Bruno Le Maire : « Nous approchons à grands pas d’un accident financier »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Faut-il relancer une forme de "quoi qu'il en coûte" face à la hausse des prix du carburant ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Que préparez-vous avec votre manifeste "Une autre France" ?
- 1:25RelanceRéponse partielle
N'est-ce pas une volonté de faire oublier les critiques sur votre gestion des dettes ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Vous avez été surnommé l'homme aux milliards de dettes, comment répondez-vous ?
- 3:25RelanceRéponse partielle
Mais c'est aussi un peu votre égo qui parle ?
- 4:04OuverteRéponse directe
Nous approchons d'un accident financier majeur, quelles mesures radicales proposez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:04Bruno Le MaireChiffre
« La dette n'est pas à 1000, elle est à plus 1300 milliards. Il y a eu 300 milliards d'euros de dettes supplémentaires depuis que je suis parti. »
- 2:42Bruno Le MaireChiffre
« Quand j'étais ministre des Finances, les taux d'intérêt moyen étaient à 1%. Ils vont dépasser les 5 % dans les semaines qui viennent. »
- 2:42Bruno Le MaireChiffre
« Vous avez un taux de chômage à 7,6%. approche les 9 % aujourd'hui. »
- 4:04Bruno Le MaireFait
« Nous nous approchons à grands pas d'un accident financier majeur, où ce n'est plus le peuple français et son gouvernement qui décidera librement de ce qu'il faut faire pour redresser les comptes de la nation, mais ce sera la Banque centrale européenne. »
- 4:44Bruno Le MairePromesse
« Je propose la désindexation d'un point de toutes les pensions de retraite sauf le minimum vieillesse. Je propose de supprimer également l'abattement de 10%. »
- 4:44Bruno Le MairePromesse
« Je propose de geler l'avancement des fonctionnaires. Je propose de geler le point d'indice des fonctionnaires. »
- 4:44Bruno Le MairePromesse
« Je propose de désindexer toutes les aides sociales sauf le RSA. »
- 6:03Bruno Le MaireFait
« Moi, j'aurais maintenu la surtaxe à l'impôt sur les sociétés parce que ça me paraît très difficile d'expliquer aux Français, aux retraités, aux fonctionnaires que oui, une désindexation est nécessaire mais que dans le même temps, on va revenir sur l'effort qui est demandé aux entreprises. »
- 6:03Bruno Le MaireFait
« La lettre aux entrepreneurs de Sébastien Cornuie, c'est une erreur politique ? »
- 7:53Bruno Le MaireFait
« La situation financière de la France, elle est préoccupante pour toute la zone euro. Elle fragilise toute la zone euro. »
- 11:29Bruno Le MairePromesse
« Il faut réduire le nombre de ministres dans le gouvernement, passer à 10 ministres, pas un de plus. Il faut réduire les tailles des cabinets, pas 15 mais 5 membres. »
- 14:03Bruno Le MairePromesse
« On voyait tout à l'heure affiché 70 jours pour l'examen du budget, je propose 30 jours maximum. »
- 14:03Bruno Le MairePromesse
« Le ministre des Finances, il doit avoir un droit de veto sur les propositions de dépenses des ministres. »
- 14:03Bruno Le MairePromesse
« Le Parlement, on doit limiter son pouvoir d'amendement pour qu'on évite des dépenses supplémentaires. »
- 15:53Bruno Le MairePromesse
« J'appelle à une nouvelle cinquième République dans laquelle vous aurez dix ministres qui seront définis dans la Constitution, dans laquelle vous supprimez le 49.3, mais en échange, vous ne pouvez plus renverser le gouvernement et le censurer si vous n'avez pas une majorité alternative. »
- 18:24Bruno Le MaireFait
« Les remèdes qu'on a apportés à ce moment-là, ça nous a évité une crise économique, ça nous a évité une crise sociale, ça a évité l'effondrement. »
- 18:57Bruno Le MaireChiffre
« Mettre en place des aides ciblées sur ceux qui travaillent, qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ça va coûter quoi ? 100 ? 120 150 millions. »
- 19:37Bruno Le MaireChiffre
« Les économies qu'il faut trouver, c'est des économies systémiques entre 30 et 40 milliards d'euros. »
Temps de parole
- ?100 %
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L'inquiétude et la colère des Français face à une hausse des prix du carburant qui durent. Et les demandes relayées par les oppositions de baisser les prix le gouvernement, doit-il céder et relancer une forme de quoi qu'il en coûte ? On va en parler avec notre invité. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation à un ancien ministre de l'Economie et des Finances. C'était entre 2017 et 2024, une interview en partenariat avec la presse régionale, comme tous les jours, représentée ce matin par Fabrice Lesser-Redon du groupe Ébras et Bras, les journaux de la façade Est de la France. Bonjour Fabrice. Bonjour Auréane, bonjour Bruno Le Maire. Bonjour. Bruno Bruno Le Maire, vous êtes de retour, de retour sur la scène médiatique,
de retour sur le fond, sur les idées. Vous avez publié un manifeste pour une autre France. Que préparez-vous ? Je défends une vision de la France à un moment où on le voit bien, il y a des inquiétudes. qui sont très profondes. Je vous passe un message très simple, c'est que le pays en a connu d'autres dans sa très longue histoire et que si nous prenons vite les bonnes décisions, nous avons tout pour être un pays qui est réussi au XXIe siècle. Simplement, des réformes ne suffiront pas. Ce que je dis dans mon manifeste « Une autre France » qui est disponible sur mon site internet, uneautrefrance .fr, c 'est que maintenant il faut changer de modèle. Le modèle est complètement à bout de souffle. C'est un modèle qui redistribue des richesses avant d'en produire.
C'est un modèle où il n'y a plus d'autorité de l'État parce que tout le monde se mêle de tout et plus personne n'est responsable de rien. C'est un modèle dans lequel les États européens sont divisés alors qu'ils devraient se rassembler. J'ai proposé que six états se rassemblent dans une fédération d'état nation donc nous sommes arrivés au bout de 40 50 années d'histoire il faut refonder le modèle comme le général de gaulle avait su le faire en 1958 la situation était aussi dramatique qu'en 1958 la refondation doit être aussi profonde en 1950 on va revenir sur sur les propositions est ce qu'est-ce qu'avec tout ça il n'y a pas aussi une volonté de faire oublier les critiques de faire oublier que vous êtes l'homme aux milliards de dettes.
C'est comme ça que vous ont surnommé à un moment vos adversaires. Oui, c'est pour ça que je veux remettre aussi les points sur les i. Aujourd'hui, la dette n'est pas à 1000, elle est à plus 1300 milliards. Il y a eu 300 milliards d'euros de dettes supplémentaires depuis que je suis parti. Donc on voit bien que ce n'est pas un problème de personne, c'est un problème de système. Vous avez donné les chiffres tout à l'heure. Je veux aussi là rétablir un certain nombre de vérités et remettre les points sur les « i ». Quand j'étais ministre des Finances, les taux d'intérêt moyen étaient à 1%. Ils vont dépasser les 5 % dans les semaines qui viennent. Vous avez un taux de chômage à 7 ,6%. approche les 9 % aujourd'hui. L 'écart de taux entre l'Allemagne était de 30 points. Il
va dépasser les 100 points aujourd'hui. Et la dernière année où j'étais ministre de l'Économie et des Finances sur une année pleine, 2023, la croissance a approché les 2%. Vous m'entendez ? Les 2 % ? Aujourd'hui, on est quasiment en récession. avec 0 ,4 % de croissance. Donc je reviens aussi pour remettre les points sur les « i », sur ce que nous avons fait en matière économique, sur la manière dont je me suis battu pour réduire la dépense publique en me retrouvant face à des oppositions qui ne voulaient rien entendre, rien accepter comme réduction de dépense. Et au moment où je proposais un plan de redressement complet de nos finances publiques, le président de la République a fait le choix de la dissolution. Donc après deux ans de silence, un moment où la situation financière
est aussi grave, j'appelle chacun à prendre ses responsabilités. Je prends les miennes, que chacun prenne les. – Mais c'est aussi un peu votre égo qui parle. Ça vous a blessé, toutes ces critiques dont vous avez fait l'objet C'est une question d'ego, c'est une question d'intérêt supérieur de la nation française. Vous dites que je veux rétablir la vérité. C'est quelque part la personne que vous êtes a été touchée. Mais vous êtes toujours touchée par les critiques, c'est normal, mais ce n'est pas le sujet. La question de la France aujourd'hui est dramatique. Nous nous approchons à grands pas d'un accident financier majeur, où ce n'est plus le peuple français et son gouvernement qui décidera librement de ce qu'il faut faire pour redresser les comptes de la nation,
mais ce sera la Banque centrale européenne. Et donc non seulement je rétablis un certain nombre de vérités, parce que je pense qu'au bout de deux ans c'est bien de le faire, mais surtout j'explique avec l'expérience qui est la mienne ce qui est nécessaire de faire pour reprendre le contrôle de nos finances publiques puis on a un débat là aujourd'hui sur faut-il désindexer ou non les pensions de retraite et je le dis avec beaucoup de clarté non seulement il le faut mais c'est C'est totalement insuffisant. Si nous voulons vraiment reprendre la maîtrise de nos comptes publics, il faut que dès ce budget 2027, il y ait des décisions bien plus radicales, bien plus profondes pour nous assurer notre liberté financière. Lesquelles ? Sur les retraites particulièrement ?
Sur les retraites, je propose la désindexation d'un point de toutes les pensions de retraite sauf le minimum vieillesse. Je propose de supprimer également l'abattement de 10%. Je propose de geler l'avancement des fonctionnaires. Je propose de geler le point d'indice des fonctionnaires. Je propose de désindexer toutes les aides sociales sauf le RSA. C'est une politique de rigueur ? Non, c'est une politique de rigueur. Non, c'est une politique de lucidité et de reprise en main de nos comptes publics. Je propose également... Mais vous pensez que ça va passer, Bruno Le Maire ? Le gouvernement était contraint de suspendre la réforme des retraites. Vous pensez que vos mesures qui sont encore plus dures vont passer ? Je dis simplement ce qu'il est nécessaire de faire si on veut dire la vérité
aux Français sur la reprise en main de nos comptes publics et en prêt pouvoir réinventer réellement notre futur. Mais j'ajoute à ça, au-delà de ces mesures de désindexation qui permettent effectivement de trouver vraiment des sommes qui sont significatives. Moi, j'aurais maintenu la surtaxe à l'impôt sur les sociétés parce que ça me paraît très difficile d'expliquer aux Français, aux retraités, aux fonctionnaires que oui, une désindexation est nécessaire mais que dans le même temps, on va revenir sur l'effort qui est demandé aux entreprises. La justice, vous m'entendez ? La justice, c'est la clé de mesure qu'il puisse être acceptable par les gens. Donc la lettre aux entrepreneurs de Sébastien Cornuie, c'est une erreur politique ?
Mais les entrepreneurs qu'on soutienne les PME, qu'on soutienne les TPE, oui mais quelle est la meilleure manière de les soutenir ? C'est d'avoir des taux d'intérêt qui baissent pour qu'ils puissent emprunter, innover, investir et pour ça il faut reprendre le contrôle de nos finances publiques. J'ajoute deux propositions qui me paraissent importantes. La première c'est que nous demandions à Rabais sur la contribution de la France à l'Union Européenne. Tout simplement parce qu'aujourd'hui on a un niveau de vie moyen en France qui est hélas inférieur au niveau de vie moyen des autres européens. Donc je ne vois pas pourquoi nous ne demanderions pas comme d'autres pays, comme l Allemagne, comme le Danemark, comme l'Autriche, un rabais son contribution.
C'est un peu étonnant de la part d'un Européen convaincu comme vous de demander un rabais. Ce qu'il demande pour le moment c'est le Rassemblement national. Mais on peut être un Européen convaincu sur des propositions très fortes comme la Fédération d'Etat-nation et en même temps se dire qu'il faut qu'on arrête de financer avec l'argent des Français la construction d'autoroutes dans le sud de l'Espagne ou dans l'est de la Pologne. Tout simplement parce que c'était justifié il y a 15 ou 20 ans quand il y avait un rattrapage qui était nécessaire, mais ça ne l'est plus aujourd'hui. – Mais vous pensez que ça va passer auprès de nos voisins européens ? – Mais je pense que nos voisins européens, ils peuvent comprendre... – Pourquoi nos voisins européens qui ont une économie en meilleure santé,
eux, financeraient pour nos autoroutes Je pense que la situation financière de la France, elle est préoccupante pour toute la zone euro. Elle fragilise toute la zone euro. Et faire en sorte que la France puisse être soulagée de 5 milliards d'euros par an, c'est l'intérêt collectif aussi. Il faut être lucide. La première qualité aujourd'hui d'un responsable politique français, c'est la lucidité. Et la deuxième, c'est le courage pour tenir, tirer les conséquences du constat Pourquoi nos voisins qui eux ont fait les réformes pour rétablir leurs finances publiques devraient payer pour nous et nous on devrait... On ne demande pas payer, on demande juste de contribuer moins le temps que nous rétablissions nos finances
publiques et que la France sorte de l'ornière financière dans laquelle elle est. Mais quel est l'intérêt des autres pays européens, notamment de la jeune euro ? Est-ce qu'il y a un accident financier en France ? Aucun. – De votre point de vue, Bruno Le Maire, il y a des pays qui ont réussi à redresser vraiment, réellement en Europe. – C'est clair. – C'est clair. – La Grèce l'a fait, le Portugal l'a fait, l'Espagne l'a fait derrière la situation du Portugal. Simplement, ces pays l'ont fait contraints et forcés. Ils l'ont fait parce que le FMI, dans le cas de la Grèce, est intervenu et obligé et que les autres Européens ont obligé la Grèce à prendre des mesures très dures. C'est justement, par amour profond de mon pays, ce que je veux éviter à la France.
La situation où nous ne sommes plus libres de notre destin. Et où c'est la Banque centrale européenne qui va nous dire ce qu'il faut faire. Vous voyez, quand je vois qu'on a retiré la réforme des retraites, qu'on a eu tellement de mal à faire passer, mais aujourd'hui, elle rapporterait plusieurs milliards d'euros. Quelle inconséquence Vous voyez bien que sur les dépenses de l'Etat... Est-ce qu'il y avait d'autres choix ? C'est-à-dire vous à la place du Premier ministre, vous n'auriez pas suspendu la réforme ? Personnellement j'ai fait un autre choix, je suis parti. En 2024 il y a eu la dissolution et le choix qui a été fait par le président de la République c'est entre le rétablissement des comptes que je proposais et le chaos politique, le choix de la dissolution du chaos politique.
Donc je suis parti et je dis haut et fort qu'abandonner la réforme des retraites, augmenter les
gouvernement, vous avez été dans le gouvernement, les gouvernements Macron. Vous avez été freiné dans ce que vous vouliez faire pour la France ? – C'est un secret de polichinelle, la bataille pour réduire les déficits, pour réduire la dépense depuis 2021 où j'ai dit « nous devons sortir du quoi qu'il en coûte », c'était une bataille de tous les instants, avec des victoires, avec des économies qui ont été faites, et puis des défaites. Et au bout du compte, une sanction qui a été et celle de la dissolution, qui a mis le pays dans un état de confusion et de désordre politique complet. Et quand il y a de la confusion et du désordre, on perd le fil de sa politique économique, on abandonne la réforme des retraites, on abandonne la politique de soutien
aux entreprises, on augmente les impôts et on se retrouve dans la situation où nous sommes aujourd'hui, c'est-à-dire une situation périlleuse pour le pays. Il faut en sortir. Et pour en sortir, il n'y a qu'une seule façon de faire, c'est prendre des décisions puissantes et les prendre maintenant. Est-ce que les circonstances sont réunies ? Est-ce que les conditions sont réunies ? Vous évoquiez De Gaulle tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il faudrait pour qu'il y ait cet électrochoc que les Français demandent ? – C'est la grande question. Est-ce que les responsables politiques, nous tous, dont je fais partie, sont suffisamment lucides pour dire que la situation est grave ? Nous mettons de côté nos intérêts politiciens, nos intérêts du moment.
Nous nous hissons à la hauteur de la situation et à la hauteur des attentes des Français. Et nous prenons maintenant les décisions que les circonstances exigent. C'est ce que je Je le propose et je le fais en mettant, comme aucun autre responsable politique, carte sur table. Donc je dis effectivement désindexation, baisse des gels des traitements des fonctionnaires, tout ce que je vous ai indiqué précédemment, baisse de la contribution de la France à l'Union Européenne. Puis j'ajoute aussi des décisions... Mais vous ne répondez pas à ma question. Mais comment vous faites passer ça au Parlement ? J'ajoute à ça des décisions qui doivent être faites. Il ne faut pas baisser le traitement des ministres. Il faut réduire le nombre de ministres dans le gouvernement,
passer à 10 ministres, pas un de plus. Il faut réduire les tailles des cabinets, pas 15 mais 5 membres. Ça, c'est des décisions qui sont fortes et puissantes. Soit vous faites cela et vous faites le choix de vous hissez à la hauteur des circonstances. Je crois que vous attendez la crise, mais elle est inévitable. Et dans le fond, quand vous discutez derrière les caméras, derrière ces plateaux de télévision, avec les responsables poétiques qui se cachent, qui se planquent, qui ne disent pas la vérité, qui se tortillent, qui hésitent entre une position et une autre, qui se gondolent, qui ne tiennent pas une position claire, ferme comme les circonstances l'exigent. Ils vous disent vous-mêmes, on va attendre la crise. Elle va arriver. Alors
pourquoi est-ce qu'on prendrait le risque de s'exposer face aux Français à annoncer des mesures impopulaires ? Moi, j'appelle chacun à s'élever à la hauteur de la gravité des circonstances, à se rassembler, à oublier les querelles politiciennes et à comprendre que personne n'a rien à y gagner, ni la France, ni les Français, ni eux-mêmes. Parce que gagner demain une élection présidentielle, si c'est pour la gagner en pleine crise financière, le prochain président de la République sera impuissant. Donc, pour l'intérêt de l'avenir de notre pays, c'est maintenant qu'il faut régler notre problème financier pour être libre demain et avoir une élection présidentielle utile. Le gouvernement, les candidats à la présidentielle sont conscients de la situation mais ils n'agissent pas par manque
de courage politique. C'est ça le constat que vous faites ? Ils en sont parfaitement conscients, je l'espère. Mais qui aujourd'hui a présenté une série de mesures et un véritable plan complet de redressement des finances publiques comme ce que je fais. J'ajoute qu'au-delà des mesures immédiates que j'ai proposées, il faut évidemment une réforme des retraites et dire très clairement qu'il est indispensable de garder un âge légal de départ à la retraite. J'ai proposé 65 il est urgent de mettre en place la capitalisation que j'avais commencé à mettre en place avec le produit d'épargne retraite, qu'il faut une grande transformation de l'État pour savoir ce que fait l'État encore, pour moi, éducation, santé, sécurité et ce qu'il ne fait plus.
Et j'ajoute un troisième volet dans ce plan global qui n'est pas un plan de rétablissement des finances publiques. C'est un plan de rétablissement de la souveraineté nationale. Le troisième volet, c'est revoir complètement la procédure budgétaire. On voyait tout à l'heure affiché 70 jours pour l'examen du budget, je propose 30 jours maximum. Le ministre des Finances, il doit avoir un droit de veto sur les propositions de dépenses des ministres. Le Parlement, on doit limiter son pouvoir d'amendement pour qu'on évite des dépenses supplémentaires. Limiter le droit d'amendement, c'est un droit des parlementaires, c'est un droit constitutionnel, le droit d'amendement. Est-ce que ce n'est pas un peu antidémocratique de dire aux parlementaires,
vous êtes gentil mais le budget vous l'approuvez, vous n'êtes pas content ? Je comprends que vous posiez la question surtout sur cette chaîne. Mais je le dis avec 7 années d'expérience que j'ai fait passer 7 budgets. Si on continue à répéter sans cesse les mêmes choses à chaque fois qu'on veut véritablement rétabler les finances publiques, on n'y arrivera pas. Vous faites tout ça ? Non mais dès que vous arrivez avec des économies, on vous dit austérité. Dès que vous dites réduction du pouvoir d'amendement, des parlementaires, on vous dit c'est contre la démocratie. Moi je vous dis simplement que les économies, tous les autres pays l'ont fait en Et on n'a pas parlé d'austérité. Et je vous dis que la limitation du droit d'amendement des parlementaires,
ça existe en Grande-Bretagne où c'est le gouvernement qui décide de ce sur quoi le Parlement pourra s'exprimer. Et il ne me semble pas que le gouvernement britannique, ce soit un gouvernement autoritaire. C'est une des très grandes démocraties de la planète. Ce que je veux dire, c'est que si nous ne sommes pas arrivés depuis 40 ans à vous chapitre sur le budget. Vous allez vous prononcer là-dessus ou là-dessus, mais moi j'ai fait 7 budgets et à 7 budgets, j'ai eu droit entre 70 et 100 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Donc j'en tire la conclusion pour l'avenir de mon pays qui depuis 40 ans n'a pas eu 50 ans que, dis-je, n'a pas eu un budget à l'équilibre. C'est que notre pétonne n'est pas la bonne. Et vous voyez, je ne peux pas demander aux retraités,
à tous ceux qui aujourd'hui touchent leur retraite et à qui on dit « on va désindexer vos pensions ». Je ne veux pas leur demander un effort. Si je ne garantis pas que c'est une fois pour toutes, et si on veut que ce soit une fois pour toutes, il faut non seulement les mesures d'urgence, non seulement des réformes de structures comme celle que je propose sur l'État ou sur les retraites, mais il faut également transformer complètement la méthode d'examen du budget pour éviter cette multiplication de dépenses supplémentaires à chaque budget. Vous faites tout ça avec la même Constitution ? – Avec des parlementaires qui ne peuvent pas aggraver la charge de la dette, Bruno Le Maire. – Vous êtes obligés de faire des modifications de la Constitution.
Moi j'appelle à une nouvelle cinquième République dans laquelle vous aurez dix ministres qui seront définis dans la Constitution, dans laquelle vous supprimez le 49 .3, mais en échange, vous ne pouvez plus renverser le gouvernement et le censurer si vous n'avez pas une majorité alternative. C'est ce qui existe en Allemagne et c'est ce qui garantit la stabilité, une Constitution dans laquelle vous limitez le pouvoir de nomination du président de la République pour que les ministres aient un vrai pouvoir de domination et que vous rétablissiez l'autorité de décision dans les ministères. Nous sommes, je l'ai dit, un moment de refondation. C'est la seule manière de nous sortir des difficultés et de la gravité de la situation à laquelle nous sommes.
– Donc voilà, c'est pour ça que vous dites on est en 58. Pour vous, il faut aussi remettre à plat la Constitution. – Bien sûr, j'appelle une nouvelle cinquième République pour qu'on redéfinisse clairement… – Ce n'est pas une sixième République ? – Non, une nouvelle cinquième République. C'est-à-dire que vous avez besoin de transformation très profonde. Regardez la colère populaire. Comment vous l'apaiser ? En tapant sur les gens ou leur donnant la parole. Moi, ma proposition, c'est que dans cette nouvelle 5ème République, vous fassiez droit à ce qui est une grande demande du peuple français, le référendum d'initiative citoyenne. Sur la colère, vous sentez quelque chose ou pas ? Bien sûr ! Je continue à me déplacer sur jeudi dans les Ardennes, chez mon ami Miguel Leroy.
Je serai samedi à Briançon. Chez le maire de Briançon, qui est aussi un grand ami, Arnaud Murgia. Qu'est-ce que je sens une inquiétude très profonde ? Et je pense qu'en démocratie, vous trouvez les solutions, pas contre le peuple, avec le peuple. Donc dans cette nouvelle constitution, oui, je souhaite que le référendum d'initiative citoyenne devienne un droit. Je souhaite qu'on puisse se prononcer par référendum sur beaucoup plus de sujets, y compris des sujets d'inquiétude majeure comme l'immigration. Mais vous, vous étiez à Bercy au moment des Gilets jaunes, au moment du Covid. Vous l'avez pratiqué, vous ce quoi qu'il en coûte. Est-ce que ce n'est pas un peu facile de dire quand vous étiez à Bercy, hop, vous avez sorti le carnet tchèque et là vous dites que ce n'est pas très
courageux de sortir du carnet tchèque, il faut le limiter ? Est-ce que le quoi qu'il en coûte finalement, vous n'avez pas un peu biberonné les Français au quoi qu'il en coûte – Le quoi qu'il en coûte ? – Ce n'est pas vous déjà le quoi qu'il en coûte. – C'est la forme du président de la République, pour le coup je l'assume totalement. – Vous le défendiez ? – Bien sûr, je l'ai défendu, en revanche nous n'avons pas été d'accord sur la date de sortie du quoi qu'il en coûte dès 2021, j'ai appelé à en sortir. Là, c'était plus difficile. Mais quand on l'a mis en place, oui, je pense que c'était la bonne décision et j'assume ce que j'ai décidé et ce qui me paraissait utile. Pourquoi ? On compare des choses qui ne sont pas comparables. Le Covid, c'est l'effondrement de l l'économie
mondiale comme ça ne s'est pas produit depuis 1929. Donc, au grand mot, les grands remèdes. Et je pense que les remèdes qu'on a apportés à ce moment-là, ça nous a évité une crise économique, ça nous a évité une crise sociale, ça a évité l'effondrement Vous avez aussi répondu aux gilets jaunes. On le disait, quand les gilets jaunes ont commencé, la moyenne des prix à la pompe, c'était 1 ,50€. Là, c'est deux fois plus élevé. Et vous dites là qu'il ne faut pas les aider ? Le Covid, crise majeure. Nous avons apporté une réponse majeure et je pense que tous ceux qui sont commerçants, qui travaillent dans l'hôtellerie, dans la restauration, dans l'industrie, savent parfaitement ce qu'ils doivent aux décisions que nous avons prises à ce moment.
C'est ce qui a permis en 2023 d'avoir ces près de 2 % de croissance dont je parlais. On a pu se redresser ensuite et retrouver de la croissance et de la création d'emplois. Sur les gilets jaunes, on a apporté une aide. Aujourd'hui, il faut aussi apporter une aide à tous ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler, que ce soit les aides-soignantes en zone rurale, que ce soit les salariés qui travaillent dans des zones où les prix du logement sont très chers. Donc ils sont obligés d'habiter à 50, 40, 80 kilomètres de leur lieu de travail. Mais ces personnes là, il faut les aider. Il n'y a absolument aucun doute. Et regardons aussi ce que ça représente comme somme. Mettre en place des aides ciblées sur ceux qui travaillent,
qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ça va coûter quoi ? 100 ? 120 150 millions. Les économies qu'il faut trouver, c'est des économies systémiques entre 30 et 40 milliards d'euros. Donc si nous faisons toutes les économies nécessaires que j'ai proposées, nous gardons la possibilité qui me paraît une question de justice, une question de stabilité sociale, d'aider ceux qui en ont vraiment besoin quand le prix du carburant tape les 2 ,30 euros, 2 ,40 euros, peut-être demain 2 ,50 euros. Bruno Le Maire, votre manifeste pour une eau de France a tout d'un programme Comme présidentielle, vous ne voulez pas dire si vous êtes candidat à la présidentielle ou non. Qu'est-ce qui vous déciderez ? Qu'est-ce que vous attendez ?
J'attends de voir quelle est la réaction des Français aux propositions que je peux faire. Être candidat, ça ne se décide pas comme Comme ça, le matin dans un café. Là, ça semble très réfléchi. Non mais d'accord, mais vous voyez qu'il y a déjà une quarantaine de candidats. L'impression que chacun s'est levé un matin, s'est dit tiens, je vais être candidat à la présence de la République. Enfin, la situation est grave. Donc vous ne serez pas un de Vous attendez. Est-ce que c'est une primaire de la droite et du centre ? Là, vous serez candidat. Je ne sais même pas s'il y aura de primaire. Vous savez, si il y en a une, si il y en a une. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille et l'Utès dans une amphore. Vous ne voulez pas répondre à cette question ?
Il y a déjà trop de candidats, c'est ça ? J'ai 30 années d'expérience politique. J'ai été ministre de l'Agriculture, ministre des Affaires européennes. Pendant 7 ans, ministre des Économies et des Finances. Il y a des choses que j'ai réussies, d'autres sur lesquelles j'ai échoué. J'ai une conscience aiguë de la gravité de la situation dans laquelle nous sommes. – On ne met pas autant de propositions sur la table à 7 mois d'une présidentielle sans dévénéter – Soit vos propositions, elles sont écoutées et ce n'est pas des propositions, c'est une vision du pays. Est-ce que cette vision du pays qui repose sur la prospérité par le travail et la production, le rétablissement de l'autorité de l'État… – Donc vous espérez qu'un candidat s'en va pas pour l'Europe.
C'est-à-dire trois orientations très claires et très simples. Est-ce que cette vision-là, elle recueille le soutien des Français ? Oui ou non ? Vous vous déplacez, vous écoutez... Mais vous en avez discuté avec les candidats – Bien sûr, j'ai discuté de cela avec Gabriel Attal que je dois voir très prochainement. Je peux en discuter avec d'autres personnes à tout moment. – Et Gabriel Attal serait prêt à reprendre vos propositions Mais on verra ce que chacun fera. Et vous soutiendrez celui qui reprend vos propositions ? Ce n'est pas une question de soutenir un candidat ou un os et défendre une vision de son pays. Je n'ai pas 30 années de vie politique derrière moi pour me dire « tiens, je vais me mettre en soutien de l'un ou de l'autre, je défends ma vision.
» Elle recueille ou non l'enthousiasme et le soutien des Français et à partir de là, vous prenez une décision. Est-ce que vous en avez parlé ? Est-ce que vous en avez parlé avec Dominique Devinepin, que vous connaissez bien, qui vous avait travaillé dans cette – Non, mais sans doute l'occasion de lui en parler, je reste. – Il serait un bon candidat, pas ? – Ben oui, alors c'est un bon candidat ? – Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points, je suis là pour défendre mes visions. Regardez, je me suis exprimé sur... – Vous vous surprend ou pas Je me suis exprimé sur l'éducation il n'y a pas très longtemps, en disant qu'il est indispensable d'établir une continuité entre l'enfance, la petite enfance et l'école.
C'est la seule manière véritablement de retrouver des meilleures résultats. Vous avez déchaîné les passions. Oui, justement, mais tant mieux parce qu'au moins, sans doute que j'ai été mal compris, donc je rétablis les choses. J'hésite certainement pas de faire de nos bébés et de nos enfants des écoliers. Il s'agit de garantir à toutes les familles de France une modalité de garde en crèche ou avec des assistantes maternelles qui permettent aux enfants de s'éveiller dans les meilleures conditions possibles. C'est une faculté, ce n'est pas une obligation. Mais au moins, j'ouvre un débat sur la refondation d'un modèle qui ne donne pas les résultats qui sont attendus. – Merci Bruno Le Maire, merci beaucoup d'être venu nous
Bruno Le Maire