Primaire de la gauche : chance ou cauchemar pour la gauche …? Et pour la primaire?
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11InvitéFait
« Il n'a jamais géré quoi que ce soit. »
- 0:14InvitéFait
« Il n'a jamais géré même une collectivité locale, une entreprise, etc. »
- 0:23InvitéFait
« Vous ne pouvez pas passer, si vous voulez, d'une activité respectable à diriger un État si vous n'avez jamais été élu au suffrage universel direct ou faites vos preuves dans la gestion des affaires publiques. »
- 0:37InvitéFait
« J'ai un problème avec la danse du ventre permanente que tu fais devant la France insoumise en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des accords aux législatives avec eux. »
- 0:46InvitéFait
« Olivier, ce que tu fais est largement obscène. »
- 0:54InvitéFait
« Moi, mon combat, c'est que Netanyahou paye pour ses crimes. »
- 0:58InvitéFait
« Machine à perdre, répètent certains. »
- 1:14InvitéFait
« Les militants, encartés ou non, qui ont payé 15 euros, votent jusqu'à ce soir pour départager les candidats à la candidature sociale démocrate de la prochaine présidentielle. »
- 1:23InvitéFait
« Votent prolongés de 24 heures en raison d'une cyberattaque. »
- 2:05InvitéChiffre
« Vendredi soir, seuls 20 000 avaient pu voter sur 140 000 inscrits. »
- 2:16InvitéFait
« Patrick Menucci qui organise la primaire assure ce matin que dans la tribune, que le vote ne sera pas altéré. »
- 2:49InvitéFait
« Le vote électronique n'est pas à l'ordre du jour dans la plupart des scrutins français. »
- 3:01InvitéFait
« Si on devait commencer par ça, c'est que même les gens qui votent à cette primaire, en immense majorité, ne croient pas que le candidat qu'ils vont désigner gagnera l'élection présidentielle. »
- 3:30InvitéFait
« En 2016 lorsque Benoît Hamon l'emporte face à Manuel Valls parce qu'on comprend que c'est une primaire de réparation symbolique pour les errements du quinquennat Hollande et que de toute manière, l'idée n'est pas de gagner. »
- 3:41InvitéFait
« Benoît Hamon fera, selon ses propres termes, une campagne digne d'un blockbuster de série Z. »
- 3:54InvitéFait
« On renoue à qu'une idée de primaire. »
- 4:04InvitéFait
« Il y avait déjà une grande primaire populaire, etc., qui avait essayé de porter Christiane Taubira à la candidature, ça n'avait pas fonctionné. »
- 5:21PrésentateurFait
« Aujourd'hui, ce sont des astres morts, avec un nombre de militants extrêmement faibles. »
- 5:26PrésentateurFait
« C'est des partis d'élus et de collaborateurs d'élus. »
- 5:52PrésentateurFait
« Là, ça ne marche pas. »
- 5:57PrésentateurFait
« En fait, c'est la primaire d'UPS, de Place Publique et de GRS, qui est un tout petit parti. »
- 6:05PrésentateurChiffre
« On se retrouve avec 140 000 personnes. »
- 6:08PrésentateurChiffre
« C'est à peine plus que ce qui s'était passé pour la primaire des écolos en 2021. »
- 6:53InvitéFait
« Jérôme Jaffray, c'est un astre mort, cette primaire, pour vous ? »
- 7:03InvitéFait
« Est-ce que c'est une primaire large d'un grand parti qui prétend à la victoire ? »
- 7:21InvitéFait
« Les partis n'ont plus la capacité d'avoir des bureaux de vote avec un vote physique. »
- 7:51InvitéFait
« Vous avez des images dans tous les médias de fils d'électeurs qui se rendent pour voter. »
- 8:10InvitéFait
« Le mot le plus intéressant qui était prononcé dans les trois débats télévisés qui ont eu lieu sur la primaire, il est celui de Raphaël Glucksmann qui s'est tourné vers les autres et qui a dit « Mais je suis le seul à croire en la victoire ». »
- 9:50InvitéFait
« Pourquoi aller voter pour eux puisque la France insoumise nous propose un programme cohérent, vigoureux qui va sortir d'ailleurs le 6 novembre, le programme de la France insoumise, juste derrière la primaire. »
- 10:01InvitéFait
« Les dates n'ont pas été choisies au hasard. »
- 11:08InvitéChiffre
« Anne Hidalgo à la dernière présidentielle, si mes souvenirs sont bons, elle fait 1,75% le parti socialiste. »
- 11:17InvitéFait
« C'est follement bas pour un parti de gouvernement. »
- 11:27InvitéChiffre
« Est-ce qu'on fait émerger quelqu'un qui redevient au moins un étiage de plus de 6 ou 7%, on va dire. »
- 12:21InvitéFait
« Cette primaire avait surtout pour but et pour peut-être utilité de trancher un débat au sein de cette gauche-là qui est rupture totale ou non avec la France insoumise. »
- 12:57InvitéFait
« Quand Jean-Luc Mélenchon dit on va faire de l'huile entre eux, etc., il n'y aura plus rien, ça n'a pas marché. »
- 13:11InvitéFait
« Il y a deux politiques en France, une politique par le haut dont on est en train de parler, mais il ne faut pas oublier que sur les territoires il y a une présence encore très forte du parti socialiste et de ses alliés qui sont là dans la primaire. »
- 14:05InvitéFait
« Ils sont globalement d'accord les désaccordeurs que vous avez entendus ils ont porté sur un point essentiel qui est la nature des alliances. »
- 14:16InvitéFait
« Les trois débats étaient très largement concentrés là-dessus. »
- 15:03InvitéFait
« Est-ce que ce parti sera capable de se mettre en marche derrière ce candidat et ça c'est l'enjeu. »
- 15:13InvitéFait
« Une partie du parti socialiste avait aussi un peu de mal avec François Hollande qui était l'homme de la synthèse donc il avait réussi à rattraper le coup mais Martine Aubry n'était pas très favorable à le soutenir après la primaire. »
- 15:22InvitéFait
« Benoît Hamon n'a pas été soutenu par une partie du parti socialiste aussi même s'il avait entraîné ce qu'on appelait à l'époque les frondeurs. »
- 15:49InvitéFait
« Sur la France insoumise la primaire n'a pas apporté la clarté qu'Anne Rosancher aurait aimé me semble-t-il car c'est très compliqué cette affaire. »
- 16:01InvitéFait
« Vous avez l'imbrication de l'élection présidentielle de l'hypothèse de la victoire de Marine Le Pen et par ailleurs les élections législatives qui très vraisemblablement seront organisées dans la foulée. »
- 16:18InvitéFait
« Quand Glucksmann dit qu'en aucun cas aucune alliance d'aucun ordre avec LFI tous ceux qui connaissent la politique disent les choses ne sont pas si simples. »
- 16:49InvitéFait
« Si vous dites qu'au scrutin majoritaire à deux tours vous ne ferez aucune alliance entre les deux tours de scrutin vous condamnez à la défaite pratiquement tous les candidats du parti socialiste qui accéderont éventuellement au second tour de scrutin. »
- 17:07InvitéFait
« On n'a pas clarifié accord de désistement si Marine Le Pen est élue présidente de la république le 7 mai prochain comment imaginer que les opposants à Marine Le Pen ne s'uniront pas pour essayer de l'empêcher d'avoir une majorité absolue de députés à l'Assemblée nationale. »
- 17:30InvitéFait
« Ce qu'il propose au fond c'est la gauche sans l'union quand le rêve de la gauche jusque là était l'union de la gauche à terme. »
- 17:42InvitéFait
« Là vous dites vive la gauche abat l'union les électeurs sont un peu déboussolés. »
- 17:54InvitéFait
« Nous sommes dans une situation d'un électorat orphelin avec en plus le problème du vote utile éventuellement avant le premier tour pour aller porter des voix vers le candidat qui peut éventuellement empêcher l'élection de Marine Le Pen. »
- 18:15InvitéFait
« Vers Jean-Luc Mélenchon il y aura aussi ce type de calcul. »
- 18:35InvitéFait
« Est-ce qu'une primaire sauvage est vraiment préférable ? »
- 18:52PrésentateurFait
« Il y a un espace de la gauche en bas c'est-à-dire que c'est un vrai enjeu. »
- 19:04PrésentateurFait
« Quand la gauche avance ensemble typiquement le NFP rappelons-nous ce que ça a pu donner en termes de dynamique électorale. »
- 19:13PrésentateurFait
« Pour la gauche c'est qu'il faut passer par une présidentielle qui oblige à passer par un individu et cette culture-là leur est foncièrement défavorable. »
- 19:28PrésentateurFait
« Les électeurs de gauche sont aujourd'hui dans une culture qui est de plus en plus réticente à cette logique du chef. »
- 19:42PrésentateurFait
« Les partis continuent à essayer de désigner un candidat et au final on n'en finit plus avec en plus des candidats qui de fait jouent sur leur personnalité plus que sur leur programme. »
Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 222 %
- Invité 316 %
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- Invité 412 %
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Il
n'a jamais géré quoi que ce soit. Il n
'a
pas de métier d'origine.
Il
n'a jamais géré même une collectivité locale, une entreprise, etc. Vous ne pouvez pas passer, si vous voulez, d'une activité respectable à diriger un État si vous n'avez jamais été élu au suffrage universel direct ou faites vos preuves dans la gestion
des
affaires publiques. Des stagiaires, Raphaël
Luspan aujourd'hui. Des stagiaires
en politique.
J
'ai un problème avec ta position. J'ai un problème avec ta ligne. J'ai un problème avec la danse du ventre permanente. Que tu fais devant la France insoumise en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des accords aux législatives avec eux
? Olivier, ce que tu fais
est largement obscène. On sait très bien ce que tu fais, toi et moi. Mais maintenant, je vais te répondre sur le fond. Ton combat, c'est donc que j'utilise ce terme. Moi, mon combat, c'est que Netanyahou paye pour ses crimes. Machine à perdre, répètent certains. Et il faut reconnaître qu'avec ces seuls extraits, on est un peu tenté de les croire. Ségolène Royal, vous l'avez entendu, le 20 septembre, c'est au Grand Oral 2027 de BFM Le Figaro, suivi de Jérôme Gage et de Raphaël Glucksmann, le 1er octobre sur France 2 et France Inter.
Les militants, encartés ou non, qui ont payé 15 euros, votent jusqu'à ce soir pour départager les candidats à la candidature sociale démocrate de la prochaine présidentielle. Votent prolongés de 24 heures en raison d'une cyberattaque. Preuve peut-être que cette primaire intéresse plus qu'on ne le pense. Cette primaire 2026 est-elle la chance ou le cauchemar de la gauche ? A-t-elle posé les bases d'un programme pour le futur candidat ? Les perdants se rangeront-ils derrière le vainqueur ? Et peut-elle créer une dynamique électorale en vue des législatives ? Avec tout cela, on se demandera ce qu'elle nous dit aussi, cette primaire, de la primaire elle-même.
Je rappelle qu'on est avec la journaliste Anne Rosencher, le sociologue spécialiste de sciences politiques Vincent Tibéry et les politologues Jérôme Jaffray et Vincent Martigny. Alors on pensait être fixé hier vers 20h, il y a cette cyberattaque. Vendredi soir, seuls 20 000 avaient pu voter sur 140 000 inscrits. Patrick Menucci qui organise la primaire assure ce matin que dans la tribune, que le vote ne sera pas altéré. Mais un mot quand même sur cette cyberattaque, c'est le signe de l'échec du vote électronique ? Ou alors c'est le signe quand même que cette primaire intéresse ? Est-ce qu'on veut la truquer, Vincent Martigny ? Non, je pense que c'est le signe de rien du tout.
C
'est le signe qu'en fait il
y a
des cyberattaques que reçoivent la France de manière absolument régulière, de la part d'un certain nombre de cibles, on sait très bien, et que tous les processus électoraux sont visés. Je pense que ce serait faire beaucoup d'honneur à la primaire de la gauche de penser que c'est un signe d'un immense intérêt que les ennemis de la France portent à cette primaire.
Mais
du fait que le vote électronique,
ça
ne marche pas
aussi
? Enfin que ça va être un problème à l'avenir avec les cyberattaques qui se multiplient ?
Je
ne peux pas vraiment vous répondre sur ce sujet. Le vote électronique n'est pas à l'ordre du jour dans la plupart des scrutins français. Donc à ce titre-là, je ne
crois
pas que ce n
'est
pas du tout le sujet de la primaire. Aujourd'hui, je pense que le sujet de la primaire, c'est de se dire que ce qui fonctionne dans une primaire, c'est quand vous avez le sentiment que vous pouvez désigner un candidat qui peut gagner l'élection présidentielle. Si on devait commencer par ça, c'est que même les gens qui votent à cette primaire, en immense majorité, ne croient pas que le candidat qu'ils vont désigner gagnera l'élection présidentielle.
Et
si vous observez l'histoire des primaires à gauche qui commencent avec la primaire de 2006 où Ségolène Royal, déjà elle, avait à l'époque triomphé de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn, il y avait cette idée en 2006 et en 2011 lorsque François Hollande émerge des primaires, que ce candidat ou cette candidate va avoir les moyens de gagner l'élection présidentielle. Déjà, on n'est plus là-dedans en 2016 lorsque Benoît Hamon l'emporte face à Manuel Valls parce qu'on comprend que c'est une primaire de réparation symbolique pour les errements du quinquennat Hollande et que de toute manière, l'idée n'est pas de gagner.
Alors, on n'imagine peut-être pas que Benoît Hamon fera, selon ses propres termes, une campagne digne d'un blockbuster de série Z, je le cite, et qu'ensuite, d'ailleurs, cette primaire sera abandonnée puisqu'on se rappelle qu'Anne Hidalgo n'avait pas passé par un processus de primaire pour réaliser le score qu'on lui connaît. Aujourd'hui, à nouveau, on renoue à qu'une idée de primaire. On se souvient qu'il y
avait
déjà une grande primaire populaire, etc., qui avait essayé de porter Christiane Taubira à la candidature, ça n'avait pas fonctionné. Et donc là, on est dans une crise de cet espace social-démocrate, mais qui n'est pas le seul. Encore une fois, on pourrait parler de la droite, mais ce n
'est
pas le sujet d'aujourd'hui, mais enfin, qui est autant en crise que l'espace social-démocrate, mais dans lequel, encore une fois, lorsque vous votez pour ces primaires, vous vous dites que le candidat, de toute manière, ne fera peut-être pas de la figuration, mais joue déjà le troisième tour,
c
'est-à-dire, même plus l'élection présidentielle, peut-être avoir une chance de devenir un des leaders de l'opposition en juin lors des élections législatives. Et ça, c'est un vrai problème. Vous disiez au début, une primaire est censée désigner le vainqueur potentiel d'une présidentielle. Est-ce que Vincent Tibéry est d'accord avec ça ? À part François Hollande, ça n
'a
jamais été le cas, et il
ne
semble pas que la gauche sociale
-démocrate, mais
qui n
'est
pas la vainqueur. Sauf que la personne, quand on essaie de la désigner, c'est parce qu'on pense qu'elle va gagner. D'ailleurs, elle fait une campagne qui fait qu'elle perd, mais ça,
c
'est une histoire rétrospective. À chaque fois que vous désignez un candidat, vous vous dites qu'il va gagner, en principe. Et c'est là la différence entre 2006-2011 d'un côté et ce qui se joue depuis. C'est ça. Vincent Tibéry,
vous
êtes d'accord ? Est-ce que le contexte, finalement, ne
prime
pas
?
Je pense qu'il faut se revenir sur un des mots qui a été prononcé pendant la première partie, Intermédiation. Il fut un temps, effectivement, les partis pouvaient dicter la vie politique,
l
'organiser, etc. Aujourd'hui, ce sont des astres morts, avec un nombre de militants extrêmement faibles. C'est des partis d'élus et de collaborateurs d'élus. Et leur problème, effectivement, c'est de retrouver le lien avec les citoyens. Quelque part, la mise en place de la primaire de 2006, celle de 2011, celle de 2016, avec l'UMP et les Républicains, c'était des manières, effectivement, de renouer le dialogue, de remettre en place quelque chose d'important avec des militants, avec, en plus, du coup, une manière de mailler le territoire. Eh bien, là, ça ne marche pas. C'est-à-dire que, de toute façon, déjà, parfois, on parle de primaire de la gauche.
En fait, c'est la primaire d'UPS, de Place Publique et de GRS, qui est un tout petit parti. Et au final, on se retrouve avec 140 000 personnes. C'est à peine plus que ce qui s'était passé pour la primaire des écolos en 2021. On est aujourd'hui dans une situation où l'UPS,
c
'est à peine 30 000 personnes, alors que c'était un parti qui comptait, parfois, jusqu'à 100 000 adhérents, voire au-delà, si on se souvient, des chiffres de Rémi Lefebvre. Et un dernier point, votre cyberattaque, ça nous raconte surtout leur incapacité, effectivement, à faire une primaire en physique et donc quelque chose qui pouvait recréer du lien. Là, quelque part, ça veut dire quoi de voter dans une primaire électronique ? On vote de manière électronique pour désigner le meilleur chanteur ou le meilleur danseur dans les émissions du samedi soir sur TF1. Eh bien, c'est limite un peu pareil.
Et c'est quand même assez terrible d'un point de vue, justement, de dynamique électorale ou de capacité à asseoir une candidature.
Jérôme Jaffray, c'est un astre mort, cette primaire, pour
vous
? Alors, la primaire, non, les partis, davantage, certainement. La question, si vous voulez, c'est effectivement, quel bilan peut-on porter ? Est-ce que c'est une primaire ? Je suis d'accord avec Vincent Martini. Encore ? Non, c'est la première fois que je le dis de mon côté, donc j'ai la joie de le dire. Vous aussi. Est-ce que c'est une primaire large d'un grand parti qui prétend à la victoire
?
Mais il faut souligner, effectivement, Vincent Tibéri vient de le dire, les partis n'ont plus la capacité d'avoir des bureaux de vote avec un vote physique. Ça suppose, effectivement, d'organiser le bureau, d'avoir un président de bureau, des assesseurs qui représentent les différents candidats. En quoi c'est un problème, objectivement
? C'est un problème parce que
je suis d'accord qu'à ce moment-là, vous créez un mécanisme politique beaucoup plus fort. Parce que d'abord, vous avez des images dans tous les médias de fils d'électeurs qui se rendent pour voter. et je n'ai jamais vu encore d'images d'internautes tapotant pour rentrer dans la primaire social-démocrate. Ça, c'est l'hypothèse positive. L'hypothèse négative, c'est que ce soit la sélection d'un candidat de deuxième division pour la présidentielle. Le mot le plus intéressant qui était prononcé dans les trois débats télévisés qui ont eu lieu sur la primaire, il est celui de Raphaël Glucksmann qui s'est tourné vers les autres et qui a dit « Mais je suis le seul à croire en la victoire.
»
C'est-à-dire qu'effectivement, lui a un discours qui est
«
On peut gagner ». Les autres,
c
'est politiquement comment on gère et comment on va à des alliances. Est-ce qu'on fait accord ou pas accord, etc. La capacité, le problème de la primaire derrière,
c
'est les difficultés commencent derrière le résultat de la primaire. On verra ce que ça donne. Il y a, oui ou non, la liberté de mener campagne pour le vainqueur ou la vainqueur. Est-ce qu'il aura la liberté ou est-ce qu'elle aura la liberté de mener vraiment campagne sur les thèmes qu'il ou elle voudra ou bien au contraire, est-ce qu'il sera tenu par les partis politiques et en particulier le parti socialiste sur les thèmes à mener ? Le problème, en plus, c'est d'arriver à recréer un espace. Il existe des électeurs entre la France insoumise et le bloc macroniste. Ça existe. Il y a des millions d'électeurs qui attendent de pouvoir se manifester entre la France insoumise et ça.
Tout le problème, c'est d'arriver à les fédérer, à les agréger, à les motiver, à les rassembler. Et cette primaire y est arrivée ?
Certainement
pas. C'est le travail du vainqueur derrière ou de la vainqueur d'arriver à donner ce sentiment. Pour ça, il faudra avoir des idées, nourrir un espace politique. Vous ne pouvez pas seulement dire qu
'il
y
a
un espace politique, mais qu'est-ce qu'on a en fait de cet espace politique ? Si on n'a rien à dire que de reprendre les thèmes qui sont les plus à gauche, à ce moment-là, on se dit pourquoi aller voter pour eux puisque la France insoumise nous propose un programme cohérent, vigoureux qui va sortir d'ailleurs le 6 novembre, le programme de la France insoumise, juste derrière la primaire. Les dates n'ont pas été choisies au hasard, soyez-en sûr. Et d'un autre côté, un bloc macroniste, un bloc central qui est évidemment à l'usure du pouvoir derrière lui. Mais il faut trouver des idées.
Or, aujourd'hui, et cette primaire ne me donne pas le sentiment que nous avons une sociale démocratie rénovée, capable d'avoir des idées percutantes pour l'électorat. Anne Rezencher. Je ne sais pas si nos auditeurs se souviendront de cette formule de Jean-Luc Mélenchon qui avait théorisé toute son entreprise politique par la figure du casse-noix. Il avait dit entre Macron et moi, je vais faire de l'huile. Donc, c'était cette idée de dire il n'y aura plus d'espace, celui dont Jérôme Jaffray parlait à l'instant, entre une espèce de centre droit libéral qui se présentait comme ni gauche ni droite mais qui était représentée par Emmanuel Macron et la France insoumise.
Force
est de constater que pour l'instant, il y est arrivé.
C
'est-à-dire que quand on se souvient du score fou, finalement, d'Anne Hidalgo à la dernière présidentielle, si mes souvenirs sont bons, elle fait 1,75% le parti socialiste.
Ça fou follement
bas. Voilà. C'est follement bas pour un parti
de gouvernement.
Voilà. L'enjeu déjà, c'est vrai qu'on n'est plus vraiment sur un enjeu de est-ce qu'on va pouvoir éventuellement faire émerger de cette primaire quelqu'un qui sera en condition d'être au second tour de l'élection présidentielle, mais plutôt est-ce qu'on fait émerger quelqu'un qui redevient au moins un étiage de plus de 6 ou 7%, on va dire. Ce serait déjà une remontada spectaculaire. Mais pour l'instant, moi je ne sais pas, ça va dépendre aussi de quel sera le candidat du centre, enfin de plein de choses. J'ai le sentiment que c'est un camp politique totalement polytraumatisé parce qu'il n'existe plus, qui a représenté... Alors, ils ont quand même des députés, ils ont des élus locaux, il ne
faut
pas les résumer à leur score à la présidentielle, mais disons que la présidentielle, qui fait généralement la photo la plus importante de la politique française, les a vraiment reléguées à quelque chose d'assez humiliant. Non, j'ai eu le sentiment là que cette primaire avait surtout pour but et pour peut-être utilité de trancher un débat au sein de cette gauche-là qui est rupture totale ou non avec la France insoumise. Et en vérité, c'est une question qui va éventuellement se poser dès les législatives et qui est une question qui est très douloureuse au sein de ce camp et qui a pu éventuellement encore plus accélérer des fuites d'électeurs au cours des dernières années.
Quel que soit le vainqueur, est-ce qu 'il aura réellement été tranché ce débat ? Vincent Martigny, pas sûr.
Je voudrais revenir sur ce qu'a dit Anne Rosencher
à l'instant, en manifestant un petit point de désaccord. Quand Jean-Luc Mélenchon dit on va faire de l'huile entre eux, etc., il n'y aura plus rien, ça n'a pas marché.
Il
n
'y a
pas de manifestation nationale, mais en réalité vous avez quand même un espace politique et là je reviens sur ce que disait Jérôme Jaffray qui comporte des millions d'électeurs, un très grand nombre d'élus locaux et encore une fois ce n
'est
pas rien. Il y a deux politiques en France, une politique par le haut dont on est en train de parler, mais il ne
faut
pas oublier que sur les territoires il y
a
une présence encore très forte du parti socialiste et de ses alliés qui sont là dans la primaire et donc il y a un véritable espace politique dont on a même mesuré avec une récente enquête de Cluster 17 qui est plus large qu'avant parce qu'il y
a
une partie de ce qu'était la Macronie, l'aile gauche de la Macronie qui se dit je préfère encore
d
'avoir à aller voter avec ces gens-là que d'aller voter avec M. Rotaillot ou avec un candidat Edouard Philippe qui serait trop à droite.
Quel que soit le
candidat
?
On ne sait pas puisqu
'on a encore la clarification de la ligne mais en tout cas
on constate que les gens qui se disent prêts
à voter
potentiellement pour un espace politique pour cet espace-là parce qu'on n
'en
est que là pour l'instant on est sept mois avant les élections présidentielles donc il ne faut pas se mettre en situation dans laquelle on n'est pas vous avez un espace politique un espace politique qui est relativement unifié contrairement à ce qu'on dit c'est-à-dire quand vous les interrogez sur les valeurs économiques et sociales quand vous les interrogez sur la façon de pratiquer le pouvoir quand vous les interrogez sur la pratique des institutions et la présidence de la République ils sont globalement d'accord les désaccordeurs que vous avez entendus ils ont porté sur un point essentiel qui
est
la nature des alliances c'est-à-dire dans quelle mesure on peut gagner en se coupant de la France insoumise c'était ça on voit bien vu que les trois débats étaient très largement concentrés là-dessus donc encore une fois je voudrais aussi présenter ce verre un peu à moitié plein entre guillemets ce qui ne résout pas notre problème de primaire parce que la primaire son gros défaut depuis 2006 c'est pas d'aujourd'hui c'est comment est-ce que le vainqueur peut réunir les gens qu'il a battus autour de lui Ségolène Royal c'est en partie ça qui lui a coûté la campagne encore une fois indépendamment
là elle s
'est bien vengée mais à l'époque rappelez-vous qu'en 2006 elle gagne très largement et dès le premier tour mais elle gagne contre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius mais le parti ne fait pas campagne pour elle et la question qui peut se poser qui se posera particulièrement pour Raphaël Glucksmann s'il devait gagner cette primaire c'est est-ce que le parti socialiste dont il ne fait pas partie dont Ségolène Royal a rappelé assez habilement qu'il n'était pas socialiste et qu'il n'avait pas à prétendre donner des leçons de quoi que ce soit est-ce que ce parti sera capable de se mettre en marche derrière ce candidat et ça c'est l'enjeu parce que c'est pas seulement en 2006 que c'est arrivé rappelez-vous qu'une partie du parti socialiste avait aussi un peu de mal avec François Hollande qui était l'homme de la synthèse donc il avait réussi à rattraper le coup mais Martine Aubry n'était pas très favorable à le soutenir après la primaire et Benoît Hamon n'a pas été soutenu par une partie du parti socialiste aussi même s'il avait entraîné ce qu'on appelait à l'époque les frondeurs donc c'est un enjeu majeur Jérôme Jaffray Non, Martine Aubry a joué le jeu vis-à-vis de François Hollande dans l'élection de 2012 je me permets d'ailleurs de rappeler que François Hollande a été élu à cette occasion ce qui est le signe quand
même du soutien du soutien que
le parti lui
a apporté Mais
pour l
'un coup il y avait un espoir tout à l
'heure on parlait de l
'époque Mitterrand
en 80 là il y avait un espoir d'alternance après l'époque Sarkozy Sur la France insoumise la primaire n'a pas apporté la clarté qu'Anne Rosancher aurait aimé me semble-t-il car c'est très compliqué cette affaire dans la mesure où vous avez l'imbrication de l'élection présidentielle de l'hypothèse de la victoire de Marine Le Pen et par ailleurs les élections législatives qui très vraisemblablement seront organisées dans la foulée et quatrième point vous avez un scrutin majoritaire à deux tours qui demeure et donc sur cet ensemble d'éléments c'est extrêmement difficile donc quand Glucksmann dit qu'en aucun cas aucune alliance d'aucun ordre avec LFI tous ceux qui connaissent la politique disent les choses ne sont pas si simples
quand
il veut dire alliance gouvernementale on gouvernera ensemble non là ça peut s'entendre parfaitement candidature commune au premier tour des élections législatives ce qui a été fait en 2022 et 2024 entre deux LFI aux socialistes en passant par les écologistes et les communistes on ne le ferait plus ça peut s'entendre ça peut s'entendre mais en revanche si vous dites qu'au scrutin majoritaire à deux tours vous ne ferez aucune alliance entre les deux tours de scrutin vous condamnez à la défaite pratiquement tous les candidats du parti socialiste qui accéderont éventuellement au second tour de scrutin c'est un discours que le PS ne peut pas entendre donc on n'a pas clarifié accord de désistement si Marine Le Pen est élue présidente de la république le 7 mai prochain comment imaginer que les opposants à Marine Le Pen ne s'uniront pas pour essayer de l'empêcher d'avoir une majorité absolue de députés à l'Assemblée nationale c'est ce genre de choses qui n'a pas été clarifiées et qui du coup est une faiblesse par exemple pour Raphaël Glucksmann parce que ce qu'il propose au fond c'est la gauche sans l'union quand le rêve de la gauche jusque là était l'union de la gauche à terme c'est ça que François Mitterrand a porté par exemple c'est porté au pouvoir par l'union de la gauche et là vous dites vive la gauche abat l'union les électeurs sont un peu déboussolés et je dirais pour conclure avec Vincent Martini ce qu'il a dit et que j'avais amorcé sur l'espace politique qui existe entre LFI et les héritiers du macronisme c'est que nous sommes dans une situation d'un électorat orphelin avec en plus le problème du vote utile éventuellement avant le premier tour pour aller porter des voix vers le candidat qui peut éventuellement empêcher l'élection de Marine Le Pen si les sondages restent aussi bas pour le second tour vers Jean-Luc Mélenchon il y aura aussi ce type de calcul bref la politique c'est un univers d'anticipation et je pense que les socialistes ont peut-être un peu de retard sur ce sujet Vincent Tibéry il nous reste une minute mais on a bien entre guillemets rhabillé la primaire elle-même est-ce qu'une primaire sauvage est vraiment préférable c'est-à
-dire
par les sondages pas sûr parlez-en au centre
non et puis en plus on sait qu'aujourd'hui les sondages peuvent être biaisés de plein de manières différentes et ça mériterait un débat à terme ce qu'il faut quand même bien avoir en tête c'est qu'il y a un espace de la gauche en bas c'est-à-dire que c'est un vrai enjeu c'est-à-dire que la personnalité de Jean-Luc Mélenchon c'est une chose son programme c'est une chose mais de fait quand la gauche avance ensemble typiquement le NFP rappelons-nous ce que ça a pu donner en termes de dynamique électorale c'est-à-dire qu'effectivement il y a des électeurs le problème aujourd'hui pour la gauche c'est qu'il faut passer par une présidentielle qui oblige à passer par un individu et cette culture-là leur est foncièrement défavorable ce d'autant plus que les électeurs de gauche et à fortiori les citoyens autour parce que tous ne vont pas forcément voter tout de suite mais les électeurs de gauche sont aujourd'hui dans une culture qui est de plus en plus réticente à cette logique du chef et donc on est quand même dans un truc où les partis continuent à la jouer que les partis continuent à essayer de désigner un candidat et au final on n'en finit plus avec en plus des candidats qui de fait jouent sur leur personnalité plus que sur leur programme rappelons-nous que derrière on a aussi un François Hollande qui veut rejouer le match alors même que en termes même d'intention de vote ou même en termes de souhait de victoire il est encore plus oua que Jean-Luc Mélenchon il
y
a des moments il faut quand même regarder comment ça tourne en boucle
messieurs et madame vous reviendrez pour parler des sondages d'accord
les
coups de coeur madame Anne Rosencher
et
bien écoutez je vous conseillerais de lire une nouvelle histoire de France qui a été écrite par un jeune homme qui s'appelle Jean-Baptiste Touvray qui s'appelle le pays miraculeux et qui fouille un petit peu avec une nouvelle façon d'éclairer les choses pourquoi la France est un pays miraculeux car la France est un pays miraculeux et notamment il développe une notion que j'aime énormément qui est l'esprit chevaleresque et donc je vous laisserai découvrir en quoi est-ce que l'esprit chevaleresque qui naît quand même il y a des siècles nous caractérise et caractérise notre rapport à la liberté à la légalité
Vincent
Martini même si c'est assez classique de dire le film Notre Salut qui parle d'un collaborateur ordinaire pendant la seconde guerre mondiale et qui dit mieux que quasiment aucun film qui a été traité cette période à la fois la médiocrité ordinaire des petits renoncements qui mènent la grande bascule vers le néant politique et c'est un film absolument magnifique que je vous recommande justement parce que il s'interdit tout effet de manche
avec
un soin arlo formidable
des
comédiens en général Jérôme Jaffray
oui
je resterai moi sur nos sujets j'ai entendu un candidat expliquer que présider n'est pas gouverné
qui
ensuite a dit que le pays avait besoin d'être commandé et a proposé des mesures gouvernementales pratiquement dans tous les domaines très détaillées du coup je me suis penché un petit peu dans un livre qui vient de paraître l'ère de l'exécutif et qui porte sur les mécanismes de présidentialisation dans les différents pays et les problèmes que ça pose qui est un livre collectif avec des politologues et des juristes des spécialistes de droit constitutionnel alors il est dirigé par Vincent Martini ce livre paru aux presse de Sciences Po il est à côté de moi mais s'il n'avait pas été là je l'aurais quand même choisi aussi comme coup de coeur aujourd'hui c'est gentil je ne
l'ai
pas payé je
promets
non non ça a l'air très sincère et Vincent Tibéri
alors
moi je vais je vais un peu rester dans le thème de la jeunesse c'est à dire que je recommande très très fortement un album de rock d'un groupe irlandais qui s'appelle Guerrière qui s'appelle Nobody's Coming to Save You et en fait c'est super intéressant parce que vous voyez là plein de choses effectivement qui mobilisent les jeunesses et mine de rien on a parlé de mai 68 il y avait déjà du rock dans mai 68 et 50 ans plus tard 60 ans plus tard ça continue à pouvoir électriser
alors moi c'est quelqu'un que vous connaissez sans doute pas mais que je vous invite à découvrir Philippe Mainzière
une
sorte de Raymond Deveau se réincarné en proviseur lycée Ambroise Paris à Laval Pays de Loire je suis tombée sur LinkedIn sur son texte d'une puissance et d'une drôlerie assez inouïe à 63 ans ce proviseur s'est découvert une aura qui lui a permis de gagner une aura battle face à tous ses élèves costume sombre contre jogging comme il dit et de débloquer le lycée je cite juste quelques mots protester n'est pas confisquer bloquer n'est pas débattre écouter n'est pas céder l'autorité n'oblige pas davantage à devenir sourd on peut dire non et continuer d'écouter on peut même apparemment entrer dans une arène sans sortir de sa fonction aller le lire il glose sur la poubelle qui est devenue un espace démocratique mais qui finalement redevient poubelle c'est très inspirant je ne
sais
pas si certains d'entre vous l'ont vu
et
bien voilà aujourd'hui émission à retrouver sur le site et l'appli de France Culture merci à nos 4 sociétaires du jour les politologues Jérôme Jaffray et Vincent Martigny la journaliste Anne Rosancher on écoute donc le podcast après-demain et le sociologue Vincent Tibéry dans un instant on passe en cuisine
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