Présentation de la votation citoyenne sur l'eau #VotationEau
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Donc on est très heureux de vous accueillir pour cette conférence de presse sur une question centrale pour la France insoumise, qui est la question de l'eau, puisque en plus de la commission d'enquête sur la mainmise des intérêts privés sur la ressource en eau et ses conséquences que je préside actuellement, la France insoumise a fait la démarche de proposer à des partis politiques, à des associations, à des collectifs qui ont à cœur l'eau comme commun, de co-organiser une campagne d'éducation populaire et une votation citoyenne qui aura lieu du 22 mars au 13 avril.
Et donc nous sommes heureux de vous présenter à plusieurs voix, puisque plusieurs organisations ont répondu présentes, cette campagne que nous avons intitulée avec le slogan « L'eau est à nous, pas aux multinationales ». Alors déjà pour commencer à présenter les personnes qui sont ici, pour la France insoumise, il y a Gabriel Amard à la coordination des espaces des élus et des contre-pouvoirs, ainsi que Gilles Maudroyer, qui est notre responsable de nos outils numériques de la France insoumise.
Ensuite nous avons Fetty Schuder, de la gauche démocratique et sociale, Edi Jacques-Marc, qui est derrière moi, qui est président de la Confédération nationale du logement, Thomas Porte, pour Génération, et puis ensuite nous avons en visio, puisque nous ne pouvons pas toutes et tous être là du fait des impératifs sanitaires, nous avons Laurent Campos-Suguenet, de la Confédération paysanne 63, qui se bat à Volvic, notamment contre Danone et Limagrin, Bernard Mounier, de Hauts-Biens-Commun-PACA et coprésident de Hauts-Biens-Commun-France, Alain Touleron et Michel Ernest, pour le parti Ensemble, Bernard Schmitt pour le collectif O88, et devrait nous rejoindre d'ici quelques instants, Jean-François Pérignet, qui est de la Confédération paysanne, et paysan producteur de moules de Charentes maritimes.
Alors j'espère n'avoir oublié personne, mais se joignez à nous, même s'il ne participe pas aujourd'hui, les différentes organisations aussi, le MNLE, donc le Mouvement national de lutte pour l'environnement, ainsi que Nouvelle Donne et PEPS. Donc l'enjeu pour nous de cette campagne, c'est de réaffirmer la propriété collective de l'eau.
Peut-être avez-vous suivi, ou peut-être non, parce que ça n'a pas été beaucoup relayé, mais depuis octobre, il est possible de spéculer sur l'eau en bourse, en Californie, et si la financiarisation et le stade ultime est le plus dangereux de la main basse des multinationales sur l'eau, l'eau est une ressource rare en danger, et la guerre de l'eau a déjà commencé dans le monde et en France.
Et si nous sommes ici, c'est pour dire que non, contrairement au rêve du banquier Goldman Sachs, nous refusons que l'eau soit le pétrole du XXIe siècle, car l'eau est un enjeu social, puisque, vous le savez, le droit à l'eau n'est pas garanti, même dans notre pays aujourd'hui, avec, on estime, à 2 millions de personnes qui n'ont pas accès à l'eau ou à l'assainissement ou ont des difficultés à payer la facture, rien que pour la France. Et bien sûr, nos concitoyens et concitoyennes d'outre-mer sont en première ligne pour faire face à cette pénurie. C'est un enjeu sanitaire.
En ce moment, on parle beaucoup de l'épidémie de la Covid-19, mais on pourrait parler de beaucoup d'autres où se laver les mains est un geste barrière. C'est un enjeu écologique, car les équilibres climatiques sont intrinsèquement liés au cycle de l'eau, qu'en plus, l'eau est polluée par l'agriculture intensive, l'artificialisation des terres et les grandes industries, et qu'elle est gaspillée, notamment dans des fuites, à tel point qu'il a été estimé dans un rapport qu'on perdait l'équivalent de la consommation annuelle de 18,5 millions d'habitants du fait de ces fuites, avec des fuites encore plus importantes, là aussi, dans les territoires ultramarins.
Et enfin, et ça nous tient beaucoup à cœur, c'est un enjeu démocratique, car l'eau est essentielle aux êtres vivants, aux êtres humains, mais aux vivants en général, et essentielle à la vie, trois jours sans eau et nous sommes morts. Et si c'est un aspect aussi important de nos vies et du vivant en général, eh bien, ce n'est pas aux multinationales de décider de notre avenir et de comment doit être géré ce commun. Donc, ça a d'autant plus de sens pour nous aussi, de proposer une votation aux citoyens et aux citoyennes de notre pays.
Donc, cette votation, vous pourrez trouver toutes les informations sur le site www.o.vote, avec une question de la votation que je vais retrouver juste après sur le tract qu'on va nous redonner. Et je vais d'abord donner la parole à Gilles Moldroyer pour nous expliquer comment va se passer cette votation. Je vous lis juste la question, parce qu'elle peut vous intéresser. La question que nous poserons donc aux citoyens, c'est « Êtes-vous favorable à l'inscription dans la Constitution française du droit à l'eau et à l'assainissement, à protéger l'eau et à interdire son accaparement par les multinationales ? »
Merci Mathilde. Donc, j'anime l'équipe du pôle outils numériques de la France Insoumise. Le pôle outils numériques s'est mis au service de cette campagne eau, comme il l'avait fait pour la campagne de votation sur le nucléaire qui avait été organisée il y a quelques années. Donc, on bénéficie de l'expérience de cette campagne. Donc, on va faire les choses encore mieux cette fois-ci. Nous avons mis en place, donc Mathilde en a parlé, le site www.eau.vote. Sur ce site, on trouvera bien évidemment des ressources de l'information sur la campagne, des argumentaires sur le sujet, ainsi que des actions proposées, notamment par exemple aux élus dans les communes.
Mais sur ce site, bien évidemment, surtout, on pourra voter. On pourra voter de deux manières. Premièrement, en bureau de vote. Donc, du coup, pas sur le site, mais on pourra trouver la liste de ces bureaux de vote sur le site eau.vote. Ces bureaux de vote seront recensés par les personnes, les organisants eux-mêmes. Nous mettons à disposition pour cela le réseau social que nous avons déjà, actionpopulaire.fr, qui peut servir pour diverses campagnes, puisqu'il n'est pas spécifiquement réservé aux insoumis, par exemple, dans ce cas-là. Donc, nous avons déjà beaucoup d'outils qui vont pouvoir être utilisés. C'est très intéressant de les utiliser dans ce cadre-là.
Et l'autre manière de pouvoir voter, ce sera tout simplement en ligne. Donc, on pourra voter aussi directement en ligne sur le site eau.vote. De manière à assurer une certaine sécurité du vote et sa sincérité, nous allons utiliser, pour les personnes pour qui ce sera possible, et donc qui sont inscrites sur les listes électorales, nous allons utiliser ces listes électorales. Donc, les gens pourront émarger, comme ils le font pour un vote en bureau de vote. Ces listes électorales nous ont été fournies par les préfectures, comme elles ont l'obligation de le faire. et nous avons fait le travail de les compiler au niveau national pour pouvoir assurer la sincérité de ce vote.
Bien entendu, il sera aussi possible de voter pour les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales, soit qu'elles soient mal inscrites, soit qu'elles soient résidentes en France, mais n'ayant pas la nationalité française, ou bien encore qu'elles aient moins de 18 ans, puisque le vote sera possible à partir de 16 ans. En tous les cas, toutes les informations seront disponibles sur ce site.
Nous publierons à la fin les résultats de manière séparée pour les votes qui ont eu lieu avec un émargement sur les listes électorales, séparément des votes qui n'ont pas eu lieu avec émargement, de telle manière à ce qu'on puisse avoir séparément les résultats qui sont, entre guillemets, plus sécurisés que les autres. Et voilà, on espère aussi que cet outil pourra éventuellement servir à d'autres, puisque c'est un outil libre que nous développons en toute indépendance, complètement en interne. Et on est assez fiers de cela, puisque c'est la manière dont nous travaillons avec les outils numériques dans toutes les situations. Je vous remercie.
Merci beaucoup.
Oui, bien bonjour à toutes et à tous. Pour la CNL, première association d'habitants, il apparaissait tout à fait naturel de pouvoir s'investir dans cette initiative sur le collectif pour défendre l'eau, qui est un bien commun. Évidemment, au-delà des enjeux environnementaux et de placer l'eau comme quelque chose d'essentiel dans la vie des habitants, en tant qu'association d'habitants, évidemment, on pense au quotidien des familles. Et l'eau est essentielle pour toutes les familles, aussi bien pour pouvoir cuisiner, pour pouvoir nettoyer la maison, pour pouvoir se laver.
Et on sait bien qu'en ce moment, en crise pandémique, il est important justement de pouvoir assurer une hygiène aussi bien des personnes que des locaux. Nous sommes également très, très attentifs aux coûts que ça représente au niveau de l'eau pour les familles, puisqu'on sait que ça devient de plus en plus cher, notamment aussi en termes d'assainissement. On est également très sensibles à ce qu'il n'y ait pas de coupures, puisque vous savez que dans notre pays, on a encore des coupures d'eau. Ça veut dire qu'on prive, même en période pandémique, on prive des milliers de familles de l'accès à l'eau. Et ça, c'est complètement scandaleux.
Nous nous battons également au quotidien dans les amicales locales, notamment pour remettre l'eau dans le maximum de villes, en régie publique. C'est important aussi que les villes reprennent la maîtrise publique de l'eau. Nous sommes pour le service public de l'eau. À la CNL, évidemment, ça, c'est pas un scoop.
En tout cas, ça tombe très bien, cette initiative de l'eau, puisque nous avions l'intention également de mener une grande campagne à l'occasion de la journée mondiale de l'eau sur la problématique de la fusion de Suez et de Veolia, évidemment, puisque l'eau ne peut pas devenir un bien de marchandisation tel qu'on veut nous le faire apparaître dans les dispositions qui sont en vigueur. Voilà. Et en tout cas, sur la votation, nous, c'est très important, puisque nous sommes aussi associations d'éducation populaire, agrées d'éducation populaire. Et nous pensons aussi que le fait de réapproprier aussi la population sur des sujets de leur quotidien, ça aussi, c'est de la démocratie directe.
Et c'est important qu'on puisse retrouver donc le chemin des urnes, notamment pour qu'on lutte contre l'abstention et que dans les prochains scrutins, également, on puisse réhabituer la population à remettre un bulletin dans une urne. Merci à toutes et à tous. Bonjour à toutes et à tous.
Mes générations se félicitent de l'initiative qui a été prise aujourd'hui par la France Insoumise, puisque la bataille pour l'eau, elle fait partie des batailles emblématiques que la gauche a dans son ADN depuis des années, c'est-à-dire remettre au cœur de l'intérêt général et sortir des logiques marchandes des éléments qui apparaissent pour nous comme des biens communs et qui doivent être accessibles à tous, qui doivent être garantis par la Constitution. Et tout à l'heure, Mathilde a parlé de financiarisation.
Il y a déjà des pays qui sont très avancés dans ce qu'on appelle le monnayage de l'eau, et notamment en Australie, où on parle carrément d'or bleu, puisqu'on a des périodes où les agriculteurs mettent la clé sous la porte parce qu'ils n'ont plus le moyen de s'acheter de l'eau puisqu'elle est aujourd'hui sur les marchés financiers et elle devient un enjeu de véritable spéculation. Et pour nous, c'est absolument pas acceptable puisqu'un rapport des Nations Unies dit que d'ici 2030, l'endement d'eau va augmenter de 50% sur la planète et on pourra avoir quasiment 40% de la population mondiale qui serait exclue de l'eau et qui serait dans des situations de pénurie absolument catastrophiques.
Donc cette commission d'enquête et ce travail de votation citoyenne, il tombe, je crois, à point de nommer puisqu'on l'a vu avec la crise de la Covid. On a aujourd'hui un modèle libéral qui nous a mis des parents entiers de la société sous des logiques marchandes et on comprend bien aujourd'hui que ce modèle-là nous a conduits dans le mur. On l'a vu avec le service public hospitalier, on le voit avec la question des transports, on l'a vu avec la question de l'énergie et donc l'eau doit vraiment être ancrée de manière durable dans la Constitution. Ça doit être un droit opposable qui doit être garanti à tous les citoyens de ce pays. Il y a un véritable enjeu de réappropriation collective.
C'est aussi pour ça que le slogan est très important puisqu'on dit bien que l'eau est à nous et qu'elle appartient au commun et à l'intérêt général. Ça, c'est extrêmement important comme slogan. Et je termine là-dessus.
L'idée de faire une votation citoyenne, c'est aussi d'avoir une grande campagne populaire et de sortir ces questions de l'eau du domaine parfois réservé à certains experts et que chacune et chaque citoyen puisse s'exprimer et puisse affirmer de façon très claire qu'il considère que l'eau est un bien commun, qu'elle doit lui être garantie et que l'État doit assumer ses responsabilités de fournir quelque part un service de première nécessité au même niveau qu'avoir un toit, au même niveau qu'avoir accès à l'énergie. L'eau doit être vraiment garantie. Et on espère que cette campagne, elle va se déployer partout sur le territoire.
En tout cas, Génération y prendra sa part avec les autres organisations. On organisera des bureaux de vote. On interprèlera partout nos citoyens. On fera en sorte que nos militants soient sur les marchés pour tenir aussi des initiatives pour sensibiliser sur cette question. Mais je crois qu'on a vraiment un enjeu de société, un enjeu démocratique, à l'heure où il y a aussi une défiance à l'égard du pouvoir politique qui s'enferme dans une espèce de pouvoir de décider à quelques-uns. Il faut vraiment remettre l'intervention citoyenne et la réappropriation populaire au cœur des enjeux politiques de ce pays. Merci. Alors bonjour à tous et à tous.
Pour GDS, nous nous retrouvons dans tout ce que les intervenants ont dit avant moi, c'est-à-dire qu'il y a cet enjeu, en effet, démocratique autour de l'eau et qu'il faut absolument le défendre, aider le citoyen à se réapproprier ces questions-là. Dans un esprit démocratique, dans un esprit internationaliste aussi, parce que nous nous trouvons dans une situation où nous, citoyens français, nous pouvons avoir accès à l'eau juste en tournant une vanne de robinet, ce qui n'est pas forcément le cas dans certains pays où les questions de l'eau se caractérisent à travers sa rareté. Et donc, de ce côté-là, nous avons à GDS cette volonté de travailler sur ces questions.
Nous remercions la France insoumise justement pour cette initiative unitaire qui nous semble absolument importante parce que nous sommes des organisations qui avons toujours eu l'habitude de traiter ces questions séparément. Pensons que le fait d'y aller en portant une même voix, c'est quelque chose qui nous semble particulièrement important. Et puis, en plus, le faire, non pas juste entre organisations politiques, mais aussi avec d'autres organisations, syndicales, associatives, c'est, à mon avis, ce qui préfigure quelque chose d'éminemment progressiste pour la société. Donc, merci vraiment pour cette initiative.
Et nous nous battrons, nous prendrons notre part à ce combat pour faire en sorte que chaque citoyen dans ce pays soit capable de se réapproprier ces questions.
Pour la France insoumise, et je l'imagine aussi pour les forces et organisations qui rejoignent cette démarche de campagne et de votation, je veux pouvoir ajouter que nous nous inscrivons dans la continuité de ce qui, à plus de 20 ans, a été déclenché par l'appel de varages et par un certain nombre d'élus, de militants associatifs, qui, notamment, autour de Daniel Mitterrand, Michel Partage, les réseaux au secours, au bien commun, au public, avec l'expertise, je pense notamment à Ndecausa CGT, à la CNL, au conseil scientifique d'attaque, ont pu nourrir et lever, comme génération d'usagers et d'élus qui ont mis le pied dans leurs pas et ont su construire des rapports de force, obtenir des résultats, faire prendre des délibérations à des collectivités locales.
Et ainsi, si, à l'heure de l'appel de varages, les grands groupes en France avaient 12 ou 14 000 contrats, ils n'en ont plus aujourd'hui que 7 000. Et donc, cette campagne arrive dans ce processus où la gestion publique gagne du terrain année après année. Ainsi, cette campagne peut être l'occasion pour les usagers, comme pour les fonctionnaires territoriaux, les techniciens, les électromécaniciens, les fontainiers, qui travaillent dans les 24 000 services publics d'eau et d'assainissement, qui n'ont pas besoin du logo de Veolia, de la SOR, de SUEZ ou de la SOGEDO pour faire un travail de qualité.
L'ensemble de ces acteurs, nous vous invitons à vous lever, à porter fièrement le fait que vous êtes le modèle dominant français de la gestion publique de l'eau, souvent avec des expérimentations novatrices en termes d'écologie, en termes de tarification différenciée, en termes de co-gestion entre les salariés, les usagers et les élus locaux.
L'heure est venue pour vous, vraiment, de rayonner, de faire savoir que ce modèle est un modèle qui fonctionne, un modèle qui entretient, un modèle qui renouvelle les installations, un modèle qui investit pour lutter contre les fuites quand les grands groupes réalisent des chiffres d'affaires, des profits et même font de l'argent avec les volumes qui partent en fuite. et aux agents des entreprises privées qui travaillent dans le domaine de l'eau. Notre modèle est adapté pour vous accueillir, pour vous recevoir demain dans le respect de vos acquis, de vos statuts, dans le modèle de gestion publique, écologique et citoyen que nous défendons.
Et s'il y a des doutes, si vous avez des questions, saisissez-vous de cette campagne, participez au débat, y compris vous, les salariés de l'eau pour faire valoir ce qui compte et ce qui est important pour vous.
Et quant à nous, nous vous donnons rendez-vous le 22 mars, le jour de la journée mondiale de l'eau, en fin d'après-midi, peut-être à 18h, 19h, l'horaire est encore à caler, mais nous organiserons une foire aux questions publiques pour justement lever les craintes et vous montrer ô combien tout ça est en train de prendre corps, est en train de prendre sens et que cette campagne participe d'une démarche d'éducation populaire politique auxquelles nous sommes attachés, notamment quand il s'agit d'un bien commun indispensable à la vie. Je vous remercie.
Merci, Gabrielle. Avant de laisser la parole aux journalistes, je vais donner la parole aux organisations qui sont en ligne. On peut commencer... Alors, je vais donner l'ordre et puis après, je vais vous donner la parole. On peut commencer par à Bernard Mounier pour Au Bien commun PACA et donc coprésident d'Aubien commun France, puis Bernard Schmitt pour le collectif O88, puis Laurent Campos-Huguenier, Confédération Paysanne 63, donc qui se bat à Volvic, et enfin, à Alain Touleron et Michel Ernis pour Ensemble. Je vous laisse la parole.
Les inondations meurtrières de 2015 et 2019 dans les Alpes-Maritimes,
questions écologiques et démocratiques qui donnent toute sa place à l'échelle locale
et à chaque niveau institutionnel au commun, avec un grand C, animés par les citoyens et les usagers. Ils disaient laisser l'eau s'infiltrer à la compagnie en ville, rendre leur cours aux rivières, etc. Mais quelle force oppose leurs intérêts particuliers au rapprochement nécessaire entre les usagers et l'eau, à l'exercice des droits humains à l'eau, mais qui mettent en place au contraire des stratégies d'éloignement. Ce sont celles qui développent les idées, toutes les formes et pratiques qui visent à constituer l'eau en bien privé, en marchandise, dans des pseudo-marchés et en tirer un profit.
Elles ont besoin de complexité et d'opacité ainsi dans la métropole avec Marseille-Provence sous prétexte que l'eau bien commune serait mieux gérée par le privé. Une filiale de Zéoulière, la Seine, s'est vue attribuée en deux étapes pour la période de 1960-2029 d'une délégation de services publics. Le second contrat d'octobre 2013 a déjà été modifié quatre fois par des avenants essentiels difficiles à contrôler par les associations et des élus là d'opposition. Notre expérience nous enseigne donc que l'inscription de ce droit humain participant à une planification écologique globale devrait être déclinée par des lois, des décrets et des règlements.
Elle aurait interdit les gestions privées et promouvoir des institutions démocratiques, des communes de l'eau.
Merci beaucoup, Bernard.
Ok.
Merci beaucoup. On continue avec, j'ai dit Bernard Schmitz, il est là, Bernard ?
Oui, je suis là.
Super. Oui. Vas-y, reparle.
Oui, est-ce qu'on m'entend bien ?
On t'entend, vas-y.
On m'entend ? Alors, je parle plus fort. Alors, le collectif O88, les Vosges, est composé de quatre associations, trois associations environnementalistes et une association consommateur. Alors, je pense que les propos que je vais tenir illustrent assez bien les propos politiques tenus par les organisateurs principaux. À Vittel, Nestlé, depuis 50 ans, surexploite les trois nappes d'eau qui sont sous l'épige de ces marques Vittel et Barre Contrexcédie. La nappe la plus profonde, notoirement en danger d'épuisement depuis 50 ans, est embouteillée sous la marque Vitexte d'accaparement des terres puisque 70% de la surface agricole à la filiale de Nestlé agrivaient, grâce aux manœuvres de la SAFER.
Et aussi, dans un contexte de verdissage, il bénéficie de la complécité ou partie confondue. Par ailleurs, une association à caractère scientifique créée par des cadres dirigeants de Nestlé, la Vigie de l'eau, promeut les qualités de l'eau minérale auprès du public et des enfants des écoles. Nous avons demandé la suspension de son agrément Éducation nationale au rectorat. En 2016, notre collectif a mis en évidence de nombreux conflits d'intérêt. Procès programmé en décembre 2020-2021. Par ailleurs, notre collectif a porté plainte contre Nestlé et le préfet en raison de 8 forages illégaux que le préfet cherche à réguler.
Non seulement l'eau des habitants est en danger, mais les pollutions s'accumulent sur le territoire par le plastique, les transports routiers, les pratiques agricoles protectrices pour l'eau mais pas pour les sols. En fonction de la loi, l'équilibre de cette nappe profonde a été repoussé. Et maintenant, en 2027, Nestlé peut continuer à piller l'eau, à supprimer les emplois, 4 500 salariés en 75, moins de 1 000 aujourd'hui. Tout est fait pour gagner du temps. Nestlé vient de vendre la totalité de ses marques d'eau en Amérique du Nord. Nous partageons la devise des défenseurs de l'eau là-bas, « Water for life », « Not free », pas pour le profit ».
Je voulais remercier les forces insoumises qui, depuis le début de notre combat, nous soutient. Je pense en particulier à Gabriel Amard, Frédéric Roudhomme et bien sûr, Mathilde Panneau. Voilà, c'est le seul parti politique nationalement qui nous a accompagnés depuis le début.
Merci Bernard. Maintenant, je vais donner la parole à Laurent Campos-Huguenier de la Confédération Paysanne 63, donc à Volvic. Vas-y Laurent. Oui,
bonjour, merci de la parole. Donc, contrairement à une idée reçue, l'Auvergne n'a jamais été le château de la France et elle le sera de moins en moins pour deux raisons. D'une part, à cause du changement climatique qui conduit à un assèchement des sols et une moindre régénération des nappes souterraines, du peu de nappes souterraines qui existent. L'autre raison, c'est du domaine de l'agroalimentaire sur le département du Puy-de-Dôme pour des... Ils sont très importants. Ces deux multinationales sont Volvic qui appartient au groupe Danone et la société Limagrin. Les profits générés par ces deux sociétés par rapport à l'usage de l'eau sont très importants. Je vous donne quelques chiffres.
La société des eaux de Volvic a réalisé en 2019 484 millions de chiffres d'affaires dont 70% à l'international. Son résultat net en 2019, 31 millions d'euros. Limagrin, 1,9 milliard de chiffres d'affaires dont 70% à l'international pour la production de maïs se lance son résultat net, 64 millions d'euros en 2019. La prédation de ces multinationales est sans limite. Les prélèvements d'eau effectués par l'usine Volvic ont été multipliés par 13 de 1980 à aujourd'hui, atteignant 2,7 millions de mètres cubes par an, soit la consommation annuelle de 54 000 habitants en eau potable.
Ces prélèvements excessifs sur la nappe de Volvic conduisent à l'assèchement de tous les milieux situés en aval, en particulier les sources qui alimentent vergers et jardins vivriers qui peu à peu ont disparu. Toutes les zones humides peu à peu ont été asséchées et en particulier cela a conduit à la fermeture en 2019 de la pisciculture de Saint-Jeunet-Lenfant, pourtant en activité depuis le 19e siècle, plus vieille pisciculture d'Europe classée au monument historique. L'Imagra effectue la même prédation sans limite sur l'eau.
Pour sa production de maïs semences en Limagne, il faut irriguer les cultures par prélèvement dans la nappe alluviale de l'Allier, dont dépend presque exclusivement l'alimentation en eau potable des habitants de l'agglomération clermontoise. Il y a un réel conflit d'usage entre l'alimentation en eau potable des populations de Clermont et l'irrigation de ce maïs semences. Toujours pour cette même irrigation, l'utilisation chaque année de 4,7 millions de mètres cubes d'eau issu d'un barrage, le barrage de la Sèpre, correspondant à la consommation annuelle de 94 000 habitants. Ce barrage a été construit en 1994.
Il a coûté 7,6 millions d'euros et il a été financé exclusivement avec de l'argent public, subvention de l'État, du Conseil départemental, du Puy-de-Dôme, ainsi que l'agence Loire-Bretagne.
Merci Laurent.
Avec un uni bénéficiaire, bien sûr, la société privée, l'Imagra.
Merci beaucoup Laurent pour tous ces éléments. Et pour terminer, avant les questions, Alain Touleron ou Michel Ernest, pour ensemble ?
Une campagne dont on veut souligner le caractère national, ce qui n'est pas si courant sur cette thématique, et le caractère unitaire. La question de l'eau, pour nous, c'est une question éminemment politique parce qu'elle recouvre des enjeux tout à fait fondamentaux. C'est les enjeux écologiques et climatiques, d'une part, qui concernent la protection de cette ressource fragile. C'est les enjeux sociaux autour du droit effectif à l'eau, notamment autour de la proposition des premiers mètres cubes gratuits. Ce sont des enjeux démocratiques autour de la gestion publique pour l'ensemble du cycle de l'eau et d'une participation citoyenne à cette gestion.
Des enjeux de santé publique aussi, des enjeux de solidarité internationale. Donc, il s'agit là d'enjeux majeurs qui, globalement, font choix de société. Alors, un clin d'œil, pour ma part, je parle depuis la métropole de Lyon, la ville qui a vu les débuts historiques à la fin du XIXe siècle, à la fois de la CGE, la Compagnie Générale des Eaux, qui a signé son premier contrat sur Lyon, et de la Lyonnaise des Eaux. Ces deux sociétés qui, au fur et à mesure de leur développement capitalistique, sont devenues Vallée de Géants, Veolia et Suez. Eh bien, cette même métropole a voté, là, en décembre dernier, le retour en régie pour la gestion de l'eau potable.
C'est évidemment un événement ici, localement, mais c'est pour dire qu'un tel retour en gestion publique, c'est possible, c'est possible, et qu'il y a même actuellement un vrai mouvement dans ce sens, un mouvement qui avait été initié il y a pas mal d'années, à Grenoble, et puis à la ville de Paris, mais qui est en train de s'accélérer aujourd'hui. Voilà ce que je voulais rajouter.
Merci beaucoup. On va maintenant laisser les journalistes poser leurs questions, s'ils en ont.
Bonjour, Nadège Puljac de l'AFP. Alors, je vois que les insouïes, bon, vous en avez parlé aussi, vous avez proposé une proposition de loi. Qu'est-ce qu'elle est devenue, cette proposition de loi ?
Vous parlez de la proposition de loi qu'on avait déposée en décembre 2017.
Ah, c'était en décembre 2017.
En fait, on l'avait déposée, mais elle avait été discutée dans la niche parlementaire de février, je crois, 2018. Donc, c'était une proposition de loi qui, effectivement, visait à inscrire le droit inaliénable à l'eau dans la Constitution. C'est bien ça dont vous parlez ? Oui. Alors, c'était notre première niche parlementaire, donc la niche parlementaire, donc le moment où on peut choisir l'ordre du jour, dans lequel on avait déposé cette proposition de loi qui avait été, bon, refusée par la majorité La République en marche, mais qui avait donné lieu à pas mal d'auditions, de travailler avec des associations.
Et on espère que la votation qu'on va mener à plusieurs organisations, vous l'avez bien compris, avec plusieurs associations, collectives, syndicats et partis politiques, aidera à avoir un rapport de force parce que nous pensons toutes et tous ici qu'il faut absolument inscrire le droit à l'eau dans cette Constitution et le fait que l'eau ne doit pas être marchandisée. Alors, c'était ma deuxième question
sur la votation. Concrètement, ça mène où ? Est-ce que légalement, à partir d'un certain seuil, on peut faire quelque chose de ces résultats ou bien, vous, ça vous permet de vous conforter dans ce que vous voulez faire ? Quelle est la finalité ?
Je vais commencer à répondre et puis si quelqu'un veut rajouter. Non, non, l'idée, ce n'est pas de nous conforter dans nos certitudes ou dans ce que nous, on prône. L'idée, c'est de faire une large campagne d'éducation populaire. On l'a dit, bon, alors, Gabriel a cité une des dates, mais on va relayer l'ensemble des initiatives des différentes associations. Il y a d'ailleurs, à Volvic, je suis désolée, j'ai coupé la parole à Laurent avant, mais une marche qui est organisée le 21 mars, qui est une marche pour l'eau, qui est organisée donc ce dimanche 21 mars.
Il y aura différentes initiatives qu'on va relayer et puis après, on va faire des formations et l'idée, c'est d'avoir des débats partout dans le pays, autour des urnes, évidemment, sur Internet aussi, d'avoir des débats autour de cette question. Est-ce que ça a une valeur juridique ? Bien évidemment, non, c'est une votation citoyenne. Mais en tout cas, vous l'avez vu et Gilles a expliqué comment est-ce que nous allons mener cette votation. C'est une votation qui a une vocation à être sérieuse, c'est-à-dire qu'on aura un résultat qui sera un résultat sérieux autour de cette votation.
Et je crois que ça contribue à la fois à diffuser nos idées et à faire un rapport de force aussi pour inscrire l'idée que la majorité des gens de ce pays ont quand même envie que l'eau qui est, et tout le monde l'a expliqué avec des mots différents, mais tout le monde l'a expliqué de cette façon-là, l'eau qui est vitale à nos existences ne soit pas gérée par les multinationales, mais bien en gestion citoyenne. Et je crois que voilà, ça contribue à la fois à promouvoir une idée et puis à accroître le rapport de force avec des multinationales qui finalement veulent utiliser l'eau seulement pour le profit et oublient que l'eau c'est d'abord et avant tout la vie.
Il n'y a pas de questions en ligne ? Donc on a oublié un acteur, je suis vraiment désolée. Qui doit parler Nouvelle Donne ? Je ne savais pas qu'ils étaient là, je suis vraiment désolée. Qui est là pour Nouvelle Donne du coup ? C'est qui qui est là pour Nouvelle Donne,
Almy ?
Eh bien, je vous remercie d'avoir été là pour suivre cette conférence de presse et on espère vous retrouver sur les nombreux et nombreux points de votation que vous trouverez en allant sur le site www.o.vote sur lequel vous trouverez toutes les informations des kits argumentaires, des kits sur comment faire une votation et évidemment le matériel pour le mener avec des affiches, des urnes, etc. Merci beaucoup à vous.
Mathilde Panot