L'interview de Manuel Bompard (LFI) en intégralité
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Vous restez avec nous juste une minute pour accueillir Manuel Bompard, qui est notre invité suivant.
C'est bien nécessaire.
On a la censure au rond complet, comme ça. Voilà, j'aimerais bien que vous puissiez échanger au moins un mot. Manuel Bompard, bonsoir. Alors attendez, attendez, je vous laisse vous installer. Député NFP, la France Insoumise des Bouches-du-Rhône, bonsoir. Bonsoir. Bienvenue sur notre plateau, merci d'avoir accepté notre invitation. Le RN qui par la voix de Marine Le Pen a donc confirmé aujourd'hui qu'il votera toute l'émotion de censure, peu importe d'où elles viennent, y compris celles du NFP. On va l'écouter.
Nous avons toujours dit que ça n'est pas la motion de la gauche. Les motions de censure déposées sont des motions de censure du gouvernement. Il s'agit donc de censurer le gouvernement. Donc d'où que viennent ces motions de censure ? S'il y en a une ou plusieurs, nous voterons ces motions de censure et en premier lieu d'ailleurs la nôtre.
En retour, vous confirmez Manuel Montpard, vous n'avez pas changé d'avis, vous ne voterez pas la motion de censure du RN ?
Mais écoutez, notre motion de censure va être signée par 193 députés. C'est la première des motions de censure qui sera examinée mercredi à l'Assemblée nationale. Et en vérité, il n'y aura pas de vote sur la motion de censure du RN, puisque la motion de censure que nous avons déposée sera adoptée tout simplement et le gouvernement tombera. Donc celle du RN ne sera pas examinée par l'Assemblée. Julien Oudoul ?
Une motion de censure, c'est faire tomber le gouvernement. Ce n'est pas une alliance de partis. Je n'ai rien qui me relie de près ou de loin à M. Montpard. Et je resterai un adversaire farouche de toutes ses politiques et de son idéologie. Pour autant, le choix aujourd'hui qui se présente à nous, c'est de protéger les Français en faisant tomber ce gouvernement.
Mais votre motion de censure, comme le dit Manuel Bompard, c'est un coup d'épée dans l'eau, puisque de toute façon, celle du NFP sera votée en premier et donc censurera le gouvernement de fait.
Mais l'objectif est de faire tomber ce gouvernement pour épargner 40 milliards d'euros de prélèvements, de taxes, de charges et d'impôts supplémentaires.
Vous invitez le RN à voter la censure ?
Mais madame, je n'ai pas besoin de l'inviter à quoi que ce soit. Je pense que le RN s'est exprimé sur le sujet. M. Oudoul vient de le refaire à cet instant. Et en l'occurrence, mon problème n'est pas de savoir qui va voter cette motion de censure. Mon problème est de savoir si cette motion de censure va pouvoir être adoptée, tout simplement pour empêcher, puisque là on parle du budget de la sécurité sociale, je le rappelle, qu'il y a un budget de la sécurité sociale qui fera beaucoup de mal aux Français. La question, c'est de savoir si ce budget va passer ou pas. Le Premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement sur ce budget, à partir de ce moment-là.
Notre rôle en tant que député, si on est opposé à ce budget, c'est de déposer une motion de censure et de la voter. C'est ce que nous faisons.
Je vais vous remercier, Julien Oudoul. Merci beaucoup. Je vous laisse quitter le plateau. Manuel Bompard, sauf coup de théâtre. Donc on l'a bien compris, le gouvernement chutera autour de votre motion de censure, puisque vous ne voterez pas celle du Rassemblement national, donc autour du NFP qui sera voté par le RN. Est-ce qu'un autre scénario est possible dans ces dernières 48 heures ? Est-ce qu'une annonce de Michel Barnier peut encore changer la donne ou son sort est scellé ?
Moi, je crois que son sort est scellé. Je crois qu'on a assisté déjà depuis plusieurs jours à un spectacle qui était quand même assez pitoyable d'une négociation de marchands de tapis, alors qu'en vérité, les grandes orientations de ce budget de la sécurité sociale n'ont pas été modifiées en profondeur. Et qu'à partir de ce moment-là, hormis en reniant totalement ses convictions, je ne vois pas comment M. Barnier obtiendrait un autre résultat mercredi soir que celui de la censure.
On a entendu la gauche dire que Michel Barnier cédait au Rassemblement national. Mais au bout du compte, quand on regarde la baisse des taxes sur l'électricité, la fin de l'accélération du déremboursement sur les médicaments, tout ça, c'est des bonnes nouvelles pour les Français ? Peut-être que les Français ne vont pas comprendre pourquoi vous votez la censure ?
Mais dans le budget de la sécurité sociale, il y a aussi le report de la revalorisation des pensions de retraite. Et ça, c'est une mauvaise nouvelle pour les Français. Il y a aussi des baisses de remboursement des consultations médicales. Et ça, c'est une mauvaise nouvelle pour les Français. Donc, vous pouvez me dire, la copie est moins pire que ce qu'elle était initialement. Il n'en demeure pas moins qu'elle reste mauvaise.
Et qu'à partir de ce moment-là, notre rôle, à partir du moment où on considère que l'impact de ce budget de la sécurité sociale serait mauvais parce qu'il pèserait sur tout le monde de manière injuste, à partir de ce moment-là, encore une fois, notre rôle, c'est ce qui nous reste. Le dernier outil qui nous reste pour nous opposer à l'adoption de ce budget de la sécurité sociale, c'est de voter la censure.
On va évoquer l'après-Barnier dans un instant. Mais d'abord, pas de budget. Est-ce que ça ne va pas être pire pour le pouvoir d'achat des Français ? Parce que, vous l'avez déjà expliqué, ce ne sera pas le shutdown. Il y a une loi spéciale qui sera passée. Il y a le budget 2024 qui sera reconduit. Mais il y aura des effets. Et ce ne sera pas un dollar pour les Français. 380 000 foyers qui vont entrer dans l'impôt. 17 millions de Français. Je vous fais le détail, après vous me répondez. 17 millions de Français qui vont voir leur impôt augmenter. Les taux d'emprunt qui vont augmenter. Donc ça veut dire qu'on va payer plus cher le remboursement de la dette.
Donc ça, ce sont les contribuables français qui vont payer aussi parce qu'il risque d'y avoir une panique sur les marchés. Les agriculteurs qui disent que toutes les mesures qui avaient été prises par le précédent gouvernement, il y en a les deux tiers qui vont être mises en stand-by. On attendait des prêts. Là, au 15 décembre, il n'y a rien qui va se passer. La Confédération des petites et moyennes entreprises qui dit que ça va être une catastrophe parce que nous, sans budget, on ne peut plus embaucher. On ne peut plus rien faire. On ne peut plus investir.
Est-ce que vous ne prenez quand même pas le risque de plonger la France dans une situation extrêmement compliquée d'un point de vue financier avec un impact pour les ménages et les entreprises ?
Je vais répondre à vos questions, si vous voulez bien, point par point. Premièrement, vous dites si ce budget de la sécurité sociale... Je vous rappelle qu'on est en train de parler du budget de la sécurité sociale. La question des impôts, des tranches d'impôts, c'est le budget de l'État. Ça va mal se passer aussi. Très bien. Je vous dis s'il n'y a pas de budget. Excusez-moi d'être un peu précis. En l'occurrence, on parle du budget de la sécurité sociale.
Parce que le fait est, juste pour faire une petite parenthèse, c'est que là, concrètement, si le gouvernement Barnier chute sur le budget de la sécurité sociale, ce serait quand même très étonnant qu'on réussisse à voter le budget de l'État avant la fin décembre. C'est pour ça que je me permets d'anticiper.
J'essaie juste d'être précis dans ma réponse. Si vous voulez, prenons le principe qu'il n'y aura ni budget de la sécurité sociale, ni budget voté. Ce qui est le plus probable. Qu'est-ce qui va se passer ? Premièrement, je rappelle quand même, parce que tout le monde a l'air de considérer, qu'automatiquement, on va renouveler le budget de l'année précédente. Il y a quand même une autre hypothèse possible. C'est qu'il y ait un nouveau gouvernement qui soit mis en place et que ce nouveau gouvernement, d'ici au 31 décembre, soumette à l'Assemblée nationale et au Sénat une autre copie budgétaire qu'elle puisse être adoptée. C'est une première possibilité.
Vous y croyez, cette possibilité ?
Je vois bien que plus on avance, plus les délais vont être courts. Mais ça, je crois quand même que ceux qui en portent la responsabilité, c'est ceux qui se sont succédés sur ce plateau avant moi. Parce qu'en ce qui me concerne, je n'ai pas attendu le 5 ou le 6 décembre, je ne sais plus quel jour on est exactement, pour censurer ce gouvernement. J'ai dit dès le début... Le 3, ça sera le 5, ça sera le 4.
M. Montfort se projette déjà dans l'Assemblée nationale.
Répondons aux questions que vous avez posées. Imaginons que c'est le budget de l'année précédente qui va être reconduit. D'abord, ça aura un impact positif sur le pouvoir d'achat des Français. Parce que par exemple, le report de la revalorisation des pensions de retraite, contrairement d'ailleurs à ce que j'ai entendu tout à l'heure sur ce plateau, il est inscrit dans la loi de manière automatique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas besoin d'un nouveau budget de la Sécurité sociale pour que les retraites soient revalorisées au niveau de l'inflation au 1er janvier. Donc, le budget de la Sécurité sociale de M. Barnier, il se traduit par un impact négatif sur les pensions de retraite.
Si vous faites tomber le gouvernement, ça aura un effet positif sur les pensions de retraite. En ce qui concerne la question de l'impôt sur le revenu, vous dites, en gros, dans le budget, il était prévu d'indexer sur l'inflation les tranches, le barème, de telle sorte à ce que ce n'est pas d'impact. Mais, madame, les pensions, les déclarations d'impôt, les déclarations d'impôt, elles ont lieu au mois d'avril, au mois de mai, au mois de juin. Il est tout à fait possible pour un gouvernement qui serait mis en place de faire ce qu'on appelle un projet de loi de finances rectificatif en janvier ou en février et de réindexer le barème de l'impôt sur le revenu.
Donc, c'est mensonger de faire croire que faire tomber ce budget se traduira automatiquement par le fait que plusieurs centaines de millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu augmenter. Ce n'est pas vrai. Quant à la question de l'agriculteur, ça me fait, pardonnez-moi, assez sourire. Parce qu'en l'occurrence, le budget de M. Barnier propose une baisse du budget de l'agriculture de 8%, c'est-à-dire 600 millions d'euros en moins. Donc, faire tomber le budget, c'est maintenir le budget de l'année précédente qui est mieux disant le budget du ministère de l'Agriculture. Et ensuite, il y a un certain nombre de dispositions...
Il y a Arnaud Rousseau, le patron de la FNSA, qui dit que ça va être catastrophique. Excusez-moi, mais ce que dit M. Rousseau sur ce sujet n'est pas vrai. Et en l'occurrence, s'il y a dans ce budget des mesures positives, elles peuvent tout à fait être prises par voie réglementaire. Et le dernier point que vous avez évoqué, c'est la possibilité d'avoir une instabilité sur les marchés, sur les taux d'intérêt.
C'est un communiqué de la Confédération des Petites et Moyennes entreprises cet après-midi. J'ai entendu depuis plusieurs... Qui vous alerte, qui vous met en garde là-dessus.
J'ai entendu depuis plusieurs jours « Oh là là, on emprunte au taux de la Grèce, c'est la catastrophe, etc. » Vous savez à combien on emprunte la Grèce en ce moment ? Pas très cher. 3%. Vous savez que 3%, c'est-à-dire les taux d'intérêt pour la France aujourd'hui, vous savez qu'ils sont plus bas que les taux d'intérêt pour la France. Mais les cartes n'ont jamais été si grands avec l'Allemagne. Est-ce que vous êtes au courant que le taux d'intérêt pour la France aujourd'hui, malgré tout ce qu'on est en train de dire, sont plus faibles que les taux d'intérêt pour la France l'année dernière ? Reconnaissez que l'écart...
Je ne vous dis pas merci Macron, je vous dis ne me faites pas dire, ne faites pas croire aux gens que ça va être le blackout budgétaire, la spéculation sur le taux de change, c'est juste inexact.
Reconnaissez, M. Bompard, que l'écart, ce qu'on appelle le spread entre les taux d'intérêt français et allemands, lui, s'écarte sérieusement. Or, nos entreprises, nos PME, elles sont souvent en concurrence sur les marchés avec des entreprises et des PME allemandes qui vont avoir un triple avantage de compétitivité, une main d'oeuvre moins chère, un coût du travail moins élevé, des taux d'intérêt plus faciles et puis souvent des performances et de la compétitivité supérieures. C'est très intéressant ce que vous dites.
Vous savez, quand on a eu le débat au mois de septembre sur quel a été le gouvernement et que nous, nous avons proposé un gouvernement du nouveau front populaire avec Mme Casté à l'époque, et j'ai entendu, ah, si vous nommez ça, il y a des prévisions économiques qui disent que le spread, ce que vous êtes en train de parler, va passer à 80. Vous savez à combien il est aujourd'hui ? En plus. Il est à 88. Donc, je trouve ça quand même assez marrant. C'est-à-dire qu'au mois de septembre nous a dit surtout pas le gouvernement du nouveau front populaire que ça va être la catastrophe. Ça n'a pas été le gouvernement du nouveau front populaire de la situation, elle est pire.
Est-ce que je peux ajouter une deuxième chose ? C'est pas ma responsabilité à moi.
C'est la responsabilité du gouvernement de M. Barnier. Vous nous avez expliqué comment on pouvait éviter... C'est la responsabilité depuis 15 jours. Vous nous avez expliqué. Non, non, non. Depuis plusieurs mois.
Les 88, c'est les deux dernières semaines. Vous savez, peut-être que si on avait nommé le gouvernement du nouveau front populaire à l'époque, on n'aurait pas eu cette difficulté. C'est l'instabilité née mais moi, je ne suis pas responsable des choix. C'est l'instabilité née des motions de censure déposées pour renverser le gouvernement Barnier. C'est pour ça que c'est mon cas. C'est l'instabilité née du choix du président de la République
de nommer M. Barnier qui nous a mis dans cette situation. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.
À l'autre bout du spectre social. Vous avez expliqué comment les plus pauvres, on pouvait les protéger. Mais à l'autre bout, les riches vous disent merci. L'impôt spécial sur les hauts revenus, oublié. La surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, oublié. Les allégements de charges pour les patrons ou les gros patrons, oubliés. Donc finalement, vous vous rendez service. Mais pourquoi vous êtes oublié ? Parce que si le prochain Premier ministre reproduit tout le budget de Barnier,
vous allez devoir le censurer aussi. Vous nous dites, on peut très bien rétablir ce qui était dans... Attendez, M. Barnier, excusez-moi. On peut tout à fait, dans un prochain budget, ne pas mettre les mesures qui impactent le pouvoir d'achat des Français et mettre les mesures qui mettent davantage à contribution les plus riches et les multinationales. Ça y est, c'est possible. On n'est pas obligé d'avoir juste le budget de Barnier ou rien d'autre. On peut aussi faire un budget dans lequel on enlève la baisse de la hausse des pêches sur l'électricité, on enlève le rapport de la revalorisation des pensions de retraite et on met des mesures qui pèsent sur les obligations de censure.
On va évoquer l'après, mais je me permets juste de vous interrompre parce qu'on a notre reporter qui nous attend. Léopold de Debert, vous êtes à Riyad, en Arabie Saoudite, où vous suivez qui suit forcément cette séquence de prêt. Il est, de ce que l'on nous dit, il a testé ces derniers jours des noms de potentiels successeurs à Michel Barnier ?
Oui, et ça, bien avant, le fait qu'on sache officiellement que ce 49.3 soit déposé, c'était donc dans l'après-midi à l'Assemblée nationale parce que dès la semaine dernière, c'est ce qu'on apprend ce soir et qui est intéressant, Emmanuel Macron, il a reçu dans son bureau des proches, des personnes qui sont plus ou moins influentes, également des coups de téléphone qui ont été passés. Et il a testé des noms, c'est-à-dire qu'il a soumis l'hypothèse de telle ou telle personne pour voir quelles étaient les réactions derrière. Autre information, il a aussi testé ces mêmes interlocuteurs sur le timing. Quel timing adopter pour que lui, potentiellement, réagisse ?
Est-ce qu'il doit réagir rapidement ? Est-ce qu'il doit nommer quelqu'un également rapidement ? Tout ça a été sondé, en quelque sorte. Et puis enfin, Périne, autre information qui nous remonte de la part de plusieurs proches du chef de l'État ce soir, c'est le fait qu'Emmanuel Macron, il n'aurait clairement pas en tête, en tout cas au moment où on se parle, l'hypothèse d'une nomination à Matignon d'une personnalité de gauche. Il y a une personne, il y a encore quelques minutes, qui me disait s'il nomme quelqu'un à gauche, il sait très bien qu'il va perdre sur sa droite. Et ça, a priori, il en a conscience, Emmanuel Macron, notamment du côté des Républicains.
Et puis une autre personne me disait, même l'hypothèse Bernard Cazeneuve, c'est vrai qu'on en a beaucoup parlé de Bernard Cazeneuve, eh bien ça ne tiendrait potentiellement pas la corde, ça aurait pu marcher éventuellement, me dit-on, en septembre, mais là c'est trop tard maintenant, les choses sont trop cristallisées, voilà pour les quelques informations qu'on peut vous apporter au moment où on se parle, Périne, alors qu'ici le président poursuit son déplacement en Arabie Saoudite.
– Et il va arriver, il va revenir en France, si je ne me trompe pas, mercredi soir, donc pile au moment de la censure du gouvernement Marine Barnier. Merci, merci beaucoup Léopold de Devers. Bruno Jeudy, vous avez des informations sur les noms qui sont testés par Emmanuel Macron ?
– Non, effectivement, l'Élysée commence un peu à plancher sur une possibilité d'un successeur à Michel Barnier puisque la censure se dessine et c'est vrai que le président a commencé un peu à tester des noms. Alors, on va éliminer l'hypothèse NFP, l'hypothèse Cazeneuve me paraît assez complexe aujourd'hui puisque de toute façon elle ne serait pas acceptée, enfin on peut redemander à M. Bompard si Bernard Cazeneuve est une possibilité acceptable pour M. Bompard. – Je ne suis pas de langue de bois, je vous confirme que ce n'est pas acceptable.
– Voilà, et c'est vrai que là sur les images on voit les visages de Sébastien Lecornu et François Bayrou qui sont deux possibilités effectivement que le président on peut avoir en tête sachant quand même que Sébastien Lecornu fait partie du gouvernement Barnier donc bon en revanche l'hypothèse François Bayrou est un nom qui tourne depuis quelques jours alors la question c'est de savoir si c'est lui qui l'a fait tourner ou si c'est une possibilité une possibilité réelle – Il a mauvais esprit Bruno Joly non j'essaie toujours mais c'est vrai que François Bayrou candidat centriste moi à mon avis la difficulté pour François Bayrou c'est quand même plutôt sa relation avec les LR
– Caroline Barjon nous a rejoint vous êtes éditoriale Barol pardonnez-moi Carole qu'est-ce que je fais excusez-moi il est 23h41 voilà c'est la fatigue vous êtes éditorialiste politique à la revue politique et parlementaire François Bayrou pourrait-il être l'homme de la situation on va poser la question à Manuel Bompard dans un instant
je crois connaître la réponse mais je vous la pose d'abord moi il me semble que dans la difficulté actuelle parce que de toute façon comme vous l'avez tous dit c'est compliqué Premier ministre de gauche serait censuré et Sébastien Lecornu Bruno Jeudy vient de le dire il est dans le gouvernement Barnier donc c'est compliqué et au fond François Bayrou qui en rêve depuis extrêmement longtemps c'est vrai que son heure pourrait être venue pas seulement parce qu'il est centriste et qu'il est éventuellement compatible alors il est compatible bien sûr il est dans la majorité enfin un allié d'Emmanuel Macron mais parce que il a eu des mots assez sympathiques ces derniers jours pour Marine Le Pen quand la décision de justice le réquisitoire vous dites qu'il serait compatible
avec le RN ?
Je dis simplement qu'il a eu des mots plutôt compréhensifs compréhensifs Gérald Darmanin aussi Oui c'est vrai c'est vrai mais il y a ça et puis une deuxième raison c'est qu'il est pour la proportionnelle depuis très longtemps et on sait que Marine Le Pen ne la réclame donc ce serait plausible ce serait plausible maintenant Oui
Manuel Bompard est-ce que je vous la pose la question de François Bayrou ça sert à rien
Non mais moi je pense moi je ne vais pas jouer à qui est-ce si vous voulez pour chercher les contraintes
Non mais ce n'est pas à qui est-ce mais vous savez qu'il y a un véritable sujet là-dessus
Non je vais vous répondre avec moins de pudeur de gazelle que l'intervenant qui était sur le plateau de télé avant moi moi je pense qu'en vérité si on dit les choses franchement la chute du gouvernement Barnier elle pose la question de la responsabilité politique de la situation de blocage que l'on connaît depuis maintenant plusieurs mois Donc vous voulez la démission du président de la République Je dis franchement je pense que pour débloquer la situation effectivement je pense que c'est le départ du président de la République qui permet de débloquer cette situation
Vous ne pouvez pas le pousser au départ
J'ai le droit de défendre le point qui est le mien Oui bien sûr
mais tant qu'il ne démissionne pas va bien falloir trouver un gouvernement C'est pas tout à fait vrai
vous savez il y a une procédure qui s'appelle la procédure de destitution du président de la République que nous avons engagée avec mes collègues de la France Insoumise depuis maintenant plusieurs mois à l'époque la destitution n'a pas pu être débattue à l'Assemblée Nationale parce que Mme Le Pen s'y est opposée le Rassemblement National s'y est opposé je pense que c'est ce sujet qui va monter en puissance et j'observe d'ailleurs et j'observe d'ailleurs que la semaine dernière M. Copé qui n'est pas de ma famille politique a dit la même chose que moi Il n'y a pas appelé à une destitution il n'y a appelé à la démission
Oui mais pas à une destitution c'est pas la même chose
Je suis d'accord mais au départ du président de la République M. De Courson qui n'est pas de la même famille politique que moi a dit la même chose J'ai vu tout à l'heure
oui oui je vous parle de la démission pas de problème
la démission sur la démission et j'observe tout à l'heure que M. Hervé Morin qui est président de la région Normandie dont une députée d'ailleurs siège dans le groupe Horizon à l'Assemblée Nationale a lui aussi dit que la solution devait être le départ du président de la République par sa démission donc j'observe que cette revendication elle gagne même maintenant les rangs macronistes donc je pense et vous l'avez cité tout à l'heure il y avait un sondage qui disait je crois que 65% des français disaient qu'en cas de chute du gouvernement Barnier c'est la question du départ du président de la République qui devrait se poser et moi c'est effectivement ce que je dis
Sauf que connaissant la personnalité d'Emmanuel Macron Yves Tréard est-ce que ce scénario est possible ?
Alors la personnalité de M.
Macron effectivement est complètement étrangère à ça il n'y a pas de démission ça serait une humiliation terrible déjà là il a passé son temps avec Michel Barnier à veiller à ce que son son héritage notamment économique ne soit pas détricoté je vous rappelle quand même que c'est la réforme des retraites c'est une petite réforme du code du travail c'est certaines mesures fiscales qui sont importantes et il a veillé à ça le seul problème c'est que je ne sais pas s'il va avoir le choix parce que s'il n'arrive pas à nommer un premier ministre qui ne soit pas immédiatement censuré je ne vois pas comment on pourra éviter cette solution et je crois que un gouvernement technique ça peut être la solution internazière ça n'existe pas pas dans un pays comme la France ça n'existe pas un gouvernement technique d'ailleurs je défie à quiconque de trouver un nom peut-être M.
Vidoroy de Gallo le patron de la banque de la banque centrale je doute je doute je doute qu'il aille sur ce terrain là donc ça sera compliqué je suis d'accord avec Bruno François Bayrou et Carole François Bayrou mais François Bayrou il se fait censurer immédiatement est-ce qu'il pourrait
trouver des aïe est-ce qu'il pourrait avoir le soutien du Rassemblement National
bien sûr que non alors là certainement pas vous disiez tout à l'heure qu'il avait fait la qualité non non non la question et ça je suis d'accord avec si je n'en parle signer la pétition sur Macron tirer des institutions pour être non non mais moi ce n'est pas pour des raisons militantes c'est que je ne vois pas comment on pourra s'en sortir sans je pense que le débat va monter il va monter très fort très puissamment et ça va déteindre sur la plupart des groupes politiques
alors je vais poser dans un instant j'aimerais Manuel Bompard que vous réagissiez à la question de Soufiane mais avant juste Christophe Barbier sur ce scénario là un scénario d'une démission d'Emmanuel Macron ou deux scénario que vous privilégiez si je comprends bien celui de la destitution là où là me convient madame l'important c'est la finalité pour la destitution je ne vois pas
la base juridique elle est tellement encadrée de manière précise qu'à mon avis ça n'a aucune chance d'aboutir à moins que Macron ne commette des actes qui relèvent quasiment de la haute trahison pour l'instant ce n'est pas le cas sur la démission imaginons qu'Emmanuel Macron le 7 septembre le 7 décembre parlons là dans quelques jours en inaugurant Notre-Dame soit touché par la grâce et il démissionne que se passe-t-il ?
40 jours nous allons donc élire un nouveau président de la république le 17 janvier vous croyez qu'il est sérieux d'avoir une campagne pendant les fêtes où les partis et les candidats n'ont que 40 jours pour présenter un programme crédible et financé aux électeurs ça va être évidemment la foire à la démagogie tout le monde va promettre n'importe quoi plus beau que l'autre plus gratuit que l'autre pour avoir des voix pendant ce temps-là il faudra trouver les 500 signatures certains vont avoir du mal évidemment ça empêche toute solution de primaire ou d'organisation des camps de se faire donc il y aura allez Attal Edouard Philippe Wauquiez et peut-être Bayrou candidat et puis il y aura peut-être le PS qui va essayer de lancer quelqu'un certains dans les petits partis de gauche comme les communistes auront du mal à avoir les 500 signatures et il y aura donc Mélenchon-Le Pen au deuxième point de la présidence tous les deux très heureux parce que Mélenchon est quand même un tout petit peu rattrapé par son âge il est aussi vieux que Barnier et il est aussi en forme donc c'est pas vraiment un obstacle mais surtout il voit bien que la gauche sociale-démocrate s'organise tout doucement Cazeneuve Glucksmann le retour de Hollande faut leur couper l'âme sous le pied c'est l'idéal une présidentielle en CP et Marine Le Pen il y a les jours alors attendez avant Mélenchon-Le Pen donc c'est Le Pen élu à l'heure actuelle les problèmes de calendrier je vous rappelle quand même que la dissolution a eu lieu fin juillet et qu'on a voté au mois de juillet mais c'est pas sérieux
alors attendez j'ai pas sérieux
de faire une présidentielle et de dire aux Français attendez pour 5 ans vous engagez le pays sans qu'ils aient même le temps les Français entre la bûche et la dinde mais il y a un gars regardez un autre scénario
attendez attendez tous juste une question et après je vous laisse la parole Roselyne promis parce que j'aimerais quand même qu'on réagisse à ce que dit Soufiane avant de se projeter sur une éventuelle présidentielle et un éventuel deuxième tour exactement Soufiane qui pose cette question Monsieur Bompard quel est l'avenir du NFPS est-ce qu'il y a encore une union de la gauche et forcément beaucoup de j'imagine que beaucoup des électeurs doivent s'interroger ces derniers jours parce qu'il y a une espèce de cacophonie entre le PS et les insoumis quand on a Boris Vallaud et Olivier Faure qui se disent eux favorables à un gouvernement de gauche qui passerait par un pacte de non-censure avec les groupes politiques hors rassemblement national Jean-Luc Mélenchon a déjà dit Niet il dit si c'est ça ça reviendrait en fait à faire une alliance un socle commun hors NFP dans ce cas-là ce serait la rupture est-ce que vous parlez encore d'une seule et même voie ?
Moi je pense que en tout cas l'union de la gauche puisque c'est le terme qui a été employé ça s'appelle dans la dernière élection législative le nouveau Front Populaire et le nouveau Front Populaire ce sont des députés qui ont été élus sur la base d'un programme et nous nous restons fidèles à cet objectif et à ce programme maintenant j'observe comme vous qui a eu un certain nombre de prises d'opposition y compris de certaines figures du parti socialiste qui cherche à s'en émanciper et je le regrette maintenant vous me posez la question de savoir si en cas de nouvelle élection par exemple d'élection présidentielle anticipée il peut y avoir du rassemblement je vous renvoie à ce que nous avons proposé par la voix de Jean-Luc Mélenchon vendredi soir c'est l'idée de dire que s'il y a une élection présidentielle anticipée nous proposerons une candidature commune à tous ceux qui veulent avoir un candidat commun à l'élection présidentielle sur un programme qui est un programme de rupture sur le programme des insoumis bah le programme c'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon oui mais c'est un programme qu'on a répondu en sang
Jean-Luc Mélenchon il dit pas le programme en programme LFI il dit voilà qu'il a proposé une candidature commune sur la base du programme LFI et Olivier Faure lui a répondu ce week-end bah Olivier Faure lui a répondu ce week-end il lui a dit monsieur Jean-Luc Mélenchon faites preuve un peu d'humilité je ne voit pas très bien au nom de quoi Jean-Luc Mélenchon serait le candidat naturel ni même pourquoi son programme serait celui qui s'imposerait à tous parce qu'il a fait 22%
il y a deux ans alors que la candidate soutenue par Olivier Faure a fait 1,75 je ne sais pas je propose juste un argument
le PS vous répond qu'ils ont remporté au hasard le PS vous répond qu'ils étaient en tête des élections européennes et que Glucksmann était devant
mais rappelle que Glucksmann n'est pas membre du Parti Socialiste
non mais c'est avec le soutien du Parti Socialiste
bon écoutez si vous me posez la question de savoir pourquoi je considère que c'est le programme qui est un programme de rupture et une candidature qui est une candidature qui de mon point de vue si ça doit avoir lieu dans les prochaines semaines doit être celle de Jean-Luc Mélenchon j'ai déjà répondu pourquoi c'est parce que je pense qu'aujourd'hui il est le mieux placé à gauche pour porter nos couleurs mais je souhaite que ça puisse être effectivement une candidature commune pour répondre à la question qui a été posée sur la base du programme
il y a un autre scénario c'est-à-dire qu'effectivement on reconduit là au 31 décembre le système des 12e provisoires cas à cas il y a une chose qui m'étonne c'est que depuis le début de notre discussion on situe la dissolution au 7 juillet pas du tout la dissolution le dégré de dissolution est le 9 juin oui mais le texte de la constitution c'est qu'il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit les législatives et donc on prend en compte le jour du vote d'après la constitution c'est vrai c'est un mois de...
là il y a un débat il y a un débat sur la possibilité de la dissolution il y a un débat technique là-dessus un an après il y a un débat technique mais si il y a une dissolution le 7 ou le 8 juillet ça fait voter et on va qu'à un cas on va qu'à un cas on constate que effectivement c'est le désordre à l'Assemblée nationale et il y a dissolution avant même d'envisager un scénario de renoncement du... non mais je ne dis pas que c'est une solution que je préconise j'ouvre un débat technique constitutionnel j'entends
et je respecte votre point de vue mais je veux juste dire parce que je vous ai entendu tout à l'heure et puis même dans le plateau précédent faire croire en quelque sorte que si nous appelions à l'élection d'une présidentielle anticipée c'était pour des raisons qui étaient des raisons partidaires ou tactiques mais c'est précisément c'est précisément mais non pas du tout c'est précisément parce que nous pensons et j'observe que 65% je crois des Français pensent la même chose que nous que c'est la seule manière de sortir le pays de la situation de blocage politique pour rendre la parole aux Français et leur permettre de trancher clairement entre les relations politiques
mais ce n'est pas vrai ça excusez-moi mais c'est la question que Rémi
c'est parce qu'un président nouvellement élu attendez attendez un président nouvellement élu aura forcément une majorité il a la possibilité de procéder par référendum pour modifier la constitution et par exemple modifier le mode de scrutin et convoquer ensuite immédiatement de nouvelles élections législatives qui permettent de mettre en place une nouvelle assemblée et là vous voudrez un peu organiser
un référendum ça prendrait combien
de temps d'élections on doit organiser une élection présidentielle dans un délai pas de 40 jours mais y compris entre 20 et 35 jours selon la constitution et on a été capable d'organiser des élections législatives dans un délai inférieur à un mois donc je pense qu'on est capable le problème c'est que tout à l'heure je ne suis pas sûr
qu'un nouveau président de la République arrive à obtenir et à former une nouvelle majorité mais attendez
juste un éclairage quand même sur ce qui vient d'être dit sur le calendrier concrètement ça prendrait combien de temps une présidentielle après un référendum pour changer la constitution après les élections législatives
entre 20 et 35 jours pour la présidentielle rappelez-vous quand Pompidou est mort ou quand De Gaulle a démissionné ça va très vite donc ça pose un problème technique au candidat c'est le financement et les 500 signatures et puis ça pose un problème politique au français c'est comment en 35 jours s'imprégner des programmes pour changer le destin de la France ça a changé la constitution M. Barney c'est pas nous qui l'avons écrit quand c'est accidentel ou un référendum
je vais vous donner un peu le point parce que peut-être que vous avez observé mais moi la semaine dernière j'ai écrit un courrier à M. Retaille au ministre de l'Intérieur pour lui demander précisément de détailler quelles seraient les modalités d'une élection présidentielle anticipée de l'expliquer aux formations politiques ce serait quand même normal qu'on ait les informations sur ce sujet c'est compliqué je suis rétabli je profite de ce micro
pour le relancer les comptes de campagne vous partez un an avant donc s'il y a une présidentielle anticipée vous devez remonter le temps mais non
les comptes de campagne s'ouvriront le plus probable c'est que
attendez ça va durer ça va durer un bon mois de patinage non artistique d'ailleurs pendant lequel on ne va pas réussir à avoir constitué de gouvernement ni à trouver un premier ministre non les ministres et les missionnaires vont continuer voilà ils vont continuer et c'est à la rentrée du mois de janvier que là la tension va monter la pression va monter sur le président de la république et c'est là que ça va se jouer ça va se jouer au cours du premier trimestre 2025 et là le président de la république peut-être pourrait être très inquiété les scénarios
d'un référendum pour changer la constitution pour après faire des élections législatives
on n'a absolument pas besoin de ça pas du tout non non non on n'a pas besoin de ça attendez
qu'on soit clair parce que là la règle c'est pas d'élection législative avant les plus proceurs il peut y avoir
au mois de mars un nouveau président de la république et puis si on n'arrive pas parce qu'il y a encore je le maintiens des constitutionnalistes qui disent qu'il y a un trou de souris qui permettent peut-être de faire des élections législatives avant d'attendre un an s'il y a un nouveau président de la république c'est Berger-Marie-Morrel il y a un débat il y a un débat c'est pas très clair et sinon on attendra le mois de juillet
mais alors bon scénario à faire de la politique fiction élection législative mais s'il y a des élections législatives dans quelques mois pourquoi ça changerait le rapport de force il y a très probablement à se retrouver sauf si on fait la proportionnelle vous seriez preneur on fait la proportionnelle
on a toujours été favorables à la proportionnelle mais manifestement il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat sur ce sujet mais j'allais pour une fois j'allais vous dire que j'étais 100% d'accord avec la question que vous venez de poser parce que je pense effectivement qu'une nouvelle élection législative dans un an ne règle pas le problème de la situation de blocage politique et c'est la raison pour laquelle c'est la raison pour laquelle pas pour des raisons d'intérêt c'est la raison pour laquelle je pense que c'est la question de l'élection présidentielle qui peut permettre de rendre le pouvoir au souverain dans notre démocratie le souverain c'est le peuple et trancher la question des orientations politiques Alors attendez
juste je vous laisse la parole à tous les deux dans un instant mais la question de Rémi Monsieur Bompard vous avez des alliés d'extrême droite pour casser le budget mais quels alliés aurez-vous pour en construire un autre ?
Je pense qu'on a fait alors d'abord ce ne sont pas mes alliés je dépose une motion de censure je dépose une motion de censure et il décide de la voter C'est une addition si vous voulez mais en l'occurrence dans le débat budgétaire à l'Assemblée nationale nous avons fait voter des amendements et ces amendements ils ont été votés par une majorité des députés à l'Assemblée nationale donc c'est bien la preuve
Le texte final a été rejeté
C'est vrai pourquoi ? Parce que le Rassemblement national à l'époque s'est allié avec Monsieur Barnier et les macronistes pour empêcher notre budget de pouvoir voir le jour
Vous l'avez dit vous-même le RN ce ne sera pas vos alliés donc pour construire un autre budget le RN ne sera pas votre alliés
Encore une fois au risque d'être un petit peu redondant c'est bien parce que j'ai assez de lucidité sur cette situation et sur le fait qu'on a aujourd'hui d'obtenir quelque chose de stable c'est précisément pour cette raison que je vous dis que de mon point de vue pour débloquer l'instabilité il faut le départ du président de la République Carole Oui
Je crains que ça ne soit pas suffisant Oui mais ça dépend à quel moment parce qu'en fait compte tenu de tout ce qu'on vient de dire le meilleur moment pour une nouvelle élection présidentielle c'est peut-être au mois de mai ou juin de manière à ce qu'il y ait des élections législatives qui puissent suivre ça n'est pas forcément Non C'est pas le point de vue que j'ai exprimé Steve Tréhard a raison de dire que c'est en janvier que la pression va s'accentrer sur Emmanuel Macron c'est pas forcément le meilleur moment sur le plan institutionnel et favorable à une éventuelle recomposition
Mais c'est votre point de vue mais moi je trouve que le débat Oui c'est votre point de vue Mais je le respecte Mais je trouve que le débat avance positivement quand en septembre nous avons posé la question de la destitution du président de la République on nous a dit vous êtes fou etc maintenant vous me dites peut-être mais au mois de mai donc je trouve ça bien bientôt vous serez peut-être d'accord avec moi sur l'idée que c'est la situation de déblocage la seule en fait qui reste aujourd'hui pour débloquer la situation dans laquelle on est Est-ce que vous craignez
comme d'autres élus de LFI qui m'en ont parlé qu'éventuellement Emmanuel Macron utilise l'article 16 et qu'éventuellement il profite des nominations en février au Conseil constitutionnel pour essayer de faire faire des changements de constitution qui lui seraient favorables
Je sais que circule dans certaines réunions entre journalistes militants politiques l'hypothèse qu'effectivement le président de la République utilise les nominations qui vont venir au Conseil constitutionnel à la fin du mois de février Il n'y en a qu'une
Il n'y en a qu'une de lui
Il y en a une de lui Il y en a une de la présidente de l'Assemblée nationale et une présidente du Sénat Je ne sais pas si c'est vrai ou pas mais je sais que cette hypothèse circule pour en quelque sorte interpréter l'article de la constitution qui précise normalement que le président de la République ne peut faire que deux mandats en cherchant à obtenir une interprétation consistant à dire qu'un mandat n'étant pas terminé il ne compterait pas comme un mandat complet Je crois que vous parlez et vous faites écho ou vous faites référence aux mêmes échos que moi Donc je ne sais pas si je le crains ou pas Mais j'ai entendu la même chose que vous J'ai entendu la même chose que vous que ce bruit circulait Bon je ne sais pas si le président de la République est prêt à s'aventurer dans cette voie au vu de son code de popularité je pense que ça risque d'être un peu difficile pour lui
Alors avant de parler d'une éventuelle présidentielle anticipée Roselyne j'ai une question de Mickaël pour vous Est-ce que le fait d'avoir un poste de premier ministre éjectable entraîne une fuite des meilleurs profils pour le prochain gouvernement Qui a envie de se risquer à aller à la maîtrise ?
Il est certain que c'est un coup pourri Mais la question de notre téléspectateur pose plus globalement la question de l'attractivité des mandats politiques des fonctions politiques Et c'est vrai beaucoup s'étonnent d'avoir des députés moins connus moins ancrés dans les territoires Il y a aussi l'effet du non-cumul des mandats Et puis le fait qu'un certain nombre de gens sont très très réticents à accepter une fonction politique qui est source d'injures sur les réseaux sociaux de mise en cause des familles et d'une sorte d'incapacité à exercer ses fonctions Ça, on le sent très bien Il y a des vrais problèmes de recrutement dans les partis politiques C'est vrai Roselyne va y retourner d'ailleurs Ah oui, c'est ça Vous êtes candidate Roselyne ?
Si Emmanuel Macron vous appelle qu'est-ce que vous lui répondez ? Mon père disait qu'aucune fois ça va deux fois c'est de sa faute
Donc c'est un non C'est un non Vous ne saisissez pas la main d'Emmanuel Macron si jamais il vous appelle Bon, très bien
Je veux rassurer Madame Bachelot en lui disant que si nous devions être nommés à constituer un gouvernement Nous n'aurions pas de problème à avoir un gouvernement et à avoir suffisamment de gens qui sont volontaires pour le constituer Ah non, c'était pas par rapport à vous Ah moi j'ai cru aussi que nous n'aurions pas la difficulté à constituer un gouvernement
Bon, j'ai une question encore pour vous Emmanuel Bonpard d'Emmanuel qui vous demande comment peut-on demander la destitution du président en imaginant que Mélenchon pourrait le remplacer alors qu'il est la personnalité politique la plus détestée de France
Oui, bon ça alors j'entends ces arguments Bon, la vérité c'est qu'aujourd'hui quand vous faites des sondages d'opinion à gauche vous pouvez décider que c'est bien ou que c'est pas bien mais c'est comme ça c'est Jean-Luc Mélenchon qui apparaît très largement comme étant la personnalité Enfin les socialistes se n'en veulent pas
Jean-Luc Mélenchon
Quand vous dites à gauche chez les insoumis oui mais pas chez les socialistes Pour l'instant c'est pas ça la question que vous m'avez posée c'est de savoir pourquoi je considère que Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui la personne la mieux placée à gauche pour pouvoir gagner l'élection présidentielle
Je précise juste chez les insoumis vous avez parlé de la gauche mais c'est chez les insoumis les socialistes c'est pas la personne La question initiale
c'était de me poser la question de savoir pourquoi je considérais que Jean-Luc Mélenchon était la personne la mieux placée donc je vous ai répondu Maintenant que vous me disiez qu'il y a des gens au Parti Socialiste qui ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon comme candidat à l'élection présidentielle ça ne m'a pas totalement échappé mais encore une fois c'était déjà le cas en 2022 et j'observe que par contre les électrices et les électeurs socialistes ont plutôt assez largement voulu de Jean-Luc Mélenchon à l'époque puisque le score qu'a réalisé la candidate officielle du Parti Socialiste était très faible donc c'est bien la preuve le sujet c'est pas de savoir si un tel ou un tel en veut ou pas la question est de savoir si oui ou non une candidature qui serait portée aujourd'hui dans une élection présidentielle anticipée est en mesure de pouvoir transformer le pays parce que c'est quand même encore une fois la question qui nous est posée j'entends que vous puissiez imaginer des tactiques des manœuvres etc moi la seule question que je pose à la fin c'est comment on permet à ce pays de sortir de la situation de blocage dans lequel le président de la République l'a mis avec des propositions que je mets sur la table peut-être que tout le monde n'est pas d'accord avec sans aucun doute c'est la démocratie mais c'est pour ça qu'à la fin je pense que c'est au peuple de trancher
Yves Mais est-ce que vous avez songé déjà aux alliés que vous pourriez avoir parce qu'avec le Parti Socialiste c'est quand même assez compliqué si un jour vous étiez si M. Mélenchon était le président de la République Je pense qu'on a réussi quand même Je vous avais dit tout à l'heure que vous n'auriez pas de majorité à l'Assemblée Nationale en disant qu'on retrouverait finalement
une Assemblée aussi éclatée qu'aujourd'hui Si ce que j'étais en train de dire tout à l'heure c'est que si M. Macron là dans la situation d'explosion en trois blocs de l'Assemblée Nationale nommait une première ministre issue du nouveau Front Populaire je dis qu'on se heurterait sans aucun doute je ne vais pas raconter d'histoire aux mêmes difficultés que des premiers ministres issus des autres blocs politiques je veux dire je pense que ça c'est une vérité
Et dans le cas où M. Mélenchon serait président de la République
ce serait pareil ?
Non je ne crois pas je pense comme je l'ai dit tout à l'heure que je pense que dans ce cas-là on aurait la possibilité d'abord d'organiser et de permettre de composer une nouvelle Assemblée Ah oui à la proportionnelle Et ensuite dans cette Assemblée nous avons quand même été en capacité de présenter des candidatures communes à gauche dans toutes les circonscriptions du pays à la dernière élection législative On a été capable de se mettre d'accord sur une proposition et sur un programme commun donc ça veut dire qu'on est en mesure de pouvoir gouverner ensemble donc les alliés vous me posez la question des alliés je pense que ceux avec qui on a présenté des candidatures communes aux dernières élections législatives seraient aussi naturellement assez naturellement des alliés pour gouverner
Pour avoir une majorité absolue à l'Assemblée Nationale
Bah ça c'est les Français et les Français qui le décident Monsieur Tréard moi je suis pas j'ai pas de boule de cristal mais en tout cas à partir du moment où nous remporterions puisque c'est l'hypothèse sur laquelle vous voulez que je travaille l'élection présidentielle alors oui j'appellerai les Françaises et les Français à nous donner une majorité absolue Je crains que votre cri
ne soit pas entendu Et vous feriez
ça vous savez Madame Bachelot ça fait bien longtemps que ce ne sont pas les journalistes sur les plateaux de télévision qui décident à la place
Vous feriez une constituante J'ai 40 ans de vie politique en compteur Vous le savez comme moi
Vous feriez une constituante comme vous l'avez promis Je pense qu'effectivement la situation un des éléments aussi de la situation que l'on vit de mon point de vue c'est l'impasse la fin de la 5ème république je le pense parce qu'elle a démontré que vous avez aujourd'hui un président de la république qui a des pouvoirs exorbitants et qui ne rend compte à personne Donc M. Mélenchon
aurait moins de pouvoir
Je pense que Jean-Luc Mélenchon l'a déjà dit il l'a dit à chacune de ses élections présidentielles il prendrait la clé de l'Elysée il la jetterait à la Seine et on ferait une 6ème république qui soit une république parlementaire où il y aurait davantage de pouvoir qui serait donné aux représentants du peuple et moins de pouvoir pour le président de la république le dernier président de la 5ème république
Merci beaucoup Manuel Bompard d'avoir été notre invité ce soir Juste une dernière question censure mercredi très probablement sauf coup de théâtre jeudi matin le gouvernement Barnier chute qu'est-ce que vous faites est-ce que vous vous mettez autour de la table avec toutes les composantes du NFP est-ce que vous vous mettez autour de la table en disant bon qu'est-ce qu'on fait est-ce qu'on propose une autre candidature que Lucie Casté ou vous dites nous de toute façon elle est finie ce sera Lucie Casté point barre on ne rouvre pas les négociations avec les socialistes
c'est Lucie Casté mais si vous me posez la question de ce que je ferai jeudi je serai aux côtés des fonctionnaires puisque ce sera une journée de grève et de manifestation des fonctionnaires et je profite de ce micro pour les appeler toutes et tous à se mobiliser parce que la situation de blocage politique que l'on connaît elle se déverrouillera pas que par la voie institutionnelle mais aussi par la mobilisation populaire
Manuel Bompard