François Hollande, un an après son élection
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 43 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:11OuverteRéponse partielle
Pourquoi la faible popularité de Hollande s'explique-t-elle notamment par les co-gouvernementaux et les paroles excessives de Montebourg ?
- 2:34ComplaisanteRéponse partielle
Renaud Delis, pouvez-vous répondre à cette question précise ?
- 3:33RelanceRéponse partielle
Guillaume Roquette, votre avis sur le rôle de Montebourg dans l'impopularité de Hollande ?
- 4:57OuverteRéponse directe
Roland Quairol, pourquoi cette dichotomie entre le personnage Hollande et le culte du chef de la Ve République ?
- 11:31OuverteRéponse partielle
Pourquoi la presse est-elle si dure avec Hollande et ne l'a pas été avec Sarkozy lors de la première année de son mandat ?
- 11:47ComplaisanteRéponse partielle
Première réponse factuelle : la crise économique a démarré plus tard sous Sarkozy.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« 40 minutes plus tard, tout le monde était fixé, comme l'avaient prévu les sondages d'ailleurs. »
- 3:01InvitéFait
« François Hollande, depuis un an, a pris des décisions qui sont impopulaires. »
- 3:19InvitéFait
« À partir du moment où vous choisissez de vous attaquer au déficit public, d'augmenter les impôts massivement pour ce faire, que vous prenez un certain nombre de décisions difficiles, et que les résultats ne sont pas là ou ne sont pas encore là, l'impopularité de François Hollande n'a fait que se creuser depuis un an. »
- 3:34InvitéFait
« Le cas Montebourg est un point important qui explique le déficit des popularités du président de la République parce que c'est un révélateur. »
- 9:50InvitéFait
« François Hollande, dans sa campagne, avait promis 3% de déficit en 2013. Ce ne sera pas atteint, on le sait, ce ne sera pas avant 2015. »
- 9:57InvitéFait
« Il avait promis une croissance d'1,8%. Il n'y en aura pas. »
- 10:40InvitéChiffre
« Ce qu'on appelle la rigueur, c'est la Cour des comptes qui le dit, c'est que l'effort de réduction des déficits, tout plus exactement, de ralentissement des dérives, il est fait à 84% en 2013, à 84% par des hausses d'impôts. »
- 11:15InvitéFait
« Il y avait une situation antérieure, il y a eu un choc fiscal en sens inverse, c'est-à-dire sous le moment de le quinquennat précédent. »
- 22:10InvitéChiffre
« Le fameux petit pacte de croissance, finalement de l'ordre de 60 milliards d'euros à ce moment-là. »
- 27:56AuditeurFait
« mon ennemi c'est la finance »
- 29:23InvitéFait
« mon ennemi c'est la finance »
- 29:27InvitéChiffre
« l'annonce derrière d'une taxation à 75% des revenus au-delà d'un million de gains »
Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 227 %
- Invité 319 %
- François Hollande15 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 24 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter. Le téléphone sonne. Vos questions au 01 45 24 7000 ou sur franceinter.fr.
Bonsoir. Il y a un an, jour pour jour, à cette heure-là, 19h21, on avait dans les rédactions une idée assez précise de la tendance. 40 minutes plus tard, tout le monde était fixé, comme l'avaient prévu les sondages d'ailleurs. François Hollande était élu président de la République. Un an plus tard, où en est-il ? Où en est la France ? Car les deux questions sont intimement liées, tant le concept « l'État, c'est moi » est toujours de mise en France, dans cette cinquième République, où l'incarnation du pouvoir par un seul homme est si importante.
Alors quand l'État ne va pas bien, évidemment, le président est en difficulté, à la fois dans la réalité, dans les sondages et dans la presse, en témoignent d'ailleurs les quotidiens et les hebdos de ces derniers jours. Hollande, l'homme seul pour Libération, par exemple, ce matin. Hollande, le coup de pompe pour Corée Internationale. « Encore quatre ans », s'interroge le Figaro Magazine. « Il nous fait honte aux hausses valeurs actuelles. » Enfin, repartage en Corrèze, dernier bastion du hollandisme, titre à rien perfide, le Figaro. Voilà, coincé entre une double opposition droite, bien sûr, et gauche radicale.
Tiraillé entre ce que veut la rue, ce qu'impose l'Allemagne, bloqué par le manque de marge de manœuvre budgétaire, plombé par l'affaire Cahuzac, c'est une situation pour le moins inconfortable, face à laquelle François Hollande observe une sérénité apparente, genre après la pluie, le beau temps, qui rend d'ailleurs fou certains de ses adversaires, d'où les invectives qui s'abattent sur lui. Restent les questions sur cette première année de quinquennat, et les questions pour l'avenir, vos questions à nos invités. Renaud Delis, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur. Bonjour Renaud. Bonsoir. Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine. Bonsoir. Bonsoir.
Il n'y a que des directeurs autour de cette table. Roland Quirole, directeur de recherche au Centre de Recherche Politique de Sciences Pôle, Cébipof, et directeur du Centre d'études et d'analyse. Bonsoir Roland Quirole. Bonsoir. Merci à vous trois d'être avec nous. Et bien sûr, nous allons direction le standard à Montauban. On va commencer par Montauban avec Alexandre qui nous y attend. Bonsoir Alexandre.
Oui, bonsoir. Ma question est la suivante. J'aimerais savoir si la faible popularité du président Roland ne s'explique pas, notamment en raison des co-gouvernementaux et des paroles des fois excessives de son ministre Arnaud Montebourg.
Alors, savoir si la cote de popularité s'explique, notamment. Le notamment est intéressant. Il y a beaucoup de raisons pour cela. On va étudier celle-là. Renaud Delic, est-ce que vous pouvez répondre à cet auditeur qui pose cette question précise ?
Alors, notamment, sûrement, mais je ne pense pas que ce soit la raison principale. C'est-à-dire que ce qu'il a appelé, ce que l'auditeur a appelé à juste titre les couacs, et qu'il y en a une multiplication, donc une forme parfois de désordre à la tête de l'État, ça a participé de l'impopularité du pouvoir. Mais ça ne me semble pas être la raison essentielle. La raison essentielle est assez simple à mes yeux. C'est que François Hollande, depuis un an, a pris des décisions qui sont impopulaires. Donc, ces décisions-là, ces choix qu'il a faits, le rendent un peu plus impopulaire.
Et ces décisions sont impopulaires dès lors que les résultats attendus, en l'occurrence sur la scène économique et plus particulièrement dans la lutte contre le chômage, en tout cas, ne sont pas là un an après. Donc, à partir du moment où vous choisissez de vous attaquer au déficit public, d'augmenter les impôts massivement pour ce faire, que vous prenez un certain nombre de décisions difficiles, et que les résultats ne sont pas là ou ne sont pas encore là, l'impopularité de François Hollande n'a fait que se creuser depuis un an. Guillaume Roquette ?
Moi, je pense que le cas Montebourg est un point important qui explique le déficit des popularités du président de la République parce que c'est un révélateur. C'est le révélateur de la difficulté qu'a François Hollande à choisir entre deux lignes. Une ligne sociale libérale, pour faire court, et une ligne dirigiste, la gauche à l'ancienne, qui croit que l'État peut encore nationaliser une entreprise quand ça s'impose. Une gauche qui vient un peu dans la nostalgie des années Mitterrand, pour faire court.
Je pense que François Hollande, lui, est convaincu que cette politique-là n'est plus de saison, mais comme toute sa majorité n'a pas la même conviction, eh bien, il donne des gages, un jour à Moscovici, l'autre jour à Montebourg, pour faire court et pour caricaturer un peu la situation. Et cette espèce de confusion, cette difficulté à tenir un cap précis, explique largement son impopularité. Et ça veut dire qu'il n'arrive pas à prendre le virage social-démocrate, ouvertement social-démocrate, sans s'intéresser à l'aile gauche ? Mais il y a des... C'est-à-dire que ça dépend ce qu'on met derrière ce terme social-démocrate. C'est un peu compliqué. C'est plutôt social-libéral, d'ailleurs.
Alors voilà, en fait, en gros, M. Hollande est un homme raisonnable, parce qu'il a compris qu'on ne pouvait pas laisser filer indéfiniment les déficits. Il n'est pas raisonnable, de mon point de vue, quand pour diminuer les déficits, ou plus exactement pour freiner leurs dérives, il ne fait qu'augmenter les impôts. Je pense que la frontière, elle est là. Elle n'est pas sur, faut-il une politique raisonnable ou non ? Elle est sur comment on la finance. Est-ce qu'on la finance par une baisse des dépenses ou par une augmentation des recettes ?
Roland Quairol, je vous pose la même question, une question plus spécifique pour le politologue. François Hollande, comme les autres présidents de la 5ème, ne rechigne pas totalement à endosser le costume, celui du chef de l'État. Mais on l'imagine aussi, côté style, à la tête d'un gouvernement social-démocrate, pourquoi pas, à la Scandinave, genre sérieux, simple, sans esbo, et surtout sans ce culte du chef, soigneusement entretenu par l'esprit même de la 5ème République. Est-ce qu'il n'y a pas là un malentendu, une dichotomie entre le personnage Hollande et ce culte du chef généré par la 5ème République ?
Écoutez, je ne suis pas absolument sûr de ça. Quand les sondeurs arrêtent de poser des questions et qu'ils font simplement parler les gens, on appelle ça des études qualitatives, on les laisse s'exprimer. Et ils disent, je suis content ou je ne suis pas content de ce que vient de faire Hollande depuis un an. Et qu'on leur dise pourquoi, en quoi. Il y en a extrêmement peu, mais vraiment extrêmement peu, qui parlent de politique, qui nous disent l'autorité insuffisante, qui nous disent les couacs gouvernementaux, qui nous disent même les mesures ou les décisions prises par Hollande. On a plutôt une déferlante qui est sur la situation lourde de l'économie et du chômage.
On a des gens qui nous disent, bon, il avait promis, ils l'ont entendu, il ne l'a pas forcément dit. Mais ils ont cru l'entendre dans la campagne électorale, dire qu'il allait réduire le chômage. C'est ça que ça voulait dire pour eux. Le changement, c'est maintenant. C'était d'abord ça. Il va y avoir de l'emploi. Beaucoup de gens, y compris parmi les électeurs de gauche, avaient fini par penser que la crise dont on parlait sans arrêt, c'était quand même essentiellement la faute de Sarkozy. Et que ça allait mieux une fois qu'on se serait débarrassé de Sarkozy. Et ils constatent que non seulement ça ne va pas mieux, mais pour eux, ça va même plutôt plus mal.
Et c'est plutôt ça que les gens mettent en avant. Cette espèce de sourde attente non satisfaite. Comme si le désenchantement, c'était maintenant. Et ça ne veut pas dire qu'il condamne la personne de Hollande. Peut-être vu dans les sondages, d'ailleurs, il est toujours personnellement plutôt bien vu comme homme. Sauf sur le point de l'autorité, justement.
C'est pour ça que je vous posais la question. Ça, on ne l'a même pas.
Franchement, c'est plus grave que ça. Ce qu'on met en doute maintenant, à titre personnel, c'est sa compétence. Et compétence veut dire est-ce qu'il peut nous sortir de la crise ? C'est quand même ça le point principal. Les gens se remettent à dire un mot qu'ils avaient beaucoup dit dans les années 50-60. Est-ce qu'on va pouvoir s'en sortir ? Et s'en sortir, ça fait une opinion extrêmement attentive et qui manie le doute en permanence. C'est est-ce que vraiment, il sait où il va ? Comment il nous emmène ? Le tournant social, libéral ou pas, il n'est pas encore complètement compris par les gens. Sauf par l'aile gauche de sa majorité dans l'opinion.
Il y a aujourd'hui une vraie opposition qui se crée dans l'opinion, ce qui est entre un tiers et la moitié de ces électeurs de gauche de l'élection présidentielle et qui sont aujourd'hui encore plus déçus que les autres. Mais pourquoi a-t-on oublié,
puisque vous parliez de la campagne, que ce que François Hollande avait dit clairement, alors peut-être pas assez, il avait dit qu'il faudrait faire des efforts pendant deux ans et qu'on récolterait les fruits des efforts, de nos efforts, dans deux ans seulement. Pourquoi l'oublier aujourd'hui ?
Je crois qu'il y a un paradoxe sur lequel Roland Carole a mis le doigt à l'instant, mais qui est juste et qui en même temps est aisément compréhensible. C'est vrai que François Hollande a mené l'année dernière la campagne probablement la moins dispendieuse, la moins généreuse, la moins coûteuse d'ailleurs de tous les candidats socialistes à l'élection présidentielle depuis le début de la Sécurité publique, qui avait finalement très peu de promesses. Il n'y avait pas, par exemple, de création de nouvelles allocations, ce qui était toujours des totems dans les diverses candidatures de candidats socialistes, à la présidentielle, et qui avait cette notion déjà d'effort, de rigueur.
C'était déjà une campagne sociale libérale ou en tout cas sociale démocrate. Et moi, je pense qu'il y a pour le coup cette ligne, il s'y tient. Je ne pense pas que ce soit un problème de ligne et de cap, et je ne crois pas que François Hollande soit perçu aujourd'hui comme un socialiste archaïque, pour reprendre les termes parfois affublés à cette étiquette-là, et étatiste et dépensier.
En revanche, il y avait une attente dans l'opinion qui, même si elle n'était pas explicitement exprimée par François Hollande de façon, encore une fois, grossièrement généreuse, voire un peu laxiste, si j'ose dire, d'un point de vue financier, eh bien, les gens attendaient ça de lui parce que simplement, c'était résumé par ce mot qui était changement. C'est-à-dire que le slogan, c'était le changement, c'est maintenant. Ensuite, à partir du moment où vous faites toute votre campagne présidentielle sur ce slogan-là, le changement, c'est maintenant, les électeurs, ils mettent dans ce changement ce qu'ils veulent y mettre.
Surtout, ce qu'ils veulent y mettre, même si François Hollande ne précisait pas exactement, parfois sur certains thèmes, ce qu'il comptait lui y mettre. Les attentes des Français, elles étaient là et elles demeurent un an après. Guillaume Roquette, relativement rapidement, est-ce qu'on va retourner au standard ? Oui, moi, je suis un peu moins indulgent que l'Odélie. François Hollande, dans sa campagne, avait promis 3% de déficit en 2013. Ce ne sera pas atteint, on le sait, ce ne sera pas avant 2015. Il avait promis une croissance d'1,8%. Il n'y en aura pas. Donc, moi, je pense qu'il avait caché la gravité de la situation aux Français et les Français lui en veulent aujourd'hui.
Et c'est lui qui a laissé cette idée infusée dans l'opinion qu'il suffisait de changer le patron de l'Élysée et que les choses iraient mieux. À la vérité, il savait probablement que ça allait être plus difficile que ça. Et ensuite, le deuxième problème, c'est qu'il a pris quelques mesures, mais en fait, il n'y a pas une politique de rigueur ou d'austérité en France, contrairement à ce que tout le monde répète. Quand vous regardez ce qui se passe dans les autres pays d'Europe, en particulier d'Europe du Sud, sur les retraites, sur le nombre de fonctionnaires, sur le niveau des salaires même, là, il y a une vraie austérité. En France, il n'y en a pas.
Je vous rappelle que ce qu'on appelle la rigueur, c'est la Cour des comptes qui le dit, c'est que l'effort de réduction des déficits, tout plus exactement, de ralentissement des dérives, il est fait à 84% en 2013, à 84% par des hausses d'impôts. Et le reste, c'est-à-dire 16%, si je compte bien, ce sont des diminutions de dépenses. Donc aujourd'hui, qu'est-ce que c'est que l'année 1 de Londres ? C'est un choc fiscal massif qui, pour l'instant, ne fournit pas d'autre effet que de nous plonger en récession. Juste un choc fiscal qui vient...
Il faut juste rappeler qu'il y avait une situation antérieure, il y a eu un choc fiscal en sens inverse, c'est-à-dire sous le moment de le quinquennat précédent. Donc c'est vrai que forcément, il y avait, et ça, pour le coup, c'était annoncé dans la campagne, l'augmentation des impôts. Il avait fait campagne sur le fait qu'il allait augmenter les impôts, en tout cas pour une large frange des Français.
Bien, retour au standard du côté de Valence. Nous attend Dominique. Bonsoir Dominique. Bonsoir. Allez-y, posez votre question.
Ma question, il dit pourquoi la presse est si dure avec François Hollande et ne l'a pas été avec Sarkozy lors de la première année de son mandat ?
Bon, écoutez, nous avons deux journalistes à disposition, ils vont vous répondre, puis Roland Quairol, vous pouvez aussi donner votre opinion. On va comment... Guillaume Roquet, allez-y.
Alors, il y a une première réponse qui est factuelle, c'est que ce qu'on appelle la crise habituellement, ça démarre en 2008. Et donc, la première année du quinquennat de Nicolas Sarkozy était plus épargnée en termes de conjoncture économique que ce que nous vivons actuellement. Ça, c'est le premier point. Et le deuxième point, c'est que peut-être que l'espoir qui avait été placé dans Nicolas Sarkozy était moins fort ou peut-être il y avait eu moins de promesses à considérer. Rando Zeli. Oui, je ne suis pas convaincu. Je pense que... Effectivement, je suis d'accord avec Guillaume Roquet sur le fait que la crise économique s'est vraiment manifestée en France plus tardivement.
En revanche, le style de Nicolas Sarkozy a été très vite brocardé, critiqué fortement par la presse. Il faut reconnaître que l'intéressé y avait mis du sien. On ne va pas rappeler les multiples épisodes mais qui ont commencé quasiment dès le lendemain de son élection. Mais pour autant, c'est vrai que la presse aujourd'hui est dure, globalement, et très dure avec François Hollande. Mais moi, ça ne me choque pas. Je ne veux pas pousser des cris d'orfraie comme, souvenez-vous, sous le mandat précédent, on hurlait à l'anti-sarkozyme viscérale de la presse. Je pense que la presse, parfois, accentue des traits, elle force des traits, parfois même, ça peut se retourner contre elle.
C'est-à-dire, quand on verse trop dans la caricature, la critique devient un n'est plus crédible et qu'en l'occurrence, François Hollande n'est pas responsable de tous les maux qui accablent le pays, même si, en tant que président de la République, il est évidemment le premier responsable en chef. Donc, encore une fois, je pense que la presse joue un rôle assez marginal. On peut le déplorer, d'ailleurs, mais en tout cas, assez marginal, Lucie. C'est votre avis, Roland Quirole ? Pas tout à fait. Mon impression, c'est que la presse a besoin d'avoir des lecteurs.
Elle vit des moments extrêmement difficiles et que les peuplereux n'ont pas d'histoire et que c'est plutôt en cognant qu'on arrive à intéresser les gens. Là, une des hebdomadaires, d'une façon générale, est assez extraordinaire. Et ce qui est très étonnant, c'est que ce fameux Holland bashing dont on a parlé concerne pas seulement les magazines grand public de droite, il concerne aussi les journaux de gauche, Libération, Le Monde, très souvent Le Nouvel Observateur. On voit que le niveau de la critique a atteint des sommets parfois tout à fait surprenants quand on se dit que certains d'entre eux ont appelé leurs propres lecteurs à aller voter pour Holland.
et j'ai le sentiment et j'ai le sentiment qu'emporté en plus par les médias tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui, dominés par l'actualité immédiate et même celle qui va se passer comme on l'a sur les chaînes d'information ou sur Internet, il y a une espèce de course à la mode, à cette façon de désinguer le président, peut-être un des directeurs d'un de ses journaux, me disait les lecteurs ils croyaient qu'on était seulement anti-Sarkozy, ils vont voir qu'on est aussi anti-Hollande.
Et je suis même en train de me dire qu'ils sont peut-être arrivés à ce point extrême qu'évoquait Renaud et je me dis qu'on va peut-être changer de mode parce qu'au bout d'un moment on a compris qu'ils le trouvent nul et faible. Il faut qu'ils passent à autre chose.
Alors vous, quand vous êtes critique, vous avez une méthode que je n'ai plus remarqué ça depuis la rentrée qui est la méthode du point d'interrogation.
Quand les autres disent il est mauvais, vous vous dites est-il mauvais ? En l'occurrence et on peut d'ailleurs juger que c'est insuffisant on a fait si j'ai bonne mémoire deux couvertures d'une critique depuis un an sur François Hollande donc ça ne me semble pas excessif et c'est vrai qu'il y avait une première vague de Hollande bashing à l'été dernier à l'issue de laquelle nous nous avions posé la question de savoir c'était sur le gouvernement sont-ils si nuls ? D'ailleurs quand on lisait le journal on expliquait que c'était peut-être un petit peu plus compliqué que certains de nos confrères avaient pu le présenter. Le questionnement est encore plus suspect.
Mais je pense que la question il suffit de regarder les sondages de popularité et je sais que Roland Quirole les regarde avec acuité pour savoir que la question n'est peut-être pas totalement illégitime pour une bonne partie des français donc moi je pense je ne pense pas que c'est toujours l'histoire du thermomètre et de la fièvre c'est-à-dire que certes la presse joue un rôle qui peut être parfois caricatural qu'elle se caricature elle-même souvent il y a une course parfois une surenchère entre certains médias qui est gênante et qui est déplorable qui ne vend pas si bien que ça d'ailleurs en l'occurrence parce que s'il suffisait de critiquer vertement de caricaturer le pouvoir en place quel qu'il soit la presse après 5 ans d'anti-sarkozisme ne serait pas dans l'état de crise dans lequel elle est aujourd'hui.
il ne s'agit que de freiner à la chute je ne pense pas qu'aujourd'hui si la presse se mettait demain à chanter les louanges de François Hollande elle gagnera en crédibilité ça moi non plus alors pourquoi Guillaume Roquet écrivez-vous ce n'est pas dans mon intention
pourquoi écrivez-vous Guillaume Roquet dans la figure au magazine encore 4 ans point d'interrogation
qu'est-ce que vous voulez dire parce que nous pensons que le président de la république ne peut pas continuer encore 4 ans dans les conditions que vous avez vous-même explicité en introduction de l'émission c'est-à-dire un chômage qui augmente sans arrêt une cote de popularité qui bat des records un pays qui est entré en récession un pouvoir d'achat qui recule pour la première fois et une société française qui est fracturée par des mesures comme celle du mariage et de l'adoption pour les homosexuels nous sommes sur la 5ème république de toute façon il sera là encore 4 ans nous sommes parfaitement républicains donc nous ne disons pas qu'il faut que M.
Hollande s'en aille nous disons qu'il faut qu'il change et qu'il ne peut pas continuer encore 4 ans comme ça et nous essayons d'expliquer pourquoi c'est pour ça que nous avons fait aussi le bilan de la première année de François Hollande et d'expliquer que la dégradation de la situation économique est telle qu'il nous mène à la catastrophe ça c'est pas nous qui le disons c'est François Fillon dans une interview dans le même numéro
nous allons maintenant à Lyon où nous attend Pierre bonsoir Pierre
oui bonsoir oui j'ai une question à poser mais juste une toute petite chose par rapport à ce que tu viens de dire c'est monsieur Roquette je crois du Figaro peut-être que François Hollande nous mène à la catastrophe on ne sait pas on verra dans 4 ans par contre ce qui est sûr et certain c'est que Nicolas Sarkozy et François Fillon leur bilan c'est un fiasco c'est même pas un échec c'est un fiasco au bout de 5 ans et la preuve ils ont été battus puisque je rappelle que monsieur Sarkozy c'est le deuxième président qui a été battu dans toute histoire donc de la 5ème république donc je pense que le Figaro qui pour moi n'est pas un journal d'information mais un journal de propagande ferait bien de faire un peu plus preuve d'humilité et attendez
juste Guillaume à vous répondre sur le côté propagande je vous remercie
monsieur de ces amabilités dont je vous laisse la responsabilité si vous lisez le Figaro régulièrement ce qui vous arrive je l'espère jamais alors voilà c'est peut-être pour ça que vous avez les a priori aussi affirmés sur notre journal parce que si vous le lisiez cher monsieur vous verriez que nous essayons de faire la part des choses et à tel point que nous avons fait en tout cas au Figaro magazine quand François Hollande a annoncé un certain nombre de mesures en particulier en direction des entreprises nous avons fait une couverture qui s'appelait encore un effort monsieur le Président vous voyez
je refuse de lire un journal dont même Raymond Barr il disait que c'était la pravda de droite bien Pierre on va poser votre question je pose ma question
quand on fait
le bilan pour un homme politique si on veut être un peu dans l'objectivité est-ce qu'il ne faut pas faire deux grandes catégories une catégorie donc de promesses que l'on peut tenir parce que l'on ne concerne que soi comme le maillage pour tous le cumul des mandats le statut pénal du Président sans enjeu financier budgétaire voilà et une catégorie donc de promesses qui concerne donc soi-même où on a une part de responsabilité mais où il y a aussi les autres comme l'Union Européenne comme la mondialisation est-ce qu'on ne doit pas si on veut être donc très objectif faire deux catégories donc pour ce bilan une où l'on est seul et une où l'on est soi mais avec les autres aussi
dans un ensemble plus large notamment l'Europe oui c'était ça la différence que vous vouliez mettre en avant pas la différence budgétaire en tout cas les projets de loi qui ne coûtent rien de société et ceux qui coûtent d'accord bonne question intéressante Roland Quairol
ben oui c'est vrai que les marges de manœuvre d'un pouvoir national en Europe notamment sont des marges de manœuvre réduites toute une partie de la politique budgétaire monétaire financière se décide à 27 ou au moins au niveau de la zone euro et non pas seulement en France et c'est bien pour ça qu'on a vu Hollande à partir de septembre novembre dernier je dirais infléchir sa politique dans le sens que vous avez appelé social libéral ce qui me paraît assez bien correspondre à son positionnement l'un des problèmes qu'il a peut-être et je reviens en même temps à ce qu'on a dit sur l'opinion c'est que il l'a fait sans le clamer très fort vous savez c'est une vieille tradition des présidents de la république qui font un tournant on l'a connu avec Mitterrand après un an et demi deux ans de passage au pouvoir on l'a connu avec Jacques Chirac après deux ans de passage au pouvoir voilà deux présidents qui ont changé et ils nous ont pas dit qu'il changeait vraiment ils nous ont dit mais non c'est la même politique habillée un peu différemment et les gens le leur ont reproché énormément ils ont perdu les législatives suivantes l'un et l'autre à cause de ça et je trouve que François Hollande il a un tout petit peu trophée du Mitterrand ou du Chirac de ce point de vue si je peux me permettre cette approche critique à mon tour c'est qu'il fait du social libéralisme et la plupart de ses mesures sont dans ce droit fil et en même temps peut-être parce qu'il faut qu'il se garde à gauche qu'il se met à être la seule opposition réelle dans la rue au Sénat etc il ne le dit pas très fort il faut qu'on le comprenne et il lui manque peut-être une espèce de force dans l'expression de la ligne politique qu'il défend désormais ça aiderait peut-être un petit peu mieux les français y compris ses propres électeurs à se repérer dans ce qu'il est en train de faire
alors très bien et par rapport à la question de l'auditeur effectivement dans le bilan parmi les décisions qui ont été prises et qui concernent que la France décision autonome et puis le bilan
parmi les décisions qui dépendent de l'Europe je crois que la dimension essentielle dans la question de l'auditeur portée sur la conjonction internationale et sur le rôle de la France en Europe effectivement François Hollande a aussi été élu en tenant un discours de candidat qui consistait à dire qu'il allait contribuer à réorienter l'Union Européenne dans le sens de la croissance on se souvient du premier sommet d'ailleurs postérieur à son élection et de la façon dont il avait mis en avant le fameux petit pacte de croissance finalement de l'ordre de 60 milliards d'euros à ce moment-là c'est vrai que sur ce terrain-là un an après le changement c'est pas maintenant pour reprendre le slogan de campagne que le combat si j'ose dire continue on l'a vu d'ailleurs y compris ces derniers jours de façon caricaturale dans l'expression de la part de certains socialistes qui en s'exprimant comme ils l'ont fait n'ont fait que desservir d'ailleurs ce combat-là parce qu'après tout le débat le débat politique sur la politique à conduire en Europe et sur la nécessité de retrouver les chemins de la croissance et non pas de faire de l'austérité pour faire de l'austérité quand on voit que les pays qui ont adopté cette voie-là malheureusement plongent un peu plus chaque trimestre dans la récession ce débat-là il est légitime il existe dans d'autres pays il est porté par des pays du sud il est porté par l'Italie par l'Espagne mais il est aussi maintenant porté par les Pays-Bas par exemple qui ne passent pas pour un pays laxiste du sud de l'Europe mais au contraire pour un pays emprunt d'une autre tradition et qui lui-même ce que le gouvernement libéral néerlandais aujourd'hui envisage enfin sort déjà de cette logique de l'austérité il est porté en Allemagne même évidemment par l'ESPD mais pas uniquement par l'ESPD y compris certaines voix au sein de l'ACDU commencent à s'interroger on peut même imaginer que la proximité des élections allemandes au mois de septembre ainsi que peut-être Angela Merkel a lâché un peu de l'aise de ce point de vue-là pour des raisons peut-être purement électoralistes et internationaux d'ailleurs puisqu'elle n'est pas du tout assurée d'avoir une coalition gouvernementale à l'issue législative aujourd'hui donc ce débat-là il demeure légitime et c'est un débat économique et politique qui est évidemment d'actualité qu'il ne faut pas le porter comme l'a fait malheureusement comme l'ont fait de façon caricaturale en se tirant une balle dans le pied quelques socialistes qui ont écrit sur un coin de table quelques mots qui étaient diplomatiquement et politiquement caricaturés contre l'Allemagne c'est ça ?
contre l'Allemagne contre le fameux égoïsme d'Angela Merkel en revanche porter ce débat au fond Hollande l'avait promis il a commencé à le faire mais là-dessus il n'en est qu'aux prémices et c'est là-dessus aussi qu'il sera jugé à l'issue de son mandat Guillaume Roquette moi je pense qu'on se trompe si on croit qu'il y a une sorte de lame de fond en Europe pour en finir avec la rigueur pour faire court parce que la situation française est très spécifique les Allemands peuvent tenir ce discours parce que l'effort de rigueur ils l'ont fait et d'ailleurs c'est un social-démocrate qui l'a fait c'était Schroeder l'Italie l'Espagne le Portugal la Grèce depuis maintenant un, deux, trois ans mènent des politiques de rétablissement des comptes publics extrêmement vigoureuses le problème de la France c'est qu'elle veut s'affranchir de ce passage par la case il les plombe un peu plus oui mais il les plombe il les plombe le problème c'est que nous nous sommes plombés aussi puisqu'il ne vous a pas échappé qu'on était en récession cette année alors que nous n'avons pas fait ces efforts et je pense que c'est ça l'erreur et je pense qu'il y a une erreur d'analyse quand le pouvoir dit regardez nous avons été entendus puisque nous avons deux ans de plus pour revenir à l'objectif des 3% de déficit des comptes publics or si vous écoutez attentivement ce que dit la commission de Bruxelles elle dit la France de toute façon n'est pas capable d'améliorer ses comptes et donc on ne va pas lui demander de revenir aux 3% puisque comme il n'y a pas de croissance et qu'il n'y a pas de réelle baisse des déficits on n'est pas sur cette trajectoire de rétablissement des comptes publics donc je crains qu'il y ait une spécificité française et que du coup il y ait une tentative de création d'un nouvel axe entre Londres et Berlin qui mettrait la France un peu de côté ce qui est inquiétant pour la construction européenne
Message d'un auditeur par mail il nous dit le bilan de la première année de François Hollande n'est-il pas similaire à celui de Nicolas Sarkozy autrement dit un an après son accession au pouvoir les français ne sont-ils pas trop impatients quand on résulta et des résultats à court terme seraient-ils vraiment efficaces ? Roland Quirole ça c'est l'éternel problème du temps politique qui est long et du temps d'attente qui est court comment on en sort de ça ?
On n'en sort pas on n'en sort pas ou alors comme vous l'avez rappelé par le fait qu'on a les institutions de la cinquième république qui garantissent la stabilité du pouvoir pendant cinq ans que ça fasse plaisir ou pas en ce moment ça ne fait pas plaisir à la majorité des français il a la durée devant lui il sait qu'il va perdre les municipales l'année prochaine les européennes l'année d'après mais la grande élection nationale de rendez-vous pour le pouvoir c'est dans quatre ans il a donc toutes les possibilités de gouverner pour peu que sa majorité parlementaire le suive tout de même ou ne se dresse pas contre lui et en général c'est ce qui se passe sous la cinquième république le problème c'est qu'il a lui-même annoncé des échéances vous disiez vous-même il disait au début deux ans très dur et puis après on se mettra à voir il a lui-même réduit la distance en nous disant dès la fin de 2013 on va voir l'inflexion de la courbe du chômage il se crée lui-même là des difficultés possibles avec l'opinion remarquez il a l'air d'être sûr d'y arriver beaucoup d'économistes en doutent on verra bien mais ce qui est vrai c'est que il a maintenant et la seule chose qui peut non seulement le faire remonter dans les sondages ce qui n'est pas bien grave mais qui peut lui permettre de faire que la gauche soit dans une meilleure position à la présidentielle c'est des résultats la seule chose qui peut maintenant convaincre les gens c'est en effet qu'il y ait des créations nettes d'emplois que la courbe du chômage ne soit plus ce qu'elle est et je dirais accessoirement pour ce qui est de l'opinion que par ailleurs il continue à réduire les déficits s'il arrive à ça alors peu importe qu'il y ait eu ces mouvements incroyables de condamnations fortes beaucoup plus rapides que pour tous les autres présidents le seul avantage qu'il a c'est le temps dont il dispose maintenant
retour au standard à Poitiers avec Christophe bonsoir Christophe Christophe à Poitiers
vous m'entendez ?
moi je lui demande si la déception de la plupart des français sur le bilan de François Hollande au bout d'un an ne vient pas du fait qu'il n'y a pas eu ou qu'il n'y a pas du tout de politique et de mesures fortes contre la spéculation financière contre l'évasion fiscale il ne faut pas oublier que lors de sa campagne présidentielle le moment qui a été important pour Hollande c'est quand il a prononcé cette phrase forte qui est mon ennemi c'est la finance et c'est une phrase éminemment forte ennemi qui est un mot fort en lui-même c'est la finance donc c'est une phrase choc et qui a amené un mouvement au sein de la campagne présidentielle et qui a amené une attente or cette attente elle n'a pas été comblée sachant aussi que cette phrase implique une politique volontariste de gauche de lutte forte et concrète contre l'évasion fiscale n'oublions pas que le livre d'Antoine Payon était paru depuis bien longtemps déjà et donc il était diffusé présent et on revient en plus au contexte européen actuel c'est-à-dire que l'Espagne on a assez de la doxa qui veut mettre l'explication de la crise dans les déficits l'Italie aussi le Liba aussi l'Ontario a encore la chance de pouvoir faire un front européen
alors sur le moi je vais retenir concernant l'Italie on vient d'en parler je vais retenir la question de l'évasion fiscale je rappelle que demain en conseil des ministres sera présenté et adopté le projet de loi mettant en place le parquet spécialisé dans la lutte contre la faute fiscale et l'évasion fiscale alors est-ce que François Hollande a pris moi je vous pose la question je suis le relais de la question les mesures nécessaires
la critique me semble à la fois juste et excessive juste en ce sens que pendant la commune présidentielle le positionnement de François Hollande sur ces questions-là a été déterminant le discours du bourget mon ennemi c'est la finance mais aussi l'annonce derrière d'une taxation à 75% des revenus au-delà d'un million de gains ont joué sans aucun doute politiquement des rôles déterminants ils sont arrivés dans un contexte où après la crise financière des années 2007-2008 le krach etc et un certain nombre de révélations sur le train de vie en gros de toute une bulle financière qui sont apparues qui ont éclaté au grand jour et aux yeux des citoyens il y avait là-dessus une attente ne serait-ce que politique symbolique en termes de justice et à laquelle François Hollande a tenté de répondre pendant qu'il était candidat en avançant soit des formules soit quelques mesures telles que celles que j'ai évoquées un an après cette attente elle n'est pas satisfaite évidemment ce constat est tout à fait juste et on a le sentiment même que en gros Bercy fonctionne comme avant qu'il n'y a pas y compris d'ailleurs alors il y a eu évidemment l'accident j'allais dire Jérôme Cahuzac mais y compris sur ce terrain de la lutte contre la spéculation ou contre l'évasion fiscale il n'y a pas une inflexion claire qui semble avoir été mise en oeuvre depuis un an et pourtant si on compare ce que fait le gouvernement français par rapport à un certain nombre de ses partenaires européens on constate que le bilan n'est pas si mitigé que ça c'est à dire que la fameuse loi de séparation bancaire par exemple même si elle ne va pas aussi loin que ce qui avait été envisagé pendant la campagne présidentielle elle devance déjà le chemin sur lequel les britanniques s'engageront d'ici 2017 mais d'ici 2017 seulement même chose avec le combat pour la taxation des transactions financières qui avait été lancé préalablement à l'élection de François Hollande auquel combat auquel Nicolas Sarkozy lui-même avait participé et qui continue d'avancer et qui a été mis en avant par François Hollande donc sur la scène internationale de lutte contre la spéculation et contre l'évasion fiscale la France n'a pas à rougir me semble-t-il de son comportement par rapport à ce nombre de pays voisins d'accord oui moi je pense qu'il faut bien distinguer deux choses effectivement dans la lutte contre ce qui est une infraction c'est à dire le fait de manquer son argent à l'étranger là bien sûr l'état peut agir mais quand François Hollande a dit mon ennemi c'est la finance il est en fait impuissant par rapport au système dans sa globalité pour au moins deux raisons la première raison c'est qu'à partir du 1er octobre l'état au sens large n'est plus capable d'assurer ses 20 mois et quand je dis l'état c'est aussi on va dire le système de protection sociale en général et donc la France a besoin des marchés financiers pour payer ses fonctionnaires et assurer son fonctionnement donc c'est pour ça que ça peut pas aller très très loin la lutte contre la finance et puis la deuxième raison me semble-t-il c'est que François Hollande et à juste titre a décidé que la France devait rester un pays ouvert dans une union européenne dans laquelle la règle est la libre circulation des capitaux mais aussi la libre circulation d'installations et si des gens trouvent qu'ils payent trop d'impôts en France et qu'ils décident d'aller s'installer en Belgique dès lors qu'ils le font de façon officielle ils en ont parfaitement le droit donc quand on est social-démocrate ce dont je me réjouis en la matière avec les François Hollande on ne peut pas aller bien loin dans cette lutte contre cette finance qui est parfois un peu fantasmée en plus On peut peut-être essayer de faire en sorte que le compromis européen avance un peu plus vite et un peu plus loin parce que Hollande découvre comme les autres quand ils arrivent au pouvoir que l'Europe ce n'est pas une affaire gauche-droite c'est une affaire de compromis permanent entre les socialistes et les démocrates chrétiens et les conservateurs et il faut savoir y faire pour faire en sorte que les compromis aillent dans ce sens on ne peut pas lutter contre l'évasion fiscale en France seulement c'est évidemment d'abord une affaire européenne et sans doute mondiale et je trouve que la façon dont on a su mettre en avant ces derniers temps par exemple l'échange automatique des données bancaires entre les pays occidentaux si on aboutit à quelque chose là-dessus alors là on aura fait un grand pas
Roland Quirole puisque vous avez la parole je vous posez deux questions François Hollande défendait l'idée vous souvenez d'une société apaisée or la société française est toujours divisée tendue je sais que la question du mariage pour tous a joué un grand rôle là-dedans mais comment expliquez-vous qu'il n'est pas réussi à apaiser la société ou au moins la question du mariage pour tous et t'étais vraiment électrique
écoutez elle est peut-être apaisée dans un certain sens et pas dans l'autre c'est-à-dire que ce qu'on a plus c'est probablement cette espèce de hypertension permanente qu'avait donné au système politique le fonctionnement vibré autant de Nicolas Sarkozy de ce point de vue on sent quand même qu'il y a un plus grand calme dans les esprits et y compris dans les discussions du café et du commerce mais en même temps il y a des choses qui mettent en effet de l'attention dans la société française il y a le mariage mais il y a d'une façon générale le fait que la lecture de tout ce que les gens font de la politique aujourd'hui est d'abord politique c'est une chose qui me frappe énormément dans tous les sondages qu'on voit sur le bilan en général quand un président est discuté il est plutôt discuté disputé par les catégories populaires ou par les plus riches par les plus jeunes par les plus vieux c'est pas du tout le cas de Hollande il fait les mêmes scores dans toutes les catégories sociodémographiques du pays aujourd'hui dans les classes populaires comme dans les classes moyennes chez les plus privilégiés on le juge de la même façon même chose entre hommes et femmes même chose entre jeunes et vieux ça marche un peu mieux chez les jeunes mais pas tellement mieux le vrai clivage il est politique sur le jugement je voyais encore le dernier sondage TNS que j'ai reçu hier ou aujourd'hui on voit encore ça on voit que la majorité de ceux qui ont voté Hollande au second tour à 70% trouvent le bilan positif alors que c'est 88 ou 90% c'est ceux qui n'ont pas voté pour lui c'est à dire qui ont voté soit Sarkozy soit qui ne sont pas allés voter qui se sont abstenus et on a là quelque chose d'assez surprenant c'est que le clivage sur l'ensemble des problèmes avant d'être social avant d'être géographique avant d'être sexuel il est politique dans ce pays c'est intéressant et je crois que ça tient un élément juste brièvement c'est que je pense que la droite une bonne partie de la droite pense toujours qu'elle n'a pas perdu c'est à dire que souvenez-vous quand Nicolas Sarkozy a été battu heureusement Renaud Délia pour la lui rappeler je ne voulais pas vous faire de peine mais quand Nicolas Sarkozy a été battu souvenez-vous qu'on a entendu un certain nombre d'analyses expliquant des analyses vraies sur le plan arithmétique d'ailleurs que si on recomptait si on retirait les bulletins blancs François Hollande n'atteignait pas la majorité des suffrages des votants comme d'ailleurs Jacques Chirac en 95 mais on a eu ces analyses-là qui se sont développées que François Hollande finalement n'était pas forcément si légitime que ça que Nicolas Sarkozy avait vraiment perdu d'extrême justesse que s'il y avait eu une semaine de campagne de plus allez 15 jours il était évidemment élu bien sûr beaucoup d'autres autour de lui ont dit ça et ce que je veux dire par là c'est que ça ça a participé d'une forme de position surmotivée surgonflée qui encore une fois avait admetté à peine qu'elle était devenue l'opposition et qui n'en était pas forcément convaincue et qui a toujours mis en doute un petit peu la légitimité de Hollande au pouvoir et c'est très différent de la situation dans laquelle était la gauche au lendemain de sa défaite en 2007 où au contraire la gauche s'acharnait plutôt sur la candidate qui venait de perdre plutôt que contre le candidat qui venait d'être élu oui je crains que le délit ne prête aux leaders de la droite plus d'influence qu'ils n'en ont en réalité c'est pas parce qu'ils considèrent qu'ils n'ont pas perdu je crois que c'était une partie de l'ordre c'est pas parce qu'ils considèrent qu'ils n'ont pas perdu que les trois quarts des français disent qu'ils n'ont plus confiance dans François Hollande malheureusement c'est juste parce que les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances même si c'était juste on parlait des clivages partisans c'est-à-dire que la droite est surmobilisée contre François Hollande depuis le 6 mai au matin à zéro heure c'est vrai et c'est l'une des raisons pour laquelle le mariage et l'adoption homosexuelle l'ont divisé c'est que ça a plus rassemblé la droite que ça n'a rassemblé la gauche alors que c'était dans le programme de François Hollande
moi je voudrais juste faire un petit exercice à Roland Quirole parce que dans le Parisien ce matin certaines personnalités s'expriment alors elles s'expriment en leur nom sur François Hollande et ça n'engage qu'elle d'ailleurs Juliette Gréco la parole de Juliette Gréco par exemple n'engage que Juliette Gréco mais c'est une femme intelligente et sa phrase est très intéressante elle dit écoutez bien je ne suis pas encore déçu mais donc elle a voté pour François Hollande vous avez vous comme ça décelé une partie de l'électorat de François Hollande qui ne seraient pas encore déçus donc qui intégreraient l'idée qu'ils pourraient être déçus mais que finalement ça ne lui plairait pas d'être déçu
oui on a à la fois ça on a en effet beaucoup de gens qui disent aux sondeurs ouais ça va encore mais ce n'est pas l'enthousiasme si ça continue comme ça on sent qu'il va perdre encore quelques points dans les sondages dans les mois qui viennent indiscutablement mais il y a aussi parmi les gens qui répondent négativement des gens qui disent cela dit c'est encore bientôt pour juger donc on a encore une zone un peu grise un peu floue il va remonter un jour Hollande vous n'imaginez pas qu'à l'approche d'une présidentielle le porteur de la gauche va être à 24 ou 25% de popularité voilà ça va changer le problème est que de savoir comment à quel moment ça peut se passer et moi je crois qu'il lui faut des résultats
merci en tout cas Roland, Kérol, Guillaume Roquette et Renaud Delis on se retrouve demain pour un autre téléphone qui sera consacré à la question de l'évasion fiscale et de la fraude fiscale
François Hollande