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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 20 mai 2020 24 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationSantéÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Recrutement de saisonniers européens, abattoirs touchés par le Covid, augmentation des prix... Le "8h30 franceinfo" de Didier Guillaume

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    Savez-vous comment le virus est entré dans les abattoirs ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez modifier le protocole sanitaire dans les autres abattoirs ?

  • 3:47RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous envisagez de tester tous les salariés de tous les abattoirs ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous craignez que les Français hésitent à acheter de la viande ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Faut-il modifier les méthodes de travail dans les abattoirs ?

  • 6:24OuverteRéponse directe

    Combien de travailleurs saisonniers européens pourront arriver et à partir de quand ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34Invité politiqueFait
    « Nous avons mis en place des guides de bonne pratique dès le début du confinement. »
  • 2:41Invité politiqueChiffre
    « Pendant le confinement, les Françaises et les Français ont mangé 75% de viande hachée de plus. »
  • 7:54Invité politiqueChiffre
    « Il faut environ 100 000 travailleurs saisonniers par mois pour tenir toute la saison. »
  • 9:44Invité politiqueFait
    « Dans un abattoir, il est parfois difficile d'être à un mètre l'un de l'autre pour deux salariés. »

Temps de parole

  • Didier Guillaume71 %
  • Présentateur11 %
  • Invité9 %
  • Invité 29 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonjour Didier Guillaume. Bonjour. Ces derniers jours, trois foyers de l'épidémie ont été détectés dans des abattoirs français. Savez-vous comment le virus y est entré ?

0:16
Didier Guillaume

Pas encore. Les ARS, les agences régionales de santé, sont en train de regarder. Il y a eu trois foyers, deux considérés comme des clusters et un autre qui n'en est pas un. Nous regardons, nous pensons qu'il est possible que ce soit lié aux vestiaires, lié aux changements. Peut-être que nous ne savons pas trop. Ce n'est pas dans les abattoirs que les gens ont été détestés. C'est dans les attuées de découpe, attenant aux abattoirs évidemment. Mais ce n'est pas dans l'acte d'abattre les animaux, mais dans l'acte de découpe. Et évidemment, tous les services du ministère et comme tous les services de l'État sont au travail pour découvrir cela.

Pour l'instant, du coup, nous avons testé tous les salariés de ces abattoirs pour voir ce qu'il en est. Il y en avait quelques-uns, une poignée qui était positive et tous les autres étaient des porteurs sains. Mais voilà, nous sommes en train de faire cela et la transparence totale sera faite. Un préfet a décidé de fermer un abattoir, celui du Loiret, pendant 7 jours. Il réouvrira dans des conditions sanitaires à partir de dimanche ou de lundi. Et vraiment, ce que je veux dire, c'est que nous avons mis... Ces abattoirs, ce sont les entreprises qui ont travaillé pendant toute la durée du confinement.

Et donc, comme toutes les autres entreprises, elles sont plus sujettes à avoir des cas d'infection de cette maladie. Nous avons mis en place des guides de bonne pratique dès le début du confinement. J'ai décidé de mettre en place les gestes barrières, les guides de bonne pratique parce que c'était absolument indispensable. Mais ce qu'il faut bien comprendre, que vos auditeurs, vos téléspectateurs comprennent bien, c'est que dans un abattoir, il est parfois difficile d'être à un mètre l'un de l'autre pour deux salariés, pour la bonne et simple raison qu'il y a des actes dans l'abattoir qui méritent d'être deux lorsqu'on a un animal un peu lourd.

C'est la raison pour laquelle nous avons pris toutes les précautions, évidemment avec les masques, les découpes avec les blouses, avec les charlottes, etc. Nous sommes en train de regarder comment peut-être demain aller plus loin afin de pérenniser ces abattoirs.

2:06
Présentateur

Dans l'attente de ces résultats, est-ce que vous allez modifier le protocole sanitaire dans les autres abattoirs ?

2:12
Didier Guillaume

Mais nous l'avons fait déjà. Le protocole sanitaire a été modifié depuis deux mois déjà. Nous avons obligé... Depuis, c'est de nouveaux foyers. Pas depuis, c'est de nouveaux foyers, parce qu'à la fois l'ANSES, l'ARS et la DGL, les services de sécurité sanitaire, ne nous l'ont pas demandé. Nous avons fermé le préfet, le préfet a fermé un abattoir. Pour les autres, nous regardons ce qu'il en est. Et puis nous voulons vraiment assurer la sécurité de tous nos concitoyens. Elle est absolument indispensable. Mais pourquoi aussi ce qui s'est passé ? C'est que pendant le confinement, les Françaises et les Français ont mangé 75% de viande hachée de plus. Les abattoirs ont travaillé.

Heureusement qu'ils ont été là pour nourrir nos concitoyens. Vous vous rendez compte ? 75% de steaks hachés de plus, pour la bonne et simple raison, que les 20 et quelques millions de Françaises et de Français qui mangeaient en restauration collective ont mangé à la maison. Voilà. Et puis il fallait faire manger les enfants aussi chaque midi. Bien sûr, évidemment. Vous parlez en connaissance de cause, j'ai l'impression. Donc il a fallu que les abattoirs tournent. Mais toute la lumière sera faite. Les services de santé regardent cela, évidemment.

Ce que je dois dire, et la certitude que nous avons aujourd'hui, l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, nous a affirmé qu'il n'y avait aucun risque de transmission de la maladie, de la viande à l'homme, de l'animal à l'homme. C'est très important pour assurer nos concitoyens.

3:35
Invité

Renaud Dely. Si toutes les précautions doivent être prises, ce que vous disiez à l'instant, Didier Guillaume, vous évoquiez des tests en cours, notamment, je crois que c'est dans les Côtes d'Armor, si toutes les précautions doivent être prises, est-ce que vous envisagez de tester tous les salariés de tous les abattoirs, puisqu'on peut faire jusqu'à 700 000 tests par semaine, selon le ministre de la Santé ?

3:51
Didier Guillaume

Nous sommes en discussion avec Olivier Véran, le ministre de la Santé. Une décision sera prise dans les heures qui viennent. C'est une possibilité ? Ça peut être une possibilité, bien sûr. Vous savez, le gouvernement n'exclut rien lorsqu'il s'agit de la santé des Françaises et des Français. Si nous devons tester, si les autorités sanitaires, c'est pas moi qui peux le décider, ce n'est même pas le ministre de la Santé, ce sont les autorités sanitaires, les scientifiques. Si les autorités sanitaires pensent qu'il faut le faire, immédiatement, nous le faisons, comme ça a été en cours hier dans un des abattoirs.

4:26
Présentateur

Est-ce que vous craignez qu'en attendant, les Français hésitent peut-être à acheter de la viande en ce moment ?

4:32
Didier Guillaume

J'espère que non. Enfin, il faut manger de façon équilibrée. Vous savez, on mange moins de viande qu'avant, mais enfin, il faut manger de la viande. Les protéines animales sont bonnes, comme les protéines végétales, évidemment. Et ça peut être un risque. Moi, ce que je veux dire aux Françaises et aux Français, suivant ce que me donnent les autorités sanitaires, c'est qu'il n'y a pas de risque de contamination de l'animal, de la viande à l'homme. Et ça, c'est quelque chose de très important. Après, ils mangent vraiment ce qu'ils veulent manger.

4:57
Invité

Et est-ce qu'au-delà de cette épidémie, lorsqu'elle aura été vaincue, est-ce qu'il faudra modifier, selon vous, les méthodes de travail dans les abattoirs ? Puisque, par exemple, la Confédération Paysanne estime, elle, que les abattoirs industriels aujourd'hui ne sont pas compatibles, justement, avec ces mesures d'hygiène contre le coronavirus. Est-ce qu'il faut remettre en cause, modifier l'organisation du travail ?

5:18
Didier Guillaume

Non, je ne crois absolument pas que les abattoirs actuels soient incompatibles. Je pense qu'il faudra aller plus loin encore dans les mesures de précaution sanitaire. Vous savez, il y a trois mois, personne n'aurait pensé à ce que nous venons de traverser. Donc, évidemment, il faudra aller plus loin. Je vais prendre des mesures dans les abattoirs pour aller plus loin en termes de prévention, en termes de sécurité sanitaire, en termes d'organisation de travail, peut-être. S'il faut réduire la cadence, il faudra la réduire, il faudra que tout le monde le comprenne. Mais enfin, lorsqu'on est dans un abattoir de gros animaux, de gros bovins, ce n'est pas simple.

Et de toute façon, il faudra demain continuer à nourrir les Françaises et les Français. Et si nous voulons que la souveraineté alimentaire arrive en France, et si nous voulons qu'en France, nous mangions de la viande française, alors il faudra qu'il y ait encore des abattoirs, il faudra qu'il y ait encore des élevages. C'est cette réflexion de demain qu'il faudra mener, ce n'est pas le sujet de notre rencontre ce matin, mais cette discussion, il faudra la mener. La relocalisation de l'agriculture, c'est-à-dire qu'il faudra manger des poulets, manger du bovins, manger de la viande, et pour cela, il faudra qu'ils soient élevés en France.

6:24
Présentateur

Et pour nourrir les Français, il faudra aussi suffisamment de main-d'oeuvre dans les exploitations agricoles. On va en parler dans quelques instants, Didier Guillaume, vous restez avec nous. Le Filinfo, tout d'abord à 8h40 avec Maureen Suignard.

6:34
Invité

Il faut tout faire pour éviter le reconfinement, nous dit sur France Info le président du conseil scientifique, en dépistant massivement. Au moindre doute, n'hésitez pas à vous faire tester, dit-il aux Français. Les tests virologiques, grâce au coton de tige dans le nez, accessible à tous sur prescription médicale en cas de symptômes. Des tests à tour de bras justement dans le Nord, tous les fonctionnaires du commissariat central de l'île, après la détection déjà de 3 cas de Covid-19. Un millier de policiers en tout testés par écouvillon nasal d'ici samedi.

Le directeur général de la Santé assure que tous les soignants pourront avoir accès au dépistage sérologique sanguin d'ici la semaine prochaine. Une liste homologuée de tests dévoilés dans les prochaines heures, annonce sur France Info le syndicat des biologistes. Le second tour des élections municipales sera-t-il organisé au mois de juin ? Le Premier ministre reçoit les chefs de parti ce soir pour leur demander leur avis sur la question. Légalement, le gouvernement doit prendre un décret au maximum un mois avant la convocation aux urnes. La crise économique dans le secteur automobile se poursuit. Le constructeur anglais de luxe, Rolls-Royce, va supprimer 9000 postes.

France Info, et tout est plus clair.

7:39
Présentateur

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, vous venez d'annoncer hier que des travailleurs saisonniers européens pourront bientôt arriver en France. Combien et à partir de quand il s'agit évidemment de prêter main forte à toutes les exploitations agricoles qui manquent de bras en ce moment pour les récoltes ?

7:54
Didier Guillaume

Oui, l'agriculture française est faite de telle façon qu'au printemps jusqu'à la fin de l'été, il faut des bras en plus, comme vous dit, des travailleurs et des travailleuses en plus, et notamment des travailleurs saisonniers sur des contrats de travail d'un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, six mois, ou des travailleurs étrangers parce qu'il manque de la main d'oeuvre française. Moi, j'ai pris les devants dès le 14 mars, quand j'ai appelé les Françaises et les Français à s'inscrire sur une plateforme pour aider les agriculteurs à travailler. Pourquoi ? Parce que tout simplement, pour des raisons de sécurité sanitaire, les frontières ont été fermées.

Il fallait que nous ayons de l'aide au début de la campagne. Il n'y avait pas beaucoup de main d'oeuvre. 15 000 Françaises et Français ont aidé dans les exploitations agricoles. Ça a permis de tenir en début de campagne. Maintenant, il faut environ 100 000 travailleurs saisonniers par mois pour tenir toute la saison. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé au Premier ministre de pouvoir mettre en place cette arrivée de travailleurs saisonniers.

Le Premier ministre a bien arbitré cela, et dans les heures qui viennent, puisqu'il devra signer l'instruction, il allait peut-être signer depuis hier soir ou ce matin, qui permettra aux travailleurs saisonniers de l'Union européenne, étrangers, de venir travailler en France sous deux conditions. La première condition, c'est qu'ils aient un contrat de travail établi par l'exploitation agricole. Et la deuxième condition, c'est évidemment se soumettre à un protocole, un protocole sanitaire. Nous avons fait un guide de bonne pratique qui est lié à la fois aux conditions de travail et un guide de bonne pratique très important aux conditions d'hébergement.

9:23
Présentateur

Seront-ils testés avant d'arriver en France ou soumis à des contrôles de température ou à des quatorzaines ?

9:29
Didier Guillaume

Alors, ils ne seront pas testés avant d'arriver en France, parce que c'est très compliqué de les mettre en quatorzaines dans leur pays, mais ils seront en quatorzaines sur l'exploitation agricole. Ils ne pourront pas se mélanger avec d'autres, et donc ils seront surveillés, évidemment. Mais ce que je voulais dire...

9:44
Présentateur

Pardon, comment vous mettez quelqu'un dans un champ, pour cueillir des fraises ou des asperges, en quatorzaines, le soir, dans les dortoirs, par exemple ?

9:53
Didier Guillaume

Il suffit, je vais vous expliquer, il suffit d'abord dans les champs, le guide de bonne pratique que nous avons mis en place, c'est qu'aucun travailleur ne va être à moins d'un mètre ou deux mètres, ça le guide de bonne pratique le décidera. Et puis surtout, c'est les questions d'hébergement. Moi, j'ai vu beaucoup ça, j'ai visité beaucoup d'exploitations agricoles. Les travailleurs saisonniers, souvent, sont dans des dortoirs, sont à 5, 6, ça, ça ne sera pas possible.

Et là, d'ores et déjà, les agriculteurs, les syndicats agricoles y ont travaillé, et dans le guide de bonne pratique, je ne pourrais pas vous le donner dans le détail, c'est exactement comme dans les lycées, c'est exactement comme dans les autres hébergements, il faudra que les travailleurs...

10:29
Présentateur

Les lycées, en l'occurrence, ils n'ont pas rouvert pour l'instant, dit Guillaume, donc la question se pose un peu moins.

10:34
Didier Guillaume

Non, non, non, ne plaisantez surtout pas avec ça, s'il vous plaît, parce qu'ils peuvent réouvrir dès le début juin, et dès le début juin, par exemple, dans l'enseignement agricole, j'ai 100 000 internes, et ces 100 000 internes ne pourront plus aller dans les internats, comme c'était le cas avant, et nous travaillons là-dessus, et nous sommes encore en train d'avancer, afin que ce ne soit plus des femmes et des hommes, des hommes en l'occurrence, qui sont entassés parfois à 5, 6, 8 ou 10 dans un dortoir, mais qui soient séparés par les mesures barrières qui seront dans le guide de bonne pratique, qui est mis en place par le ministère du Travail, dont c'est la responsabilité, en relation avec nous, et en relation avec les employeurs, et notamment les syndicats agricoles.

11:11
Invité

Mais Didier Guillaume, excusez-moi, j'ai pas bien compris, là vous évoquez effectivement les gestes barrières à mettre en œuvre dans ces exploitations agricoles qui accueillent des travailleurs saisonniers, effectivement qu'il soit le respect de la distanciation sociale, etc. Pour autant, ces travailleurs saisonniers qui seront affectés à ces tâches dans ces exploitations agricoles ne sont pas mis en quatorzaine, c'est-à-dire qu'ils pourront le soir sortir de ces exploitations pour se rendre dans les communes environnantes. Ils ne sont pas strictement mis en palisant.

11:36
Didier Guillaume

Le soir, ils ne pourront vraisemblablement pas sortir, c'est pas totalement bouclé, ils ne pourront vraisemblablement pas sortir, ils devront rester là, travailler pendant les premiers 14 jours, mais le Premier ministre doit prendre son instruction ce matin, donc on aura les pressions dans la journée. Ce qui est important, c'est que les exploitations agricoles françaises pourront avoir de la main-d'œuvre étrangère des travailleurs saisonniers européens dès les prochains jours, et c'est ça qui est plus important.

Au moment où il va faire beau, au moment où les fraises, au moment où les fruits et légumes vont commencer à sortir, il faut qu'ils soient récoltés pour que nos concitoyens puissent manger de bons produits issus de l'agriculture française.

12:13
Présentateur

Vous parlez, Didier Guillaume, des fraises et des fruits et légumes. Beaucoup de Français ont constaté ces dernières semaines que les prix avaient assez nettement augmenté dans les rayons des grandes surfaces, sur tous ces produits. Samuel Vandal, le président des Jeunes Agriculteurs, le syndicat qui était avec nous tout à l'heure sur France Info, nous dit que, du côté des producteurs, ils continuent à vendre exactement au même prix tous ces produits au centime près, nous disait-il tout à l'heure. Est-ce que vous avez trouvé, aujourd'hui, comment vous expliquez que les prix n'aient pas changé à la source, mais qu'ils aient augmenté dans les rayons ?

12:47
Didier Guillaume

Alors, notamment, les producteurs de fruits et légumes ont plutôt pas trop mal gagné leur vie, parce qu'ils en ont vendu, ils n'ont plus de faire. Ce qu'il faut bien regarder, ce n'est pas tant le prix du produit français, mais c'est la comparaison avec les produits étrangers. Une étude qui a été faite par un cabinet indépendant de Nielsen a dit que, dans le mois dernier, les produits avaient augmenté de 0,01%. Ici ou là, il y a pu y avoir des augmentations dans des segments de production, dans du bio ou autre, mais globalement, les prix n'ont pas énormément augmenté.

Par contre, ce qu'il faut se dire, ce qu'il faut se dire, c'est que nos concitoyens, lorsqu'ils font des courses dans les grandes surfaces, ils vont moins souvent, et le caddie moyen a augmenté, on le voit très bien dans l'étude, ce qui peut être une des conséquences pour regarder cela. Mais ce que je veux vous dire très clairement, c'est que manger français, ça a un prix. Et il faudra que nos concitoyens continuent, après la crise, à se rendre compte qu'il faut faire le choix du patriotisme alimentaire, du patriotisme agricole, mais que manger des fraises françaises du Ventoux, ce n'est pas le même prix que manger des fraises espagnoles. Par contre, ce n'est pas le même goût non plus.

Et je pense qu'il faut s'habituer à manger du beau, à manger du bon. Et nous sommes en train de travailler avec la profession agricole, nous travaillons avec la distribution pour voir comment demain, nous pourrons contribuer à alimenter, à nourrir nos concitoyens avec des produits français, sans que cela coûte plus cher que toujours prendre des produits étrangers. Mais c'est ça vraiment l'enjeu de demain.

14:12
Invité

Vous dites aux Français, il faut que les Français s'habituent à payer un peu plus cher puisque ce sont des produits frais français. Donc si on consomme français, il faut qu'ils s'habituent à payer un prix un petit peu plus élevé qu'ils ne le faisaient jusqu'à présent. Comment est-ce qu'on peut tenir ce discours et le crédibiliser au moment où des millions de Français vont voir une chute de leurs revenus, voire une perte de leur emploi, un appauvrissement général, comme le disait le Premier ministre Edouard Philippe ?

14:36
Didier Guillaume

Les choses sont très simples. Soit on veut continuer à manger du poulet aux hormones ou au chlore du Brésil ou d'Ukraine, soit on veut continuer à manger du concombre danois ou des fraises et des fruits et légumes espagnols auquel cas, ben ils ne seront pas chers, mais ce n'est pas de la très très bonne qualité. Soit on veut nourrir les Français différemment. Alors il faudra peut-être faire des choix économiques différents dans le budget de nos concitoyens. J'ai conscience aujourd'hui qu'il y a un problème du pouvoir d'achat et nous regardons cela avec le ministère de l'économie et des finances.

Moi je ne dis pas qu'il va falloir que nos concitoyens achètent des produits plus chers, je dis simplement qu'il va falloir s'organiser également entre la production, la distribution et toute la filière pour voir comment nous pouvons réduire les coûts qui peuvent être réduits afin que nos concitoyens puissent acheter des produits français d'excellente qualité qui soient peut-être un petit peu plus chers mais pas énormément plus chers. Si on fait la course entre un poulet des Landes fermiers et un poulet brésilien, on ne pourra jamais rivaliser.

15:38
Invité

Vous excluez en tout cas toute mesure de blocage ou d'encadrement de certains prix qui s'envoleraient ?

15:44
Didier Guillaume

Pour l'instant, il n'y en est pas question puisqu'il n'y a pas eu vraiment d'envol des prix. Mais nous sommes en train de regarder tout cela. Vous savez, nous sommes en pleine crise, nous ne sommes pas sortis de la crise. Dans cette crise, il va y avoir un week-end magnifique. Je suppose que les gens vont faire des barbecues, vont faire des plans de chat. Il faut quand même garder, j'entendais tout à l'heure le professeur Delfraissy sur votre antenne, il faut faire très attention. Si la contamination devait revenir, ce serait un drame s'il fallait reconfiner. Donc il ne faut pas s'arrêter pour la sécurité alimentaire, pour la distanciation sociale, pour les gestes barrières.

Retrouvons-nous évidemment, parce qu'on a besoin de retrouver sa mère, sa soeur, ses amis peut-être proches de nous, un petit nombre, avec la distanciation, les gestes barrières. Faisons un barbecue s'il le faut. Mais attention, on a vu des images qui sont inacceptables. Si on continue à se ruer comme avant, je crois que ça en sera fini du confinement et de la suite. Donc faisons très attention.

16:36
Présentateur

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Le fil info à 8h50, c'est avec Maureen Suignard.

16:43
Invité

Nous avons besoin de cette légitimité pour prendre des décisions, notamment en matière de relance économique. Dit ce matin sur France Info, la maire de Mulhouse, elle est candidate à sa réélection. La tenue du second tour des élections municipales au mois de juin, encore en suspens. Le Premier ministre consulte les chefs de parti ce soir à ce sujet. C'est le début d'un long week-end avec l'ascension. Demain, mais sans plage pour certains, les maires de trois communes du Morbihan en Bretagne demandent à la préfecture de les fermer jusqu'à dimanche au moins, quelques jours seulement après leur réouverture. À Damgan, Billier et Herdeven, les règles ne sont pas assez respectées selon les maires.

Elles devraient être versées d'ici le mois d'août ou de septembre, une prime pour les enseignants. Mobiliser 60 000 agents présents plus de 4 jours dans les établissements scolaires pendant la durée du confinement, entre 330 et 1 000 euros en fonction du nombre de jours effectués. Les premiers résultats de Parcoursup, 71 000 lycéens ou jeunes en réorientation ont accepté une première proposition. C'est ce qu'indique la ministre de l'Enseignement, Frédéric Vidal. Plus d'un million cinq cent mille propositions ont été faites à plus de 453 000 candidats. France Info. Et tout est plus clair.

17:52
Présentateur

Il dit Guillaume, certaines professions agricoles ne savent plus quoi faire de leurs stocks. C'est le cas par exemple, mais c'est un exemple parmi beaucoup d'autres, des producteurs de pommes de terre assis sur des tonnes et des tonnes de pommes de terre. À part demander aux Français de manger plus de frites avec les steaks AG qu'ils ont consommés en masse pendant le confinement, qu'est-ce qu'on peut leur dire ?

18:11
Didier Guillaume

Alors, vous posez une question plus que d'actualité puisque je reçois les responsables de la filière pommes de terre à 14h. Après, je les reçois en visioconférence, évidemment, à 14h cet après-midi pour regarder comment nous pouvons faire. D'abord, ce sont les producteurs de pommes de terre industrielles Évidemment, quand tous les restaurants sont fermés, quand tous les fast-foods sont fermés, les steaks-frites, les moules-frites, ça n'existe plus. Donc, nous sommes en train de regarder comment nous pouvons faire. J'ai fait des demandes à l'Union européenne qui ont été en partie acceptées sur pouvoir faire du stock. Nous sommes en train de travailler.

Je ne laisserai pas tomber la filière pommes de terre comme le gouvernement ne laissera pas tomber l'ensemble des autres filières. Nous avons travaillé sur des mesures sectorielles dans toutes les filières agricoles parce qu'il y a eu des drames. La fermeture des restaurants et des hôtels qui est absolument un drame pour eux d'abord, pour ces personnes qui travaillent là, a engendré pour la deuxième ligne des conséquences terribles pour les producteurs de viticulteurs, les producteurs de vin, les producteurs de pommes de terre, toute l'alimentation, les poulets, les AOP, les fromages fermiers qui sont vendus essentiellement dans ces restaurants.

Donc évidemment, le gouvernement va essayer de les aider, va essayer de mettre des mesures au niveau des charges sociales. Toutes les entreprises agricoles ont pu bénéficier des mesures horizontales et transversales mises en place par le gouvernement. Est-ce qu'on peut imaginer, Didier Guillaume,

19:29
Présentateur

que ces pommes de terre et d'autres produits seraient concernés, évidemment, soient, par exemple, offertes aux associations ?

19:37
Didier Guillaume

Alors bien sûr, ça fait partie des... Évidemment, ça fait partie des sujets comme ça a été le cas pour le lait, notamment. Ça peut être offert à des associations. Ça peut servir pour la nourriture des animaux. Ça peut servir dans les méthaniseurs. Nous sommes dans une situation exceptionnelle et extraordinaire. Et dans ces situations-là, il faut des réponses qui soient extraordinaires et exceptionnelles. Nous ne revivrons plus jamais, espérons-le, cela. Donc ce qui est en train de se passer dans toutes les filières agricoles, comme dans celle-là, c'est un drape, donc nous allons y répondre.

Mais ce qu'il faut quand même bien dire à tous les auditeurs de France Info et tous les téléspectateurs, c'est que la chaîne alimentaire a tenu. C'est que regardez ce qui se passe dans les autres pays européens, dans les autres pays du monde. Nous avons la chance en France d'avoir une production, un amont, d'avoir des agriculteurs qui ont réussi à continuer à nourrir les Françaises et les Français. Des entreprises agroalimentaires, je suis allé en voir la semaine dernière, remarquable, on a tendance à les critiquer parfois, mais elles ont été là, les entreprises agroalimentaires, les coopératives agricoles et la grande distribution.

Donc tout cela a fait en sorte que la chaîne alimentaire a tenu. Il n'y a pas eu de pénurie alimentaire. Les Françaises et les Français ont pu se nourrir et ça, c'est grâce à l'action de toute la deuxième ligne qui a été remerciée par le Président de la République il y a quelques jours de cela.

20:49
Invité

Et les agriculteurs, dit Guillaume, risquent de se heurter un nouveau problème, un nouveau drame à venir. C'est celui de la sécheresse puisque d'ores et déjà, il y a plus d'une quarantaine de départements qui sont d'ores et déjà menacés de sécheresse selon Météo France. C'est d'ailleurs pour l'essentiel des départements du Grand Est, du Grand Est du pays qui est plutôt la portion du pays qui a été le plus frappée par l'épidémie. Est-ce que vous envisagez, Didier Guillaume, de mettre d'ores et déjà en œuvre des mesures de restriction d'eau en particulier ?

21:21
Didier Guillaume

Non, mais nous avons déjà mis en œuvre des mesures. On a réuni virtuellement, évidemment, ce qu'on appelle CNGRA, un comité national de gestion des risques agricoles. Et l'État a déjà mis, a fait déjà un effort, a déjà distribué des aides à plusieurs dizaines de départements. Et nous regardons évidemment cela. Nous allons autoriser, si possible, le fauchage de jachères afin de pouvoir nourrir le moment de vue des animaux. Mais il faut regarder tout cela avec sérénité. Je regarde cela comme le lait sur le feu, si je puis m'exprimer ainsi, parce que...

21:51
Invité

Avec sérénité,

21:51
Didier Guillaume

vous n'êtes pas inquiet ? Vous n'êtes pas inquiet par cette sécheresse ? Je suis inquiet. Vous savez, en agriculture, on est inquiet tous les jours parce que le climat, celui de la grêle, du gel, de la pluie, de l'inondation, on a tout eu cette année déjà. Il y a eu du gel, il y a eu de la sécheresse, il y a eu des pluies torrentielles, il y a eu des inondations, il y a eu de la grêle. Nous avons déjà tout eu. Donc nous regardons cela, évidemment. Nous aiderons les agriculteurs dans le cadre des calamités agricoles, bien évidemment. Il faudra demain aller plus loin, mais il faut aussi regarder les taux de pluviométrie de l'ensemble des opérateurs.

Nous sommes, et mes collaborateurs, sont en train de regarder cela. Nous ne pouvons pas, les agriculteurs, l'agriculture française ne pourra pas se permettre, ne pourrait pas se permettre d'avoir une troisième année de sécheresse terrible comme nous avons eu et l'État sera au rendez-vous pour les aider, évidemment.

22:35
Présentateur

Vous nous avez dit, Didier Guillaume, il y a quelques minutes qu'il fallait s'habituer peut-être à payer un peu plus cher des produits français, en tout cas qu'il fallait une forme de patriotisme pour ceux qu'ils peuvent, évidemment, au moment de faire leur course. Cela vaut aussi pour le vin, en ce moment, qui est un secteur qui souffre ?

22:50
Didier Guillaume

Le vin souffre beaucoup. Il souffre pour deux raisons. D'abord, parce que les États-Unis et l'Amérique ont mis en place des taxes de 25%. Je rappelle que les États-Unis sont le premier pays où l'on exporte du vin de France. C'est notre premier pays exportateur, donc ça a été un drame. Et deuxième drame, le Covid, avec la fermeture de la restauration collective là où ils vendent leurs bouteilles, des salons des vins, des chais, des visites à la cave, des ventes directes, donc c'est un drame absolu. Donc nous avons travaillé avec la filière, nous travaillons dans trois directions.

La première direction, c'est un fonds de solidarité que nous demandons à l'Union Européenne pour aider à passer les taxes de Donald Trump parce que les taxes américaines c'est dans le cadre d'un conflit en Terbus et Boeing et les agriculteurs, les viticulteurs sont un dégât collatéral. Ensuite, ce que nous allons faire c'est des exonérations de charges, je dis bien des exonérations de charges parce que contrairement aux restaurants, les restaurants sont fermés, il n'y a pas de dépenses et pas de recettes. En viticulture, les restaurants sont fermés, il n'y a pas de recettes.

Par contre, il y a des dépenses, il faut garder les salariés agricoles parce que la vigne est un être vivant, il faut travailler, il faut éclaircir, il faut tailler, donc ils n'ont pas pu mettre les salariés au chômage partiel. Il faut que les Français continuent à boire du vin même si les cafés sont fermés. Exonérations de charges et troisième mesure, nous allons faire de la distillation de crise afin de vider un peu des stocks pour le transformer en alcool, en gel hydroalcoolique entre ce que vous voulez.

24:16
Présentateur

Et il faut que les Français continuent à consommer du vin même si les cafés sont fermés ?

24:21
Didier Guillaume

Avec modération, vous m'avez déjà posé des questions très souvent.

24:24
Présentateur

Merci beaucoup,

24:25
Didier Guillaume

Didier Guillaume. Merci.

24:26
Présentateur

Merci infiniment à vous, ministre de l'Agriculture. Invité ce matin de France Info. Merci.