peut apprécier. Je pense qu'on est à une époque où les Français, comme dans d'autres pays, les opinions publiques veulent savoir.
Il y a une telle défiance qui s'est installée, si vous voulez, entre les personnels politiques et les opinions, qu'on se rassure en se disant qu'ils sont honnêtes ou pas. D'ailleurs, on en est là aujourd'hui. Alors après, effectivement, ça peut être ravageur. Quand vous voyez que le ministre de l'écologie, même si, après tout, ils font ce qu'ils veulent, que le ministre de l'écologie, qui est pour un monde moins pollué, il a 7 voitures, dont 5 qui sont des voitures à carburant classique. Vous vous dites que c'est quand même un peu bizarre. Alors, Mme Pénicaud, ça c'est aussi le problème, si vous voulez. Emmanuel Macron nous dit qu'on va ouvrir la société civile.
Certes, on ouvre la société civile, mais quand vous ouvrez la société civile, vous vous retrouvez avec des gens qui ont eu une vie avant, et qui parfois ont très bien gagné leur vie. C'est le cas de Mme Pénicaud, qui a été dans des très grandes sociétés, à Danone notamment. Elle a été dans l'aéronautique, elle a fait beaucoup de choses. Et, après tout, le patrimoine qu'elle a, il est à peu près conforme, dans un pays comme la France, à quelqu'un qui a exercé des très très hautes fonctions, dans des groupes privés, si vous voulez.
Alors, c'est vrai, en plus, elle est chargée du travail, c'est-à-dire qu'elle a fait passer des ordonnances, elle demande des efforts, d'une certaine façon, aux plus modestes dans les rapports qu'ils peuvent avoir avec leur patron. et c'est quelqu'un qui est assez riche, parce que là, pour le coup, quand on a un patrimoine de 5 ou 6 millions d'euros, 7 millions et demi, on peut considérer quand même qu'elle est largement éligible à l'impôt sur la fortune. On est riche. Donc, vous voyez, c'est... Yves, on est d'accord, à partir de 7 millions, on est riche. On est quand même pas assez riche. À partir de 4 millions d'euros par mois. On vous taquine. On vous taquine.
Attendez, juste sur cette question-là, parce que, là, on en plaisante un petit peu, mais l'image du président des riches, Mathieu Croissandot, qui colle à la peau de Emmanuel Macron, est-ce que c'est une bonne pub, là ? Non, c'est une confirmation que c'est pour ses adversaires qu'il incarne une forme d'establishment, une forme d'élite, à la fois politique, technocratique, et d'un point de vue financier. Ça donne ce sentiment-là, en effet. Alors après, il y a patrimoine et patrimoine. Il y a des gens qui ont construit une vie. On sait que Nicolas Hulot, il a eu sa boîte de production. Enfin, il n'a pas volé cet argent. Il n'en a pas hérité non plus.
Il y a des gens qui ont une carrière dans le privé. Pénicaud, on avait appris, de toute façon, au moment du scandale, où avait été révélé le fait qu'elle avait levé, je crois, ses stock options, c'était ça, au moment de, juste après, ou au moment de l'annonce d'un plan social chez Danone, il y a quelques années. Voilà. Ça fait partie, ces rémunérations, elles sont, à mes yeux, outrancières. Mais en tout cas, elles sont réputées normales dans ce milieu de haut dirigeant. Et pour Emmanuel Macron, c'est sûr que ça crée une image qu'il assume au fond, en allant à Chamborce. Il dit, bon, ben voilà, c'est comme ça, et pas autrement.
Et ceux qui ne sont pas contents, ils n'ont qu'à faire des gens de devenir milliardaires. C'est enrichissez-vous, c'est Guizot. Enrichissez-vous, c'est Guizot. Il y a aussi, il faut quand même signaler, Gérald Darmanin.
400 000, non ? 300 000 ?
Même pas, je crois, 30 000. 30 000, pardon, je me suis trompée.
Je l'ai crédité depuis.
Il n'a pas de patrimoine et 30 000 euros d'épargne. Il y avait de mémoire dans la précédente équipe, Jean-Michel Baylette, qui lui devait avoir quelques 8 millions de patrimoine, Laurent Fabius, qui devait être à 5 millions de patrimoine. Il y avait aussi... Et Michel Delonay,
qui avait un patrimoine qui était supérieur.
Il faut rappeler quand même que le candidat le plus riche à la présidentielle était Jean-Luc Mélenchon. Oui, absolument.
Je pense qu'il a un rapport décomplexé à l'argent, il l'a dit, comme il disait, en disant, en gros, c'est pas le problème. Il considère probablement également que faisant venir des gens du privé, on s'expose à ce genre de choses. Il faut quand même rappeler que vous parliez de l'obsession de la transparence, c'est quand même à cause de l'affaire Cahuzac et tout ce qu'il y a eu au Mont-Sour-François Hollande que les patrimoines, qu'il y a une espèce de... On allait toujours plus loin jusqu'à voir le vélo de Cécile Duflo ou je ne sais quelle... Enfin, c'est juste si les gens n'en déclaraient pas leur poil à frire dans leur patrimoine.
Donc, il y a cette espèce de coup de barre vis-à-vis de l'opinion qui était nécessaire. Après, je ne suis pas certaine que ça... Alors, le président dirait sûrement que ça ne va pas corriger l'image, mais je ne suis pas persuadée que les gens ne soient pas... Je suis toujours dit bêta de parler des gens, mais qu'en gros, ils veulent que ça marche et qu'ils soient aussi... Alors, on a tous regardé ce matin, enfin, j'imagine tout le monde, avec une espèce d'attention un peu tordue, les détails, une curiosité, malsaine ou bonne, ou pas. Mais s'ils font bien leur boulot, je ne suis pas certaine que ce soit quelque chose qui risque de les affaiblir profondément.
Alors, on va parler justement d'un ministre qui, a priori, fait bien son boulot. C'est l'une des pièces maîtresses du dispositif Macron. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, il multiplie les annonces depuis sa nomination. Retour de la dictée, du redoublement, de l'uniforme, des mesures aux accents nostalgiques, le tout sans se mettre l'Éducation nationale à dos pour l'instant. Marie-Laurent, Clotilde Morafco et Arnaud Faura.
Une blouse identique pour tous et des écoliers accrochés accrochés à leur encrier. En digne héritier des hussards noirs de la Troisième République, le nouveau ministre de l'Éducation nationale veut-il ramener l'école à cette image d'épinal ? Changer, en revenant au passé, une petite musique surannée, mais plébiscitée par les Français. De plus en plus populaire, Jean-Michel Blanquer refuse d'être caricaturé.
Certains vous critiquent en disant que vous avez une politique de droite ?
Justement, toute politique de l'éducation doit être une politique d'unité nationale. Ce n'est certainement pas une politique de gauche ou de droite, c'est une politique d'unité.
Inclassable, dit-il, et pourtant, c'est bien à droite qu'il est perçu dans le regard froid de Najat Vallaud-Belkacem, qui lui confie les clés de la rue de Grenelle, un ministère qu'il connaît bien. Recteur en Guyane et dans l'académie de Créteil où il expérimente le tout premier internat d'excellence, il est directeur de cabinet du ministre de l'Éducation Gilles de Robien sous Jacques Chirac, puis numéro 2 de Luc Châtel sous Nicolas Sarkozy, chargé de faire appliquer la rigueur budgétaire et ses 80 000 suppressions de postes. Sur ces images, interrogé par Noël Mamère, alors journaliste, le jeune diplômé en philosophie et droit public, a seulement 24 ans.
Jean-Michel Blanquer et François Baroin. Son meilleur ami François Baroin est bien à droite, mais dans le discours, on distingue déjà des accents macroniens. On s'aperçoit que les droits de l'homme, c'est toujours quelque chose en marche. Entre Emmanuel Macron et lui, c'est un coup de cœur réciproque. Tous deux entendent secouer l'école et prennent une mesure sociale à grande portée symbolique, le dédoublement des classes de CP dans l'éducation prioritaire.
Nous sommes très convaincus que c'est utile pour les élèves et que c'est grâce à ça qu'on peut aller à la racine des difficultés scolaires. Et là, aller à la racine des difficultés scolaires, c'est faire réussir tous les élèves de France au cours préparatoire pour qu'ils sachent lire, écrire, compter et respecter autrui.
Assoublissement des rythmes scolaires, rétablissement du latin grec, des classes bilingues et du redoublement, le ministre s'emploie à défaire les réformes portées par Najat Vallaud-Belkacem et prend un virage plus conservateur, à commencer par l'interdiction du téléphone portable à l'école dès la rentrée 2018.
Vous savez, aujourd'hui, il n'est pas rare de voir une cour de récréation où les élèves ne jouent plus à chat ou au football, mais sont en train de regarder leur smartphone. Je pense que d'un point de vue pédagogique ou éducatif, c'est un problème.
Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la mesure laisse les enseignants sceptiques. Dans les établissements en général, il n'y a plus du tout de casier, où il y en a peut-être pour les demi-pensionnaires mais pas pour l'intégralité des élèves. S'il s'agit de fouiller les élèves, ce qu'on ne peut pas faire, mais si on changeait des mesures à l'entrée des collèges, ça prendrait un temps fou. Comment voulez-vous fouiller 200 ou 300, voire 400 élèves qui se présentent à la même heure à la porte quasiment le matin pour démarrer les cours ?
Autre symbole, le retour de l'uniforme que le ministre entend faciliter ou encore l'instauration d'une chorale dans chaque école et chaque collège d'ici la rentrée 2019. Plus de morale à l'école, plus d'évaluation aussi. Fervent combattant de l'égalitarisme, Jean-Michel Blanquer entend rehausser le niveau des petits français en lecture et pour cela, il met en œuvre une mesure souvent annoncée, la dictée quotidienne.
Le vocabulaire, c'est la richesse du vocabulaire. L'orthographe, c'est le résultat de cela avec la dictée, la dictée quotidienne. C'est une mesure qui avait été promise par ma prédécesseur. Je l'accomplirai.
Des mesures qui semblent séduire davantage le grand public que les syndicats enseignants. Ce que nous avons aujourd'hui, c'est des mesures qu'il annonce, des mesures avec un rythme assez effréné. Et comme je vous dis, il est plutôt dans une logique de relations directes, de relations par sondage, de relations et pas forcément d'organisation et de travail avec les corps intermédiaires. Prochain grand chantier en préparation, la réforme du baccalauréat qui sera précisée au printemps. Le nouvel examen verra le jour en 2021.
Bon, alors, c'est la période des conseils de classe. Tous ceux qui ont des enfants ou des petits-enfants le savent. Donc, conseil de classe de Jean-Michel Blanquer. Yves Tréhard, il a réussi son premier trimestre ? Je pense qu'il a réussi. Enfin, si on regarde les sondages, il n'a pas eu de grève. Attendez, pour un ministre de l'éducation nationale, la durée de vie d'un ministre de l'éducation nationale sous la 5e République, c'est deux ans. Alors, bon, il n'est pas encore arrivé à deux ans, mais il n'a pas eu de grève. On n'a pas eu senti de grogne violente chez les parents ou chez les enseignants.
Et Dieu sait si les enseignants sont quand même très puissants, enfin, les syndicats enseignants sont très puissants dans l'éducation nationale. L'éducation nationale, c'est un million de personnes, quand même. Ce n'est pas rien. C'est la plus grande administration, la plus grande entreprise française. C'est ça. La deuxième chose où il a été très malin, Blanquer, c'est qu'il a imposé ses idées, il a imposé ses idées dans l'éducation, mais il n'est pas arrivé en disant, voilà, moi j'ai un programme, j'ai un plan, le plan Blanquer, dans lequel, eh bien, on balaye tout de la maternelle à la terminale. Non. Il procède par petites touches.
Alors un jour, vous vous levez, il va, dicté obligatoire, tous les jours, quotidienne, enfin on va voir d'ailleurs si ça va être le cas. Ça serait bien que les enfants chantent parce que ça a des vertus de savoir, de chanter en groupe, tout ça. L'histoire du portable, il dit une chose aussi, mais qui est absolument révolutionnaire, c'est passé comme, pour le moment, ça passe comme une lettre à la poste. Il a dit, il y a dix jours, en disant, il est tout à fait normal que le ministre de l'éducation nationale ne puisse pas dire son mot sur les manuels scolaires.
Donc les manuels scolaires, le ministre de l'éducation nationale, s'il n'est pas d'accord, il le dira, et c'est à lui de prendre sa responsabilité. Avant, c'était une espèce de comité théodule qui échappait à la responsabilité du ministre. Il peut faire ça, pourquoi ? D'abord, parce que l'homme a du caractère et deuxièmement, parce qu'il connaît très très bien la machine. C'est un... Alors, il est agrégé de droit public, il a enseigné le droit à l'université, mais il est dans l'éducation nationale depuis très longtemps. Vous l'avez vu, il a été recteur en Guyane, il a été recteur aussi en métropole, il a occupé des fonctions de conseiller au ministère de l'éducation nationale.
Il connaît très très bien le sujet, il le maîtrise très bien et je pense, en le voyant, qu'il sait jusqu'où il peut aller, il sait ce qu'il peut faire, il sait comment faire. Il a la méthode, il a la bonne méthode. Pour le moment, ça marche. Cécile Cornulet.
Oui, d'ailleurs, parfois il lance des pistes et il revient en arrière. Ça a été le cas de la suppression des options, par exemple, pour le baccalauréat, il a lancé ça et puis ça a beaucoup fait débat et finalement, il semble beaucoup plus prudent aujourd'hui. Alors, pourquoi il lance toutes ces mesures, le téléphone, la chorale ? Tout simplement parce que c'est les mesures, les mots qu'attendent les parents. Il joue l'opinion publique, il joue l'opinion, beaucoup, l'opinion publique de droite, celle qui est le plus en colère contre l'école, mais c'est pour ça aussi que les syndicats sont désarçonnés.
Ils ne sont pas d'accord, les syndicats, ils sont inquiets, ils commencent un petit peu à le dire, mais quand vous avez les parents comme ça, il est le champion des sondages en ce moment, donc il est malin, il va sur les sujets de préoccupation du quotidien, il arrive modestement comme ça en lançant ces petites mesures, il s'appuie beaucoup derrière la science, par exemple, quand il aborde la dictée ou quand il aborde la révision des programmes, il dit « mais je mets en place un conseil scientifique et on écoutera ce qui se dit », donc il veut désidéologiser complètement son approche de l'éducation nationale, or c'est quand même une approche idéologique ou d'une certaine façon, c'est un peu un modèle d'école à l'ancienne, c'est le retour de l'ordre et ça, c'est ce qu'attendent les Français.
Vous savez, les parents, ils n'aiment plus tellement faire exercer l'ordre et être l'autorité à la maison auprès de leurs enfants, en revanche, ils attendent beaucoup que l'école prenne le relais.
– Nathalie Saint-Cricq, il y a quand même un côté, c'est le grand retour de l'ordre d'abord, le grand retour à l'école, le grand retour de la nostalgie, de cette image comme ça en noir et blanc de l'école, bon.
– Mais il en plaisante lui-même parce qu'en annonçant les chorales, il s'attendait à ce qu'on lui dise « ah ah ah, c'est le retour des choristes, le film, pas sur ton chemin, tout le monde ». Bref, alors après, lui, il a une idée quand même, alors je ne vais pas faire la défense de Jean-Michel Bloch, mais il a une idée que un, à savoir lire, écrire et compter, et d'ailleurs tout le monde le pense. Après, les méthodes ont varié au cours des époques, mais il pense que l'orthographe c'est essentiel, donc pourquoi pas une dictée quand on veut apprendre l'orthographe. Il pense que la méthode syllabique, si ça marche et qu'on apprend à lire, c'est quelque chose d'important.
Et lui, dans sa version chevet de manteau, macrono et tout, il considère que la pire des inégalités, c'est quand on laisse tomber un certain nombre de personnes de milieux très modestes en se disant de toute façon c'est même pas la peine de leur apprendre Victor Hugo ou de leur apprendre le latin, ils n'y arriveront pas, puis hop, après ils iront dans la formation professionnelle, ils seront...
Non, donc on peut considérer que cette droite, alors effectivement il y a un certain nombre de choses qui plaisent au Figaro, comme dit la gentille de Mersan, qui sont lecture, l'ordre, lui considère que c'est quelque chose qui est de l'école de la Troisième République qui pourrait très bien être la vision de Chevenement, même celle de Mélenchon d'une certaine manière. Parce que quand on regarde ce que disait Mélenchon quand il était à la formation professionnelle, la vision de Mélenchon était quelque chose d'extrêmement classique, bon, alors je pense qu'il y aura quelques problèmes avec le portable, notamment, même si tous les profs... Si il a appliqué...
Attendez, même si les profs sur le portable ne sont pas les personnes les plus énervées, parce que le portable, quand on est prof et qu'on a des gamins qui sont sur Facebook, des gamins, ce n'est pas méprisant, qui sont sans arrêt cramponnés à leur truc et qui n'écoutent rien, pour le reste, l'uniforme, c'est une possibilité, il ne va pas obligé à tout le monde de se remettre en blouse grise, voilà, mais lui, sa vision est extrêmement claire et elle n'est pas de droite, elle est plus égalitaire, alors on peut en discuter, mais lui, il avance, et puis surtout, moi, ce qui me frappe chez lui, c'est qu'il a des convictions, il a de l'expérience, comme vous dites, il aime les profs, il aime les enfants, il aime les élèves, voilà, donc il avance et puis il n'est pas sans arrêt à dire Emmanuel Macron veut que...
Je trouve que c'est le ministre le plus autonome, le plus autonome en pensée et en action de ce gouvernement.
Mathieu Croissandeau ? Pour une raison précise, c'est qu'il était ministre dans toutes les équipes, il aurait pu être ministre de l'éducation de François Fillon, il devait l'être, et puis finalement, il est ministre de l'éducation d'Emmanuel Macron. C'est drôle parce qu'il incarne l'idée de ce grand commis de l'État, techno, un peu société civile qui vient, en fait, il fait de la politique et il en fait très bien et c'est un vrai politique, c'est un vrai idéologue. Alors, c'est vrai qu'il a une vision de l'école qu'on peut qualifier de droite mais qui parle aux enseignants pour une raison précise, c'est que ce n'est pas la vision de droite classique.
Dans la critique des profs sur la vision de droite de l'école, c'est en gros, l'école met au service des entreprises de la chair à canon et des futurs salariés et donc, on modélise l'école pour servir le marché. Ça, ça énerve les profs. Mais quand vous êtes blouse grise, coup de règles sur les droits, le côté Hussard noir de la République, Troisième République, ça c'est une langue qui parle à tout le monde. Donc ça, c'est une première chose. Deuxième chose, il fait de la politique incroyablement parce que c'est le seul ministre de l'éducation qui pour l'instant n'a pas cédé au système de co-gestion syndicat rue de Grunel qui prévalait depuis 30 ans, 40 ans. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'avant, vous prenez, il y avait des ministres de l'éducation qui, avec les syndicats enseignants les plus forts, menaient une politique quasi de co-gestion, c'est-à-dire se mettaient d'accord sur les grands choix et puis, alors ça, il n'en a pas fini avec ça, mais les syndicats avaient leur mot à dire sur les affectations, les points, les choses comme ça. Lui, il fait ses choix tout seul, il les déroule avec une vision, oui, très troisième république de l'école et qui parle aux gens parce que c'est vrai que ça parle aux parents d'élèves et en plus, ils saucissonnent les dossiers.
Alors après, il y a une autre, à mon avis, chose qui le caractérise, c'est sa volonté d'expérimentation. C'est quelqu'un qui, tout au long de sa carrière, a été pour l'expérimentation. Alors ça, avant, c'était aussi un mot tabou dans l'éducation nationale parce qu'on était plutôt sur ce qu'on appelait aujourd'hui l'égalitarisme ou l'égalité républicaine. Tout le monde logait la même enseigne. Lui dit, il faut peut-être tenter des choses ici et là, voir si ça marche, si ça ne marche pas, on y reviendra. On nomme un comité scientifique qui que. Bref, on est sur une vision complètement différente de ce qu'ont pratiquée tous ses prédécesseurs.
C'est très pragmatique et puis alors, il a une force par rapport à tous ses prédécesseurs, c'est que ses prédécesseurs jargonnaient. Lui, il parle simple. Quand une dictée, tout le monde sait ce que c'est. Mais la dictée, c'est une idée de Valo Belkacem. C'est ça qui est drôle en plus. Un prédicat. C'est un groupe de mots dans une phrase. Il parle simple. Quand vous parlez de dictée, de chorale, de discipline, et c'est un avantage énorme. Un avantage énorme. Ce n'est pas très nouveau monde. La start-up nation, ça lui plaît à Emmanuel Macron ? Il ne devrait pas plutôt être en train de lancer une école numérique ?
La question la plus symbolique, c'était le dédoublement des classes de cours préparatoire. Ça, c'est vrai. Parce que ça, Emmanuel Macron, il en était convaincu, il l'a théorisé lui-même en disant, typiquement, c'est l'expérimentation dont on a plus de moyens à ceux qui en ont besoin et acceptons d'avoir des classes plus nombreuses dans les régions qui ont le mieux. Et c'est une mesure qui n'est ni de gauche ni de droite et qui a vocation à réduire les inégalités et les échecs scolaires. Et là, pour le coup, ça parle à tout le monde.
Et puis, il y a une petite influence de Brigitte Macron dans toute cette histoire aussi qui est très proche de Jean-Michel Blanquer et qui est très proche de son mari par définition.
Ancienne enseignante.
Ancienne enseignante et qui a une conception non pas ringarde ou ancienne mais qui considère et d'ailleurs, elle l'a toujours dit qu'il y a un certain nombre de choses qu'on doit de base, de savoir de base. Alors, ça n'empêche pas d'être 2.0, 3.0, d'être capable de faire des choses par la suite mais qui est quand même pour le coup une espèce de tronc commun de savoir minimum et elle est très proche de Jean-Michel Blanquer.
Question SMS. Jean-Michel Blanquer est-il un bon atout politique pour Emmanuel Macron ? Et si je peux préciser la question de notre téléspectateur ou en tout cas la compléter, il a de l'ambition politique ?
Alors, pour répondre d'abord au téléspectateur, je pense qu'Emmanuel Macron a joué la carte Blanquer notamment dans cette période où il y avait l'élection à la tête des Républicains parce que justement il parlait beaucoup à l'électorat de droite donc il lui a laissé carte blanche et pour Jean-Michel Blanquer le grand rendez-vous ça va être quand même la réforme du baccalauréat. Là, il y aura sans doute une loi. Là, on va peut-être rentrer dans quelque chose de plus conflictuel. Ce n'est pas tout de suite ? Non, c'est au printemps. Au printemps.
Mais c'est vrai que ce qu'il est en train de construire, c'est une popularité qui fait que ce sera plus compliqué dans cette réforme du baccalauréat pour les syndicats de s'y opposer. Alors, s'il a des ambitions, il le nie jusqu'à présent. Les ministres vont être invités à participer au bureau exécutif de La République en marche, du parti. Il dit qu'il va y aller mais qu'à priori il ne veut pas jouer de rôle politique.
À propos d'école, cette initiative 100% privée fondée par un chef d'entreprise et qui est soutenu par des grandes fortunes, en septembre, le réseau Espérance Banlieue a ouvert sa 8e école à Argenteuil dans le Val d'Oise. Alors, ce sont des écoles qui sont implantées dans des quartiers populaires et qui proposent un modèle éducatif un peu original, vous allez voir, pour lutter contre le décrochage scolaire. Lucie Lémard et David Lemarchand.
Au cœur des tours de béton d'Argenteuil, comme chaque matin depuis septembre, résonne l'écho du cours Charlemagne. Au garde-à-vous, une vingtaine d'écoliers du CP au CE2, ces enfants suivent ici les enseignements du réseau Espérance Banlieue. Des écoleurs-contrats pour lutter contre le décrochage scolaire.
L'élève méritant d'hier, c'est Youssef. Je vous encourage tous à faire comme Youssef, à bien vous concentrer sur votre travail. Si Youssef a été capable de le faire, c'est que vous aussi vous êtes capable de le faire. Donc Youssef, vous allez lever le drapeau.
Allez-y, Youssef. Rigueur, respect de l'autorité, un certain conservatisme, c'est justement ce que viennent chercher ici les parents. Ils donnent un respect au niveau des enfants, sur le salut, tous les matins, ils se saluent. mutuellement. Donc c'est ce qui m'intéressait, ce qui était important. Depuis 2012, huit établissements ont déjà vu le jour. Le cours Charlemagne est le tout dernier de ce réseau.
On ne s'implante que dans des banlieues et donc dans des endroits où on sent qu'il y a vraiment des besoins d'enfants qui sont soit déscolarisés ou des familles qui sont très défavorisées et qui ne peuvent pas bénéficier, entre guillemets, de solutions alternatives quand elles en ressentent le besoin pour leurs enfants. Et les besoins, ça peut être des enfants qui ont des difficultés scolaires et on se rend compte qu'aujourd'hui, le système de l'éducation nationale a du mal à prendre en compte ces enfants qui ont des difficultés scolaires.
Uniforme de rigueur et des méthodes pédagogiques loin du système national. Retour à la tradition parfois, mais aussi beaucoup d'innovation. Ici, par exemple, on apprend à jouer avec les chiffres. Une banane, un choumme. Dites-moi ce que je prends. Ils enlèvent 10 unités. Cette ancienne chargée des ressources humaines utilise une méthode venue d'Asie, la méthode Singapour. C'est ça qui nous intéresse, c'est que les enfants, ils aient le goût des mathématiques, que ça passe par le jeu. À partir du moment où, aujourd'hui, le niveau des mathématiques des enfants en primaire est catastrophique par rapport à nos voisins européens, c'est une aberration. Il n'y a aucune raison pour ça.
Nos enfants sont tous aussi intelligents que les autres. Donc, il faut accepter de se remettre en question aussi. 3 plus 3. 3 plus 3. Il y a un passé avec. Cette méthode d'apprentissage des mathématiques est aujourd'hui observée de près par le ministère de l'Éducation nationale. Jean-Michel Blanquer avait d'ailleurs vanté les travaux d'Espérance Banlieue en 2016 quand il était encore directeur de l'ESSEC.
Mais le réseau
inspire aussi la méfiance. Ici, au Conseil Régional d'Île-de-France, le Front de Gauche a lancé le combat contre ces écoles. On est dans une situation de totale liberté dans les types d'enseignements qui sont prodigués aux enfants. Et dans les totales libertés, on a par exemple des cours de SVT qui n'ont pas lieu, des cours d'histoire qui sont une histoire telle que l'on n'a jamais enseigné. D'ailleurs, ce sont par exemple des cours d'éducation surtout morales, mais beaucoup moins civiques et citoyennes. Ce sont des écoles d'un type extrêmement particulier. Ce sont des écoles qui n'ont aucun contrôle de l'État et aucune contrepartie vis-à-vis de l'État.
Ce sont des écoles qui se situent hors du cadre républicain. Pas d'obligation de respecter les programmes nationaux pour les écoles hors contrat. Mais le ministère assure que ces établissements sont surveillés.
C'est intéressant de découvrir ce genre d'initiative. C'est la huitième, je le répète, l'huitième établissement de ce genre, Espérance Banlieue qui ouvre ses portes.
Des très petits effectifs, Jean-Michel Blanquer, c'est sans doute aussi un peu inspiré de ce qui se fait dans ces écoles. C'est des effectifs de 15 élèves et donc un suivi très personnalisé des élèves.
Des fonds privés. Alors c'est ça aussi qui fait grincer des dents. Oui, enfin ça fait grincer des dents, mais il faut quand même savoir que tous les ans, au mois de juin, c'est la cohue à la porte des établissements privés parce que justement l'éducation nationale publique est défaillante. Pas partout, évidemment. Si vous allez dans le centre-ville de Paris ou de Bordeaux, vous trouverez les plus grands lycées. Et de plus en plus de gens modestes se serrent la ceinture pour inscrire leurs enfants, y compris les enseignants d'ailleurs, il faut le dire, du public, pour inscrire leurs enfants dans des écoles privées.
Donc il est grand temps qu'effectivement on se penche sur l'avenir de l'éducation nationale pour faire en sorte qu'on restaure les missions qu'elle assumait si parfaitement partout sur le territoire il y a encore une dizaine, enfin une trentaine d'années. Voici maintenant vos questions à SMS et Internet. Alors on va revenir à l'actualité de ce samedi avec à la fois l'anniversaire du président bien sûr à Chambord et les déclarations de patrimoine qui ont été rendues publiques des ministres. Ça suscite beaucoup beaucoup de questions de votre part. En voici une. Des ministres millionnaires peuvent-ils vraiment comprendre les préoccupations des citoyens modestes ou pauvres ?
Écoutez, ça c'est vraiment une éternelle question. On va répondre, enfin je vais répondre, en 1936 le patron du Front Populaire s'appelait Léon Blum et Léon Blum était issu d'une famille d'une grande richesse. On l'accusait alors que c'est lui qui avait fait toutes les grandes réformes dont on parle encore aujourd'hui les congés payés enfin j'en passe c'est des meilleurs le sport à l'école et bien on l'accusait à l'époque de manger dans de l'argent en crise qui était faux d'ailleurs.
Le premier ministre socialiste le deuxième premier ministre socialiste de François Mitterrand s'appelait Laurent Fabius Laurent Fabius était d'une très grande famille extrêmement riche la richesse ne fait pas toujours la qualité mais elle peut très bien être synonyme de talent et donc moi je trouve que ça c'est vraiment si vous voulez un état d'esprit qui est particulier.
Il y a une question un peu plus précise encore regardez comment comprendre le monde du travail actuel c'est vrai c'est vrai qu'il n'y a jamais eu autant de précarité jamais eu autant de chômeurs jamais eu autant de difficultés pour retrouver un boulot quand on est aussi riche là je pense que c'est aussi une allusion bien sûr à Madame Pénicaud qui est la championne je pense que ce serait bien passer de ce titre de ce classement du patrimoine des ministres Alors d'abord
il faut voir le parcours il faut voir la personne l'humanité de la personne et puis il n'y a pas forcément de déterminisme comme disait Yves ça serait horrible que quelqu'un de riche soit capable de comprendre la souffrance que quelqu'un de pauvre soit incapable de comprendre la richesse et à un moment donné où c'est tout l'espoir des humains c'est qu'il soit capable alors après il faut qu'il fasse attention c'est à dire que c'est noblesse oblige ou noblesse ou pas noblesse ou argent oblige c'est à dire je pense que quand on a un certain nombre de facilités c'est à dire qu'on n'a pas eu on a pu faire garder ses enfants facilement qu'on peut partir se reposer quand on veut se reposer où on veut parce qu'on a les moyens qu'on a une maison de campagne du personnel je ne sais pas quoi ça demande une espèce de comment dire il faut avoir un caractère extrêmement attentif pour ne jamais être une violence pour les autres et se faire un peu oublier ça et surtout être très à l'écoute mais ça on va voir mais par pitié si on était incapable de comprendre simplement parce qu'on est aisé c'est effectivement le cas de Bloom serait ce que je veux dire
c'est que Madame Pénicot la prochaine interview elle va se rendre elle va être interrogée ça sera peut-être même la première question sur son patrimoine et voilà ça risque de la mettre en difficulté je ne sais pas ça pose un problème quand même politique sur tout un nombre de sujets je prends un exemple tout simple le SMIC c'est pas le fait que les ministres soient riches mais le fait qu'il n'y ait jamais de SMICard pour discuter de l'avenir du SMIC ça pose quand même une question il y a toujours des économistes de renom il y a toujours des gens il ne s'agit pas de faire du basisme ou de la démagogie mais vivre avec le SMIC c'est une réalité et si on ne connait pas cette réalité là si on ne rencontre pas des gens qui vivent cette réalité c'est très facile de dire on bloque il n'y a pas besoin de coup de pouce ces choses là donc il faut faire attention à ne pas se couper du monde alors après c'est un gouvernement qui n'est pas forcément coupé du monde parce qu'il y a des gens qui viennent du monde du travail qui viennent de la fonction publique qui viennent d'horizons un peu plus divers et différents qui ne sont pas seulement des anciens élus ou collaborateurs d'élus comme dans tous les gouvernements précédents ou la plupart comme on en avait donc c'est moins un niveau de richesse qu'un niveau de lien avec le terrain et avec les préoccupations des français qui me semblent
si je puis concleter c'est pour ça que ça avait choqué les paroles d'Emmanuel Macron sur le bordel vous vous souvenez quand il disait au fond à des syndicalistes faites 200 kilomètres pour aller trouver du boulot c'est quand même pas très compliqué que ça et ça ça avait paru comme quelqu'un qui ne peut pas comprendre que quand on est dans une telle précarité et bien la mobilité qui paraît si facile à quelqu'un qui a de l'argent et qui voyage tout le temps c'est quelque chose de compliqué de faire deux heures par jour aller deux heures retour et bien
c'est compliqué avec une difficulté supplémentaire c'est comme très peu ont été élus c'est-à-dire sont des élus de terrain quand on est élu de terrain qu'on soit riche ou qu'on soit pauvre on reçoit des gens dans les permanents c'est-à-dire qu'on voit un certain nombre de personnes qui sont désespérées parce qu'elles ont perdu leur travail qu'elles ne peuvent pas bouger comme on le disait parce qu'elles ont des crédits pour leur maison et le fait qu'aucun enfin une expérience locale un enracinement qui fait qu'on voit les gens qui sont les migrants dans la rue qu'on voit on voit des gens à bout ça c'est quand même un défi pour eux et pour effectivement ne pas donner cette impression d'une espèce de gouvernement et d'un président qui ne connaît que les euros du monde
et on n'est jamais content en même temps quand c'était des politiques pur jus on disait ils ne connaissent pas le monde du travail ils n'ont pas été dans une entreprise elle, elle a été dans une entreprise elle a même affronté des organisations syndicales en tant que DRH
autre symbole regardez cette question comment un ministre de l'écologie peut-il posséder six voitures il y a peut-être une précision à apporter c'est que ce n'est pas parce qu'il a il est propriétaire de six voitures qu'elles sont il a des enfants il a une épouse on ne sait pas ce n'est pas précisé il a plusieurs maisons donc il y a peut-être une voiture dans chaque maison non mais écoutez ce n'est pas je ne sais pas si ça range lui-même le dit nous il nous le disait dans une interview qu'on a faite à l'Obs il y a trois semaines si on me suivait complètement à la trace peut-être qu'on trouverait quelques incohérences mais personne ne peut remettre en cause les convictions écologiques de Nicolas Hulot on peut être contre on peut dire qu'il ne va pas assez loin mais je veux dire c'est un véritable écologiste la question qui suit est je crois la meilleure depuis que je présente cette émission je vous préviens doit-on s'attendre à une crise de la quarantaine de la part d'Emmanuel Macron là vraiment bravo j'adore cette question je ne sais pas qui est la personne qui nous regarde vraiment félicitations alors maintenant qui va répondre à cette question on fait un bilan
de sa vie à 40 ans je n'ai pas assez réussi lui il ne pourra pas se dire ça
bravo Cécile bravo vous avez réussi à répondre à cette question qui nous a bien fait rire Chambord voilà une question peut-être que ce sera plus facile d'y répondre ne serait-il pas un symbole de renaissance c'est joli ça ah oui évidemment le château de la renaissance mais pourquoi pas je ne crois pas qu'il soit allé jusque là quand même je pense qu'il avait la volonté de montrer il fait ce qu'il veut en plus alors justement regardez la question suivante s'il fête son anniversaire avec ses proches et avec son argent pourquoi médiatise-t-on cet événement ?
parce que ça nous intrigue parce que ça nous amuse c'est le président et c'est qu'il n'a pas un geste alors on saura qu'il a dîné dans une crêperie hier soir demain on aura le menu mais c'est vrai en plus on aura le menu de jambon-beurre complète on saura demain quel a été le menu c'est comme ça mais il ne faut pas que ça prenne une part dans les journaux dans les journaux télévisés on ne va pas faire 4 minutes là-dessus c'est une curiosité tout de suite il n'y a plus un élément de privé quand on est président de la république et quand on communique dans un sens quand on a envie de communiquer et bien on s'expose aussi à ce que les gens ont envie de savoir tout ce qu'on fait
Macron à Chambord est-ce une manière pour la république de renouer avec l'ancien régime ?
On n'a jamais quitté l'ancien régime je pense qu'il avait une analyse assez juste dans cette interview qu'il avait donnée il y a deux ans pour dire que la France beaucoup de français avaient une certaine nostalgie de cette monarchie et regardez les commentaires qui ont été qui ont accompagné Emmanuel Macron quand il est arrivé à l'Elysée en disant il représente bien la France on a retrouvé du lustre avec des symboles militaires d'ailleurs il descend les Champs-Elysées en commande car les militaires sont à l'honneur et vous avez vu que la plupart des français ont apprécié cette séquence et ils apprécient que leur président de la république et bien les respectent une certaine pompe et c'est ce que n'avait pas compris Nicolas Sarkozy qui voulait lui se rapprocher du peuple il s'est tellement rapproché du peuple que le peuple ne veut pas que son président soit comme lui précisément et quant à François Hollande il avait fait une grosse erreur en disant le président il est normal et non un président n'est pas normal il le reconnaît d'ailleurs aujourd'hui et il le reconnaît aujourd'hui et puis il est fasciné aussi par la monarchie il est nourri d'histoire je crois qu'il y a une anecdote dans le livre de Besson sur sa campagne qui raconte qu'il a fait un détour par la basilique Saint-Denis mais pour regarder
il n'est pas rentré
en tout cas où sont enterrés tous les rois de France saluer les chasseurs n'est-ce pas un coup porté à Nicolas Hulot ah est-ce qu'il aurait pu éviter ça ça ça pose une vraie question la semaine on fait le sommet climat aller parader avec des chasseurs alors c'est une battue de régulation c'est pas une chasse à cour de nantie mais c'est vraiment un symbole absolu de classe et puis en plus c'est un symbole la chasse qui pose une vraie question Nicolas Hulot a pris des positions en tout cas beaucoup plus dures sur les chasseurs
et vis-à-vis des jeunes générations c'est pas forcément quelque chose
je trouve que c'est un lobby électoral énorme
d'accord
non non mais il manie ça c'est pour ça qu'il y a
le panda de l'autre côté
les hommes politiques manient toujours les chasseurs avec énormément de délicatesse je dirais Chambord va-t-il connaître un afflux de touristes étrangers ces prochains mois c'est probable c'est probable c'est vrai qu'il a une image on a vu la une de ce magazine allemand il a une image à l'étranger qui est c'est un château c'est un château un petit peu connu quand même déjà on peut le rappeler c'est un peu connu Chambord joyau manier Macron ou pas ça vaut le coup de y aller
quand il invite Vladimir Poutine à Versailles quand il invite Trump à la tour Eiffel il le fait aussi sachant que ces images là vont voyager et que c'est un peu un catalogue touristique de la France
donc la question la question était bonne le traditionnalisme revient-il en force avec Emmanuel Macron alors ça revient au thème de notre émission à ce titre et en même temps c'est la réponse effectivement si vous voulez ce qui est extraordinaire avec ce président enfin extraordinaire au sens où pour un observateur c'est que c'est probablement un des hommes politiques qui est le mieux que le plus apte à vous parler d'économie numérique et de l'économie de demain ce qu'il fait très très bien parce qu'il maîtrise ça parfaitement mais c'est aussi un homme du passé parce qu'il a une culture il est cultivé on ne peut pas lui enlever ça bon et pourquoi pas marier les deux après tout le passé et l'avenir et bien on n'a rien de plus à demander la cote de popularité d'Emmanuel Macron est en hausse on ne l'a pas dit c'est vrai depuis le début comment ça s'explique c'est sans précédent
une remontée comme ça à ce point d'être redevenu populaire alors qu'il était impopulaire beaucoup sur l'électorat de droite
merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air dans un instant Ali Badou pour Célebdo demain ne manquez pas 18h30 c'est Politique Karim Rissouli qui recevra notamment Yann Arthus Bertrand lundi retour de Caroline Roux très bonne soirée sur France 5