2027 : À 6 mois de la présidentielle, qui peut créer la surprise ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:55OuverteRéponse partielle
Qui peut créer la surprise à 6 mois de la présidentielle ?
- 7:55OuverteRéponse directe
Pourquoi Marine Le Pen conforte-t-elle son avance ?
- 10:52OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux défis des candidats ?
- 14:38OuverteRéponse directe
Raphaël Glucksmann peut-il bénéficier d'un élan post-primaire ?
- 21:08OuverteRéponse directe
Les surprises sont-elles encore possibles ?
- 26:48RelanceRéponse directe
Est-il trop tard pour une candidature surprise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:51Fait
« « Depuis l'élection de 1965 où le général De Gaulle avait une avance très conséquente sur ses challengers, peut-être même celle de 1969 où là aussi Georges Pompidou… était quand même le grand favori. » »
- 2:17Fait
« « Dans les mémoires restera à jamais la dégringolade de François Fillon, sorti vainqueur de la primaire de la droite et du centre, il était grands favoris avant d'être rattrapé trois mois plus tard pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux dans l'affaire dite du Penelope Gates. » »
- 5:20Chiffre
« « Marine Le Pen l'emporte nettement face à ceux qui seraient susceptibles de l'affronter au second tour. » »
- 5:55Chiffre
« « Jean-Luc Mélenchon dépasse Édouard Philippe. On est dans la marge d'erreur statistiques. On est à 1 point sur 12 000 personnes donc ça veut dire que... 18 % pour Mélenchon, 17 % pour Édouard Philippe » »
- 7:55Fait
« « La question du pouvoir d'achat écrase absolument tout le reste, et la question de l'ordre avec les manifestations lycéennes. » »
- 8:39Fait
« « Les dernières campagnes électorales pour les présidentielles ont été d'une certaine façon des campagnes dans lesquelles les candidats n'avaient pas tout à fait le métronome. » »
- 10:08Fait
« « Édouard Balladur, je me demande s'il n'était pas… Parce qu'on disait même, à 6-7 mois, on disait même qu'il pouvait être élu au premier tour, me semble-t-il. » »
- 10:52Fait
« « Ce qui est incroyable dans l'avance de Marine Le Pen, c'est que ça ne s'est jamais démenti. » »
- 11:27Fait
« « Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen sont des candidats de rupture, ce qui montre bien l'échec du macronisme. » »
- 12:00Fait
« « Le vote RN, ça fait longtemps que c'est un vote d'adhésion. Parce que ça n'est plus uniquement un vote de rejet du reste du système. » »
- 14:01Chiffre
« « En 2022 il y a quasiment le quart des électeurs qui disent qu'ils se sont décidés dans les tous derniers jours. » »
- 22:21Chiffre
« « L'épargne record des Français, je vois aussi les choix qu'ils font, la préférence massive pour les placements prudents, le livret A, l'assurance vie. » »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Bonjour, bonjour à toutes et à tous, bienvenue. C'est Sens Public, votre rendez-vous de débats, chroniques et reportages. 90 minutes, deux grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité. Voici le sommaire de ce 14 octobre. Marine Le Pen largement en tête au premier tour de la présidentielle devant Jean-Luc Mélenchon qui dépasse. Edouard Philippe, c'est la principale leçon de notre grande enquête sur les intentions de vote. 12 000 personnes interrogées, des révélations sur les tendances région par région, c'est ce que l'on vous proposera tous les mois avec Odoxa, Backbone, la presse quotidienne régionale et le Nouvelle Lopes, les détails de cette photographie de l'opinion du mois d'octobre dans notre premier débat.
Et puis dans trois quarts d'heure, ce cadeau de Donald Trump à Vladimir Poutine, il lui commande des centaines de milliers de tonnes de gazole. Je pense que vous avez entendu parler de l'accord pétrolier avec la Russie, c'est un accord majeur, ce sera d'énormes quantités de pétrole dans notre pays et je tiens à remercier le président Poutine. Du diesel venu de Moscou mais aussi l'annonce unilatérale d'un cessez-le-feu énergétique et la pression mise sur les Ukrainiens pour qu'ils virent Zelensky. Le président américain est-il en train de lâcher l'Ukraine pour de bon ? C'est l'histoire d'un allié qui vous poignarde dans le dos que l'on vous raconte dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, vous pouvez participer, vous le savez, à ce sens public.
Il suffit de scanner ce QR code, poser vos questions à nos invités, croyez vous une surprise encore possible dans cette campagne présidentielle. Notre histoire politique nous prouve plutôt que oui. Céline Schmitt. Un demi-siècle que cela n'était pas arrivé, à six mois de l'élection présidentielle, la favorite sème de très loin ses adversaires. Selon le dernier sondage Odoxa pour Public Sénat, Marine Le Pen est crédité de 37 % des intentions de vote. C'est deux fois plus que Jean Mélenchon et Édouard Philippe. « Depuis l'élection de 1965 où le général De Gaulle avait une avance très conséquente sur ses challengers, peut-être même celle de 1969 où là aussi
Georges Pompidou… était quand même le grand favori. On n'a pas connu un écart aussi important, mais il faut toujours se rappeler que les élections présidentielles ont souvent réservé des surprises. Des surprises et des affaires politico -judiciaires. Dans les mémoires restera à jamais la dégringolade de François Fillon, sorti vainqueur de la primaire de la droite et du centre, il était grands favoris avant d'être rattrapé trois mois plus tard pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux dans l'affaire dite du Penelope Gates. Il échouera finalement dès le premier tour. Dans le camp de Pour la gauche, c'est l'affaire DSK qui a bousculé la campagne de 2012.
A moins d'un an du premier tour, l'ancien directeur du FMI est accusé de tentative de viol, entraînant le retrait de sa candidature.
qui ont ouvert la voie pour des outsiders, ces figures sous-estimées qui ont souvent remporté la présidentielle sous la 5e République. Un exemple est arrivé assez vite dans la 5e République, c'est en 1974 Valéry Giscard d dont il faut voir qu'il était simplement le leader d'un petit parti politique. Chirac, par exemple, du fait qu'il était dépassé largement dans les sondages par Balladur, avait et finalement avait été placé de facto en position d'outsider. Sans oublier que François Hollande, qui a été élu en 2012, lui, il avait plutôt été en position d'outsider dans la primaire socialiste. Le premier tour de la présidentielle aura lieu dans six mois et quatre jours.
Le compte à rebours est lancé et peut-être avec lui son lot de surprises. À six mois du premier tour de la présidentielle. Qui peut créer la surprise ? Voilà la question principale de notre débat. J'accueille Gaël Slimane, bonsoir. Vous êtes président cofondateur d'Odoxa. Valérie Nataf, bonsoir et bienvenue. Hittoriste politique, Benjamin Morel, constitutionnalisme. Bonsoir, bienvenue vous publiez Crise politique crise de régime, c'est aux éditions Odile Jacob et Jean-Sébastien Ferjou bienvenue Jean-Sébastien, directeur du site Atlantico éditorialiste pour sens public je le disais dans les titres Gaëlle, on va travailler ensemble pendant cette campagne présidentielle en publiant avec Backbone pour Public Sénat, la presse quotidienne régionale et l'OPS, le nouvel OPS,
une enquête d'intention de vote présidentielle, 12 000 Français. Il faut dire que c'est beaucoup plus que les sondages où on est autour de – On ne fera pas ça à chaque fois. – Non mais bon, c'était déjà bien et celui-là est d'autant plus intéressant. Avec peut-être, on va voir s'afficher les intentions de vote au premier tour, le cas de figure où Édouard Philippe est le candidat, le cas de figure où Gabriel Etal est le candidat. Ça va illustrer vos propos, les trois leçons principales que vous en tirez. – Il y a dans l'ordre que vous voulez. Une première leçon qui est une confirmation, mais avec une accentuation formidable, exceptionnelle de l'avance de Marine Le Pen au premier tour. On en parlait dans votre sujet. On a sinon jamais, du moins rarement vu une élection
présidentielle à six mois ou quelque chose comme ça. Vous aviez un candidat à ce point en tête, ou une candidate en l'occurrence, sur le premier tour de la présidentielle, mais notre intention de vote, elle teste deux tours parce que c'est important de voir qu'on a déjà vu par le passé des candidats en tête au premier tour et qui étaient donnés battus et qui ont été battus au second. Et donc là, au second tour, Marine Le Pen l'emporte nettement face à ceux qui seraient susceptibles de l'affronter au second tour. Donc le premier renseignement, c'est l'avance considérable de Marine Le Pen. Le deuxième enseignement que l'on enregistre dans ce sondage, qu'on voyait dans d'autres sondages, y compris ceux qu'on avait réalisés ensemble en mai dernier, où on voyait Jean-Luc Mélenchon
monter très tôt plutôt que d'habitude. Dans les deux précédentes campagnes, il est monté plus tardivement. Jean-Luc Mélenchon rattrapait Édouard Philippe, et bien là, dans notre intention de vote auprès de 12 000 personnes, donc avec des marges d'erreur, des intervalles de confiance très réduites, et bien Jean-Luc Mélenchon dépasse Édouard Philippe. On est dans la marge d'erreur statistiques. On est à 1 point sur 12 000 personnes donc ça veut dire que... 18 % pour Mélenchon, 17 % pour Édouard Philippe Dans le cas de Gabriel Attal, l'écart est beaucoup plus important pour Jean-Luc Mélenchon L'écart est beaucoup plus conséquent si c'est Gabriel Attal qui représente le candidat du centre. Donc ça, c'est un deuxième enseignement majeur, même si nous sommes dans les marges
d'erreurs statistiques. Ça signifie qu'aussitôt dans la campagne, Jean-Luc Mélenchon capitalise sur tout un tas d'événements dont vous avez beaucoup parlé sur vos antennes, notamment le mouvement lycéen. Et donc on a un Jean-Luc Mélenchon qui est très en forme et un d'Edouard Philippe qui est en panne. Donc ça, ce sont deux enseignements majeurs. On en a un troisième qui est que finalement, ces différents candidats, les principaux, les trois principaux, ils ont chacun leur France. Quand on regarde, il y a de nombreux travaux qui existent depuis des années maintenant qui montrent les clivages importants qui existent entre les Français. Rentrez pas trop dans le détail. Je le ferai tout à l heure, mais c'est quand même un angle important de voir qu'en fait on a une France très éclatée selon
que l'on est dans des territoires ruraux, périurbains, selon les régions, selon le milieu social. On a une France Le Pen, une France Mélenchon et une France Philippe. Et on les détaillera, ces différentes Frances, dans un instant. Alors on va se retrouver tous les mois avec ses intentions de vote. Ce qui est intéressant, on partage l L'expérience, ce grand bonheur, c'est de voir les dynamiques dans une campagne électronale. Absolument. Je trouve que ce qui est passionnant dans le sondage que vous publiez aujourd'hui, il y a des confirmations et des mais parce que ce n'est plus la campagne qui fait l'actualité, c'est l'actualité qui fait la campagne. Pourquoi, à mon sens, Marine Le Pen conforte sa très grande
avance dans sa dynamique ? La question du pouvoir d'achat écrase absolument tout le reste, et la question de l'ordre avec les manifestations lycéennes. Jean-Luc Mélenchon, de la même manière, pas pour les mêmes raisons, les mouvements lycéens le portent évidemment, et la question du pouvoir d'achat ou du budget en règle générale parce qu'on voit bien que ceux qui sont descendus dans la rue demandent de meilleures conditions pour étudier ou pour être rémunérés comme les professeurs. Quant à Édouard Philippe, les retraites, c'est important, mais ce n'est pas le sujet du jour. Le budget, la discussion budgétaire va commencer et on va en parler, mais pour l'instant, ce que je trouve intéressant, c'est que c'est vraiment l'actualité qui porte chacun des candidats dans son couloir.
Avec un défi, Benjamin Morel, pour chacun de ses candidats, justement d'imprimer le tempo et de ne pas se le faire imprimer par l'actualité en quelque sorte. Oui, c'est difficile, mais les dernières campagnes électorales pour les présidentielles ont été d'une certaine façon des campagnes dans lesquelles les candidats n'avaient pas tout à fait le métronome. Prenez 2022, évidemment, il y a eu l'Ukraine. Prenez 2017, c'est l'affaire Fillon qui a créé un écran qui a un peu noyé la campagne. Et donc, on a en effet des campagnes qui sont aujourd'hui en grande partie subies par les candidats. Vous voyez la question des retraites, en effet, pour Édouard Philippe, ça devait être l'un des grands moments de la campagne. Il l'a annoncé sur YouTube.
Donc, ça montre bien que... Bon, ensuite, il a fait quand même une émission. Mais fondamentalement, aujourd'hui, les candidats ont du mal à percer le mur du son sur les propositions qui sont les leurs. Et ça, c'est un vrai problème pour eux. Ensuite, on a quand même une forme de tripartition de l'électorat. Un espace central, un espace gauche, un espace RN. Marine Le Pen a fait le ménage sur son espace. Aujourd'hui, elle est la candidate hégémonique sur ce bloc, elle a des réserves qui plus est dans l'abstention. Vous avez au niveau de l'espace central des difficultés à créer une candidature naturelle et donc un électorat qui se divise, il y a une dynamique Mélenchon de l'autre côté et donc on est aujourd'hui dans
un tel écart à 6 mois d'une présidentielle entre le favori et les poursuivants ? Alors là, j'ai regardé, les écarts n'étaient pas aussi énormes. Sauf peut-être pour... Vous allez me dire si j'ai raison ou pas, je voudrais vérifier. Édouard Balladur, je me demande s'il n'était pas... Parce qu'on disait même, à 6-7 mois, on disait même qu'il pouvait être élu au premier tour, me semble-t-il. Et donc, je me demande s'il n'était pas dans ces eaux-là. En tout cas, il y avait une balladur mania dans différents médias. Mais ce qui est incroyable dans l'avance de Marine Le Pen, c'est que ça ne s'est jamais démenti. Quoi qu'il ait pu se passer, c'était Jérôme... Jérôme... Jérôme... Jordan Bardella, quand il était supposé être le candidat à la présidentielle.
Et c'est Marine Le Pen comme si l'électorat était très fluide que, d'une certaine manière, peu lui importe le visage du candidat ou de la candidate. Ce qui lui importe, c'est ce qu'il y a derrière et cette forme de carburant que porte le vote du Rassemblement national. – Oui, il faut pratiquement remonter, je crois, un demi-siècle en arrière, ce qu'on disait en ouverture du sujet, pour trouver un télécar. Vous – Vous voulez intervenir une première fois, Jean-Sébastien ? – Oui, moi ce qui me frappe, c'est que Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen sont des candidats de rupture, ce qui montre bien l'échec du macronisme. C'est-à-dire que là, on n'a pas les candidats qui proposent de la réforme ou avec des actions plus ou moins différentes à un nouveau
monde eux ils veulent vraiment passer à autre chose sauf que ce autre chose ça peut être un signal que les électeurs envoient aujourd'hui parce que les sondages ils peuvent être utilisés à différents niveaux vous avez des électeurs qu'ils ont compris il ya un sociologue qui s Mathieu Brugidoux, qui l'a montré. C'est une scène publique en quelque sorte. Quand vous répondez à un sondage aujourd'hui, vous pouvez être sincère aujourd'hui, mais parce que ça produit un effet aujourd'hui. C'est-à-dire que le signal envoyé... Le vote RN, ça fait longtemps que c'est un vote d'adhésion. Parce que ça n'est plus uniquement un vote de rejet du reste du système. Mais quand vous dites Mélenchon ou Le Pen, vous dites aussi aux autres attention parce
que tous vos discours d'eau tiède, on ne veut plus en entendre parler. Mais cela dit, ça laisse peut-être et Benjamin Morel l'a dit, le ménage pour le vote utile n'a pas été fait chez les autres. – Est-ce qu'il y a encore des votes qu'on a du mal à sonder, à détecter des votes sous-estimés par catégorie socio-professionnel, peut-être par religion. Il n'y a pas de statistiques ethniques ? Non, il n'y a pas de statistiques ethniques. Il peut y avoir des statistiques sur la religion des gens. On peut leur poser la question, on le fait d d'ailleurs régulièrement, il n'y a pas de vote caché. En revanche, il y a un vote qui peut se révéler ou se modifier. Ce qu'il faut rappeler aux téléspectateurs avec la plus grande humilité,
c'est que régulièrement, le vainqueur d'une élection présidentielle, alors peut-être pas à six mois mais un peu plus en amont que cela, finit aux oubliettes. Une fois sur deux à peu près depuis 25 ans. Je ne citerai pas les Strauss-Kahn, les Juppé, bien sûr, les Alain Juppé. Même Fillon qui émerge de la primaire de droite alors que c'était l'outsider de cette primaire et qu'on attendait Juppé, même François Fillon qui est au sommet très haut dans les premiers sondages après sa victoire à la primaire de droite, il s'explose complètement sur le Pénélope Gaite et l'affaire Fillon. Donc il peut y avoir des changements et puis il y a un élément dont on parlera peut-être tout à l'heure, je ne veux pas le spoiler tout de suite,
qui est sur les seconds tours notamment mais c'est valable au premier tour des réserves importantes d'électeurs qui nous disent je j'irai voter mais qui ne se prononcent pas dans notre intention de vote. On l'indique d d'ailleurs clairement dans le sondage, c'est-à-dire qu'ils nous disent j'irai voter mais j'hésite encore, je ne sais pas pour qui ou bien je voterai peut-être blanc ou nul mais dans des proportions beaucoup trop importantes par rapport à la réalité. – Cet élément-là est majeur, en 2022 il y a quasiment le quart des électeurs qui disent qu'ils se sont décidés dans les tous derniers jours. Entre les deux tours ou même avant le premier tour ? La cristallisation est très tardive, sans doute liée aussi à l'équité des temps de parole dans les médias
audiovisuels parce que les électeurs non politisés découvrent à ce moment-là l'offre politique et se décident à ce moment-là. – Alors, est-ce qu'on va ouvrir plein de chapitres dans ce débat ? Il va filer vite, vous allez voir. Je n'oublie pas que vous allez nous parler des surprise, je n'oublie pas qu'on parle des régions, je n'oublie pas qu'on a un chapitre sur le second tour mais je voudrais quand même qu'on se raccroche à l'actualité récente, c'est-à-dire la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Est-ce que ça peut lui donner un élan ? On écoute désormais candidat officiel du PS et de place publique. Je serai donc, dans cette campagne, le candidat de la justice sociale et fiscale,
de la révolution écologique et de la démocratie, le candidat de la rupture avec le macronisme, le candidat de la rupture avec l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la La gauche française, le candidat qui pourra battre notre ennemi de toujours, l'extrême droite. Non, Madame Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027. Benjamin Morel, le principal défi de Raphaël Guixman aujourd'hui, c'est quoi ? La primaire, ça lui donne une légitimité et cette légitimité, elle est absolument incontestable et il y a probablement trois perdants de ce qui s'est passé il y a quelques jours.
François Hollande qui n'a pas cette légitimité, Olivier Faure qui l'a perdu en interne et Gabriel Attal qui espérait bien récupérer quelques électeurs de ce côté -là pour concurrencer Édouard Philippe et qui qu'il ne les trouvera probablement pas, parce que ça ne crée pas nécessairement une dynamique, mais temporairement, ça lui permet d'avoir un coussin électoral. Le grand défi de Raphaël Glucksmann, c'est d'apparaître comme un vote utile à un moment. Parce qu'en fait, vous êtes un électeur de gauche demain. Vous dites, la gauche doit être au second tour. Le vote utile, si on en croit les enquêtes, ça devient un vote Mélenchon. Et donc Jean-Luc Mélenchon va jouer comme il joue à chaque fois cet aspect du vote utile. Alors évidemment, il radicalise, mais six mois avant une élection,
chaque fois, il se normalise et il essaye d'attirer ce vote utile. Jusqu'à présent, ça a marché. Si vous êtes un électeur qui considère qu'au fond, l'objectif majeur, c'est de battre Marine Le Pen, pas vous risquez forcément de voter plutôt, par exemple, pour Édouard Philippe. Et le gros risque de Raphaël Guzman, c'est qu'entre un vote utile Philippe et un vote utile Mélenchon, ça fasse plâche. Et donc aujourd'hui, pour lui, sa base électorale très restreinte, la la concurrence de ces deux pôles qui l'entourent font qu'il n'y a peut-être pas la place pour un quatrième larron dans un système qui apparaît de plus en plus tripolarisé. Et pour l'instant, quand vous écoutez les débats des primaires et qu'on dit à Raphaël Glucksmann « « vous ne voulez pas d'alliance avec les insoumis, certes,
mais quelle est la stratégie alternative ? » Eh bien, force est de constater qu'il répond par des principes moraux, mais stratégiquement, électoralement, il ne répond pas. Gaël Sillemann, cette enquête a été menée avant le résultat de la primaire, donc on ne va pas tirer des plans sur la comète sur un élan supposé ou pas. En revanche, vous pouvez peut-être répondre sur cet espace politique qui nous dit Benjamin Morel restreint Donc la capacité d'un Glucksmann à l'élargir. Alors je vais essayer de faire les deux. Oui, vous avez raison de le rappeler, je l'aurais fait de toute façon. Ce gros sondage sur 12 000 personnes a été réalisé juste avant le résultat de la primaire, ça dit deux choses. Ça dit qu'il est tout à fait possible, là il est à 9 ,5 dans notre intention de vote,
il serait tout à fait possible, il serait tout à fait normal que Raphaël Glucksmann regagne pendant les jours ou les semaines qui viennent quelques points et remonte à à 12%, 13%, 11 ,5%. Il vient de ce niveau-là. Il était à ces niveaux-là avant l'été. Donc c'est possible qu'elle lui donne un petit élan. C'est possible que ça fasse un peu baisser les deux autres deuxièmes hommes. donc les deuxièmes hommes actuels, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Mais il y a peu de polarité, il y a peu de porosité actuellement entre les intentions de votre Mélenchon et les intentions de votre Glucksmann. Donc ça c'est un premier élément. Le deuxième élément pour répondre à votre question sur l'espace, oui depuis longtemps on voit qu'il y a un espace à gauche qui existe,
que ce qu'incarne Raphaël Glussmann pourrait récupérer une partie de cet espace-là, mais il a eu pas mal d'opportunités pour le faire jusqu'à présent, je rappelle que pour établir nos intentions de vote, pour ne pas tester 75 000 hypothèses puisqu'on a eu plus d'une trentaine de candidatures et à chaque fois on doit tester une hypothèse puis une autre, donc on a choisi un procédé très simple qui qui fait enrager David Lissnard et d'autres, ça consiste à dire, on va demander aux Français et aux électeurs du camp concerné si un tel ou un tel est un bon candidat. Si deux candidats ne sont pas très loin l'un de l'autre dans l'opinion alors on testera une hypothèse avec l'un, une hypothèse avec l'autre. Là en l'espèce on n'a jamais eu à le faire avec Raphaël Glucksmann parce
qu'il pulvérisait ses adversaires de la primaire de gauche et aussi François Hollande qui se tenait en embuscade. Donc il y avait une attente de Glucksmann depuis un moment mais le problème c'est de pouvoir l incarner, de pouvoir à un moment porter quelque chose et effectivement je rejoins ce que dit Benjamin Morel une fois qu'il l'aura incarné s'il y parvient après il va devoir faire la course du vote utile parce qu'il y a tout un tas d'électeurs qui peuvent hésiter entre deux candidats pour finir c'est ce qui a permis à Jean-Luc Mélenchon lors des deux dernières présidentielles de remonter dans les sondages et de finir avec un score canon pas du tout parce que les électeurs Roussel, les électeurs écologistes découvraient Jean-Luc Mélenchon ou socialiste, découvrait Jean-Luc Mélenchon.
Ils le connaissaient déjà, ils ne l'aimaient pas beaucoup mais à un moment donné, ils se sont dit comme le disait Benjamin, le meilleur moyen quand même de porter un candidat de gauche au second tour, c'est de voter Mélenchon et certains l'ont fait en se bouchant le nez si vous me passez l'expression. Donc là, on va avoir ce jeu de vote utile dans les mois qui viennent et ça se jouera effectivement à gauche entre Glucksmann et Mélenchon. Très vite Jean-Sébastien. Moi je pense que la journée d'hier était très révélatrice pour Raphaël Glucksmann. Le PS dépose une motion de rejet contre Ludger, Raphaël Guzman, l'électorat qu'il a porté à la primaire il ne veut pas Jean-Luc Mélenchon et vraisemblablement il ne veut pas non plus de Jean-Luc Mélenchon économiquement
pas uniquement sur les questions morales sur Gaza ou sur l'Ukraine et là on a un parti socialiste dont on voit bien qu'il soutient son candidat comme La Porte soutenir le pendu. Donc je doute que ça génère une dynamique dans les sondages parce que ça a été dit de toute façon, il a un problème de vote utile. Les gens qui ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon, qui ne veulent pas de Marine Le ils se tourneront vers quelqu'un. Je reviens vers vous tout de suite puisqu'on parle des surprises donc il faut enchaîner avec votre éditorial sur les surprises. Vous n'êtes pas tout à fait d'accord Valérie ? Non je ne suis pas d'accord parce que je pense que ce qui a permis à Raphaël Glucksmann de gagner, c'est ce marqueur identitaire pour une partie de la gauche qui est l'anti-mélenchonisme.
Il a fait sa victoire là-dessus. Et ce ne sont pas les 120 000 électeurs de la primaires, qui vont se précipiter vers les urnes pour, d'une certaine manière, sanctionner Jean-Luc Mélenchon. Le réservoir est plus grand. Ceux qui avaient voté Macron en 2017, voire en 2022. Ceux qui se détournent de la gauche, en règle générale, parce qu'elles trouvent que les alliances avec LFI ont dénaturé le message culturel, si vous voulez, de la Et donc, je ne crois pas moi que dans les prochains mois, on verra ce qu'il en fera. Il va pâtir de cette histoire de vote utile pour l'instant.
Ça viendra en janvier, en février en fonction des rapports de force. Mais pour l'instant, il va te bénéficier, à mon sens, d'une vague, pas un tsunami, mais d'une vague qui va le maintenir à flot. Allez, chapitre sur les surprises comme promis Jean-Sébastien. Vous êtes persuadés qu'une surprise est toujours possible ? Pourquoi Elle n'est pas certaine, mais oui, elle est possible. Parce que ceux qui veulent éviter le duel Mélenchon-Le Pen sont dispersés mais ils ne sont pas minoritaires. En 2022, on a vu que le vote utile avait laminé les candires c'est-à-dire les candidatures socialistes, écologistes à l'air. Le score naturel du PS n'était pas 1 ,7, comme elle dit Hidalgo. Par exemple, les électeurs ont fait leur choix de second tour dès le premier tour.
Donc, à force d'annoncer un duel Mélenchon-Le Pen, toute dynamique électorale peut reproduire sa contre-dynamique, les sondages peuvent créer l'appel d'air vers celui qui l'empêcherait justement. Alors en l'État, on voit bien qu'Edouard Philippe bénéficie en quelque sorte de la prime anti-Le Pen, mais si cette prime s'effrite avec justement cette succession de sondages et qu'un autre finit par paraître mieux placé que lui. C'est la même question pour Raphaël Glucksmann, on l'a évoqué, face au rejet de Jean-Luc Mélenchon. Moi je retiens aussi autre chose parce que peut-être que l'épargne, vous savez ce que vous faites de votre argent, souvent ça a dit beaucoup de vous, sans doute au moins autant que ce que vous répondez à un sondeur.
Et moi je vois l'épargne record des Français, je vois aussi les choix qu'ils font, la préférence massive pour les placements prudents, le livret A, l'assurance vie. Est-ce qu'un pays qui a des chose à préserver est prêt à l'aventure politique ? Parce que le vote populiste, quand vous regardez ailleurs, c'est souvent un vote qui mobilise ceux qui pensent ou qui n'ont plus rien à perdre ou qui pensent n'avoir plus rien à perdre. En sommes-nous là en France ? Je ne doute pas du fait qu'il y ait des gens qui soient dans des situations difficiles, mais si on raisonne collectivement et qu'on regarde les chiffres, est-ce que nous en sommes là ? Par ailleurs, ceux qui agitent beaucoup le risque de la guerre civile ou de l'effondrement, le danger pour eux, c'est que les électeurs,
ils préfèrent celui qui... Ils peuvent être convaincus par le constat, ils préfèrent voter pour celui qu'il ne va pas précipiter. Alors, vous nous l'avez dit, cette concentration de ceux qui veulent éviter ce duel annoncé Le Pen-Mélenchon, si elle se fait pas sur Edouard Philippe, qui pourrait créer la surprise ? On est bien dans le conditionnel. Trois noms, trois ressorts différents. David Lissnard, d'abord. Si l'espoir devient plus mobilisateur que la peur ou la colère, c'est le seul autour de qui il se passe un peu quelque chose de cette nature-là. Son parti annonce des adhésions records ces jours-ci. Il y a le hashtag « il se passe quelque chose qui s'est imposé sur les réseaux sociaux ». Évidemment, de manière plus fabriquée que spontanée.
Mais moi, j'ai vu un autre sondage, Ipsos, qui suggéra un potentiel quand même assez au-dessus de son score électoral actuel. La question était sur la satisfaction en cas d'élection. Pour lui, c'est 16 % des Français qui se disent satisfaits, contre 20 % pour Philippe ou 17 % pour Otaillot. On On n'est pas si éloigné que ça. 32 % pour Marine Le Pen, lui suscitant nettement moins de mécontents que les autres. Il lui reste évidemment à s'imposer dans le camp des grands candidats. Il n'y est pas encore et d'ailleurs il est peu testé en État. Donc ça c'est l'hypothèse 1, deuxième hypothèse. L'hypothèse 2, si jamais on va avoir une hypothèse plus petite dénominateur commun, Sébastien Lecornu, sans majorité parlementaire évidente. On est un peu de retour dans la 4e République.
Est-ce que les Français voudront encore d'un Jupiter qui fait semblant de pouvoir tout alors qu'il n'en a pas les moyens ? On pourrait imaginer une personnalité moins polarisante, qui laisse les compromises construire au Parlement. Les barons, s'il n'y épanouir, qui dit « moi je suis le chef de gare, je suis là pour qu'on sorte pas des rails, mais si on va à la gare de Strasbourg ou de Nantes, ça sera justement les barons qui décideront au Parlement. » Troisième hypothèse, François Hollande dans un contexte un peu de dramatisation parce qu'on n'a jamais connu une campagne avec autant finalement de motifs d'inquiétude géopolitique, financière, économique, sociale. Bref, l'IA aussi. Emmanuel Macron avait bénéficié de la guerre en Ukraine.
François Hollande n'est pas le sortant mais il a quand même mécaniquement l'épaisseur de la fonction présidentielle. Il semble aussi négocier avec François Bayrou, ce qui avait fait basculer 2017. En l'état, aucun de ces trois-là ne capte vraiment l'appel d'air des Français qui sont prêts à beaucoup de compromis, je pense, pour échapper au duel Mélenchon-Le Pen. Ils en ont quand même le potentiel si le fameux ménage lié au vote utile dans cette espèce de grand socle central finit par se faire et il finira mécaniquement par se faire. Alors il y a beaucoup de conditionnel mais c'est assez passionnant de se projeter d'imaginer Rendez-vous au printemps Oui vous serez là aussi l'hypothèse le cornu alors qu'il a quand même c'est un peu ambigu ses réponses quand on lui
pose la question d'une candidature. Oui, alors déjà, si il arrive à faire passer un budget, je pense que pour lui, ce sera déjà très bien. Je dirais au-delà des noms, c'est-à-dire moi j'ai plus de mal à y croire que je ne sais pas si rien parce qu'en fait,
Pour gagner une élection, pour avoir une chance de passer au second tour, il y a au moins trois conditions. La première, c'est que vous ayez un espace politique. Qu'est-ce qu'il fait Macron en 2017 ? C'est un talent, une intelligence, etc. Mais c'est aussi une primaire à gauche qui enfante d'un candidat très polarisé, lâché par son parti, qui s'appelle Benoît amont, une primaire à droite qui est enfant d'un candidat très polarisé avec des boulets aux pieds qui s'appelle François Fillon. Il y a un électorat qui s'ouvre, ils sont de dessus, Bayrou et Macron, Bayrou se retire, l'espace macroniste s parce que la nature a horreur du vide, si vous voulez. Là, je le vide, le vide, je ne le vois pas. Et donc, à partir de là, on peut mettre quelqu'un d'autre
dans l'espace central, arriver à capitaliser sur ce vide-là, alors qu'il y a du trop plein aujourd aujourd'hui, ce n'est pas évident. Deuxième facteur, il faut une organisation politique, un parti. Or, aujourd'hui, les partis, on a dit pour Raphaël Glucksmann, le PS à son candidat, il est assez légitime de par la primaire. Horizon et la RM, c'est quasiment aujourd'hui des partis unipersonnels. C'est des partis construits pour une campagne. Ils ne vont pas chercher un autre champion. Troisième élément, une campagne, ça coûte cher, environ 8 millions d'euros. Il y a déjà beaucoup d'argent qui a été dépensé. Edouard Philippe, si demain il doit se retirer pour un Sébastien Lecornu, etc., il en fait quoi de cet argent ? Si jamais il n'est pas sur la ligne de départ, il est remboursé de rien.
Et donc il faut rien comprendre... Il y a déjà des discussions entre le candidat. Mais ça se négocie. Le problème, c'est que si jamais vous filez vos dépenses de campagne, l'autre va péter le plafond et ne pourra plus rien dépenser. Et donc je crois sincèrement à ce stade qu'il est quasiment trop tard pour quelqu'un d'autre émerger. C'était la question que j'avais posée. Et à Valérie ? Et à Gaël ? Je commence avec vous, Gaël ? Est-ce que ce n'est pas trop tard pour qu'un candidat ou une candidate surprise émerge ? Alors, ce n'est jamais trop tard. C'est tard tout court. C'est-à-dire quand on regarde l'histoire électorale et l'histoire des surprises, on pense tous évidemment à Emmanuel Macron qui un an avant la présidentielle ou neuf mois avant, ou même à cette époque-ci n'était pas
dans les favoris de la présidentielle mais il était déjà quelque part. On avait un Emmanuel Macron qui était à 13, 14, 15 % qui était. Il était déjà sondé, il était déjà assez haut, c 'était le plus gros des petits ou le plus petit des gros candidats. Il était meilleur que François Hollande dans les sondages mais moins bon que Manuel Valls. Je vous donne une idée des chemins. Cittard, il était déjà plus haut que Valls à ce moment-là. Quand on regarde les sondages qu'on avait réalisés à l'époque, il se débrouillait vraiment pas mal Macron. Mais pour en revenir aux exemples que donnait Jean Sébastien... Alors on va pas tous les refaire. Non, mais je vais en prendre un seul, celui que j'ai déjà cité, David Lissnard. Sur le papier, en théorie, effectivement,
il a un profil intéressant parce qu'il fait un buzz incroyable sur les réseaux sociaux. On n'est partenaire sur ce dispositif avec Backbone, qui mesure l'audience sur les réseaux sociaux et qui montre une explosion. Mais c'est quelque chose d'assez fou. Si les réseaux sociaux étaient une intention de vote, parce qu'ils ont un indice sur 100, donc on peut comparer, on aurait autour des 10%, David Lissnard autour des 10%, devant Glucksmann, pas très loin finalement, des très gros candidats, deux fois ou trois fois au-dessus d'Edouard Philippe ou de Bruno Roteil sur les réseaux sociaux. Donc il a un espace réseaux sociaux et il a l'avantage, et c'est ce que disait Jean-Sébastien à juste titre, de proposer autre chose que ce qui fait horreur à
une majorité de Français idéologiquement aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il n'est ni RN, ni Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Je rappelle que 7 Français sur 10 ressentent avant tout du rejet à son égard, donc il n'a pas ça contre lui. Et troisièmement, il n'est pas un héritier du macronisme, ce dont ne veulent pas non plus les Français. Est-ce qu'il y a une faiblesse pour Edouard Philippe ? On n'aura pas le temps de tout faire. Avant de donner la parole sur les surprises, est-ce que vous y croyez ou pas ? On va écouter la toute dernière candidate. Elle s'appelle Natacha Polony. Elle a fait acte de candidature et journaliste. Elle est essayiste. On va s'y mettre, nous aussi. C'était ce matin sur France Nous sommes dans le chaos et j'estime que la situation m'oblige.
Donc oui, je suis candidate à l'élection présidentielle parce que ce que je vois, c'est une crise lycéenne tragique, avec des violences, une fracturation de la société qui montre l'absence totale de perspective. Une crise de la dette qui est gigantesque et qui nous menace, une crise internationale. Et face à ça, ce qu'on nous propose, c C'est 4i. Impuissance, illisibilité, irresponsabilité et incapacité à penser le temps. Alors les surprises, Valéry Nataf, Natacha Polony et d Alors, je n'y crois pas beaucoup. Mais il y a quelque chose sur lequel je voudrais rebondir que vous avez dit Gaëlle
Slimane, c'est que depuis 2007, le plus fort, c'est celui qui a réussi à capitaliser sur une audience puissante sur les fichiers et sur les réseaux sociaux, les fichiers e-mail, etc. À quoi servent les primaires ? En règle générale aussi, à se faire des banques de données, si j'ose dire. Or, YouTube, j'ai découvert ça tout à l'heure en préparant l'émission, c'est la première chaîne de télé en France en temps d'antennes consommées. Donc si vous avez une influence très forte sur sur les réseaux et notamment sur les canots vidéo, les surprises peuvent survenir alors qu'on ne les a pas vies. D'ailleurs l'Arcom se pose la question d'intégrer dans ses calculs de temps d'antenne... Ils se font plus que se poser la question.
Le texte a été envoyé au Conseil constitutionnel et ils attendent. Ça va être compliqué à évaluer parce qu'on ne parla plus d'équité mais d'exposition, c'est très compliqué. Ils disent qu'ils sont prêts, on verra. On verra bien. Le vote par région dans une minute. Un dernier mot là Je crois qu'il y a une dernière chose qu'on n'a pas évoquée, c'est-à-dire que oui il est tard mais en l'état pourquoi il y a tous ces gens encore candidats dans le bloc central parce que le vote utile n'a pas été fait ça a été dit mais parce qu'il est rationnel admettons que vous soyez plutôt attaliste il est rationnel en état que vous ne lâchiez pas encore en disant bon ben en vrai je serais prêt à me rallier à Edouard Philippe ou si vous êtes un supporter de Bruno
Retailleau même chose parce que je vous disais les sondages envoient un message aussi aujourd'hui et c'est aussi les rapports de force dans une future coalition qui
les électeurs ils s'en ficheront parce que les électeurs qui veulent échapper au duel Mélenchon-Le Pen y trouveront celui ou celle d'entre tous ceux là qui leur paraît être la meilleure garantie est ce que c'est Edouard Philippe ben justement c'est ce que les sondages nous montrent à l'heure actuelle alors notre enquête 12 mille personnes interrogées je le rappelle c'est beaucoup ça nous permet de vous proposer une carte des fiefs des principaux candidats on dévoile cette carte tout de suite avec Stéphane Duguay sondage donc passionnant qui livre des résultats par région Stéphane et qui montre qu'il n'y a pas une seule France. Exactement, ce sondage explique les intentions de vote en fonction de plusieurs critères dont la région de l'électeur et de sa condition sociale.
Alors si le premier tour avait lieu dimanche prochain, on va le voir Marine Le Pen ferait des gros scores dans la majorité des régions de France, mais elles se performent dans trois régions en particulier. Les Hauts-de-France, 44 % des intentions de vote, le Grand Est, 43%, et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, 42%. Un vote qui correspond bien aux régions où le RN est fort, où de nombreux parlementaires, députés, sénateurs ont été élus. Marine Le Pen séduit particulièrement les électeurs des petites villes et des communes rurales, où elle recueille entre 43 et 45 % des intentions de vote au premier tour. Beaucoup plus qu'en Ile-de-France, on le voit à Walnor O'Kahiré, que 22 % des intentions de vote. Et on peut dire que c'est l'inverse du candidat insoumis, Jean-Luc Mélenchon.
Eh oui, Jean-Luc Mélenchon, lui, il est fort dans les grandes villes et dans les grandes Métropole, l'Ile-de-France est l'endroit où il obtiendrait le pourcentage de voix le plus fort que dans les autres régions. 26 % des voix pour le candidat insoumis. De manière générale, dans les grandes métropoles françaises, en moyenne, 23 % des électeurs veulent voter pour le candidat de de la France insoumise, et ça s'explique. Par le vote des 18-24 ans, un peu moins de la moitié, 45%, choisissent Jean-Luc Mélenchon et l'ancien député insoumis est aussi plébiscité par les cadres des grandes villes. Devant Edouard Philippe et devant Marine Le Pen, les cadres qui vivent dans les grandes villes. En revanche Marine Le Pen elle capte les voix de la majorité d'électorats ouvriers interrogés
dans ce sondage là pour le coup très loin devant Jean-Luc Mélenchon. Alors on s'intéresse maintenant à Edouard Philippe qui séduit plutôt les électeurs de l'ouest de la France. Et oui la candidature d'Edouard Philippe séduit dans les pays de la Loire, on le voit en Bretagne mais aussi en Ile-de-France. Dans les pays de la Loire il recueillirait 21 % des intentions de vote. En Bretagne c'est 20 % comme en Ile-de-France c'est au-dessus de sa moyenne nationale qui est à 17%. Des résultats portés par les plus âgés, les plus de 75 ans préfèrent Edouard Philippe. Alors il préfère Edouard Philippe légèrement devant Marine Le Pen mais très très loin devant Jean-Luc Mélenchon et le vote dans les pays de la Loire par exemple s explique aussi par une tradition
électorale très ancrée au centre droit et à droite dans cette région. C'est d'ailleurs là que Bruno Retailleau recollerait son meilleur score. Dernier élément, au deuxième tour, au second tour de cette présidentielle, on rappelle que c'est une photographie au mois d'octobre à l instant T, c'est logique régionale, elle se renforce. Et oui, dans l'hypothèse d'un deuxième tour, Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon, la candidate du RN recueillerait 76 % des voix en Bourgogne-Franche-Comté, 74 % des voix dans le Grand Est, ça fait près de trois quarts des personnes interrogées, c'est simple. Elles gagneraient d'ailleurs dans toutes les régions si on regarde cette carte. n'y a d'ailleurs qu'en Ile-de-France où l'écart est le plus resserré
puisque c'est là que Jean-Luc Mélenchon recueillerait lui 46 % des voix. Et dans l'hypothèse où c c'est Édouard Philippe qui se qualifie pour le second tour. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? L'écart se resserre ? Alors ça se resserre mais Marine Le Pen garde l'avantage. Elle obtiendrait par exemple 62 % des voix en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 61 % dans les Hauts-de-France, 159 % dans le Grand-Est, on voit que plus de la moitié des électeurs la plébiscitent aussi, donc Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté dans les mêmes régions qu'au premier tour. Édouard Philippe lui remporterait la bataille en Ile-de-France avec 60 % des intentions de mais aussi en Bretagne et dans les pays de l'Atoire. A noter une limite au résultat de second tour par région que je viens de donner,
il n'intègre pas une autre donnée très intéressante de ce sondage. Près d'un tiers des personnes interrogées n'ont soit pas fait leur choix, soit veulent voter blanc ou nul à la prochaine présidentielle. Merci beaucoup Stéphane, c'était très détaillé. Avez-vous encore quelque chose à ajouter Gaëlle ? Qu'est-ce qu'on peut dire de plus ? Stéphane a dit beaucoup mais peut-être il me passe la balle, il me fait une passe décisive sur son dernier rebond, c'est-à-dire cette affaire d'un tiers des électeurs selon les deux hypothèses face à Mélenchon ou face à Philippe. C'est très important. Ça veut dire qu'au aujourd'hui, ce qui montre que le match n'est pas joué, non seulement on est à six mois, un sondage n'est pas un pronostic,
mais ce qui montre que le match n'est pas joué, c'est que Marine Le Pen ne dépasse les 50 % auprès des gens qui comptent voter dans aucun des deux cas de figure. Il n'y a pas aujourd aujourd'hui en France, plus de 50 % de Français qui nous disent j 'irai voter et je voterai Marine Le Pen. Parce qu'il y a encore beaucoup d'indécis. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui nous disent j'irai voter, mais je réserve encore mon choix, j'hésite entre la peste et le choléra parce que Jean-Sébastien le rappelait pour une majorité d'électeurs, c'est ça le paradoxe. Ils ne veulent pas de Marine Le Pen présidente. Et pourtant, dans notre intention de vote... Et ils ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon. Ils ne veulent pas non plus ce deuxième tour. Ils ne veulent pas d'Edouard Philippe.
Pour l'instant, ils sont dans cette situation. Ils disent mais quel est ce cauchemar où on me propose une offre politique et un futur président, une future présidente dont je ne veux pas. C'est ce qui explique qu'il y a encore cette incertitude qui est très forte. D'ailleurs on va regarder en détail, c'est l'un des éléments encore intéressants, il y en a beaucoup mais celui-là vraiment aussi, c'est le report des voix au second tour. Je vais les prendre moi. Hypothèse Glucksmann, alors si Mélenchon est en second tour, comment les électeurs de Raphaël Glucksmann se comporteraient. Ils voteraient Mélenchon à 29%, Marine Le Pen à 8 % et 63 % effectivement disent blanc, nul ou abstention. Ce qui n'est pas possible. 'est-à-dire que si on me demande de faire un pronostic, ce qu'on ne fait jamais,
je vous garantit qu'on n'aura pas 63 % des électeurs luxemaniens qui diront, ils seront nombreux à voter blanc ou nul ou s'abstoyer parce qu'ils n'aiment ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon. Mais on ne sera pas à 63%. Donc c'est une belle illustration de cette idée qu'il y a des réserves. Et si c'est le cas Édouard Philippe au second tour, là à l'inverse ils sont déjà aujourd'hui 64 % à dire on votera Édouard Philippe. Ce qui est un signe. Vous avez deux candidats de gauche et pourtant l'électorat de l'un des deux candidats de gauche, c'est pareil d'ailleurs dans l'autre sens, nous dit je préfère encore voter pour le candidat qu'ils considèrent être de droite parce que c'est le cas pour Édouard Philippe à leurs yeux.
Et bien ils disent je préfère encore voter pour ce candidat de droite plutôt que pour mon cousin de gauche Jean-Luc Mélenchon. Autre cas de figure, on continue de dérouler. C'est le cas Jean-Luc Mélenchon en second tour. Que font les électeurs d'Édouard Philippe ? Ils sont très peu nombreux à dire on voterait Mélenchon, 7%. 28 % iraient voter Marine Le Pen. Là encore ils sont près des deux tiers à dire leur indécision. Un peu le même raisonnement que pour les électeurs de Bluxmann. On en aura moitié moins qui ne se prononceront finalement pas et ça veut dire qu'ils se répartiront dans les mois à venir. Et si c'est Edouard Philippe qui est au second tour, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, il voterait à 36 % pour Edouard Philippe, en tout cas c'est ce qu'ils disent aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'on peut dire avec ces chiffres-là, je commence avec vous Benjamin Morel, de cette idée de barrage républicain ? Ça n'existe plus du tout, ça existe encore dans certains cas de figure, c'est... Alors ça veut dire que souvent le barrage républicain il se décrète chez l'électeur au dernier moment on prenait les dernières élections législatives au fond, les sondeurs avaient très bien fait leur travail mais le soir du premier tour, il y a des projections de demi-cycle bleu marine. Finalement, le Front républicain se ressaisit et circo par circo, pas seulement parce que les partis jouent ce jeu-là, mais également parce que les électeurs acceptent de le jouer. Néanmoins, on a un Front républicain qui est passé en quelques années du béton armé au carton pâte.
Et vous prenez les dernières élections législatives, en gros l'électorat de gauche a fait barrage plutôt clairement, le lectorat du centre c'est moins évident. Une partie du lectorat centriste avait piscine dans les secondes tours RN contre NFP. Et donc ce barrage républicain, il continue à marcher, mais surtout dans un sens. Jean-Sébastien ? Je crois que si barrage il y a, il y en a plutôt deux. C'est ce qu'on a vu lors des dernières législative, un barrage contre LFI et un barrage qui reste dans une certaine France. La carte est intéressante, mais elle serait intéressante plus dans le détail parce qu'il se trouve que juste avant la dissolution, j'avais commandé une projection mais pas à des sondeurs, à des gens qui connaissent circonscription par par circonscription.
Contrairement à ce que les sondages nationaux disaient, il n'y avait aucun scénario où le Rassemblement national pouvait avoir une majorité même pas relative. Parce que vous avez une France où il est très implanté, il y a une France de l'Ouest, par exemple où il n'est pas du tout en bretagne les 27 circonscriptions il y avait zéro député il de france 27 circonscription zéro député français fin territoire enfin département d'outre-mer 0 député bref et la marche est très haute pour lui parce qu'il faut que sur cette france là où il n'est pas du tout dans des législatives mais pour une présidentielle c'est un peu différent parce qu'il ya un mouvement en revanche moi je pense que c'est plus vraiment le franc républicain
qui compte c'est la question de la compétence est ce que je veux de l'offre politique parce qu'on peut ne pas penser que Marine Le Pen représente un danger fasciste on peut ne pas penser que Jean-Luc Mélenchon est antisémite et se dire pour autant je ne veux pas de la politique qui l'entendrait mener vis-à-vis de l'Ukraine ou de la politique fiscale qu'il entendrait mener je ne pense pas que leur offre soit convaincante sur les retraites c'est ça c'est que Marine Le Pen notamment elle s'est beaucoup normalisée en revanche elle n'est peut-être pas encore perçue comme tout à fait à la hauteur des autres candidats vous n'êtes pas forcément fan des sondages de second tour Valérie Nataf pourquoi ? parce que je n'y crois pas tant qu'on n'a pas je vais sortir une banalité tant
qu'on n'a pas la ligne de départ du premier tour et les résultats du premier tour je ne crois pas pardon Gaël c c'est pas du tout faire injure à votre travail je sais bien je répondrai je sais bien que voilà vous faites une photographie mais il y a tellement de choses il y a tellement dynamique tellement d'inconnus même psychologiquement et d'ailleurs pour rebondir à la fois sur ce que sur ces sondages de second tour et sur ce que vous disiez vous parlez de raison jean-sébastien la la raison qui conduirait telle ou telle à choisir la compétence ou la moindre détestation moi je crois que la La politique, c'est une affaire de passion et qu'il n'y a pas beaucoup de rationnel. Il y en a bien sûr, mais la part du rationnel
et la part du passionnel ont beaucoup bougé ces derniers temps parce qu'il y a polarisation, parce qu'il y a radicalisation et que c'est aussi pour ça que je ne crois pas au sondage de second tour. Et c'est aussi pour ça, pardon, que quand vous dites « Je ne crois pas à 63 % des électeurs de Raphaël Luxemann qui ne se déplaceraient pas ou je ne sais plus bien des électeurs d'Edouard Philippe qui ne se déplaceraient pas. » Je ne sais pas si ce sera dans ces proportions, mais je pense qu'on va être très étonné si par hasard le second tour oppose Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il va se passer quelque chose d'assez... Je ne sais pas comment l'appréhender, mais c'est au-delà de la gueule de bois. Il va y avoir une espèce de tétanie dans le corps électoral, me semble-t-il.
– Je pense que vous avez raison, on ne ne savent pas, et il y a eu beaucoup d'études qui ont été faites par des sociologues qui ne savent pas dans quel état, apprécier l'état psychologique dans lequel ils sont justement, par exemple... – Allez, il nous reste 30 secondes, Gelsima, on va continuer à faire des projections de Oui, l'intérêt des sondages de second tour est le même que celui des premiers tours. Soyons clairs, à six mois du scrutin, ce serait un hasard quasiment qu'on retrouve dans six mois le résultat du premier tour. En revanche, dire partir de sondage de premier tour qui donne c'était le cas il y a un an, Marine Le Pen déjà largement en tête en disant qu'elle est la favori de la présidentielle alors qu'à l'époque dans les seconds tours elle était battue par Édouard Philippe
c'est une erreur et donc le fait d'avoir un premier tour qui n'est pas une qui n'est pas un pronostic et un second tour qui en est encore moins un ça je suis d'accord avec ce que vous dites je pense que c'est intéressant il faut les deux merci beaucoup à tous à toutes d'avoir participé à ce débat donc cette enquête elle est à retrouver évidemment sur publicsénat .fr sur les sites aussi de nos confrères de la presse quotidienne régionale ou du nouvel obs et benjamin morel votre livre achetez le bien sûr crise politique crise de régime aux éditions odile jacob je vous dis à très bientôt sur l'antenne de publicsénat c'est l'heure du second débat de ce sens public consacré à l'accord en passe
Marine Le Pen