Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 7 juin 2026 23 min

Lyhanna, présidentielle, Jean-Luc Mélenchon ... L'interview de Louis Aliot, vice-président du RN

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et on va en parler dans un instant avec l'homme qui nous rejoint à présent. C'est le maire de Perpignan, vice-président du Rassemblement national. C'est Louis Alliot qui va nous rejoindre pour voir les réponses politiques à ce qui s'est passé à la mort de Liana. Je vous propose d'abord d'entendre ou de réentendre, si vous n'étiez pas avec nous tout à l'heure, les mots de la tante de Liana. C'était cet après-midi à Florence, la tante qui a pris la parole au nom des parents de la fillette. Voici ce qu'elle a dit tout à l'heure.

0:25
Invité

Nous tenions tout d'abord à vous adresser ces quelques mots pour vous remercier d'être là à nos côtés aujourd'hui. Il n'y a pas de mots pour décrire le soutien que vous nous apportez depuis ce vendredi 29 mai, au jour où on nous a enlevé la petite Liana. Mille merci pour tout. Je tiens personnellement à remercier monsieur le maire, son adjoint et ses collaborateurs pour tout ce qui a été mis en place ainsi que pour leur soutien. Aujourd'hui, ma fille Liana doit être tellement émue de voir tout là-haut, tout ce monde de rassembler spécialement pour elle. Les mots me manquent. Personne, je pense, n'est prêt à vivre une disparition aussi brutale que celle que nous vivons depuis vendredi.

Notre petit monde tout entier s'est écroulé. Une fois de plus, je nourris les mots pour décrire ce drame abominable qui touche notre famille. Nous tenir devant vous tous et vous tous aujourd'hui et parler de Liana est surréaliste. Une dernière fois, mille merci du fond du cœur et au nom de toute notre famille, merci infiniment pour elle. Liana, pardon, pardon pour ce que tu as vécu, nous t'aimons tellement. Merci.

1:41
Présentateur

Pour l'émotion de cette famille qui s'est embrassée, enlacée après ce discours. Bonsoir, Louis Alliot. Bonsoir. Notre monde s'est écroulé, notre petit monde s'est écroulé. Pardon pour ce que tu as vécu sur les mots de la tante, donc de Liana. Qu'est-ce que vous dites ce soir à cette famille ?

2:03
Jean-Luc Mélenchon

Je lui dis que malheureusement, c'est un drame supplémentaire qui fait suite à d'autres drames et qu'on n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation. Quand M. Darmanin dit qu'il y a 70 000 dossiers en souffrance dont ils vont maintenant contrôler la réalité, rien que de dire ça, en fait, vous avez déjà le problème qui est posé. C'est-à-dire que la justice aujourd'hui et les forces de police ou de gendarmerie n'ont pas les moyens de juguler le flux de procédures qui est en stock. Et dans ce stock-là, il y a des affaires, il y en a malheureusement. Question de moyens pour vous. Et peut-être, il y en a d'autres. Question de moyens. Et uniquement de moyens. Écoutez, pas seulement.

Il y a des fautes professionnelles, sûrement. Mais au départ, je pense qu'il y a des procédures à revoir. Et je pense qu'au niveau aussi des orientations que donne le ministre de la Justice à ses parquets, et vous le disiez tout à l'heure, il y a tellement de priorités qui sont données que quand il y a trop de priorités, il n'y a pas de priorités. Et donc, c'est au gré de l'information et c'est au gré de l'actualité. Alors là, on va aller faire des enquêtes, on va prioriser les enquêtes sur les agriculteurs au moment des manifestations, sur les Gilets jaunes. Là, ça va vite et il y a du monde.

Et puis, dans les tiroirs d'un certain nombre d'institutions judiciaires, il y a des dossiers qui attendent encore, qui attendent, qui attendent, et avec des prédateurs, très certainement, qui, eux, bénéficient de ce vide, on va dire, administratif français.

3:32
Présentateur

On va poursuivre ensemble dans un instant, Louis Alléon. On retourne d'abord à Florence, dans le Gers, au soir de cette marche blanche. C'est Adelaide Malaveau qui est avec nous. La marche blanche s'est terminée il y a une heure, une heure et demie maintenant. Il y a eu énormément d'émotions. On a vu des scènes absolument bouleversantes. On voit là, par exemple, la famille de Liana qui enlève, qui vient déposer des fleurs, des roses blanches devant l'établissement où était scolarisée la fillette. L'émotion, elle est encore là ce soir.

4:04
Invité

Évidemment, une marche blanche extrêmement solennelle, avec une image qui a beaucoup marqué. C'est celle du couple. Les parents de Liana, extrêmement dignes, extrêmement unis aussi, enlacés pendant de longues minutes en silence. Et face à eux, une foule de plusieurs milliers de personnes venues se rassembler simplement par solidarité. La plupart ne connaissaient pas la famille ni Liana. Et pourtant, ils avaient envie de venir ici. Et puis aussi, un mot, celui du maire qui a parlé d'une responsabilité collective et d'un échec de protéger nos enfants. Louane, vous étiez sur place cet après-midi. J'imagine qu'après, on n'a plus les mots. Qu'est-ce qu'on ressent ? Le cœur serré.

Le cœur serré, incroyablement serré. Et après, les chansons pour Liana, ça nous prend. Ça nous prend. On s'imagine la tristesse des parents. Et c'est affreux. On ne peut que ressentir et être là pour les soutenir. Maintenant, après le recueillement, il y a évidemment le temps des attentes. Qu'est-ce que vous demandez ? Qu'est-ce que vous attendez concrètement aujourd'hui, après ce nouveau drame ? Qu'on nous prenne au sérieux. Qu'on prenne nos enfants au sérieux. Nos paroles. Et c'est leur responsabilité de faire quelque chose et de nous écouter, de nous écouter, de nous prendre au sérieux, de faire des actions. On veut des actions, tout simplement.

Est-ce que d'une manière, le fait qu'il y ait plusieurs milliers de personnes qui se soient rassemblées cet après-midi, d'une certaine manière, ça réchauffe le cœur de voir qu'il y a un collectif aussi derrière tout ça ? Oui, complètement. C'est vrai que dans le Gertz, on n'a pas l'habitude de voir ça et fort heureusement. Mais on se dit, on est entouré, toutes ces personnes, pendant la marche, on se parlait, on se regardait, on s'entraidait. Il y a eu une dame à côté de moi qui a fait un malaise. On lui a donné de l'eau, ça a été l'éventail. Tout le monde est là, tout le monde se recueille pour Liana et c'est beau de voir ça.

5:45
Locuteur

Merci beaucoup.

5:46
Invité

Vous vous sentez évidemment l'émotion qui est encore intacte à une heure après cette marche blanche. Je vous le disais, plusieurs milliers de personnes, 5000 personnes qui étaient attendues. Il y a probablement eu plus que 5000 personnes présentes sur place. Et maintenant, évidemment, des habitants, des inconnus qui attendent des réponses et des solutions.

6:01
Présentateur

Merci beaucoup Adélie. 8000 personnes présentes, c'est ce que disait il y a quelques instants, vous ne l'avez sans doute pas entendu, le maire de Florence qui était avec nous en duplex grâce à Jean-Wilfrid Forkest. On parlait de Gérald Darmanin il y a un instant, Louis Alliot. Est-ce que vous allez, comme certains, jusqu'à réclamer sa démission ? C'est ce que demande Mathilde Panot pour les Insoumis.

6:20
Jean-Luc Mélenchon

Très lointement non, parce que je pense qu'il faudrait regarder ce qu'on demandait comme priorité, par exemple, les autres gardes des Sceaux. On pense à M. Dupond-Moretti et à quelques autres. Je crois qu'il a mis le doigt, M. Darmanin, sur le problème, un problème administratif, judiciaire bien précis. Il faut qu'il aille au bout de cette logique-là. Et peut-être qu'on s'apercevra à ce moment-là d'un certain nombre d'autres carences dans l'institution judiciaire.

6:42
Présentateur

Est-ce que vous faites le procès des magistrats ? Est-ce que vous considérez qu'il y a une forme de laxisme ? Bruno Retailleau, le patron des Républicains, dit aujourd'hui dans les colonnes du Parisien il faut créer une cour disciplinaire de la magistrature composée en partie de citoyens tirés au sort. Ce sont ces citoyens qui sanctionneraient les magistrats en cas de faute.

7:02
Jean-Luc Mélenchon

C'est une bonne idée ou pas ? Non, mais je crois qu'on est malheureusement dans une course à l'échalote de celui qui trouvera la mesure aujourd'hui et qui fait l'actualité. M. Villepin, lui, c'est le parquet... Un parquet spécialisé pour les femmes et les enfants. Écoutez, il y a des lois, il y a une administration, il y a des contrôles qui sont prévus. S'il y a une faute professionnelle, les magistrats seront sanctionnés, comme tous les autres par ailleurs. Mais la magistrature, vous savez, est une institution humaine. Elle n'échappe pas aux erreurs, elle n'échappe pas quelquefois, il faut le dire pour certains d'entre eux, à un prisme idéologique. C'est-à-dire ?

C'est bien que le syndicat de la magistrature, sur certaines affaires, a des considérations idéologiques qui dominent dans ses décisions. C'est comme ça, il faut en tenir compte. Dans ses décisions de justice ? Oui, ça peut y arriver, oui, bien sûr. Mais le mur des cons, par exemple, tout simplement.

7:51
Présentateur

Oui, à l'occasion duquel vous avez réclamé, si je ne m'abuse vous, Louis Alliot, l'interdiction du syndicat de la magistrature. Ce que demande aujourd'hui David Lissnard, maire de Cannes, candidat à l'élection présidentielle. Est-ce qu'on est encore dans l'affaire Liana, là ?

8:07
Jean-Luc Mélenchon

Non, pas du tout, mais vous me posez une question sur l'ensemble des magistrats. Je vous réponds sur l'ensemble des magistrats. On n'est pas dans l'affaire Liana, mais l'affaire Liana, tout le monde sait très bien qu'étant tous les départements de France, je peux vous dire que les parquets et les forces de police doivent s'interroger sur savoir de ce qu'ils ont dans les tiroirs. Et là, pour le coup, M. Darmanin dit, on va étudier ses 70 000 dossiers. J'espère qu'il y aura une transparence totale et qu'il dira combien de dossiers dangereux sont encore dans les tiroirs et qui n'ont pas été traités ou traités, on va dire, superficiellement.

8:39
Présentateur

Donc pour être très précis, Louis Alliot, si aujourd'hui le Rassemblement national était au pouvoir, il n'y aurait pas de nouvelle loi ? Il n'y aurait pas de nouvelle loi ?

8:48
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, il n'y aurait pas de nouvelle loi. On ne va pas attendre une actualité dramatique pour refaire la loi. Il y a des lois. Appliquons-les. Il y aurait quoi ? Qu'est-ce que vous feriez pour tirer les leçons de ce qui s'est passé ? Mais peut-être qu'il y a des orientations de procédures qu'on n'est pas obligés systématiquement... Écoutez, le fait de poursuivre d'une manière draconienne dans ce département-là les syndicalistes agricoles, par exemple. Est-ce qu'on avait besoin de mobiliser l'appareil gendarme judiciaire contre les agriculteurs ? Et pendant ce temps-là, il y avait ce genre de dossier qui dormait dans un tiroir ? Voilà. Là, il y a des priorités, il y a des responsables.

Il faut déterminer quelles sont ses responsabilités. Et je pense que c'est l'organisation générale qu'il faut mieux structurer. Mais pour le reste, je pense que la France est déjà avec beaucoup de lois et qu'il ne faut pas systématiquement, au gré des drames que nous vivons, refaire des lois spécifiques.

9:38
Présentateur

Donc des priorités, pas de lois en plus et des moyens en plus pour la justice ou pas ?

9:43
Jean-Luc Mélenchon

Des moyens en plus pour la justice et des moyens en plus pour la protection de l'enfance. Parce qu'on voit bien aujourd'hui qu'il y a beaucoup de scandales liés à l'enfance et aux abus, notamment dans le périscolaire ou dans d'autres situations. Et de ce point de vue-là, un encadrement plus rigoureux. Et notamment des gens qui encadrent ces jeunes-là. Parce que ce monsieur, apparemment, s'apprêtait à passer son BAFA ou je ne sais quoi. Donc là, je dois dire que peut-être il faudra améliorer la sélection des gens qui ont un contact avec les jeunes. Et notamment dans ce périscolaire, dans le sport ou dans l'associatif.

10:21
Présentateur

On va parler d'un homme à présent qui est persuadé de pouvoir vous battre au second tour de l'élection présidentielle. C'est Jean-Luc Mélenchon. Il l'a dit ces dernières semaines. Il tenait aujourd'hui son premier grand meeting depuis qu'il a déclaré sa candidature il y a un mois. Dans son nouveau fief, la ville de Saint-Denis, que les Insoumis ont gagné leur démunicipale. Et il s'en est pris notamment au Rassemblement National.

10:43
Locuteur non identifié

Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe. Dans les guerres du Moyen-Orient et du trumpisme. Voici ce qu'il faut appeler le suprémacisme. C'est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion. En France, le suprémacisme est porté par le RN.

11:14
Présentateur

Le suprémacisme est porté par le RN, Louis Alliou. Vous êtes suprémaciste.

11:17
Jean-Luc Mélenchon

Non, pas du tout. Pourquoi il dit ça ? Parce que voilà, il a pointé, j'allais dire, son adversaire pour les élections qui arrivent. Mais tout le monde aujourd'hui considère que le parti de M. Mélenchon, c'est pratiquement une secte, qu'il en est le grand gourou et que le danger pour la République, c'est bien lui et le projet qu'il porte. Et ça, c'est unanime. Regardez les enquêtes d'opinion. La formation politique qui fait le plus peur aujourd'hui, la personnalité, c'est lui. Donc il essaye peut-être d'inverser, j'allais dire, l'échelle des perceptions. Mais plus personne aujourd'hui ne doute de la capacité de M. Mélenchon à être un danger pour la République.

Ce serait l'adversaire le plus facile à battre pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? C'est ce que vous dites ? Moi, je ne dis pas ça. On verra. Moi, je souhaite que la compétition se passe d'ailleurs dans les meilleures conditions. Mais ce que je remarque, c'est qu'avec un tel adversaire, c'est quelqu'un qui remet en cause le résultat des urnes. C'est-à-dire ? Écoutez, on a vu un certain nombre de ces cadres dire, oui, mais d'accord, en quelque sorte, il y a la légitimité des urnes et la légitimité populaire. Sous-entendu, moi, j'ai la légitimité populaire et je peux m'opposer à la légitimité des urnes. Ce que je trouve évidemment excessivement dangereux.

Parce que demain, quand nous gagnerons cette élection présidentielle et les élections législatives qui vont suivre, quelle sera l'attitude de M. Mélenchon et de ses amis ? C'est une question qu'il serait bon de poser à tous les cadres.

12:43
Présentateur

Vous pensez qu'ils appelleront les Français ou les électeurs à prendre les armes ?

12:47
Jean-Luc Mélenchon

J'espère qu'ils ne prendront pas les armes parce que ça, c'est évidemment très grave. Mais je pense qu'ils sont dans une forme de contestation de la légitimité élective, c'est-à-dire la contestation de la démocratie, du suffrage universel, et qu'ils ne tolèrent pas qu'on ne pense pas comme eux. Et c'est bien, malheureusement, la marque de fabrique de M. Mélenchon et ses amis.

13:05
Présentateur

Dans un mois exactement, Louis Alliot, je suis sûr que vous avez un calendrier et que vous comptez les jours. Vous connaîtrez, vous, Louis Alliot, votre avenir judiciaire et Marine Le Pen connaîtra le sien. Votre sort est lié dans ce procès. D'abord, elle, si vous voulez bien. Est-ce que vous croyez encore à une candidature possible ? Oui, bien sûr. Oui ?

13:22
Jean-Luc Mélenchon

Moi, je crois, oui. Au regard de ce qu'on a apporté devant la cour d'appel comme...

13:26
Présentateur

Passer de 5 ans à 2 ans, ce qui serait quand même un sacré écart entre les deux jugements, vous pensez que c'est possible ?

13:31
Jean-Luc Mélenchon

Vous savez, il y a d'autres jugements dans des affaires récentes où les gens ont été blanchis en appel alors qu'ils avaient été lourdement condamnés en première instance. Ça arrive. Il ne faut pas se faire d'illusions. Et je pense qu'effectivement, au regard de l'affaire des assistants parlementaires européens, et en tout cas, je pense qu'elle pourra se présenter à l'élection présidentielle. C'est ma conviction. Je peux me tromper, mais je le pense.

13:52
Présentateur

Il y a un cas de figure qui pourrait se produire, c'est qu'elle puisse se présenter en portant un bracelet électronique. Je ne rentre pas dans ces considérations. Elle a dit non, Marie-Lapelle. Elle a dit que je ne le ferai pas avec un bracelet.

14:03
Jean-Luc Mélenchon

C'est de la science-fiction. C'est un cas tout à fait possible.

14:06
Présentateur

Oui, mais c'est de la science-fiction, donc je ne l'évoque pas. Mais ça vous choquerait qu'elle fasse campagne avec un bracelet électronique ?

14:10
Jean-Luc Mélenchon

Je ne vous répondrai même pas à cette question.

14:12
Présentateur

Je ne vous répondrai pas. Non. Parce que ce ne serait pas une bonne idée ? Parce que ça offrirait des angles d'attaque à ses adversaires ?

14:17
Jean-Luc Mélenchon

Non, parce que la question ne se posera pas. Donc je ne veux pas discuter sur quelque chose qui ne se posera pas. Et pour vous ? Moi, je ferai un pourvoi en cassation. Ah, si vous êtes condamné, vous ne quitterez pas la mairie de Perpignan ? Je ferai mon pourvoi en cassation. Et à l'issue, on verra bien ce qui se passe. Dans tous les cas de figure, vous savez, la démocratie, il y a la continuité du service et du pouvoir municipal. Donc si je ne suis plus là, une autre ou un autre prendra ma place et les choses continueront. Il ne faut pas non plus croire que quelqu'un s'en va et ça y est, c'est la fin du monde. Ça fait partie de la vie politique.

Mais j'espère et en tout cas, je pense qu'en ce qui me concerne, je continuerai ma mission, non seulement à la mairie de Perpignan, mais à la communauté urbaine de Perpignan-Méditerranée-Métropole. Que vous présidez désormais.

15:03
Présentateur

Je voudrais qu'on prenne quelques minutes, Louis Alliot, pour expliquer la position du Rassemblement national sur les retraites. Je vois que ça vous fait sourire, mais c'est vrai qu'il y a un peu de quoi ces derniers temps. Marine Le Pen dit, et c'est d'ailleurs dans le programme du RN, âge légal de départ à 62 ans, et même 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes. Et Jordan Bardella dit désormais, moi l'âge légal, je n'en veux plus. Il ne dit pas tout à fait ça. L'âge légal ne veut rien dire. Il faut regarder seulement le nombre d'années de cotisation, je le cite. L'âge légal ne veut rien dire, je regarderai uniquement le nombre de trimestres cotisés.

15:37
Jean-Luc Mélenchon

Le standard, annuité et cotisation, si vous commencez… C'est une troisième voie, Louis Alliot, que vous avez expliqué. Si vous commencez avant 20 ans et que vous cotisez pour des métiers pénibles, vous cotisez 40 ans, vous partez à 60 ans. Après 20 ans, vous cotisez 42 ans et vous partez à 62 ans. Sauf que plus vous commencez tard dans la vie professionnelle, et plus vous partez tard à la retraite. C'est-à-dire que vous partez à 62 ans, ça c'est le principe, mais si vous avez commencé à 25 ans, vous partirez à 67 ans. Voilà ce que ça veut dire. Et à ce moment-là, ce qu'a dit Jordan Bardella n'est pas du tout quelque chose d'extraordinaire.

Est-ce que le Rassemblement national est en train de travailler pour changer son projet sur les retraites, ce que dit Jordan Bardella ? Très honnêtement, on travaille les chiffres, on travaille le contexte, mais le projet de loi qui a été défendu par notre groupe parlementaire à l'Assemblée nationale sera à quelque chose de près celui que nous défendrons à l'élection présidentielle. À quelque chose de près. Ça peut changer. Mais ce ne sont pas les mêmes chiffres. Dans notre projet, ça coûtait 10 milliards d'euros. Je suis persuadé qu'aujourd'hui, au regard de la situation, ça coûtera peut-être un peu plus, et il faudra regarder la manière de le financer.

Mais tout ça, c'est le débat présidentiel.

16:56
Présentateur

Mais si Jordan Bardella porte les couleurs de votre parti, est-ce qu'il devra, du coup, défendre un projet avec lequel il n'est pas d'accord ? C'est-à-dire les 62 ans, ou est-ce qu'il aura le droit d'amender, de retoucher, de réécrire un peu le projet ?

17:07
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, un, on n'est pas un parti stalinien. Ah, ça, ça veut dire oui. Deux, quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous êtes, si je puis dire, sous une forme de contrat avec le peuple. Et donc, vous défendez votre projet, et le candidat à la présidentielle a, évidemment, une latitude pour défendre des idées qui, quelquefois, ne sont pas tout à fait celles du parti. Mais c'est assez courant. Il faudra réécrire un peu le projet. Mais c'est la réalité des choses.

17:34
Présentateur

Jordan Bardella et Marine Le Pen, ce n'est pas exactement la même chose.

17:37
Jean-Luc Mélenchon

Ce n'est pas la même personnalité. Sur des sujets importants, les retêtes. Ce n'est pas la même personnalité, mais c'est le même programme, je regrette. Et dans ce que vous avez dit de Jordan Bardella tout à l'heure, vous voyez bien que ce n'est pas antinomique à ce que je vous ai dit.

17:48
Présentateur

L'âge légal ne veut rien dire.

17:49
Jean-Luc Mélenchon

Mais l'âge légal, si vous fixez, vous dites à 62, mais que vous commencez à 25, vous finirez à 67. Voilà, vous ne finirez pas à 62. Est-ce qu'il faut aussi une part par capitalisation ? Qui existe déjà.

17:59
Présentateur

Qui existe déjà pour certains français, pour les fonctionnaires.

18:02
Jean-Luc Mélenchon

Notamment, et qui existe dans le privé. Est-ce que ce sera dans le projet ? Je ne pense pas qu'aujourd'hui, avec les salaires que nous avons en France, il puisse y avoir un système totalement de capitalisation. Totalement, non, mais une partie. Mais que certains puissent se constituer des retraites dans le privé, c'est déjà le cas. Donc arrêtons de discuter de choses qui finalement, aujourd'hui, sont dans le débat national et qui sont une réalité. Maintenant, le système de répartition est un système juste. Pour sauver ce système, il faut juste qu'il y ait plus de gens qui travaillent, qu'il y ait plus de croissance. Et à ce moment-là, le système redeviendra vertueux.

C'est ce que nous cherchons à faire. Mais pas systématiquement gérer la pénurie qui fait que, évidemment, s'il y a de moins en moins de cotisants, de moins en moins d'argent, et bien à ce moment-là, effectivement, se posera la question de l'échelonnement de l'âge de la retraite. Et là, vous entendrez, j'allais dire, toute la panoplie et la démagogie de nos adversaires.

18:59
Présentateur

Louis Allieu, on a appris ce week-end la mort de Bernadette Chirac. 93 ans, 12 ans, aux côtés de son mari Jacques Chirac à l'Élysée. Femme politique redoutable. Parfois, on connaît ses sorties qui ont fait trembler, même parfois, son propre mari. Quel souvenir vous gardez d'elle ?

19:15
Jean-Luc Mélenchon

Alors, 2002, où elle avait pratiquement prédit l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour. Elle avait prévenu Jacques Chirac. Elle lui avait dit qu'il ne le voit pas.

19:22
Présentateur

Mais chez moi, en Corrèze, les électeurs du FN sont de plus en plus nombreux.

19:27
Jean-Luc Mélenchon

Exactement, parce que ça, c'est la deuxième chose. C'était une élue locale. Et elle entendait les choses sur les marchés, dans les rues, dans les fermes, etc. Et donc, elle avait un peu la température du peuple. Et puis, elle a été, je crois, elle aussi très, très, on pourrait dire, en colère contre la fameuse dissolution de M. Villepin, qui, manifestement, n'a rien compris depuis déjà et continue dans l'erreur même aujourd'hui. Donc, elle avait surnommé Néron.

19:53
Présentateur

C'est le surnom qu'elle lui avait donné à l'époque. C'est un secret pour personne, Louis Alliot, que vous avez été pendant longtemps le compagnon de Marine Le Pen. Vous auriez pu être le premier, premier homme à l'Élysée ? Oui, mais... Vous y avez pensé à ça ou pas ? Vous étiez préparé à ça ou pas ? Quand on est le mari d'une candidate favorite à l'élection, ce qui a souvent été le statut de Marine Le Pen, vous étiez préparé à ça ou pas ?

20:16
Jean-Luc Mélenchon

Non, mais je veux dire, encore une fois, vous élisez un candidat ou une candidate. Mais il se trouve que ce candidat ou cette candidate a aussi un compagnon ou un mari ou une compagne. Oui, mais le compagnon, il n'est pas là pour décider à la place de celui qui a été élu par le peuple. Donc, la question ne devrait même pas se poser. C'est-à-dire, première dame, premier homme, ça ne veut rien dire ? Ça existe, c'est important, mais dans la réalité politique, ça n'a aucune légitimité populaire.

20:41
Présentateur

Donc, si, parce que vous me voyez venir avec mes gros sabots depuis tout à l'heure aussi, Louis Alliot, si Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles arrive, eh oui, vous m'avez vu venir, à l'Élysée, aux côtés de Jordan Bardella, ça ne sera pas un handicap quand on est le candidat du peuple, d'avoir une princesse influenceuse à ses côtés au palais de l'Élysée ? Écoutez, laissez-les vivre leur amour tranquillement.

21:02
Jean-Luc Mélenchon

Ah, je les laisse vivre tout l'amour qui va. Et puis, dans tous les cas de figure, si l'occasion se présentait, eh bien, elle remplira son rôle aux côtés de Jordan. Et puis, c'est tout. Je veux dire, on se pose des questions qui n'intéressent pas les gens. Moi, je n'ai pas été interrogé depuis quelque temps sur la vie sentimentale de Jordan Bardella par mes concitoyens. Alors, on sait que ça fait un peu parler sur les plateaux télé, mais très honnêtement, ça ne remplit pas le frigo à la fin du mois et ça ne défend pas les salaires non plus. Et vous n'aviez pas regardé les photos dans Paris Match ?

Oui, je regarde les photos dans Paris Match, mais vous croyez que la France entière ait les yeux rivés sur Paris Match ? Non, certainement pas, mais vous les avez regardés, vous aussi. Oui, mais moi, je suis un commentateur et un observateur de la vie politique, donc je regarde les choses, oui.

21:46
Présentateur

Un tout dernier mot, le Rassemblement national, on l'a appris cette semaine, va vendre le siège historique de Montretout, situé près de Paris, qui était également le manoir dont avait hérité Jean-Marie Le Pen, qui a été l'endroit où il a fait de la politique pendant des...

22:02
Jean-Luc Mélenchon

Ce n'était pas le siège, c'était le domicile, c'était la propriété de Jean-Marie Le Pen.

22:08
Présentateur

Mais c'était aussi le siège informel du parti, c'est là que Jean-Marie Le Pen a fait de la politique.

22:11
Jean-Luc Mélenchon

Oui, mais c'était la propriété privée de Jean-Marie Le Pen, donc la succession se déroule et se sera vendue, oui. C'est une façon de tourner encore un peu plus la page, Jean-Marie Le Pen ? Je ne veux pas rentrer, c'est des histoires, c'est la loi de la vie, les gens disparaissent et derrière eux, vous allez dire, les successions s'organisent selon la volonté de ceux qui en héritent, point.

22:34
Présentateur

Merci beaucoup Louis-Alien. Merci. Merci beaucoup. On parlait de Bernadette Chirac, juste un tout dernier mot, Éric Ciotti, votre allié maire de Nice, dit qu'il va mettre les drapeaux en Berne à Nice, vous allez le faire aussi à Perpignan ? Écoutez, je ne me suis pas posé la question, je ne crois pas,

22:46
Jean-Luc Mélenchon

il a peut-être une histoire avec Bernadette Chirac, c'est-à-dire ? Il était du même parti politique, ils ont une histoire politique. Ensemble, je ne pense pas que je mettrais les drapeaux en Berne, non.