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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 19 juin 2020 25 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesTransportsSanté

Convention sur le climat, soutien à la SNCF, plan vélo... le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous leur dites lâchez-vous ou on se calme ?

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Et on en fera quoi après ?

  • 1:23OuverteRéponse partielle

    Vous parliez de degrés, 19 degrés maximum de chauffage. Par exemple, c'est envisageable.

  • 1:50OuverteRéponse partielle

    Mais ça, ça relève de la loi ou du décret ? La hauteur, la chaleur du thermostat chez moi ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Que vont devenir ces propositions ? Comment est-ce qu'elles vont être soumises ou pas aux parlementaires ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Au vu de l'enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique, est-ce qu'effectivement un référendum n'est pas indispensable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « Non, je pense que c'est ce qui leur a été demandé dès le départ, d'avoir des propositions fortes parce que l'urgence climatique elle est là et c'est pas avec des petites mesures qu'on va y répondre. »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « Il y en a d'abord qui vont alimenter le plan de relance sur lequel on est en train de travailler, des propositions d'accélération de la rénovation des bâtiments ou des transports propres. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Certaines sont finalisées et la logique c'est qu'elles soient transmises sans filtre soit au Parlement soit à référendum. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Et je pense qu'il faut leur rendre hommage. »
  • 3:53Invité politiquePromesse
    « Moi, à titre personnel, je pense que ça serait très bien un référendum sur des enjeux écologiques. »
  • 6:01PrésentateurChiffre
    « Les 28 heures, payez 35. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Vous imaginez que c'est un sujet qui me tient à cœur, que la fiscalité écologique, qu'on accélère plutôt que de ralentir. »
  • 7:15Invité politiquePromesse
    « Et qu'in fine, on le fera plus vite. »
  • 10:31Invité politiqueFait
    « Quand on a décidé de faire ce prêt garanti par l'État, je pense que c'était une question de survie pour Air France. »
  • 10:42Invité politiqueFait
    « Et donc c'est un enjeu de survie. »
  • 11:50Invité politiqueFait
    « Et ça me tenait aussi à cœur, et ça ne vous aura pas échappé aussi, pour accélérer sa transition écologique. »
  • 15:34Invité politiquePromesse
    « La SNCF reviendra au niveau normal de trafic d'ici fin juin. »
  • 17:01Invité politiquePromesse
    « Donc il y aura bien un soutien à la SNCF. »
  • 22:28PrésentateurChiffre
    « Combien de Français en ont bénéficié, vous le savez ? »
  • 22:28Invité politiqueChiffre
    « Alors, c'est un succès incroyable, puisque aujourd'hui, on doit être à plus de 200 000 vélos réparés. »
  • 22:34Invité politiqueChiffre
    « Vous savez qu'au départ, on était parti de l'idée d'accompagner 300 000 réparations. »

Temps de parole

  • Élisabeth Borne59 %
  • Présentateur17 %
  • Invité14 %
  • Invité 29 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne, cette fois c'est le grand jour, les 150 citoyens tirés au sort, les 150 membres de la convention citoyenne sur le climat se réunissent aujourd'hui et pour 3 jours ils vont voter leur dernière proposition avant de les remettre ce dimanche à l'exécutif. Est-ce que vous leur dites lâchez-vous ou on se calme ?

0:21
Élisabeth Borne

Non, je pense que c'est ce qui leur a été demandé dès le départ, d'avoir des propositions fortes parce que l'urgence climatique elle est là et c'est pas avec des petites mesures qu'on va y répondre.

0:32
Présentateur

Donc lâchez-vous ?

0:33
Élisabeth Borne

Voilà, allez au bout de l'exercice et votez ce que vous pensez, oui.

0:38
Présentateur

Et on en fera quoi après ?

0:40
Élisabeth Borne

Alors ça a été dit par le Président de la République, on attend beaucoup de ces propositions et il y en a de différents types. Il y en a d'abord qui vont alimenter le plan de relance sur lequel on est en train de travailler, des propositions d'accélération de la rénovation des bâtiments ou des transports propres. Le Président de la République l'a dit dimanche, ça sera au cœur du plan de relance. Ensuite, ça dépend aussi du degré jusqu'où ils ont été dans la présentation de leurs propositions. Certaines sont finalisées et la logique c'est qu'elles soient transmises sans filtre soit au Parlement soit à référendum.

Et puis il y en a d'autres qui nécessiteront encore du travail complémentaire et on va voir avec les citoyens comment le travail peut se poursuivre.

1:23
Présentateur

Vous parliez de degrés, 19 degrés maximum de chauffage. Par exemple, c'est envisageable. Comme ils le préconisent, la mesure n'est pas encore définitivement votée.

1:31
Élisabeth Borne

Je pense qu'on va d'abord laisser les citoyens aller au bout de leur exercice et puis ensuite on verra sur ces propositions.

1:36
Présentateur

Au ministère, il y a un thermostat, ça ne monte pas au-delà de 19 ?

1:40
Élisabeth Borne

Au ministère, il fait chaud l'été et il fait plutôt froid l'hiver. Et on utilise la clim en été ? Non, je déteste la clim. Donc ça n'est pas un exemple de bâtiment rénové. C'est un bâtiment un peu ancien.

1:50
Invité

Mais ça, ça relève de la loi ou du décret ? La hauteur, la chaleur du thermostat chez moi ?

1:56
Élisabeth Borne

Ça fait partie des recommandations que fait la Convention. Je crois que si on prend un peu de recul, je pense que... Moi, je ne vais pas vous répondre mesure par mesure. D'abord parce que les citoyens ne les ont pas encore votés. Et parce que je pense que ça leur tient à cœur. Et moi, je partage cette vision. Le fait que réussir la transition écologique, c'est une démarche globale. Ça suppose de transformer toutes nos activités. Ça suppose des changements de comportement individuels. Et ce qui fait la force du travail qui a été fait pendant neuf mois par ces citoyens. Et je pense qu'il faut leur rendre hommage. Parce que pendant ces neuf mois, il s'est passé des choses.

On a tous vécu une crise sanitaire comme on n'en a pas connu depuis des décennies ou comme on n'a jamais connu dans notre pays. Pendant ce temps-là, ils ont continué à travailler. Et voilà, c'est un travail global qui mérite d'être regardé comme tel.

2:43
Invité

Justement, que vont devenir ces propositions ? Comment est-ce qu'elles vont être soumises ou pas aux parlementaires ? Ou est-ce qu'éventuellement, le chef de l'État pourrait recouvrir un référendum ? Ce matin, le cinéaste écologiste engagé en faveur de l'écologie, Cyril Dion, était l'invité de France Info. Et il rappelait les engagements d'Emmanuel Macron en la matière. Ce à quoi il s'est engagé, c'est à ce qu'il passe sans filtre les propositions au Parlement, au référendum ou à l'application réglementaire directe. Donc on sait déjà qu'il y aura un paquet pour le Parlement, ça c'est certain. Et les citoyens devront décider quelles mesures pourraient aller au référendum.

Et ils pourraient choisir effectivement cette voie du référendum à choix multiple qui éviterait que ce référendum devienne un plébiscite pour ou contre Emmanuel Macron, ce qui n'est pas le sujet. Au vu de l'enjeu, Elisabeth Borne, de l'enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique, est-ce qu'effectivement un référendum n'est pas indispensable ?

3:32
Élisabeth Borne

Alors d'abord, les citoyens vont se prononcer sur le sujet. Donc on va leur laisser aussi, là encore, terminer leur travail. Je pense...

3:40
Invité

S'ils demandent un référendum, il y aura un référendum.

3:43
Élisabeth Borne

Mais je pense que le président de la République a eu l'occasion de leur dire, et c'est ce que Cyril Dion évoquait, qu'effectivement, un référendum est envisageable si les citoyens le demandent. Moi, à titre personnel, je pense que ça serait très bien un référendum sur des enjeux écologiques. Parce que vous voyez, ce qui est frappant, quand on regarde le travail qui a été fait par la Convention, c'est que les citoyens, comme beaucoup de Français, ils avaient en tête que le réchauffement climatique, c'est grave. Ils ont aussi dit que tout le travail qu'ils ont fait, les échanges qu'ils ont eus avec les experts, leur ont montré qu'il y a vraiment urgence.

Et qu'on ait ces débats dans le pays, je pense que c'est important. Mais le président de la République leur a aussi dit qu'il reviendra dans quelques jours pour leur dire la suite qui sera donnée à leur proposition.

4:26
Présentateur

Votre position de ministre, Elisabeth Borne, c'est que si les citoyens décident de soumettre quelques-unes de ces propositions à un référendum, il faut les suivre.

4:33
Élisabeth Borne

Moi, je vous dis qu'à titre personnel, je pense que ça serait bien qu'on ait un référendum sur des enjeux écologiques. C'est peut-être pas le référendum, comme on l'a conçu dans la Ve République, sur le traité constitutionnel, sur des sujets un peu institutionnels. C'est des sujets qui concernent le quotidien des Français. Sur des sujets où il y a des débats de société, ça peut être assez clivant. Et je crois que c'est aussi important de souligner...

4:57
Invité

C'est toujours le risque d'un référendum. Vous pensez que le pays, aujourd'hui, serait en état, effectivement, de supporter une campagne. Un référendum, souvent, c'est clivant. Vous le disiez, ça scinde le pays en deux. Il faut répondre par oui ou par non.

5:06
Élisabeth Borne

Il y a des choix de société. Et je crois que c'est vraiment l'esprit de la Convention de dire que les choix qui concernent les Français, c'est important que les Français soient acteurs des propositions. C'est déjà, je pense, vraiment un vrai succès pour notre démocratie qu'on ait montré que 150 citoyens peuvent travailler pendant 9 mois d'arrache-pied pour faire des propositions et que le débat puisse se poursuivre dans la société. Je pense que c'est une bonne chose.

5:31
Présentateur

À qui est-ce qu'ils vont remettre ce dimanche leur conclusion ? Est-ce que c'est à vous ou est-ce que c'est à Emmanuel Macron ?

5:36
Élisabeth Borne

Alors, je vous confirme que c'est à moi qu'ils vont remettre leur proposition, mais que le Président de la République reviendra très vite pour échanger avec eux sur la suite qui sera donnée à leur proposition. Il ne sera pas la dimanche. Je vous confirme.

5:47
Présentateur

Oui, il réserve son effet de surprise. Bon, vous n'avez pas envie de nous le dire trois jours avant ce qu'on peut entendre. Il y a une proposition sur laquelle je voudrais vous entendre, Elisabeth Borne. Encore une fois, elle n'est pas définitive. Elle doit être soumise au vote de cette Convention dans les trois jours qui viennent. Les 28 heures, payez 35. Est-ce que vous imaginez ce gouvernement, votre gouvernement et le chef de l'État mettre en place une mesure comme celle-ci ou au moins la soumettre à référendum ?

6:11
Élisabeth Borne

Enfin, j'insiste. Laissons les citoyens terminer leur travail. Laissons-les se prononcer sur ce sujet. Ne réduisons pas le travail de neuf mois à une mesure. Et ça fait partie des sujets, évidemment, qui ont fait débat dans la Convention, qui feraient certainement débat. Il faudrait que le débat puisse se poursuivre avec le pays.

6:32
Invité

Mais vous évoquiez la nécessité d'intégrer certaines de ces mesures au plan de relance, justement, et au contexte économique. La Convention, elle propose aussi des mesures pour limiter le recours au gazole. Et au même moment, on apprend que Bercy envisage de reporter d'un an la suppression d'un avantage fiscal qui est lié à l'utilisation de ce qu'on appelle le gazole non routier pour, justement, venir en aide au BTP.

6:53
Élisabeth Borne

Vous imaginez que c'est un sujet qui me tient à cœur, que la fiscalité écologique, qu'on accélère plutôt que de ralentir. Et c'est ce qu'on est en train de faire sur cette mesure. Puisque la première étape est différée, mais c'était une suppression de cet avantage fiscal par étape. Et qu'in fine, on le fera plus vite. Mais la première étape est repoussée. La première étape est repoussée et la suppression totale se fera plus vite que prévue. Ça veut dire que c'est toujours Bercy qui gagne à la fin les arbitrages ? Je pense que c'est votre présentation des choses. C'est une question, pardon. On n'a pas entendu le point d'interrogation à la fin.

Depuis le début de la crise, moi, je suis attentive à ce qu'on accélère sur la transition écologique et c'est ce qu'on va faire en sortie de crise.

7:41
Présentateur

On va parler de cette convention. On va en parler également de ce qui se passe en ce moment chez Air France, Elisabeth Dant, si vous le permettez. D'abord, le fil Info à 8h40 avec Stéphane Milhomme.

7:49
Invité

Et cette trentaine de nouveaux cas de Covid-19 en une semaine à Sarcelles, dans le Val d'Oise. La mairie et l'agence régionale de santé lancent une campagne de dépistage. Cette opération cible en priorité les quartiers les plus modestes de cette ville d'Île-de-France. L'Allemagne, concernée une fois de plus par des cas de Covid-19 dans un abattoir, 730 ouvriers déclarés positifs dans le seul établissement de Guntersloh près de Münster. C'est la dernière ligne droite pour la Convention citoyenne sur le climat.

Dès aujourd'hui jusqu'à dimanche, 150 citoyens délibèrent sur les dizaines de propositions qu'ils entendent garder, développer des transports autres que la voiture, l'amélioration de l'isolation thermique, entre autres propositions à remettre dimanche au gouvernement. La loi avia contre les contenus haineux sur Internet, retoquée par le Conseil constitutionnel. Les sages redoutaient une atteinte à la liberté d'expression. Les Républicains parlent d'une très grande victoire. Le gouvernement prête à retravailler ce dispositif. Et puis, c'est un plaisir de retrouver les terrains et l'odeur de la pelouse. Témoignage sur France Info du capitaine des Bleus, Hugo Lloris.

Le gardien de but de Tottenham reprendra ce soir le championnat anglais de Première Ligue. Son équipe affrontera les footballeurs de Manchester United.

8:55
Présentateur

Je retente ma chance, Elisabeth Borne, sur une autre proposition qui est faite par les citoyens. La vitesse maximum à 110 kmh sur les autoroutes au lieu de 130. Quand vous vous souvenez, et qu'on se souvient tous de ce qui s'est passé quand le Premier ministre a baissé la vitesse à 80 kmh sur le réseau secondaire, est-ce que vous vous dites que c'est envisageable ? Et est-ce que vous suivrez l'avis des citoyens ?

9:19
Élisabeth Borne

Je le redis, cette proposition n'a pas été encore votée par les citoyens. La logique, et je crois que ce sera important, qu'ils aient l'occasion d'expliquer pourquoi ils proposent un certain nombre de choses. La logique, c'est que c'est clair que ça réduit les émissions de gaz à effet de serre. Vous avez bien pointé que ça avait été mal reçu le 80 kmh.

9:37
Présentateur

Je crois que ça n'avait échappé à personne.

9:38
Élisabeth Borne

Voilà, vous avez raison. Donc on va déjà voir ce que les citoyens vont faire sur cette proposition sur laquelle ils vont devoir voter déjà, eux, ce week-end. Vous savez pourquoi la taxe carbone a disparu de leur proposition ? Je pense qu'ils se sont posé beaucoup de questions sur effectivement leur souhait de ne pas être instrumentalisés. Et ce sujet, ils n'ont pas souhaité le réaborder. Donc c'est leur choix. Et ça montre qu'ils ont travaillé en toute indépendance.

10:05
Invité

Elisabeth Borne, parmi les secteurs économiques qui ont été durement touchés par la crise, il y a évidemment le secteur aérien qui a été quasiment cloué au sol. L'État a volé au secours d'Air France en avançant un prêt garanti de l'ordre de 7 milliards d'euros. Et on vient d'apprendre que la compagnie envisage 8000 suppressions d'emplois. Est-ce que vous saviez, au moment où le gouvernement a décidé d'avancer cette somme de 7 milliards d'euros, que la compagnie s'apprêtait à supprimer ses emplois ?

10:28
Élisabeth Borne

Quand on a décidé de faire ce prêt garanti par l'État, je pense que c'était une question de survie pour Air France. Il ne vous aura pas échappé que le transport aérien s'est effondré. Je crois qu'il est tombé à 3% de l'activité normale pour Air France. Et donc c'est un enjeu de survie. Et on ne s'est pas posé de question. Parce que depuis le début de la crise, notre objectif c'est de sauver nos entreprises et de sauver nos emplois. Et si Air France avait disparu, je crois que le sujet serait clair en termes d'emplois.

10:57
Présentateur

Quand vous dites qu'on ne s'est pas posé de question, à aucun moment le patron d'Air France, Ben Smith, ne vous a dit « Il faut m'aider, mais de toute façon il y aura des suppressions de postes ».

11:04
Élisabeth Borne

Attendez, toutes les compagnies aériennes dans le monde ont un trafic qui s'est effondré, un trafic qui par ailleurs, durablement, ne retrouvera pas le niveau qu'il avait avant. Donc c'est un enjeu de survie pour notre compagnie. On a évidemment...

11:20
Invité

Donc Air France doit en passer par là, doit passer par ces suppressions d'emplois.

11:23
Élisabeth Borne

Je ne vais pas commenter les chiffres, parce que vous savez, il y a une règle, c'est quand même que c'est les syndicats qui ont la primeur de ce genre de plan. Et la présentation, elle se fera le 3 juillet devant les syndicats d'Air France.

11:34
Présentateur

C'était le cas, pardon Elisabeth Borne, dans cette affaire, les syndicats en ont eu la primeur, ou vous en avez été informé avant eux et au moment de la négociation sur ce prêt ?

11:42
Élisabeth Borne

Au moment de la négociation sur le prêt, on a demandé à la compagnie, évidemment, de faire le nécessaire pour survivre, et ça me tenait aussi à cœur, et ça ne vous aura pas échappé aussi, pour accélérer sa transition écologique. Maintenant, les dirigeants de l'entreprise y travaillent pour préparer un plan de survie et d'accélération de la transition écologique d'Air France. La primeur, elle sera donnée aux syndicats. Est-ce que ce prêt, aujourd'hui, il est remis en cause par ces suppressions de postes, ou pas du tout ? Attendez, je pense que ce qui est en cause, c'est la survie d'Air France. Voilà, c'est ça le sujet.

Et donc, cette capacité à surmonter la crise, en accélérant sa transition écologique, le débat, il doit se placer dans l'entreprise, avec les syndicats, et c'est ce qui se fera le 3 juillet.

12:28
Invité

Parmi les propositions de la Convention, il y a l'idée d'étendre, justement, ce que vous avez déjà demandé à Air France en contrepartie de cette aide, c'est-à-dire d'envisager la suppression des vols intérieurs. Là, la proposition du gouvernement, c'est 2h30, lorsque le trajet, un trajet équivalent peut être fait en 2h30 en train, et la Convention propose de l'étendre à 4h. Ça, c'est la voie à suivre ?

12:51
Élisabeth Borne

C'est une des propositions de la Convention. Là encore, ça n'a pas été voté par les citoyens. On verra ce week-end.

12:56
Invité

Est-ce que ça ne peut pas mettre en danger un peu plus la compagnie Air France, puisque vous dites que la survie de cette compagnie est en danger ?

13:02
Élisabeth Borne

Attendez, je pense qu'il y a des enjeux de survie de la compagnie sur tout l'ensemble de son activité. Il y a un enjeu aussi. Et vous voyez, on pourrait vouloir que les choses soient simples, blancs ou noirs. Les choses, elles sont moins simples.

13:15
Invité

Si on supprime les vols intérieurs, on risque de plomber un peu plus sur France.

13:18
Élisabeth Borne

Parce que quand certains le poussent et trouvent qu'on ne va pas assez loin sur la réduction des vols, évidemment, ça a des conséquences en termes d'emploi. Donc, c'est aux dirigeants de l'entreprise d'aller dans le sens de la feuille de route qui leur a été donnée par le gouvernement. C'est sauver la compagnie, réduire son empreinte environnementale, être une des compagnies les plus performantes de ce point de vue en France. Le débat, il doit avoir lieu d'abord dans l'entreprise.

13:44
Présentateur

Il y aura des exceptions à cette règle au niveau local si des contraintes d'aménagement du territoire le demandent ? La règle des 2h30 pour remplacer l'avion par le train ?

13:55
Élisabeth Borne

En fait, vous savez, en termes d'aménagement du territoire, je peux vous assurer que les villes comme Aurillac, comme Tarbes, ce n'est pas 2h30 en train. Donc, l'aménagement du territoire, ce n'est pas des liaisons qui font 2h30 en train.

14:07
Présentateur

Un mot, Elisabeth Borne, de ce que vient de décider l'Autriche pour tenter d'épargner justement ses compagnies aériennes classiques. L'Autriche a décidé d'interdire tous les vols low-cost à moins de 40 euros. Il n'y en aura plus bientôt. Est-ce que c'est envisageable aujourd'hui en France pour permettre à Air France de relever un peu la tête ?

14:25
Élisabeth Borne

Vous savez que de dire que le transport aérien a un coût écologique et qui doit être reflété dans le prix des billets, c'est aussi le sens de ce qu'on a fait en mettant en place une éco-contribution sur les billets. Donc voilà, dans le sens, dans l'esprit, je suis tout à fait d'accord avec ce qui est fait. Ensuite, c'est aussi un débat de savoir quel doit être le prix des billets. Est-ce que c'est au gouvernement de fixer des prix minimums ? Je pense que ça peut se débattre. En tout cas, qu'il y ait une éco-contribution, c'est bien ce qu'on a fait.

14:53
Présentateur

Ça peut se débattre, mais vous dites favorable qu'on y réfléchisse. En tout cas, à limiter qu'on ne voit plus des promotions sur des... Je pense que c'est assez choquant.

15:02
Élisabeth Borne

C'est assez choquant qu'on vous laisse croire que faire un Paris-Marrakech ou un Paris-Prague, ça coûte 15 euros. Ça coûte beaucoup plus que ça à la planète.

15:12
Présentateur

Et qui paye quand le passager paye 15 euros ?

15:15
Élisabeth Borne

Moi, je ne gère pas une compagnie aérienne. C'est des tarifs d'appel. Mais je pense que ça donne aussi une fausse image et ça reflète mal le coût environnemental du transport aérien.

15:25
Invité

Et là aussi, on se heurte aux nécessités aujourd'hui de l'industrie touristique de redémarrer.

15:29
Élisabeth Borne

Je pense qu'il y a d'autres façons de redémarrer. Et vous savez, par exemple, il y a des TGV. La SNCF reviendra au niveau normal de trafic d'ici fin juin. Et on a un excellent réseau ferroviaire qu'on peut utiliser en France.

15:42
Invité

Justement, la SNCF, Elisabeth Borne, pour autant, les réservations pour cet été redémarrent de façon très lente, que ce soit pour le mois de juillet et encore plus pour le mois d'août. On a évoqué le plan de relance, le plan de soutien, le plan d'aide à Air France. Est-ce qu'il faut envisager aussi un plan d'aide du même ordre pour la SNCF ?

16:00
Élisabeth Borne

D'abord, vous avez raison de dire que les réservations démarrent lentement. Et je pense que c'est important que les Français aient confiance dans le train. Pourquoi ce n'est pas le cas aujourd'hui ? On voit que la fréquentation des transports en commun, elle est beaucoup plus faible qu'avant. Évidemment, si c'est pour prendre la voiture, moi je le regrette. Donc je pense que c'est important que tous les Français aient en tête que les trains sont désinfectés, qu'il y a du gel hydroalcoolique, que le port du masque reste obligatoire dans les trains. Donc voilà, que c'est vraiment un mode de déplacement sûr.

Et pour répondre à votre question, bien évidemment, la SNCF a aussi subi des grosses difficultés financières du fait de la crise. Son trafic est tombé très bas et les quelques trains qui circulaient étaient peu remplis. Donc bien évidemment, on va aussi aider la SNCF à surmonter cette crise. C'est un mode de transport que moi je souhaite renforcer. Donc il y aura le moment venu un plan pour soutenir la SNCF, s'assurer qu'elle continue les investissements sans précédent sur lesquels nous nous sommes engagés depuis le début du quinquennat. Donc il y aura bien un soutien à la SNCF.

17:01
Invité

Pour renflouer le trou envisagé à la fin de l'année de l'ordre de 6 milliards d'euros à la SNCF ?

17:06
Élisabeth Borne

Enfin, c'est vous qui dites 6 milliards. Ce que je vous dis, c'est qu'évidemment, on veut que la SNCF continue à pouvoir proposer des offres de trains à des prix abordables par tous et qu'on continue la modernisation du réseau qui est indispensable et on fera le nécessaire pour la SNCF.

17:22
Présentateur

Pour résorber cette dette de la SNCF, Elisabeth Borne, est-ce qu'il est envisagé qu'on augmente le prix des billets ?

17:28
Élisabeth Borne

Ce n'est pas du tout le sens de ce qu'on demande à la SNCF. Vous savez qu'ils vont avoir deux fois plus de billets à petit prix cet été. Mais ce n'est évidemment pas la bonne réponse. À la rentrée, il n'y aura pas de flamber des billets. Ce n'est évidemment pas la bonne réponse. Alors qu'on souhaite que de plus en plus de Français prennent le train plutôt que la voiture, ce serait un contresens total d'augmenter le prix des billets.

17:48
Présentateur

Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle a invité de France Info jusqu'à 9h. On s'interrompt quelques instants. Le temps du fil info à 8h50. Le temps de retrouver Stéphane Milhomme.

17:58
Invité

Et les conséquences négatives du confinement ont été plus fréquentes pour les personnes aux revenus modestes. Le résultat d'une enquête publiée ce matin par l'INSEE. 20% des personnes interrogées ont vu leur situation financière se dégrader. En majorité des ouvriers, 43%. Le confinement a accentué les inégalités de la société française, selon l'INSEE. La France veut relocaliser toute la chaîne de production du paracétamol d'ici trois ans. Après cette annonce hier du gouvernement, Sanofi se dit prêt à relever le défi. Le PDG Olivier Bogilou le dit sur France Info. C'est possible, mais c'est très ambitieux. Il est partant, dit-il, pour participer à une souveraineté sanitaire de la France.

C'est la dernière ligne droite pour la Convention citoyenne sur le climat. Dès aujourd'hui, jusqu'à dimanche, 150 citoyens délibèrent sur les dizaines de propositions à garder. Développer des transports autres que la voiture, l'amélioration de l'isolation thermique ou encore une nouvelle réduction du temps de travail. Proposition à remettre dimanche au gouvernement. Et puis, cette entreprise convoquée pour une leçon sur les discriminations à l'embauche, c'est une information France Info. Cette grosse société, parmi lesquelles Air France, Accor Hotel ou bien Renault, elles seront le 2 juillet au secrétariat d'Etat à l'égalité hommes-femmes.

Elles avaient été épinglées il y a quelques mois sur une campagne de testing lancée par le gouvernement.

19:12
Présentateur

France Info. Et tout est plus clair. Elisabeth Borne, il y a quelques jours, un ours a été abattu dans le département de la Riège. Vous savez qu'il l'a tué ?

19:22
Élisabeth Borne

Non, moi, je n'ai pas fait l'enquête de police. On a porté plainte. Moi, j'ai tenu évidemment à ce qu'on réagisse immédiatement. C'est une espèce protégée. Donc, c'est absolument intolérable. L'enquête est en cours et je n'en ai pas les résultats.

19:34
Présentateur

Il y avait une manifestation qui a été prévue ce week-end dans ce département à Foix qui a été interdite par la préfecture en raison de menaces à l'ordre public. Vous trouvez ça normal qu'on ne puisse pas manifester ? Il y a un tel climat de tension aujourd'hui autour de l'ours qu'on ne puisse pas les manifester pour le défendre.

19:51
Élisabeth Borne

Évidemment, je ne trouve pas normal qu'on ne puisse pas manifester dans le calme. Vous voyez, on évoquait la convention citoyenne qui nous montre que c'est possible de débattre le sujet.

20:00
Présentateur

Vous voulez dire qu'il faudrait faire une convention sur l'ours et réunir pendant 9 mois 150 partisans.

20:04
Élisabeth Borne

Je ne suis pas en train de vous dire nécessairement ça. Je suis en train de dire que je pense que c'est très important et la convention citoyenne le démontre de se dire qu'on doit pouvoir évoquer des sujets compliqués sur lesquels des gens ont un point de vue et d'autres ont un point de vue radicalement différent, mais de le faire dans le calme. Et c'est ce que j'espère qu'on puisse faire sur cette question de l'ours qui est une espèce protégée, qui fait partie de l'identité des Pyrénées. Évidemment, il y a des éleveurs qui trouvent que ça les met en difficulté. Moi, je souhaite que ce débat puisse se faire de façon apaisée.

20:32
Invité

Et quand des associations proposent une prime de 30 000 euros pour obtenir des informations sur celui qui a tué cette ours, est-ce que ça participe du calme que vous souhaitez ?

20:40
Élisabeth Borne

Je pense que la bonne démarche, c'est qu'immédiatement, moi, j'ai souhaité qu'on dépose plainte. C'est ce que la préfète a fait. Et il y a une enquête judiciaire. Et c'est comme ça qu'on dit...

20:48
Invité

C'est légal, cette prime de 30 000 euros ?

20:50
Élisabeth Borne

Je ne sais pas si c'est légal. En tout cas, la bonne méthode, c'est l'enquête judiciaire.

20:54
Invité

Donc, vous n'approuvez pas cet appel à la prime ?

20:58
Élisabeth Borne

Je pense que c'est très important que sur des sujets compliqués comme l'intérêt d'avoir des ours dans les Pyrénées, parce que ça fait partie du patrimoine naturel des Pyrénées, et en même temps, des éleveurs peuvent nous dire qu'ils sont en difficulté, qu'évidemment, on les accompagne. Je pense que c'est important qu'on puisse avoir des débats de façon apaisée.

21:18
Présentateur

Il y a deux mois, Elisabeth Borne, un autre ours a été retrouvé mort. C'était Cachou. Je ne sais pas si c'est un mâle ou une femelle. Je ne suis pas très fort en ours. A été retrouvé mort, mais de l'autre côté de la frontière, c'est-à-dire côté espagnol. On n'a jamais connu les résultats de l'autopsie. Les Espagnols ne l'ont pas dévoilé. Vous savez pourquoi ?

21:34
Élisabeth Borne

Je ne sais pas. Je peux vous dire qu'on demande, et on va continuer à demander à nos voisins espagnols d'avoir les résultats de cette autopsie. On va continuer à insister pour avoir ces résultats.

21:45
Invité

C'est un secret d'État, la mort de Cachou ?

21:47
Élisabeth Borne

Ça doit être ça. En tout cas, en France, on aura une enquête judiciaire.

21:50
Invité

Certains ont évoqué un empoisonnement, cette piste.

21:53
Élisabeth Borne

Franchement, je ne vais pas vous donner l'autopsie de Cachou que je n'ai pas. Mais donc, voilà, je pense qu'en France, on aura une enquête judiciaire. Et franchement, le point important, c'est vraiment que sur des sujets comme ça, il faut être capable d'avoir des débats apaisés. C'est ce que la Convention citoyenne nous montre, que sur des sujets compliqués, 150 citoyens sont capables de trouver parfois des consensus ou en tout cas des compromis. Et c'est, je pense, ce qu'on doit faire sur tous les sujets.

22:19
Présentateur

Le plan vélo, Elisabeth Borne, vous avez annoncé il y a quelques semaines une aide de 50 euros pour tous ceux qui voulaient faire réparer leurs vélos. Combien de Français en ont bénéficié, vous le savez ?

22:28
Élisabeth Borne

Alors, c'est un succès incroyable, puisque aujourd'hui, on doit être à plus de 200 000 vélos réparés. Vous savez qu'au départ, on était parti de l'idée d'accompagner 300 000 réparations. Ça marche tellement bien que moi, j'ai triplé le plan et qu'on vise 1 million de vélos réparés d'ici la fin de l'année. Ah, c'est donc valable jusqu'à la fin de l'année ? C'est valable jusqu'à la fin de l'année. Moi, je trouve que c'est un dispositif formidable. Je trouve que le vélo, c'est un mode de déplacement qui, en tout temps, est effectivement une bonne réponse, parce que c'est écologique, parce que ça ne coûte pas cher, parce que c'est bon pour la santé.

Et moi, je suis vraiment très heureuse de voir que les Français se sont emparés de ce dispositif. Vous voyez, en un mois et demi, 200 000 vélos réparés.

23:07
Présentateur

Je ne sais pas si vous avez entendu le débat des municipales avant-hier à Paris entre les trois candidates, mais votre candidate, Agnès Buzyn, a dit « Moi, je ne fais pas de vélo, c'est trop dangereux ». Écoutez, moi, j'aime beaucoup le vélo et j'en fais quand je peux.

23:17
Invité

Et à propos des municipales, alors, sans citer de ville ou de candidats, pour des raisons de temps de parole...

23:21
Présentateur

Ça va lier les règles du CSA que je vais réexpliquer aux auditeurs et aux téléspectateurs. On n'a pas le droit de parler d'une ville, précisément, Elisabeth Borne, parce que si vous apportez votre soutien à un candidat ou à un candidat, il faut qu'on donne le même temps de parole à tous les autres. Donc, on ne va pas parler ni de ville ni de candidats.

23:35
Élisabeth Borne

Donc, partout en France, je suis favorable à maintenir les pistes cyclables temporaires. Et du coup, l'État accompagne toutes les collectivités, quelles qu'elles soient.

23:43
Invité

L'écologie est une priorité du gouvernement, vous l'avez expliqué tout au long de cette émission. Et pour autant, dans de nombreuses villes, qu'on ne citera pas donc, la République En Marche s'allie avec la droite pour faire barrage aux écologistes.

23:56
Élisabeth Borne

Oui, enfin, je pense que certains disent ça. La République En Marche, elle est depuis l'origine dans le dépassement des clivages. Et l'écologie, elle la porte. Vous voyez, il n'y avait pas un monopole de l'écologie qui serait détenu par un parti. Tous nos candidats portent des projets écologiques partout en France.

24:11
Invité

Et des maires écologistes, des maires étiquetées, Europe Écologie Les Verts, pourraient être des alliés pour vous aider à porter vos projets ?

24:17
Élisabeth Borne

Je pense que nos candidats, ils portent l'écologie sur le terrain, comme nous le faisons. Et si des alliances n'ont pas pu se faire, c'est des sujets de projets locaux ou de volonté des uns et des autres. Moi, je ne vais pas le commenter ici. En tout cas, pour revenir aux pistes cyclables, je souhaite qu'elles soient toutes maintenues dans toutes les villes en France. Et on accompagne financièrement les collectivités pour le faire.

24:40
Invité

Donc, ça veut dire que des candidats écologistes ne sont pas forcément des dangers, comme certains des candidats à La République En Marche, alliés notamment à la droite. Dans des villes dont on ne donnera pas le nom aussi même.

24:51
Élisabeth Borne

Je vous dis, nos candidats portent des projets écologiques.

24:55
Invité

C'est la vraie écologie. Les candidats de Europe Écologie Les Verts, ce ne sont pas des projets écologistes.

24:59
Élisabeth Borne

Je ne suis pas en train de vous dire que systématiquement, ils ne portent pas des projets écologiques. Je suis en train de vous dire que nos candidats portent des projets écologiques. Ensuite, quand il y a des circonstances qui font que des alliances ne sont pas possibles, je ne vais pas vous le commenter maintenant. Allez, elle va être longue cette fin de campagne, sans donner le nom des villes.

25:12
Présentateur

On salue évidemment au passage nos amis du CSA. Merci beaucoup Elisabeth Borne. Merci.