J’ai interrogé le ministre sur la colère des lycéens
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 18 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:41RelanceÉludée
Est-ce qu'il n'y a pas là un échec immense de la part du gouvernement dans la gestion d'une telle situation ?
- 3:20RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il n'y a pas eu des erreurs importantes de la part du gouvernement ?
- 3:45RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce discours est responsable lorsque des centaines de milliers de lycéens sont dans la rue ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Comment est-ce qu'un lycéen peut entendre cela et ses suppressions de postes en parallèle ?
- 5:48FerméeRéponse directe
Les mesures, est-ce qu'il importe ?
- 8:02FerméeRéponse directe
Et dans le lycée, spécifiquement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28PrésentateurChiffre
« Plus de 700 forces de l'ordre, plus de 215 élèves aussi blessés. »
- 1:46PrésentateurFait
« est-ce qu'il n'y a pas là un échec immense de la part du gouvernement dans la gestion d'une telle situation ? »
- 5:21PrésentateurChiffre
« il est prévu la suppression de 1 588 postes d'enseignants. »
- 5:30PrésentateurFait
« le gouvernement ne fait pas d'économie sur la jeunesse. »
- 6:11Invité politiqueFait
« C'est les lycéens d'aujourd'hui qui vont payer demain les dettes et les armements d'aujourd'hui. »
- 8:04Invité politiqueChiffre
« On perd 180 000 élèves à la rentrée prochaine. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« Dans le lycée, c'est de l'ordre de quelques milliers, probablement aux alentours des 10 000. »
- 10:17Invité politiqueChiffre
« On est en moyenne à 18,7 élèves par classe au lycée professionnel et à 30,5 au lycée général et technologique. »
- 16:39Invité politiqueChiffre
« Ça faisait 15 ans qu'on ne faisait pas le plein. »
- 18:09Invité politiquePromesse
« on ne va pas baisser le nombre de postes en lycée, on va même très probablement les augmenter. »
- 20:16Invité politiqueChiffre
« On a trois semaines de plus de vacances que la moyenne de l'OCDE. »
- 22:13Invité politiqueFait
« 'il faudrait un peu moins de vacances globalement. »
- 22:35Invité politiqueFait
« il faudrait plutôt faire commencer nos jeunes à 9 heures. »
- 22:47Invité politiqueFait
« on ne termine pas après 17 heures. Il faudrait une espèce de truc qui dise qu'on ne peut pas faire plus de 9 heures à 17 heures. »
- 26:36Invité politiqueChiffre
« Si je prends l'Île-de-France, c'est un milliard d'euros par an d'investissement qui sont faits par Valérie Pécresse et qu'on s'agit d'Île-de-France, il y a 368 lycées qui ont été réhabilités au cours des huit dernières années sur les 500 lycées d'Île-de-France. »
- 28:00Invité politiqueChiffre
« Au 1er juin, il y avait 24 millions de mètres carrés qui étaient en cours de rénovation en France. »
- 28:39Invité politiqueChiffre
« Juste pour vous donner une idée, il y a 50 000 climatiseurs, ventilateurs, etc., qui ont été achetés et financés dans l'été pour arriver dans les salles de classe à la rentrée. »
- 30:13Invité politiqueChiffre
« J'en ai créé 300 l'année dernière, j'en ai créé 300 cette année. »
- 35:08Invité politiqueFait
« il y a le sujet du nombre de places dans le supérieur, il y a le sujet aussi de l'orientation. »
- 38:29Invité politiqueFait
« aucun effort ne portera sur le lycée c'est-à-dire que le nombre d'élèves par classe au lycée baissera à la rentrée prochaine. »
Temps de parole
- Édouard Geffray59 %
- Présentateur35 %
- ?6 %
≈ 33,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Aujourd'hui, j'interview le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray. Je vais l'interroger sur la situation avec les blocus, ce qui a pu se passer aux abords des lycées ces derniers jours. On va aussi parler de la suite, mais je vais surtout l'interroger sur les revendications des lycéens. Je tiens en passage à vous remercier pour vos témoignages, notamment sur Instagram, où on vous informe chaque jour. Vous avez été nombreux à nous contacter pour partager votre situation. D'ailleurs, que vous soyez lycéen, parent de lycéen ou encore professeur, vous allez le voir, on va aussi lui montrer un certain nombre de témoignages que vous nous avez transmis.
Comme d'habitude, l'objectif est d'aborder un maximum de questions qui vous concernent avec des éléments factuels. Je vous laisse donc avec l'interview.
Bonjour
Edouard Geffray.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté cette invitation. J'ai travaillé sur cette interview afin qu'elle porte avant tout sur la situation dans les lycées et les revendications à des jeunes. Vous êtes ministre de l'éducation nationale. On a en effet reçu beaucoup de messages au passage de personnes qui nous faisaient part parfois de leur frustration avec ce sujet, la question des revendications des lycéens et de
la
situation dans les lycées,
qui
se retrouvaient paradoxalement reléguées dans le débat, que ce soit dans les médias ou parmi certains politiques. Avant de commencer, je souhaitais quand même vous interroger sur ce qui a pu se passer aux abords de certains lycées ces derniers jours. Maël, 16 ans, a perdu l'usage de son œil après un tir compatible à celui d'un LBD. Eden, âgé de 14 ans, a eu la mâchoire fracturée après un tir de grenade de gaz lacrymogène. Un autre jeune à Lens a eu la main arrachée par une autre grenade. Plus largement, les autorités évoquent de très nombreux blessés, qu'on va tous citer ici pour être complets. 85 personnels d'établissement, le chiffre a peut-être évolué hier.
Plus de 700 forces de l'ordre, plus de 215 élèves aussi blessés. Ce dernier chiffre étant probablement sous-estimé, puisque les décomptes sont peut-être plus difficiles dans le cas des élèves au quotidien. Quand on voit ces situations se multiplier, est-ce qu'il n'y a pas là un échec immense de la part du gouvernement dans la gestion d'une telle situation ?
D'abord, les cas que vous mentionnez sont évidemment des drames. Je veux dire, les seules personnes auxquelles il faut penser dans ces cas-là, c'est évidemment les jeunes qui sont victimes et leur famille,
et
d'ailleurs les victimes en général. Je pense aussi au personnel,
parce
que c'est la première fois qu'on a quand même des personnes de l'éducation nationale qui sont attaquées dans un mouvement. Ça n'est jamais arrivé. Il pouvait y avoir parfois, j'allais dire,
par
vraiment effet de bord, un ou deux personnels blessés. On n'a jamais vu des personnes de l'éducation nationale ciblées.
Qu
'est-ce qui s'est passé
? Et
qu'est-ce qui se passe en réalité quand il y
a
des violences ? Quelque chose de très précis. Ce ne sont pas les lycéens qui sont violents au départ.
On
a des gens qui arrivent
à
7h du matin,
en
voiture, intégralement en billets en noir, cagoulés, avec des mortiers qui se glissent au
milieu
des jeunes
et
qui tirent des mortiers dans tous les sens.
Et
pas que des mortiers. Quand quelqu'un vient avec une bousine d'éducation chlorhydrique, a priori son intention
n
'est pas de discuter.
Et
une fois que vous avez un mélange dans une foule, avec mouvement de foule, etc., et puis avec l'effet d'entraînement qu'il peut y avoir aussi quand on a un petit peu d'effet de surchauffe. Une fois que vous avez dans une foule des individus violents qui se sont infiltrés, le maintien de l'ordre devient objectivement beaucoup plus difficile. Je ne
suis
pas spécialiste du maintien de l'ordre, je suis ministre de l'éducation nationale, je m'occupe de former la jeunesse. Mais je vais reparler qu'on a été dans un contexte, et c'est pour ça que c'était bien qu'il
y ait
une manifestation, parce que justement,
c
'est encadré, ça s'est bien passé. Mais on a été dans un contexte ces derniers jours où en fait, nos lycéens et leurs revendications se sont retrouvées en fait noyautées et confisquées par des groupuscules qui étaient en fait pour en découdre.
Est-ce qu'il n
'y a
pas eu là des erreurs importantes de la part du gouvernement ? On a listé là plusieurs cas, on l'a dit, des lycéens qui se sont retrouvés mutilés, de situations qui sont graves dans certains cas, de personnels aussi, vous l'avez dit, qui ont été ciblés. Laurent Nunez, sur TF1 il
y
a quelques jours, a déclaré, vous avez sur la droite ou l'extrême droite de l'échiquier politique, des gens qui disent que le ministre de l'Intérieur donne des consignes de retenue. C'est faux, il n'y a aucune consigne de retenue.
Est
-ce que ce discours est responsable lorsque des centaines de milliers de lycéens sont dans la rue, dont beaucoup de mineurs ?
Mais ce discours, il a été, j'allais dire, à la fois tronqué et mal compris.
Ce
qu'a toujours dit Laurent Nunez, il l'a écrit, il l'a répété, je l'ai vu le faire devant les préfets, etc. Il a toujours dit qu'il y avait une ligne de proportionnalité absolue et qu'il fallait justement tenir compte du fait qu'il y avait des mineurs dans les foules. En revanche, ce qu'il a dit, c'est qu'il n'y aurait pas de retenue dans la mobilisation des policiers en cas de violence. C'est-à
-dire,
s'il
y
a des violences, on y va quand même. On ne laisse pas brûler un bâtiment ou on ne laisse pas des jeunes tirés à coups de mortier au milieu de gamins de 15 ans. Est-ce que
c'est le sentiment qu'il a été bien
compris par les forces de
l'ordre
?
Après ça, deux choses. D'abord, les forces de l'ordre, elles reçoivent des instructions du gouvernement. Les instructions du gouvernement, enfin du ministre de l'Intérieur, très clairement, sont d'instructions de proportionnalité. Ensuite, comme dans tout usage de la force, si vous avez des personnes qui ont des comportements, j'allais dire, individuels, qui ne s'inscrivent pas dans le cadre légal, si un policier intervient en dehors du cadre légal, à ce moment-là, il y a inspection.
Et
si c'est avéré, il
y
a poursuite.
Il y a une dizaine d'inspections.
Il y
a
une dizaine d'inspections. Tous les cas que vous avez mentionnés ont donné lieu à l'inspection de
la JPN. Et puis
on verra s'il y a des suites judiciaires. Et dans certains cas, ce sera
probablement
le cas.
Sur la question des revendications des jeunes, qui est forcément le point important que l'on va voir aujourd'hui, si on refait un petit peu déjà le fil, le 1er octobre, on avait près de 1 000 établissements environ qui étaient perturbés, en tout cas plusieurs centaines, principalement perturbés par des blocus organisés par les lycéens. Et ce même jour, exactement le même jour, le gouvernement présente un budget. Dans ce budget, si on voit dans le détail, il est prévu la suppression de 1 588 postes d'enseignants. Une annonce donc qui est faite le même jour que cette mobilisation des lycéens. Le même jour, vous déclarez, je cite, que le gouvernement ne fait pas d'économie sur la jeunesse.
Comment est-ce qu'un lycéen peut entendre cela et ses suppressions de postes en parallèle ?
D'abord, ce n
'est
pas fait exprès sur le même jour. Je
n'ai pas choisi la
journée du 1er octobre pour publier le projet de loi de finances. C'est le calendrier annuel du projet de
loi
de finances.
C'est
-à
-dire
que chaque 1er octobre, le projet de loi de finances est déposé.
Les
mesures, est-ce qu'il
importe ? Il faut regarder l'intérieur
du budget. Vous savez que globalement, la dépense publique, toutes dépenses confondues, assurance maladie, collectivité locale,
etc.,
le projet du gouvernement, c'est un projet qui va être débattu au Parlement, ce n
'est
pas une copie définitive, prévoit une baisse de 54 milliards d'euros de la dépense publique. Pourquoi ? Parce qu
'on
a une dette très importante et que la dette à la fin, c
'est
nos enfants qui la payeront. C'est les lycéens d'aujourd'hui qui vont payer demain les dettes et les armements d'aujourd'hui. C'est la question des suppressions de postes. J'arrive, mais c'est important que tout le monde ait tout le contexte. On baisse de 54 milliards.
À
l'intérieur de ce processus-là, le budget du Québec augmente de 1,2 milliard. On est un des seuls budgets qui augmentent. 1,2 milliard. Donc, je vous confirme,
on
continue à investir sur la jeunesse. Et depuis 2017, le budget a augmenté de 31 %.
31
%, si on ne prend pas en compte l'inflation
?
31 % en valeur budgétaire, enfin en euros. Oui,
mais du coup, si on ne prend pas en compte
l'inflation. L'inflation,
on
la connaît depuis 2017. Il y
a
eu le Covid, il y
a
eu la crise énergétique,
il y a eu la
situation. Et on a augmenté plus que l'inflation. Mais vous, aujourd'hui, si vous comparez votre revenu à celui de 2017, vous le comparez en ayant modifié l'inflation ou dans votre tête,
vous
le comparez par rapport à votre revenu ? Mais les salaires ont
bien augmenté. Les salaires des enseignants ont bien augmenté. Quand
vous dites à votre famille, il y a 10 ans, je gagnais tant ou il y a 5 ans, je gagnais tant. Aujourd'hui, j'ai une temps, vous
corrigez avec l'inflation ? Là, vous comparez la situation
d'une personne avec une question que
la
question de la dette à l'échelle d'un individu n'est pas la même question que
la question
de la dette à l
'échelle d'un méta. On
peut se trouver tous les motifs, toutes les excuses qu'on veut, jamais le budget de la question nationale n'a autant augmenté
en
10 ans.
D
'accord ? Donc, il a augmenté de 31%. C'est ça la
clé. 31% si on ne prend pas en compte de la façon. Soit 64
milliards. Évidemment, si vous prenez... Non,
mais c'est un
point
important à avoir en tête sur ce sujet.
C'est 31% par définition, tout compris. Donc, il faut arrêter de dire qu'on a baissé s
'il
ne
la
déponge pas, il a
le plus... Ça, c'est pas ce que j'ai
dit.
Ah
ben,
c
'est heureux. Parce que sinon, vous auriez fait une erreur. Et comme vous n'en faites pas parce que vous êtes journaliste et professionnel, je vous en remercie. Donc, le budget augmenté.
Après, on
en vient à la question des éventuelles suppressions de postes qui sont donc discutées.
On
a une baisse démographique qui est massive, qui ne concerne pas le lycée, mais qui concerne beaucoup le collège et énormément les écoles. D'accord ? En total, on perd 180 000 élèves à la rentrée prochaine. On en avait perdu 160 000 cette année. Les 180 000, c'est dans quel... C'est 110 000, grosso modo, 110 000 à l'école et les 70 000 restants au collège et au lycée. Et dans le
lycée,
spécifiquement
?
Et dans le lycée, c'est de l'ordre
de quelques milliers, probablement aux alentours des 10 000 et au collège le reste.
Dans l'immédiat, la
baisse du nombre de lycéens est très
marginale.
Pour l'instant, c'est assez faible et ça va s'accroître très très rapidement.
Mais il y a des suppressions de postes dès matin.
Non, parce que les suppressions de postes ne portent pas sur le lycée. Aucune des suppressions de postes
ne portent
sur le lycée. C'est pour ça qu'il faut là aussi être précis.
Alors, je pose l'interview un instant. Petite précision tout de même sur ce point. Si je parais surpris par cette déclaration, comme vous le voyez peut-être, c'est tout simplement parce que pour la première fois, le ministre de l'Éducation nationale annonce que les lycées ne seront pas concernés par les suppressions de postes. Pour résumer donc, dans le budget 2027 présenté par le gouvernement qui sera débattu au Parlement, 1 588 postes d'enseignants seront supprimés au sein de l'Éducation nationale. dans le cas précis des lycées. C'est en tout cas ce qui est annoncé par Édouard Geffray aujourd'hui dans cette interview. D'où ma surprise sur le moment, sur cette séquence.
Bien entendu, on fera un suivi précis sur le sujet dans les prochains jours. Allez, on poursuit l'interview.
Si on devait suivre simplement la démographie, c
'est
-à
-dire
si on devait retirer des postes de professeurs à proportion de la base du nombre d'élèves, il faudrait retirer quasiment 10 000 postes. Nous, ce
qu
'on propose, c'est de retirer 1 500.
Qu
'est
-ce
que ça va entraîner selon vous sur le nombre d'élèves par classe ? Justement, si on fait
ça, vous voyez bien que 1 500 professeurs pour 180 000 élèves,
vous
n'êtes pas dans un ratio habituel. Donc, on en retire 1 500 au lieu de 10 000 pour ce modo. Et donc, la conséquence mécanique, mécanique, c'est qu'on va baisser le nombre d'élèves par classe en maternelle, en primaire, au collège et au lycée. C'est mécanique. Qu'est-ce qui est
prévu au lycée ? En termes d'évolution du
nombre d
'élèves ? Ce qui est prévu
aujourd'hui. C'est assez compliqué de le formuler comme ça parce qu'à l'école, vous avez un nombre d'élèves par classe
parce
que vous n'avez qu'une seule classe qui est, si je puis dire, fermée. Vous avez un professeur égal à une classe. Dans le second degré, c'est plus compliqué. Ce qu
'on
appelle le second degré, c'est-à
-dire
le collège et le lycée. C'est plus compliqué parce que, comme vous le savez, vous avez 8-10 professeurs avec des groupes tailles différentes, donc on a plus de mal à appréhender un volume d'élèves par classe. Aujourd'hui, on est en moyenne à 18,7 élèves par classe au lycée professionnel et à 30,5 au lycée général et technologique. Grosso modo, l'idée, c'est de faire baisser ce nombre-là. Après, c'est une moyenne et donc la moyenne, ça ne
fait
pas grand-chose. Ce qui compte, c'est de s'attaquer aux établissements où il y a beaucoup d'élèves par classe. Quand on a 36 élèves par classe, l'idée, c'est qu'on remette des moyens
pour
en fait, donc des professeurs, pour baisser ce nombre d'élèves. Pour
donner le contexte
effectivement
là-dessus, vous l'avez dit, sur le nombre d'élèves en moyenne par classe, sur une classe de seconde, c'est environ 30 élèves par classe. On va en parler après, mais ça cache aussi parfois des disparités importantes en
fonction
des lycées, effectivement. Donc, il faut faire attention à ces chiffres. Mais ce qu
'on
peut noter aussi par ailleurs, c'est qu'en 2005, la moyenne au lycée public, elle était de 28,8 élèves. Donc, il y
a
une légère augmentation en 20 ans sur ce nombre d'élèves. Qu'est-ce que vous répondez aux lycéens ou aux parents d'élèves ou aux enseignants qui estiment que dans cette situation-là, on devrait profiter de l'évolution démographique qui est réelle pour conserver ces postes d'enseignants et pour justement baisser le nombre d'élèves par classe. C'est exactement ce qu'on fait. Mais
il
y
a
quand même des suppressions de
postes d'enseignants. Oui, mais
typiquement, envoyé au lycée, c'est exactement ce qu'on fait. Pourquoi est-ce que les suppressions de postes portent sur les écoles ? C'est parce qu
'il
y
a
des endroits où il n'y a plus d'enfants.
Dans certains cas,
c
'est évidemment. Là,
on
parle de
la
question
des lycées.
Oui, mais c'est pour ça qu'au lycée, je l'ai dit dès le départ, au lycée, je n'y touche pas. Et non seulement je n'y touche pas, mais en fait, je vais plutôt remettre des moyens au lycée pour justement baisser le nombre d'élèves. Pourquoi ? Parce que d'abord, au lycée, on est sur la fin du pic démographique, mais on est aujourd'hui sur les classes les plus nombreuses. C
'est
nos enfants qui sont au lycée actuellement, ils sont nés en 2009-2010, éventuellement 2008. Mais ce sont les classes les plus nombreuses. C'est
-à-dire
qu'il y
a
le plus d'enfants, il y
a
le plus de naissances.
Et
donc, évidemment, ils pâtissent d'un effet démographique. Et donc, c'est sur eux qu'il faut apporter l'effort à la rentrée prochaine. C'est d'ailleurs pour ça qu'au lieu de suivre, j'allais dire bêtement, la démographie, il
y a
moins de 10 000 postes de professeurs, on en supprime 1500 essentiellement à l'école, un petit peu au collège, là où les collèges ferment. Parce qu'en gros, il
y a
des collèges qui ferment, il faut le savoir, parce qu
'il
n
'y a
plus d'enfants. Il faut quand même se rendre compte de ça. Mais en revanche, évidemment, pour les classes les plus nombreuses que sont le lycée, non seulement on préserve les moyens, mais en réalité, on va en réinjecter pour faire en sorte de baisser nos délèves par classe. Et juste
pour bien comprendre sur ce point précis, vous parlez de réinjecter de l'argent,
d
'investir sur la question des lycées.
En quoi ça
va consister dans le cas des lycées ?
C'est tout simple, en fait. On met plus de professeurs, on va mettre plus de professeurs à la rentrée scolaire prochaine au lycée. Combien ? On a des chiffres sur ça ? Pour l'instant, pas encore, parce que c'est un travail un peu long, ça se fait toute l'année en réalité. Ça se prépare toute l'année, lycée par lycée. Mais l'idée, c'est qu'en tout cas, la marge démographique, j'allais dire, profite prioritairement en lycée. Et qu'ensuite, tout ça se fait quelque part entre février et juin, puisqu'on fait ça établissement par établissement. Parce que ce que les jeunes voient très bien aussi,
c
'est que d'une année sur l'autre,
d
'un établissement à l'autre, vous avez des variations. Et ce qu'on essaye de faire, c'est de corriger ces variations, c'est-à
-dire
de faire que l'année 2026, on pensait qu'il y
aurait
28 élèves par classe, pas de chance, il y
en
a 35 parce qu'il y a eu des nouveaux arrivants, etc. Il faut essayer de corriger le plus tard possible, avant la rentrée, pour qu'il ne soit pas trop nombreux par classe.
La question du nombre d'élèves par classe, c'est peut-être le sujet qui revient systématiquement. Là, on a été en reportage pas mal ces derniers jours pour parler à des
jeunes. En tout cas, en voie générale
et technologique.
Qui revient quand même le plus souvent, pourquoi ne pas annoncer aujourd'hui un engagement sur le nombre de professeurs qui vont être recrutés, si vous souhaitez augmenter, comme vous le dites là, le nombre d'enseignants au lycée ?
J'aimerais vous dire que c'est facile parce que ça me permettrait de le faire. La réalité,
c
'est que
ce
qu'il faut mesurer, si vous voulez, je ne
dis
pas que ce n
'est
pas une excuse, c'est une réalité. On accueille aujourd'hui 12 millions d'élèves dans 60 000 implantations en France et dans 600 000 classes. L'éducation, ce n
'est
pas un tableur Excel.
C
'est-à
-dire
qu'à la fin, vous avez plein de réglages, tout le temps, à faire parce que vous accueillez un français
dans vos murs. Pourtant, il y a
bien eu des arbitrages qui ont été faits ces derniers jours. On va en parler tout à l'heure, mais il y a eu la question des frais d'inscription pour les non-boursiers dans les BTS notamment qui a été annulé. On voit qu'il
y a
quand même des arbitrages qui peuvent être faits par le gouvernement. C'est des décisions politiques.
Vous
ne croyez pas que c
'est
une décision politique que de dire qu'on veut supprimer 10 000 postes d'enseignants, on en supprime 1 500, qu'on préserve le lycée et qu'on va y mettre des mois supplémentaires. C'est une décision politique. Mais simplement ensuite vous dire à l'unité près combien de
postes ça va correspondre. Mais c'est bien l'objet d'un
budget justement d'établir
ces éléments-là.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'au minimum,
il
n'y
aura
aucun retrait de postes au lycée alors que la démographie va commencer à
y
baisser.
Et
on aura probablement de l'ordre de
quelques
centaines voire quelques milliers de postes qui seront réaffectés au lycée. Probablement de l'ordre d'entre peut-être 800 et 2000 postes qui seront réaffectés au lycée. Mais je ne le sais pas encore parce que tout ça, ça se fait au cas par cas, établissement par établissement. Et pour une simple raison, c'est que l'éducation ce n
'est
pas un tableur Excel et nos jeunes ce n
'est
pas un tableur Excel. Et il faut arrêter d'avoir des approches comme ça justement très tableur Excel parce qu'au bout d'un moment, qu'est-ce qui se passe
?
Les gens voient que ça ne correspond pas à leur vraie vie. Et ils disent mais moi je ne comprends
pas et qu'ils n'ont pas 36
gamins par classe. Ça prend effectivement un petit peu de temps parce que je ne
sais
pas combien on aura à la rentrée prochaine classe par classe. Je ne le sais pas encore.
D'où les situations encore une fois qui nous sont remontées ces derniers jours que vous devez entendre et connaître aussi quand vous parlez à des lycéens. Ces derniers jours, on a parlé à beaucoup de lycéens qui sur la dernière année se sont retrouvés par exemple 100 profs de philo sur une année de philo. Ils ont eu un mois et demi sur une année, ils ont le bac et l'épreuve de bac de philosophie. Ce genre de situation pour avoir parlé à beaucoup de lycéens ces derniers jours, ce n
'est
pas des cas isolés.
C
'est-à-dire que dans chaque lycée, il y a souvent ces situations avec des lycéens sur une année de bac, sur une année importante pour eux qui se retrouvent avec des enseignants à des postes importants qui ne sont pas remplacés. Donc on voit ces sujets qui sont quand même latents et qui ne datent pas d'aujourd'hui et qui ne datent pas de
la mobilisation.
Malheureusement, ça fait très longtemps que ça dure tout simplement parce que ça fait aussi très longtemps qu'on a du mal à recruter des professeurs dans certaines disciplines. Parfois, on n'a pas de professeurs disponibles dans les disciplines en question. Comment vous l'expliquez
?
Historiquement,
en
tout cas, c'est un professeur qui est assez ancien qui a été marqué par une forme de perte d'attractivité du métier pour tout un tas de raisons. Là, la bonne nouvelle entre guillemets mais parce qu'il y
en
a aussi des fois et parce qu'on travaille pour nos élèves à la fin, c'est que cette année pour la première fois, j'ai fait le plein dans la quasi-totalité des concours.
C
'est-à
-dire
que tout professeur des écoles, professeur de mathématiques, professeur de français, etc., ça faisait des années qu'on n'avait pas fait le plein. Ça faisait 15 ans qu'on ne faisait pas le plein. Quand je dis pas le plein, c'est vraiment pas le plein.
Pas le plein en nombre de candidats ?
Et d'admis, surtout. D'admis. Tout ce chaînage vertueux se traduit du coup par une scolarité absolument sans à-coups. Ça prend un petit peu de temps. Mais moi,
ce
que je veux dire à nos lycéens, c'est que
d
'abord, moi, je les
comprends.
Enfin, je veux dire, je serai lycéen et mon professeur je serai en spécialité SVT. Je n
'aurai
pas de professeur de SVT pendant 5 mois, je serai inquiet. Et donc, pour que tout le monde le sache quand même, parce
que c
'est important que nos élèves le sachent, moi, ce que j'ai demandé à l'administration des questions nationales, ce qu'on appelle les rectorats,
c
'est de me faire remonter, d'identifier,
de
faire remonter tous les cas critiques.
Tous
les cas critiques d'ici ce soir
et
de traiter tous les cas critiques dans les 8 jours. Parce que, si vous voulez, tout ça, au bout d'un moment, finit par être presque un peu aplati. Le risque, c
'est
un peu le traitement bureaucratique. On se
dit,
oui, il y
a
un professeur absent, il y
a
un professeur absent. Non, un professeur absent en classe à examen, c'est une semaine, c'est embêtant, on fait tout pour le remplacer, c'est un mois, ce n
'est
pas possible.
Pour
quand même revenir sur ce sujet, parce que vous le dites,
c
'est vraiment le cœur des questions, quand même, ces questions de budget. Sur les embauches de professeurs, vous dites qu'il pourrait y avoir des embauches additionnelles de professeurs. C'est pour le budget 2027, ce sujet-là
? Fin
2026, on aura le budget. Ce budget, lieu au mois de mars, le nombre de postes ouverts au concours sera le nombre de postes qui aura été, si je puis dire, ce qu
'on
appelle calibré, qui aura été déterminé en fonction de ce projet de loi. Et donc, quand je dis aujourd'hui, par exemple, on ne
va
pas baisser le nombre de postes en lycée, on va même très probablement les augmenter,
il va y avoir des modifications pour le
budget de 2027. Dans mes concours de recrutement qui auront lieu au mois de mars, on va en tirer les conséquences et donc à la rentrée 2027
devant
les élèves, donc à la rentrée prochaine devant les élèves,
il
y
aura
plus de professeurs au lycée,
rapporté au nombre d'élèves. Autre sujet qui est un petit peu différent mais qui est une question sur l'organisation des cours. Les journées de 8h à 18h, ce n
'est
pas un sujet qui est nouveau dans le débat au sein de l'éducation nationale et auprès des lycéens. En 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, disait, je cite, qu'on bourre les semaines de nos enfants. En novembre 2025, une convention citoyenne proposait de commencer les cours à 9h au lycée. En février, Emmanuel Macron a redit qu'il faut des journées plus courtes. En avril, vous-même, vous avez déclaré plutôt 9h que 8h. Et le 2 octobre, il y a quelques jours, vous annoncez finalement que rien ne sera décidé dans l'immédiat pour la rentrée 2027. Donc là, c
'est
la rentrée prochaine.
Tout
le monde, globalement, semble d'accord au sommet de l'État entre le président de
la
République, le gouvernement, vous-même. Pourtant, rien ne change. Comment est-ce que vous l'expliquez sur ce sujet
?
D'abord, c'est un sujet qui est
extrêmement
complexe
parce
que,
et
je pense que tous nos lycéens, notamment, je pense aux lycéens qui sont dans les lycées ruraux, le comprennent très bien, c'est qu'en fait, les heures de lycée, ce n
'est
pas que les horaires de lycée. C'est les horaires des parents aussi. C'est les horaires de transport scolaire. Pardon, parce que vous avez la chance d'être à Paris, mais je
ne sais pas vous avez
grandi, mais pour beaucoup de lycéens, notamment une heure rurale, le lycée, il peut être à une heure voire à
une
heure et demie.
Bien sûr.
Il y en a qui sont en internat. Je suis déjà dans mes quatre fois en internat. Bon, un internat, c'est une vie à part entière, etc. Donc, ce sujet des horaires, central pour les lycéens, mais il est très central pour la société entière. Et en fait, il faut tout repenser autour.
On est dans du coup sur ce chantier-là. Deuxième chose,
c'est important. Deuxième chose, si on veut réduire le nombre d'heures de cours par jour,
ce
qu'on croit tous assez sain, et je suis le premier à être assez d'accord avec ça, forcément, ça pose la question du devoir des vacances.
On
a trois semaines de plus de vacances que la moyenne de l'OCDE, grosso modo.
Donc
aujourd'hui, vous voyez n'importe quel pays européen, etc. En moyenne, on a trois semaines de vacances de plus.
Ce
qui, évidemment, peut aussi interroger.
C
'est
-à
-dire que, vous voyez, dans l'arbitrage d'un jeune, trois
semaines de vacances de moins... C'est l'arbitrage
entre
le fait d'avoir
des
vacances qui
ont été plus courtes pour avoir des... Ce n'est pas forcément
consensuel.
Et
donc, il y a un travail, j'allais dire,
un
peu de fond à faire, voir comment est-ce qu'on pourrait bouger tous les nœuds de cas scolaires, commencer à 9 heures, préserver les libertés de choix des élèves qui veulent faire telle ou telle spécialité, etc. Et puis, ce sera le
travail
de vacances. Moi,
ce
que je dis,
c
'est que, décider de ça,
tout
de suite, là, maintenant, alors qu'il
y a
une élection présidentielle dans six mois et que je suis intimement convaincu que l'éducation est singulièrement ce sujet-là, ça doit être un des objets de la campagne, ça serait juste pré-enter le débat. Donc, qu'est-ce que je vais faire ? Je ne laisse pas
le sujet en plan. Il
peut se faire à l'Assemblée nationale aujourd'hui, il peut se faire... Je
ne laisse pas le sujet. Oui,
mais on voit bien que... C'est un projet, en réalité. c'est presque un projet de société.
Ça
réorganise
toute la vie sociale. C'est une
réorganisation importante. Mais ma
question à l'origine... Ça ne se fait
pas comme ça au moment où il
n'est pas souillé. Bien sûr, bien sûr. Mais ce que je disais
simplement sur ce sujet-là, c'est que ce n
'est
pas... Quand en 2023, le président de
la
République dit qu'on bourre les semaines de nos enfants et qu'il aborde ce sujet... Je l'avais interviewé d'ailleurs à l'époque. Il avait déjà parlé de cette question en disant qu'effectivement, il voulait une évolution en s'inspirant du modèle soit à
l
'Allemande, soit à d'autres pays. Il y
a
eu du temps ces dernières années pour mettre en place potentiellement ces sujets.
Il y a d'autres priorités qui ont été poursuivies parce que vous ne pouvez pas tout bouger à la fois dans une société, parce qu'il faut aussi respecter les gens et ne pas brutaliser une société. Il faut faire attention. Surtout quand ça a autant d'impact. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il ne s'agit pas pour
rien
de mettre le sujet au frigo.
Ce
sujet-là, je l'ai dit, je l'ai dit aux lycéens. Je vais l'ouvrir
pour
faire en sorte que celles et ceux qui arriveront en mai 2017 puissent, s'ils le souhaitent, prendre des décisions extrêmement rapides.
Peut-être d'un point de vue plus personnel, quel serait selon vous le bon modèle sur cette question des vacances scolaires, cette question du rythme ? Est-ce que vous avez un modèle qui vous parle ?
Moi,
je pense qu
'il faudrait un peu moins de vacances globalement. Probablement, plutôt sur les petites vacances de l'année, quand on regarde nos homologues européens, ils ont des vacances un peu courtes.
Vous
savez qu'au lieu de faire 15 jours,
ils
en font 10.
Pas forcément toucher aux vacances d'été, mais potentiellement
davantage aux autres. Pas forcément,
mais peut-être plutôt faire 10 jours que 15 jours et
la
deuxième chose, c'est qu'effectivement, il faudrait plutôt faire commencer nos jeunes à 9 heures.
Je
l
'ai
toujours pensé
et
qu
'à
ce moment, ça devient
possible. Ce qui est appris d'ailleurs
par des chercheurs
sur tout un tas de sujets sur le cycle de zonés. Et ça, ça
devient possible. Et le troisième élément, c'est de se dire que quoi qu'il arrive, on ne termine pas après 17 heures. Il faudrait une espèce de truc qui dise qu'on ne peut pas faire plus de 9 heures à 17 heures, on réduit le nombre d'heures par semaine et on a un peu moins de vacances dans l'année. Ça, ça serait ça le bon équilibre pour moi.
Et sur la question des emplois du temps, je voulais vous montrer quand même des choses. On a lancé une sorte d'appel à témoignages ces derniers jours pour avoir des témoignages des jeunes sur leur situation. Là, j'ai deux emplois du temps, des captures d'écran qu
'on
nous a envoyés. C'est un emploi du temps d'un élève du lycée Saint-Exupéry à Montelajoli et lycée Montesquieu à Bordeaux. On a eu beaucoup de témoignages comme ça d'emplois du temps où, vous l'avez vu, ça va de 8 heures à 17 heures pour l'un quasiment, 18 heures pour l'autre. Mais surtout, vous le remarquez peut-être, aucun moment pour manger, aucune pause le midi. Et ça, c'est quelque chose qui a été partagé par beaucoup de lycéens dans les messages qu'on a reçus ces derniers jours dans ces captures d'écran. Comment est
-ce
que c'est possible
?
Je ne
veux
pas juger ceux qui font les emplois du temps parce que c'est un travail de titan
que
les établissements font chaque été. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas avoir une situation dans laquelle un jeune n'a pas de temps pour manger. Ce qui est le
cas dans pas
mal de... Et donc là,
ça ne
va
pas. Deux journées. Après, c
'est
toujours pareil, il faut essayer de se dire la vérité et pas tout mélanger. Aujourd'hui, je pense que beaucoup de lycéens ont au moins une journée par semaine où ils font 8 heures, 18 heures.
Au
sens où ils arrivent à 8 heures au matin au
balut, ils sortent à 18 heures.
Après, dans la journée, malheureusement, alors là, on a deux cas de figure. On a 15 cas de figure, mais on pourrait avoir le deuxième,
c
'est-à-dire...
Les trous au milieu de la journée pendant plusieurs heures.
Pendant 3 heures ou 4 heures dans la journée. Bon, aucune de ces situations n'est satisfaisante. Alors, ça lui a un trou dans la journée. Honnêtement, ça s'est toujours fait. Je pense que
vous
l'avez connu aussi. Parfois, ce n
'est
pas possible de faire autrement. Il ne
faut
pas que ce soit
tous
les jours, mais un jour par semaine. Si le temps de permanence est bien utilisé pour travailler et faire ses devoirs, etc., c'est aussi un moyen de ne pas
avoir... Mais là, sur la pause du midi qui a disparu,
oui. Ça, ça ne
va
pas. Je ne
peux
pas vous dire autre chose que... Non, non, la pause du midi, pour le coup, elle est importante. Alors, parfois, malheureusement, elle est trop courte.
Et
là aussi, si on arrivait à desserrer mais en tout cas,
on
ne
peut
pas avoir des jeunes qui ne mangent pas le midi. Ça, je crois que ce n
'est
pas forcément raisonnable. Enfin,
ce
n
'est
pas que
ce
n
'est
pas forcément, d'ailleurs.
C'est
que
ce
n
'est
pas raisonnable.
Ça reflète, je pense,
encore une fois, la frustration de beaucoup de lycéens qui ont le sentiment que les emplois du temps ne sont pas adaptés. C'est un exemple assez marquant.
Oui. Non, non, mais je ne peux pas vous dire l'inverse parce que, de toute façon, je le vois. Moi, je vois des lycéens chaque semaine depuis un an. Je suis dans 35 départements. J'ai rencontré quasiment systématiquement des lycéens. Je passe beaucoup de temps avec les lycéens parce que je pense que c'est des élèves. D'abord, j'aime bien parler avec les lycéens. Et puis, ils ont vécu une période pas évidente, Covid, etc. Et donc, j'ai déjà vu des choses comme ça. Elles ne
sont
pas souhaitables et il faut même d'ailleurs tout faire pour y remédier.
On a reçu, parmi tous les messages ces derniers jours, aussi plusieurs images de la part des gens qui nous suivent, de lycéens ou de professeurs. D'ailleurs, ils ont été assez nombreux à témoigner qui ont pris en photo leurs établissements. Ces images, du coup, je vous les montre. On voit de la moisissure aux murs, des sols et des plafonds abîmés, des fuites d'eau parfois directement dans les classes. Ça, j'étais assez marqué de voir que littéralement beaucoup de jeunes à qui j'ai parlé me disaient que quand il pleuvait dehors, il pleuvait assez souvent dans leur classe aussi. Évidemment, ce n
'est
pas la majorité des classes, mais c
'est
des choses qui reviennent assez souvent. Des insectes dans des salles de classe, des fenêtres pas remplacées. On a reçu aussi beaucoup de messages sur les températures très basses en hiver et très hautes en été dans les bâtiments, notamment là, il y a quelques mois avec la canicule.
Est
-ce que c'est possible de bien apprendre dans ces conditions
?
Alors, je vous remercie d'abord de rappeler que ce n
'est
pas la règle. Et par ailleurs, il faut distinguer les sujets. On a globalement un bâti
qui
est parti en région,
qui
dans certains cas est assez vieux et qui
est
en cours de réhabilitation. Si je prends l'Île-de-France, c'est un milliard d'euros par an d'investissement qui sont faits par Valérie Pécresse et qu'on s'agit d'Île-de-France, il y a 368 lycées qui ont été réhabilités au cours des huit dernières années sur les 500 lycées d'Île-de-France.
Donc,
il ne
faut
pas négliger ça.
Mais,
malgré ces investissements-là, il y a des établissements qui restent encore dans des états qui ne sont pas satisfaisants. Et donc, les régions, évidemment, y travaillent. Il y
a
un deuxième élément. Vous avez eu des tempêtes, etc., où, par définition, le toit est parti. Quand le toit est parti, l'eau rentre dans le bâtiment. Ça pourrait être chez vous, ça pourrait être ailleurs. Ce sont des réalités aussi. Là,
on
a beaucoup de témoignages qui parlent d'événements qui ne
sont
pas exceptionnels, mais qui sont récurrents. Et après, il faut y remédier. Mais, il faut bien distinguer les sujets entre ce qui est, j'allais dire, de l'ordre du conjoncturel. Et, malheureusement, ça peut arriver. Il y a beaucoup de choses qui
ont
tourné sur les réseaux sociaux qui étaient conjoncturelles et dont les auteurs se sont bien gardés de le dire, y compris dans des lieux qui n'étaient pas fréquentés par les lycéens. Y compris. Et puis, il
y
a des cas, comme ceux-là, où, par définition, je comprends par exemple que les lycéens soient mécontents de travailler dans une salle où il y aurait éventuellement de
l'eau qui n'aurait pas fond. Ce n'est pas possible. Mais
dans le cas de la canicule, par exemple, c'est à la fois un événement exceptionnel et à la fois ça ne l'est plus. On est d'accord là-dessus. Les canicules, elles sont
vouées à s'intensifier,
elles sont vouées à s'intensifier, se répéter, elles sont présentes de plus en plus fréquemment. Le nombre de retours qu'on a eu sur cette question est quand même assez massif de classes qui ne sont pas adaptées, d'épreuves du bac, ou même au-delà des épreuves du bac de cours qui sont donnés parfois sous 35 degrés, voire plus.
Au 1er juin,
il
y avait 24 millions de mètres carrés qui étaient en cours de rénovation en France. Donc, si on se
dit
la vérité, c'est qu'on a 60 000 aujourd'hui implantations scolaires, école, collège, lycée, 60 000. C'est un patrimoine qui représente des dizaines et des dizaines de millions de mètres carrés
et
ça ne se réhabilite pas en un jour. Donc, qu
'est
-ce qu'on fait
? On
ne
va
pas dire qu'on va attendre que ce soit réhabilité, on ne
va
pas dire aux gens on réhabilite
et
à côté de ça,
on
est en train d'équiper notamment en climatiseur, en rafraîchisseur d'air, en ventilateur, les établissements dont on sait que les collectivités n'arriveront pas à les rénover ou à les réhabiter d'ici deux ou trois ans. Juste pour vous donner une idée,
il
y a 50 000 climatiseurs, ventilateurs, etc., qui ont été achetés et financés dans l'été pour arriver dans les salles de classe à la rentrée.
Une autre question de thématique importante,
c
'est la question de la santé mentale, de la santé mentale des jeunes, un sujet qui revient souvent. Selon Santé publique France, en 2024, près d'un jeune sur cinq avait eu des pensées suicidaires dans l'année. 15 % avaient déjà fait une tentative de suicide dans leur vie, c'est deux points de plus qu'en 2022. Dans le même temps, il y a près d'un poste de médecin scolaire sur deux qui serait vacant
et
un psychologue en moyenne pour 1 600 élèves si on prend les ordres de grandeur à l'échelle des lycées. Pour comparer, la moyenne, elle est d'un pour 800 au sein de l'Union européenne et on est loin des recommandations plus largement des organisations de santé sur le sujet. La santé mentale,
c
'est en théorie une grande cause nationale pour le gouvernement depuis 2025.
Ça
avait été annoncé. Est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui, on est à la hauteur sur cette question qui, évidemment, est importante ?
D'abord,
c
'est une question qui est extrêmement grave au sens propre
et
qui, moi, depuis mon arrivée, j'en ai fait une de mes trois priorités. Voilà. Parce qu'on a des jeunes qui, effectivement, ont un mal-être, connaissent des difficultés de santé mentale, des troubles anxieux, des troubles dépressifs
et
que notre devoir,
c
'est de les protéger. À partir de là, il faut distinguer deux types, deux moyens de les aider. Il y
a
d'abord tout ce qui est santé scolaire. Donc, c
'est
infirmière scolaire, médecin scolaire, psychologie nationale, assistante et assistante sociale. Pour que tout le monde le sache, on est en train de créer des postes dans ce domaine. J'en ai créé 300 l'année dernière, j'en ai créé 300 cette année. Et pourquoi 300 et pas 1 000
?
Tout simplement parce que je n
'ai
pas sur le marché du travail recruté.
Comment vous l'expliquez ? Est-ce que c
'est une question d'attractivité du métier en termes de salaire
? Non, en fait, c'est une question
de capacité de formation globale sur les dernières années qui fait qu'en fait,
on
n'arrive pas à... Enfin, on n'a pas... On a beau avoir beaucoup d'étudiants en institution de formation des infirmières, etc. Et des infirmiers, en fait, on n'a pas forcément derrière. Ils sont inspirés entre l'hôpital, le libéral et l'école. Et donc, on n
'a
pas forcément la capacité à en recruter énormément.
on
ne
pourrait
pas... C
'est une question d'attractivité. Celui qui
dit avec moi qu
'il
y aura 1 000 infirmières de plus l'année prochaine, il ment. Il n'y
en
a pas sur le marché du travail. Et donc, tout l'enjeu pour nous, c'est à la fois d'augmenter au niveau des formations initiales et puis, c'est de faire en sorte que derrière, ça suive. C'est pour ça que je les demande de 300 ou 400 parents. Et puis après ça, il y a les sujets, et c'est important, aussi de médecine de ville. Moi, j'ai fait un truc très simple avec la mise de la santé.
On
a fait un texte qu'on a appelé une instruction coupe-fil. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à partir du moment où un élève exprime un sentiment de mal-être, j'allais dire, grave, enfin un trouble anxieux ou dépressif grave dans un établissement auprès d'une infirmière scolaire ou autre, il a un coup-fil pour être pris en charge par la médecine psychologique soit à
l
'hôpital, soit en santé psychologique, soit de ville.
C
'est-à
-dire
qu'en gros, en 24 à 48 heures, il est pris en charge. Là où actuellement, la médecine de ville était aussi, comme vous le savez, un peu débordée et que parfois, vous pouvez mettre trois semaines ou un mois ou six semaines à avoir un rendez-vous. Si vous n'allez pas bien
et
que
vous
mettez six semaines à avoir un rendez-vous, ce n
'est
pas possible. Donc l'idée, c'est de dire un élève qui aujourd'hui va avoir son infirmière ou son médecin scolaire ou autre et qui n
'est
pas bien dans ses baskets, on a la possibilité d'avoir ce dispositif qui fait qu'il sera prioritaire
pour être pris en charge. Et j'en profite pour dire qu'on mettra en description tout un tas de ressources qui peuvent potentiellement aider les jeunes sur ces sujets
qui
sont importants, des cellules d'écoute, etc.
qui
peuvent aider. Simplement sur cette question-là des moyens là aussi, j'ai passé la journée hier avec un lycéen au lycée Paul-Éluard à Saint-Denis qui m'expliquait et sa professeure était là et a confirmé qu'ils avaient une infirmière à mi-temps pour, je ne
vais
pas dire de bêtises, mais j'ai plus de 1000 élèves dans ce lycée, une infirmière à mi-temps qui travaillait aussi pour d'autres lycées en parallèle parce qu'il manquait de moyens. Ils en avaient donc une seule qui devait se partager. Comment est-ce qu'on peut se retrouver dans ce genre de situation ?
Parce que comme je vous le disais, pendant très longtemps,
en
fait,
on
a eu du mal là aussi et même encore maintenant, on a du mal à recruter les infirmières. Tout l'enjeu pour nous, c'est d'aller les chercher, c'est de les recruter, c'est de les faire venir et c'est évidemment que ce soit des gens qui, j'allais dire, soient des infirmières scolaires, c'est-à
-dire
qu'ils comprennent aussi l'environnement particulier, la psychologie particulière d'un enfant ou d'un adolescent,
etc. Mais est
-ce
qu'il n
'y a
pas un enjeu dans ce cas d'attractivité du
métier ? Ce qui compte, c'est d'abord de créer des postes, c'est ce que je fais. J'en créer plusieurs centaines par an, une fois encore et ce n
'est
pas rien des centaines par an. Il faut créer des postes, il faut aller chercher les candidats au concours, il faut aussi créer l'envie chez ceux qui font ces études-là de devenir un environnement scolaire, ce qui n
'est
pas toujours la première idée d'une personne qui fait des études d'infirmière ou d'infirmier.
C
'est pas, vous voyez, c'est pas toujours, ils ne pensent pas toujours à l'école. Et donc, on est en train de faire un gros travail pour justement, dans les IFSI, aller parler de l'école, aller parler du métier spécifique d'infirmière scolaire parce que c
'est
un métier spécifique et c'est vrai que ce n
'est
pas celui auquel on pense spontanément forcément quand on se dit en terminant la matière, je veux dire infirmière.
Sur un autre sujet important qui revient beaucoup, on verra que le temps qu'on a, c'est la question de Parcoursup forcément qui revient, la question du stress associé à Parcoursup, ce sentiment d'avoir un peu une sorte de boîte noire qui fonctionne face à nous. Ma question, elle est très simple. Est-ce qu'il y a des modifications qui sont envisagées ? Le Premier ministre promet plus de transparence d'ici fin octobre, c'est ce qu'il a déclaré il
y
a quelques jours. C'est bientôt, c'est dans une vingtaine de jours. Est-ce que vous avez une idée de ce à quoi ça pourrait ressembler ? Est-ce qu'un lycéen saura plus précisément pourquoi est-ce qu'il a été refusé ? Est-ce qu
'il
y
aura
d'autres évolutions que vous voyez dans
ce...
Le ministre, donc Parcoursup, c
'est en enseignement
supérieur, mais justement on travaille ensemble, évidemment, et le Premier ministre sera demandé
au
ministre de l'enseignement supérieur de travailler là-dessus et de lui faire des propositions
et
dans un délai effectivement resserré. Il y a des enjeux probablement, à mon sens vu d'ici, si je puis dire, il y
a
des enjeux de transparence à accroître.
Il
y a beaucoup de choses au Parcoursup, mais ça ne
veut
pas dire qu'on comprend forcément exactement ce qui s
'est
passé.
Il
y
a
des enjeux aussi d'appropriation de la machine, si je puis dire, qui n'est rien d'autre qu'un système de rencontre entre la demande des élèves et puis les différentes formations qui existent. Je rappelle que ce n
'est
pas Parcoursup qui sélectionne. Parcoursup ne sélectionne rien. Parcoursup vous met en relation avec des formations, sans dire d'ailleurs à chacune des formations ce que vous avez demandé comme veut, et chaque formation vous choisit. Donc il faut bien rappeler ça aux élèves parce qu
'il y
a plein de mythes qui circulent là-dessus. Il
y a
une instrumentalisation en plus qui se fait sur ça qui est extrêmement réjudiciale. Qu'est-ce qu'il faudrait revoir selon vous, changer ? Il y a le sujet de transparence,
il
y
a
le sujet du nombre de places dans le supérieur, il y
a
le sujet aussi de l'orientation. Moi je connais quand même beaucoup de jeunes, j'ai vu beaucoup de lycéens qui en fait faisaient des vœux qui n'étaient pas toujours en cohérence avec dans le fond ce qu'ils voulaient faire et qui se pouvaient dire perdre des vœux en disant je pourrais mettre ceci ou je pourrais mettre cela. Alors qu'en réalité s'ils avaient eu un système de vœux très cohérent même s'ils n
'avaient
pas le premier ils avaient le deuxième ou le troisième. Donc il
y
a un gros travail à faire sur l'accompagnement de nos élèves
mais
après je voudrais aussi dire que Parcoursup
il
faut se rendre compte s'il
n
'y avait pas Parcoursup
les
élèves devraient déposer des dossiers papiers dans les formations
qu
'ils trouveraient. Moi j'ai connu ça c'était pas hyper rigolo et qu'est-ce qui se passait
? Il
se passait que les gens allaient près de chez eux
donc
il y
avait
une assignation territoriale et dans ce qu'ils connaissaient c'est-à
-dire
qu'ils
avaient
une assignation sociale. Il n
'y
a jamais eu autant d'élèves de l'Académie de Créteil et notamment de Seine-Saint-Denis
qui
font leurs études à Paris depuis Parcoursup. Donc en termes de mixité sociale et d'ouverture des parcours
on
sait objectifement ça répond quand même à un enjeu.
Et on suivra du coup effectivement fin octobre les annonces du Premier ministre sur le sujet. Vous avez déclaré le 2 octobre nous avons des lycéens consultés pas toujours entendus il faut arrêter avec ça. Vous avez annoncé il
y
a quelques jours une nouvelle consultation une plateforme ouverte dont vous avez
parlé
qui est ouverte là jusqu'au 16 octobre si je ne dis pas de bêtises. Jusqu'au 23 octobre pardon. Avant cette plateforme dans le passé dans le cadre des débats on a eu à la Convention citoyenne sur le climat qui était dans un autre format évidemment parce que c
'était
une forme d'assemblée. Avant cela en 2018-2019 il y
a
eu le grand débat pendant la crise des gilets jaunes avec des cahiers d'oléances qui avaient été mis en place pour faire remonter des sujets. Et à chaque fois le résultat de cette initiative avait été beaucoup critiqué. Les participants saluant pourquoi pas la mise en place d'un tel dispositif mais estiment ensuite qu'ils n'avaient pas été entendus d'un point de vue politique on va dire dans les décisions politiques qui pouvaient en ressortir. Qu'est-ce qui garantit aux lycéens que cette nouvelle plateforme n
'ait
pas en quelque sorte une nouvelle façon de jouer la montre et qu'il y aura vraiment des choses concrètes et réelles qui les impacteront directement après ?
Alors d'abord c'est la première fois qu'on en donne la parole. C'est jamais arrivé qu'on dise à tout lycéen de France de manière universelle
tu
peux nous dire toutes tes difficultés et toutes tes attentes. Vous voyez vous parliez tout
à l
'heure de santé mentale des choses comme ça ils vont pouvoir tout dire. Et d'ailleurs
quand
j'ai annoncé ça il y a quelques jours au début j'ai beaucoup entendu des ricanements dans une plateforme enfin en quelques heures il y
a
déjà 30 000 élèves qui l'ont rempli. La deuxième chose c'est que moi je vais être très transparent parce que la démocratie c
'est
la transparence je vais tout mettre en mode ouvert c'est-à-dire que toutes les contributions
sur les résultats vous voulez dire ? Sur les
résultats de contributions on vérifie juste qu
'il
n
'y a
pas de données personnelles certains n
'ont
pas cité leur professeur mais tout sera ouvert et puis la troisième chose
c
'est que point par point on apportera des réponses avec un calendrier et
des
objectifs ça ne
veut
pas dire qu'on pourra tout faire
et
peut-être il y aura des choses qui ne
seront
pas possibles ou pas crédibles mais il y
aura
aussi beaucoup d'attentes légitimes
y
compris d'ailleurs à l'échelle de l'établissement ou de
l
'académie et donc ça on la regardera une par une et on y répondra et puis il y aura un calendrier il y aura des objectifs et tout le monde pourra
tenir les comptes. Donc si on résume à date sur la situation et les annonces potentielles de votre côté vous avez évoqué le fait qu'il y aura un débat et potentiellement des annonces ou des précisions sur des investissements et potentiellement des embauches de professeurs sur le cas du budget 2027.
De
toute façon aucun effort ne portera sur le lycée c'est-à-dire que le nombre d'élèves par classe au lycée baissera à la rentrée prochaine c'est très clair. Et il
y
aura
du
coup le débat au parlement qu'on suivra bien entendu il y a cette plateforme-là qui a été annoncée est-ce qu'il y a d'autres choses au-delà de Parcoursup qu'on a évoqué à l'instant Parcoursup et
on l
'a
dit aussi j'ai demandé à ce que toutes les situations j'allais dire critiques enfin au sens avec des absences non remplacées préjudiciables pour les élèves remontent au niveau des académies et soient traités dans les 8 jours
et
que désormais on a un suivi j'allais dire quotidien directement par les responsables de l'éducation nationale dans les territoires qu'on appelle des recteurs pour faire en sorte qu'on n'ait plus des situations comme celles qui ont été décrites l'autre jour et typiquement d'ailleurs au lycée Saint-Exupéry qui est le point de départ comme vous le savez de la quantisation lycéenne on a résolu la question
en
moins de 8 jours. Il y a aussi chez beaucoup de lycéens un sentiment de ne pas être entendu par le gouvernement ou plus largement d'ailleurs par les politiques mais là en l'occurrence par le gouvernement ce sentiment de ne pas être entendu vous comprenez
?
Oui
et
je le comprends très bien d'abord parce que je craignais beaucoup de jeunes y compris dans la proximité immédiate
et
ensuite parce que c'est une génération qui elle a raison enfin moi je
je
me sens très en phase en fait avec ce qu'ils disent c'est une génération qui voit le monde changer très vite c'est déjà arrivé dans l'histoire mais quand même
vous
avez la chauffe climatique vous avez l'IA vous avez plein qui viennent perturber y compris les perspectives professionnelles
tous les jours on vous dit il y a des métiers qui vont
disparaître il
y a
des métiers qui vont apparaître voilà il
y a
une espèce de vertige collectif
et la
réalité c'est qu'on doit lui proposer un projet à cette génération elle a besoin de savoir où on lui propose d'aller
et
de participer au fait d'y aller vous ne pouvez pas si vous voulez avoir l'impression d'être le spectateur d'un monde qui est en train de tourner complètement différemment
dont
vous allez être l'héritier sans pouvoir finalement avoir voix au chapitre
vous auriez
aimé être lycéen en
2026 ?
moi j'ai toujours trouvé que lycéen c'était je sais que ça peut paraître paradoxal mais je pense qu'en fait lycéen c'est un âge extraordinaire parce que c
'est
l'âge de la conscience de l'éveil de la conscience politique et d
'ailleurs
on le voit ce que ces jeunes nous disent c'est un besoin d'école c'est un besoin justement de politique au sens noble pas de politique politicienne avec des gens qui se pouillent toute la journée mais de politique au sens noble c
'est
-à
-dire
de vision politique ils ont besoin qu'il
y ait
une vision et je veux dire c'est une génération qui est belle
c
'est une belle génération ils sont engagés ils sont hyper solidaires il y
a
aussi il y
a
quelque chose de très j'allais dire fraternel dans leurs revendications et dans la solidarité qu'ils ont c
'est vrai
que beaucoup de lycéens de lycées favorisés voire très favorisés en tout cas tel qu'on peut l'imaginer ont parfois effectué des blocus en solidarité de lycéens mais donc ça
veut dire qu'en fait on
a quand les gens vous disent oui la société est en voie d'implosion tout part dans tous les sens etc non non on a des forces d'unité qui sont très puissantes dans cette génération c'est une génération qui veut s'emparer de son avenir qu'il faut écouter c'est pour ça d'ailleurs que je fais cette consultation et que
je
leur rendrai des comptes point par point parce qu'il faut les écouter je veux aussi modifier d'ailleurs les instances de démocratie scolaire pour qu'ils pèsent plus sur les décisions parce que je pense que l'édition qui les concerne il faut qu'ils évoient au chapitre et qu
'ils
puissent vraiment avoir une influence dessus et derrière ça ma conviction profonde
c
'est que
enfin
vous
voyez
on est la France quoi
enfin
on n
'est
pas n'importe quoi
on
a une destinée singulière on est un pays qui est extraordinaire
qui
a toujours d'ailleurs misé sur sa jeunesse pour avancer et ma conviction profonde c'est qu'au-delà des revendications actuelles y compris dans leur caractère parfois ponctuel
ce
qu'on est en train de voir c'est une génération qui est à nouveau une génération qui se dit en fait on est la France on a une destinée singulière et on va essayer de changer le monde et donc il ne
faut
surtout pas les brider il faut les protéger il faut leur laisser exercer leurs droits dans un cadre légal pour ne
pas
les mettre en danger et puis parce que l'état de droit ça s'apprend aussi c'est l'autre caractéristique de la France
et
j'allais dire dans ces conditions là on peut tirer le meilleur de ce qui se passe actuellement
on
va suivre en tout
cas
l'évolution de la situation avec les blocus aussi encore dans pas mal de lycées dans les prochains jours merci Edouard Jeffrey merci
à vous vous êtes ministre
de l'éducation nationale et vous avez accepté de répondre à ces questions sur la situation on suivra tout ça du coup dans les prochaines semaines merci
et
merci à vous évidemment pour votre écoute n'hésitez pas à témoigner à réagir ou à débattre sur tout cela directement dans les commentaires sur Instagram je le disais on va continuer à vous informer le nom du compte c'est Hugo Décrypte et vous pouvez enfin retrouver des reportages et des interviews sur cette chaîne YouTube ou alors en podcast je vous tiens au courant avec l'équipe dans les prochains jours
sur la chaîne YouTube sur la chaîne YouTube Sous-titrage ST' 501
Édouard Geffray