Étienne Blanc : « Il faut une coalition avec les États-Unis pour détruire le régime iranien »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Etienne Blanc, bonjour. Merci d'être notre invitée. Vous êtes sénateur à l'air du Rhône. Vous avez beaucoup travaillé sur la question du narcotrafic. C'est de vos travaux qu'est née la loi de lutte contre le narcotrafic. On va y revenir dans quelques instants. Mais d'abord, on commence par les une de la presse régionale qu'on va regarder ensemble. D'abord, la une de l'Est Républicain. Privé de salon, les vaches à la maison. En raison de la dermatose modulaire, toutes les vaches absentent du salon de l'agriculture. 2026 est une première depuis la création de l'événement il y a 62 ans. La deuxième une, c'est Ouest-France.
Notre démographie en berne, quelles conséquences ? Première, là aussi, depuis la Seconde Guerre mondiale en 2025. Les décès sont supérieurs aux naissances. Cette baisse de natalité qui affecte notre économie, notamment l'éducation. Et puis la dernière une, c'est celle de la dépêche sur la colère de la rue en Iran. Un régime sous pression, malgré une répression féroce qui fait des centaines de morts. La mobilisation ne semble pas faiblir. « Trump va-t-il intervenir ? Est-ce la fin du régime des mots-là ? » Ce sont les questions posées en une du journal. De quelle une avez-vous envie de nous parler, Etienne Blanc ?
– De quel événement parmi ces trois ? C'est évidemment pour moi l'Iran. Nous assistons aujourd'hui, dans le monde, à un évanouissement des principes démocratiques qui ont construit l'Europe, qui ont construit nos systèmes démocratiques, nos systèmes de liberté. Et je pense que l'Iran, c'est l'exemple même d'un régime dictatorial. Donc moi je suis très très clair. Je pense qu'à un moment, il faut cesser de parler et il faut agir. Et quand le président Trump dit « moi je vais agir », je pense qu'il a raison. On ne peut pas assister à ces exécutions de masse. On ne peut pas assister à ce qui va se passer dans les heures qui viennent.
Un jeune qui a été jugé sans avocat, qui a été jugé sans principe contradictoire, et qui va être exécuté, on attend cette décision d'une minute à l'autre. Le monde ne peut pas assister à ça.
Et l'Union Européenne doit agir aussi.
Ça appelle pour la France une véritable réaction. Cette démocratie du verbe, elle doit se transformer, elle doit devenir une démocratie de l'action, pour la France et pour l'Europe. Aujourd'hui l'Europe est d'une impuissance invraisemblable, vis-à-vis du régime iranien, et ça je le regrette.
Mais qu'est-ce qu'elle peut faire, qu'est-ce qu'elle doit faire ?
Elle doit, avec les États-Unis, participer à une coalition, s'il le faut, pour aller détruire les centres névralgiques. Mais bien sûr, aujourd'hui il n'y a pas d'autre solution que celle-ci. Les Mollahs ne nous entendront pas. On va compter sur leur clémence ? Ça ne veut strictement rien dire. Il faut frapper sur des centres névralgiques pour affaiblir ce système. Et le grand événement nouveau, c'est que désormais la rue, malgré les risques, elle est là. C'est des milliers d'Iraniens qui disent on n'en peut plus. Mais il faut que l'Occident profite de cela. et que l'on mette à bas ce régime qui, depuis une quarantaine d'années, se livre à des actions qui sont invraisemblables.
On reçoit régulièrement, en tant que parlementaires, des représentants de la diaspora iranienne en Europe. Mais quand ils nous expliquent ce qui se passe, c'est insupportable. Et l'Europe ne peut pas se contenter du verbe des mots et rester les bras ballants devant cette situation invraisemblable.
– L'actualité en France, c'est la colère des agriculteurs. On l'a vu dans le journal Les Tracteurs de la FNSEA qui quittent Paris après les réponses de Sébastien Lecornu, le Premier ministre qui a annoncé hier une loi d'urgence avant l'été. C'est la bonne réponse pour vous ?
– Écoutez, beaucoup d'agriculteurs me disent, bon c'est une loi de plus, on va voir ce qu'il y a dans cette loi. Mais est-ce qu'une loi peut régler les problèmes fondamentaux de l'agriculture ? C'est quoi aujourd'hui les problèmes de l'agriculture ? Nous sommes dans une économie qui est mondialisée et l'agriculture a été inscrite dans cette mondialisation. Je rappelle que le général de Gaulle a voulu qu'il y ait une politique agricole commune. À l'époque, il avait fait la chaise vide pour l'imposer.
À partir du moment où on rentre dans ce système-là, on est en concurrence en Europe avec d'autres pays d'Europe et avec les traités internationaux, avec l'agriculture d'autres pays sur d'autres continents. Ils font attirer les conséquences. Les conséquences c'est quoi ? D'abord, il faut qu'on soit à égalité de concurrence. Ils utilisent des produits qu'on n'a pas le droit d'utiliser. Il faut régler la question. Soit on a la règle par le traité en disant on vous interdit d'importer en France, en Europe, des produits pour lesquels vous avez utilisé des molécules toxiques ou alors on les autorise en France. On ne peut pas rester dans cette situation de concurrence absolument déloyale.
Et puis la deuxième chose dont parlent les agriculteurs, ils sont accablés de normes, accablés de normes, de contrôles. Ils m'expliquent déjà, on passe nos journées dans nos ordinateurs à répondre à des questions, à nous justifier. C'est un véritable sujet. L'excès de normes...
On l'entend depuis des années, pourquoi on n'arrive pas à régler ça ?
Mais il y a quelqu'un qui l'explique très très bien, c'est David Lissard. C'est aujourd'hui, dans la vie politique française, c'est le seul discours libéral construit. Et il a son fois raison. On n'arrête pas d'empiler des normes. On a un événement, on a une situation, on y répond par des textes, des règlements, des lois. C'est plus ça aujourd'hui. Aujourd'hui, il faut prendre l'entreprise, comprendre pourquoi elle ne peut plus fonctionner librement et ensuite détruire des normes inutiles. Il va falloir travailler à la hache. Parce que depuis 40 ans, on en stocke, on les empile. Parfois, d'ailleurs, on fait une réglementation nouvelle qui est contraire à la réglementation existante.
On n'articule pas tout ça et on arrive à des non-sens. Les paysans n'en peuvent plus.
Sébastien Lecornu qui fait face cet après-midi à deux motions de censure sur cette question du Mercosur. Est-ce que ça a un sens, selon vous ?
La motion de censure ? C'est ridicule. Tout le monde sait aujourd'hui qu'elles ne seront pas adoptées. Donc c'est de l'esbrouf, c'est de la communication. Non, moi je pense que…
Votre parti a un temps envisagé de le censurer sur cette question du Mercosur, si jamais il votait pour.
Oui, s'il avait voté pour, mais je pense qu'il ne serait pas allé au bout. Moi, j'écoute mes collègues députés. Ils ne souhaitent pas aujourd'hui une censure qui déboucherait sur une dissolution. C'est une évidence et on comprend bien pourquoi.
Ça veut dire que la menace agitée par Sébastien Lecornu de faire des législatives au même jour que les municipales, ça a marché ?
Elle a marché, oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Je regarde aujourd'hui les réactions des socialistes, je regarde les réactions des centristes, je regarde les réactions dans ma famille politique. Oui, c'est une arme nucléaire, la dissolution. Moi, j'ai été député pendant une quinzaine d'années. Vous redoutez la dissolution. Surtout quand vous êtes dans une majorité fragilisée avec une opinion qui ne vous comprend plus. À la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y avait un rejet de la politique menée par Nicolas Sarkozy. Mais on redoutait tous une dissolution.
Ça veut dire que si pour faire passer le budget, Sébastien Lecornu utilise le 49-3, utilise des ordonnances, il n'y aura pas de censure de la part d'ERR ?
Je ne pense pas. Aujourd'hui, je ne pense pas. En tout cas, les députés LR ne le souhaitent pas. Et M. Lecornu, qui est assez habile, je le reconnais. Il avait un petit sourire d'ailleurs en écoutant le président Larcher tout à l'heure qui veut dire beaucoup. Et parfois, le sourire veut dire plus qu'un grand discours. Et je crois qu'il a parfaitement compris cette situation.
On va passer à l'actualité du Sénat. Etienne Blanc, vous êtes à l'origine de la loi de lutte contre le narcotrafic. Et si, hier, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, était auditionné par les sénateurs, il a fait un point sur cette loi narcotrafic.
La loi narcotrafic, vous savez, ce texte adopté à l'initiative du Sénat l'année dernière et qui prévoit plusieurs mesures fortes. Les élus ont voté pour la création d'un nouveau parquet national anticriminalité organisé. La fermeture des commerces qui blanchissent l'argent de la drogue. Le texte prévoit aussi des quartiers de prison sécurisés pour les narcotrafiquants ou encore des techniques d'enquête renforcées. L'objectif de la loi, c'est de sortir la France du piège du narcotrafic, selon vos mots, Étienne Blanc.
La loi a été promulguée l'été dernier, mais les sénateurs ne sont pas contents.
Non, selon eux, trop de décrets d'application n'ont pas encore été pris par le gouvernement, ce qui veut dire que la loi n'a pas encore produit tous ses effets. Selon les calculs du Sénat fin décembre, seulement 14% des décrets nécessaires avaient effectivement été adoptés par l'exécutif. C'est trop peu, Auriane.
Et alors, qu'a dit le ministre pour sa défense ?
Il a rappelé que le PNACO, le parquet national anticriminalité organisé, avait bel et bien été lancé. Le 5 janvier, d'ailleurs, vous recevrez sa nouvelle patronne dans quelques instants, Auriane. Laurent Nunes a tenu hier rappelé que tout n'avait pas commencé avec la loi narcotrafic de l'année dernière. Écoutez-le. J'avais l'impression, quand j'avais été entendu par le Sénat sur le 50-1, que la lumière s'était allumée dans mon bureau au mois de septembre 2024. Non, non, ça fait... Moi, je peux en témoigner. Ça fait 10-15 ans qu'on travaille sur les stups. Sous le quinquennat de M. Hollande, on a fait plein de choses. Sous les deux quinquennats du président, on a continué et on continue.
Et Laurent Nunes qui a aussi déclaré que les mesures de police administratives prévues dans la loi ont bien été mises en œuvre.
Il a donné des chiffres, Auriane. Selon le ministère de l'Intérieur, 1 682 interdictions administratives de paraître sur les points de deal ont été prononcées par les préfets. 96 fermetures de commerce soupçonnées de blanchiment ont également été décidées. M. le sénateur, quel bilan vous dressez, vous, personnellement, de cette loi narcotrafic ?
Elle commence à produire des effets. Incontestablement, quand on rencontre les maires, ce qui est le travail essentiel des sénateurs, ils vous disent, les fermetures de commerce, c'est vraiment très utile. Les interdictions de paraître, c'est aussi très utile. Et puis les résiliations de beau. Une famille de dealers dans un quartier, ils ont un bail social, on résilie le bail et la famille est chassée de ce quartier pour cesser son trafic. Donc, incontestablement, il y a une avancée. Non, moi, j'ai écouté tout à l'heure M. Nunes, quand il dit, mais la lumière ne s'est pas allumée dans mon bureau au mois de juin 2025, quand le texte a été voté.
Moi, je crois que si, nous avons eu des gouvernements successifs qui ont regardé impuissant la place que prenait le narcotrafic en France. C'est ici au Sénat que deux sénataires...
– Oui, il dit qu'il y a des choses qui ont été faites, notamment sous François Hollande.
– Bien sûr qu'il y a des choses qui ont été faites, il ne faut pas non plus être totalement manichéen.
– Mais pas à la mesure de la place que prend le narcotrafic en France.
– Ce n'était pas à la mesure de l'Église. 50 morts à Marseille en 2023. Et appartenant, ça appelait un texte. Et ce que nous avons dit au Sénat, et ce que j'ai expliqué dans le débat à l'occasion de l'article 51, mais il a fallu que ce soit une initiative parlementaire. Et ça devrait poser une question, mais ça la pose à tout le monde. C'est le travail d'un gouvernement, ça. Le gouvernement, il est connecté avec la réalité. Pourquoi a-t-il fallu attendre que ce soit au Sénat qu'on dise, mais non, ils font une grande loi sur le sujet. Alors après, on pourra dire, mais vous savez, ce n'est pas le seul sujet.
On a un gouvernement qui regarde une dette à 3 400 milliards, on va être à 140 milliards de déficit budgétaire. Oh, finalement, on accepte, on regarde ça un petit peu comme ça. On a un problème démocratique profond. Et je veux dire, ce qui a été fait, ici au Sénat, ça justifie de l'existence du Sénat. Parce que les sénateurs, le Sénat, il est en contact direct avec une réalité de terrain. Et l'impression que l'on a, c'est qu'aujourd'hui, on a un gouvernement qui est déconnecté, on le voit sur l'agriculture. Et on voit à l'Assemblée nationale beaucoup plus d'idéologie que de pragmatisme. La marque du Sénat, c'est une institution physiocrate.
On comprend les réalités physiques et on apporte des réponses.
– Juste pour revenir sur le narcotrafic, on voyait que seulement 14% des décrets nécessaires ont été pris par le gouvernement. Qu'est-ce que vous dites ? C'est normal, c'est comme ça que ça se passe en général ? Ou vous dites, le gouvernement traîne un peu des pieds ?
– C'est ce que je vous disais il y a quelques instants. C'est le droit, l'administration, le règlement a pris le pas sur la réalité des choses. Donc vous avez des décrets qui tournent, de ministère à l'autre. Vous avez le Conseil d'État, bien sûr, qui se prononce. Et vous avez un gouvernement qui fait du droit et qui passe son temps à faire du droit. Donc il fait des normes. Donc il crée des administrations au service des normes et on les empile. Et à un moment, il faut une réaction rapide. Et cette impuissance publique d'agir rapidement, c'est une marque de notre démocratie. contemporaine. Mais je crois qu'on est à bout de souffle. Les Français, ils attendent...
Les agriculteurs, vous allez voter un texte, mais vous allez voir les délais d'application. Parce qu'on va vous dire, oui, mais il y a une réglementation européenne, il faut s'y soumettre, etc. C'est ça le sujet aujourd'hui. Les Français n'acceptent plus et ne comprennent plus le monde politique parce qu'il est impuissant face à une masse de réglementations, de normes et de contraintes. Et le politique n'arrive plus à en faire façon.
Donc je pense que les grandes réformes démocratiques qui doivent s'ouvrir désormais, la situation complexe de la France, c'est ça, être plus réactif, plus rapide, ne pas s'affranchir des normes, bien sûr, mais mettre en place un système qui permet d'agir vite et d'agir efficacement.
Un mot, parce qu'on l'a vu lors de vos travaux, les narcotrafiquants, ils s'adaptent et ils ont quelque part souvent une longueur d'avance. Est-ce que la loi qui a été promulguée l'été dernier, elle est suffisante ou est-ce que vous dites déjà qu'il va falloir réfléchir à d'autres mesures ?
– Alors, vous savez, les narcotrafiquants, ils s'adaptent au monde qu'on leur impose. Donc ils vont trouver des échappatoires et ils vont s'adapter à ce texte. Dans ce texte, il y a plusieurs choses. D'abord, on a permis de mieux comprendre comment marche le système. Le narcotrafic, c'est comme Carrefour ou Lidl. Vous avez un consommateur, vous avez quelqu'un qui décide d'une chaîne d'approvisionnement. Quand on a compris ça, il faut la détruire totalement. Il faut taper au haut du spec, mais il faut aussi s'adresser au plus près sur les points de deal, ceux qui transportent l'argent, qui transportent la drogue.
Donc là-dessus, notre texte répond à une lutte contre tous les maillons de cette chaîne qui est une chaîne complexe. Et puis la deuxième chose, si on veut bien comprendre comment ça marche et si on veut cibler ceux qui sont à l'origine de ce trafic, il faut rentrer dans l'entreprise. Si vous ne rentrez pas dans l'entreprise, vous ne connaissez pas les noms, les comptes bancaires, les entreprises, vous ne connaissez pas les flux, par où ça passe, etc.
Donc quand on a mis en place avec Jérôme Durin un système qui permet de développer le statut des repentis, quand vous aurez une tête de réseau qui dira « oui, écoutez, finalement, je dis tout à la police » et qui va expliquer comment ça se passe, pas seulement en France, mais sur l'océan Atlantique, dans le golfe du Niger, comment ça se passe dans la mer des Caraïbes, en Amérique du Sud, quand il expliquera comment les flux d'argent sale circulent avec les crypto-monnaies, etc., là, vous serez efficace. Je constate que les décrets d'application, d'ailleurs, sur ce sujet-là, ne sont pas encore pris. Gérard Dalmanin dit « c'est compliqué ».
C'est vrai que c'est très complexe, je le comprends, mais il faut aller vite. Puis le deuxième sujet, c'est les infiltrés. Pas les infiltrés, c'est les indicateurs et les informateurs. Le petit dealer dans son quartier, mais il sait d'où vient la drogue, il sait où elle est stockée, il sait où est stocké l'argent. Il faut que la police puisse continuer à le laisser agir, alors qu'il dit tout, alors qu'il explique, il permet ensuite à la police de comprendre le système. Donc, pour répondre à votre question, quand on fait évoluer le statut des repentis, quand on fait évoluer le statut des indicateurs, on fait un travail remarquable. En revanche, ça va prendre du temps.
Ces organisateurs, ils sont dans les Émirats du Golfe, ils sont en Afrique du Nord, ils sont en Amérique du Sud. Donc, c'est compliqué, il faut de la coopération internationale, il faut faire des écoutes, il faut faire du renseignement, il faut les suivre, les observer. Oui, ça va prendre du temps. La seule question qui vaut, est-ce qu'on a mieux armé nos services régaliens pour lutter contre ça ? – Et la réponse ? – Je crois que oui, on les a mieux armés. Maintenant, ils ont les outils, donc les douanes, les services de renseignement, notre marine, etc. Ils doivent les utiliser, ils doivent nous dire, pour répondre à votre question, là, ce n'est pas suffisant, il faut aller plus loin.
– On reçoit, si vous la rappelez, dans quelques instants, la nouvelle patronne du PNACO, le Parquet national anti-criminalité organisée, c'est une des mesures phares de cette loi. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire à Vanessa Perret ?
– Je dirais deux choses. La première, la création du PNACO, elle a été un peu contestée. Les Girs disaient, oui, mais on va être dépossédés, – Ce sont les juridictions régionales. – Non, les juridictions régionales. – Donc, voilà, comment est-ce qu'elle va prendre cette place ? Comment est-ce qu'elle va s'imposer ? Et puis, deuxièmement, ce qui m'intéressera à moi, c'est de savoir quels seront les choix qu'elle fera, quelles sont les affaires qu'elle va cibler, notamment à l'international. Voilà. Comment est-ce qu'elle va coopérer avec la DEA aux États-Unis, avec Europol, avec Interpol ? Comment est-ce qu'elle va choisir les affaires les plus significatives ?
Et là, ça n'est pas facile, parce que les criminels les plus puissants, ils sont dans un monde occulte, ils sont dans un monde pas. Comment les repérer ? Comment les diagnostiquer ? Comment est-ce qu'elle va s'y prendre ? Parce que pour être efficace, il faut bien cibler.
– On lui posera ces questions dans quelques instants. On va voir, parce que les maires, ils sont aussi impactés, évidemment, et ça, vous l'avez beaucoup montré dans vos travaux par cette question du narcotrafic. On va à Montpellier. Bonjour Sébastien Cote, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes adjoint à la sécurité, à la mairie de Montpellier. Montpellier, vous avez décidé de fermer dans plusieurs secteurs de la ville les épiceries de nuit à 22h, du jeudi au dimanche. Ça fait la une du midi libre. D'ailleurs, ce matin, alors, il y a des questions de nuisances sonores, mais est-ce que aussi, ce choix, vous l'avez fait pour lutter contre le narcotrafic ?
– Bonjour, oui, très clairement. Et vous me permettez, effectivement, de rendre hommage au travail qui a été fait par la commission d'enquête, présidée par Jérôme Durin, et dont Étienne Blanc était le rapporteur, parce qu'effectivement, ils ont bien mis en exergue que dans toutes les villes, et toutes les villes sont concernées, nous sommes confrontés depuis une quinzaine d'années à une prolifération de ce que moi j'appelle des commerces non désirés. C'est-à-dire que dans une rue, vous allez avoir deux, trois, quatre épiceries, j'y rajouterai quelques barbeurs, quelques ongleries, dans lesquelles vous avez très peu de clients.
Ce sont des commerces qui cumulent, je dirais, tous les problèmes, trafic de cigarettes, trafic de protoxyde d'azote, et qui très clairement, alors ce n'est pas le haut du spectre, mais c'est une manière à coût de milliers d'euros tous les jours, de dizaines de milliers d'euros chaque semaine, c'est une manière de blanchir. Et donc, avec le maire de Montpellier, Michel Delafosse, on a dit stop, on n'en peut plus, les riverains n'en peuvent plus. Donc, effectivement, avec les pouvoirs de police qui sont les nôtres, nous avons décidé de limiter les ouvertures de ces épiceries nuits parce qu'elles engendrent beaucoup de nuisances et effectivement, elles sont une des parties du narcotrafic.
Je le rappelle, très régulièrement et à Montpellier, en un an, trois victimes, trois morts dans des épiceries nuits qui ont été incendiées. incendiées parce qu'elles sont l'objet de luttes entre des groupes sans doute parce que c'est très lucratif.
Vous comprenez cette décision, Étienne Blanc ?
Bien sûr. C'était une réponse à M. Nunes. Ce n'est pas d'hier qu'il y a des épiceries nuits, des ongleries, etc. Et il a fallu un texte au mois de juin 2025, d'initiative sénatoriale, comme je le disais, pour les faire fermer beaucoup plus facilement, pour interdire leur activité. On ne l'a pas découvert. C'est le système de blanchiment le plus connu.
Sébastien Côte, est-ce que cette question du narcotrafic, c'est une question qui s'invite dans la campagne des municipales ?
Bien sûr. Je pense qu'effectivement, chacun doit prendre ses responsabilités. Les maires doivent prendre leurs responsabilités. Bien sûr, les collectivités locales ne sont pas en charge de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Mais je pense qu'en lien avec la préfecture, en lien avec la police nationale, nous pouvons agir. Pourquoi est-ce que le préfet de Léros en 2025 ? Nous avons le record grâce à un préfet qui était très actif. Nous avons eu 80 fermetures administratives d'épicerie de nuit. 80, c'est plus d'une par semaine. Pourquoi ?
Parce que nous travaillons main dans la main la police municipale, la police nationale pour dresser des procès-verbaux, voire toutes les infractions et je le répète, ils les cumulent contre vente de cigarettes, vente de protoxyde d'azote, trafic de stupéfiants, donc vente d'alcool à des mineurs, etc. Donc, bien évidemment, nous pouvons agir et je pense que les maires doivent se saisir de tout leur pouvoir et surtout, travailler main dans la main avec la préfecture, la police nationale. C'est un enjeu de société. Moi, je ne suis pas d'accord avec le ministre que j'ai entendu. Cela fait 15 ans que cela prolifère.
Nous avons perdu 15 ans et le rapport sénatorial le pointait extrêmement bien et je suis, je dois vous dire que je découvre ce chiffre, 14% des décrets d'application, je suis stupéfait. C'est-à-dire que nous avons encore perdu, allez, presque un an.
Merci Sébastien Cotte, merci d'avoir été avec nous, adjoint à la mairie de Montpellier, en charge des questions de sécurité. On parlait des municipales, on va continuer à en parler des municipales chez vous à Lyon. Étienne Blanc, on va aller. Bonjour Francis Egalmeyer, merci d'être la rédacteur un chef adjoint au progrès. On va faire un point avec vous sur la campagne des municipales à Lyon. Francis et Jean-Michel Aulas, l'ancien président de l'OL, qui semble faire la course en tête.
Oui, bonjour Ariane, bonjour toutes et à tous. On peut dire que Jean-Michel Aulas a créé la surprise en déclarant sa candidature et puis, depuis cette déclaration, il fait la course en tête. Lui qui devrait être le outsider puisque c'est le nouvel arrivant, aujourd'hui, c'est le favori pour cette élection de mars prochain. Je voulais profiter la présence du sénateur Étienne Blanc qui connaît effectivement très bien Lyon, qui a été candidat lui-même à l'élection municipale lors du dernier scrutin. Il y a des proches à lui qui sont peut-être de liste, je pense à Béatrice Demonti notamment.
Ce qu'il pense d'un projet comme le projet du tunnel sous Fourvière, sachant que lors de la dernière élection, le débat s'était focalisé autour de l'anneau des sciences, qui était un gros projet structurant de contournement, c'est un peu le serpent-mer à Lyon. J'aurais aimé avoir son sentiment dessus. Est-ce que c'est une prise de risque ? Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que c'est un projet réalisable ?
Incontestablement, c'est un sujet. Depuis des temps immémoriaux, quand nous avons les grands départs en vacances, on annonce à Lyon le bouchon de Fourvière, 5, 10, 15, 20, parfois 50 km, on va pratiquement parfois jusqu'à Villefranche-sur-Saône où on a des encombrements. C'est un véritable sujet. Est-ce que c'est
la bonne réponse ?
Moi, dans ma campagne électorale, j'avais proposé cela. Ce n'était pas tout à fait le même tracé, ce n'est pas tout à fait les mêmes conditions. Il y a deux solutions. La première solution, vous faites un tunnel sous Fourvière. La deuxième solution, vous améliorez le contournement de Lyon sur l'Est. Moi, je pense que la priorité des priorités aujourd'hui, puisque les voies existent sur l'Est, c'est d'améliorer les flux sur l'Est. Pourquoi ? Parce que la construction d'un tunnel, la recherche des financements, on sera à plus de 4 milliards d'euros qu'on va demander à l'agglomération lyonnaise de financer. Dans les circonstances financières actuelles, ça me paraît extrêmement difficile.
Donc, je suis de ceux qui pensent que l'idée n'est pas sotte, qu'elle mérite d'être travaillée, mais que la réactivité et la rapidité, c'est plutôt, en l'état actuel des choses, d'investir sur l'Est de manière à faciliter le contournement de Lyon. Et puis, continuer à travailler ce dossier, trouver des concessionnaires, trouver surtout les moyens techniques qui pourront permettre de réduire les coûts. Parce que les coûts sont très élevés. Dès qu'on creuse, on est dans la nappe fréatique de Lyon, et puis ensuite, il y a un problème, c'est qu'il faut avoir des échangeurs à l'entrée du tunnel, et puis il faut en avoir à la sortie. Donc, ce sont des coûts qui sont extrêmement importants.
Un mot, et tiens... Pardon, allez-y, Francis.
Oui, il y a le tracé, de toute façon, il y a l'entrée et la sortie qui se trouvent pas loin de Saint-Fond et qui posent problème également, puisqu'on est dans une zone de PPRT. Donc, toutes ces conditions, et en plus, le projet, nous, nous avons interrogé des spécialistes, c'est plus de 4 milliards. C'est vraiment un projet plus élevé que ce qui est annoncé pour l'instant.
Mais je pense qu'il faut y travailler parce que l'idée n'est pas sotte. C'est une idée très ancienne. Gérard Collomb avait proposé l'anneau des sciences. Ce n'est pas une idée totalement sotte, mais elle mérite d'être... C'est une campagne électorale. Elle a l'avantage de poser les questions et de permettre ensuite
de travailler les dossiers. Un mot rapidement, Étienne Blanc, campagne électorale dont vous avez carté, Jean-Michel Hollat, s'il vous juge trop à droite. Est-ce que lui, vous jugez qu'il fait une campagne trop à gauche ?
Écoutez, quand il me suspect d'être trop à droite, il n'a pas complètement tort. Je ne sais pas si vous avez remarqué mes prises de position. Moi, voilà, je suis arrivé à une période de ma vie politique où je fais preuve d'une certaine franchise, je dis mes idées. Alors, est-ce qu'il fait une campagne qui vous est écartée ? Comment ?
Vous avez compris qui vous est écartée ?
Écoutez, moi, j'ai été très, très clair. J'ai dit, si vous avez besoin de moi, je suis à votre disposition. Je ne demande aucun poste. Par plagier le général de Gaulle, mais ce n'est pas 72 ans que je vais commencer une carrière de conseiller municipal. Vous comprenez ? Voilà, bon. Donc, je lui avais expliqué ça très, très clairement. Il a besoin de moi. Il me sollicite, je l'aide et je lui ai proposé de l'aider sur deux sujets. Sur la lutte contre le narcotrafic, parce que quand vous voyez ce qui est en train de se passer à Lyon, il est temps de réagir, là aussi.
Et deuxièmement, sur les finances, j'avais dit, il faut faire à la métropole de Lyon ce que nous avons fait avec Laurent Wauquiez à la région, c'est-à-dire 15% d'économie pour pouvoir investir, investir sur les bâtiments, investir sur le paysage urbain. Il a estimé que ça n'était pas un homme de droite de faire cela. C'est son choix. Mais je le dis très clairement, moi, je voterai pour Jean-Michel Lasse parce que la priorité des priorités, c'est de mettre un terme à cette expérience des Verts et de l'extrême-gauche que les Lyonnais ne supportent plus.
Merci beaucoup. Merci Francis Hegelmeyer. Merci Francis d'avoir été avec nous et merci Étienne Blanc d'avoir été notre invitée. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage Société Radio-Canada
Étienne Blanc