Valérie Pécresse - On n'est pas couché 6 janvier 2007 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Vous avez été conseillère à l'Élysée auprès de Jacques Chirac. Comment comparez-vous votre parcours à celui de Ségolène Royal ?
- 0:36RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est la porte-parole de l'UMP qui parle, plus que la femme dans ces cas-là ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Vous lui reprochez aussi de ne pas serrer la main de ses adversaires parfois.
- 3:10FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est grâce au groupe Cookie Dingler que vous avez intitulé votre livre ainsi ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Par exemple, ça va toucher les couples, sur les congés parentaux. Est-ce que vous pouvez expliquer votre projet ?
- 5:37FerméeRéponse directe
C'est bien ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27PrésentateurFait
« C'est bien d'avoir fait l'ENA pour faire de la politique, M. Mac »
- 0:44PrésentateurFait
« Je crois qu'elle jouit aujourd'hui d'une très très forte popularité. »
- 0:52PrésentateurFait
« Et que les Français, quand même, sont très aveuglés par une très jolie image. »
- 1:27PrésentateurFait
« Pour moi, c'est pas de la politique. »
- 2:11PrésentateurFait
« Oui, alors ça, c'est quelque chose qui m'a énormément frappée. »
- 4:31PrésentateurFait
« on va travailler jusqu'à 65 ans. »
- 4:55PrésentateurFait
« Vous savez qu'en Belgique, il y a une prime de virilité. Quand un homme prend le congé parental, c'est mieux payé. »
- 5:26PrésentateurChiffre
« aujourd'hui, on a un chômeur sur deux qui est une femme. »
- 5:34PrésentateurPromesse
« il faut absolument aller vers un droit opposable. »
- 6:10PrésentateurPromesse
« J'ai convaincu Nicolas Sarkozy d'inscrire cette mesure dans le programme de l'UMP pour 2007. »
- 10:33InvitéFait
« Elle dit au début, je ne voulais pas faire de social parce que le social, c'est les femmes. »
- 10:51InvitéFait
« en fait, pourquoi l'avenir était aux femmes en politique. »
- 13:55PrésentateurFait
« moi qui ai quitté le domicile parental à 17 ans pour partir faire mes études »
- 15:32PrésentateurFait
« le jour où je me suis présentée aux portes de l'Élysée, c'était 6 mois après la dissolution de 1998. »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Présentateur 221 %
- Présentateur 318 %
- Invité17 %
- ?5 %
- Invité 22 %
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Porte-parole de l'ULP, députée des Yvelines. Et si tout à l'heure je vous ai, mais je n
'ai
pas été le premier comparé à Ségolène Royal, c'est que vous avez été conseillère effectivement à l'Elysée auprès du président de la République Jacques Chirac. Elle, c'était auprès de François Mitterrand. Et c'est
vrai
que votre parcours a quelque chose de commun. Elle a fait l'ENA, je crois. Vous aussi, vous êtes une énarque. Oui. C'est bien d'avoir fait l'ENA pour faire de la politique, M. Mac
?
Heureusement, on est quelques-uns de ne
pas
en avoir fait.
Je crois qu'en fait, pour une femme, en tout cas, c'est un sérieux atout. Parce que les hommes vous regardent en se disant, elle a fait des études, donc c'est une femme sérieuse. Vous êtes très dure avec Ségolène Royal. Est-ce que c'est la porte-parole de l'UMP qui parle, plus que la femme dans ces cas-là ? Non, je crois
que... Vous
dites qu
'elle
a un discours creux, que... Je crois qu'elle jouit aujourd'hui d'une très très forte popularité. Et moi, j'ai du mal à m'expliquer cette popularité, parce que j'ai l'impression qu
'on
ne la juge pas de manière objective. Et que les Français, quand même, sont très aveuglés par une très jolie image. C
'est
-à
-dire
qu'en fait, quand je lis vos déclarations en tant que porte-parole de l'UMP, je vous ai de moyen. Quand je lis votre bouquin,
je
vous aime mieux.
C
'est-à
-dire
que
j
'ai l'impression que là, dans ce bouquin, vous défendez vraiment des causes justes et intéressantes.
Et
que, certainement, parce que vous êtes porte-parole et bridé par ce que vous devez dire, et que vous ne parlez pas en votre propre nom, eh bien, manifestement, vous ne dites pas exactement ce que vous pensez. Le livre, c'est effectivement une occasion de le faire.
Parce qu'il y
a des tas de choses très contradictoires. Quand vous attaquez Ségolène Royal, parfois, sur le fait qu'elle use de sa féminité, etc. Et en même temps, quand vous dites, bah oui, mais être une femme politique, c'est pas si facile.
Je
dis, être une femme politique, c'est pas si facile. Mais je prouve par mon livre qu'être une femme politique, c'est travailler des sujets, être compétente, avoir des réponses aux problèmes des Français. Et
je pense que c
'est pas son cas. Et je pense qu'elle, aujourd'hui, c'est pas son cas. Je veux dire, quand elle dit aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre, c'est pas pour moi de la politique. Quand elle dit pas la même chose aux soldats de la finule qu'elle va voir au Liban, elle leur dit,
oh,
c'est scandaleux que vous soyez survolé par des Israéliens. Et que le lendemain, en Israël, elle dit aux Israéliens, c'est tout à fait normal que vous survoliez le Liban. Pour moi, c'est pas de la politique.
C
'est un langage diplomatique. Oui, enfin moi, j'ai vu beaucoup de présidents de la République, y compris François Mitterrand, pour lequel j'ai pas eu une affection débordante, aller à l'étranger. Et ils avaient le même discours quand ils étaient en Palestine et quand ils étaient en Israël. Vous lui reprochez aussi de ne pas serrer la main de ses adversaires parfois. Oui, alors ça, c'est quelque chose qui m'a énormément frappée. On peut être adversaire politique et pas être d'accord sur toutes les réponses à apporter au pays. Mais enfin, d'abord, on se respecte. Et en plus, quelquefois, on s'enrichit de nos différences.
Et quelquefois, sur certains sujets, c'est intéressant qu'on travaille ensemble, gauche et droite, à l'unanimité. Voyons, violence faite aux femmes, on a voté une loi à l'unanimité sur les violences conjugales, les mariages forcés. Et c'est moi avec Patrick Bloch, le secrétaire fédéral
socialiste.
On l'a porté ensemble. Et c'était très bien. Et je suis choquée, moi, quand je vois une responsable politique, qui plus est, qui veut être le président de tous les Français, refuser de serrer la main de Françoise de Panafieux, refuser aussi quand elle va au Chili, c'est encore plus révélateur, elle va au Chili soutenir Michel Bachelet, la candidate socialiste. Dans l'avion, il
y
a le candidat libéral chilien, elle est députée française, elle va au Chili, elle refuse de lui serrer la main.
Agnès ? Pasteur ne serrait jamais la main pour des questions d'hygiène. Peut-être qu'il avait toussé avant. Alors,
elle veut inoculer le virus à ses amis socialistes, mais certainement pas à nous, alors on est protégés. Est-ce que c'est grâce au groupe Cookie Dingler que vous avez intitulé votre livre ainsi ? Oui, c'était un clin d'œil parce que c'est le tube d'une génération, et puis aussi parce que je pense que
pour
faire de la politique, on doit être libérés. Je vous en offre un extrait. Alors,
le
fait que vous montriez, vous acceptiez de montrer que vous étiez capable de changer d'idée sur des sujets une fois que vous avez convaincu que vous aviez tort, ça c'est plutôt bien, plutôt que de s'entêter sur une mauvaise voie. Mais aussi, il
y a
des vraies idées concrètes. Et ça,
c
'est vrai que parfois en politique, on a tendance à reprocher ça, de ne pas entendre suffisamment de choses concrètes dont on peut parler dans la campagne. Par exemple, ça va toucher les couples, sur les congés parentaux. Alors, est-ce que vous pouvez expliquer votre projet
?
Oui, alors, je pense qu'effectivement, on est aujourd'hui dans une vie professionnelle qui va durer beaucoup plus longtemps parce qu'on va travailler très tard, on va travailler jusqu'à 65 ans. Et je pense qu'il faut qu'on intègre dans cette vie professionnelle l'idée qu'il y
aura
aussi des temps familiaux. Je pense que l'un des problèmes majeurs de la France d'aujourd'hui, c'est l'éducation des enfants. L'éducation quand ils sont tout petits, l'éducation à l'école, l'université, et aussi la famille qui doit jouer tout son rôle. Et pour jouer tout son rôle, quand les deux parents travaillent, ce n
'est
pas si facile. Alors, particulièrement le congé parental paternel, évidemment.
Alors oui,
on parlait des hommes et des femmes tout à l'heure. Vous savez qu'en Belgique, il y a une prime de virilité. Quand un homme prend le congé parental, c'est mieux payé. Alors, je ne propose pas d'aller jusque-là, mais je pense qu'on peut avoir des incitations financières et puis des obligations aussi. On peut donner une part du congé parental réservée aux pères. Vous n
'allez
plus loin que ça. Vous parlez d'une contribution sociale à un fonds pour la petite enfance aussi, qui serait prélevée chaque année pour chaque homme employé par l'entreprise. En gros, ça coûterait plus cher à une entreprise d'embaucher un homme que d'embaucher une femme. C'est bien ça ? Oui. Alors, pourquoi je propose ça ? Aujourd'hui, on a un chômeur sur deux qui est une femme. Et en réalité, l'un des gros freins au retravaille des femmes, c'est la garde des enfants et le coût de la garde. Et jamais on ne parle de cette garde. Donc, il faut absolument aller
vers un
droit opposable.
Vous
proposez même qu'on puisse le prendre jusqu'à l'âge de 16 ans pour l'enfant. C'est bien ça ? Le congé parental, oui. Mais là, pour l'idée que les femmes doivent retravailler et qu
'on
doit leur proposer un système de garde d'enfants. En gros,
c
'est un peu, j'ai bien compris, comme le logement.
C'est-à-dire qu'on
aurait le droit, si c'est ce que vient de décider le gouvernement, si on n'obtient pas un logement, de porter plainte contre le gouvernement et contre l'État parce qu'on n
'a
pas de logement. Si on n'a pas de garde pour son enfant, on fait la même chose.
Voilà,
au bout de 5 ans de législature, il y a un droit opposable à la garde d'enfants. Si la collectivité ne vous a pas offert une place de garde, vous pouvez la poursuivre.
Et j'ai convaincu Nicolas
Sarkozy d'inscrire cette mesure dans le programme de l'UMP pour 2007. Être une femme politique, ce n
'est
pas si facile. C'est chez l'archipel. On va en parler aussi avec Michel Polac et Éric Zemmour. Vous la connaissez bien, évidemment, Valérie Pécresse. Elle est de votre bord, si j'ose dire. De mon bord ? Moi,
je
n
'ai
pas de bord. Si vous deviez nous faire un portrait de Mme Pécresse ?
Un portrait de Mme Pécresse
? En deux mots.
C'est une femme moderne, à deux mots. Donc, elle a tous les atouts pour réussir aujourd'hui
en
politique. Ou, contrairement à il y a 30 ans, être une femme n'est plus un handicap, mais au contraire un avantage.
Alors, ce qui est curieux, c'est qu'elle soit à la fois, effectivement, chiracienne au départ, sarkoziste maintenant, puisqu'elle est porte-parole de l'UMP. Et en même temps, on n
'a
jamais obtenu de poste de ministre. Il y a eu quand même des remaniements ministériels. Comment vous expliquez ça, Zemmour ?
Elle est un peu malhabile, parce qu'en plus, être une femme aujourd'hui, c'est vachement facile pour avoir un ministère. Ils en demandent, surtout à droite, ils en manquent. Donc, moi, j'ai connu Juppé en 1995, qui disait...
Elle était trop jeune, là.
Je veux une femme, je veux une femme,
je
veux une femme. Trouvez-moi des femmes, là, j'en ai pas, et tout. C
'était les fameuses Juppettes qui
ont été virées très vite.
Mais il faut dire que les fameuses Juppettes, on a beaucoup brocardé Juppé pour ça, mais elles avaient été embauchées parce qu'elles avaient été des femmes, et elles ont été virées parce qu'elles n'avaient aucune réalité politique. Elles n'existaient pas. Un gouvernement, c'est un rapport de force. Et elles n'avaient pas ni de terroir géographique, ni de puissance politique dans un parti. Donc, elles n'étaient que le fait du prince. Et donc, c'est normal qu'elles virent à la première difficulté, parce qu'elles n'ont pas de rapport de force. Il faut être soutenue, évidemment, dans
ce cas-là.
Non, mais c'est même... Moi, je rebondis sur ce que dit Eric Zemmour. Il a tout à fait raison. Je veux dire, quand on est nommé directement ministre sans avoir fait ses classes, on a des pieds d'argile. On est un colosse parce qu'on est ministre, mais on a des pieds
d
'argile. Un vrai homme politique, il est évidemment élu dans une circonscription. Ensuite, il fait le travail dans le parti. Et puis ensuite, il faut aller à des élections, se faire battre. Parce que moi, j'étais au régional, on s'est ramassé une tôle.
J
'ai défendu le référendum européen. Il faut porte-parole.
C
'est un très bon poste aussi, parce que ça permet de connaître un peu tous les rouages, de venir un peu dans les médias, ce qui est très difficile, parce que quand on est un jour...
Vous êtes dans les médias,
vous, manifestement, en
tout cas. Je
ne sais pas, c'est vous qui le dites.
Ah si, oui.
Plutôt à l'aise, manifestement, sur un plateau. En tout cas, convaincu. Michel Pollard, vous avez lu Être une femme politique. Ce n
'est
pas si facile. Vous qui aimez tant les livres des hommes et des femmes politiques, vous le dites chaque samedi. Vous
avez eu la
chance.
Vous avez eu la chance. Vous avez surtout
leur
style
enlevé, littéraire. On n
'a pas cette
prétention non plus. J'ai lu l'affiche qu'on m'a donnée sur vous. Et alors, si vous permettez, je vais en lire un petit bout. Ça sera assez rapide. J'ai découvert que vous avez fait des tas de choses. Vous êtes membre de tas de choses.
Vous
êtes maître des requêtes au Conseil d'État, député UMP des Yvelines, membre élu du bureau du groupe UMP, membre de la commission des affaires culturelles, familialistes et sociales, membre de la délégation de l'Assemblée nationale, etc. membre titulaire du Conseil d'Orientation de l'Observatoire de l'Emploi public, président du groupe d'études parlementaires sur les biotechnologies. C
'est ma fiche signalétique
de l'Assemblée, là. Chargé d'une mission temporaire auprès de ministres délégués aux personnes âgées et handicapées, conseiller régional d'Île-de-France, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, porte-parole de l'UMP, membre du bureau politique de l'UMP, directrice de la rédaction...
Heureusement que M.
Pécresse garde les enfants.
Ah
oui, alors,
les
débats de l'Union, à la revue...
Non, ça c'est
plus... Enfin, il
y
a
des choses qui sont
plus vraies, là.
Membre
de l'association élu contre les violences faites aux femmes, membre du comité stratégique du club Dialogue et Initiatives, et enfin, membre du club de la Boussole. Et je dois dire que là, vous avez vraiment besoin d'une boussole parce que vous êtes membre de tellement de trucs que je me demande si vous n'êtes pas Vishnu avec tous les membres de Dieu à nous. Mais comme vous avez lu mon livre, vous avez bien vu qu'en politique, il fallait savoir se dédoubler. On
revient sur le livre
dans un instant, Michel. D'abord, Eric.
Il
y a un truc qui m
'a
beaucoup amusé en l'écoutant, ça m'a confirmé ça. Elle dit au début, je ne voulais pas faire de social parce que le social, c'est les femmes. C'est toujours comme ça. On donne toujours les ministères sociaux aux femmes. Et moi, je ne voulais pas faire de social et le social m'a rattrapé. Et en la lisant et en l'écoutant, j'ai compris, en fait, pourquoi l'avenir était aux femmes en politique. Ah, je vais vous dire pourquoi. C'est très simple. Parce que maintenant, la politique, ce n
'est
plus que du social. Parce que comme l'économique s'est émancipée du politique, comme il y a 30 ans, c'était le ministre des Finances qui décidait de la politique économique française, et qu'aujourd'hui, quand le ministre des Finances dit qu
'il
ne
faut
pas que Mittal rachète Arcelor, Mittal leur fait un grand bras d'honneur et il rachète Arcelor. Et donc, vous avez compris maintenant, aujourd'hui, il
n
'y
a
plus que du social. Les politiques courent après l'économique. Ils ne maîtrisent rien. Ils sont là à dire, ah bah oui, on va faire du logement. Ah bah oui, on va obliger les hommes, vous voyez où on est la politique, obliger les hommes à prendre des congés paternités. Mais laissez-les tranquilles, ces gens.
Arrêtez
de les emmerder. Ils ne veulent pas. Ils ne
veulent
pas.
Arrêtez. C'est pour ça que je fais ma taxe. C'est pour qu'ils
payent
pour
qu'on garde
leurs enfants. C'est infernal. Voilà, c'est ça la politique aujourd'hui.
C'est comme on ne maîtrise rien. Il les faut aussi. Comme le vrai
pouvoir est ailleurs, il faut emmerder les gens. C'est ça la vraie politique aujourd'hui. Et donc, il ne
faut
que des femmes, parce que les femmes, ça fait passer. Ça fait passer le social. On va à ces big movers. On va materner tout ça. On va leur dire, là, c'est pas bien. Hop, on tape sur les doigts. Là,
c
'est pas. Là, tu ne
veux
pas prendre ton congé paternité ? Hop, là,
sur
les doigts. Parce qu'on ne maîtrise rien.
Parce que le vrai pouvoir, il est
amital.
Il
est mort.
Je
vais être obligé de... Pardon, je vais faire une petite révélation personnelle. Je vous appelle parfois le dimanche pour faire un petit bilan de l'émission. Et j'entends toujours les enfants autour de vous. Et vous me dites, je suis au jardin d'acclimatation. Alors,
il faudrait savoir. Mais oui, mais
moi, on ne m'oblige pas. J'ai envie de m'occuper de mes enfants quand j'ai envie. Ce n
'est
pas Mme Pécresse, députée UMP, qui va me mettre une taxe pour que
je
prenne un congé paternité, parce que mes enfants sont petits, mais
qu'elle s'occupe
de ses enfants.
Elle met la taxe pour que vos enfants soient gardés et que votre compagne puisse travailler aussi. Non, mais mes enfants,
ils
ont une vraie mère et un vrai père, Mme Pécresse. Une mère,
une mère... Non,
mais ce que je veux dire par là, c'est que ça n
'a
pas les mêmes rôles.
On sait ça quand
ils sont grands. Voilà. Non, mais je veux dire que ce n
'est
pas obligé qu'on ait les mêmes rôles et qu'on ait les mêmes fonctions. Et
on n'est pas obligé...
Mais si, mais si. Parce que quand vous pensez congé, paternité, c'est quand ils sont bébés.
C'est ridicule. Pas
forcément. Lisez le livre, c'est à tous les âges. Justement,
je dis dans mon livre que les
pères prendront le congé si c'est à l'adolescence des enfants.
Jusqu'à 16 ans, je l'ai dit tout à l'heure.
Si c'est pour aider un enfant qui a des difficultés scolaires, qui a des problèmes de toxicomanie, qui a des problèmes de délinquance, le père, il sera peut-être le mieux à même de les aider, beaucoup plus que la mère. Avant vous, Michel Ponnax, j
'ai
l'impression qu'à la main, qui est en train de boire du petit lait, là.
Je
ne
sais pas pourquoi. Pas
du tout.
Je
pense qu'Éric Zemmour a décidé de préparer, de faire le coach de Valérie Prét-Cresse. Et il le fait assez bien pour la préparer à ses fonctions.
Alors Michel, le contenu du livre ? Moi, ce qui m'a frappé dans votre livre, c'est quand même, vous êtes né à Neuilly. Et vous êtes vraiment dans un groupe politique où Neuilly est surreprésenté. Mais
au
Parti Socialiste aussi, je vous rassure. Oh non, il y en a moins.
François
Hollande, Dominique Strauss-Kahn, tout ça.
Ils sont allés ?
Ah bon ? Ils
n'étaient
pas à Boulogne,
c'est pas à Hollande.
Non, mais ils sont grandis à Neuilly. Ah oui. Ah, ça c'est possible.
Les
Boulogne m'habillent encore. Moi, je n'habite pas à Neuilly. Je n'habite pas à Neuilly. J'habite
dans les îles. Alors,
ce qui me frappe dans les petits détails, comme ça, où on sent le côté Neuilly, c'est que vous parlez à un moment donné que vous recevez à votre permanence des parents qui viennent avec leurs enfants qui ont parfois 25 ou 30 ans, qui sont en recherche d'emploi. Et vous dites, moi qui ai quitté le domicile parental à 17 ans pour partir faire mes études, qui ai vécu à Tokyo, puis à Moscou avant l'âge de 22 ans, je n'arrive pas à croire que les jeunes puissent être heureux de la dépendance dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui de plus en plus tard vis-à-vis de leur famille.
Ça me paraît une réaction de quelqu'un qui est rentré dans la vie assez facilement, puisque votre grand-père était le médecin de la fille du président Chirac. Donc ça aide un petit peu. Quel rapport avec le fait que j'ai quitté la maison à 17 ans
?
Que de toute façon, vous saviez que vous aviez suffisamment de relations familiales pour trouver un boulot facile ? Je trouve que la comparaison entre le fait que vous avez pu vous émanciper si facilement et des gens qui vivent dans la misère... Ce
n'est
pas tout à fait faux. Ce n'est pas très très
heureux. Je n'ai
absolument pas dit ça. Vous avez mal lu la phrase.
Ce que je
dis, c'est qu'on dit très souvent que les enfants veulent du cocooning, que la génération Tanguy, c'est les enfants qui l'ont choisi. Mais pas du tout. Je dis que justement, ils ne l'ont absolument pas
choisi. La génération Tanguy, c'est une
référence à Étienne Châtillès au
film.
Et que si eux avaient eu le choix, ils auraient préféré faire le même que le mien. Donc je dis exactement l'inverse de ce que vous dites. Je dis que quand on a la chance de pouvoir s'émanciper jeune, on l'a saisi parce qu'on a envie. Parce que quand on a 17 ans, on a envie de découvrir le monde et on a envie de s'émanciper. Et les enfants d'aujourd'hui, ils n'ont pas cette possibilité de s'émanciper parce que justement, la société ne la leur donne pas. Donc je dis exactement le contraire de ce que vous avez lu. Excusez-moi.
Je
dis que j'ai eu beaucoup de chance.
Je voudrais donner
la même chance.
Elle
se
défend bien.
Je voudrais revenir sur ce qu'a dit Michel Pollack. Il a dit, votre grand-père connaissait le président de la République, donc c
'est
pour ça que
vous
avez été recruté à l'Elysée. Je vais vous dire, M. Pollack, le jour où je me suis présentée aux portes de l'Elysée, c'était 6 mois après la dissolution de 1998. Mais il n
'y
avait pas beaucoup d'enfants, d'amis du président de
la
République qui se présentaient à ce poste. Ils étaient tous sous le tapis, en train de pantoufler dans le privé parce qu
'ils
pensaient que le président n'avait plus d'avenir et que la gauche était au pouvoir pour 20 ans. Ce jour-là, d'ailleurs, c'est pour ça que j'ai été prise. Je ne m'en cache pas. J'ai eu de la chance parce qu
'il
n'y
avait
pas de postulant. Il y a un vrai problème qui va se poser à vous, Mme Pécresse. Si le président Chirac, on en parle après tout. Il n
'a
pas l'air d'avoir tant abandonné que ça s'il se représentait. Alors là, il y
aurait
un vrai choix cruel pour vous. Vous êtes à l'UMP, porte-parole de Nicolas Sarkozy. Vous êtes chiracienne. C'est lui qui vous a lancé dans la politique, le président. Qu'est-ce que vous feriez ? Pour qui vous voteriez au premier tour ? Chirac ou Sarkozy
?
Mais moi, je ne crois pas
que
le cas de figure se présentera.
Parce que je
pense que si le président de
la
République décidait de se présenter, c'est qu'il y
aurait
un vide de candidat à droite. C'est qu'il serait le seul capable de rassembler sa famille politique. Et qu'il le sentirait. Et qu'il y aurait un appel du peuple qu'on lui demanderait de se représenter. Et donc, je pense que ce
n
'est
pas possible.
Il est un peu sourd d'oreille. Donc, il faut qu'il y aille quand même, même s'il n'entend pas.
C'est sa décision. Mais je ne
le
sens pas. Pour moi, Chirac a toujours
été un rassembleur. Vous ne l'espérez pas
ou vous ne le sentez pas
?
Valérie Pécresse, non. Ça, je ne peux pas laisser passer ça. Chirac a toujours été un rassembleur. C'est lui qui a brisé Giscard en 1981. Et c'est lui qui a brisé Barre et Balladur. Et c'est comme ça qu'il a été élu.
Depuis 1984.
Et
est-ce qu'il n'a pas envie de faire la même chose avec Nicolas Sarkozy ? C'est ça la question. Je ne crois pas. Je pense que dans son bilan,
il
y aura aussi le fait d'avoir fait gagner sa famille politique en 2017.
Est-ce qu'il a tellement envie d'avoir Arnaud Montebourg place Vendôme comme garde des Sceaux
?
S'il veut avoir Arnaud Montebourg comme garde des Sceaux, en effet, il se présente.
Vous voulez dire qu'il y
aurait
une nouvelle cohabitation ? Je
veux dire qu'il ferait
gagner la gauche avec quand même une menace personnelle beaucoup plus grande.
Il veut dire qu'il y a plus
de candidats à droite, c'est la gauche qui gagnera et donc il
aura un ministre de l'État de Justice. Il n'a jamais
voté pour Jacques Chirac, sauf évidemment en 2002. Je pense qu'il ne
faut
pas le sous-estimer. Il ne voudra pas sortir par le ridicule.
Michel, vous pouvez continuer. Je voudrais arriver à ma conclusion. Donc, ayant lu votre livre, vous savez qu'à chacun des invités politiques, je cite quelques phrases de leur livre et je m'aperçois que ça se ressemble absolument terriblement. C'est le même qui est écrit. C'est le même nez qui doit les aider. Non, parce que je n
'ai
pas écrit beaucoup de livres politiques dernièrement, à part celui-là. Non, non, je ne parle pas. Parce
qu
'avant, j'écrivais pour des hommes politiques. Ah bon, très bien. Alors là, en tout cas, ce qui me frappe, c'est que vous avez tous le même discours et que ça ne mange pas de pain, parce que ça reste bien général. Voilà votre conclusion. L'enjeu de la future présidentielle sera de poser les fondations d'une nouvelle société, une nouvelle France, dont nous serons tous collectivement fiers et dans laquelle nous aurons tous envie de vivre, ensemble, réconciliés, tournés résolument vers l'avenir. Ça ne mange pas de pain de dire ça. Vous préférez que je dise le contraire
?
Non, mais vous savez bien que vous le dites tous. Tous les hommes politiques qui sont nus ici, c'était la même phrase. La conclusion, c'est toujours la même. Mais forcément, si c'est elle qui a écrit les bouquins des autres,
on ne peut pas lui reprocher quand
même. Valérie Pécresse, c'est une femme politique, ce n
'est
pas si facile. C'est aux éditions de l'Archipel. Vous avez le droit, vous aussi, à deux questions d'animateurs, Mme Pécresse. Vous avez le choix entre Clémence Arnaud, Arthur, Stéphanie Renouva ou Philippe Bouvard
? Alors,
Philippe Bouvard. Philippe Bouvard, j'étais sûr. C'est le plus vieux qui a la bruit. Pourquoi dormez-vous aussi peu
? Parce
qu'on siège tellement tard dans l'hémicycle et puis parce que quand je vais faire des meetings en province, il faut se lever à 6h du matin pour rentrer à Paris. Mais on a vite Fanny dans tout ça ? Je fais comme toutes les femmes qui travaillent beaucoup, je me débrouille. Vous débrouillez ? Vous faites travailler votre mari,
un
peu. Les nouveaux pères
existent. Autre
question,
il
vous reste Clémence Arnaud, Arthur ou Stéphanie Renouva
?
Alors, Stéphanie Renouva. Stéphanie Renouva. Qu'est-ce qu'il ne faut absolument pas faire aujourd'hui
? De
la police. Mentir.
Ça
va être dur. En pleine campagne préjudice.