Marc Ferracci, député Renaissance et vice-président du groupe Renaissance - 09/01
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Business présente Edwige Chevriot, la grande interview. Bonsoir à tous, bienvenue dans cette grande interview. Évidemment, on va parler de retraite. Nous sommes à 24 heures, même moins, de connaître dans le détail cette fameuse réforme des retraites. Une réforme pour le moins explosive, voire périlleuse. On en parle avec Marc Ferracci, qui est député Renaissance de la 6e Conscription des Français établis hors de France. Bonsoir Marc Ferracci, merci d'être avec nous en studio. Vous êtes vice-président aussi du groupe Renaissance. Tiens, vous êtes-il rapporteur de la réforme de l'assurance chômage ? Qui sera le rapporteur de la réforme des retraites ?
Écoutez, ça n'est pas encore déterminé. Ça va dépendre un petit peu du texte qui est choisi. Est-ce qu'on fait un texte budgétaire ? Dans ce cas-là, il y a des gens qui sont désignés automatiquement pour ça. Ou est-ce qu'on fait un texte ordinaire ? Ça se sera annoncé demain, donc je ne peux pas le dire aujourd'hui.
D'accord. On va parler de cette réforme des retraites, parce que ça a réussi au moins à une chose. C'est un consensus sur le front syndical pour être contre cette réforme des retraites. Il y a beaucoup de questions en suspens. Petite question, je sais que vous aimez beaucoup le foot. Votre père, Pierre Ferracci, aime beaucoup le foot. Il détient effectivement un club de foot dont vous êtes administrateur. Noël Legrette, est-ce qu'il doit démissionner après les propos qu'il a tenus sur Zidane ?
Écoutez, moi j'ai trouvé ces propos assez pathétiques. Je dois le dire tranquillement. Je pense qu'il y a un minimum de respect à avoir par rapport à ce que Zidane a apporté au foot français. Ça sent un tout petit peu la fin de règne, je dois le dire pour Noël Legrette. Oui.
Il doit démissionner. Ça suffit. Il doit prendre sa retraite, ça fera le lien.
Je pense que la Fédération française est mûre pour de nouveaux profils qui incarnent autre chose.
Oui.
Il doit prendre sa retraite.
Écoutez.
Hein ? Allez-y. On va parler de la réforme des retraites. Justement, ça fera le lien. Je crois qu'il est au-delà de l'âge de départ qui est prévu et qui sera probablement annoncé demain.
Même dans le cadre de cette réforme. Alors, vous l'avez dit, c'est une réforme dont on connaîtra les lignes précises demain, mais on connaît les grandes lignes. D'abord, une question. Est-ce que c'est la droite ? Est-ce que c'est les Républicains ? Ce sont les Républicains qui dictent un peu leurs lois au gouvernement pour éviter un 49-3 ?
Il y a évidemment un enjeu fondamental, et vous avez bien raison, pour le gouvernement et pour la majorité présidentielle. C'est de faire voter ce texte et non pas de le faire adopter grâce à un 49-3. Alors, sur un texte aussi symbolique et important que la réforme des retraites, on s'est donné tous les moyens pour trouver des compromis. Et évidemment, le groupe un petit peu pivot à l'Assemblée nationale, c'est le groupe Les Républicains, avec lequel il y a eu des discussions. On a été obligés d'attendre quand même quelques semaines, depuis la mi-décembre. Les annonces devaient, vous vous en souvenez, être faites autour de la mi-décembre.
Elles ont été reportées, notamment pour laisser du temps aux Républicains d'accorder leur violon, parce qu'il y avait des sons de cloche un petit peu différents.
Il y avait une élection, il y avait quand même l'élection du président des l'air.
Oui, et puis justement, parmi les candidats à cette élection, il y avait des gens comme Aurélien Pradié, qui ne voulait pas toucher à l'âge légal de départ. Il y avait des gens comme Olivier Marlex, qui disait que 63 ans, au final, ce ne serait pas si mal. Il y avait des gens comme Bruno Rotaillot, qui milite pour 64 ans et une accélération de la réforme tourenne. Donc tout ça, évidemment, donnait un petit peu de confusion. Et moi, je suis content qu'il y ait désormais une position claire. Et j'espère qu'un compromis sera trouvé avec LR. Mais je tiens quand même à dire que...
Mais est-ce que ce soir, vous pouvez dire qu'il y a un compromis qui a été trouvé ?
Écoutez...
Ah ben mouillez-vous un peu, Marc Ferracci. Vous êtes député, vous êtes un des plus proches conseillers, compagnons d'Emmanuel Macron, puis toujours. Je vais vous le dire.
Je pense qu'un compromis a été trouvé. Et en même temps, enfin, mais en même temps... Vous voyez ce détail même sur vous ? Il y aura encore du travail à faire dans l'hémicycle. Pourquoi ? Parce que le groupe Les Républicains, et c'est tout à fait respectable, est un groupe dans lequel les gens ont une certaine autonomie de vote. Donc le fait qu'il y ait, on va dire, un deal avec le groupe Les Républicains, eh bien ne doit pas dispenser de convaincre les députés un par un. Ça, c'est très important parce que certains, et certains d'ailleurs l'ont exprimé, peuvent vouloir ne pas voter cette réforme.
Est-ce que le... Oui, c'est une réforme, je le disais, périlleuse. Donc vous devez vous livrer à quelques acrobaties parlementaires pour le faire passer. Vous, vous souhaitez tout faire pour qu'il n'y ait pas de 49.3. La réforme, elle serait, comment dire, elle serait moins forte s'il y avait un 49.3. C'est ça que vous nous dites.
Surtout, la réforme serait sans doute moins bien comprise par les Français. C'est ça le plus important. À un moment, il y a une notion d'acceptabilité de la réforme. On le sait, le 49.3, on l'utilise quand on est obligé de l'utiliser. On l'a utilisé sur les budgets, et j'insiste, tous les textes ordinaires.
Combien de fois déjà ?
En réalité, on l'a utilisé sur deux textes. Seulement deux textes. Oui, mais parce que vous savez très bien que les budgets sont des textes qui se découpent en tranches. Il y a plusieurs parties. Donc quand vous faites un 49.3 sur un budget, vous êtes obligé de le faire sur chacune des parties. Donc il ne faut pas non plus aligner les 49.3 et les chiffres comme une pile de Lego. On l'a fait sur deux textes. Seulement deux textes. Tous les autres textes, tous les textes ordinaires ont été adoptés 149.3 en trouvant des compromis, il faut quand même le dire.
Alors, est-ce que, donc, il faut que ça ait l'acceptabilité. Bon, déjà qu'elle n'est pas formidable, mais le dernier sondage, notre sondage, ça le montre, enfin tous les sondages le montrent. Mais donc, c'est important qu'il y ait une sorte de majorité parlementaire qui se dégage sur cette réforme.
C'est très important. C'est très important, vous l'avez dit. Il y a une opinion publique qui aujourd'hui n'est pas favorable à cette réforme. Et j'ai envie de dire que ce n'est pas très étonnant. Je ne connais pas beaucoup de réformes des retraites qui étaient populaires. Je ne connais pas beaucoup de réformes des retraites qui n'ont pas donné lieu à des grosses mobilisations dans la rue. Il y en aura à nouveau, évidemment qu'on l'anticipe.
Maintenant, je pense aussi qu'à partir du moment où les annonces seront faites, il y a quelque chose qu'on pourra faire et qui est très important pour les Français, c'est de leur donner des exemples concrets de ce que va être l'impact de la réforme pour eux.
On va même essayer dès ce soir. Est-ce que c'est pour avoir cet accord parlementaire avec les Républicains que vous avez déplacé, décalé l'âge de départ légal à la retraite de 62 à 64 ans ?
Écoutez...
Parce que c'est de ça que je souhaitais...
Je vais quand même rester prudent. J'ai travaillé, vous savez, au gouvernement, en tant que conseiller. J'ai préparé pour les ministres... Muriel Pénicaud. Des annonces, Muriel Pénicaud. Et je sais que quand on fait des annonces, il y a toujours des petites modifications qui peuvent intervenir à la dernière minute.
Vous pensez que les 64 ans pourraient bouger ?
Non, ça, très sincèrement, je ne pense pas. Mais il peut y avoir, sur le rythme, par exemple, il peut y avoir des bougies. Donc moi, je ne veux pas commenter des annonces qui n'ont pas encore été faites.
C'est juste le fait d'avoir ce curseur quand même important, que ce soit de 62 à 64, voire 65. Est-ce que c'est pour rallier les Républicains ?
Alors, pour rallier les Républicains, si ce qui est choisi, c'est 64 ans, et puis une accélération de la réforme tourenne, par exemple, ça voudra dire quand même que le gouvernement et la majorité présidentielle, eh bien, en ont rabattu un petit peu par rapport au projet initial. Parce que vous vous souvenez que dans le projet d'Emmanuel Macron, c'était 65 ans en 2031.
J'ai envie de dire de quel projet vous parlez, mais ça, j'allais faire un peu d'humour. Bon, donc, l'avant-dernier.
S'il y a une question qui a été débattue pendant la campagne présidentielle, c'est quand même celle des 65 ans, vous vous en souvenez. Et c'est vrai que moi, je m'interroge un petit peu, par rapport à ce qu'est la position aujourd'hui des Républicains, sur le fait qu'ils ont abandonné un projet de retraite, d'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, qui figurait dans le programme des deux derniers candidats républicains à la présidentielle. Mais, évidemment, tout le monde a le droit de changer.
Est-ce que ça vous inquiète, alors même si vous êtes les députés des Français établis hors de France, vous êtes moins concernés, mais ce contexte social explosif, quand même, c'est ce que disait Philippe Martínez à sa sortie de Matignon, et je crois que c'est le dernier propos qu'il a tenu à la Première Ministre, c'était de dire, au moins vous avez réussi une chose, c'est de mettre tous les syndicats, d'accord, c'était pas arrivé depuis je sais pas combien d'années. Donc, est-ce que ce contexte social explosif, est-ce qu'il fallait le faire maintenant, où les Français sont obsédés par leur pouvoir d'achat, par la crise de l'énergie, par leur perspective plutôt sombre ?
Il n'y a aucun bon moment pour faire une réforme des retraites. Vous pouvez reprendre notre histoire sociale par le menu, toutes les réformes des retraites ont été impopulaires, toutes les réformes des retraites ont donné lieu à des mobilisations. Moi, ce que je constate quand même, c'est que lors d'un quinquennat, lors d'une législature, votre capital politique, quand vous êtes le gouvernement ou le président de la République, il va pas en s'accroissant, il va plutôt en diminuant. Donc, moi, je pense qu'il faut faire les choses quand on a de l'énergie, quand on a une volonté claire et bien tracée. Et si on attend un an, je ne sais pas dire ce qu'on sera dans un an et où on sera dans un an.
Oui, mais ça, c'est l'agenda présidentiel du président d'Emmanuel Macron. C'est pas l'agenda des Français.
Non, non, c'est l'agenda du pays. C'est l'agenda du pays. Non, l'agenda du pays, c'est pas de dire qu'il a peu de temps de penser devant lui. En mars 2020, on était au milieu de l'examen parlementaire de la précédente réforme des retraites. Bon, qu'est-ce qui nous tombe dessus ? Le Covid. On a payé dans le précédent quinquennat pour savoir que rien ne se passe jamais comme prévu.
Et puis, en plus, on n'avait rien compris à sa réforme.
Je ne sais pas ce que sera l'état du pays dans un an. Donc, moi, je préfère pour une réforme aussi importante, aussi structurante, qui est destinée à préserver notre système par répartition, je préfère mettre tous les atouts de notre côté et la faire quand on peut la faire, c'est-à-dire aujourd'hui.
Mais est-ce que, malgré tout, vous êtes plutôt une sensibilité de gauche, Marc Ferracci ? Est-ce qu'il n'y avait pas un moyen de ne pas braquer la CFDT, quand même ? Je veux dire, ce n'est pas arrivé depuis très longtemps que le gouvernement braque à ce point-là la CFDT et notamment son numéro 1, Laurent Berger.
Si je suis lucide, vous l'avez rappelé, je vous en remercie, j'ai été rapporteur d'un projet de loi sur l'assurance chômage sur lequel aucun syndicat n'était d'accord. Le front commun existait déjà. Il y a des réformes sur lesquelles le patronat est contre. J'en ai moi-même porté ou défendu. Le bonus-malus sur les cotisations d'assurance chômage que n'aiment pas les entreprises, par exemple. Puis, il y a des réformes sur lesquelles les syndicats sont unis pour être contre. Ce n'est pas une surprise que la CFDT soit contre cette réforme. De tout temps, la CFDT a été contre le relèvement de l'âge légal de départ. Ça figure dans le programme présidentiel.
J'ai même envie de dire que la CFDT a une position qui est encore plus exigeante aujourd'hui parce que lors du dernier congrès de la CFDT, alors que la CFDT acceptait le principe d'une augmentation de la durée de cotisation comme un élément d'une réforme des retraites, là, ils ont refusé y compris l'augmentation de la durée de cotisation. Donc, il n'y a aucune surprise. Toutes les organisations sont opposées au report de l'âge légal. Mais ça ne signifie pas que les trois mois de concertation qui ont eu lieu depuis la rentrée de septembre n'ont pas amené à des évolutions sur les mesures d'accompagnement. On va en parler. Sur les carrières longues, sur la pénibilité et sur le minimum.
Alors, une question, parce que là, je vais vous poser encore la question puisqu'il était dans les couloirs de BFM à Cyril Chabagné que je recevais il y a quelques jours, donc à l'élève le président de la CFTC, c'est sur la question des carrières longues. Est-ce qu'on peut travailler ? Est-ce qu'il y a un exemple, justement, de quelqu'un qui pourra travailler plus de 43 ans, sachant que si, là, je dépare à la retraite, c'est 64 ans, donc quelqu'un qui a commencé à 16-17 ans devra travailler 45 ans, 46 ans. Est-ce que vous pouvez nous dire exactement de quoi il en retourne ? Est-ce que quelqu'un, dans le cas de cette réforme, un ouvrier, par exemple, pourra travailler plus de 43 ans ?
Alors, je ne vais pas vous dire précisément ce que contient la réforme, parce que les annonces, elles sont faites demain, elles sont faites par la Première ministre, et que je n'ai pas le détail de ces annonces. Néanmoins, il y a des choses qui ont été annoncées et qu'il faut que vos auditeurs aient en tête.
Oui, mais un peu contradictoires, justement. C'est pour ça que c'est Elisabeth Borne, elle a dit qu'on ne peut pas travailler plus de 43 ans. Ensuite, elle l'a dit que non.
Alors, ce que je peux vous dire, parce que ça, ça a été annoncé, ça a été dit, c'est que si vous avez commencé à travailler à 16 ans, que vous avez travaillé, par exemple, entre 16 ans et 18 ans, si vous avez accumulé plusieurs trimestres, eh bien, ça vous permettra de partir avant l'âge légal, c'est-à-dire avant, on va dire, les 64 ans, si c'est la borne qui est retenue.
Si vous avez également travaillé entre 18 et 20 ans, eh bien, les trimestres que vous avez faits vous permettront, là aussi, parce qu'on considère que ça décrit ce que l'on appelle, et ce que Olivier Dussop, le ministre du Travail, appelle une carrière très longue, quand vous avez commencé à travailler à 16 ans ou à 18 ans, ça décrit une situation qui doit être prise en compte et donc qui permettra aux gens de partir jusqu'à 4 ans avant, c'est-à-dire, pour quelqu'un...
Oui, mais on arrive quand même à 44 ans de cotisation, ça veut dire qu'on travaille plus. Quand on travaille tôt, on travaillera plus.
Écoutez, c'est une hypothèse, j'attends les détails, moi, de la réforme, mais c'est une hypothèse qui est possible
en fonction de ce qui sera avancé demain. Et ça veut dire, notamment à l'Homberger, mais à d'autres, sur les Chabaniers, il y a beaucoup d'autres, que c'est une réforme qui est quand même très injuste, qui bénéficie plutôt au cadre qu'aux ouvriers. Non, alors... Vous savez... Un petit peu, écoutez ce que vous venez de nous dire, Marc Ferracci.
C'est un fait. Les gens qui ont eu des études longues, donc des gens qui ont intégré le marché du travail plus tard, il n'y a pas que des cadres, vous savez, qui ont fait des études longues. Il n'y a pas que des cadres. Il y a aussi des gens des professions intermédiaires.
Il y a aussi des députés.
Il y a aussi des députés. Mais ce que je veux vous dire, c'est que sur ce sujet, les éléments d'équilibre de la réforme, ils existent. Ils existent... Par exemple, dans le fait que les gens qui ont eu des carrières longues, les gens qui ont eu des carrières dans lesquelles ils n'ont pas travaillé à temps plein, par exemple, mais qui ont eu des carrières complètes, si ça concerne, vous avez tout à fait raison, les femmes qui subissent des temps partiels, il y en a beaucoup, eh bien, ces personnes-là, qui aujourd'hui ont des niveaux de retraite de 900, 1000 euros, auront demain au moins 1200 euros de retraite. C'est-à-dire 85% du prix.
Ça, c'est le côté 67. Mais je pensais à l'ouvrier, le point... Non, mais par exemple, est-ce que pour vous, député de la Renaissance, puisque en plus vous êtes vice-président du groupe, est-ce que c'est un point important de dire qu'il faut que les ouvriers ne soient pas ceux qui vont être les victimes de cette réforme des retraites ?
Non, non, vous avez tout à fait raison. Il ne faut pas qu'il y ait de victimes de cette réforme des retraites et c'est la raison pour laquelle les mesures d'accompagnement vont se décliner dans plusieurs directions. Vous avez parlé des carrières longues, c'est les gens qui ont commencé à travailler très tôt et qui pourront partir plus tôt, y compris à 60 ans. C'est ce qui a été écrit dans la presse, si d'aventure, elles ont accumulé suffisamment de trimestres dans leurs premières années professionnelles.
Mais si elles ont accumulé trop, elles pourront partir...
Et ensuite, pardonnez-moi, je vais au bout de la réflexion. Vous parlez des ouvriers qui sont du BTP, les ouvriers de l'industrie, les ouvriers dans tout secteur, qui sont les plus sujets à des métiers pénibles. Parce qu'au fond, l'enjeu, c'est plus, de mon point de vue, la pénibilité des métiers que la longueur des carrières. Vous pouvez commencer...
Ça dépend qui vous êtes.
Oui, mais enfin, vous pouvez commencer à travailler très, très tôt dans un métier qui n'est pas particulièrement pénible. Le sujet de la pénibilité, c'est un sujet central. Et on doit permettre à ceux qui ont eu des métiers pénibles, d'une part, de partir plus tôt. Je pense que c'est ce qui sera annoncé. Et il y a eu d'ailleurs des précisions sur la manière dont on allait regarder la pénibilité. Ce qu'on a dit, c'est que les critères de pénibilité sur lesquels on se basait jusqu'à présent étaient assez compliqués et difficiles. Ce sera une démarche personnalisée, c'est-à-dire regarder l'usure professionnelle d'un salarié particulier. Mais allons au bout du sujet des ouvriers.
Moi, je suis très attaché et je pense que ça fera partie des annonces de demain. Au-delà de la réparation qu'on vient d'évoquer, partir plus tôt en retraite quand vous avez eu un métier pénible, à ce que les gens puissent accéder à de la reconversion. C'est-à-dire, au milieu de votre carrière, vous avez pendant 20, 25 ans fait un métier qui vous a cassé le dos, vous avez des troubles musculosquelettiques, vous avez des tendinites à répétition au genou parce que vous êtes carreleur, vous devez pouvoir accéder à des formations longues et qualifiantes financées par la collectivité qui vous permettent d'accéder à des métiers moins pénibles.
Devenir, je ne sais pas, chauffeur routier, même si ce n'est pas forcément le métier le moins pénible, mais en tout cas, des métiers qui vous usent moins. Ça, c'est un élément très important. Et enfin, le dernier élément en amont même de cette reconversion, c'est le sujet de la prévention. Moi, je souhaite que les entreprises et en particulier les petites entreprises soient accompagnées pour adapter ces sujets-là qui répondent à la question que vous soulevez très justement de l'inéquité de la réforme en fonction du statut socioprofessionnel. Au-delà de la carrière, il faut qu'on donne la possibilité de réparer, de reconvertir et de prévenir ces questions de pénibilité.
Oui, parce qu'en plus, pour avoir accès à ces carrières longues, il faut avoir travaillé plus de 43-44 ans. On est d'accord ?
Alors, ça, ça va dépendre de ce qui... Je suis désolé. Non, mais voilà. On dit ça grosso modo. Le sentiment de beauté en touche. Oui, oui.
Non, non, mais... On reste sur une fourchette un petit peu large, enfin, un peu floue. Mais ça veut dire que si un ouvrier, par exemple, est licencié, ça veut dire qu'il ira au chômage, mais à ce moment-là, ça l'exclut du processus de pénibilité ? Non, alors... Non ? Vous digne-t'o. D'accord, très bien.
Un premier point. Un premier point. Quand vous êtes au chômage, vous acquérez des droits à la retraite. C'est important de le savoir quand vous êtes au chômage indemnisé.
Est-ce que ça marchera pour rester dans le cadre
de la pénibilité ? Écoutez, si vous allez au chômage mais que néanmoins, vous avez objectivement des traces d'usure professionnelle qu'un médecin est capable d'identifier, c'est justement l'intérêt de cette visite médicale, de cet acte médical personnalisé. Ah oui, mais à un moment...
Non, mais je faisais ça, c'est juste... Je pensais déjà qu'on ait un très peu de médecins.
de la mise en oeuvre de la réforme. Mais encore une fois, moi je trouve quand même plutôt cohérent qu'on essaye de mettre en place un système qui marche parce qu'il s'adapte à la situation de chacun plutôt qu'un système de critères de pénibilité qui est objectivement compliqué. C'est la raison pour laquelle on a abandonné certains critères de pénibilité que les petits employeurs dans les petites entreprises nous disaient ne pas savoir appliquer, ne pas savoir identifier. L'exposition, je vous donne un exemple très concret.
L'exposition aux substances chimiques mesurée dans une boîte de 8 salariés, le degré d'exposition de chaque salarié aux substances chimiques pour un patron qui travaille 80 heures par semaine et qui a du mal à boucler sa compta, vous avouerez que ce n'est pas la situation la plus facile.
Encore deux questions parce que c'est intéressant même si ce n'est pas très précis. Demain, il y a une journée spéciale évidemment autour de cette réforme de retraite sur BFM Business. Est-ce que vous êtes vous en tant que député vous êtes pour l'augmentation généralisée justement du minimum retraite à 1200 euros c'est-à-dire pas au moment de l'application de la réforme mais dès le vote de cette réforme et l'adoption ?
Alors, pour être très clair je suis pour l'application de ce minimum contributif cette retraite à 85% du SMIC on va l'appeler comme ça pour tous les retraités pour tous les retraités c'est-à-dire les nouveaux retraités mais aussi les retraités
j'adore le stock c'est-à-dire que vraiment on arrive à des Je n'ai pas dit le stock j'ai dit les retraités actuels Non, non, mais c'est moi qui ai utilisé cette expression parce que c'est ce qu'on entend donc c'est pour ça
Les retraités actuels D'accord Comme les retraités futurs
Et ça, ça va passer vous pensez ? Les députés en tous les cas ils sont favorables
Ce que je peux vous dire c'est que les députés Renaissance par la voix de notre président Aurore Berger ont une position collective très clairement assumée de dire qu'il faut faire sur tous les retraités ceux qui seront à la retraite dans quelques mois ou quelques années comme ceux qui sont à la retraite aujourd'hui Et c'est très important parce que les artisans les agriculteurs des femmes ou des gens qui ont été dans des temps partiels subis qui aujourd'hui ont moins de 1000 euros de retraite et bien dans une logique sociale on considère que c'est inacceptable
Est-ce que vous excluez ou pas le hausse des cotisations sociales notamment pour les entreprises ?
Oui Et je vais vous dire pourquoi Je vais vous dire pourquoi De 1 ou 2 euros De 2, 3 euros Je vais vous dire pourquoi parce que j'ai entendu ces chiffres qui ont été démentis
Oui c'est ce que disait Cyril Chabagné
Non mais ces chiffres ils ont été démentis y compris par la personne qui les a évoqués ce serait plutôt 26-28 euros par mois Mais fondamentalement ce que je veux vous dire c'est que quand vous augmentez les cotisations salariales vous avez un problème de pouvoir d'achat pour les salariés Quand vous augmentez les cotisations patronales vous avez un problème d'emploi et de compétitivité Il y a un organisme qui s'appelle l'OFCE qui est un organisme qui est plutôt classé à gauche
Oui, l'ERC Ayer qu'on connait très bien
ici sur ces plateaux Qui est plutôt classé à gauche qui a produit une analyse assez intéressante qui dit que quand on augmente 20 points les cotisations parce que ça a des effets négatifs sur l'emploi sur la compétitivité à la fin les comptes publics ne reçoivent que 0 de point de cotisation ça montre bien que toucher aux cotisations patronales ça n'est pas forcément efficace y compris pour équilibrer le système
Mais en fait est-ce qu'il n'y a pas une erreur de ciblage c'est-à-dire le point la difficulté le coût le poids que font peser sur les finances publiques la question des retraites si en fait c'est le financement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux on en parlera après mais c'est surtout ça qui pèserait très lourd on dit 33 milliards d'euros est-ce que c'est pas là-dessus qu'il faudrait cibler plutôt que toucher le secteur privé et l'ensemble des français d'abord
il y a les deux vous avez raison de dire et ça a été dit par François Béroux le haut commissaire au plan
si ça te fait dire par François Béroux
non non mais disons que c'est lui qui est sorti avec lui il est pour une hausse
des cotisations sociales je vous signale
oui mais je peux ne pas toujours d'accord avec François Béroux vous m'accorderez cela en revanche sur le constat il a raison de dire qu'une partie des régimes de retraite tous régimes confondus et notamment la fonction publique les régimes spéciaux comme le régime de la SNCF est aujourd'hui en déficit si l'Etat ne contribue pas et ça ça représente à peu près 33 milliards ça c'est très important mais il y a un deuxième élément qu'il faut quand même avoir en tête c'est l'évolution démographique dans les prochaines années ça c'est ce que dit le conseil d'orientation des retraites dont je fais partie accessoirement qui nous dit quoi ?
qui nous dit que y compris pour les salariés du secteur privé et bien on a devant nous 25 années de déficit des déficits qui vont atteindre jusqu'à 20 milliards d'euros par an et qui
c'est dans une hypothèse
non non non c'est dans des hypothèses assez optimistes en termes de productivité et assez optimistes en termes de taux de chômage donc ce ne sont pas des hypothèses on va dire trop trop rigoristes donc il faut faire très attention à ça et c'est la raison pour laquelle on a besoin d'une réforme qui nous permette de dire à nos enfants demain écoute j'ai fait ce qu'il fallait pour que tu n'aies pas à épargner pour ta retraite pour que tu n'aies pas à te constituer un capital parce que la retraite par répartition sera trop faible juste un chiffre qui devrait marquer un petit peu les esprits aujourd'hui le revenu des retraités c'est à peu près 100 un peu plus même 101% du revenu de la population en moyenne en moyenne c'est très important si on ne fait rien et bien dans les prochaines décennies le revenu des retraités sera 25% inférieur c'est à dire que ce sera 75% du revenu de la population totale ça c'est la conséquence directe des évolutions démographiques qu'on va subir si on ne fait rien et le conseil d'orientation des retraites le dit très bien donc à un moment ou à un autre il faut assumer ses responsabilités j'espère que le parlement assumera ses responsabilités j'espère que certaines des oppositions assumeront leurs responsabilités pour pérenniser notre système par répartition pourquoi ?
parce que le système par répartition vous savez il est vraiment né en 1945 c'était d'ailleurs une des préconisations du conseil national de la résistance d'Ambroise Croizat et ça a toujours été un ferment de notre unité nationale cette solidarité entre les générations moi je veux qu'on le préserve et si vous avez un système dans lequel l'état est obligé de mettre 10, 20, 30 milliards repos chaque année vous n'avez plus un système par répartition oui mais là
il n'y a pas de réforme des retraites pour le secteur public on est bien d'accord
vous avez une réforme des régimes spéciaux oui pour le secteur public le secteur public va connaître l'allongement de l'âge de départ au même titre que le secteur privé pardonnez-moi les fonctionnaires sont concernés il faut quand même être très clair là-dessus voilà
concernés merci beaucoup en tous les cas parce que même si on n'est pas rentré complètement dans le détail on a quand même pu essayer d'avancer un peu sur ce délicat dossier de la réforme des retraites merci beaucoup Marc Ferraci donc député renaissance voilà c'est la fin de la grande interview tout de suite vous retrouvez François Sorel Frédéric Simotel ils étaient à Las Vegas pour le CES vous le savez une émission enregistrée juste avant de prendre l'avion et préparée par Léa Benahim merci beaucoup et puis vous pouvez évidemment retrouver sur le site de BFM Business les replays le QR code s'affiche du reste vous pouvez retrouver cette interview bonne soirée
Marc Ferracci