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Podcast / conversationBLAST (sur YouTube)· 23 juillet 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationEurope & international

LOI DUPLOMB : UNE NÉGATION ABSOLUE DE LA SCIENCE ET DE LA DÉMOCRATIE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 46 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les effets des pesticides sur la santé humaine ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la loi Duplomb cristallise-t-elle autant de colère ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    En quoi l'acétamipride est-il particulièrement dangereux ?

  • 14:00RelanceRéponse partielle

    Comment expliquer l'adoption d'une loi aussi controversée ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quelles alternatives existent à l'usage des pesticides ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Chiffre
    « La France est l'un des pays qui utilise le plus de pesticides au monde. »
  • 3:00Chiffre
    « La France a le triste record mondial des cancers du sein. »
  • 4:00Fait
    « La loi du plomb prévoit notamment de réintroduire les néonicotinoïdes interdits en France depuis 2020. »
  • 8:00Fait
    « On trouve des résidus de pesticides dans les urines de tous les Français quasiment. »
  • 18:00Chiffre
    « Il y a 70 ou 80 % d'insectes en moins en France qui ont disparu. »
  • 0:15Locuteur 1Fait
    « il y a quand même une rupture euh de de de d'idéologie politique, c'est qu'il y a quand même des gens qui qui ne prennent pas forcément en compte la santé publique. »
  • 0:30Locuteur 1Fait
    « le mépris de du sénateur du plan quand il explique que les 1600000 personnes ont été manipulé, c'est un bel exemple »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « on retrouve d'ailleurs des traces de péticides dans l'essentiel des fruits et légumes »
  • 5:00Locuteur 1Promesse
    « un panier d'agriculture biologique pour les 1000 premiers jours de vie de la fécondation jusqu'à l'âge de 2 ans »
  • 6:00Locuteur 1Promesse
    « il faut maintenant que ce registre, il soit ambitieux. C'est-à-dire que à chaque nouveau diagnostic de cancer, il faut qu'on finance des personnels pour aller mesurer l'exposition des personnes victimes de cancer »
  • 8:00Locuteur 1Fait
    « les personnes les plus vulnérables euh sont plus touchées par des maladies que les autres quand vous n'avez pas le choix que de vivre à côté d'usine chimique »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La loi du plomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Ce sont les mots de la pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale par une étudiante de 23 ans et qui a explosé tous les records. En plein milieu de l'été, elle suscite une mobilisation sans précédent et pourrait bien atteindre les 2 millions de signatures.

Ce succès met en lumière la façon dont cette loi cristallise les inquiétudes environnementales et sanitaires. Le gouvernement ne pourra pas ignorer qu'il y a une réaction populaire à ce texte. Les députés vont-ils revoir leur position sur la désormais célèbre loi du plomb ?

De plus en plus de personnes font le lien entre le système agroindustriel, leur alimentation, les pesticides et l'augmentation de cancer et de maladies dans leur entourage. Et c'est un fait, la France est l'un des pays qui utilise le plus de pesticides au monde. Ces substances largement répandues dans l'environnement ont un impact direct non seulement sur la biodiversité mais aussi sur la santé humaine.

Et tout ceci est prouvé scientifiquement. Ce que l'on voit de plus en plus dans tous nos cabinets médicaux, c'est une augmentation des maladies chroniques, c'est-à-dire les cancers qui touchent de plus en plus de personnes jeune en dessous de 50 ans. La France a le triste record mondial des cancers du sein.

On voit de plus en plus de maladies métaboliques. On voit de plus en plus de troubles neurodégénératifs. Et toutes ces pathologies ont été mises en lien par l'INERBE avec l'exposition au pesticides.

Ça ne signifie pas que les pesticides sont les seules causes de ces maladies. Ça veut dire que les pesticides font partie de l'exposome. La loi du plomb prévoit notamment de réintroduire les néonicotinoïdes interdits en France depuis 2020.

Au cœur de la polémique, l'acétamyride, un pesticide tueur d'insectes pollinisateurs mais aussi suspecté d'être toxique pour le développement du cerveau humain et qui pourrait être responsable de cas de cancer du sein. Le doute en l'occurrence n'est pas raisonnable. En l'occurrence, il y a quand même des dizaines de travaux qui montrent que la cami est toxique.

La loi du plomb recrée un lien entre santé et environnement. Pour le président du directoire de la Fondation pour la recherche médicale, elle illustre cette tendance à céder au court terme au risque de fabriquer les cancers et les maladie chroniques qui se révéleront dans 30 ans. Malgré les dizaines de tribunes d'alertes, de médecins, de scientifiques, de sociétés savantes, d'association de patients contre la loi du plomb, le texte a été voté sans réel débat démocratique.

C'est donc en réalité une question plus large encore qui secoue la société française, celle de l'état de notre démocratie, de la capacité des politique à prendre en compte les faits scientifiques et la volonté des citoyennes et citoyens d'avoir leurs mots à dire sur leur avis. Il s'agit de ne plus pouvoir échapper à l'empoisonnement et c'est ça qu'on est en train de dire au gouvernement disant on ne peut plus protéger les intérêts d'industriel ultra privilégié parce que là l'heure est vraiment grave. Alors, que raconte la mobilisation contre la loi du plan ?

Quels sont les effets des pesticides sur la santé humaine ? Et comment sortir de ce qui semble être une impasse ? Réponse dans cet entretien blast avec Fleur Bretau, fondatrice du collectif Cancer Colaire et Pierre Suubert, chercheur et initiateur de la tribune.

L'adoption de la loi du plomb représenterait un recul majeur pour la santé publique. Bonjour à tous les deux. Bonjour.

Merci d'être venu sur le plateau de Blast. Alors Pierre Suobert, vous êtes professeur d'hématologie aux hospices civils de Lyon et à l'université Claude Bernard à Lyon aussi. Vous êtes chercheur au centre international de recherche en infecteiologie à chercheur à l'INCERME mais aussi au CNRS et vous êtes l'auteur de la tribune sortie dans le monde le 25 juin 2025 intitulé "L'adoption de la loi du plomb représenterait un recul majeur pour la santé publique et signé par 22 sociétés savantes médicales, 15 associations de patients, trois collectifs en santé et sep institutions scientifiques dont notamment parmi tous ces noms la Ligue nationale contrôle de Cancer ou encore la société française de neurologie Fleur Bretu.

Vous avez fait des études de lettrre et de cinéma. Vous avez notamment travaillé dans la communication et la publicité et vous avez lancé une marque de vêtements éthiques et vous êtes fondatrice du collectif Cancer Colaire que vous avez créé après l'adoption de la proposition de loi du plomb par les sénateurs en janvier 2025. Le but de ce collectif c'est de politiser le cancer maladie dont vous souffrez pour la deuxième fois.

Vous vous êtes aussi mobilisé justement contre la loi du plomb et vous êtes devenu un des nouveaux visages du combat contre les pesticides. Vous étiez d'ailleurs à l'Assemblée nationale au moment du vote de la loi du plomb et vous avez crié à l'attention de la droite de l'extrême droite et du bloc présidentiel qui ont en grande majorité voté ce texte. Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir.

Certains vous ont hué, d'autres ont ri alors que vous étiez applaudis plutôt par les députés de gauche. Comment est-ce que vous avez vécu ce moment et plus généralement l'adoption de la loi du plan ? En assistant à la séance euh à l'Assemblée nationale, j'ai été très choquée par euh le niveau de des prises de parole euh des représentants euh de l'extrême droite et de la droite et de la ministre de l'agriculture.

Le niveau de mensonge et de et de contrevérité. Nos agriculteurs ne demandent pas de passe droit mais l'équité. Ils ne veulent plus subir des distorsions de concurrence issues de surtransposition nationale injustifiée.

Toutes les données dont nous disposons sur la démographie des abeilles montrent que l'interdiction totale des néonicotinoïdes, tout comme leur introduction temporaire dans la filière betterravière, ont eu un impact négligeable si ce n'est inexistant. Mes chers collègues, ce texte est une réponse claire pour permettre à nos agriculteurs d'exercer leur métier dans des conditions dignes et durables. Et ça m'a beaucoup choqué parce qu'il s'agissait quand même euh d'un de discuter d'une loi qui allait enfin le vote de cette loi allait être un détonateur de et déclencher des milliers de malades. et je me suis j'ai été vraiment choquée en assistant à ces à ces prises de parole et très lucide.

On a compris très vite que le vote allait enfin la loi allait être adoptée et je me suis dit étant visiteuse, je n'avais pas le droit de prendre la parole et j'ai décidé comme j'étais la seule à avoir la tête du cancer, j'ai décidé que c'était à la société civile de conclure ce vote et c'est pour ça que j'ai pris la parole. Pour moi, ça aurait été une erreur de pas le faire. Pierre Sujobert, même question.

Qu'est-ce que vous avez ressenti et pensé au moment de la de l'adoption de la loi du plomb à l'Assemblée nationale ? Donc nous, on s'est exprimé en tant que médecin et scientifique sur l'impact des pesticides sur la santé. Quand on a vu la loi du plomb qui se préparait, on a estimé que c'était important d'intervenir dans le débat public pour expliquer notamment aux parlementaires quels étaient les effets des pesticides sur la santé.

Euh en France, il y a beaucoup de données là-dessus. Euh l'INSERM a produit un rapport qui est très important, qui analyse plus de 5000 articles scientifiques qui décortiquent ces liens des pesticides avec la santé et c'est pas forcément facile de lire un rapport de l'INCERM. Donc, on a jugé que c'était important d'alerter les parlementaires par cette tribune dans le monde et euh en leur envoyant aussi euh à certains groupes directement le le texte de cette tribune.

Euh malgré ça, on a vu le processus parlementaire qui s'est déroulé de manière anormale, je pense, hein, le la motion de rejet préalable à l'Assemblée nationale qui a coupé court à tout débat. Euh, on peut considérer que c'était une façon de faire obstruction au droit d'amendement qui est un droit constitutionnel. Et on a vu sans surprise, mais quand même avec tristesse, le vote de cette loi définitive par l'Assemblée nationale le 8 juillet.

Mais avant, il y avait eu la mobilisation contre cette loi et ça ça a été aussi un motif d'espoir de se dire que il y avait des associations de patients qui s'investissaient dans le terrain politique et et je pense que ça c'est utile que les collectifs de soignants, de scientifiques prenaient la parole publiquement. Pour nous, c'est pas facile hein de nous exprimer sur le terrain politique. Euh notre parole de scientifique, elle est extrêmement surveillée, c'est normal.

Et on se doit de tenir un discours de vérité dans la sphère politique. La vérité est pas toujours euh le le juge des débats. Euh et donc on a vu cette coalition en quelque sorte de de fête d'intérêt divers de la population et qui est source d'espoir et qui a été confirmé par cette pétition au succès fabuleux. qu'on a vu euh ce weekend, enfin en tout cas qui a dépassé tous les records ce weekend.

Est-ce que je peux rajouter quelque chose ? Cancer colère avait écrit pendant plusieurs semaines à tous les parlementaires en les informant des chiffres de l'épidémie de cancer qui ont été publiés par Santé publique France en début d'année et qui sont très alarmants. Et on on les a appelé, on les a contacté et on les a alerté en leur disant "Attention, votre vote le 8 juillet sera important parce qu'il il vous positionnera comme allié ou pas du cancer." Donc c'est aussi pour ça qu'on a pris la parole et l'idée c'est que on veut aussi casser ce mantra qui est bah on guérit du cancer.

Bah guir du cancer, c'est pas c'est pas chose simple, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Et ce qui est très choquant, c'est de voir que des politiques peuvent prendre avec autant de mépris et de légèreté euh la maladie qui touche maintenant malheureusement beaucoup les enfants et les jeunes de 15 à 39 ans. Donc il s'agit aussi d'un d'une responsabilité de la société civile maintenant et c'est aussi pour ça que le collectif Cancer colère s'est exprimé ce jour là et que nous on arrive avec une parole de malade et d'ex-mades qui jusqu'à présent n'était pas audible dans le débat public et ça change un petit peu la donne aussi.

Oui. Et d'ailleurs justement pour rejoindre ce que vous disiez sur la communauté scientifique, on a vu des instituts comme l'Institut d'écologie et d'environnement du CNRS sortir de leur réserve, ce qui est assez inédit. Cet institut a déclaré juste après le vote regrettait profondément l'adoption de cette loi à la vision court termiste et ses conséquences graves sur l'environnement qui mépris santé et bien-être de la population ainsi que le rôle des espèces sauvages dans la production agricole.

Et en ajoutant la communauté scientifique n'a pas été entendue. Avant d'envenir au détail justement qu'est-ce que parce que c'est le but de cet entretien aussi, c'est prendre un peu de la de hauteur sur ce qu'on est en train de vivre en ce moment. Qu'est-ce qu'elle symbolise cette loi du plomb pour vous ?

En fait, quand il s'agit de de domaines dans lesquels il y a des intérêts économiques très importants comme celui des pesticides par exemple, euh comme celui du tabac un petit peu avant, enfin encore maintenant mais avant, euh les industriels qui vivent de du commerce de ces substances ont pris l'habitude de produire des ce qu'on appelle du doute, c'est-à-dire il crée en fait l'impression que les connaissances scientifiques ne sont pas suffisamment solides, que les scientifiques hésitent encore sur les conclusions et cetera. Les scientifiques, notre travail c'est d'approcher le plus possible la vérité. Pour ça, on a des méthodes expérimentales, on a des méthodes dans notre façon de travailler.

Nos travaux sont t toujours évalués par des paires qui ne nous qui ne nous connaissent pas et qui nous adressent des critiques extrêmement sévères qui nous obligent à améliorer le niveau de preuve et cetera. Et on sait que la science ne produit jamais une connaissance définitive mais approche toujours un peu plus de la vérité. En face de ça, on a des groupes d'intérêt dont le but est de prolonger la période dans laquelle ils pourront vendre leur substance.

Et ces groupes, ils sont pas là pour produire de la vérité. Ils sont là pour produire de la valeur à partir de substan et quand bien même elle serait toxique pour la santé publique. Et l'adoption de la loi du plomb en fait est à mon sens paradigmatique d'une décision politique qui entend plus les lobby que les scientifiques.

Et j'en veux pas forcément aux parlementaires parce que peut-être qu'ils ne se rendent pas compte de l'influence à laquelle ils sont soumis. Euh le Sénat a récemment euh condamné Fitéis pour avoir exercé lobbying qui étaiit qui ne respectaient pas les règles élémentaires du lobbying. Donc les sénateurs, les parlementaires sont probablement sous la pression de ces lobby et n'ont pas réussi à entendre les messages qu'on leur faisait parvenir nous scientifiques.

Donc il y a un vrai enjeu démocratique hein, que ce soit pour les pesticides, mais que ce soit pour le réchauffement climatique, pour l'exposition des enfants aux écrans et cetera et cetera. Il y a un vrai enjeu à à défendre la place de la science qui est peut-être imparfaite mais elle est l'élément de base pour produire des vérités sur laquelle on peut fonder une communauté politique qui s'entend sur des réalités, des faits à partir desquels des choix, des opinions, des valeurs peuvent s'exprimer. Mais les faits, il faut quand même qu'on arrive à se mettre d'accord dessus.

Et on voit aux États-Unis ce qui se passe quand on tourne objectivement le dos à l'importance des faits, de la réalité, de la vérité. Et c'est ce qu'on entend et ce qui est dénoncé euh beaucoup ces derniers temps, c'est le fait que le gouvernement français se détache de plus en plus de la réalité écologique pour prendre des décisions publiques qui sont censées garantir l'intérêt général général. Et le paradoxe d'une certaine manière, c'est aussi que ces lobby phyosanitaires dont vous parlez, donc qui produisent les pesticides, sont aussi bien souvent ceux qui produisent les médicaments euh qui parfois vont soigner les impacts de ces enfin les maladies qui sont causées par ces mêmes pesticides.

Alors moi je vais vous dire c'est un des déclencheurs de la naissance de cancer colaire. C'est quand j'ai appris que euh Bayern Monsanto ou BASF fabriquait à la fois des pesticides, des produits phytosanitaires et des traitements contre le cancer. Et quand j'ai fait des recherches et que je me suis rendu compte que Bayern Monsanto finançait un grand campus cancer aux États-Unis, je me suis dit mais nous nous depuis que je suis petite, on me dit qu'on peut pas gagner le beurre et la rentre mais il y a des industriels qui le font et je je il me semble que c'est un conflit d'intérêt majeur dont on ne parle pas.

Quand j'en parle autour de moi, les gens ne sont pas informés. Les journalistes n'étaient pas informés de ce fait. Et je pense qu'il y a quand même un énorme problème de conflit d'intérêt qui fait que on ne peut pas préserver la santé publique en France. si des entreprises euh ont des pratiques aussi euh aussi douteuses.

Par ailleurs quand même les BASF a été pris la main dans le sac de fabriquer des pesticides interdits en Union européenne sur le sol français pour les exporter notamment au Brésil. Sachant qu' ces produits-là, on les retrouve après en France via des tourteaux de soja pour nourrir euh les animaux d'élevage, donc d'élevage notamment industriel. Et je il y a un problème de pratique illégale dans l'agrochimie qu'il va falloir aussi dénoncer si on veut euh préserver la santé publique en France.

Moi, juste à ce sujet euh que les industries qui produisent des médicaments soient aussi celles qui sont capables de produire des pesticides. Euh je c'est le fait. C'est c'est un c'est un fait.

Je ne pense pas en tout cas je n'ose pas imaginer que ce soit un cynisme ou quelque chose comme ça. Je pense que les compétences pour développer une molécule à usage humain ou à usage phytosanitaire sont relativement similaires. Il faut des chimistes qui ont le même type de compétence. le type d'investigation expérimental pour les développer sont relativement proches et donc c'est un socle de capacité d'élaboration et de production qui après ont deux usages différents.

C'est juste pour dire que on peut arriver à cette Je suis d'accord mais il y a un gros problème d'autorisation de mise sur le marché des pesticides puisque c'est très très mal encadré pour qu'un pesticide soit autorisé sur le marché en Union européenne, ce sont les agrochimistes eux-mêmes, les multinationales qui produisent les études d'impact. avait parlé ici avec ce que je veux dire c'est que il y a un un problème d'encadrement juridique et effectivement on est dans un moment où on peut quand même avoir un problème de confiance quant à ces à cette industrie. Alors pour revenir justement un peu plus précisément sur la la loi du plomb, on vous le disait tout à l'heure hein, il y a une large mobilisation citoyenne qui a émergé avant l'adoption de cette loi mais aussi après euh au moment où nous tournons cette vidéo la pétition qui a été déposée euh sur le site de l'Assemblée nationale par Éléonore Pateri.

Étudiante de 23 ans a recueilli plus de 1,6 million de signatures, ce qui est du jamais vu. Dans son texte, elle écrit notamment "La loi du plomb représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire et le bon sens." et elle cite la loi constitutionnelle de 2005 qui stipule que chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Pour beaucoup en fait, cette loi du plomb, elle est un peu la goutte de trop. Elle cristallise une révolte, une colère qui est exprimée là par cette étudiante qui ajoute d'ailleurs "Nous sommes ce que nous mangeons et vous voulez nous faire manger quoi ?" Du poison.

Avant de d'en venir à la question de l'acétamyride, ce néonicotinoïde qui est réintroduit par la doi du plomb, Pierre Sujobert, est-ce que vous pouvez expliquer quels sont les effets avérés des pesticides ? sur la santé humaine et qui sont les personnes les plus touchées aujourd'hui. Donc en fait, il faut lire le rapport de l'INERMne mais je peux vous expliquer un peu les grandes lignes.

Déjà, les pesticides, c'est toute une famille de molécules. Il y a plus de 200 molécules enfin ou 400 qui sont bref, il y a énormément de molécules qui sont utilisées euh dans les champs en France actuellement et ils n'ont pas tous les mêmes toxicités, le même type de profil de dangerosité et cetera. Mais l'inserme reconnaît une présomption forte, c'est comme ça que l'incerme s'exprime, euh de lien entre l'exposition au pesticides et les cancers de la prostate, les lymphomes, les miélomes, euh certaines leucémies, certaines tumeurs cérébrales de l'enfant. une présomption forte de l'association avec la maladie de Parkinson, avec des troubles cognitifs, avec le développement neurologique des enfants, avec des maladies de la thyroïde, avec la la broncopneopathie chronique obstructive, donc des des problèmes pulmonaires qui peuvent être très graves.

Euh et puis au-delà de ces présomptions fortes, il y a des présomptions plus faibles. Ça veut pas dire qu'elles ne sont pas avérées. Ça veut dire que le niveau de preuve n'est pas suffisant pour que l'INCERME affirme que c'est un niveau de preuve élevé avec toute une série de maladies dont sont victimes en premier lieu les agriculteurs, les familles des agriculteurs, leurs enfants.

Donc cette loi a une forme de cynisme à vouloir prendre soin des agriculteurs en leur laissant la possibilité de continuer à s'empoisonner avec ces produits. les riverins des agriculteurs qui sont exposés quand un agriculteur épend dans son champ et la population générale parce que les pesticides se retrouvent dans l'eau de boisson, se retrouvent dans les nappes fréatiques, dans les poussières qui sont dans nos maisons et en fait on trouve des résidus de pesticides dans les urines de tous les français quasiment. Donc c'est un un sujet qui concerne en premier lieu les agriculteurs, en deuxème lieu les personnes qui vivent à la campagne mais en fait qui concerne toute la population et je pense que le million et demi de personnes qui ont déjà voté la pétition traduit en fait le fait que ces agents concernent beaucoup plus que l'agriculture.

Ça concerne la santé, donc ça concerne tout le monde. Oui. et que et que de plus en plus de personnes ont autour d'elle en fait des gens qui souffrent du cancer ou de plus en plus de personnes ont elles-mêmes d'ailleurs déjà dû surmonter un cancer.

Fleur Bretu, le 27 mai 2025, vous avez pris la parole lors d'une manifestation contre la loi du plomb pour appeler euh les malades, ex-malades et futurs malades à unir leurs énergies, leurs colères pour visibiliser les causes structurelles du cancer, les pesticides et les inégalités sociales. Vous me l'avez dit euh quand je vous ai appelé avant cet entretien, on incarne les conséquences d'un système qui ne fonctionne plus, qui est en roue libre. C'est en réalité contre les pesticides de façon générale que vous vous battez et finalement contre un système avec cancer colaire.

Absolument. La loi du plomb, c'est un détonateur. Enfin, c'est c'est un tout se concentre autour de la loi du plomb, mais le problème est bien plus large.

Euh les dernières informations que j'ai, c'est qu'il y a 296 molécules actives de pesticides qui circulent en France dans l'agriculture. Elles sont de plus en plus puissantes ces molécules. C'est qu'elles ont besoin d'être de moins en moins dosées pour avoir des ravages de plus en plus importants.

On en retrouve partout. Il y a eu des bombes sanitaires cette année, les eaux de Nesley, le cadmium, la population française est contaminée au cadmium dans des proportions importantes. La question qu'on se pose, c'est comment est-ce qu'on fait pour ne pour ne pas être contaminé à notre insu ?

En fait, ça n'est plus possible et c'est ça qui mobilise les gens autour de cancer colaire. Enfin, en tout cas, il y a beaucoup de gens qui nous écrivent. On a reçu des centaines, des milliers de messages de personnes de toute la France qui soit témoignent, soit veulent nous rejoindre.

Et on a des témoignages très très différents et qui ne font que nous renforcer dans notre détermination à politiser le cancer pour mobiliser les gens autour de la santé publique. Parce que on a des agricultrices, des agriculteurs, on a des riverins, des rivraines, des gens qui habitent en ville, tous les tous les profils, tous les âges, on a des témoignages bouleversants. Il y a une famille en Auvergne, les parents sont le père est ouvrier agricole, ils ont deux adolescents, toute la famille a un cancer.

H Il y a des gens qui on nous écrivent, ils ont 50 ans, il ils ont un cancer depuis qu'ils ont 30 ans, ils habitent en zone rurale. Ça veut dire quoi guérir du cancer ? Quand vous avez une femme qui a un enfant handicapé et un enfant qui a une lecémie, cette personne, elle la honte qu'elle porte est tellement puissante.

Je c'est ça aussi, c'est se dire on finit par être honteux des maladies qu'on porte en se remettant aux cause nos pratiques individuelles. Mais sauf qu'en fait, il ne s'agit plus de ça. Il s'agit de ne plus pouvoir échapper à l'empoisonnement.

Et c'est ça qu'on est en train de dire euh au gouvernement en disant on ne peut plus protéger les intérêts d'industriel ultra privilégié. Il il est absolument nécessaire de mettre les sujets sur la table parce que là l'heure est vraiment grave et au-delà de la loi du plomb, nous ce qu'on demande c'est un moratoire sur les pesticides. C'est exactement ce qu'on demande c'est exactement ce que le gouvernement a tout fait pour ne pas nous priver.

En fait euh c'est un débat démocratique avec les faits scientifiques et les enjeux réels du monde paysan et les attentes des citoyennes et des citoyens euh et le respect des droits comme le dit Elénor Patri dans sa dans sa pétition. Et c'est tout à fait juste. Et ce qui est fou, c'est qu'on se rend compte que la population entière, qu'elle soit peu importe nos métiers, les agriculteurs, les scientifiques, le les journalistes, euh les citoyennes et les citoyens sont tous inquiets.

Et c'est ça, c'est une problématique qui touche tout le monde. Et nous ce qui nous sidère c'est de se dire que des ministres ou certains parlementaires peuvent comme Laurent Duplomb peuvent parler de cette loi de la cétamipride ou d'autres usages de produits phytosanitaires en occultant absolument volontairement les impacts sur la santé publique comme si eux-mêmes allaient être épargnés. H mais c'est quand même sidérant.

Donc voilà, donc on est dans un moment où il va falloir aussi que toutes ces personnes qui s'expriment auprès de cancer colaire, ben en fait voilà, ça fait une force très grande et j'imagine que ça met une pression politique en effet de la société civile. Et d'ailleurs justement pour la première fois de son histoire, la Ligue contre le cancer s'est positionnée politiquement contre une loi, cette loi du plomb et elle dénonce une loi qui ouvre la voie et une déréglementation de produits potentiellement cancérogènes. Pierre Sujobert, je l'ai mentionné en introduction, vous avez initié cette tribune dans le monde sur le recul que représenterait la loi du plomb sur la santé publique.

Est-ce que vous aussi vous constatez depuis votre poste d'observation ce qu'on appelle de plus en plus une épidémie de cancer en France et les les la lien avec justement le l'ingro industrie et l'utilisation des pesticides. Alors juste déjà euh la ligue, c'est quand même pas la première fois qu'il se qui s'avance sur le terrain politique, hein, sur le prix des médicaments, sur les pesticides. Ils avaient sign avec nous une tribune il y a un an aussi.

Euh mais euh donc c'est c'est un une fondation, je voulais dire frontalement contre une loi en fait mais ils ont ils ont quand même une longue histoire d'engagement dans le terrain politique à la ligue. Mais il y a d'autres fondations l'ARC par exemple, la fondation pour la recherche médicale qui étaiit peut-être des fondations plus scientifiques qui se prononçaient moins d'habitude sur l'augmentation des cancers liés au pesticides. Alors, il y a une augmentation des cancers en France comme dans le monde entier.

Il y a une augmentation des cancers qui est en partie lié au vieillissement de la population, ça c'est vrai. Mais pas seulement. Le cancers de l'enfant augmentent en l'incidence des cancers de l'enfant augmente hein.

C'est de l'ordre de 30 % en 30 ans dans les données américaines. En France, on manque un peu de données, mais les peu les les données qu'on a en France montrent aussi une augmentation. Les cancers des sujets jeunes augmentent aussi.

Et euh c'est pas que les enfants ou les sujets jeunes sont devenus vieux en fait hein, c'est que on vit dans un environnement probablement qui contribue au développement de de cancer. Il y a sans doute pas que les pesticides qui contribuent à ça. Le cancer c'est une maladie complexe dans laquelle il y a beaucoup de facteurs qui interviennent mais en tout cas avec les pesticides, avec certains pesticides, on sait qu'il y a un lien avec le cancer et dans ce cas-là, il faut absolument lutter contre.

Nous euh enfin moi je suis je suis médecin et scientifique. Je fais de la recherche pour essayer de comprendre comment se forme le cancer pour essayer de développer des médicaments. Je fais du diagnostic des cancers du sang et en fait je commence à comprendre que j'ai beau m'agité dans tous les sens rien ne fera mieux que euh d'éviter que les cancers arrivent en fait.

Enfin c'est ma fille de 15 ans quand je lui racontais tout ce qui se passe en ce moment qui me disait "Oui, en fait vaut mieux prévenir que guérir. En fait c'est c'est quand même pas très compliqué." Euh et c'est vrai qu'on ne comprend pas pourquoi ce ce truc si simple n'est absolument pas pris en compte par les décideurs politiques sur la loi du plomb et sur toute une série d'atteintes à l'environnement en fait.

Est-ce que je peux prendre juste un exemple avec le scandale du clore déconne dans les Antilles ? Pendant 20 ans, la France, le le gouvernement français a fait en sorte que le chlore décon puisse être utilisé par les béqués euh dans les anilles, dans les bananerai. en toute connaissance de cause des conséquences puisque à peu près en même temps les États-Unis qui sont pourtant peu regardant sur les produits phytosanitaires avait interdit l'usage du chlor et maintenant quand vous quelqu'un naît aux Antilles, il n'a pas le choix que d'être imprégné au chlore décon.

Euh il y a euh les Antilles détiennent le record du monde de cancer de la prostate et les sols sont imprégnés et contaminés pour entre 4 et 10000 ans. C'est une réalité. Et donc l'idée c'est que bon c'est terrible hein ça montre bien que l'agroindustrie et l'agrochimie a aussi euh une une des impératifs euh et des pratiques coloniales.

Euh mais c'est ce qu'on ne veut pas qu'il arrive en métropole euh et c'est terrible pour ce qui s'est passé aux Antilles mais c'est aussi ce qui peut nous guetter. Donc il faut être très très vigilant aujourd'hui. Alors pour le moment la cétami n'est pas considérée comme cancérogène.

Aucune étude n'a prouvé ça. En revanche il y a de nombreux effets toxiques à la fois sur les polynisateurs et sur la santé humaine qui sont avérés par des études scientifiques. Récemment Jean-Marc Bonmatin qui est chercheur en toxicologie et en biochimie au CNRS expliquait à France info je travaille sur les pesticides et je n'ai jamais eu autant de preuves sur les dégâts d'un pesticides qu'avec l'acétamye.

Pierre Chuchobert, est-ce que vous pouvez expliquer justement rapidement quels sont les effets toxiques de l'acétamypride sur la santé humaine ? Donc euh l'acétamide euh donc c'est la famille des néonicotyoïdes, c'est des molécules qui interagissent avec les molécules qui transmettent l'information d'un neurone à l'autre au niveau des synapses. Et sans surprise, sans trop de surprise, je pense, on observe des effets des néonicotinoïdes sur le développement neuro neuropsychologique des enfants.

Il y a une étude une étude qui a montré qu'on trouvait l'accétamipride dans le liquide céphalorachidien. C'est le liquide qui baigne les ménages, le cerveau des humains. Donc dans le liquide céphalorachidien des enfants, on trouve de l'acétamipride.

Euh les il y a une étude chinoise qui a montré que plus on trouve d'acétamipride dans les urines des femmes enceintes au premier trimestre, moins le cuit de leurs enfants sera élevé à 2 ans ou à 3 ans, je sais plus exactement. Donc il y a des il y a aussi des analyses qui ont montré que il y avait un risque de développer un spectre autistique chez des enfants qui ont été exposé à l'acétamy inutéro aussi et puis il y a aussi tout toute une série d'effets reprotoxiques. Donc on trouve l'acétamite dans le sperme.

Plus il y a d'acétamyde dans le sperme, moins les spermatozoïdes sont mobiles. Dans les modèles animaux, l'acétamide a des effets sur le développement des des verres chez les chez les femelles. Tout ça c'est des arguments qui donc il y a des modèles des données animales, il y a aussi des données chez l'humain qui sont largement suffisante pour dire que cette molécule on ne doit pas exposer la population humaine à cette molécule.

Mais c'est pour ça que la cétamépride a a été interdit aussi. C'est quand même une molécule qui a été interdite et c'était pas sur des bases euh euh anodine et donc la réintroduire alors qu'elle a cette substance a déjà été interdite, c'est un acte qui raconte quelque chose. Oui.

Alors après c'est justifié par les difficultés de la filière betterraave et des noisutiers en France et d'une certaine manière les arguments aussi des défenseurs de cette loi comme Gabriel Atal, c'est de dire "Ah oui mais la cet ami pride ne sera réautorisé que sur une toute petite partie du territoire. Euh est-ce que vous pouvez expliquer en quoi ça n'a pas vraiment de sens de dire que justement il n'y a que 1 % du territoire qui serait concerné par la réintroduction de la cétamie pride ? Alors donc je suis pas agronome donc je vais avancer sur des pincettes.

Mais euh ce que j'ai entendu dire par euh des spécialistes, c'est que les parcelles où on est pendamite sont euh relativement petites et donc 1 % du territoire mais c'est dispersé sur tout le territoire, ça fait des zones frontières de ces parcelles qui recouvrent énormément de surface dans le territoire français. D'autant plus que l'acétamipride est une molécule qui est hydrosoluble. Ça veut dire qu'elle se dilue dans l'eau et donc elle se répandou dans les autres pu au voà.

Et donc elle se répand dans un territoire beaucoup plus vaste que uniquement là où elle est épandue. Et même quand c'est des techniques d'enrobage, c'est-à-dire que c'est la plante elle-même qui produit l'acétamye. On enrobe la graine d'acétamyde, il y a une diffusion de la molécule dans les herbes adventistes, dans l'environnement et cetera.

On les retrouve dans les racines aussi. Donc il y a une persistance très longue dans l'environnement. Et ouais.

Alors Pierre Michel Perinot qui est médecin et président de l'association alerte des mé médecins sur les pesticides expliqué sur France Inter le 22 juillet qu'il craignait que la loi du plomb ouvre la boîte de pandore et permettent la réintroduction d'autres pesticides à l'avenir. Au-delà du seul cas de l'acétamipride, la loi ouvre la boîte de Pandore. Donc là aujourd'hui avec la cétamipride, on va peut-être pas concerner des surfaces énormes, mais euh les impasses vont probablement se répéter dans le temps.

Et donc on va vouloir utiliser des des des substances chimiques qui sont qui sont réputé plus efficaces d'un point de vue simplement efficacité agronomie. Est-ce que c'est votre crainte à tous les deux aussi ou pour vous c'est peut-être pas un risque ? Ben, je pense que la boîte de Pandor est en fait ouverte depuis assez longtemps.

On le voit avec le glyphosate, hein. Euh, je rappelle que c'était une promesse du président de la République d'interdire le glyphosate et on l'attend toujours la mise en œuvre de de la promesse. Ça sera peut-être pour la fin de ce quinquena qui sera écologique ou ne sera pas.

Je rappelle euh en en fait euh on utilise beaucoup trop de pesticides probablement en France. Euh, ils sont efficaces sans doute pour augmenter dans une certaine mesure les rendements de c d'une certaine agriculture, mais même euh dans cette agriculture intensive, ils arrivent à des limites parce que se développent des résistances euh à ces molécules. Les effets sur le sur les insectes sont terribles.

Il y a 70 ou 80 % d'insectes en moins en France qui ont disparu. Et les insectes, ils jouent un rôle essentiel dans l'agriculture pour polliniser euh les les plantes. Et je crois qu'on arrive à à une à un modèle qui est qui arrive assez limite.

Certes, ça a permis temporairement d'augmenter les performances d'une certaine agriculture, mais comme le dopage par exemple permet d'augmenter les performances d'un coureur cycliste, est-ce que c'est un modèle pour l'alimentation dans notre société ? Je pense pas vraiment. Moi ce qui m'inquiète et ce qui inquiète beaucoup de gens qui nous contactent, c'est il y a cet argument de la souveraineté alimentaire. dire voilà, on a besoin des pesticides pour la souveraineté alimentaire et quand on voit qu'il y a des alternatives qui existent en agréécologie et qui font leur preuve, on comprend on ne comprend pas en fait pourquoi on nous vend les pesticides de cette manière et que quelque part en sous-texte, on nous explique que bah va falloir au titre de la souveraineté alimentaire accepter le risque grandissant de maladie pour le simple droit de manger et de boire.

Et c'est un c'est un une contrepartie monstrueuse. On n' pas à accepter ça en fait. Et c'est ça qui est en train de se produire avec cette pétition avec aussi toutes les discussions du dimanche.

Il y a plein de gens qui me disent "Mais en fait c'est nos discussions de repas de famille et c'est une contrepartie monstrueuse et absolument inadmissible à l'heure qu'il est." Et pour ce qui est des autres des alternatives, justement ce qui est incroyable, c'est que bah voilà, quand on fait le constat, on se dit ben euh nous vendre les pesticides comme le modèle qui nous permet de garantir la souveraineté alimentaire en en restant absolument aveugle aux alternatives, c'est parce que les alternatives ne vont pas nourrir les lobby industriels. Ils ont tout à perdre.

Euh voilà, ils ont rien à y gagner et tout à y perdre. Donc c'est là aussi on est face à un mur euh d'intérêt euh des lobby et et et leur soutien en politique. Et c'est face à ce mur qu'on se retrouve aujourd'hui.

Et ça va être compliqué quand même euh même s'il y a un élan de la société civile, il va falloir on on a peu de ressort euh démocratique. Voilà, c'est à voir comment ça se passe parce que le le la situation hors de la loi du plomb est déjà grave. Hm.

Et d'ailleurs justement Pierre-Michel Perinot et Philippe Grancola euh ce 22 juillet sur France Inter rappelaient que il y avait de nombreuses études qui démontraient qu'il était tout à fait possible de nourrir la population avec une agriculture biologique. C'est aussi tout le problème dans ces ms-là, c'est que il y a beaucoup de fabriques de l'ignorance, de fabrique du doute sur ces questions qui donnent l'impression que tout ça est est utopiste en quelque sorte. Justement, selon le journaliste Stéphane Fouard, l'adoption de la doigt du plomb constitue un moment inédit de rupture démocratique.

C'est ce qu'il explique dans une chronique au monde. Les faits ont été considérés comme accessoires. La réalité du monde physique soluble dans les intérêts particuliers d'une petite minorité d'exploitants.

Aucun débat n'a été n'a ainsi été possible, ni à l'extérieur ni à l'intérieur de l'hémicycle. Qu'est-ce qu'elle raconte justement pour vous l'adoption de cette loi du plomb de notre démocratie de façon plus générale et peut-être aussi du poids que queoccupent les lobby dans la fabrique de la décision publique ? Ben, je pense que Stéphane Fouar a écrit ce texte avant euh l'élan énorme qu'on a vu sur la pétition et euh et du coup euh il a tout à fait raison dans ce qu'il dit, mais peut-être qu'il est aussi en train de naître un mouvement politique important qui va remettre à leur place les lobbyes.

Moi ça me choque pas que l'industrie agrochimique défende ses points de vue et cetera comme enfin il peut y avoir des des intérêts capitalistes industriel qui vont essayer de promouvoir leur business mais il faudrait les laisser à leur place c'est-à-dire au Sénat à la commission qui a travaillé sur la avant la commission mix paritaire quand ils ont travaillé sur l'élaboration de la loi FIT a été reçu la FNSEA a été reçu bien sûr des associations de défense de l'environnement aussi ont été reçu Mais le ministre de la santé n'a pas été reçu. Le ministre du travail n'a pas été reçu. L'INERM, le CNRS, un médecin, un épidémiologiste, un toxicologue, il y en a eu zéro.

Donc on voit bien que dans la construction même de la réflexion sur la l'élaboration de la loi au Sénat, euh le Sénat c'est chez nous, hein, c'est chez nous citoyens. h on a volon enf je pense volontairement ça peut pas être un oubli euh retirer de du du champ de vision euh le domaine de la santé, le domaine du travail, le domaine de la science. C'est c'est Stéphane Fouard a raison de dire que c'est un exemple de dénique et heureusement, il y a un refoulé démocratique qui est en train d'arriver très fort et à ce refoulé démocratique, il faut pas croire queune petite discussion à l'Assemblée telle que l'a proposé la présidente de l'Assemblée nationale qui a une privé ouais qui permettra comme l'a dit monsieur Duplomb que chaque groupe représente son point de vue et puis on ferme l'assemblée et c'est fini suffira non quand la majorité a dit qu'il n'était pas question d'ab enfin d'abrogation ou de remettre en question la loi puisque la loi avait été vote.

Oui oui et il n'y a pas d'alternative, on connaît le discours. Mais en fait quand la marée monte, c'est pas un petit château de sable qui va empêcher la marée de monter. Donc là c'est la la loi du plomb.

La vague est très forte mais elle vient en fait sur un une série de reculs environnementaux sur lesquels qui deviennent je pense insupportables pour les citoyens français qui ont conscience de ce que c'est le le bien commun. Et ça c'est une source d'espoir quand même hein. On on fonde notre société sur ses valeurs de biens commun, de santé, de d'alimentation saine, d'un salaire décent pour les agriculteurs, hein.

Je pense que tout le monde est convaincu de ça. Euh il y a pas du tout d'opposition entre euh les écologistes et les agriculteurs. C'est ce que essa de construire certains lobby mais on se on est prêt tous à se battre pour que les agriculteurs aient un revenu décent pour leur assurer une commande d'agriculture biologique permanente pour qu'ils aient des revenus haut niveau parce qu'il rendent un service absolument essentiel hein.

Sans eux on ne mangerait pas. Bah, c'est eux qui nous nourrissent. Et ce qui est très cynique, c'est de voir que le sénateur Laurent Duplomb qui se dit le défenseur, l'ardent défenseur des agriculteurs se méprisent complètement justement la préservation de leur santé.

Et quand on voit les décisions qui ont été prises ces derniers mois par le ministère de l'agriculture, c'est très grave. déjà la censure de l'étude pestiive qui devait être euh publiée en 2024 et à la demande du ministère de l'agriculture qui a été reporté à septembre 2025 pour ne pas perturber le débat le non débat sur la loi du plomb. C'est très grave.

Je sais pas si vous voulez que je vous dise ce que c'est que l'étude pestiive. Vous pouvez le dire en deux mots. Oui.

Euh donc c'est une étude qui a été lancée par l'ANDES et santé publique France en 2021 sur l'impact de l'usage des pesticides auprès des Rivrenines et des Rivins autour de de vignes qui utilisent des pesticides dans six régions de France. Visiblement, les résultats ne doivent pas être très glorieux puisque cette étude les la rapport a été censuré et reporté d'un an. Donc ça c'est très grave.

Euh, il y a eu la mise sous tutelle le lanc de cess au moment même où la loi a été votée. Donc ça veut dire que désormais euh la l'ANCS va devoir travailler selon un calendrier euh fourni par le ministère de l'agriculture. Donc l'indépendance de l'INDESS est complètement remis en question.

Oui, ça ça a été décidé par décret le jour du vote pour justement qu'il y ait une influence politique sur le travail de l'ANESS et lui imposer l'ordre de priorité des expertises. Et ça c'est quand même c'est quand même un scandale démocratique. Le troisème élément c'est que dans la politique agricole commune la ministre de l'agriculture a tranché et a divisé les investissements dans la filière bio par 5 et demi.

C'est que ça passe de 5 % du budget à moins de 1 %. Donc toutes les décisions sont à rebour des enjeux réels euh de pour une alimentation saine et protéger pour que l'eau soit potable pour la santé publique, pour la santé des agriculteurs. On discute toujours pas du revenu digne des agriculteurs.

La Confédération paysane qui représente 20 %, c'est un syndicat agricole qui représente 20 % des agriculteurs est consterné par et et se bat contre la loi du plomb parce que ces 20 % d'adhérents sont complètement vent debout contre cette loi qui sacrifie le le l'élevage et les cultures françaises à à l'industrie et au multinational. Donc là, on est dans un moment effectivement euh très particulier, une nouvelle séquence politique. Il y a un élan de la société civile.

Si le mépris continue, parce que il y a eu ça aussi, c'estd que François Baou quand il a présenté le budget 2026, il a quand même demandé aux malades qui sont en affection longue durée de faire un effort. Donc déjà, on a entend on a entendu personne du gouvernement depuis le début de l'année réagir sur les chiffres de santé publique france sur le cancer. On les a pas entendu réagir sur le l'empoisonnement au cadmium.

Ils ont protégé Nesle pendant 18 mois sur leur pratique illégale. Voilà. Donc il y a un moment donné, les actes du gouvernement parlent bien, ils sont très clairs, ils sont en train de protéger des intérêts industriels.

Comment faire pour qu'ils puissent recevoir ce message puissant, ce refus de la société civile de se laisser faire et ce cette exigence de récupérer nos droits à savoir une alimentation saine et non potable. Et je sais pas ce qui va se passer euh parce qu'effectivement démocratiquement, on n' pas beaucoup de recours et c'est un enfin c'est quand même un fait. Euh mais de toute façon, la société civile va trouver un moyen de s'exprimer.

On sait pas d'où ça va venir. Cancer colère, il participera à sa à son niveau comme d'autres. Donc il y a des centaines de personnes qui veulent nous rejoindre, qui sont dans un qui ont décidé qui on a beaucoup de messages qui nous disent "Je me suis jamais politisée, je n'ai jamais milité." Mais là, c'est pas une affaire d'opinion.

Il s'agit de notre santé, il s'agit de l'avenir mais dans 5 ans. C'est on parle pas de l'avenir dans 100 ans, c'est dans les années à venir. Et les gens veulent se mobiliser.

Il y a même des personnes euh de 19 ans, de 72 ans qui sont malades et qui nous disent "On veut devenir le nouveau actup." Donc il y a une il y a une envie de transformer cette impuissance que les gens ressentent, cette ces angoisses aussi, parfois les douleurs liées à des traitements et la transformer en action politique. Donc je ne sais pas ce qu'il va falloir de plus au gouvernement et de toute façon l'inquiétude ne va pas disparaître avec les vacances quand on est inquiet pour sa propre santé, pour la santé des gens qu'on aime.

C'est pas quelque chose qui se qui s'évapore parce qu'on part en vacances. Donc la rentrée, elle va être costaud. Il y a la publication de l'étude pestirive.

Enfin, il va y avoir le fameux débat euh de la autour de du de la loi du plan à l'Assemblée nationale. Euh mais d'ici là, on sait pas ce qui va se passer avec la pétition, combien de signatures elle va obtenir. Mais en tout cas, l'agenda, euh je pense que la société civile est lancée et il va falloir mettre continuer à mettre la pression de toutes les manières possibles et on va sans doute en inventer des manières et c'est ça qui est magnifique.

Il y a un point vous vous mentionnez le le budget qui a été annoncé dans la semaine qui a suivi le vote de la loi du plomb. C'est vrai que même si on raisonnait là-dessus sans cœur de manière purement comptable, le meilleur moyen de maîtriser les dépenses de santé, là encore c'est ma fille qui qui le dit bien, c'est de prévenir plutôt que de guérir. Sans parler des souffrances que c'est de guérir d'un cancer quand on en guérit.

Si si on veut faire des économies de santé, absolument le meilleur moyen, c'est vraiment d'agir pour éviter les maladies. Donc éviter les produits cancérigènes qui sont dans l'alimentation, éviter la malbouffe, éviter les pesticides, enfin on a des moyens d'agir, éviter le tabagisme, éviter la consommation d'alcool, on a on sait comment agir pour améliorer l'état de santé de la population et ça c'est des sources de non dépense de santé ultérieure qui sont majeures en ne parlant que comme un comptable. Mais ça ça montre bien que ces fameuses économies et c'est c'est la c'est la partie immergée de l'iceberg et qu'en dessous en fait c'est la protection de lobby industriel qui sont très puissants qui qui affleur en sous-texte en fait.

Euh et c'est et là on est face à ce mur euh de de d'intérêt industriel qui va falloir l'idée c'est pas de se confronter de d'être frontal, c'est comment est-ce qu'on va arriver à mettre suffisamment de pression sur le gouvernement pour qu'il n'ait plus de choix que euh d'ouvrir le débat qu'il a toujours voulu clore. Et ça ça va être une tâche assez incroyable à laquelle çait et j'ai beaucoup d'espoir parce que c'est inédit et que tous les messages qu'on reçoit nous dans notre collectif nous donnent nous portent complètement. C'est d'une puissance incroyable.

Il y a des moments il y a des témoignages réellement bouleversants et on sent une énergie euh à laquelle on s'attendait absolument pas. Une énergie chez des gens qui disent "Enfin, je me je ne suis plus seule. avec ma maladie, avec ma crainte, avec mes angoisses, avec mon impuissance.

Et c'est ça qui ce être tous unis au côté de la science, au côté des agriculteurs, ça fait de nous une force politique et une force citoyenne immense et je ne sais pas s'ils vont pouvoir y résister. Et en même temps, ce qui est un peu justement paradoxal, c'est que le lundi 21 juillet, le sénateur Laurent Duplomb a réagi à cet engouement autour de la pétition en disant, je ne suis pas sûr que si elle n'avait pas été instrumentalisée par l'extrême gauche et par les écologistes, les Français se seraient saisis de cette pétition de façon spontanée et auraient autant signé. Et quand on diabolise les choses et qu'on fait peur à tout le monde, par définition, on peut avoir ce résultat.

H en fait, c'est je trouve que c'est méprisant pour les citoyens qui ont qui ont voté cette pétition, ce genre de propos. Euh je veux bien qu'on voit l'extrême gauche partout, qu'on invente des complots, mais les 22 sociétés savantes médicales qui ont signé cette pétition, habituellement le corps social des médecins n'est pas un corps social qui est majoritairement à l'extrême gauche du spectre politique, quoi. Quand des scientifiques s'expriment, ils ont peut-être des opinions de gauche, de droite, d'extrême droite et cetera, mais quand des scientifiques s'expriment au nom de la science, ils le font avec des arguments, des données.

Euh tout ce qu'on a dit dans cette pétition est sourcé, hein. Il y a des articles qui sont disponibles qu'on a analysé, qu'on a lu, sur lesquels on a réfléchi. dire tout ce que dit Éléonor Patri dans tout ce qu'elle cite comme article dans la pétition euh dans la tribune qu'on avait fait par mais mais donc là j'ai pas expertisé le le texte de la pétition mais ce que je veux dire c'est que l'information des citoyens elle a été faite et de bonne qualité balayer ça d'un revers de la main en fait c'est vraiment jouer la stratégie du doute en disant les gens sont trop idiots pour comprendre la science et la Oui. qu'au moment où cette pétition en fait arrive dans le débat public, il y a eu des semaines et des semaines de médiatisation de tribunes sur la loi du plomb.

Voilà. Et je crois qu' il faut pas croire qu'ils s'en sortiront avec cette loi du plomb avec des propos aussi hors sol et aussi insultants pour le peuple français. Enfin, notre démocratie mérite mieux que ça quoi.

Bah alors justement Pierre Subert, vous on l'a dit tout à l'heure, vous avez récemment été auditionné par le haut commissariat au plan et euh vous vous avez dit lors de cette audition, le problème n'est pas l'ignorance mais l'inaction politique. Euh pour vous, comment justement sortir de cet impasse dans laquel semble être la France sur la question des pesticides et leur impact sur la santé publique ? En fait, en France, on a un appareil euh législatif qui est bien.

Euh il y a la Constitution française dans laquelle il y a le principe de précaution, par exemple. Euh en en Europe, il y a un règlement sur les pesticides qui est bien, ça serait chouette de l'appliquer parce que il oblige par exemple les industriels à rendre publi études sur rongeur qu'ils ont fait pour obtenir les les autorisations. On n pas actuellement l'étude sur l'accétamride, sur la neurotoxicité de l'acétamyride n'est pas publique, personne ne peut la lire.

Euh donc on pourrait déjà s'inspirer de notre texte constitutionnel ou de des règlements européens euh qui ont été ratifiés dans le droit français. Bien sûr, il faut constater que vous parliez du chlore décon, il y a eu la miante, il y a eu euh les pesticides, il y a eu le médiator, il y a eu et cetera les polluéons éternels, l'épace l'épace, enfin c'est on pourrait en faire toute une liste, mais euh il faut constater la régularité de l'occurrence des scandales sanitaires. Et en fait, ils ne sont scandales que parce qu'ils sont révélés au public et qu'on en parle dans la presse et cetera.

Mais en fait, cette régularité témoigne d'une incapacité des institutions françaises à empêcher que ces scandales arrivent. Euh de là, il faut qu'on réfléchisse. Soit on garde les mêmes institutions et on dit que euh le clore d'écon c'était la faute de untel qui a mal agi et cetera.

On met en œuvre toute une démarche pénale. Dans le cas du clore déconne, on dit que c'est trop tard mais et on accuse des individus d'avoir eu un comportement déviant dans un système par ailleurs normal. Soit si on constate que le système dans sa normalité produit des des désastres sanitaires, alors il faut qu'on invente des institutions.

Euh par exemple, on pourrait inventer euh comme on a inventé le défenseur des droits en parallèle du ministère de la justice, constatant que le ministre de la justice ne pouvait pas remplir les fonctions de défenseur des droits, bah je propose qu'on qu'on invente le défenseur de la santé. Ça serait euh un une personne, homme ou femme, qui serait euh dotée d'un de suffisamment de personnel pour se prononcer dans toutes les décisions publiques en faveur de la santé. Est-ce que cette décision est compatible avec la santé ?

Un défenseur du climat, un défenseur de la biodiversité. Il y a ces intérêts suprêmes pour le peuple français et puis pour l'humanité en général qui sont actuellement défendus par personne. On témoigne le silence du ministère de la santé euh sur la loi du plombou où les propos euh pour le moins surprenants du ministre de la santé qui disait qu'on manquait encore de connaissances scientifiques pour interdire la cétamipride.

Donc inventer cette institution, ça serait peut-être une façon de constater que on on est en échec de prévention des des astres sanitaires. Et ben, on va faire mieux. On va essayer de faire comme ça.

Je sais pas si ça suffira mais ça pourrait être intéressant. Après, on a peut-être un des institutions qui sont peut-être trop anciennes et pas adaptées à un monde qui change si rapidement. Et voilà, il y a peut-être un d'autres d'autres modalités législatives démocratiques à inventé pour que la société civile, dans certains cas graves, puisse exprimer un refus. euh quand les législateurs euh et le gouvernement vont dans un sens qui va à contrar et je de manière plus large et c'est vrai que là on est dans un un moment où on se rend compte que euh on en tant que citoyen et citoyens, on peut être un peu limité pour intervenir sur une loi euh qui est aussi délétaire euh pour nos santé et l'environnement et qu'on a peu de recours législatifs pour abroger une loi. est suspendu à la décision du président de la République qui a priori ne prendra peut-être pas cette décision d'abrogation.

Et c'est pour ça aussi d'ailleurs que en ce moment il y a aussi certaines personnes qui commencent à parler de la nécessité de mettre en place un référendum sur la question de la loi du plomb ou sur la question de l'agriculture ou des pesticides et donc de récolter les quatre les plus de 4 millions de signatures nécessaires pour faire après plutôt qu'un référendum, je pense que c'est le le modèle de convention citoyenne qui serait peut-être intéressant. par que l'agriculture en fait ça de tirer au sort des citoyens qui Oui. de les informer en écoutant vraiment toutes les parties prenantes comme l'a fait la convention citoyenne pour le mais y compris Fitis y compris la FNSA enfin je n'exclu personne làdedans.

Le débat, il doit être général. Mais pour nourrir une réflexion sur un domaine qui n'est pas qui ne peut pas être restreint à l'agriculture, à au monde de l'agriculture, ne peut pas être restreint non plus au monde de la santé, ne peut pas être restreint au monde de l'industrie chimique et il faut absolument qu'on arrive à à donner une direction à notre agriculture et qu'on la fonde sur une décision démocratique, quoi. la toute la question d'une telle assemblée citoyenne, ce serait la portée euh de ces décisions puisqueon a vu que euh voilà sur la convention citoyenne pour le climat, il y a que environ 20 % des propositions qui ont été retenues.

Euh donc c'est toujours le le problème des assemblées citoyennes, c'est-à-dire que ça ça montre le pouvoir de la démocratie délibérative et que quand on donne de une chance aux citoyens euh et qu'on parie sur le leur intelligence, en général, ils proposent des lois et des propositions bien plus ambitieuses que les gouvernements. Mais ensuite, il faudrait ils font un gouvernement pour les appliquer et pour accepter de les appliquer, quoi. Tout à fait.

Après, ça m'a posé aussi une question parce que quand on politise tout d'un coup le cancer comme le collectif le fait, euh on va nous on va aller tracté devant les hôpitaux, on va aller informer les malades et leurs proches à partir de la rentrée euh à Paris enfin région parisienne et dans toute la France et ça va les informer sur les mécanismes des pesticides, sur le les alternatives en ag en en agroécologie, enfin expliquer un petit peu tout ce que c'est que ça parce que voilà, il y a besoin d'information pour pour se positionner euh puisque la colère est grande mais il y a ce besoin d'information-là et on se dit qu'il y a un moment donné où ça va sans doute peser aussi euh sur la manière dont les gens vont voter puisqu'on a vu pour la loi du plomb qu'il y avait quand même un une rupture très nette entre les parlementaires qui de d'extrême droite qui ont voté à 100 % en soutien à l'ol du plomb et la et le et le bloc de droite et central qui ont voté à très grande majorité en soutien à la loi du plomb. il y a quand même une rupture euh de de de d'idéologie politique, c'est qu'il y a quand même des gens qui qui ne prennent pas forcément en compte la santé publique. Alors peut-être qu'ils étaient pas informés puisqu'il n'y a pas eu de débat. on leur laisse cette porte-là, même si nous on les a beaucoup euh on leur a beaucoup écrit, mais ce qui voilà il y a quand même ce ce besoin de enfin et ça va peut-être impacter le vote euh des électeurs et des électrices euh dans les années à venir.

Ça va peut-être faire réfléchir des gens et c'est peut-être ça aussi qui va mettre la pression et aux parlementaires et aux formations politiques, c'est de se dire "Mais ils ont peut-être trop sous-estimé l'intelligence des gens, les préoccupations et la capacité des personnes à s'informer, à discuter, à se préoccuper." Ça a été vraiment sous-estimé à mon sens et le mépris de du sénateur du plan quand il explique que les 1600000 personnes ont été manipulé, c'est un bel exemple mais je pense qu'il y a voilà c'est un bon coup de pression mais sur les prochaines les prochaines élections même si ça ne règle pas tout mais ce que je dire c'est ça aussi qui va peser sur la décision de certaines de certains personnel politiques et que en parallèle il y a une décision qui est grave en ce moment c'est savoir est-ce qu'on est-ce qu'on fait cette est-ce qu'on finance cette transition écologique massive ? Est-ce que l'État est prêt à regarder comme vous le disiez, à prendre en compte toutes les parties, à débattre, à prendre en compte tous les paramètres et à financer cette transition écologique financièrement en terme d'investissement et et en terme technique auprès des agriculteurs ou alors on va devenir un pays champion du monde toute catégorie du cancer, ce qui est un réel problème et ça c'est une problématique que les gens ont entendu aussi et ça concerne d'autres maladies et Et c'est ça aussi qui va faire que les citoyennes et les citoyens là expliquent bien que ils ont une inquiétude très profonde et c'est aussi au au gouvernement de proposer des solutions dire c'est pas c'est à nous de se mobiliser mais on n'est pas à l'abri que des gens qui jusqu'à présent ont soutenu changent d'avis euh transforment les les choses et peut-être qu'on peut parler parce que l'idée c'est de ne pas créer une confrontation totale. de se dire bah voilà, on est tous dans le même bain et on leur rappelle qu'ils sont pas épargnés non plus par toutes ces conséquences et comment est-ce qu'on peut travailler ensemble ?

Et ça c'est une belle leçon d'intelligence collective et c'est ce que demande Elénor Patrie avec sa sa pétition. C'est de l'intelligence collective et c'est exactement ce dont on a besoin aujourd'hui et c'est exactement ce que le sénateur Laurent Duplom ne fait pas. Et juste il y a c'est vrai qu'il y a une polarisation du vote sur la voie du plomb entre la gauche et la droite clairement mais il y a aussi des députés du bloc central.

On les sale. Merci ils ont un courage notable. Ils nous ont répondu quand on les a sollicité certains euh et il y en a qui se sont déjà battus pour la santé publique très fortement.

Depamos par exemple. Oui. Euh et donc Sandrine Leffer aussi par exemple.

Tout à fait. Et du coup je veux dire l'intelligence n'est pas limitée à un camp politique quoi. Voilà.

C'est exctement. Oui. Non mais c'est ce qu'on est en train, c'est ce qu'on est en train de dire, c'est que dire voilà, on n'est pas à l'abri que des gens qui se soient prononcés pour la loi du plan change d'avis et se disent "OK, discutons c'est ça l'idée.

C'est le cœur aussi de la pétition d'Éléonore Patrie, l'intelligence collective. Et c'est maintenant qu'il faut l'accepter et se dire qu'on est tous capable de discuter. Et même si on n' pas forcément tous des intérêts communs, mais c'est comme dans une famille, c'est comme dans un groupe d'amis quand on est en vacances et ben quand il faut décider en groupe et ben prenons euh discutons et prenons des décisions en commun.

Et là, le message qui est envoyé, euh la pétition, elle est extrêmement bien rédigée et ce qu' et ce qu'elle demande est extrêmement euh pertinent. Et j'espère que c'est aussi sur ces sujets-là d'intelligence collective que le le le gouvernement et le il y a Bron Pivet et les présidents des assemblées vont réagir. C'est un élément vite enfin vraiment très important euh de cette demande et ce qui à mon avis a beaucoup sensibilisé les gens qui ont signé la pétition. besoin de lien d'intelligence, de discussion, de débat et de on arrête les ping-pong de chiffres, on met tout sur la table et on discute.

Je suis désolée, je me répète, mais ça c'est le brouillard de la chimio. Euh voilà, c'est je suis un peu comme un poisson rouge, je peux répéter les choses 12 fois dans une même heure. Toute dernière question, justement pour prendre de la hauteur par rapport à toutes les problématiques que pose cette loi du pont.

Qu'est-ce qui vous semble essentiel comme victoire politique à obtenir dans les prochaines années ? Est-ce que justement ça peut être d'obtenir qu'il y ait ceux ceux ou sep défenseuses d'ailleurs de la santé ? Est-ce que c'est justement plus de mesures sur l'agriculture biologique ?

Enfin, comment vous voyez les choses ? Alors, il y a bon le défenseur de la santé, je pense que c'est quelque chose qu'on peut mettre en place et porter collectivement. Ça peut être transpartisant.

Euh, on peut faire des choses dès maintenant comme appliqué la Constitution française et ça c'est le Conseil constitutionnel qui va être chargé de le faire. Euh on peut aussi développer l'agriculture biologique. Euh les collectivités locales publiques pardon qui dans leur cantine pourrai uniquement utiliser des produits issus de l'agriculture biologique en assurant.

Sachant qu'on retrouve d'ailleurs des traces de péticides dans l'essentiel des fruits et légumes. Euh oui mais quand c'est cultivé en agriculture biologique, il y en a moins. Oui oui je voulais dire conventionnelum.

Euh ça permettrait d'assurer un revenu pérenne à la filière biologique et donc d'assurer un revenu décent aux agriculteurs. On a l'exemple des AMAP par exemple, il faut s'inspirer de ce qui marche hein dans la réalité. Euh je pense qu'il est il est essentiel de protéger les générations à venir des pesticides.

Donc on pourrait très bien faire un panier d'agriculture biologique pour les 1000 premiers jours de vie de la fécondation jusqu'à l'âge de 2 ans. C'est un une des priorités je crois du du quinquenal. Les 1000 premiers jours de vie.

Protégeons les enfants et leur cerveau car c'est l'intelligence de demain de des effets des pesticides. Euh on peut vous direz un panier qui serait financé par l'État. Ah oui et et qui permettrait aussi du coup de flécher des financements vers des pratiques agricoles qui sont euh plus saines pour l'environnement en général et donc petit à petit d'amorcer cette transition écologique.

Je pense que ça prendra du temps. On a mis un certain temps à remembrer le territoire français pour permettre l'utilisation de tracteurs, de pesticides et cetera. On va prendre un certain temps à redresser le tir vers une agriculture qui soit respectueuse de l'environnement.

Euh mais c'est important de prendre la bonne direction dès maintenant. Et par rapport au cancer, il y a eu un une victoire récente qui est la création du registre national des cancers. Il faut maintenant que ce registre, il soit ambitieux.

C'est-à-dire que à chaque nouveau diagnostic de cancer, il faut qu'on finance des personnels pour aller mesurer l'exposition des personnes victimes de cancer durant leur vie à euh des expositions environnementales ou professionnelles, c'est-à-dire où ils ont vécu, de quel moment à quel moment, quel métier ils ont fait, quel type de produit ils ont manipulé pendant leur métier et cetera. Et c'est seulement si on se donne l'ambition d'un registre national du cancer avec un tel niveau de d'expertise en épidémiologie qu'on arrivera à produire des connaissances scientifiques de très haut niveau qui permettront de prendre des décisions politiques tout à fait euh fondées sur des sur des faits ou d'avoir une compréhension plus claire aussi de ce qu'on appelle aujourd'hui les effets cocktails et et justement des différentes causes du cancer. Donc il faut de la science, il faut continuer la recherche, ça c'est hyper important mais en fait on a déjà assez de sciences pour prendre dès maintenant des décisions politiques intéressantes.

Hm. Il y a une chose qui est sûre, c'est que euh moi je suis pas agricultrice euh mais c'est les agriculteurs qui nous nourrissent et c'est les agriculteurs qui sont en première ligne pour euh enfin dans la nature, dans notre environnement. C'est à eux aussi de dire ce dont ils ont besoin.

Certains d'entre eux sont les gardiennes et les gardiens de l'eau. Certains et certains d'entre eux, enfin certains d'entre eux sont ceux qui connaissent les gestes respectueux pour la nature, pour le vivant, pour les animaux. C'est à eux aussi de dire ce dont ils ont besoin.

Ils le disent déjà. La Confédération paysane, par exemple, a un une une plein de propositions très très concrètes de comment il faudrait euh soutenir les agriculteurs dans le le l'accès au foncier pour un revenu digne. Euh mais pour l'instant, toutes les mesures politiques vont en contesens euh des demandes du monde paysan.

Quand vous écoutez les apiculteurs de France, ils sont aussi dans la réparation. C'est le monde paysan, ils incarnent notre guérison. Si moi j'incarne les conséquences d'un système qui est parti en vrille, le le les agriculteurs et les éleveurs qui sont en bio, les apiculteurs, c'est eux qui vont réparer, c'est eux qui vont nous guérir.

Donc on a besoin de les écouter. Ils sont pas là aujourd'hui, mais il y a c'est sans eux, on n'y arrivera pas. l'empoisonnement va continuer.

On a besoin de les soutenir. Il y a plein d'agriculteurs qui sont enfermés, emprisonnés dans un système dont ils ne savent plus sortir. Euh leur dépendance aux produits physiosanitaires, des terres qui sont contaminées avec des produits qui étaient même pas marqués sur les emballages.

Voilà dans dans des idéolog dans des dans des dans des mécanismes économiques très complexes où ils ne s'en sortent pas. Moi, je ne suis pas experte sur ce sujet, mais notre notre guérison est incarnée par ce monde paysan et il faut absolument qu'on les écoute, il faut qu'on les soutienne parce qu'une agriculture, une alimentation bio et abordable et abordable, ça ne sera possible que si on les écoute et qu'on les finance massivement. Sinon, la biodiversité va être carbonisée.

Euh la le l'agriculture et l'élevage traditionnel vont être défoncé par les intérêts industriels. C'est ce qui c'est ce qui se passe actuellement, hein. C'est que c'est les énormes exploitants qui rachètent toutes les les petites terres, euh les fermes qui sont pas reprises.

On vit un moment agricole dont je ne suis pas experte mais les gens avec qui je discute euh sont très inquiets. Donc on a besoin absolument de de les écouter. Ils incarnent notre guérison et en écoutant évidemment la science, mais il faut le faire rapidement et il faut un débat démocratique qui puisse être accessible à toutes et tous.

Il y a aussi la problématique des inégalités sociales puisque il y a des person les personnes les plus vulnérables euh sont plus touchées par des maladies que les autres quand vous n'avez pas le choix que de vivre à côté d'usine chimique ou euh de de champ d'agriculture intensive que vous vous pouvez pas déménager et ben vous êtes les premières victimes ou que vous êtes dans un métier quand vous êtes fleuriste ou que vous êtes dans des cultures très toxiques ou dans des vous travaillez dans des usines, c'est aussi des choses qu'il va falloir prendre en compte Et puis quand on est malade, on se précarise. Et ça aussi, il faut en parler. Il faudra en parler euh parce que ça rend euh la l'idée du traitement et de la guérison plus compliquée.

Et si ça touche de plus en plus de monde et qu'il va falloir commencer à payer pour nos traitements, ça va devenir complexe. Donc moi, j'ai beaucoup d'espoir puisque les solutions existent en agroécologie. Il y a des gens incroyables qui savent le faire.

écoutons-les, on a plein de choses à apprendre d'eux et écoutons la science et on va y arriver. Mais pour ça, il faut que il y ait des oreilles qui se débouchent. Ben, ce sera le mot de la fin.

Merci beaucoup à tous les deux d'être venus sur Blast. Merci. Merci.

C'est la fin de cet entretien. J'espère qu'il vous a permis d'y voir plus clair sur ce qui se joue autour de la loi du plomb, la question des pesticides et de la santé publique. Comme toujours, je vous mets en description des liens pour aller plus loin vers les études qui ont été mentionnées, des émissions pour mieux comprendre, mais aussi des vidéos que j'ai déjà réalisé sur Blast sur le même sujet.

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À très vite sur Blast.