Jean Luc Mélenchon - Discours à Lille
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 54 %Défensif 6 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:39Jean-Luc MélenchonFait
« Peu m'importe qu'il nous traîne dans la boue quand il s'appelle plantu, misérable larbin, qui va décrier Cuba pour ensuite recevoir l'argent du Qatar. »
- 3:37Jean-Luc MélenchonFait
« parce que sa grande révolution partie de l'autre côté de l'Atlantique est à présent sur les rivages de la Méditerranée. »
- 7:17Jean-Luc MélenchonFait
« aujourd'hui, c'est la concurrence libre et non faussée. »
- 39:00Jean-Luc MélenchonFait
« ça fait 40 ans qu'ils sont là »
- 39:41Jean-Luc MélenchonFait
« c'est le premier parti dans ce pays »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon100 %
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Mesdames, Messieurs, et pour beaucoup d'entre vous, mes très chers camarades, il faut bien admettre pour commencer que c'est un moment assez magique que de vous voir si nombreux en tout début de campagne des élections cantonales. Et dans cette salle, je vois mes hommes et femmes qui ont assez d'expérience pour savoir que s'il en est ainsi, c'est que sans doute quelque chose est en train de se préparer, quelque chose que nous portons dans notre propre cœur. Au fond, qu'est-ce que vous êtes venu faire là ?
Au lieu de regarder à la télévision le président de la République ou bien une des séries destinées à améliorer votre niveau mental que vous regardez avec votre chien et que votre chien suit avec plus d'intérêt que vous, qu'est-ce que vous faites là ? Eh bien, chacun vient, ayant dans son cœur l'image de la bien-aimée, est-ce qu'elle est revenue ? Est-ce qu'il est revenu ? Le souffle puissant de nos espérances, la parole forte des grands rouages de l'histoire, la révolution.
Est-ce que nos vies ont été données en vain, dans l'effort, dans le combat, dans la résistance ici dans l'entreprise, mauvaise tête dure qui organise les autres, au syndicat, celle ou celui qui prend son courage à deux mains pour être candidat dans une élection perdue d'avance, et qui recommence cent fois la tâche parce qu'il a hérité l'âme du combat des siens et parce qu'il sait qu'en définitive, il ne s'occupe pas de ses affaires lui-même, personne ne va le faire à sa place sinon pour lui faire misérer, galérer davantage son existence. Oui, la nouvelle pour nous tous.
Et peu nous importe que les autres nous regardent de haut, peu nous importe qu'on nous moque, moi peu m'importe qu'on me brocarde, qu'on m'insulte comme on le fait, en me mettant sur le même plan qu'un fasciste, alors que ma vie est le contraire de tout cela. Peu m'importe qu'il nous traîne dans la boue quand il s'appelle plantu, misérable larbin, qui va décrier Cuba pour ensuite recevoir l'argent du Qatar. Parce que Qatar, c'est une démocratie bien sûr. Un mois avant de m'insulter, il s'en va chercher son petit chèque de 10 000 euros, et il dit qu'il apprend sur la liberté de la presse à Qatar. Vas-y mon bonhomme, et t'as qu'à y rester. Peu nous importe qu'il nous regarde de haut.
Peu nous importe qu'il soit si insolent, si violent, si rustre contre nous, et qu'il s'étonne qu'on leur tienne tête. Peu nous importe. Nous, nous savons que nous sommes repartis, et que voici à mille signes, à mille bruits, l'heure du peuple est revenue, l'heure du peuple, parce que sa grande révolution partie de l'autre côté de l'Atlantique est à présent sur les rivages de la Méditerranée. Et je vous le dis, la question n'est pas posée de savoir si cette révolution traversera la Méditerranée, mais quand elle le fera, car elle le fera. Et voici pourquoi les peuples ne se mettent pas en mouvement seulement pour des grandes idées. Ils le font.
Et notez que ce ne sont pas celles qu'on avait d'abord prévues. Et quoi ? Regardez comme ils ont tourné d'un jour sur l'autre. Au début, surprise et stupeur, la Révolution en Tunisie. Ils n'appelaient pas ça la Révolution. C'était la rue, comme chez nous. Et de surcroît, la rue arabe. C'était tout dire. Et voilà que la rue est arabe de surcroît. Que dit-elle ? Rectame-t-elle à corps perdu, comme on avait annoncé qu'elle le ferait, si tôt qu'on lui lâcherait la laisse ? Est-ce qu'elle est devenue demandée des islamistes au pouvoir, de la religion partout ? Non ! Elle parle comme parle le cœur de tout être humain quand il relève la tête.
Il demande, comme des Français, comme des Américains, comme des Cubains, comme qui vous voudrez, la liberté, la dignité, le respect, la démocratie. Et alors, nous lui pouvons dire, nous sommes tous des Arabes Tunisiens, Égyptiens, Yéménites, Jordaniens, Palestiniens, tout ce que vous voudrez, partout où brûle la flamme de la démocratie. Donc, peu nous chauds qu'on se moque de nous. Mais vous avez tort de nous craindre, pas assez, en vous moquant. Car réellement, nous sommes redoutables. Figurez-vous que nous croyons absolument à ce que nous disons. Et que, de surcroît, nous avons l'intention de le faire.
Figurez-vous que, contrairement à ce que racontent quelques petits marquis bien inspirés, ni Marc Dolay, que je vois ici au premier rang, mon camarade, mon ami, mon frère, ni moi, ni mes autres, n'avons quitté le Parti Socialiste pour aller à la porte de service, mendier le béret à la main, je ne sais quel ministère, je ne sais quel poste de parlementaire, que nous avons déjà, et sans vous, du fait du peuple, du fait des électeurs.
Eh bien, nous faisons tout cela, croyant à ce que nous faisons, avec un objectif, la société telle qu'elle va, telle qu'elle est dirigée, avec les principes qui la commandent aujourd'hui, et qui ont placé au sommet de la hiérarchie de toutes normes, du fait des traités signés en dépit de l'opposition majoritaire du peuple français, du traité de Lisbonne, la valeur qui est placée au sommet de la hiérarchie de toutes les normes, aujourd'hui, c'est la concurrence libre et non faussée. Et la concurrence libre et non faussée, nous savons tous ce que cela produit, une pagaille gigantesque et contagieuse. Quoi ?
Le peuple qui a été parmi les premiers à créer l'un des plus vastes réseaux de chemin de fer, qui excelle dans toutes les techniques du rail, qui a à sa disposition les cheminots les plus qualifiés, les mieux instruits, les plus disciplinés dans l'application à la tâche, ce peuple-là apprend à la télévision que s'il y a des retards de plus en plus considérables, on y a trouvé une solution. C'est de téléphoner sur les quais pour prévenir. Eh bien non ! La solution moderne, ce n'est pas le téléphone portable pour prévenir des retards, c'est faire qu'il n'y ait pas de retards. Et pourquoi y a-t-il des retards ? Alors vous êtes devant le président de la SNCF et vous écoutez toutoui.
Que se passe-t-il ? Moi j'ai une explication, je connais les cheminots. Et que nous apprend-il ? Eh bien il se produit un fait nouveau qui rend impossible la circulation des trains comme autrefois. Il tombe des feuilles mortes en automne. Combien ce type est payé pour venir expliquer une pareille chose ? Est-ce que quand on l'écoute, on n'a pas spécialement envie de dire « Mais dégage, on sait mieux faire que toi ! » Eh bien, comme nous étions là, sidérés, il a cru qu'on ne comprenait pas. Raison pour laquelle on nous a distribué comme à des enfants sur les quais du RER en région parisienne des tracts avec des photos où l'on voyait les feuilles morts collées sur les roues.
Et vous croyez qu'on n'a pas le droit de dire qu'on sait mieux faire qu'eux ? Eh bien c'est ce que nous disons. Nous savons mieux faire que vous. Et si vous ne savez pas faire partir et arriver à l'heure des trains, nous qui par-dessus le marché avons l'intention d'organiser dans ce pays la plus grande mutation de l'appareil de production et d'échange qu'il aura vu de toute son histoire depuis la révolution industrielle. Cette énorme mutation appuyée sur le savoir et l'application populaire la plus large, c'est la planification écologique.
Nous qui avons l'intention de mettre la totalité des camions qui traversent le pays sur les trains, nous vous disons que nous ne pouvons pas avoir confiance dans un système qui s'arrête parce qu'il y a des feuilles mortes. Les méthodes du socialisme sont supérieures à celles du capitalisme parce que nous savons faire partir et arriver les trains à l'heure. Dans ce domaine et dans les autres. Je l'évoque pour que l'on comprenne. Voici pour les trains, je ne vous dis rien des avions, ils sont affligés d'une catastrophe récente, l'hiver, ils gèlent. Vive la concurrence libre et non faussée.
Depuis que les entreprises sont en concurrence, le gaz que vous avez à la maison brûle mieux, n'est-ce pas ? Non, ça a l'air d'être le même. Il y a une différence, il coûte trois fois plus cher qu'avant. Voilà ce que la libre entreprise et la concurrence vous aura apporté. Et l'électricité, depuis qu'ils s'y sont mis, eh bien, voici la différence avec avant. Là où auparavant il y avait 30 000 coupures d'électricité, il y en a maintenant 300 000. Il y a un million et demi de nos compatriotes qui en plein hiver n'ont aucun chauffage ni aucune lumière à la maison.
Ceci est une honte car le peuple français a payé de son intelligence, de son argent, de son dévouement le plus grand réseau électrique de toute l'Europe. il mérite d'avoir l'électricité à la maison. Quoi d'autre ?
La santé, depuis qu'on y fait régner le paiement à l'acte comme si vous étiez des animaux, qu'on a ici et là fermé des maternités au point que dans combien de départements il est impossible de mettre un enfant au monde à moins de deux heures de chez soi, tant et si bien que c'est devenu maintenant une habitude que d'organiser la date à laquelle les enfants viennent au monde comme si les femmes étaient des machines et leurs corps des appareils de production comme le disait Karl Marx qui se moquaient déjà des bourgeois sur ce sujet. Ah mais quelle horreur ! Vague galopante envahissant toute notre société, transformant tout en sujet et mettre de l'argent.
tout à l'heure nous parlions avec des enseignants. Vous connaissez tous la situation. Moi, j'enrage ayant été professeur, j'enrage sachant qu'il n'est plus grande dignité, plus grande liberté, y compris pour celui qui a le moins plus grande lumière que celle du savoir, qui fait reculer l'obscurantisme, les ténèbres de l'incompréhension. L'être libre n'est pas celui qui a le plus d'argent, mais celui qui parvient à discerner que ce soit son cœur qui parle ou sa raison. Quel est le chemin par lequel il peut construire une vie noble et digne ?
Et tout cela commence par l'école, apprendre à lire, à écrire, à rêver, à compter, à faire des poèmes, à faire des dessins, à faire toutes ces choses qui font de nous des êtres humains. Jamais nous ne vous pardonnerons de casser l'école. Nous vous en voulons avance, d'avance, un bord, d'avoir abandonné les enfants. Nous vous en voulons d'être indifférents à ce fait que tous les ans ils disparaissent de vos statistiques, 800 jeunes dans ce département et que vous ne savez pas où ils sont, mais que nous, nous savons que vous les avez abandonnés.
Ce sont nos enfants et ils tourneront mal si nous n'y veillons parce qu'ils ne sont pas assez instruits, parce que vous ne leur donnez pas du travail et que nous ayons humiliés une première fois en les abandonnant. Vous nous humilierez une deuxième fois en les traînant par la peau du dos en prison, en les montrant du doigt, en les montrant sans arrêt, en les voient à la précarité. À bas, votre système pourri, nous pouvons vivre dignement, nous pouvons vivre noblement à condition d'être éduqués, à condition d'être soignés, à condition d'être respectés et nous avons tant travaillé pour cela. Le peuple français a le record de productivité au travail.
Ça suffit de s'entendre dire continuellement à la télévision qu'on passe notre temps à se goberger, qu'on ne fiche rien, que pendant 35 heures, c'est à peine si on bosse et le reste du temps, nous serions des paresseux. Les gens ont tant travaillé, c'est si dur et qu'il faut s'entendre dire quoi ? Travailler plus pour gagner plus ? Mais dites donc, mais tout le monde ne demande qu'à travailler. Personne n'a dit qu'il ne voulait pas travailler.
Et les gens qui ont tant d'emplois précaires, que ce soit maintenant de l'ingénieur à qui on a fait croire, pauvre Ballot, avec des mots qui font joli, que parce qu'il s'appelle auto-entrepreneur, eh bien maintenant il serait libre alors qu'en réalité il s'est auto-esclavagisé. Voilà la vérité. Maintenant, de la classe moyenne supérieure à l'ouvrier et l'ouvrière, c'est la même précarité de tous côtés. Le but numéro un du front de gauche, la promesse numéro un que nous faisons, c'est que nous allons éradiquer le précaria.
Nous allons en finir avec les contrats à durée déterminée, avec les petits boulots, avec les stages, avec toutes ces choses qui vous empêchent de vivre et vous tiennent sous la gorge comme par un crochet en vous obligeant à aller mendier du travail quand vous êtes disponible pour faire bien pour les autres et que vous ne demandez qu'une chose, pour voir vous occuper de votre bonheur vous-même. Voilà la grande espérance et pourquoi, oui, notre programme, et vous verrez, si j'en crois mon petit doigt, que la Fédération communiste du Nord s'y intéresse de près. Notre programme, il tient en un mot, le bonheur. Voilà tout ce que nous demandons.
Le bonheur en partant du programme commun du peuple, des choses simples, que nos enfants soient éduqués à l'école, que nous soyons soignés quand nous sommes malades, quelle que soit notre fortune, que nous soyons français ou immigrés. Banque d'imbéciles, si vous voulez supprimer les soins aux immigrés parce que soi-disant ils sont clandestins, n'oubliez pas de dire aux microbes qu'ils sont français ou qu'ils sont immigrés pour qu'ils n'hésitent pas à passer de l'un à l'autre. Je vous dis ça. Parce que vous avez chez vous, dans votre département, la fille à papa qui est là, la marine. Voilà, il se demandait laquelle. Incorrigible que vous êtes.
Bien sûr, c'est elle qui a trouvé comme grande idée que pour faire des économies sociales, il faut supprimer les soins que l'on donne aux immigrés. et bien nous qui ne portons pas notre christianisme en bandoulière comme elle, qui n'avons pas besoin qu'on vienne nous fulminer des lois depuis la montagne, nous savons une chose, toute personne humaine est notre semblable, tout être humain est notre frère ou notre sœur. Et nous, quand il y en a pour un, il y en a pour deux. Et on soigne tout le monde. Mais s'il faut aller sur son terrain pourri, nous ferons la démonstration que c'est l'idée certainement la plus absurde qui puisse venir à un cerveau que de procéder comme elle le propose.
Alors quoi ? Vous ne les soignerez pas. Et la contamination, elle, elle est au courant du programme du Front National. Elle n'est pas au courant. Alors si vraiment vos arguments, ce sont des arguments de raison, vous voyez qu'ils ne valent pas un clou. Nous allons leur faire à elles et aux autres l'effet Dracula. On allume la lumière et pouf, ils partent en poussière. La lumière de la raison. La lumière de l'argumentation. J'y viens. Nous sommes une force positive. Nous sommes candidats à exercer le pouvoir dans ce pays. avec le peuple. Nous y sommes candidats au plus haut niveau. Nous ne rabaissons pas nos ambitions collectives car c'est celles du droit du peuple à exercer sa souveraineté.
Nous ne savons pas combien de temps cela prendra avant que nous y parvenions. Mais ce dont nous sommes certains, c'est que si nous ne faisons rien, il ne se passera rien. c'est la raison pour laquelle avec ardeur et vigueur nous nous engageons sur ce chemin qui est celui du front de gauche. Et je veux vous dire tout de suite, ça suffit de nous dire que nous divisons. Nous sommes la seule force qui rassemble aujourd'hui. Le front de gauche est le seul lieu d'union de gauche dans ce pays. Et ce n'est pas une union qui serait faite au fouet, à l'obligation « Viens ici où t'es mort, signe tout de suite ».
C'est une union qui se construit dans l'épreuve et dans les luttes communes et dans le partage des perspectives politiques, non pas sur le plus petit commun dénominateur, mais sur le plus grand commun rassembleur. Voilà pourquoi nous disons au peuple français sans barguigner. Nous ne vous proposons pas une alternance à la papa. Un petit coup UMP, un petit coup PS, un petit coup UMP, un petit coup PS. Et c'est clair qu'on en préfère certains à d'autres, des petits coups. Parce que nous n'oublions jamais que c'est dans nos victoires électorales que nous avons été chercher avec les dents, que nous avons acquis, par exemple, en 1981, la retraite à 60 ans. Personne ne nous l'a fait cadeau.
Il a fallu aller la chercher avec les bulletins de vote. La cinquième semaine congé de payer, et ainsi de suite. Donc, c'est clair, nous ne mettons pas tout sur le même plan. Nous n'avons pas la bêtise de tout mettre sur le même plan. Mais ça ne nous enlève pas le droit d'essayer de marcher en tête et de proposer nos propres manières de voir, en disant de façon responsable que nous sommes capables de les faire vivre et de les appliquer. non, ce n'est pas une alternance à la PAPA que nous nous proposons. C'est la révolution citoyenne. La révolution, parce que c'est premièrement un changement profond et radical des institutions politiques.
Cela signifie que la première tâche que nous mettons à l'ordre du jour, c'est la convocation d'une assemblée constituante dans notre pays. parce que ce qui vient d'être prouvé en Égypte, en Tunisie et partout, comme l'avaient auparavant démontré nos camarades de l'Amérique du Sud, c'est que pour régler la question sociale, pour régler la question écologique, il n'y a qu'un seul et unique moyen. Il faut que le peuple s'en mêle. Donc, il faut créer des institutions qui cessent avec la confiscation du pouvoir politique au peuple.
Voilà pourquoi notre constituante appelle un régime parlementaire et repose pour beaucoup chaque fois qu'il y a un problème sur la consultation populaire avec cette différence que nous, quand il y a un référendum, on respecte la décision. Deuxièmement, une révolution parce que le régime de la propriété privée doit être aboli dans un certain nombre de secteurs pour commencer. Celui de l'énergie, celui de la finance, celui de l'éducation, celui de la santé, et si changer le régime de l'appropriation des moyens de production, ce n'est pas une révolution, alors qu'est-ce qu'une révolution ?
Et enfin, troisième élément, parce que nous allons changer la hiérarchie des normes dans notre pays, ne marchera plus en tête la concurrence libre et non faussée, va marcher en tête des valeurs, la solidarité et le partage. Nous sommes les partageux. et cette révolution, nous la nommons citoyenne parce que la preuve a été faite que ce soit par les mouvements que nous observons en présent dans les pays du Maghreb, du Macrèche et du Moyen-Orient ou que c'était auparavant dans les pays de l'Amérique du Sud.
Nous savons que nous n'avons pas besoin d'autres armes que celles de notre peuple qui marchant d'un côté dans ses luttes sociales de l'autre avec ses bulletins de vote vers le même but se donnent pour objectif la transformation de la société. Nous n'avons pas peur de la majorité populaire. Nous n'avons pas peur du vote et nous y recourons autant de fois qu'il le faut en annonçant par avance que nous, nous nous soumettrons toujours à la règle démocratique. Voilà. Voilà pourquoi c'est une révolution. je ne vais pas être beaucoup plus long ne vous inquiétez pas. Notre programme, le programme partagé est en bonne voie.
Je crois que d'ici quelques semaines nous aurons fini l'essentiel du cadre général d'orientation. Nous avons bien avancé. Sur les institutions nous sommes en harmonie. Sur le partage des richesses nous convergeons totalement. Et d'ailleurs mes amis je vous enjoins d'aller gaiement poser la question qu'il est impossible d'avoir sur un plateau. Marie-Georges tout à l'heure a fait la proposition. Je ne vous dis pas que tout se résume à ça du partage des richesses. Mais quand même c'est pas rien comme proposition. Voilà maintenant bientôt quatre mois que nous répétons sur tous les tons que nous avons une proposition.
c'est que pour briser cette spirale infernale de l'accumulation obscène ostentatoire indécente à un bout de gens qui possèdent tellement que même des fois ne savent même plus quoi comme vous le savez cette pauvre madame que vous avez tous vu qui s'est passée à la une île un volcan un fleuve et je l'ai dit et je le répète devant vous parce que c'est un autre honneur cette malheureuse parce que c'est une malheureuse n'a que ce qu'elle peut acheter c'est à dire pas grand chose oui car l'essentiel ne s'achète pas ça s'appelle l'amour et le respect et nous nous l'avons gratis et on va faire en sorte que ça dure comme ça et bien quoi nous avons fait une proposition pour que cesse casser cette machine à accumuler c'est le salaire maximum personne ne gagne plus de 20 fois ce que gagne le salaire le plus bas de l'entreprise dites c'est déjà beaucoup 20 fois hein ah ben on pourrait faire mieux mais on commence par ce que propose la confédération européenne des syndicats ça on le dit pas tout de suite on attend qu'il commence par hurler et puis après on dit ah ben c'est la confédération européenne des syndicats ah bon j'ai fait ça à Manuel Valls je lui ai dit le salaire maximum vous savez que j'ai quelques talents en oratoire donc j'ai fait les gros yeux alors en entendant ça il a pris sa mine horrifiée il a commencé par dire qu'il n'était pas d'accord il dit oh mais c'est la confédération européenne des syndicats pout virage à 180 degrés parce que ça quand même c'est pas Mélenchon c'est la confédération européenne des syndicats et il dit vous allez voir tout ce que je dis là c'est de la politique et il dit oui c'est vrai qu'il y a des abus oui mais il faut que ça se fasse dans la négociation ah oui et bien il y a longtemps qu'il n'a pas rencontré un syndicaliste celui-là parce que moi des syndicalistes j'en connais plein c'est mes copains et vous pouvez leur demander imagine-toi on va à une réunion et tu arrives et tu dis au patron bon et bien maintenant on va discuter parce que vous allez réduire votre paye d'à peu près 600% et puis vous allez augmenter celle du gars qui vient d'arriver d'environ 100% vous imaginez une discussion pareille regardez bien vous touchez le coeur d'une question politique majeure si vous ne pouvez pas l'avoir par la négociation et le contrat alors comment vous allez l'avoir par la loi ceux qui ne veulent pas donner de bon gré pour le prendre de force qu'est-ce que la force dans un pays civilisé et démocratique la force de la loi donc il faut organiser avec le capitalisme un rapport qui est non seulement de force sociale mais qui est un rapport politique et qui passe par le bulletin de vote voilà pourquoi la revendication sociale est exactement combinée à la revendication démocratique d'un changement des institutions qui permettent au peuple de s'exprimer ça a l'air au départ de quelque chose de banal et ça devient tout de suite une grande question politique on ne peut pas faire une politique de gauche sans un rapport de force avec le capital et on ne peut pas créer de rapport de force avec le capital si on annonce à l'avance qu'on va se contenter de discuter on discutera le moment venu et d'ici là il faut créer le rapport de force donc moi je demande qu'on mette en débat cette discussion mais nous avons de l'imagination si vous trouvez que de 1 à 20 c'est trop je vous signale qu'il y a une circulaire qui date de 2006 dans laquelle il est interdit dans une entreprise de l'économie solidaire sociale et solidaire à un cadre d'avoir plus de 5 fois le montant du salaire le plus bas et ce ne sont pas des bolcheviques qui ont signé ce document c'est un ministre de droite donc s'ils trouvent alors quel est le motif le motif c'est que ces entreprises reçoivent des fonds publics ah et ben voilà un bon départ toute entreprise qui a bénéficié des fonds publics c'est de 1 à 5 les autres c'est seulement de 1 à 20 mes amis je ne cesse de plaider pour qu'on soit dans les arguments rationnels dans la démonstration parce que nous ne manquons jamais d'arguments nos thèses ne sont pas folles nous ne sommes pas dans un romantisme sinon dans nos vies personnelles en politique nous ne sommes pas brassant des mots ajoutant des sentences romanesques nous sommes dans la radicalité concrète nous pouvons à tout instant apporter une réponse et une solution à tous les problèmes il n'y a pas de problème dont nous ne connaissions pas la réponse mais si vous croyez que vous allez nous faire taire chaque fois qu'on soulève un problème et qu'on propose une réponse en nous disant l'air supérieur et comment vous payez et bien figurez-vous qu'on a la réponse et on répond avec votre fric bien sûr je dis les choses sur un mode plaisant pour que chacun s'en souvienne peut-être mieux mais je vous dis les gens ne baissez pas les yeux le pays est plus riche qu'il a été de son histoire la répartition est plus mal faite qu'elle ne l'a jamais été et donc partagez bougez le curseur de la répartition et l'on verra jusqu'où le peuple voudra le faire bouger c'est un acte politique c'est un acte social et qui aura une conséquence économique gigantesque n'écoutez pas ce qu'ils vous disent le principal moteur de la croissance économique de notre pays c'est la consommation des citoyens qui s'y trouvent il n'est pas vrai que vous deviez vous sacrifier vous couper la gorge pour produire moins cher pour aller vendre on ne sait où on ne sait quoi n'écoutez pas ceux qui vous disent que nous devons égaliser nos conditions sociales avec les allemands qui eux disent dans leur pays les travailleurs qu'ils n'ont aucune idée c'est d'égaliser les conditions sociales avec celles des travailleurs français car comme ils ont fait du mal les Gérard Schroeder et ensuite madame Merkel à la classe ouvrière allemande et qu'on ne vienne pas nous proposer ça comme modèle la réduction des droits à allocation de chômage l'obligation pour un travailleur au bout de trois propositions d'accepter n'importe quelle offre d'emploi fusse à un euro horaire comme disent nos camarades non ce ne sont pas des modèles pour nous le modèle nous allons le fabriquer nous-mêmes avec la révolution citoyenne et avec notre programme partagé et puis nous sommes comptables de plus grands que nous c'est à dire de la condition humaine elle-même c'est pourquoi la grande idée que nous avançons celle de la planification écologiste fait de nous je dis bien de nous le parti communiste français le parti de gauche la gauche unitaire des partis de l'écologie politique et nous avons dans l'écologie politique toute notre place et notre message politique à passer notre énergie à donner nos idées à proposer oui nous sommes des partis de l'écologie politique et c'est la raison pour laquelle nous disons le capitalisme vert est une fumée une illusion ça n'existe pas ce sera dans le meilleur des cas de l'emballage biodégradable d'une marchandise pourrie le capitalisme vert ce n'est pas possible car faire bifurquer l'appareil de production et l'appareil d'échange et de consommation vers un autre modèle nécessite un tel niveau d'investissement que ce sont des masses considérables de capitaux qui seront soustraits à la distribution des dividendes pour passer dans l'investissement et bien s'il y a quelques marchistes dans la salle ils savent que l'augmentation du capital constant est une des manières les plus directes qui réduit la part du profit et de la plus-value voilà la raison pour laquelle structurellement le capitalisme vert est impossible l'écologie politique la bifurcation de notre modèle de production n'est possible qu'à la condition du socialisme les deux idées marchent ensemble voilà le message fort que porte le front de gauche et bien il me reste une chose à vous dire des choses que vous devez porter dans votre musette refondation des institutions partage des richesses planification écologique sortie du traité de Lisbonne et il reste une chose la paix la paix la paix c'est pas l'état de nature la paix c'est une construction politique et cette construction politique est en danger elle est en danger je peux même vous dire où tout le long des pipelines et en particulier tout le long du pipeline qui passe en Afghanistan où nous n'avons rien à faire ce que demande un gouvernement du front de gauche c'est qu'on sort immédiatement d'Afghanistan pour donner un signal la France n'est pas une puissance guerrière qui va commencer les compétitions interimpérialistes enrobées de considérations fumeuses et mensongères sur la prétendue liberté qu'on viendrait apporter aux Afghans aux femmes afghanes qui sont tout autant opprimées qu'elles l'étaient auparavant et même plus durement puisque c'est sous la protection de nos armes qu'elle honte alors même qu'il suffirait du coup de 5 jours de guerre en Afghanistan pour que tous les enfants afghans puissent aller à l'école il suffirait d'un mois de guerre pour qu'il n'y ait plus un seul pauvre en Afghanistan il suffirait qu'on s'en aille qu'on cesse de tout casser tout détruire tout bombarder pour que les paysans aient d'autres perspectives que de cultiver comme ils le font le pavot aujourd'hui tant et si bien que 90% de l'héroïne qui arrive aux Etats-Unis part d'Afghanistan beau résultat beau résultat il faut en sortir et nous devons également sortir des alliances militaires qui nous condamnent aux aventures des Etats-Unis d'Amérique je parle de la nécessité de sortir de l'OTAN voilà voilà les 5 points essentiels le 6ème ce sont les droits des travailleurs qu'a si bien expliqué il y a un instant Marie-Georges Buffet d'autres questions seront mises à l'ordre du jour bien sûr et nous allons passer à une autre étape nous allons entrer dans la campagne premièrement le premier tour des élections cantonales c'est le premier tour de l'élection présidentielle il faut que nous sortions de l'élection cantonale avec un score à deux chiffres dans tout le pays pas pour sortir de la cantonale mais pour entrer dans la présidentielle nous allons reconduire tous nos sortants et nous mettons en garde solennellement ceux qui par des manœuvres de division créeraient de la dispersion au moment où l'on doit se rassembler contre la droite ceux que l'on nous mijote dans le Val-de-Marne conseil général dirigé par le front de gauche est radicalement inacceptable et je mets en garde les socialistes et les verts si vous croyez qu'il vous suffit de vous allier ensemble au premier tour pour nous passer devant en espérant qu'au deuxième nous nous allongerons vous vous trompez vous serez rudement châtiés car nous ne supportons pas d'être traités de cette manière et nous allons nous défendre notre adversaire c'est la droite mais pas question que pendant que nous on mène la bataille contre la droite certains viennent nous faire les poches en même temps ah non on ne se laissera pas faire et j'aime mieux vous dire que c'est pas que dans le Val-de-Marne qu'il y aura une réplique alors cette élection cantonale nous avons un objectif ne le perdez jamais de vue tapez la droite quel que soit l'avenir commencez par les mettre à genoux ne vous laissez pas disperser par des batailles secondaires tapez la droite avec un mot simple politisez l'élection bien sûr c'est une élection locale j'ai été trois fois conseiller général c'est de quoi je parle ah non deux seulement j'ai été battu une eh bien je le sais que c'est une élection locale et mieux vaut pour vous avoir un gueulou comme celui-ci que un qu'on voit jamais on n'entend pas le son de la voix c'est quand même comme ça que vous êtes le mieux défendu bon mais c'est pas tout c'est une élection politique dites aux gens vous les gens il vous a condamné à deux années de travaux forcés de plus faites-lui payer faites-lui payer votez contre eux votez avec nous votez avec ce qu'ils détestent le plus les partageux ça c'est l'objectif à ne jamais perdre de vue évidemment vous devez en plus vous occuper de la Le Pen et bon la fille c'est le père je jure il y aura la petite fille bon c'est comme les mouches on vit avec ça fait 40 ans qu'ils sont là ils servent strictement à rien à rien qu'à semer de la haine de la pagaille et à faire les chiens de garde alors la droite et les médias les lâchent tchouf la partie ouh ouh ouh ouh ouh alors l'UMP dit restez groupés restez groupés le chien va vous manger et le PS fait pareil restez groupés restez groupés le chien va vous manger pour quoi faire on vous dira après voilà à quoi servent ces gens le diable de confort vous allez vous en occuper vous allez le faire sérieusement les camarades un par un faut aller chercher les gens qui savent plus où ils en sont c'est le premier parti dans ce pays c'est pas seulement les copains bien sûr les copines ça va de soi mais les autres là tous ceux qui devraient être avec nous qui galèrent qui misère qui sont complètement perdus ils pensent que tout ça c'est tout du pareil au même et ben il faut aller reprendre son sac et aller un par un les convaincre expliquer si tu votes avec nous on va avoir le rapport de force on va préparer la bataille déjà tu auras un bon conseiller général il va t'aider et puis après on va bien préparer la bataille et la bataille suivante bien sûr qu'on va pas l'attendre pour mener nos luttes de toute façon les syndicalistes ils viennent pas demander aux dirigeants politiques ce qu'ils doivent faire c'est plutôt nous qui allons assez souvent pour dire bon qu'est-ce qu'on fait les gars parce que la bataille des retraites c'est quand même eux qui l'ont porté sur leur dos faut quand même bien dire les choses comme elles sont nous on a accompagné le mouvement on l'a fait hein mais c'est comme ça donc les deux vont marcher de pair pas un après l'autre pas l'un et le débouché de l'autre les deux marchent de pair la mobilisation sociale il faut qu'elle se maintienne de manière à ce que le niveau des exigences politiques s'élève et que si nous gagnons les élections nous puissions nous appuyer sur cette mobilisation populaire consciente instruite éclairée qui a compris pourquoi on peut faire la retraite à 60 ans à taux plat qu'il faut pas le réexpliquer pour la 10ème fois vous voyez c'est ça qu'il faut qu'on fasse et à partir de là on va faire notre boulot camarades je sais pas qui va être notre candidat commun même si moi j'ai une préférence et ben tu sais pas laquelle corbeau rigole pas oui non mais parce que j'ai dit une fois il y en a qui me disent il est impatient oui d'accord ben vas-y vous allez voir ce que c'est non peu importe ce que je sais de toute façon c'est qu'il y aura un candidat commun et ça c'est une grande nouvelle mes camarades je vous le garantis il n'y a pas d'histoire il y aura un candidat commun et on va le porter tous et pas un on va en porter on va en porter 1200 car nous allons faire 600 comités de circonscription pour cette bataille on va pas avoir la bêtise de dire ah ben on fait une chose et puis après on verra l'autre et après on verra l'autre non on va faire en même temps la bataille législative et la bataille présidentielle c'est la même chose et bien camarades nous allons avoir ces 600 comités dans le pays et vous en créerez au niveau cantonal si vous en avez besoin et ces 600 comités ils rassembleront ceux qui veulent venir parce qu'écoutez-moi bien le but du front de gauche si bien sûr ce sont des partis qui se sont alliés et heureusement qu'ils l'ont fait heureusement qu'on a rompu nos routines mais notre but c'est pas d'unir des partis c'est d'unir le peuple le très grand nombre sur des objectifs politiques de très haut niveau il n'y a personne qui fera l'économie ce matin quelqu'un m'a dit et vous qu'est-ce que vous faites là moi je fais la pointe du brise-glace et ça sert à rien une pointe de brise-glace si vous n'avez pas le reste de la lame et si vous n'avez pas le brise-glace et ce qui est encore plus bête c'est si vous avez un brise-glace puis que vous laissez la glace se refermer derrière c'est un travail collectif gigantesque qui est à l'ordre du jour parce que camarades regardez comment on fait les nôtres en Amérique du Sud et en ce moment dans le Maghreb c'est tous les jours quand vous avez une perspective politique audacieuse qu'il faut remobiliser remettre en mouvement celui qui ne sait plus celui qui compte plus qu'en Amar et ainsi de suite donc c'est du collectif que nous ferons parce que pas seulement parce que nous avons le goût du collectif mais c'est parce qu'il n'y a pas d'autre méthode pour y arriver que celle-là et moi je proposerais que nous allions encore plus loin pour impliquer le plus grand nombre possible voilà ce qu'on va faire les amis c'est une idée que je vais proposer on va faire des ateliers législatifs on a redé ça nous pour voir comment ça marchait sur la laïcité ce samedi et bien un atelier législatif on va confier à nos 600 candidats par deux par trois chacun d'entre eux va préparer les textes de loi qui correspondent à notre programme avec les gens ça ne sera pas une discussion en général ça va être une discussion extrêmement précise concrète qui va faire vivre l'idée de la radicalité concrète écoutez j'ai mon style et ça ne sert qu'à une chose comme beaucoup d'entre vous je vous connais mieux que vous croyez nous sommes les têtes dures si vous me voyez comme je suis là comme est Marie-Georges comme est Christian comme tant d'entre nous c'est que la braise a pas été étouffée sous la cendre puisqu'on parlait de Jean Jaurès c'est l'inverse le souffle du temps nous passe dessus nous savons que c'est notre heure mes camarades mes amis mes concitoyens et on ne peut pas gagner autrement que comme je vous le dis en étant têtu en allant droit au but en disant les choses clairement en retournant les tables quand il le faut en acceptant aucune nièvrerie aucun arrangement aucun tripotage portons nos couleurs devant le peuple et vous verrez tout le reste nous sera donné par surcroît merci
Jean-Luc Mélenchon