Carburants, "règle d’or", budget... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est suffisant pour répondre à la colère des Français ?
- 2:28RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez au délégué général de 40 millions d'automobilistes ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur dites à ces transporteurs ?
- 11:05FerméeRéponse directe
Est-ce que vous dites ce matin, il faut taxer les super-profits de Total ou pas ?
- 17:01RelanceRéponse directe
Tout ce que demande l'ERN, c'est quoi Maud Bréjon ?
- 20:09RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ce n'est pas en cédant au RN qu'on le combat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04PrésentateurChiffre
« Le chèque de 100 euros dit gros rouleur reconduit est désormais accessible à 5 millions et demi de français »
- 0:14PrésentateurChiffre
« Le chèque énergie 150 à 277 euros pour 4 millions de ménages modestes, renouvelé l'an prochain si le budget est voté »
- 0:21PrésentateurChiffre
« Le plafond de la prime carburant défiscalisé qu'un employeur peut verser à ses salariés, est relevé de 600 à 1000 euros »
- 1:00InvitéFait
« On a fait le choix d'être aux côtés des secteurs les plus en difficulté, des Français les plus précaires qui travaillent »
- 1:59InvitéChiffre
« 30 km par jour, 8 000 km par an »
- 2:40InvitéFait
« Une aide de presque rien pour presque personne payée par presque tout le monde »
- 3:47InvitéFait
« On a aujourd'hui une crise internationale, une situation nationale qui, sur le plan politique, sur le plan économique, est extrêmement contrainte »
- 5:56InvitéChiffre
« Pour toutes les aides carburants, je rappelle que c'est 1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise »
- 7:02InvitéChiffre
« 25 000 infirmiers libéraux qui rouleraient plus d'une centaine de kilomètres par jour »
- 8:21InvitéChiffre
« Ça a coûté, au bas mot, 70 milliards d'euros sur 3 ans »
- 9:00InvitéFait
« Vous avez choisi d'épargner les super-profits de Total »
- 10:10InvitéFait
« La France n'y était pas opposée et que s'il y avait des super-profits avérés et une manière d'y répondre à l'échelle européenne, ce qui a toujours été notre position »
- 11:09InvitéFait
« On a été les premiers à dire que si une taxation devait être mise en place, ça devait évidemment se faire à l'échelle européenne »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur12 %
- Locuteur 512 %
- ?7 %
- Locuteur 44 %
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Bonjour Agathe.
Bonjour.
Et bonjour Maude Bréjean.
Bonjour à tous.
Bonjour Maude
Bréjean.
Le chèque de 100 euros dit gros rouleur reconduit est désormais accessible à 5 millions et demi de français qui ont le plus besoin de leur voiture pour aller travailler, dont désormais les aides à domicile. Le chèque énergie 150 à 277 euros pour 4 millions de ménages modestes, renouvelé l'an prochain si le budget est voté. Le plafond de la prime carburant défiscalisé qu'un employeur peut verser à ses salariés, est relevé de 600 à 1000 euros. Voilà pour les principales annonces du gouvernement hier dans cette crise des carburants. Est-ce que c'est suffisant, Maude Bréjean, pour répondre à la colère et aux inquiétudes des Français ?
Ça
répond à la méthode et à la philosophie qui est la nôtre depuis le début de cette crise. D'abord, il
y
a des millions de Français aujourd'hui pour qui il est de plus en plus dur de faire le plein quand ils ont encore les moyens de le faire, pour qui l'utilisation de leur voiture est devenue un fardeau au quotidien. On le sait, on les entend. Dès le premier jour de cette crise, on a fait le choix d'être aux côtés des secteurs les plus en difficulté, des Français les plus précaires qui travaillent, et j'insiste, qui travaillent. Et on a adapté ces dispositifs avec le temps.
Il
y a de l'usure aujourd'hui.
Et il y a des déçus aussi ce matin, on les entend.
Il
y
a des prix qui continuent à être très élevés, qui ont augmenté ces dernières semaines. Et donc, on a fait un choix, tout en maintenant des mesures ciblées, augmenter cette aide et surtout la verser à davantage de gens.
Sachant que tout le
monde
ne l
'avait pas réclamé la dernière fois. Sur les 3 millions, seule la moitié en avait fait la demande. Là, vous élargissez à plus de 5 millions de personnes. Mais qu
'est
-ce qui vous dit que cette fois, ce sera différent
et
que les gens la demanderont ?
Toutes celles et ceux qui l'ont d'ores et déjà demandé pour la première version, la recevront de manière automatique dans les semaines qui viennent pour les autres. Il y a toujours cette démarche à faire. Pourquoi ? Parce que dans les critères exigés pour pouvoir la toucher, il y a notamment la distance que vous effectuez par jour pour aller au travail. 30 km par jour, 8 000 km par an. Et ça, c'est par principe déclaratif, puisque l'État ne sait évidemment pas combien vous faites de kilomètres pour aller au travail. Et je crois qu'on comprend qu'on n'aurait pas bien envie que le gouvernement puisse avoir une vision extrêmement claire, automatique de tout ça.
Maude Bréjean, effectivement, comme le dit Agathe, certains disent que ce sont des aides à peu de frais puisque finalement, un tiers, un peu plus de ceux qui pouvaient bénéficier de cette aide, d'ores et déjà, l'ont demandé seulement. Qu'est
-ce
que vous répondez par exemple au délégué général de 40 millions d'automobilistes ? Cette association, il s'appelle Pierre Chasseret et il dit « Une aide de presque rien pour presque personne payée par presque tout le monde. Un mépris terrible envoyé aux automobilistes pour ne pas dire un immense bras d'honneur. » Qu'est-ce que vous lui dites
?
Je lui dis que quand on gagne 1 500, 1 700, 1 900 euros pour une personne seule, 100 euros, ce n
'est
pas presque rien. Et il faut revenir à la réalité des choses. 100
euros, ça revient
à un plan. 100 euros, pardonnez-moi, 100 euros, ce n'est pas rien. 100 euros pour 5,5 millions de Français éligibles, ce n'est pas rien. Après,
il
y
a
une réalité.
Vous avez vu votre raison que
certains dépensent
plus d'un
mois de salaire dans le carburant. Je sais que c'est extrêmement
difficile,
Agathe Lambré. Mais dire que 100 euros, c'est rien, c'est faire fi de la réalité, aujourd'hui, je pense, de ceux qui sont vraiment dans les galères.
C'est 100 euros en une fois, je
rappelle, pour ceux qui nous écoutent. C'est un
chèque, une fois pour les
trois prochains mois. 100 euros
en une fois et c'est la deuxième aide. Donc non, non, ce n'est pas rien. Après, on peut discuter du seuil, du nombre de personnes éligibles, mais ce n'est pas rien. Et puis,
il
y
a
une situation qui est celle des finances publiques. Je suis désolée d'en revenir là, mais il y
a
aussi une réalité budgétaire. On a aujourd'hui une crise internationale, une situation nationale qui, sur le plan politique, sur le plan économique, est extrêmement contrainte.
Donc vous dites qu'on ne peut pas
faire plus ? Faire n'importe quoi, c'est rajouter des impôts et probablement rajouter de la crise à la crise.
Mais en moins, Maud Bréjean, et on va parler... Non,
mais c'est important, pardonnez-moi d'insister là-dessus, quand vous êtes aux responsabilités, vous n'avez pas le luxe de faire des grandes déclarations avec des demandes de baisse de taxes à 10 ou 15 milliards d'euros.
Ce
que réclame Marine Le Pen. Et
peut-être qu'il y a un juste milieu, parce que ce que disent les transporteurs aujourd'hui, c'est presque nous pousser à descendre dans la rue. C'est ce que dit la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers, puisque le gouvernement a annoncé la fin des aides sur le carburant pour la profession. Qu'est-ce que vous leur dites à ces transporteurs ? Ils ne méritaient pas d'être aidés ?
D
'abord, on les a aidés pendant des mois, et cette décision a fait suite à des discussions entre le ministre des Transports, Philippe Tabarro, et le secteur concerné. Pourquoi est-ce que cette décision a été prise ? Elle a été prise parce que le secteur des transports a l'obligation de répercuter la hausse des prix du carburant.
C
'est ce que vous dites,
répercuter sur les factures, sauf qu'eux, ils vous répondent répercuter quoi, répercuter comment, c'est vraiment ce foutre du monde, c'est incroyable. Voilà ce que dit le président de la Fédération Nationale
des Transporteurs. Vous avez en pied de
facture la possibilité de répercuter la hausse des prix du carburant. Maintenant, je vais vous le dire, Agathe Lambré, nous, on n
'a
jamais fermé de port par principe. On est aux côtés des pêcheurs, des agriculteurs, du secteur du BTP, des infirmières, par exemple, qui auront pour celles qui roulent
particulièrement
beaucoup, une prime supplémentaire par rapport à ce qui a été annoncé. Si on doit discuter avec d'autres secteurs concernés, on est bien sûr ouvert à le faire. Mais notre
philosophie... Vous n'en
gardez pas
sous
le coude, moi, de Bréjon, parce que, par exemple... Non, Agathe Lambré, quand vous avez, pardonnez-moi, quand vous avez plus de 5% de déficit, comme ça va être le cas cette année, vous n'en
gardez pas sous le coude. Mais vous aviez une somme déjà provisionnée, qui n'a pas été utilisée intégralement, et c'est là-dessus que vous prenez ces nouvelles aides. Et tout ça est financé
par des gels portés par d'autres ministères. Ça a été le cas, ça a été le cas. Pour toutes les aides carburants, je rappelle que c'est 1,4 milliard d'euros depuis le début de cette crise. C'est le cas pour les aides aux agriculteurs. On en parlera moins ce matin, mais c
'est 1,3 milliard d'euros. Parce
que,
par exemple,
aujourd'hui, vous aidez les infirmières libérales.
Qui seront, je vais terminer, portées, encore une fois, supportées par des efforts supplémentaires sur d'autres ministères. Donc, tout ce qu'on dépense en plus, on le gage de l'autre côté.
C
'est-à-dire qu'on demande à d'autres secteurs de faire des efforts. Donc, non, on n'en a pas sous le coude.
Il
n
'y
a pas de gravité.
Et c'est
précisément parce qu'on n'en a pas sous le coude qu'on doit faire attention aux finances publiques.
Et
pourtant,
votre
région, aujourd'hui, vous annoncez régulièrement de nouvelles rallonges. Et aujourd'hui, pour les infirmières libérales qui entrent dans l'assiette de l'aide aux gros rouleurs, vous ne découvrez pas la situation des infirmières libérales aujourd'hui. Ça
fait depuis
des mois que vous savez que
c'est difficile pour elles. Les
infirmières libérales n'ont jamais été exclues du dispositif grand rouleur par principe. Une infirmière libérale, mais comme toute autre profession qui rentre dans les critères de nombre de kilomètres roulés par jour et de revenus mensuels, peut évidemment la toucher. Je rajoute une chose, ma collègue Stéphanie Iris, ministre de la Santé, a annoncé hier pour 25 000, c'est beaucoup 25 000, 25 000 infirmiers libéraux qui rouleraient plus d'une centaine de kilomètres par jour. Et il y en a notamment dans les territoires ruraux, une aide supplémentaire de 80 euros qui sera versée par la Caisse nationale d'assurance maladie. Donc,
on
a encore une fois une attention évidemment particulière au métier du soin. Mais je le redis, on maintient cet équilibre entre des aides ciblées vers celles et ceux qui en ont le plus besoin, vers les entreprises
les plus en
difficulté pour ne pas qu'elles mettent la clé sous la porte, créer du chômage et derrière impacter encore davantage le pouvoir d'achat des travailleurs. Et en même temps, on doit faire attention aux finances publiques parce que
ceux qui
vous réclament des milliards d'euros de dépenses aujourd'hui seront les mêmes qui voteront de nouveaux impôts demain. Vous
dites, celles et ceux qui en ont le plus besoin, il y a toujours des publics qui estiment, on était par exemple avec le représentant des auto-écoles ce matin, qui estiment, eux, qu'ils font partie des publics qui en ont le plus besoin. Il dit,
on
va devoir augmenter le prix de l'heure de conduite de 3 à 4 euros. Est-ce que c'est finalement l'équation impossible pour le gouvernement quand on annonce des aides, il y
a
toujours des déçus
? Vous
savez, il y
a
3 ou 4 ans, on a mis en place des boucliers tarifaires sur le gaz, sur l'électricité, on a fait des chèques carburants.
Ça
a coûté, au bas mot, 70 milliards d'euros sur 3 ans, c'est-à-dire une somme absolument colossale. Aurions-nous de nouveau les moyens de faire cet effort-là ? Aujourd'hui, la réponse est évidemment non. Donc on prend en compte la contrainte budgétaire qui est la nôtre et on aide autant que possible, sans les laisser sur le carreau, les entreprises les plus en difficulté, les Français qui travaillent. Et moi, je le redis, on adapte les dispositifs en fonction de la situation. Je ne sais pas vous dire quelle sera l'évolution de la situation au Moyen-Orient, mais on, bien sûr, restera
ouvert. Vous vous adaptez. Mais vous faites des choix quand même, Maud Bréjon.
Vous faites des choix, et notamment dans cette crise, vous avez choisi d'épargner les super-profits de Total, les bénéfices exceptionnels qui l'engrangent du fait de la hausse des prix de l'énergie. Raphaël Glucksmann était à votre place il y a quelques jours. Il reproche à la France de bloquer une initiative de plusieurs pays européens qui appellent à agir, justement, Raphaël Glucksmann.
Le
gouvernement socialiste espagnol propose cette taxation des super-profits. Le gouvernement conservateur allemand
est
d'accord. Et qui bloque ? Qui bloque
?
Eh bien, c'est le gouvernement français.
Parce que le gouvernement français
ne veut pas heurter M. Pouyanné. Et nos partenaires européens s'étonnent. Pourquoi notre pays, qui est dans une situation si difficile budgétairement, s'obstine à bloquer les initiatives européennes
? Pourquoi
la France bloque cette initiative
? Je
sais que Raphaël Glucksmann est actuellement en campagne pour la primaire socialiste et visiblement en conflit ou en compétition avec Olivier Faure et ses amis. Ce n
'est
pas une raison pour commencer une campagne présidentielle en assénant de tels mensonges. Ce
n
'est
pas vrai qu'il y
a
des
pays européens qui réclament une taxation des profits des pétroliers ? La
France ne bloque pas cette initiative. Le Premier ministre lui-même, devant la représentation nationale, en réponse d'ailleurs de mémoire à un député socialiste, à un député socialiste, a affirmé que la France n'y était pas opposée et que s'il y avait des super-profits avérés et une manière d'y répondre à l'échelle européenne, ce qui a toujours été notre position, une réponse européenne, évidemment, on était prêts
à y travailler. Les super
-profits avérés, vous dites, s'il y a des super-profits avérés, c'est 5 milliards de plus au deuxième trimestre, ou je crois plus de 10 milliards au premier semestre 2026 pour
Total.
Attendez, je vais simplement terminer. Même le patron des magasins, Dominique Schellcher, qui lui ne participe pas à la primaire socialiste, dénonce les marges stratosphériques de Total et des raffineurs.
Je vous cite une réponse du Premier ministre qui date d'il y a, semble-t-il, 3 ou 4 mois. Pour vous dire une chose simple, c'est que ce qu'a dit Raphaël Luxman sur votre plateau est un mensonge. La France ne bloque en aucun cas, en aucun cas cette initiative. Est
-ce que vous dites ce matin, il faut taxer les super-profits de Total ou pas ?
On a été les premiers à dire que si une taxation devait être mise en place, ça devait évidemment se faire à l'échelle européenne. Mais
vous ne voulez pas dire que la France soutient cette initiative ?
J'ai dit que la France était évidemment prête à y travailler avec ses partenaires européens.
Même si
Patrick Pouyanné dit s'il y
a
une taxation
des super-profits,
il n
'y
aura plus jamais de taffonnement des prix à la pompe ?
Pardonnez-moi. Même s'il dit
ça, ça ne vous arrête pas ? Ne laissons pas croire, comme ce que dit M. Luxman, que le gouvernement aurait peur des réactions ici
ou là de M. Pouyanné.
C'est très grave et
pas au niveau
d'un candidat à la présidentielle que d'asséner ce genre de choses. Encore une fois, la primaire
socialiste
n'excuse pas tout. Donc quand Patrick Pouyanné dit s'il y a taxation des super-profits, on arrête le plafonnement, vous dites que
ce
n
'est
pas grave et qu
'on
ne cède pas au chantage
? Nous,
on
ne rentre pas dans un jeu de chantage ni avec M. Pouyanné ni avec personne d'autre. Vous savez, Agathe Lambré, l'année dernière, on a mis en place 7,5 milliards
de
surtaxes d'impôts sur les sociétés. Ça nous a été très durement reproché par les entreprises touchées. C'était les 250, en gros, plus grandes entreprises, avec des patrons qui n'ont pas manqué de défiler sur les plateaux télé. Et pour autant, on l'a mis en place parce qu'on a estimé que c'était un partage de l'effort qui, au regard de la situation budgétaire, était juste. Maintenant, est-ce qu'on demande à Total ? Et est-ce qu'on estime que ce plafond est une bonne chose ? La réponse est évidemment oui. Ce n
'est
pas pour rien, aujourd'hui, qu'on a la queue dans les stations totales et des difficultés de réapprovisionnement sur ce réseau. C'est parce que c'est un plafond qui fonctionne et, quoi qu'en dise M. Glucksmann, qui bénéficie au pouvoir d'achat des Français. Et donc, on essaie d'avancer et de travailler de manière intelligente. Mais renvoyer les uns et les autres, face à une situation si complexe, à des caricatures, je le dis encore une fois, ce n
'est
pas haut niveau. Et je terminerai en disant une chose. Il y a un mot qu'on n'a pas évoqué depuis le début de cette matinale, c'est Hormuz. On n'a pas parlé du Moyen-Orient. On n'a pas parlé des 4 millions de barils qui ne circulent plus chaque jour dans
le pipeline
saoudien et qui ont encore aggravé la situation. Tout ça pour dire, quand même, que cette situation ne vient pas de nulle part. Elle ne vient pas de la France ou de Total. Elle vient d'une situation internationale. Et
Emmanuel Macron dit que les prix risquent d'augmenter. Et on y répond aussi par des réponses
à l'international.
Du
fait de ces 4 millions de barils en moins par jour, Emmanuel Macron alerte et il a envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne. Il dit, à cause de cette réduction, une forte hausse des prix est possible. C'est-à-dire que, vous voulez dire le président, est-ce que ça veut dire qu'un litre à 3 euros, 3,50 euros à court terme, c'est possible ?
Moi, je ne me lance pas dans ce genre de projection. Et le président ne l'a pas fait non plus. En
revanche, en revanche,
ce qui est vraiment... Ce
qui est vrai,
évidemment, c'est que la fermeture du détroit d'Ormouz et, plus récemment, la mise à l'arrêt de cet oléoduc en Arabie Saoudite impactent la hausse des prix. Et spécifiquement, la mise à l'arrêt de ce pipeline est une des raisons qui justifient la hausse des prix récentes, si je puis dire, la reprise de la hausse des prix récentes. Donc, comment est-ce qu'on y répond ? D'abord, il y a tout le travail diplomatique pour demander la réouverture pacifique le plus rapidement possible. Le président l'a encore fait à l'ONU du détroit d'Ormouz, c'est une évidence. Ensuite, il y
a
la sécurisation des stocks. C'est ce qu'on fait avec l'Irak,
c
'est ce qu'on fait avec le Canada, par exemple, pour garantir un approvisionnement en volume. Et chacun comprend bien pourquoi. Et puis, troisièmement, il y
a
les demandes formulées à la Commission européenne pour avoir plus
de flexibilité. Pour avoir plus de carburant.
Parce qu'en fait, il faut, aujourd'hui, si on veut détendre le marché, pouvoir raffiner davantage. Et pour pouvoir raffiner davantage, il faut pouvoir donner certaines autorisations aux raffineries. Vous pouvez parler de passage de normes été à normes hiver. Il y
a
la question de l'injection des biocarburants. Tout ça est très technique. Mais
ça permet de
gagner en marge de raffinage. Et donc,
c
'est ce que fait le Président
de la République. Éviter la pénurie.
Mais ça, c'est les réponses les plus efficaces. Elle réside là-dedans.
Voilà. On a bien compris que ça joue au niveau géopolitique. C'est le message que vous voulez faire passer ce matin. Vous restez avec nous, bien sûr, Maude Bréjon. La suite du 8h30, avec l'info en une minute, à 8h49. Et Maureen Suignard.
Et l'Iran est au cœur des discussions à New York. Le Président iranien est arrivé aux Etats-Unis pour prononcer un discours à l'Assemblée Générale de l'ONU. Hier, Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue. Selon la télévision d'État iranienne, Téhéran a communiqué ses conditions pour une réouverture du détroit d'Hormoz. Le système d'aide aux carburants est une usine à gaz qui ne répond pas aux problèmes, dit ce matin Sophie Binet de la CGT. La syndicaliste estime qu'il est difficile de faire une demande pour obtenir l'aide grand rouleur. Le dispositif a été renouvelé hier et élargi à plus de Français. Pour le moment, seulement la moitié des Français éligibles ont fait la demande.
La circulation des trains est fortement perturbée sur les lignes ferroviaires normandes ce matin. Des cheminots de Caen exercent leur droit de retrait. Ils affirment qu'un déraillement a été évité sur la ligne Caen-Rennes. Il y a 10 jours, un train a déraillé en Seine-Maritime. 44 personnes ont été blessées. Et puis, deux départements sont encore placés en risque élevé de feu de forêt aujourd'hui. L'Aude et l'Hérault. Et demain, cela concernera 10 départements. Les Bouches-du-Rhône seront même en rouge pour des risques très élevés.
Avec
Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, on parle maintenant du budget. Et parmi les pistes qui ont fuité, on va en citer trois. Économie sur les énergies renouvelables, délai de carence avant que les étrangers toussent des allocations qui ne dépendent pas du travail, comme les aides au logement, et tentatives de diminuer la contribution de la France au budget de l'Union européenne. Tout ce que demande l'ERN, c'est quoi Maud Bréjon ? C'est la danse du ventre au RN ? Vous reprenez, et c
'est bien dommage, la rhétorique de la France insoumise, Agathe Lambré. Parce que quand vous regardez en détail quelles sont ces mesures, ce sont en réalité des mesures justes. Je vais commencer par celle,
si vous le permettez. International
crie victoire, Maud Bréjon aujourd'hui.
Il
parle de victoire idéologique, notamment sur la contribution du budget de l'Union européenne. Marine Le Pen dit « J'ai été critiquée, ridiculisée, et aujourd'hui ma
demande est reprise par le Premier ministre en personne ». Madame Le Pen, visiblement, n'a pas bien regardé la proposition du gouvernement, soit parce qu'elle s'en fiche, soit parce qu'elle ne l'a pas comprise. Mais enfin, ça n'a rien à voir avec la demande de rabot et de baisse de contribution globale dans le cadre du CFP, du contrat de financement avec l'Union européenne.
Ce qu'on fait cette
année, c'est ce qu'on a fait déjà l'année dernière. On demande notamment, dans le budget rectificatif, que soit intégrée la taxe, pardon, l'amende imposée à Google. Cette amende n'était pas prévue, n'avait pas été intégrée dans le premier budget. Et donc, on comprend bien que maintenant qu'elle a été actée, il faut pouvoir la prendre en compte dans
l'ensemble des
calculs.
Ça fait du
budget supplémentaire pour l'Union
européenne. De telle sorte
que ça
diminue
les appels de fonds, mais pas uniquement pour la France, pour l'ensemble des États membres. Ça n'a rien à voir avec les propositions eurosceptiques posées sur la table par Mme Le Pen depuis des années. Nous, on a une position... Les énergies renouvelables, une installation de panneaux photovoltaïques, vous contractualisez avec l'État à un prix fixe. Et dès lors que le prix de marché est inférieur à ce prix, l'État vous verse la différence. Il se trouve qu'un certain nombre de ces contrats ont été contractualisés à des prix très hauts. Et donc, l'État surcompense les porteurs de projets de panneaux photovoltaïques.
Remise en cause du
développement des énergies renouvelables ?
Ça coûte, pardonnez-moi, ça coûte beaucoup d'argent. C'est des contrats qui ont été mis en place il y a pour certains 15 ou 20 ans. Et donc, il est normal et juste au regard du prix de l'électricité et du prix de l'énergie de revoir ces contrats. Moi, je l'assume tout à fait. Et je l'assume d'autant plus, pardon, je l'assume d'autant plus que je lance des appels d'offres pour l'éolien offshore.
Ça
m'est durement reproché pour l'éolien terrestre et pour le photovoltaïque. Donc, on continue de déployer des énergies renouvelables. Et moi, je continuerai à militer pour ce déploiement parce que je considère que c'est absolument nécessaire pour atteindre la neutralité carbone. Et pour autant, quand il y a des contrats qui coûtent trop cher a posteriori alors qu'ils ont été, encore une fois, mis en place il
y
a 10 ou 15 ans, il est normal pour le pouvoir d'achat des Français de pouvoir les renégocier.
Donc,
vous dites, malgré tout, Agathe a cité ces sujets sur lesquels le Rassemblement National, Thomas Ménager, porte-parole du groupe RN était à votre place hier matin, ici même dans ce studio. Il parle de victoire idéologique. Qu
'est
-ce que vous répondez à ceux qui disent que ce n'est pas en cédant au Rassemblement National qu'on le combat et qu'on le vint
? Mais je leur réponds
que je suis parfaitement d'accord avec eux. Encore une fois, on développe les énergies renouvelables, il ne me semble pas que ce soit exactement les idées du Rassemblement National.
Les délais de
carence. Qui
a davantage défendu la construction européenne qu'Emmanuel Macron ? Certainement pas Mme Le Pen. Et quant à la question des délais de carence, c'est des dispositifs qui d'abord existent déjà pour les Français qui vivent à l'étranger et qui reviennent en France. Et donc, on applique
un droit
similaire aux étrangers et aux Français qui reviennent en France alors qu'ils habitaient à l'étranger. Encore une fois, je crois que c'est des mesures de justice et j'invite
chacun... Vous ne comptez pas sur l
'abstention du RN
pour
éviter la
chute du gouvernement ? je le redis,
à ne pas reprendre la rhétorique de la France Insoumise qui, grosso modo, considère que tout ce qui est à la droite de Raphaël Luxman est d'extrême droite aujourd'hui. Nous, on va discuter avec tous les parlementaires et notamment avec le Rassemblement National. Avec les 577 parlementaires qui acceptent
de se mettre dans une démarche pour doter ce pays d'un budget pour les quatre prochains mois. Le 6 septembre,
vous
avez appelé Gabriel Attal et Bruno Retailleau à se ranger, je cite, le plus tôt possible derrière Édouard Philippe. Nous sommes plus de 15 jours après. C'est raté
?
De toute évidence,
je n'ai pas été entendue. Moi, je vais vous dire, Agathe Lambret, je suis très inquiète. Très
bien vous êtes inquiète. Je
suis très inquiète parce que je vois monter dans le pays la probabilité d'un second tour entre le Rassemblement National et la France Insoumise avec tout ce que ça implique de conséquences dramatiques à court, moyen et long terme pour le pays dans un contexte qui est déjà particulièrement en chrysogène. Je suis inquiète de laisser aux Français, à mes enfants, à mes parents, le choix de ce second tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
Est-ce que vous êtes inquiète de ce
que dit Gabriel Attal ?
Le
seul, je termine, le seul antidote au duel RN-LFI, c
'est le rassemblement
de la droite et du centre.
Et Edouard Philippe est le mieux
placé pour être au second tour, pour gagner ce second tour et pour avoir une majorité. Ce n
'est
pas Maud Bréjon qui le dit, c'est l'ensemble des enquêtes d
'opinion avec une grande clarté. Ce n'est pas son concurrent,
Gabriel Attal, qui disait ceci sur France Inter pas plus tard que dimanche, il y a trois jours, à la question « Y aura-t-il un bulletin Gabriel Attal dans l'urne en 2027 ?
»
Bien sûr, parce que le rassemblement se fera derrière moi. Si je considérais qu'on était interchangeable avec Edouard Philippe, je ne serais pas candidat dans cette élection présidentielle. Edouard Philippe est candidat depuis trois ans, je suis candidat depuis trois ou quatre mois. Personne n
'a
de dynamique aujourd'hui.
On
entend votre inquiétude, Maude Bréjean, mais qu
'est
-ce que vous lui répondez à Gabriel Attal qui manifestement n'a pas l'intention de s'arrêter et de se ranger derrière Edouard Philippe
? Moi, je suis convaincue que Gabriel Attal, il a le sens de l'intérêt général. Je pense que jamais Gabriel Attal, je pense que jamais Bruno Rotaillot ne prendront le risque de laisser au pays et aux générations futures une France gouvernée par M. Mélenchon ou Mme Le Pen. Et je sais qu'aujourd'hui, encore une fois, le mieux placé pour être au second tour, gagner le second tour et avoir une majorité aux élections législatives,
c
'est Edouard Philippe.
Donc
tout ça, c'est du bluff
et il n'y a pas au bout. C'est
encore une fois extrêmement factuel. Je pense qu'on est face à un péril qui, à mon avis, inquiète beaucoup de Français. Moi, je l'entends dans ma circonscription, je l'entends autour de moi. Mais Gabriel
Attal ne dit
personne la dynamique, Maude Bréjean.
Il
dit
qu'il n'y a pas de favori. Est-ce que
vous l'entendez ? Et j'ai confiance, encore une fois, j'ai confiance
dans les deux trains qui avancent chacun de leur côté. Je
comprends qu'on ait cette impression mais je pense
que beaucoup de Français
ont cette impression. Moi, je veux miser sur l'intelligence collective. Je pense qu'à la fin, le destin du pays est plus important que les destins individuels.
Merci
beaucoup, Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement
et ministre
déléguée chargée de l'énergie. Merci à vous de nous avoir suivis et merci, Agathe.
Je
vous dis à demain.
À demain.
Sous
-titrage MFP.