Jean-Noël Barrot : le vote de confiance est "un acte de courage et de lucidité"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteÉludée
Est-ce que vous avez commencé à faire vos cartons ?
- 0:38OuverteÉludée
C'est du courage ou c'est de la responsabilité ?
- 1:16OuverteRéponse directe
La question qui est posée, c'est est-ce que la situation est grave ?
- 1:34OuverteÉludée
Vous en voulez aux socialistes, aux RN, à LFI de s'être prononcés aussi vite hier ou pas ?
- 1:59OuverteÉludée
Est-ce que ce pays est ingouvernable avec cette Assemblée ?
- 2:20OuverteÉludée
Est-ce qu'il ne faut pas leur redonner la parole aux Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« François Bayrou, le Premier ministre, va donc demander, on l'évoquait avec François, un vote de confiance à l'Assemblée, ce sera le 8 septembre. »
- 0:30PrésentateurFait
« la France est au bord du sur-endettement. »
- 0:50PrésentateurFait
« Est-ce que oui ou non, nous refusons que le pays sombre dans le sur-endettement ? »
- 0:53PrésentateurFait
« Est-ce que oui ou non, nous refusons de livrer notre pays aux griffes des marchés financiers et des agences de notation ? »
- 0:59PrésentateurFait
« Est-ce que oui ou non, nous refusons de transmettre une France écrasée par la dette à nos enfants ? »
- 1:08Invité politiqueFait
« Tous les partis politiques d'opposition ont dit depuis hier soir qu'ils ne voteraient pas la confiance, qu'ils voteraient contre. »
- 1:19PrésentateurChiffre
« Et est-ce que la dimension de l'effort proposé par le Premier ministre et le gouvernement, 44 milliards d'euros, est acceptable ? »
- 2:37PrésentateurChiffre
« On parle de 44 milliards d'euros sur 1 700 milliards d'euros de dépenses publiques. »
- 3:01PrésentateurFait
« nous sommes des pays qui utilisent l'euro, celui qui aujourd'hui emprunte le plus cher. »
- 6:07Invité politiqueFait
« Ilhan Halimi, rappelons-le, massacré par le gang des barbares parce qu'il était juif il y a 19 ans. »
- 7:31PrésentateurFait
« nous avons obtenu pour la première fois que la communauté internationale condamne le Hamas et ses crimes. »
- 9:10PrésentateurFait
« je proposerai une nouvelle fois que des mesures soient prises à l'encontre des intérêts israéliens. »
- 10:31Invité politiqueFait
« Laurent Vinatier est en prison en Russie depuis plus d'un an. Condamné à trois ans de prison et désormais accusé d'espionnage. »
- 10:38Invité politiqueChiffre
« Il risque désormais une peine de 20 ans. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Jean-Noël Barrot28 %
- ?5 %
≈ 16,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le
patron
de la diplomatie française, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barreau, qui est aussi vice-président du MoDem. Bonjour et bienvenue sur RTL, Jean-Noël Barreau.
Bonjour Thomas Soto.
François Bayrou, le Premier ministre, va donc demander, on l'évoquait avec François, un vote de confiance à l'Assemblée, ce sera le 8 septembre. Est-ce que vous avez commencé à faire vos cartons
?
Non, je saluais cet acte de courage et de lucidité. François Langlais parlait à l'instant de la responsabilité des dirigeants politiques. Voilà que le Premier ministre de la France, François Bayrou, propose au Parlement de prendre ses responsabilités, de dire si oui ou non, la France est au bord du sur-endettement. Ils
donnent
rendez-vous aux responsables politiques pour qu'ils prennent leurs responsabilités
devant les
Français.
C'est du
courage ou c'est de la responsabilité ? Ou c'est courage fuyant d'offrir comme ça un revolver chargé à son opposition ?
Non, je ne crois pas. Je crois que le constat a été très bien établi. Et je crois que la question qui sera posée le 8 septembre est très simple. Est-ce que oui ou non, nous refusons que le pays sombre dans le sur-endettement ? Est-ce que oui ou non, nous refusons de livrer notre pays aux griffes des marchés financiers et des agences de notation ? Est-ce que oui ou non, nous refusons de transmettre une France écrasée par la dette à nos enfants ?
On a la réponse, Jean-Noël Barraud. Tous les partis politiques d'opposition ont dit depuis hier soir qu'ils ne voteraient pas la confiance, qu'ils voteraient contre. Donc on connaît le résultat
de ça.
Peut-être devraient-ils écouter la question. La question qui est posée, c'est est-ce que la situation est grave ? Et est-ce que la dimension de l'effort proposé par le Premier ministre et le gouvernement, 44 milliards d'euros, est acceptable ? Je crois que la réponse est oui. Et je crois que c'est la responsabilité des dirigeants politiques, tous partis confondus, de s'y résoudre.
Vous en voulez aux socialistes, aux RN, à LFI de s'être prononcés aussi vite hier ou pas
? À
nouveau, je crois qu'ils doivent bien écouter la question parce que s'ils devaient voter contre ce constat d'un danger, d'un risque très élevé pour notre pays, eh bien ils risqueraient de nous plonger collectivement dans l'instabilité
et
dans la crise. Et je crois qu'ils en seraient redevables devant les Français.
Est-ce que ce pays est ingouvernable avec cette Assemblée
? Non,
je crois que les Français sont tout à fait lucides sur les défis qui sont devant nous, qu'ils sont tout à fait prêts aux efforts nécessaires, à condition qu'ils soient justement répartis. Je crois qu'il appartient aux dirigeants politiques, à l'Assemblée nationale.
Mais est-ce qu'il ne faut
pas leur redonner la
parole aux Français
?
Est-ce qu'il ne
faut
pas les écouter et leur redonner la parole ? Est-ce qu'on pourra s'en sortir sans retourner aux urnes d'une manière ou d'une autre
? Les
grandes échéances viendront. Nous avons là une question qui est très simple. Est-ce que nous pouvons nous en sortir sans mettre un coup de frein à la dépense
?
C
'est
un coup de frein qui est limité. On parle de 44 milliards d'euros sur 1 700 milliards d'euros de dépenses publiques. C'est un remède pour éviter d'en venir à des cures d'austérité, comme d'autres pays autour de nous en ont subi, et que nous ne voulons pas. Et puis je crois qu'il y
a
quelque chose aussi qui est très profondément choquant aujourd'hui pour les Français, c'est que nous sommes des pays qui utilisent l'euro, celui qui aujourd'hui emprunte le plus cher. Non seulement ça confisque le fruit du travail des Français, la richesse nationale qui est aujourd'hui engouffrée dans le remboursement de la dette, mais en plus c'est une injustice criante vis-à-vis des générations futures, puisqu'on leur renvoie une dette qui deviendra asphyxion.
Et je
vous repose ma question, est-ce qu'on pourra s'en sortir de la crise politique dans laquelle finalement on est plongé depuis la dissolution, et qui va s'amplifier sans doute le 8 septembre, est-ce qu'on pourra s'en sortir sans une nouvelle dissolution par exemple
? Je
crois qu'il est tout à fait possible que le 8 septembre, les responsables politiques à l'Assemblée nationale disent « Oui, la situation est grave, il nous faut faire des efforts, le gouvernement a raison de nous y inviter,
est-ce que vous croyez
à ce que vous dites ce matin ? »
Je
crois que
c'est ce qu'attendent
les
Français.
Oui,
mais
entre tous les responsables politiques, et ce n
'est
pas des seconds couteaux, tous les leaders qu'on dit hier, dès que François Bayrou ait fini sa conférence de presse, la confiance c'est non. Donc je veux bien qu'on continue à faire
son plan de croire que ça va. Mais est-ce bien responsable
que de dire cela ? Alors que nous le voyons, nous l'avons vu d'ailleurs, quelques minutes après les réactions de ces responsables politiques, ce sont justement les créanciers de la France, les marchés financiers, comme le disait François. L'Anglais qui ont immédiatement réagi très négativement à ces déclarations. Pourquoi ? Parce qu'elles sont irresponsables. Écoutez la question, ai-je envie de dire aux dirigeants politiques à l'Assemblée nationale, la question elle est simple, la situation est-elle grave, la dimension de
l
'effort proposé est-elle juste
? Monsieur le ministre des Affaires étrangères, sommes-nous ? La France est-elle fâchée avec les Etats-Unis
?
Vous avez sans doute en tête la discussion que nous avons eue avec les représentants américains en France, qui avaient fait des déclarations qui, il est vrai, étaient injustifiables.
L
'ambassadeur Charles Kushner a tenu des propos en critiquant l'absence d'action suffisante contre l'antisémitisme d'Emmanuel Macron. Il a été convoqué au Quai d'Orsay, il n
'est
pas venu hier, vous nous le confirmez ? Il n'est pas venu. Il n
'est
pas venu, c'est un problème
? C
'est son numéro 2, le numéro 2 de l'ambassade américaine qui est venu, auquel nous avons dit que ces déclarations étaient injustifiables et injustifiées. Injustifiables parce qu'il n'appartient pas aux représentants d'un pays étranger de venir donner des leçons de gouvernement à la France dans son pays. C'était une ingérence américaine ? Et c'est injustifié parce que peu de pays dans le monde sont aussi radicalement, farouchement opposés à l'antisémitisme, et ce, depuis la révolution française.
Mais
pardon, mais est
-ce
que les propos de l'ambassadeur Kushner constituent une ingérence américaine dans les
affaires françaises ? Je voulais dire,
ce sont des propos injustifiables et
injustifiés.
Bon, et le fait qu
'il
ne soit pas venu, il vous dit qu'ose toujours en fait, non ?
Non, vous savez, j'aurai l'occasion de m'entretenir à nouveau avec lui dans les prochains jours, j'aurai l'occasion de lui passer ses messages et de lui dire... Vous allez le reconvoquer ? Il
y a
à peu près un an,
je
vais le rencontrer comme c'était prévu, il y a à peu près un an, quand j'ai pris mes fonctions, le premier jour, le premier jour, j'ai présidé un événement international sur la lutte contre l'antisémitisme. Parce que l'antisémitisme, la France le combat non seulement à l'intérieur, dans ses rues, sur les réseaux sociaux, mais elle le combat aussi sur la scène internationale.
Mais parfois, les juifs en France n'ont pas ce sentiment. Vous avez peut-être entendu hier matin la sœur d'Ilan Halimi, qui était l'invité de Marc-Olivier Fogiel, ici même sur RTL. Ilhan Halimi, rappelons-le, massacré par le gang des barbares parce qu'il était juif il
y
a 19 ans. Elle a reproché, elle aussi, Emmanuel Macron, d'alimenter le feu antisémite. Ce sont ses mots et de ne rien faire. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Qu'il y
a
une explosion des actes antisémites, que nous le déplorons et que nous les condamnons. Mais ça ne veut pas dire pour autant que la France ne fait rien. Et puisqu'on parle des Etats-Unis, je veux rappeler simplement que nous avons en France la législation la plus répressive contre l'antisémitisme.
Et qui n'est pas suffisante, visiblement. Je suis en
ligne, j'y ai moi-même contribué avec une loi qui a été adoptée en 2023 qui permet de bannir des réseaux sociaux. Quelqu'un qui se serait rendu coupable d'appel à la haine ou d'anisémitisme.
L'incident est clos avec les Américains ou pas
? Ou
pas ? Pas tout à fait. J'ai l'impression que c'est pas tout à fait quand même.
J'ai le sentiment que le message est passé.
Bon. Jean-Noël Barraud, dans ce contexte de tension avec les Etats-Unis, de tension avec Israël aussi, la reconnaissance de l'Etat palestinien par la France reste-t-elle d'actualité ? Bien sûr. C'est une certitude, ce sera fait ? Absolument.
Quand
?
Eh bien au mois de septembre, le 22, c'est-à-dire en amont. L'Assemblée Générale
des Nations Unies ? L
'Assemblée Générale des Nations Unies.
Donc ça vous ne reviendrez pas là-dessus. Comme le président de la République
l
'a
annoncé. Vous ne reviendrez pas là-dessus.
Et
pourquoi
?
Figurez-vous ce que nous avons réussi à obtenir grâce à cette dynamique internationale que nous avons créée. A New York, juste avant la coupure du mois d'août, nous avons obtenu pour la première fois que la communauté internationale condamne le Hamas et ses crimes. appellent à son désarmement. Nous avons obtenu que des pays qui jusqu'à présent ont été aux côtés, si je puis dire, du Hamas, comme le Qatar ou la Turquie, appellent à son désarmement et affichent leur intention d'avoir des relations normales avec Israël, de s'insérer aux côtés d'Israël. Est
-ce qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas... C'est inédit. Est-ce qu'aujourd'hui,
le gouvernement français n'est pas trop indulgent pour ne pas dire faible avec celui de Benyamin Netanyahou ? Il y a eu hier ce bombardement d'un hôpital à Gaza. Une première frappe, suivie d'une deuxième au moment où les secours sont sur place. Huit minutes après, Benyamin Netanyahou parle d'un accident. C'est quoi pour vous ? C'est une
bravure ? C
'est un crime délibéré ? Je suis un peu étonné par votre question puisque la dynamique que la France a enclenchée qui a permis d'obtenir enfin cette condamnation unanime de la communauté internationale contre le Hamas pour les crimes qu'il a commis, y compris à l'encontre de ressortissants français. La France qui a entraîné dans son sillage
le
Royaume-Uni, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie dans cette dynamique de reconnaissance. Et vous me dites que nous sommes indulgents avec le gouvernement d'Israël qui n'a pas eu de mots assez durs
pour dénoncer cette
attitude de la France. Parce que par ailleurs, il continue à faire ce qu'il veut. Il bombarde des hôpitaux, il ne laisse pas entrer les journalistes, il tire sur les civils, il affame Gaza.
Ce qui est totalement inacceptable. Et c'est pourquoi nous considérons, la France considère que la pression doit s'accentuer sur le gouvernement israélien. Gouvernement israélien dont l'attitude et les choix sont aujourd'hui dénoncés, y compris dans la société civile israélienne. Et c'est pourquoi cette semaine, lorsque je retrouverai mes collègues ministres des Affaires étrangères, je proposerai une nouvelle fois que des mesures soient prises à l'encontre des intérêts israéliens, tant que les demandes que nous avons formulées ne seront pas respectées.
Je voudrais qu
'on
se dise quelques mots, il nous reste moins de deux minutes de la situation avec la Russie, de nos relations avec la Russie. Qui a raison qui se trompe ? Emmanuel Macron qui diabolise Vladimir Poutine en disant qu'il est un prédateur et un ogre à nos portes, ou Donald Trump qui lui parle, le rencontre, voire le flat ? C'est
une question. Oui. Je crois qu'il n'y a plus aucun doute sur l'intention qui est celle de Vladimir Poutine de reconstituer l'empire colonial de l'Union Sociale. Mais il ne faut toujours pas lui parler ? Lui reparler ? Mais ça n'est pas la question. Vous pouvez tout à fait parler avec quelqu'un qui a des intentions qui sont contraires à vos intérêts. Ça n'est pas du tout la question. La question c'est de clarifier ce que sont les intentions de la Russie et de prendre des décisions en conséquence.
C'est un pays ennemi
la Russie aujourd'hui ou pas ?
C'est un
pays qui a décidé d'oeuvrer au démantèlement de tout ce que nous avons construit depuis 80 ans pour assurer la sécurité et la paix sur le continent européen. L'Union Européenne, l'OTAN. Voilà ce que sont les ennemis de Vladimir Poutine. Si nous voulons préserver ces acquis qui nous ont garanti la paix et la sécurité, alors il faut accroître la pression sur la Russie de Vladimir Poutine et bien sûr continuer à soutenir ardemment la résistance ukrainienne.
Jean-Noël Barraud, un de nos ressortissants. Laurent Vinatier est en prison en Russie depuis plus d'un an. Condamné à trois ans de prison et désormais accusé d'espionnage. Il a de nouveau été entendu par la justicière. Il risque désormais une peine de 20 ans. Laurent Vinatier est-il, comme il le dit lui-même, un otage du pouvoir russe
? Nous appelons à sa libération immédiate. Nous condamnons ces pratiques qui sont d'ailleurs tout à fait typiques de l'attitude du régime de Vladimir Poutine. C'est un prisonnier
politique ou pas
? C'est un prisonnier politique aujourd'hui ou
pas ?
Nous appelons à sa libération immédiate.
Est-ce qu'il travaille pour le Quai d'Orsay ? Est-ce qu'il est un agent français, Laurent Vinatier
?
Absolument pas. Non
? Ce
n
'est
pas une couverture,
ce
que semble lui reprocher les Russes
? Non.
Non
? C
'est une atteinte à la liberté d'expression et à la liberté de la presse.
Il est la victime des relations exécrables entre nos deux pays ? Le dommage collatéral ? Il est la
victime de l'absence de liberté de la presse, de liberté d'expression dans une Russie qui, vous l'aurez constaté ces dernières semaines, va jusqu'à éteindre les réseaux sociaux pour empêcher sa population de prendre conscience de la guerre que la Russie mène aujourd'hui contre l'Ukraine.
Et tout à l'heure, à 8h15, la maire de Laurent Vinatier, Brigitte Vinatier, sera l'invité de Marc-Olivier Fogiel dans Face à Fogiel sur RTL. Merci, monsieur le ministre.
Jean-Noël Barrot