Tempête Ciaran, prix de l'électricité et rénovation énergétique...le 8h30 franceinfo d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pagné-Horin-Anaché. Bonjour Gilles Dequisse. 1,2 million de foyers privés d'électricité après le passage de la tempête carane au plus fort de la crise. Un peu moins de 700 000 hier soir. Ce matin, on en a combien de foyers toujours dans le noir ?
523 000 foyers sont aujourd'hui dans le noir. Ça veut dire qu'Enedis et ses équipes ont pu reconnecter à peu près la moitié des foyers, plus de la moitié des foyers qui étaient privés d'électricité hier matin.
Et à celles et ceux qui attendent, qui nous écoutent, ça peut durer jusqu'à combien de temps ?
Alors, ça va beaucoup s'améliorer dans les heures qui viennent. Mais il faut avoir en tête que c'est une tempête qui est particulièrement forte pour la région Bretagne. On évalue qu'elle a été, en termes d'impact sur les réseaux, trois fois plus forte que celle de 1999. Et il y a des endroits où le système est littéralement hachémenu. C'est le terme qu'utilisent les salariés d'Enedis. Et ils risquent d'avoir des réparations un peu longues sur des points très limités du territoire. Mais pour les milliers de personnes aujourd'hui déconnectées, les solutions devront venir dans la journée ou dans les jours qui viennent.
Et une tempête arrive, une autre à partir de demain, la tempête Domingos. Est-ce qu'il faut s'attendre au même genre de dégâts ou ce sera un peu moins ?
Non, ce n'est pas en tout cas à date le scénario qui se dessine. C'est une tempête qui est moins importante. Elle se joue sur le sud-ouest de la France, ce qui est une bonne nouvelle puisque la première tempête qu'on vient de traverser a déstabilisé des bâtiments, déstabilisé des arbres. Et on aurait eu un effet deuxième lame qui aurait pu être très grave. Il semblerait que les régions qui ont été touchées ne sont pas concernées par cette nouvelle tempête.
Agnès Pannier-Runacher, puisqu'on parle d'électricité, parlons de notre facture. Le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement baisse progressivement. Est-ce qu'il faut s'attendre à un bond des prix d'ici la fin de l'année ou plus probablement en début d'année prochaine ?
Alors, les prix ne vont pas bouger d'ici la fin d'année puisque le principe, c'est que ce bouclier énergétique est un plafonnement du prix de l'électricité. Il permet aujourd'hui au gouvernement de prendre en charge 37% de la facture des Français.
Et alors, en début de l'année prochaine, parce qu'on se souvient qu'Emmanuel Vargon, la présidente de la commission de régulation de l'énergie, avait annoncé anticiper une hausse de 10 à 20% des tarifs début 2024. Est-ce que ça peut être le cas ?
Non, puisque nous l'avons dit avec Bruno Le Maire, notre décision est de faire en sorte qu'au 1er février 2024, puisque c'est la date à laquelle on revoit les prix du tarif réglementé, ce tarif n'augmente pas de plus de 10%.
Et l'année dernière, quelques mois après le début de la guerre en Ukraine, il y avait eu ces appels à la sobriété, on avait peur de coupures. Là, il n'y a plus aucun risque à craindre ?
Alors, pas de risque évidemment, mais toujours un appel à la sobriété pour deux raisons. D'abord, ça permet à notre système électrique de beaucoup mieux fonctionner. Et c'est un des leviers pour diminuer drastiquement nos émissions de gaz et effets de serre. L'année dernière, finalement, en faisant des efforts assez limités, on a baissé notre consommation de gaz et d'énergie de 12%. Notre croissance a pourtant été au rendez-vous. Et ces efforts ont permis d'économiser de l'argent sur les factures, que ce soit pour les particuliers, mais aussi pour les collectivités locales, pour les entreprises. Ils ont permis de nous rendre moins dépendants du pétrole et du gaz international.
Et ils ont permis de faire moins pression sur notre système électrique. Donc la sobriété, c'est toujours d'actualité. C'est un fondamental de notre transition énergétique.
L'enjeu, ce n'est plus la coupure, c'est juste d'avoir des bonnes habitudes de sobriété.
Oui, et puis faire baisser le prix sur la facture, c'est aussi un enjeu qu'on prend très bien les Français aujourd'hui. Leur pouvoir d'achat est important et nous luttons pour leur pouvoir d'achat.
Oui, mais vous ne nous dites pas faire augmenter les prix, mais à l'instant, vous me dites qu'il ne sera pas plus de 10% d'augmentation. C'est bien ça.
Je vous dis que ça ne sera pas plus de 10% d'augmentation, puisque le bouclier énergétique, mais ce n'est pas une nouvelle. Oui, donc il va y avoir une augmentation quand même. Pas nécessairement, Pajama Sportouche, ça ne sera pas plus de 10%, puisque nous ferons en sorte que le bouclier énergétique bloque une augmentation, quand bien même les prix sur les marchés internationaux seraient amenés à s'envoler. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, je le précise. Que ce soit sur le pétrole, le gaz ou l'électricité, les prix aujourd'hui sur les marchés internationaux sont plus faibles qu'en septembre, mais nous restons évidemment très vigilants.
Donc l'engagement, c'est que ça n'augmente pas au-delà de 10%. Et sur la sobriété, Jules en parlait à l'instant, c'était 12% de baisse de la consommation des Français, donc un effort de sobriété conséquent. Est-ce que vous pensez qu'il faut aller plus loin, c'est-à-dire jusqu'à 15% de sobriété, c'est-à-dire baisser le chauffage beaucoup plus encore que l'année dernière, ou faire encore plus d'efforts ?
Il ne s'agit pas de baisser le chauffage encore plus, il s'agit de le faire partout. Et on est arrivé à un équilibre. Lorsqu'on dit que chauffer à 19 degrés, c'est une température qui permet, et ce sont les médecins qui nous le disent, d'avoir un meilleur confort de vie, de mieux dormir notamment. et qu'en même temps, on s'aperçoit qu'il y a encore des zones où on chauffe à 22, à 23, parce qu'on s'est mal piloté le chauffage des bâtiments, lorsqu'on sait que des bâtiments sont chauffés alors qu'ils ne sont pas occupés, sont ventilés alors qu'ils ne sont pas occupés.
Vous savez que seulement 6% des bâtiments en France ont une gestion technique des bâtiments qui permettent de piloter l'énergie. Donc on a énormément de progrès à faire, et ça ne doit pas se faire sur le dos des Français, ça doit se faire en faisant la lutte, la chasse au gaspillage.
Il y a un an, on s'inquiétait du nombre de centrales nucléaires françaises en activité sur nos 56 réacteurs. Combien aujourd'hui tournent à plein régime ?
Alors aujourd'hui, vous en avez, j'ai un de 36 qui tournent à plein régime. On est beaucoup mieux que l'année dernière. On a un temps d'avance par rapport à la reconnexion de nos réacteurs nucléaires sur le réseau, mais nous ne sommes pas encore dans une phase de production telle que celle qu'on a connue en 2019, et l'objectif que j'ai donné à EDF, c'est de retrouver effectivement les niveaux de production nucléaire de 2019.
Donc on ne devra pas importer d'énergie, a priori, d'électricité, au charbon par exemple ? Ça vous l'excluait ou c'est encore une possibilité ?
Aujourd'hui, nous sommes structurellement exportateurs d'électricité, mais attention, ça ne veut pas dire que ponctuellement, on ne soit pas amené à importer l'électricité. Et c'est ça la force de notre réseau européen. Parce que des gens comme Marine Le Pen disent qu'il faut sortir du marché de l'électricité européenne. Ce qu'elle est en train de dire, c'est qu'il faut se priver du support d'autres pays au moment où nous, nous avons des pointes de froid et nous avons besoin de l'importation, mais pendant quelques heures, d'électricité de la part des autres. Et là, c'est vraiment grave de dire des choses pareilles. C'est notre sécurité d'approvisionnement qui est en jeu.
Et nous avons une sécurité d'approvisionnement exceptionnelle en France et en Europe.
On parlait du nucléaire, Agnès Pannier-Runacher. Pour le fonctionnement de nos centrales à long terme, il y a besoin d'uranium. Emmanuel Macron était au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Est-ce que c'était une tournée, finalement, pour assurer l'approvisionnement à long terme d'uranium à la France ?
Je crois que c'est une tournée qui a beaucoup plus de hauteur. Le président de la République est en train de constituer un travail, notamment avec les pays d'Asie centrale, pour créer de nouvelles alliances, pour travailler sur le long terme sur des partenariats. Ce sont des pays qui sont historiquement plutôt associés à la Russie et à la Chine. Nous leur donnons la possibilité de s'ouvrir vers l'Occident sur différents sujets, bien sûr.
Mais il y a eu du concret sur l'uranium avec des contrats.
Oui, tout à fait. Il y a eu du concret sur l'uranium. Il y a eu du concret sur les métaux critiques. Vous savez que pour la transition énergétique, nous avons besoin de métaux critiques.
Et ça ne crée pas une dépendance pour nous auprès de ces pays ?
Alors, le sujet aujourd'hui, c'est de sortir d'une dépendance majeure aux énergies fossiles. Le pétrole, on n'en produit pas. Le gaz, on n'en produit pas. C'est deux tiers de notre consommation d'énergie en France.
Et pour l'uranium ?
Et pour l'uranium, nous avons la chance de pouvoir nous approvisionner dans beaucoup de pays différents.
C'est l'objectif à multiplier le plus de pays possible pour ne pas avoir de changement de cas pratiques comme ça peut arriver.
Il faut multiplier les ressources d'approvisionnement. Vous avez le Canada, vous avez l'Australie, bien entendu. Mais il y a d'autres pays auprès duquel on peut se sourcer. Et puis, il faut aussi faire des stocks. Ce que nous faisons, et nous avons aussi une indépendance totale sur notre chaîne.
Indépendance totale, indépendance énergétique totale, même si on n'a pas notre uranium.
Sur le cycle du combustible, oui, puisque nous sommes capables de le gérer en amont, de le retraiter à l'aval. Pas beaucoup d'autres pays peuvent se prévaloir d'avoir cette indépendance. Sur le nucléaire, il faut avoir en tête qu'on est indépendant à plus de 95%. Il n'y a pas beaucoup d'autres énergies sur lesquelles on peut dire, je suis indépendant à 95%. Je suis capable de fabriquer les composants. Je suis capable de produire moi-même.
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. On se retrouve dans un très court instant. Le temps de dérouler à 8h41 minutes. Le Fil Info avec Maureen Fugnard.
523 000 foyers sont toujours privés d'électricité en France à cause de la tempête Kiran. Dernier bilan fourni sur France Info par la ministre de la Transition énergétique. Agnès Pannier-Runacher affirme que l'impact sur les infrastructures a été trois fois plus important qu'en 1999, mais que cela va beaucoup s'améliorer dans les prochaines heures. L'heure est aussi à la constatation des dégâts dans un large quart nord-ouest de la France. Il n'y a pas besoin d'un arrêté de catastrophe naturelle pour être assuré sur sa maison, explique sur France Info la présidente de France Assureur. Il est possible de déclarer un sinistre jusqu'au 1er décembre prochain.
Emmanuel Macron sera à la mi-journée dans le Finistère en Bretagne pour venir à la rencontre des secours et des habitants. Quels seront les mots du puissant chef du Hezbollah libanais ? Il s'exprime aujourd'hui, une première depuis les attaques de son allié sur le Hamas sur Israël. Il peut déclencher un nouveau front au nord alors que l'armée israélienne dit avoir complètement encerclé la ville de Gaza. C'est un match à suivre sur France Info ce soir à partir de 21h. Le Paris Saint-Germain face à Montpellier, début de la 11e journée de Ligue 1.
On est avec Agnès Pannier, une hachée ministre de la Transition énergétique. Madame la ministre, la guerre au Proche-Orient fait toujours rage. Est-ce qu'elle peut avoir un impact sur les prix du carburant ? Ils ont baissé à la pompe la semaine dernière, mais est-ce que ça risque d'être courte durée et il faut s'attendre à une hausse ou pas ?
Alors, à ce stade, et vous l'avez très bien dit, les prix ont baissé la semaine dernière et ils sont légèrement inférieurs à ceux de septembre. Mais nous sommes très vigilants, puisque le risque est effectivement que le conflit devienne plus large et que ça puisse avoir un impact sur le prix des carburants.
C'est possible.
C'est du domaine des possibles et c'est pour ça que nous agissons. Nous agissons d'abord, au-delà d'ailleurs du prix du carburant, parce que la situation elle est aussi, elle suppose qu'on soit très mobilisés d'un point de vue diplomatique. Le Président de la République est allé sur place. Nous cherchons par tout moyen à accompagner les populations civiles, à obtenir une désescalade autant que possible de cette situation. C'est une question, je dirais, fondamentale pour les équilibres mondiaux, mais ça a aussi évidemment un impact sur le prix des matières premières en général. Et puis nous agissons en France, je le rappelle.
J'ai obtenu d'ailleurs de la grande distribution qu'elle fasse des opérations à prix coûtant qui continuent à se dérouler jusqu'à la fin d'année. J'ai obtenu de total qu'il prolonge le plafonnement du prix du carburant, ce qui en soi donne une sécurité aux Français à 1,99€ du litre. Et cette prolongation a vocation à couvrir toute l'année 2024.
Éventuelle, à couvrir 2024 également.
Et par ailleurs, nous avons une indemnité carburant pour les travailleurs qui permet en gros pour un travailleur qui roule moyennement de baisser sa facture de 10 centimes sur chaque litre sur toute l'année 2024.
Très rapidement, pour clore sur le chapitre sur les prix de l'énergie, Elisabeth Bond vous a chargé d'organiser dans les meilleurs délais, je la cite, une conférence sur les prix de l'énergie après une demande dans ce sens du patron des députés LR, Olivier Marlex, dans un souci de transparence. Quand est-ce qu'aura lieu cette conférence sur les prix de l'énergie ?
Alors j'ai eu Olivier Marlex hier au téléphone, on a évoqué effectivement cette conférence. Notre objectif commun est de l'organiser dans les deux semaines qui viennent, assez rapidement, puisque l'idée c'est de donner de la visibilité aux élus. Avec tous les partis alors ? Moi je souhaite inviter l'ensemble des présidents de groupe, c'est une demande d'un président de groupe, je crois qu'elle est assez partagée par d'autres présidents de groupe, que ce soit d'ailleurs à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et je pense qu'il est aussi important d'associer les élus locaux, puisqu'ils sont en première ligne face aux Français, pour partager, donner cette visibilité et rassurer les Français.
Agnès Pannier-Runacher, la rénovation énergétique des logements, c'est le grand chantier de la décennie, il y a le dispositif MaPrimeRénov', vous voulez inciter les Français à l'utiliser toujours davantage. Vous avez des annonces à nous faire autour des fraudes, on a beaucoup parlé de ce dispositif à cause des fraudes qui l'entourent. Quelle est l'idée ? C'est plus de contrôle ?
Oui, l'idée c'est plus de contrôle, c'est 30% de plus de contrôle, on en a à peu près 170 000, tout compris, chaque année, et on souhaite dépasser les 220 000. L'objectif c'est de rassurer les Français sur la qualité des travaux et faire en sorte que ceux qui essayent de capter finalement ces aides importantes données par l'État. Je rappelle que pour un ménage modeste, ça peut aller jusqu'à 90% de la facture.
Quand on remplit toutes les conditions.
Quand on remplit toutes les conditions. En particulier, c'est d'être parmi les plus modestes. C'est considérable, et donc il faut qu'on renforce les contrôles, parce que c'est une question de confiance.
Mais oui, c'est qui avec ces contrôles ? Ce sont que les entreprises qui proposent ces travaux, ou il y a aussi les particuliers qui pourraient essayer de capter des aides sans faire les travaux ?
Alors, ça vise plutôt les entreprises, parce que dans les schémas de fraude que nous avons, c'est essentiellement les entreprises qui sont à la manœuvre, assez peu les particuliers. Évidemment, si un particulier prétend faire des travaux et ne les fait pas, c'est assez légitime d'aller récupérer. Aujourd'hui, on peut le vérifier, ça ? Bien sûr, on peut le vérifier, puisqu'on fait des contrôles sur place. L'enjeu de ces contrôles, c'est d'aller voir, au milieu du chantier ou en fin de chantier, si ce qui a été prévu dans le devis et qui est subventionné par l'État a été correctement exécuté.
Et si le chantier n'a pas encore commencé.
Et réellement exécuté. C'est pour ça qu'on fait plutôt des contrôles en milieu de chantier ou en fin de chantier. Et donc, si une entreprise vous dit qu'on va mettre 20 cm d'isolation et que vous allez sur place et qu'il y a 3 cm d'isolation, vous récupérez l'argent. Ça me paraît tout à fait légitime. Et c'est de nature à faire en sorte que les entreprises qui travaillent bien soient sécurisées et qu'elles puissent plus se mettre en avant par rapport aux Français.
Il y a eu plus de 10 000 plaintes de consommateurs l'an dernier pour des malversations dans les travaux, des démarchages téléphoniques abusifs, parfois même des crédits cachés.
Oui, tout à fait. Et je veux le dire ici, il y a aussi des bons réflexes à avoir pour ceux qui nous écoutent. Ne jamais accepter un démarchage téléphonique puisque c'est interdit sur la rénovation thermique, sauf à ce que vous soyez en lien, c'est-à-dire sauf à ce que ce soit votre fournisseur d'énergie qui vous connaît, qui vous fasse des propositions. Mais sinon, c'est strictement interdit. Donc, alerte. Ça veut probablement dire que c'est un escroc qui est au bout du fil. Il faut se méfier de la signature trop rapide de devis parce que souvent, ils sont assortis effectivement de modes de financement. On ne vous dit pas toute la vérité.
Et il faut comparer les offres, aller faire plusieurs devis. Et je veux le dire ici, nous avons déployé sur le territoire énormément de points d'appui, d'aide, de conseils. Il y a 550 points France Rénov' sur l'ensemble du territoire français avec un accueil physique qui vous donne des conseils. On a plus de 2 000 accompagnateurs Rénov' qui vont vous aider à monter votre...
Qui seront obligatoires pour les gros chantiers dorénavant.
C'est obligatoire pour les gros chantiers. Comme ça, vous êtes sûr d'avoir quelqu'un qui n'a pas d'intérêt direct dans l'affaire, qui va vous aider à monter votre dossier administratif, votre dossier financier et votre dossier technique. Quels sont les travaux dont vous, vous avez besoin, pas ceux que veulent vous faire l'entreprise.
Et donc, 30% de plus de contrôle, c'est-à-dire de 170 000 à 220 000 cette année en 2023. Et ça sera en 2024 plus encore ou pas ? Vous allez augmenter encore ?
On fera le point à la fin de l'année 2024 pour voir si on doit aller encore plus loin. Mais vous savez qu'on va doubler, par exemple, les équipes de Bercy qui sont à la DGCCRS pour piloter tous les aspects de contrôle.
C'est-à-dire de 24 à 48, c'est ça ?
Oui, mais c'est des gens qui sont à plein temps et qui sont des cadres en administration centrale et qui sont en appui de l'ensemble des gens qui font les contrôles sur le territoire.
Une cinquantaine de contrôleurs pour 220 000, c'est l'objectif de contrat.
Non, non, vous avez des contrôleurs à Bercy, on double les équipes, mais vous en avez dans beaucoup d'administrations et c'est l'ensemble de ces contrôles. Vous avez le pôle national des certificats d'économie d'énergie, vous avez les contrôleurs de l'ANA. En fait, vous avez des dizaines de contrôleurs qui sont présents sur le territoire. Et ce que nous faisons, c'est que nous renforçons le pôle central de Bercy.
Pour être honnête d'un mot, pour celles et ceux qui nous écoutent, qui font appel à MaPrimeRénov', c'est pas sûr du tout à 100% qu'un contrôleur vienne chez eux voir si les travaux se font.
Non, on ne va pas contrôler 100% des dossiers. Pourquoi ? Parce que vous avez 700 000 aujourd'hui opérations chaque année qui sont financées. Et parce qu'on va aussi contrôler les endroits où on a des doutes. C'est-à-dire que des entreprises qui font bien le travail, on ne va pas les contrôler. Mais on va aller chercher là où on a des doutes, des entreprises qui apparaissent l'avant-veille pour fermer le surlendemain ou des schémas de fraude qui sont connus et qu'on analyse.
Agnès Pannier-Runacher, 8h50, c'est donc l'heure, comme d'habitude sur France Info, de dérouler le Fil Info avec Maureen Finiard.
Le chef de la diplomatie américaine vient d'arriver à Tel Aviv. Anthony Blinken va rencontrer le Premier ministre israélien. Il veut faire pression pour demander plus de protection pour les civils de la bande de Gaza. La France doit demander un cessez-le-feu immédiat, réclame de son côté sur France Info l'ambassadrice de Palestine en France. Les retours de vacances seront assurés avec quelques retards, assure Clément Beaune, le ministre des Transports. Il s'exprime après le passage de la tempête Kiran. Le trafic des TER reprend progressivement dans les cinq régions où il était arrêté hier. Pas de TER en circulation par contre dans les Hauts-de-France, au moins jusqu'en début d'après-midi.
Et 523 000 foyers sont toujours sans électricité dans un large quart nord-ouest de la France. Des vigilances oranges sont encore en cours dans le Pas-de-Calais, les Pyrénées-Atlantiques et dans les Landes. La Corse aussi à cause d'un autre coup de vent. Et voici le début des quarts de finale au Masters 1000 de Paris-Bercy. C'est du tennis, un match qui sera à suivre particulièrement. Le numéro 1 mondial, Novak Djokovic, qui va affronter le tenant du titre, Olga Runeu. C'était l'affiche de la finale l'année dernière.
France Info.
Avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Agnès Pannier-Runacher, c'est vous qui êtes chargée de la loi de programmation énergie-climat. Elle est censée fixer les grands objectifs énergétiques de la France face au dérèglement climatique. Ça devait être à l'automne. Elle est où cette loi ? Parce que finalement, elle est dans les cartons, elle va y rester ?
Non, pas du tout. Nous sommes en train de boucler ce qu'on appelle la stratégie française énergie-climat, qui couvre à la fois le projet de loi et le projet de décret de programmation pluriannuelle de l'énergie, qui sont prévus comme instrument de mise en œuvre de notre planification énergétique. Et cette stratégie française énergie-climat, je la publierai dans les prochaines semaines.
Et la loi, ce sera pour quand ?
Et elle sera sortie du projet de loi et du projet de décret.
Ce sera pour quand ? C'est quand alors ?
Dans les prochaines semaines, je viens de vous le dire.
Donc ce n'est pas forcément à l'automne, ça peut être à l'hiver ou pas ?
Ça sera probablement plutôt du côté de l'hiver, puisque nous la publierons dans les prochaines semaines. Et ensuite, vous avez un certain nombre de consultations obligatoires qui seront passées, ce qui me permettra dans la foulée de la présenter au Conseil des ministres. Donc fin d'année, peut-être tout début d'année prochaine.
Juste du retard, mais on la verra bien venir. Ça parle aussi des passoires thermiques, c'est la question des passoires thermiques. Vous nous confirmez qu'il n'y aura pas de report du calendrier. Vous savez, les logements classés G en 2025, et trois ans plus tard, ceux qui seront classés F, ça fait très peur aux Français. Voilà, interdit à la location. Voilà, parce qu'ils n'ont pas le temps de faire les travaux. Certains se disent que dans les faits, personne n'aura le temps de mettre en oeuvre ce calendrier, qu'il sera reporté de facto.
Non, alors sur ce sujet-là, je vais être très claire. D'abord, les locataires qui vivent aujourd'hui dans des passoires thermiques garderont leur logement. On a essayé de faire croire qu'ils seraient mis à la porte de leur logement. C'est absolument faux. Et c'est au moment où le locataire quitte le logement pour déménager dans un autre logement que la question se pose. De quoi parle-t-on ? On parle de travaux qui peuvent prendre quelques semaines, quelques mois. On ne parle pas de travaux qui prennent un an et qui bloquent la location.
Mais devant la masse, il peut y avoir un bouteillage.
Et si je puis aller jusqu'au bout, on parle aussi de logement où la facture est trois fois supérieure à celle que vous payez. Pas dans un logement bien isolé, dans un logement moyen, c'est-à-dire un logement qui est classé, grosso modo, dans le haut de la fanchette des dés. Donc, je veux dire ici que c'est une question de dignité. Lorsque vous payez trois fois la facture qu'un Français moyen paye, est-ce que c'est logique ? Est-ce que c'est normal ?
Oui, mais les professionnels de l'immobilier vous disent que les propriétaires ne pourront pas faire les travaux. Pourquoi les propriétaires ne pourraient pas ? Parce que ça ne leur coûtera trop cher et qu'ils estimeront que ça ne sera pas suffisant.
Alors que nous finançons les propriétaires à hauteur de 90% dans certaines situations, jusqu'à 40% dans d'autres situations, et qu'ils font reporter sur leur locataire le paiement de passoires thermiques. Et derrière des passoires thermiques, c'est quoi ? C'est des conditions de vie tout à fait dégradées. Ça veut dire que l'hiver, vous avez froid, que l'été, vous avez chaud, que vous avez probablement des champignons parce que vous êtes mal ventilés. C'est de ces logements-là qu'on parle. Ce n'est pas d'un logement qui n'est pas très bien isolé.
Vous savez que Bruno Le Maire a dit qu'il était favorable personnellement à titre de citoyen de reporter ce calendrier.
Donc nous, ce que nous faisons avec Christophe Béchut, c'est que nous sommes très pragmatiques. Nous donnons les moyens aux propriétaires. Nous donnons les moyens aux propriétaires de financer. Nous avons mis 50% de plus d'argent sur l'aide à la rénovation thermique. Nous donnons les moyens aussi d'être accompagnés. C'est mon accompagnateur Rénov'. Et nous donnons les moyens de lutter contre la fraude. Je le fais avec Thomas Cazeneuve, mon collègue du ministre des Comptes publics. Et c'est ce que nous annonçons aujourd'hui dans le cadre d'un contrôle.
On parlait du projet de loi de programmation énergie-climat. Finalement, il va bâtir en quelque sorte de la loi immigration qui va venir plus tôt que prévu au Parlement, l'Assemblée nationale. Si l'article 3 sur les métiers en tension devait être abandonné pour permettre un accord avec les Républicains et éventuellement le Rassemblement national, Agnès Pannier-Runacher, est-ce que ça vous conviendrait à vous ?
Moi, j'ai toujours été très claire sur le fait qu'à titre personnel, je pense qu'il est très hypocrite de ne pas traiter la situation de travailleurs qui sont sur le territoire français, qui payent leurs cotisations, qui font tourner les restaurants, font tourner les métiers du bâtiment public. Et je pense qu'il faut avoir une attitude raisonnée à leur égard. Mais dans le même temps, il faut une fermeté absolue sur les sujets de l'immigration. Il faut être intraitable avec les passeurs. C'est ce que fait cette loi. Elle me paraît équilibrée. Et je fais toute confiance à Gérald Darmanin pour obtenir un vote sur cette loi.
Certains disent qu'il y a trop de compromis, que le ministre de l'Intérieur fait trop de compromis avec la droite.
Attendez, il n'est pas encore rentré à l'Assemblée nationale que l'on parle des compromis. Moi, j'attends de voir comment, au moment où le texte passera dans les deux assemblées, cela se déroulera. Et ce n'est pas la première fois qu'il fait passer des textes difficiles. Et d'ailleurs, ce gouvernement...
Donc vous êtes confiante, parce que certains, la majorité, ne le sont pas.
Ce gouvernement a fait passer jusqu'ici la plupart de ces textes. Il n'y a en fait que les textes financiers, où on utilise le 49.3, mais ça, c'est assez classique, je dirais. Et le seul texte qui n'est pas financier, qui nous a donné lieu au 49.3...
Et un 49.3 sur l'immigration, ça vous gênerait ou pas ?
Encore une fois, ne lisons pas dans le mar de café ou ne faisons pas de la politique fiction. Gérald Darmanin a passé ses textes, il n'y a pas de raison qu'il ne le passe pas aujourd'hui.
Agnès Pannier-Runacher, vous êtes membre du gouvernement français, on va parler de la situation au Proche-Orient d'un mot. L'ambassadrice de Palestine, représentante en France de l'autorité palestinienne, était l'invité de France Info ce matin, Alaa Abu Asira. Et elle demande plus que jamais la France de demander très clairement un cessez-le-feu pour la bande de Gaza. Pourquoi ce n'est toujours pas d'actualité ?
Je crois que le Président de la République a été très clair. Une vie française, ça vaut une vie israélienne et ça vaut une vie palestinienne. Et il a été sur le terrain et il est allé voir les différents leaders d'opinion sur le terrain, que ce soit israélien ou arabe, et qui peuvent avoir une contribution pour obtenir effectivement une issue diplomatique à ce qui est en train de se passer aujourd'hui. Et de même, nous déployons un appui auprès des populations civiles autant que possible. Mais je veux redire les faits. Ce qui s'est passé le 7 octobre, ce sont des actes terroristes terribles. Terribles. Ce sont des gens qui sont égorgés chez eux.
Et aujourd'hui, on est dans la réponse légitime de l'État d'Israël dans ce droit à se défendre ?
Alors, ce que nous disons aujourd'hui, c'est qu'Israël a le droit de se défendre. Et par ailleurs, Israël doit se défendre dans le respect des règles du droit international. C'est-à-dire qu'à nouveau, il ne faut pas que ce soit les populations civiles israéliennes ou palestiniennes qui payent les frais de ce qu'a fait le Hamas.
Il est possible que la France appelle à un cessez-le-feu tôt ou tard ou pas ?
Encore une fois, sur ces sujets-là, il faut être extrêmement équilibré. Nous, nous agissons sur le terrain auprès des différents gouvernements pour obtenir le plus rapidement possible une désescalade de la situation et une protection des populations civiles.
Très rapidement, l'ambassadrice de Paris en France parle de volonté génocidaire d'Israël à Gaza. Est-ce que vous reprendriez ce mot ?
Je n'aime pas ce mot lorsqu'il est mis à toutes les sauces. J'observe simplement que ce qui s'est passé le 7 octobre, ça a été un pogrom. Et moi, je ne m'attendais pas au XXIe siècle à assister à cela. Je redis les termes, de même que j'exprime mon plus grand soutien aux populations civiles de la bande de Gaza, qui sont prises en otage par le Hamas. Prises en otage.
Merci beaucoup Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, invité de France Info ce matin. Merci à tous.
Agnès Pannier-Runacher