Le combat écologique peut-il encore passer par la politique ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:49OuverteRéponse directe
Pour lutter contre l'antisémitisme, Yannick Jadot, il faut savoir qui sont les antisémites ? Qui sont-ils, selon vous, aujourd'hui ?
- 3:03RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il y aurait également un antisémitisme à gauche, Yannick Jadot ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Les Gilets jaunes, puisque vous en parlez, Yannick Jadot, votre sentiment sur cette mobilisation ?
- 6:02OuverteRéponse directe
À gauche, certains ont dit, dans les rangs de la France insoumise par exemple, que vous étiez un allié objectif d'Emmanuel Macron et Yannick Jadot.
- 7:23ComplaisanteRéponse directe
L'écologie, justement, votre programme, votre livre programme aujourd'hui, tout commence et est publié aux éditions des liens qui libèrent.
- 9:52RelanceRéponse directe
Avant de parler du grand projet, parlons du petit projet parce que cette fiscalité sur le diesel, elle avait une conséquence immédiate, Yannick Jadot, c'est que si l'on renchérit les coûts du diesel, les ménages vont se reporter vers l'essence, vers de l'hybride.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:46InvitéFait
« Il y avait quand même une manifestation de 3-4 000 néo-nazis dans les rues, comme ça, tranquillement, ils manifestaient leur haine des juifs et l'apologie du nazisme. »
- 3:25InvitéFait
« il y a pu y avoir de la complaisance à force de ne pas vouloir critiquer ces dérives des Gilets jaunes, une volonté un peu de détourner le regard, de détourner la tête de cette explosion de la violence, de ces paroles et de ces actes antisémites, de ces paroles et de ces actes homophobes, de ces paroles et de ces actes racistes. »
- 8:09InvitéFait
« si je caricature salaudes pauvres, vous fumez, vous consommez du diesel, vous vous foutez de la vie et de la santé de vos enfants. »
- 8:52InvitéPromesse
« chaque euro collecté de fiscalité écologique doit être redonné aux Français pour les accompagner, pour investir. »
- 10:39InvitéChiffre
« aujourd'hui, elle est à un niveau assez élevé. »
- 10:43InvitéChiffre
« on ramasse autour de 52 milliards de fiscalité écologique au niveau global. »
- 10:51InvitéChiffre
« On est sur 2, 3 milliards réinvestis sur la prime à conversion automobile. »
- 12:25InvitéChiffre
« aujourd'hui, on a des automobiles qui consomment 400 euros par an de carburant au plus de ce qui est indiqué sur l'étiquette d'achat quand vous achetez une automobile. »
- 13:27InvitéChiffre
« Quand vous avez plus de 2 millions de signataires sur la pétition « L'affaire du siècle » »
- 16:00InvitéFait
« On a la deuxième façade maritime du monde. »
- 21:45Locuteur non identifiéPromesse
« on lui a demandé de planifier maintenant une décroissance énergétique divisée par 4 d'ici 2050, ça nous semblait raisonnable. »
- 22:24Locuteur non identifiéFait
« aujourd'hui, les voitures font plus d'une tonne, elles grossissent. »
- 29:37InvitéFait
« quand vous faites le plein à la station service, vous payez 50-60% de taxes quand vous prenez l'avion c'est zéro sur le kérosène. »
- 30:01InvitéFait
« le transport aérien est un système ultra subventionné »
- 30:07InvitéPromesse
« qu'on subventionne davantage les transports collectifs »
- 31:00InvitéFait
« l'importance de la puissance européenne en matière d'investissement »
- 31:05InvitéFait
« on parlait même dans votre journal d'un pôle industriel sur le ferroviaire »
- 31:58PrésentateurChiffre
« le 15 mars »
- 32:20Locuteur non identifiéChiffre
« vendredi 22 février »
Temps de parole
- Invité53 %
- Présentateur21 %
- Locuteur non identifié11 %
- Présentateur 28 %
- Locuteur non identifié 24 %
- ?3 %
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Les
Matins de France Culture,
Guillaume
Erner. Et nous accueillons l'eurodéputé Yannick Jadot. Bonjour, Yannick Jadot, vous êtes tête de liste des écologistes à l'élection européenne. Vous publiez un livre-programme aujourd'hui, « Tout commence pour une Europe enfin démocratique, écologique et solidaire ». S'il y avait un chiffre pour mesurer l'urgence, ce serait le chiffre 17, puisque j'ai regardé, il va faire 17 degrés à Bordeaux, à Cré, à Paris demain, ce qui est donc plutôt inhabituel à cette époque-là de l'année, avant d'évoquer l'urgence écologique.
J'aimerais évoquer une autre forme d'urgence, la manifestation contre l'antisémitisme qui a eu lieu hier en France, un peu partout, à Paris, pas uniquement dans de nombreuses villes de France. Vous y étiez, Yannick Jadot ?
Oui, c'était une
belle
mobilisation, digne, calme, et à la fois extrêmement déterminée à dire que ceux qui étaient place de la République et partout ailleurs, c'est nous le peuple, en fait, dont certains veulent se revendiquer en insultant, en attaquant. On l'a vu dans les attaques contre Alain Fickelkraut.
Maintenant, le peuple, il était place de la République et ailleurs, un peuple qui est uni, un peuple qui n'est pas antisémite, un peuple qui n'est pas sexiste, un peuple qui n'est pas raciste, un peuple qui doit chercher aujourd'hui à dépasser ses tensions, à dépasser l'explosion de la violence à laquelle nous assistons, et qui doit se retrouver autour d'un projet partagé, autour d'un projet commun, parce que cette explosion de la haine est profondément insupportable.
Pour
lutter contre l'antisémitisme, Yannick Jadot, il faut savoir qui sont les antisémites ? Qui sont-ils, selon vous, aujourd'hui ?
Il
y en a malheureusement trop. Il y en a qui ont fait du communautarisme, ont construit sur la base du communautarisme la haine de l'autre,
et
ça commence souvent par l'antisémitisme, mais comme Delphine Orvilleur le disait, le rabbin citant Franz Fanon, quand on dit du mal du juif, tendez l'oreille, on parle de vous, en disant à quel point l'antisémitisme est une sorte de répétition de la haine généralisée, et puis on voit monter partout en Europe une résurgence de l'antisémitisme d'extrême droite. Il y a trois semaines, quinze jours, trois semaines, à Budapest, il y avait quand même une manifestation de 3-4 000 néo-nazis
dans
les rues, comme ça, tranquillement, ils manifestaient leur haine des juifs et l'apologie du nazisme. On
en a parlé,
effectivement, sur France Culture, pour l'antisémitisme d'extrême droite. Est-ce qu'il y aurait également un antisémitisme à gauche, Yannick Jadot
? Je
ne crois pas qu'il
y ait
un antisémitisme de gauche. Je crois qu'il y a eu, ou il y a autour notamment de l'antisémitisme qui s'est exprimé, évidemment de façon ultra minoritaire, dans les manifs des Gilets jaunes, il y
a
pu y avoir de la complaisance. à force de ne pas vouloir critiquer ces dérives des Gilets jaunes, une volonté un peu de détourner le regard, de détourner la tête de cette explosion de la violence, de ces paroles et de ces actes antisémites, de ces paroles et de ces actes homophobes, de ces paroles et de ces actes racistes. Je crois que,
si
vous voulez, tous les 8 mai
qu
'il y a eu ces derniers temps, Finkelkraut est insupportable, mais on va quand même le défendre. L'attentat contre Charlie Hebdo est insupportable, enfin, ils l'ont bien cherché. Le viol des femmes est insupportable, enfin, si elles n'étaient pas aussi aguichantes ou aguicheuses, on en parlerait, il y aurait moins. Tout ça est insupportable. Je veux dire, quand il y a une ligne rouge, il faut la marquer d'une détermination absolue pour que toutes ces violences cessent. Moi, j'ai vu aussi comment le débat et la campagne sur le Brexit en Grande-Bretagne avaient enlevé tous les filtres de la parole en public. Et il y
a
une parole raciste aujourd'hui en Grande-Bretagne qui ne s'est pas stoppée. Et elle a été lâchée autour de la campagne du Brexit. Donc nous devons être tous extrêmement déterminés à reconstruire du vivre-ensemble, à reconstruire un projet partagé pour éviter toutes ces dérives terribles.
Les Gilets jaunes, puisque vous en parlez, Yannick Jadot, votre sentiment sur cette mobilisation, vous avez dit qu'elle devait cesser
? Je
n
'ai
pas
dit
que le mouvement des Gilets jaunes devait cesser. Ça, c'est leur responsabilité. J'ai dit que ce rendez-vous hebdomadaire qui est aujourd'hui finalement un rendez-vous de la violence, on va savoir si on va lâcher un juif, si on va lâcher une gilet jaune plus modérée comme Ingrid Levavasseur, ou si on va avoir un œil crevé, une main arrachée, je pense que ce rendez-vous est devenu terrible. Et finalement, il est en train de mettre de côté totalement les revendications légitimes du mouvement à la base des Gilets jaunes sur la vie chère, sur la fracture territoriale, sur la fracture sociale. Donc moi, j'aimerais
que
les Gilets jaunes trouvent d'autres formes de mobilisation
qui
leur évite ce piège terrible qu'est ce rendez-vous de la violence qui est devenu le samedi.
Alors du coup, à gauche, certains ont dit, dans les rangs de la France insoumise par exemple, que vous étiez un allié objectif d'Emmanuel Macron et Yannick Jadot.
Je crois que la responsabilité politique, en tout cas, c'est ce que je considère être l'honneur de la politique, c'est d'apporter des réponses aux souffrances de nos concitoyens. C'est d'apporter des réponses aux Gilets jaunes. C'est d'apporter des réponses à la question de la vie chère. Nous, quand on se bat pour une agriculture durable, c'est plus de paysans, quand on se bat pour les trains du quotidien, les petites gares, quand on se bat pour les commerces de centre-ville, c'est apporter des réponses.
Et toutes celles et tous ceux qui, depuis le début, ont soufflé sur les braises de ce mouvement, dans une logique quasi insurrectionnelle, toutes celles et tous ceux qui explicitement organisent la haine d'Emmanuel Macron, je pense que ça n'est pas l'honneur de la politique. L'honneur de la politique,
c
'est d'apporter des réponses, ça n'est pas d'attiser les haines, de chercher dans une insurrection une possible révolution de je ne
sais
pas quoi. Pour moi, il faut apporter des réponses. Et vous savez combien je peux être critique vis-à-vis des politiques que mènent Emmanuel Macron, notamment en matière d'écologie. En revanche, l'idée que les colères doivent converger vers la haine d'un seul homme, je trouve ça détestable.
Alors l'écologie, justement, votre programme, votre livre programme, aujourd'hui, tout commence et est publié aux éditions des liens qui libèrent. Vous évoquez le dieselgate, autrement dit, cet épisode où la quasi-totalité des constructeurs automobiles ont truqué les logiciels pour permettre de donner des résultats qui étaient de faux résultats à des tests anti-pollution. Mais justement, les gilets jaunes débutent contre une taxe, contre une taxe sur le diesel. Est-ce que votre mouvement n'est pas en opposition avec les aspirations, avec le désir d'un supplément de pouvoir d'achat de ces manifestants, Yannick Jadot
?
Ça a été un des arguments au départ, souvenez-vous, de l'État et du gouvernement contre les gilets jaunes en disant si je caricature salaudes pauvres, vous fumez, vous consommez du diesel, vous vous foutez de la vie et de la santé de vos enfants. Ça a été absolument insupportable. J'ai discuté avec pas mal de gilets jaunes et aucun
n
'a contesté l'urgence écologique, aucun n'a contesté le dérèglement climatique ou les problèmes de santé des enfants. Ce qu'ils demandent et ce que nous demandons avec eux, ce que nous demandons depuis 10 ans, c'est que la transition écologique soit toujours une transition solidaire. Les écologistes depuis 10 ans disent que chaque euro collecté de fiscalité écologique doit être redonné aux Français pour les accompagner, pour investir.
Quand j'ai proposé la sécu de l'environnement, c'était justement de dire après la seconde guerre mondiale, sur les questions de santé, de solidarité, on a créé la sécu pour dire toute la société se mobilise et la gouvernance c'est la société, les acteurs de la société qui vont organiser ces deux grands piliers, la santé et la solidarité sociale. Aujourd'hui, le grand pilier de Sécu organisé, c'est l'environnement. Comment on organise cette transition ? Comment les salariés,
pas
un salarié, laisser au bord de la route du fait de la transition écologique ? Au contraire, ce sont des centaines de milliers d'emplois créés. Comment on aménage, on organise les territoires entre les entreprises, les maires, les collectivités, les familles, les associations ? Comment on fait de cette transition écologique ? Le grand projet de la société qui va nous réconcilier au niveau français comme au niveau européen.
Avant de parler du grand projet, parlons du petit projet parce que cette fiscalité sur le diesel, elle avait une conséquence immédiate, Yannick Jadot, c'est que si l'on renchérit les coûts du diesel, les ménages vont se reporter vers l'essence, vers de l'hybride. Or, on sait très bien qu'il y a dans le diesel des particules fines. Comment vous y prendriez-vous pour que les gens se détournent du diesel si vous considérez qu'ils doivent se détourner du diesel, bien sûr
? La
première chose, et on a beaucoup insisté là-dessus, c'est qu'il y avait évidemment le fait de doubler la prime à la conversion automobile. Donnez tous les
moyens.
À combien ? Parce que là, aujourd'hui, elle est à un niveau assez élevé. Non, parce qu'aujourd'hui,
si
vous payez des impôts, aujourd'hui, dans votre prime à la conversion, vous êtes à 1 000 euros. Franchement, on ramasse autour de 52 milliards de fiscalité écologique au niveau global. Très peu. On est sur 2, 3 milliards réinvestis sur la prime à conversion automobile. Donc, il faut aider. Deux, mettre en place tous les transports du quotidien, ça marche. La ligne Firmini-Saint-Étienne, qui était une ligne qui était un peu laissée à l'abandon, on l'a remise en route. Ligne ferroviaire, cadencée, tous les quarts d'heure, elle fonctionne.
Eh bien, les habitants qui vont travailler à Saint-Étienne, ils mettent leur bagnole au parking, et puis, ils prennent cette ligne-là, ça réduit considérablement leurs factures. Et puis, c'est tout ce qu'on a dit. Il faut remettre de la vie économique dans nos centres-villes. Quand on se bat contre Europa City à Gonesse, quand on se bat sur le fait que tous les commerces sont devenus en périphérie, c'est réduire les kilomètres. Quand on se bat pour qu
'il
y
ait
des services publics à proximité, c'est réduire les kilomètres. Et puis, vous parliez du dieselgate.
Vous
vous rendez compte que peut-être un matin, comme vous et moi, des dirigeants d'entreprises automobiles avec des ingénieurs se sont réunis autour d'un café pour dire on va mettre en place des logiciels, des moteurs qui, une fois qu'ils auront passé les tests, vont multiplier par 10 ou 20 la pollution qui fait que nos directrices d'école ou nos directeurs d'école parfois interdisent la cour de réécrire aux enfants parce que c'est pollué. Les États, les gouvernements, toutes ces dernières années, ont été complices des constructeurs automobiles qui polluent beaucoup plus que la norme et quand on pollue beaucoup plus que la norme, on consomme beaucoup plus que la norme.
Et donc, aujourd'hui, on a des automobiles qui consomment 400 euros
par
an de carburant au plus de ce qui est indiqué sur l'étiquette d'achat quand vous achetez une automobile. C'est choquant et donc, il faut contraindre les constructeurs automobiles aujourd'hui comme le fait le gouvernement allemand à rappeler les voitures, recalibrer les moteurs pour qu'ils arrêtent de tricher. Évidemment, ils font ça à leurs propres frais.
J'ai sous les yeux Yannick Jadot le mémo du gouvernement publié vendredi dernier en réponse à la pétition « L'affaire du siècle », une pétition qui demande au gouvernement de se saisir de l'urgence climatique et le gouvernement dit que la France a été en substance pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour le développement durable, qu'elle fait partie des économies les moins carbonées du monde. Du coup, est-ce que ça n'est pas injuste ? Est-ce que vous, vous les écologistes, Yannick Jadot, vous n'en demandez pas trop aux Français alors qu'on en a déjà fait beaucoup et on est finalement une toute petite part de ce réchauffement climatique
? Ce
sont les Français qui en demandent plus à leur gouvernement. Quand vous avez plus de 2 millions de signataires sur la pétition « L'affaire du siècle
»,
quand vous avez partout une mobilisation des citoyennes et des citoyens, quand maintenant vous avez les jeunes qui défilent toutes les semaines dans la rue, ils demandent
au
gouvernement qu'on en fasse plus.
La
France a augmenté ces dernières années ses émissions de gaz à effet de serre. La France est le pays garant de l'accord de Paris sur le climat. L'accord international qui essaye de limiter ce dérèglement climatique pour qu'il soit à peu près supportable qu'on évite le chaos climatique. Mais ce que disent les Françaises et les Français aujourd'hui, ce que disent les jeunes, ce n
'est
pas simplement
si
on ne fait rien, on n'a pas de futur.
Ce
qu'ils disent,
c
'est saisissons cette incroyable opportunité, pas simplement d'éviter le chaos climatique, mais quand on rénove les logements, quand on isole les logements, on parlait tout à l'heure de la vie chère, vous réduisez par 3 ou 4 votre facture d'énergie. On lutte contre la vie chère et on crée des centaines de milliers d'emplois d'artisans, d'architectes, d'ingénieurs, d'ouvriers du bâtiment, partout sur les territoires et donc on lutte contre la fracture territoriale.
Quand on se bat pour les énergies renouvelables, quand même, quel projet de dépendre du soleil, du vent, de l'eau, de la chaleur, attendez, de la chaleur de la terre, plutôt que de Trump, de Poutine, de Bongo ou des pétrodictatures du Golfe. Voilà un grand projet.
Et l'État français
est dans une sorte de statu quo mou, terrible,
qui nous empêche toutes ces perspectives industrielles.
Vous écrivez dans votre livre que vous appréciez les éoliennes comme 80% des Français
d'ailleurs.
Mais c'est assez représentatif finalement du problème dans lequel nous sommes parce que l'alternative à ces énergies est carbonée. Prenez par exemple les éoliennes. Qu'est-ce que vous allez dire aux 20% des Français qui trouvent qu'elles défigurent le paysage ? Y a-t-il une solution qui soit véritablement simple à une économie moins carbonée, Yannick Jadot ? Il n'y a rien de
simple à la situation dans laquelle on est.
Ce
qui est sûr c'est que quand je vois l'Allemagne qui a créé 400 000 emplois sur les énergies renouvelables, quand je vois le Danemark, le Portugal, l'Espagne, tant de pays qui investissent sur les énergies renouvelables, vous savez combien il y a d'éoliennes offshore en Europe ? Plus de 4 000. 4 000. 1 000 en Allemagne, des centaines en Belgique, aux Pays-Bas, et une seule en France. On a la deuxième façade maritime du monde. Vous avez des entreprises de Saint-Nazaire au Havre, partout, qui attendent de créer des centaines et des milliers d'emplois sur cette industrie d'avenir. Pour ne pas fâcher le lobby nucléaire, nous n'avons qu'une seule éolienne.
C'est terrible parce que ça veut dire que c'est les autres pays qui créent les emplois, qui innovent, qui montent les entreprises alors que nous, on a franchement tout le talent pour le faire.
Yannick Jadot, vous êtes eurodéputé et tête de liste des écologistes à l'élection européenne. On vous retrouve dans quelques instants et vous serez justement rejoint par deux jeunes qui sont mobilisés pour la grève des jeunes pour le climat. Camille et Loïs, ils seront nos invités dans quelques minutes. En attendant, il est 8h sur France Culture et je vous souhaite un très bon réveil. On va parler de politique, on parlera peut-être aussi d'écologie politique avec Yannick Jadot qui brûle d'envie de réagir à votre billet.
Yannick Jadot est député européen, il est tête de liste des écologistes aux élections européennes et nous accueillons deux étudiants, Camille Lachère et Loïs Malet, étudiants à Paris, mobilisés pour la grève des jeunes pour le climat et eux aussi réagiront à ce que vous venez de dire et plus généralement au regard qu'ils posent sur les politiques. Yannick Jadot, être de droite, c'est grave, c'est pas grave,
ça semblait être dans la ligne de ce que semblait dire Bernard Cazeneuve. Simplement, je vois qu'il ne parle jamais d'écologie. Ça, c'est bien avec Bernard Cazeneuve, c'est que l'écologie n'est jamais rentrée dans son logiciel politique. Et moi, je voudrais dire à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, c'est pas dans la nostalgie qu'on va reconstruire la société, c'est pas dans l'entre-soi confortable du XXe siècle qu'on va donner de l'espoir à nos jeunes et faire projet commun. Moi, je pense que l'écologie politique est aujourd'hui le nouvel humanisme pragmatique. Ce sont nous les réalistes. C'est nous les réalistes.
Et c'est autour de cet humanisme-là qu'il faut reconstruire un projet pour nous tous, pour nos jeunes, pour l'Europe. Et c'est pas dans une sorte de
ouais,
c'est dans les vieilles soupières qu'on va reconstruire la gauche. En tout cas, c'est pas le sujet de l'écologie politique. On certainement pas dans la perspective des élections européennes qui arrivent devant nous.
À côté de vous, Yannick Jadot, deux étudiants, Camille Lachère et Loïs Malet. Votre regard sur les politiques, peut-être sur la politique. Camille Lachère, une réaction
?
Oui, comme le disait M. Jadot à côté de moi, il
n
'y
a
effectivement pas d'écologie dans son discours. Sur ça, je pense qu'il n
'y a
pas grand-chose à dire. Peut
-être
qu
'on
ne
l
'a pas interrogé là-dessus
aussi.
Oui, dans tous les cas, je pense que pour nous,
c
'est une priorité. sur la politique et l'écologie politique de manière générale, je pense qu'on peut dire que nous, alors à travers nos manifestations, nos mobilisations, on fait de l'écologie politique. Certes, pas dans un cadre peut-être traditionnel, au travers des élections, on aura peut-être l'occasion d'en reparler avec M. Jadot, pas dans un cadre traditionnel, mais enfin, parce que, enfin, oui, voilà, il y a effectivement une sorte de désabus, on pourrait dire,
pour
la politique traditionnelle, mais on cherche quand même à mobiliser et à être quand même en quelque sorte un contre-pouvoir à travers ce qu'on propose, enfin, voilà, dans le jeu qu'on propose au gouvernement avec ces vendredis successifs de grève. Loïs Malet, votre point de vue, vous qui êtes également étudiant et donc mobilisé pour le climat.
Absolument. Moi, j'avoue que j'ai du mal à apporter beaucoup d'intérêt à ce genre de discussion parce que finalement, on voit des batailles un peu entre soi, entre est
-ce
que je suis plutôt à gauche, plutôt à droite, est-ce que je suis du nouveau ou de l'ancien monde ?
Je
veux dire que nous, ça ne nous parle pas trop ce genre de discours.
Droite-gauche, ça ne vous parle pas
?
Droite-gauche, ça peut parler, mais en l'occurrence, entre là, sur Bernard Cazeneuve et Emmanuel Macron, moi, je ne vois pas de différence. Je suis complètement perplexe par rapport à ces discours-là et pour moi, effectivement, comme on vient de le dire, ça ne parle pas des vrais sujets qui nous intéressent et qui devraient être majeurs pour nous prévenir.
Quels sont justement
les vrais sujets qui vous intéressent
?
Nous, on voudrait parler du changement climatique, de la destruction de la biodiversité, de l'acidification des océans, de menaces qui pèsent aujourd'hui sur nous, qui pèseront beaucoup plus demain. C'est-à-dire qu'on souhaiterait ramener au présent ce qu'on nous a toujours présenté au futur parce que c'est dans nos chers qu'on va le ressentir. Et Camille Lachère, ce que l'on
comprend mal, donc vous êtes mobilisé, vous évoquez un certain nombre de problèmes qui sont aujourd'hui des problèmes que à peu près tout le monde reconnaît. Qu'est-ce qu'il faudrait faire selon vous pour tenter d'apporter une réponse à ces différentes catastrophes qui sont aujourd'hui très largement soulignées
?
Alors justement, dans ce qu'on a mis en place à l'heure actuelle, donc avec des vendredis de mobilisation et en amont des revendications qu'on annonce en chaque début de semaine, on présente des thématiques, en fait. Donc toutes les semaines, on présente des thématiques au gouvernement et leur devoir, ce qu
'on
pourrait dire, le devoir au gouvernement, c'est de répondre à ces thématiques-là en mettant en place des mesures et des mesures qui soient à la hauteur de l'urgence de la situation. Ensuite, toutes les semaines, on décline une série de propositions.
Par
exemple
?
Alors, ça dépend des thématiques, mais si
on nous
parlait de l'énergie...
Oui, par
exemple, justement, cette semaine, on a déclaré à l'État une évaluation sur la décroissance énergétique. On lui a demandé de planifier maintenant une décroissance énergétique divisée par 4 d'ici 2050, ça nous semblait raisonnable. On a des données là-dessus qui ont été publiées. Et alors, ça pourrait se traduire comment ? Parce que je crois à Loïs Malek que vous étudiez dans ce domaine-là. Alors, du coup, justement, on va publier la correction là très bientôt. Alors, je peux vous donner quelques pistes. Si le gouvernement ne prend pas les mesures qui s'imposent, nous, on va lui proposer de faire un plan de rénovation des bâtiments.
Tous les bâtiments qui sont mal notés en rénovation énergétique doivent être mieux notés et financés par l'État, par exemple. Mais il y a des manures plus problématiques comme, par exemple, diminuer le poids des voitures, diminuer, je pense à ça, par exemple, à la vente des voitures. Typiquement, aujourd'hui, les voitures font plus d'une tonne, elles grossissent. Nous, on a envie de dire, très bien, peut-être dans 5 ans, elles font tous moins de 500 kilos sur le marché et ça peut diminuer la consommation d'énergie. On a plein d'autres idées comme ça qui peuvent arriver.
Yannick Jadot, votre point de vue sur le discours qu
'on
vient d'entendre, Camille Lachère et Loïs Malet, ces deux étudiants qui sont mobilisés pour la grève des jeunes, pour le climat.
C'est génial. Moi, j'adore cette mobilisation-là. je suis le jeudi au Parlement européen à Bruxelles. Il y avait 30, 35 000 jeunes dans la rue qui nous disent si on lutte sérieusement contre le dérèglement climatique qu
'on
a un futur, si on ne fait rien, il n'y
en
a plus. Et que, finalement, la question des gilets jaunes, des gilets verts,
C'est ça, c'est un peu vos gilets jaunes à vous ou quoi ? Non,
non, pas du tout. Ce sera totalement hors sujet quand on aura tous besoin d'un gilet de sauvetage. Et que c'est exactement ce qu'on fait au Parlement européen. Que ce soit sur les énergies renouvelables, le combat pour être 100% énergie renouvelable en Europe. J'étais encore hier avec la Routourou, Jouzel, les jeunes et tous ceux, Juppé, Borloo, Fabius, tous ceux qui disent aujourd'hui, le climat, c'est essentiel. On a les capacités européennes d'investissement. On a le génie humain. On a une jeunesse qui nous le demande.
On
a cette capacité d'agir. Mais on agit au Parlement en permanence avec les jeunes, avec les associations. Si on a gagné sur la pêche électrique, c'est parce qu'il y avait Blum et les associations pour mobiliser l'opinion publique.
La pêche électrique, il faut
rappeler en quelques mots Yannick Jadot.
C'est une
saloperie de pêche industrielle qui tue à la fois les écosystèmes et les pêcheurs artisans. Et donc, il faut les associations et les jeunes et la société civile dans la société. Et il faut des élus au Parlement européen pour gagner. Et pour l'instant, au niveau du Parlement européen, c'est les élus écologistes qui font le boulot. Frédéric
Saïs.
Une question sur l'urgence extrême que tous les trois vous pointez ce matin et qui est assez peu contestable vis-à-vis des enjeux climatiques. Néanmoins, quand ensuite on a les mains dans le cambouis en tant que responsable politique, il y a aussi une réalité et parfois des réticences qui peuvent s'exprimer en face quand il s'agit de prendre des mesures très concrètes. On va passer assez vite sur les taxes carburants qui ont créé le mouvement des gilets jaunes en France parce qu
'il
y avait aussi un aspect budgétaire, évidemment. Mais ne serait-ce que l'interdiction de l'usage des objets en plastique à usage unique,
etc.,
toutes ces choses-là qui sont censées être indispensables à faire à très court terme, politiquement, il y a aussi un seuil d'acceptabilité par la population. Comment vous réagissez à ce
paradoxe
?
Je crois qu'aujourd'hui, je l'ai dit, il n'y
a
plus de projet partagé dans la société. C'est une sorte de sauve-qui-peu. Et je crois que justement l'écologie, c'est le grand projet qui va réunir toute la société. Parce que si on ne se réconcilie pas avec notre futur, si on laisse le chaos climatique, l'anéantissement de la biodiversité,
il
n
'y
a plus de projet de société. Il n
'y
a plus de partage, il
n
'y
a
plus de solidarité. Au contraire,
si
on construit ce beau projet collectif sur l'immédiat comme sur les années à venir, justement, on mobilise la société. Quand nous portons l'Europe des terroirs, quand je me déplace sur l'agriculture à Perpignan ou tout à l'heure en Poitou-Charente, c'est justement pour qu
'il
y
ait
des paysans qui respectent l'environnement, les animaux, notre santé. Quand on se bat sur les petites gares, quand on se bat sur les énergies renouvelables, ce sont nos terroirs et nos lieux de vie qui revivent et c'est un grand projet. Et ça, ça dynamise tout le monde et ça met tout le monde prêt à faire l'effort.
8h30 sur France Culture, on continue d'évoquer la mobilisation pour le climat, mobilisation des partis politiques en compagnie d'Yannick Jadot qui est tête de liste écologiste aux élections européennes et puis en compagnie de deux étudiants qui sont mobilisés pour la grève des jeunes pour le climat, Camille Lachère et Loïs Malet. Loïs
Malet, vous voulez réagir ? J'aimerais dire qu'effectivement, ce qu
'on
voit par rapport à ce que vous venez d'énoncer sur le fait qu'effectivement, les injonctions font que des gens puissent être récacitrants à des mesures écologiques, nouvelles visions
cohérentes
de notre futur et pas simplement des injonctions contradictoires du « Ah bah là, on va arrêter le plastique mais on va avoir des plus grosses voitures » etc. Nous, ce qu'on est prêt à faire, c'est littéralement de changer de société vers une société qui soit soutenable
pour
nous, nos enfants et les générations à venir mais aussi les animaux et le vivant qui vit avec nous. On n
'a
pas envie de vivre tout seul avec des technologies qui nous feraient mettre notre cerveau dans un ordinateur. Ce n
'est
pas notre projet, ce n
'est
pas notre vie,
c
'est notre
futur. Donnez-nous des exemples, le Ismailais, qu'on comprenne bien qu'est-ce qui pourrait par exemple modifier à l'avenir nos modes de vie selon vous ? Qu'est-ce que vous êtes prêts à accepter
?
Après je donne la parole mais juste par exemple on pourrait imaginer une relocalisation complète de notre situation de vie. Peut-être nous,
on
est prêts à dire à revendiquer le fait qu'on supprime par exemple le transport aérien national tout de suite parce que ça n'a pas de cohérence par rapport à notre futur tel qu'on l'imagine. D'autres
exemples
sur les pesticides par exemple l'agriculture dite productiviste
?
Typiquement on a su faire en quelques années une transition énorme de l'après-guerre vers une révolution verte on l'appelait vers une agriculture intensive
de
pesticides. Nous aujourd'hui on propose de faire exactement la même chose en 3, 4, 5 ans le temps qu'il faudra pour faire la même chose mais revenir à une agriculture paysanne sans pesticides de type permacol comme on le voit aujourd'hui certaines expériences la permaculture c'est une sorte de philosophie qui se base sur les cycles naturels du vivant pour faire pousser des plantes de façon parfois très très productive voilà Camille Lachère votre point de vue là-dessus
? Oui alors pour revenir sur la question des réticences je pense qu'il y
a
aussi une autre chose qu'on propose et qu'en tant que jeune on demande c'est un enseignement de ces questions-là que ce soit à l'université ou même enfin à
l
'université donc de manière un peu technique mais même dès le plus jeune âge on ne parle pas d'écologie à l'école alors que nous c'est un combat aussi qu'on mène que ce soit à travers cette mobilisation-là ou dans nos engagements associatifs respectifs et dans le cadre de cette mobilisation on met aussi en place des sortes de rencontres des discussions donc les vendredis matins dans nos universités où on tient des stands à des endroits où il y a des passants et on essaye d'interpeller les étudiants avec nous afin de les sensibiliser
Frédéric Seiz Oui je voudrais prendre un exemple très concret qui peut montrer l'absurdité du système vis-à-vis de l'écologie aujourd'hui il y
a
eu un article dans un journal il y a quelques mois qui montrait qu'un étudiant qui habitait dans la campagne anglaise et qui devait aller à son université à 300 km de là toujours en Grande-Bretagne payait moins cher en prenant l'avion et en passant par l'Allemagne puis en allant à Londres qu'en prenant le train à l'intérieur de la Grande-Bretagne et ça pour le coup c'est le marché comment on vient à bout de ce type d'absurdité très concrètement avec des solutions politiques Peut-être Loïs Malet Camille Lacherge Très rapidement un marché encadré par des lois pour qu'il fonctionne ça s'appelle la régulation nous ce qu
'on
propose c'est que la régulation soit incitatrice à localiser toutes les activités
mais
en l'espèce comment on fait
?
en l'espèce typiquement pour
sur
-enchéries le coût des billets d'avion
attendez
on est dans un monde de dingue où quand vous faites le plein à la station service vous payez 50-60% de taxes quand vous prenez l'avion c'est zéro sur le kérosène sur le kérosène quand vous faites venir une marchandise de Chine zéro sur le fuel lourd c'est totalement aberrant et dans l'expression y compris des gilets jaunes quand ils veulent de la justice fiscale c'est pas pour se retirer de la fiscalité c'est de se dire que cette fiscalité elle doit être juste et aujourd'hui clairement le transport aérien est un système ultra subventionné et qui mériterait d'être moins subventionné et qu'on subventionne davantage les transports collectifs mais est-ce que vous êtes prêt à aller
jusqu'à des solutions radicales comme le proposait par exemple Loïs Malet cet étudiant qui est ici et qui est engagé pour le climat comme par exemple la suppression du transport aérien domestique Yannick
Jadot tant
qu'on n'aura pas il y a des sur notre territoire des lieux qui restent très éloignés quand vous allez quand vous voulez aller à Nice quand vous voulez aller machin ça reste compliqué mais on a aujourd'hui des TGV pour ce qui concerne la grande vitesse qui permettent quand même de relier les différentes villes de manière extrêmement intéressante et faisons un système qui soit peut-être moins centralisé sur Paris en termes de transport parce que ça c'est sûr que si vous voulez vous habitez dans une métropole vous voulez rejoindre Paris c'est plutôt facile mais entre métropoles c'est compliqué et là vous voyez l'importance de la puissance européenne en matière d'investissement on parlait même dans votre journal d'un pôle industriel sur le ferroviaire le tram le train le fret le fret ferroviaire justement c'est là que l'Europe doit investir pour nous doter des capacités de nous transporter
de
manière douce avec peu d'impact sur l'environnement
on a compris donc que vous étiez engagé pour le climat dans une mobilisation Loïs Malais et Camille Lachère Camille Lachère comment ça va se dérouler maintenant qu'est-ce que vous imaginez comme action pour les jours les semaines à venir
alors
donc là on en entend beaucoup parler en ce moment il y a eu Greta Thunberg qui a appelé cette
très
jeune femme
oui
voilà qui maintenant depuis bientôt 8 ou 9 mois manifeste tous les vendredis en déclarant le vendredi comme un jour de grève qui appelle à se mobiliser le 15 mars alors nous ici au regard de l'urgence de la situation on commence déjà à se mobiliser tous les vendredis jusqu'au 15 mars et bien sûr après je
peux ajouter un dernier mot Loïs Malais elle est même annoncée du coup vendredi à Paris et les jeunes s'occupent avec d'autres organisations peut-être plus adultes de préparer cette venue donc vendredi va être aussi un grand jour vendredi 22 février à ce sujet là
merci
d'avoir été en notre compagnie ce matin Camille Lachère Loïs Malais étudiant donc mobilisé pour la grève des jeunes pour le climat et puis Yannick Jadot tête de liste des écologistes aux européennes vous publiez aujourd'hui tout commence pour une Europe enfin démocratique écologique et solidaire aux éditions des liens qui libèrent