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interviewRMC· 26 janvier 2024

🔴 DIRECT - L'Intégrale de l'interview politique de Jean-Philippe Tanguy sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

La presse l'a dit. C'est un raté. Quand le groupe a appris cette décision, on a demandé à sursoir à cette décision et à reporter, s'inédier sans exécution, cette augmentation des frais.

Bon, ce n'est pas le salaire, mais ça ne change rien, puisque ce sont déjà des montants très importants. Donc c'est un raté. Donc nous, on a présenté nos excuses pour cette incompréhension, pour cet émoi.

Et donc on n'a pas cherché à trouver des explications qui n'existent pas. Effectivement, c'est M. Chenu qui était présent lors de ce vote, qui lui a estimé, il a voté pour, il a estimé que c'était bien.

On avait deux représentants, mais que ce soit Sébastien Chenu et Hélène Laporte, ce serait trop facile de dire que c'est la faute de nos deux représentants. En fait, il y a, si vous voulez, un collège qui avance par consensus. Et généralement, les décisions se prennent toujours par consensus.

D'ailleurs, j'ai vu que les insoumis essayaient de se faire passer pour les anges gardiens de cette institution. En fait, ils ne sont pas non plus opposés. Et en fait, quand vous abstenez...

Ils se sont abstenus. Oui, mais vous donnez un beau rôle. Non, mais d'accord, mais concrètement...

Enfin, vous ne sauriez plus vous abstenir. Oui, mais vous vous donnez un beau rôle. Vous vous auriez donné aussi un beau rôle et ça aurait été plus cohérent, en tout cas, avec les décisions que vous vous tenez.

Non, mais ça n'a rien changé à la décision. S'abstenir, c'est se donner un beau rôle tout en prenant l'argent. Donc, ce n'est pas mieux.

Donc, c'est un raté. Nous, on demande sur soi à ces décisions. On ne cherche pas d'excuses et on ne cherche pas à câbler les uns ou les autres.

Ce n'est pas du tout une attente des Français. Mais ce n'est pas le moment de vous augmenter de 300 euros. Ce n'est pas du tout une attente.

Ce n'est pas nous augmenter, mais c'est les frais. Ça ne change rien pour les gens. C'est beaucoup d'argent.

On a suffisamment d'argent pour travailler. Nous sommes des gens privilégiés. Je tiens à ce mot en France.

Les députés, les sénateurs, les parlementaires ont fait notre travail. Nous sommes des privilégiés dans la société française. Il faut avoir conscience de ces privilèges pour servir le peuple.

Il ne faut pas en rajouter. Et nous avons déjà beaucoup de chance de travailler pour les Français. Jean-Philippe Tanguy, on va revenir sur la colère des agriculteurs dans un instant.

Mais évidemment, cette décision du Conseil constitutionnel hier, qui donc censure un tiers de la loi immigration. Le tiers en particulier qui fait que vous aviez décidé de voter cette loi. Le tiers qui avait été écrit par les Républicains.

Éric Ciotti était mon invité ce matin sur RMC. Il parle d'un hold-up démocratique. Et il parle même d'une collusion entre Emmanuel Macron et Laurent Fabius.

D'une sorte de complicité sur le dos des Français, dit-il. Est-ce que vous remettez en cause la décision ? Est-ce que vous considérez que la décision du Conseil constitutionnel est faussée ?

Il y a beaucoup de choses. Je pense que là, M. Ciotti, déçu sans doute par cette décision, ou par l'échec de sa stratégie politique, fait beaucoup de confusion.

Accusé de collusion, président du Conseil constitutionnel et président, je pense que là, on est dans le mur. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est comme depuis des années.

Ce n'est pas nouveau. C'est là où la position des Républicains n'est pas sincère avec les Français. Le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État, la Cour de cassation, dans d'autres domaines, s'est arrogé trop de pouvoir.

C'est-à-dire que les juges français, je rappelle que le père de la séparation des pouvoirs en France, Montesquieu, disait, dans la séparation des pouvoirs, le juge est la bouche de la loi. Ce n'est pas les États-Unis, ce n'est pas le monde anglo-saxon. Il n'y a pas d'interprétation de la loi.

Et les juges n'ont pas à transformer la loi écrite par les parlementaires. Est-ce que vous entendez les arguments du Conseil constitutionnel ? Pas du tout.

Moi, je n'entends pas du tout. Non, je vais vous dire. Mais je veux finir là-dessus.

Ça fait des années que le Conseil constitutionnel s'arroge des pouvoirs que nous considérons qu'ils ne devraient pas avoir et que le général de Gaulle ne leur avait pas donné puisqu'ils avaient dit que la Cour suprême, c'est le peuple. Donc, c'est un pouvoir des juges. C'est, malheureusement, un pouvoir des juges.

Mais nous, on le savait. Et on l'a dit, et vous le savez, à la présidentielle, Marine Le Pen a dit, pour que mes mesures sur l'immigration soient appliquées, je dois changer la Constitution grâce au soutien du peuple par référendum, là où les Républicains sont hypocrites. C'est qu'ils ont fait les choses en sachant qu'il fallait changer la Constitution.

Et maintenant qu'ils sont pris à la propre piège, ils sont en train d'accuser les institutions. Vous aussi ? Pardon, vous avez été les dindons de la farce.

Mais on n'a pas eu tout les dindons de la farce. On a prévenu les Français. Vous criez victoire en décembre.

Idéologiquement, oui. Vous criez victoire en décembre. Et puis là, vous vous retrouvez avec, finalement, cette loi qui est complètement retoquée.

Mais pas du tout. Nous avons prévenu les Français. On a voté cette loi.

Vous retrouvez les déclarations de Marine Le Pen, de Jordan Bardella. On la vote puisque les Français ne comprendraient pas qu'on s'oppose à des mesures qu'ils soutiennent massivement. Mais nous savions que le Conseil constitutionnel allait censurer tout ou partie de la loi avec des arguments fallacieux.

Alors, quels sont les points sur lesquels vous considérez que le Conseil constitutionnel a des arguments fallacieux ? Vous ne considérez pas que le Conseil constitutionnel a jugé vraiment, en regardant la Constitution, en estimant véritablement que ça fausse la Constitution ? Non, ils sont dans la logique, dans la dérive qu'ils incarnent.

C'est une dérive politique. Oui, c'est une dérive politique. C'est-à-dire qu'ils prennent un pouvoir que les institutions ne leur ont pas donné et qui est contraire à la tradition française.

C'est-à-dire que les juges peuvent obéir à la loi. Point final, ils ne donnent pas leur avis. Ils n'interprètent pas les grands principes du droit français.

Le cavalier législatif, ce qui a permis la disposition, le concept qui a permis de censurer l'essentiel des concepts de la loi. C'est quoi le cavalier législatif ? Il s'est considéré que c'est des dispositions qui n'ont rien à voir avec le texte.

Le délit d'irrigularité, c'est-à-dire le fait de ne pas être présent de façon clandestine sur le territoire et que ce soit un délit. Les Français ne vont pas comprendre que ce n'est pas de rapport avec un texte sur l'immigration. Donc là, on voit bien qu'on abuse de ce concept.

Tous ces points n'ont pas de rapport avec la loi immigration. Tous ces points ont un rapport. Le texte constitutionnel dit qu'il faut que c'est un lien direct ou indirect.

Bon, si le fait de sanctionner un clandestin n'a pas de lien avec le loi sur l'immigration, c'est n'importe quoi. Après, il y a aussi des censures sur le fond. Par exemple, article 38, le Conseil constitutionnel considère que prendre des empreintes digitales ou une photo d'un possible clandestin ou d'une personne qui demande à être régularisée sans son consentement, c'est un abus sur nos valeurs.

Bon, écoutez, prendre une empreinte digitale ou prendre une photo, considérer que c'est enfreint de nos valeurs, je crois que les Français ne partagent pas cette analyse. Donc on voit bien qu'au-delà de la collusion des attaques politiciennes...

Ce sera donc interdit. Oui, c'est censuré. C'est coupé de la loi.

On voit bien qu'on est totalement dans une dérive, un abus de droit du Conseil constitutionnel, mais sur la longue durée, que l'on savait. Marine Le Pen, Jordan Bardella avaient prévenu les Français. Donc maintenant, on est face au mur.

La réalité, c'est qu'il faut consulter les Français par référendum pour qu'ils puissent réaffirmer leur volonté par rapport au pouvoir des juges, par rapport au traité européen. Vous demandez donc un référendum sur l'immigration. Dans le même temps, Emmanuel Macron a fait savoir dès hier soir qu'il demandait à Gérald Darmanin d'appliquer le plus vite possible cette loi.

Et d'ailleurs, je voudrais qu'on entende le ministre de l'Intérieur qui disait hier qu'il allait la faire appliquer le plus vite possible. La loi, elle a très peu besoin de décrets d'application. 80% de ses articles s'appliquent immédiatement.

Et j'ai pris quatre instructions pour pouvoir effectivement appliquer la loi, notamment le fait que tous les préfets devront réunir en février et en mars tous les dossiers avec leurs services, les policiers et les gendarmes pour retrouver les étrangers délinquants qu'on n'a pas pu expulser précédemment parce qu'on n'avait pas les moyens et de le faire immédiatement dans les jours et les semaines qui viennent. Quand on écoute Gérald Darmanin, on a l'impression que cette loi, elle va être appliquée, qu'elle va vraiment changer les choses. Non, mais elle ne changera rien.

Bon, M. Darmanin dans la mystification, et c'est là où vraiment il y a un grand malaise, je trouve, dans notre démocratie. Le gouvernement, M.

Darmanin, au Sénat, à l'Assemblée nationale, a soutenu les dispositions censurées avec beaucoup de cynisme, soit du cynisme, soit de l'amateurisme, peut-être les deux, à savoir embarquer les parlementaires avec lui, demander à sa majorité de la voter en sachant que ça allait sans doute être censuré. Je le demande quand même à nouveau si vous n'avez pas été eu, s'ils ne se sont pas un peu fichus de vous quand même. Ah mais je pense qu'ils se sont surtout fichus des Français parce que nous on le savait, on a dit aux Français une fois plus, il n'y a pas une seule déclaration, il n'y a pas une seule proposition faite par Marine Le Pen et Jordan Bardella, où on ne disait pas qu'il fallait changer la Constitution.

Tout ça était très bien expliqué et d'ailleurs, maintenant, le débat politique va porter sur le changement de la Constitution pour vraiment lutter contre l'immigration. Par contre, quand on voit que M. Darmanin, visiblement, a l'air satisfait qu'une loi votée par sa propre majorité soit elle-même censurée à cet égard, me paraît vraiment une mystification.

Ils ne s'en désolent pas, au minimum. Ils ne s'en désolent pas, d'accord, le président de la République, vous savez quand même, le président de la République, c'est le gardien des institutions. Ce n'est pas anecdotique comme titre et comme responsabilité.

Quand vous venez devant les Français, après qu'une loi a été votée, en appelant le Conseil constitutionnel à rentrer dans le débat politique, c'est bien qu'on est face à une mystification et une manipulation de nos institutions. C'est là que c'est grave. Mais je voudrais que vous écoutiez un autre passage de Gérald Darmanin qui laisse entendre que cette loi changera vraiment les choses, justement.

Écoutez. On a déjà vu une augmentation très forte des expulsions, plus 17% d'expulsions d'étrangers irréguliers par rapport à l'année dernière, et plus de 30% pour les étrangers délinquants. On est passé 3500 étrangers délinquants à plus de 4600.

Donc on fait déjà beaucoup. Mais là, on fera encore davantage, en effet. Et on pourra notamment lutter contre ceux qui arrivaient très tôt sur notre sol, quand ils étaient enfants, par exemple, ou parce qu'ils se sont mariés en France, ou parce qu'ils ont des enfants en France.

Désormais, on pourra les expulser s'ils commettent un crime, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Est-ce que là, vous estimez, en effet, que ça va dans le sens de ce que vous appelleriez votre victoire idéologique ? Écoutez, moi, s'il y a des criminels, des délinquants qui sont expulsés, tant mieux.

Mais on entend bien, par les chiffres que donne M. Darmanin, qu'on est encore dans l'anecdotique. On a eu aussi hier, c'est passé un peu inaperçu, les chiffres des titres de séjour pour 2023.

On est à un record absolu. Plus de 300 000 personnes, plus de 17% depuis 2019, donc avant le Covid. Et donc, quand il parle de 3 000 personnes expulsées par rapport au nombre de clandestins qu'il y a dans notre pays, qui, selon les estimations liées à l'aide médicale d'État, donc cette aide qui accompagne les clandestins, qui paie les soins pour les clandestins, on estime qu'il y a entre 500 000 et 1 million de clandestins.

Donc dire on en a sorti 3 000 par rapport à 500 000, on est dans l'anecdote, Mme de Maner. Mme de Manin précise que s'il y a eu plus d'acceptation, en effet, ou d'autorisation de droits de séjour en France, c'est notamment sur les points économiques, c'est-à-dire sur tout ce qu'on appelle les métiers en tension. Est-ce que ça, vous l'entendez ?

Oui, c'est-à-dire, il est pris au pied de ses contradictions. Il nous dit que les métiers en tension ne sont pas pourvus et il y a toujours plus d'immigrés qui rentrent pour des raisons économiques, avec le soutien du gouvernement. Et pourtant, ces postes ne sont toujours pas pourvus.

Donc on est exactement dans la victoire idéologique du Rassemblement National, où cette histoire, cette mystification, une fois de plus, du besoin d'avoir des immigrés pour remplir les métiers en tension, est un mensonge que l'on sort depuis 50 ans. Donc ça fait 50 ans qu'il y a toujours plus d'immigrés et il y a toujours autant de postes en tension, parce que c'est un problème de logement, c'est un problème de salaire, c'est un problème de droit du travail, de réglementation. Ce n'est pas du tout un problème d'immigration, puisque les chiffres aussi hier du chômage ont continué à augmenter.

Donc quand il y a autant de chômeurs, autant d'immigrés, autant de clandestins, faire croire qu'on a encore besoin d'ouvrir plus les frontières, c'est vraiment une mystification et c'est, on peut se dire, se moquer des Français. Jean-Philippe Tanguy, avant de passer à la colère des agriculteurs, un mot encore sur le Conseil constitutionnel. Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, réfute toute accusation de collusion, pour reprendre le mot utilisé par Éric Ciotti.

Est-ce que vous entendez ce point ? Est-ce que vous estimez que les juges ont, malgré tout, jugé en conscience et en liberté ? Je pense qu'ils sont jugés en conscience, c'est bien le problème d'ailleurs, c'est qu'on est face à un système, un système de pensée.

Et nous, on combat ce système de pensée. C'est-à-dire que, par exemple, ils estiment que le pouvoir leur appartient et qu'il n'appartient pas au peuple. C'est un problème de souveraineté.

Faudrait-il changer les règles ? Vous voulez changer la constitution. Est-ce qu'il faut aussi changer la constitution du Conseil constitutionnel ?

Est-ce que vous estimez que la manière dont aujourd'hui sont nommés les membres du Conseil constitutionnel, majoritairement issus de la vie politique, est un enfreint, en tout cas, à une sorte d'indépendance ? Bien sûr, mais là, il ne faut pas changer la constitution. C'est la façon dont ils l'exercent.

Là, c'est l'esprit. Le général de Gaulle n'a jamais nommé des politiciens. Il nomme des politiciens, des gens qui étaient dans leur système de pensée.

Et en fait, ils sont jugés partis puisqu'ils jugent leur propre loi. Il n'y a pas besoin de changer les règles. Il faut des gens éthiques.

C'est simplement qu'on les applique, c'est-à-dire le président de la République, le président de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, quand ils choisissent les membres, ne devraient s'interdire de choisir des membres de la vie politique. Ça se passait très bien pendant une cinquantaine d'années. Des personnalités qualifiées, des gens qui ont une éthique, qui sont reconnus pour leur intégrité, et pas des anciens politiciens qui, par ailleurs, ont échoué.

Et qui sont jugés partis, puisqu'ils jugent une grande partie leur propre action passée. Donc, on est dans la contradiction permanente. Mais surtout, il faut appliquer pleinement la constitution avec le référendum.

Quand il y avait un conflit entre le général de Gaulle, par exemple, et les corps intermédiaires, on faisait le référendum. Et c'est les Français qui arbitraient ces sujets. Quand c'est des sujets aussi importants, qui donnent un horizon à la nation, comme l'immigration, comme la souveraineté, on pourrait aussi parler des traités de libre-échange pour les agriculteurs, c'est les Français qui doivent choisir leur destin.

Et ils ne peuvent pas avoir quelque chose d'aussi important que les migrations, le contrôle de leurs frontières, leurs valeurs fondamentales, confisquées par des juges qui sont légitimes, mais qui ont malheureusement pris la dérive anglo-saxonne que l'on connaît dans toutes les démocraties occidentales. Jean-Philippe Tanguy, pendant ce temps-là, les agriculteurs encerclent Paris avec la volonté peut-être même d'aller jusqu'à Rungis ou les aéroports. Est-ce que vous continuez à les soutenir, y compris s'ils vont jusqu'à bloquer des points stratégiques comme Rungis ?

Bien sûr. D'ailleurs, bloquer Rungis ou l'aéroport du Bourget qui permet aux oligarques du monde entier de se balader, c'est justement les cibles qu'il faut bloquer. Il ne faut pas, ils ont raison, emmerder les Français.

C'est pas juste que vous les soutenez, c'est que vous dites « allez-y ». Mais oui, moi je les soutiens, je les engage à bloquer les points névralgiques qui symbolisent l'oligarchie française et internationale. Mais Rungis, ça représente l'oligarchie ?

Parce que c'est le système d'échange, de commercialisation et le fait que c'est pas Rungis, la place de Rungis et puis les personnes honnêtes qui y travaillent. C'est le système de prix, c'est avoir des prix justes, c'est quel est le pouvoir de la transformation, des multinationales de l'agroalimentaire. Vous estimez que c'est de la spéculation ?

Mais bien sûr, écoutez Madame Demala, vous le savez, vous êtes attentive à vos auditeurs, jamais l'alimentation n'a été aussi chère en France. Au moins plus de 20% minimum sur 3 ans. Et jamais les agriculteurs n'ont aussi eu du mal à vivre de leur travail.

Donc on est dans un désordre économique total. La valeur ajoutée n'est pas bien répartie, elle n'est pas bien partagée. Le gouvernement ne fait pas appliquer la juste rémunération du travail.

Vous ne mettez rien en place des prix planchers ? Bien sûr, c'est dans le programme de Marine Le Pen. Comme le dit François Ruffin qui était à ce moment-là.

Oui, absolument, François Ruffin qui est député de la Somme là-dessus a raison, il a tort sur les normes écologiques et ses contradictions où en fait le système qu'il propose ferait exploser les prix. Mais sur les prix planchers, à savoir qu'il y a des limites à ne pas franchir négativement pour que le travail des agriculteurs soit justement représenté et qu'en face des prix planchers, il y a aussi des limites aux abus de la grande distribution, de la transformation, des multinationales. Bref, tous ceux qui se gavent sur le travail des agriculteurs depuis des années.

On parle de la PAC toute la sainte journée, mais le fait qu'il y ait des dizaines de milliards...

La politique agricole commune. La politique agricole commune, pardon. Des dizaines de milliards qui depuis des décennies subventionnent l'agriculture, c'est pour bien que le système ne fonctionne pas.

Les agriculteurs, les paysans, en sens strict du terme, ce sont des gens qui vivent de leur travail, de leur terre, de leur outil de travail, de leurs compétences. Ils n'ont pas à être subventionnés toute leur vie. Ils ne le veulent pas.

Eux, ils voudraient pouvoir vivre de leur prix. Et c'est ça qui m'inquiète dans les rumeurs que j'ai entendues sur les annonces de M. Attal, c'est que si c'est encore des mesurettes où on fait des chèques aux agriculteurs pour les soulager, ça peut être bien à court terme.

Mais s'il n'y a pas de remise en cause profonde de ce système économique qui exploite le travail des agriculteurs qui ne reconnaît pas, d'ailleurs à la mesure de tout ce que les Français ont en France...

Pourquoi vous voulez même mettre fin au système même de la PAC ? Si je vais au bout de votre logique...

Par exemple, le système de la PAC pourrait être un accompagnement pour investir, pour faire de la recherche, pour faciliter les remembrements...

Mais pas pour ce qui est du revenu de la production à l'école. Mais ça ne devrait pas, sur le moyen terme, attention, après je ne veux pas être mal compris, il ne s'agit pas de retirer aujourd'hui les subventions. C'est juste que les agriculteurs, dans une échéance de génération, doivent pouvoir vivre de leur travail.

Or, un système qui était temporaire, aidé par rapport aux irrégularités du marché, est devenu un système permanent. Et vous le savez, les agriculteurs se sentent tenus aussi par ce système de subvention. Parce qu'on ne leur fait pas un chèque.

On leur dit, si tu veux ton argent, il faut que tu respectes cette règle, cette règle que tu te comportes comme ça, que tu fasses ça, et pire que ça, j'ai saisi...

Je vais vous donner un exemple, quand même, je pense, qui va intéresser nos auditeurs. J'ai saisi, bien avant la crise agricole, Marc Fénaud, sur un exemple consternant. Un agriculteur de chez moi, de la Somme, a une retraite de 40 euros par mois.

Et comme il touche une retraite de 40 euros par mois, il n'a plus le droit à toucher aucune PAC. Et le ministre m'a reconnu, mais oui, mais comme on veut qu'il transmette son exploitation à quelqu'un parce qu'il est trop vieux, il ne peut pas cumuler 40 euros de retraite et les aides de la PAC. Donc ce monsieur, aujourd'hui, est en situation de grande pauvreté et de détresse, parce qu'on veut le forcer à transmettre son exploitation.

Il a le droit de vouloir continuer à travailler. Et s'il veut avoir sa toute petite retraite, mais qu'il doit continuer à travailler, ce n'est pas à Marc Fénaud ou à un technocrate européen de lui dire « Je vous coupe vos moyens de vivre parce que je veux que vous ayez un comportement différent de celui dont vous avez la liberté de choisir ». Vous, vous aviseriez là, en Haute-Garonne, tout à l'heure, comme le fait Gabriel Attal.

Vous diriez quoi ? Parce que pour l'instant, vous avez beaucoup soutenu, mais quelles sont les propositions concrètes ? Plusieurs propositions.

Première proposition, on remet à plat le système de prix. On dit « Le gouvernement devient l'arbitre ». On sait très bien, vous savez, le ministère de l'Agriculture, il sait très bien les prix de revient de chaque production.

Donc on sait le prix de revient, donc on sait le prix plancher et on répartit la valeur ajoutée de manière juste. Et quand la grande distribution et l'agroalimentaire ne respectent pas les règles, c'est l'État qui devient l'arbitre. Nous suspendons l'application d'un certain nombre d'accords de libre-échange et l'agriculture.

Nouvelle-Zélande, Mercosur ? Mercosur, le Canada, le CETA, le Vietnam, presque tous les accords de libre-échange. Et on peut renouer avec, une fois qu'on aura rétabli des mesures justes.

De toute façon, pour la transition écologique...

Et l'Ukraine, on ferme la frontière commerciale avec l'Ukraine ? L'Ukraine ne peut pas inonder nos marchés de produits qui ne respectent pas nos normes. Si par contre, les produits ukrainiens veulent juste transiter pour aller en Afrique du Nord, bref, pour ne pas mettre des pays dans la famine, c'était ce qui était prévu au départ, ça devait transiter.

Or, ça ne transite pas, on inonde nos marchés avec de la concurrence déloyale. Les agriculteurs, ils ne veulent pas que les Africains ou d'autres pays en voie de développement meurent de faim. Ils veulent juste que eux ne meurent pas de faim.

Je rappelle les choses. En réalité, les bateaux qui partaient d'Ukraine et qui, souvent, avaient des cargaisons qui étaient achetées, des cargaisons de blé notamment, qui étaient achetées par les pays du Maghreb notamment, ces bateaux ont été bloqués par la Russie. Et c'est à ce moment-là que l'idée de l'Europe, par solidarité avec l'Ukraine, a été de laisser toutes ces cargaisons, notamment de blé, traverser l'Europe.

En réalité, au lieu de traverser, elles sont vendues sur le chemin. Donc vous voyez bien qu'il y avait une bonne intention que les agriculteurs de tout le continent européen partageaient et que c'est, une fois de plus, détourné. Donc en fait, c'est toujours cela.

On utilise des bonnes intentions, l'écologie, le respect des droits des animaux, pour en fait saccager le travail des agriculteurs et ne pas les respecter. Et enfin, il faut prendre un bras le corps. Évidemment, les normes, mais ça, c'est pas une baguette magique.

Il y a un travail à faire pour dénormer. Et c'est pas une baguette magique, mais il faut faire ce travail dans la durée. Et surtout, il faut aussi renouer avec la confiance envers nos agriculteurs.

Moi, quand je vois M. Ruffin qui vient sur votre plateau et qui défend les agriculteurs, je lui fais pas de procès. Mais pourquoi il vient soutenir à Sainte-Solines les gens qui vont saccager, les exploitations qui vont saccager ?

Pour vous, c'est contradictoire. C'est une forme de vieux et en même temps de la gauche. Mais même pire que ça, ils sont allés saccager, Mme de Malherbe, les serres de recherche pour faire des salades qui utilisaient moins d'eau.

Ça, ça a été dans le coin de Nantes. Oui, d'accord. Des semences qui utilisent moins d'engrais.

Donc en fait, le problème de ces écologistes de façade, c'est qu'en fait, ils regrettent un système, mais ils l'aggravent, puisqu'ils empêchent les gens de faire de la recherche. On a encore entendu des énormités sur les nouveaux OGM pour faire peur aux Français, alors que c'est une Française qui a pris Nobel de recherche, qui a développé les technologies qui permettent d'utiliser moins de pesticides, d'utiliser moins d'eau, de résister aux insectes. Bref, il faut s'y renouer avec le progrès.

Un dernier mot, Jean-Philippe Tanguy. Le ministre de l'Intérieur a dit qu'il n'enverrait pas les CRS pour déloger les blocages. Vous êtes d'accord ?

Bien sûr. Ce sont des gens qui luttent pour leur survie. Moi, quand je vois qu'on déplore des incidents, vous êtes d'accord ?

Mais la réalité, c'est que vous avez des agriculteurs qui se suscitent chaque jour dans le silence. Donc le vrai scandale, il est là. Il n'est pas dans des versets du lisier.

Merci, Jean-Philippe Tanguy, d'être revenu dans ce studio ce matin, répondre à mes questions. Je rappelle que vous êtes député RN de la Somme, vice-président du groupe RN à l'Assemblée nationale. Il est 8h52 sur AMC BFM TV.

Merci beaucoup, Apolline. Dans un instant, le live BFM et les taux qui se resserrent sur Paris. Les agriculteurs font monter la pression.

Ils veulent bloquer les différents axes qui mènent à la capitale. des blocages qui se multiplient aussi partout en France. Tout cela avant les annonces de Gabriel Attal.

Cet après-midi, c'est au menu du live avec toutes nos équipes mobilisées sur le terrain. A tout de suite.