8 MARS : MARCHE DES PREMIÈRES DE CORVÉE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Darmanin est le symbole de l’impunité en France, et entretient la culture du viol. Au-delà de simplement saluer la vague de libération de la parole, maintenant il faut des mesures concrètes. C’est surtout la libération des oreilles, l’ouverture des oreilles.
Cette journée du 8 mars, elle est vraiment placée sous le signe de la crise pandémique, les femmes, ce sont les grandes oubliées du Covid et du confinement, ce sont celles qui soignent, ce sont celles qui nettoient, ce sont celles qui encaissent nos achats, ce sont celles sans qui la vie normale ne serait pas possible, et ces métiers ils sont largement invisibilisés. C’est ce que dénonce cette journée internationale des droits des femmes 2021. Cette manifestation, elle dénonce aussi la condition des femmes sans-papiers, elle dénonce les conditions de vie des étudiantes, elle dénonce les violences sexistes et sexuelles commises par les hommes sur les femmes qui sont toujours une réalité malgré Me Too.
J’aimerais bien qu’on vive dignement, librement et aussi si vous regardez des mamans avec leurs enfants, c’est des femmes isolées, femmes battues, elles tiennent le coup pour continuer de vivre en France. On a des enfants qui sont scolarisés, qui participent, qui font du sport, qui sont bien intégrés dans la société, nous aussi, on est des diplômées et tout ça donc voilà, on aimerait bien avoir notre régularisation le plus tôt possible. Leur place ici en tant que sans-papiers elle est faible, c’est la souffrance quoi.
Pour dénoncer un climat de violences sexuelles institutionnalisées et une précarité croissante, les étudiantes se sont également jointes au cortège. Sciences Porcs c’est pas qu’à Sciences Po, malheureusement ; ces violences elles existent aussi bien entre étudiants qu’entre étudiants et enseignants, au-delà de simplement saluer la vague de libération de la parole maintenant il faut des mesures concrètes, il faut des mesures de prévention donc en formant les étudiants, les enseignants, les personnels à la fois à la lutte contre les violences mais aussi en déconstruisant tous les stéréotypes de genre, ensuite il faut des mesures, deuxièmement pour accueillir la parole des victimes, et donc c’est ce qu’on appelle les cellules de veille et d’écoute, mais malheureusement ce n’est pas encore obligatoire et y a pas de moyens qui sont accordés. Donc on a 46% des établissements universitaires qui n’ont pas de cellule de veille et d’écoute et quand ils en ont bah y a pas les moyens pour réellement aider les étudiants, c’est-à-dire quand y a juste un nom d’enseignant ou une adresse mail ça va pas suffire pour libérer la parole dans un établissement.
Puis le dernier sujet c’est qu’une fois qu’on a fait tout ce chemin-là et qu’on a encore des agressions, des agresseurs etc, il faut pouvoir les sanctionner et c’est pour ça qu’on demande une réforme des commissions disciplinaires. Alors dans ce tableau très très noir y a quand même une chose positive c’est qu’on a enfin réussi à imposer le sujet de la précarité menstruelle et donc à obtenir que des distributions gratuites de protections périodiques soient organisées dans tous nos établissements, dans les services de santé et dans les CROUS..
Puis c’est aux caissières, en première ligne dans la crise du covid, que les manifestantes ont tenu à rendre hommage. Pour de nombreuses manifestantes présentes, il semble difficile de lutter contre les violences sexistes et sexuelles au niveau étatique, quand le ministre de l’Intérieur lui-même est accusé de viol. Darmanin est le symbole de l’impunité en France et entretient la culture du viol qui est tout ce qui gangrène cette violence systémique engendrée par le patriarcat et son impunité est un message très fort qui silencie les victimes et montre que la grande cause du quinquennat… cause toujours tu nous intéresses.
En fait les femmes elles parlent depuis toujours, c’est juste que là on les écoute enfin un peu plus mais c’est toujours pas suffisant, mais il est pas du tout question de libération de la parole, enfin j’ai entendu quelqu’un dire que c’est surtout la libération des oreilles, l’ouverture des oreilles, c’est vraiment plus ça quoi. Si toutes ces femmes se sont réunies aujourd’hui, c’est aussi pour se serrer les coudes dans un contexte où leurs témoignages restent encore trop souvent passés sous silence.
Thomas Ménagé