Bernard Jomier : « Il faut instituer un véritable souverainisme européen » du médicament
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Bernard Jomier, vous êtes sénateur de Paris... Mais d'abord la question des pénuries de médicaments qui prennent de l'ampleur.
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Est-ce que vous avez été confronté directement à ce problème ?
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Est-ce qu'il y a le plus de rupture, de risque de rupture ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique ces chiffres ? Qu'est-ce qui explique ces pénuries et le fait qu'elles prennent une telle ampleur ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. Et donc, il y a un enjeu de relocalisation de la production et puis il y a un enjeu de meilleure gestion des stocks.
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Est-ce que ça veut dire qu'on consomme plus de médicaments aujourd'hui, on en consomme trop ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:05Bernard JomierFait
« quand vous avez des ruptures de traitement, que vous avez des difficultés à prendre de façon régulière vos traitements, oui, il y a des conséquences. »
- 2:46Bernard JomierFait
« La pénurie, elle n'est pas française. Elle est mondiale. Il y a une hausse mondiale de la demande de médicaments. »
- 3:27Bernard JomierFait
« de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, ça en soi. »
- 4:10Bernard JomierFait
« Emmanuel Macron annonçait une liste de 450 médicaments essentiels. »
- 4:52Bernard JomierChiffre
« 150 médicaments en juin 2023, depuis on est passé à 650 pour prioriser cette sécurisation. »
- 7:01Bernard JomierFait
« La dernière réglementation européenne, qui a été adoptée l'année dernière, prévoit effectivement des mécanismes qui protègent le marché européen. »
- 8:26Bernard JomierFait
« Le résultat, la résultante de ce que j'ai expliqué, c'est-à-dire un défaut de politique industrielle en matière de médicaments. On a laissé notre industrie partir. »
- 9:11Bernard JomierPromesse
« il est temps, il est urgent et c'est le travail qui est fait depuis deux ans au niveau européen, mais qui encore une fois est beaucoup trop lent, de mettre en place des mécanismes qui nous permettent de protéger cette industrie »
- 10:09Bernard JomierFait
« le résultat de cette politique de laisser aller d'ultralibéralisme, en fait, où c'est juste la loi du marché qui dicte les conditions de production et les prix de vente. »
- 10:53Bernard JomierFait
« On ne peut pas tout produire sur le sol français, c'est ce que je veux expliquer. Mais on doit avoir avec nos partenaires de l'Union européenne une capacité à produire ce dont on a besoin. »
- 11:33Bernard JomierPromesse
« une politique coordonnée avec les autres États de l'Union européenne, oui, ça ça garantirait l'approvisionnement aux médicaments pour notre population. »
- 12:15Bernard JomierFait
« le règlement, la législation pharmaceutique européenne a beaucoup changé et ce travail est bien issu du constat qu'on était des par ailleurs l'Union européenne a mis en place un organisme que les citoyens connaissent pas mais qui s'appelle ERA qui joue un rôle maintenant dans la réponse aux crises sanitaires »
- 15:00Bernard JomierChiffre
« En 2018, c'est un amendement que j'avais déposé et qui a été adopté par le Sénat qui prévoyait des stocks de quatre mois pour ce qu'on appelle les médicaments d'intérêt thérapeutique majeur »
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Bernard Jomier, vous êtes sénateur de Paris Désormais vice-président du Sénat Vous siégez au groupe écologiste Et vous êtes membre de place publique Le parti de Raphaël Luxman Dont on parlera à la fin de cette interview Mais d'abord la question des pénuries de médicaments qui prennent de l'ampleur. Le nombre de ruptures et de risques de rupture a été multiplié par 20 en 12 ans en 2026. C'est plus d'un cas des Français qui ont été confrontés à une pénurie. D'abord, Bernard Jomier, en tant que médecin, est-ce que vous avez été confronté directement à ce problème ? Je crois que 100 % des médecins ont été confrontés à ce problème. Il est récurrent, ça dure depuis plusieurs années avec une intensité particulière dans certains domaines. La santé mentale est une grande cause.
Rendez-vous contre, rendons-nous compte que des patients n'ont pas leurs médicaments dans le domaine de la psychiatrie, des neuroleptiques, des médicaments aussi importants, majeurs, manquent régulièrement. – Ça veut dire quoi ? Des interruptions de traitement, des impossibilités de débuter un traitement ? – Ça veut dire des interruptions de traitement, des sauts d'un médicament à l autre, médicaments qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Ça veut dire courir dans toutes les pharmacies pour les patients pour essayer de trouver une boîte du médicament. C'est une situation qui est intolérable.
Est-ce qu'il y a le plus de rupture, de risque de rupture ? Il n'y a pas une classe thérapeutique, mais il y a des médicaments en psychiatrie. Il y a des médicaments pour le cœur, par exemple. Des médicaments qui servent à prévenir les infarctus ou à les soigner donc vous voyez des médicaments qui sont majeurs il ya même en oncologie des ruptures thérapeutiques dans le vous avez un cancer et non seulement vous devez faire face à l'angoisse de la maladie tout ce qui va avec le traitement mais en plus vous êtes sur-angoisse parce que le médicament n'est pas forcément disponible. Donc c'est un problème majeur de santé publique. Avec une perte de chance de guérir du cancer, de s'en sortir On n'a pas pu les quantifier, on n'a pas pu, mais on peut estimer effectivement que
quand vous avez des ruptures de traitement, que vous avez des difficultés à prendre de façon régulière vos traitements, oui, il y a des conséquences. Qu'est-ce qui explique ces chiffres ? Qu'est-ce qui explique ces pénuries et le fait qu'elles prennent une telle ampleur ? Alors, d'abord, la pénurie, elle n'est pas française. Elle est mondiale. Il y a une hausse mondiale de la demande de médicaments. Et puis, en ce qui concerne l'Europe, parce que l'Europe s'est saisie du sujet. Ici, à la Commission des affaires européennes, du Sénat, avec mes collègues Pascal Grunier et Katia Poursopoulie, on a beaucoup travaillé ce sujet depuis deux ans. L'Europe essaye d'apporter des réponses, parce qu'un des principaux facteurs, c'est la perte de la production de médicaments sur le sol européen.
Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. Et donc, il y a un enjeu de relocalisation de la production et puis il y a un enjeu de meilleure gestion des stocks. On va revenir sur l'enjeu de la relocalisation et de la gestion des stocks. Mais vous avez publié un graphique, la Commission des affaires sociales du Sénat. Vous dites que 34 % est expliqué par une augmentation du volume des ventes. Qu'est-ce que ça veut dire qu'on consomme plus de médicaments aujourd'hui, on en consomme trop ? Non, il y a une part de bonne nouvelle. C'est-à-dire que de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, ça en soi.
Le fait que le niveau de vie monte, que des pays se développent et que leur population puisse se soigner, on prend l'exemple des vaccins. Les vaccins sont considérablement développés parce que, par exemple sur le continent africain, des enfants qui n'étaient pas vaccinés contre la rougeole le sont maintenant et sont protégés de cette maladie. Donc, il y a une hausse de la demande qui est très forte. Et face à cette hausse de la demande, les capacités de production ne suivent pas et il y a par ailleurs des tensions parce qu'il y a des pays qui peuvent payer plus et qui payent plus cher et d'autres qui payent moins cher. Et donc les fabricants vont orienter, on va dire, leur vente de médicaments. Et la France est un pays qui ne paye pas très cher les médicaments.
Et puis vous l'avez dit il y a une question d'approvisionnement. Dès juin 2023, c'était en Ardèche, Emmanuel Macron annonçait une liste de 450 médicaments essentiels. On va réécouter le chef de l'État à cette Sur une partie des produits sur lesquels on identifie un besoin de renforcer nos sources d'approvisionnement. Là, on se dit on doit absolument continuer de relocaliser la matière première ou le produit fini, parfois les deux pour sécuriser l'approvisionnement en stock du territoire. Et si je puis dire au sein de ces 450, il y a une liste cœur. On se dit là la diversification ne suffit pas, même doublonner nos chaînes d'approvisionnement ne suffit pas, il faut relocaliser.
150 médicaments en juin 2023, depuis on est passé à 650 pour prioriser cette sécurisation. Ça marche ou ça ne marche pas ? La relocalisation de la production se fait extrêmement lentement. Pour le moment, il y a même des choix qui ne sont pas les bons choix. Quand vous communiquez pour dire « on va ouvrir une usine de doliprane en France, paracétamol ». Bon, très bien, c'est un médicament qui ne soigne aucune maladie, je tiens à le dire. C'est un médicament du quotidien, c'est bien quand on a mal à la tête. Bon, très bien, c'est utile, mais le véritable enjeu, c'est sur les traitements qui soignent des maladies, c'est sur les innovations, tout le champ de l'innovation thérapeutique.
Vous avez vu ces traitements, par exemple, qui permettent, quand vous avez un cancer, de vous traiter avec un traitement personnalisé. L'enjeu, c'est ça, c'est de développer et de réimplanter sur notre territoire une production de médicaments qui permettent de répondre aux enjeux actuels des maladies. voilà, alors il y a eu beaucoup de communication mais derrière pour le moment, il n'y a pas eu beaucoup d'actes. Parce que c'est quelque chose dont on parle depuis le Covid, c'est-à-dire ça fait 6-7 ans qu'Emmanuel Macron est sur ce dossier, pour vous ça n'a pas suivi, il y avait quand il s'est emparé du dossier une cinquantaine de médicaments qui devaient être relocalisés, 8 projets de relocalisation soutenus d'ailleurs par France 2030,
ça n'a pas été efficace cette politique ? Il faut une double volonté, il faut une volonté française et européenne parce que la réglementation elle est aussi européenne et l'Europe a trop laissé son industrie partir à penser qu'en faisant du moins environnemental et social, on arriverait à garder une industrie. Mais on ne sera jamais aussi mauvais que l'Inde ou la Chine en la matière, si je peux me permettre. C'est un combat qui est perdu d'avance. Non, il faut instituer un véritable souverainisme européen. Il faut protéger nos frontières pour échapper à la dégradation des conditions sociales et environnementales de production.
C'est ce qui est en train, doucement, mais beaucoup trop lentement, d'être fait. La dernière réglementation européenne, qui a été adoptée l'année dernière, prévoit effectivement des mécanismes qui protègent le marché européen. Et c'est dans ce marché européen que la France doit reprendre un rôle plus actif sur la production de médicaments. Il y a 20 ans, notre pays était un un pays producteur, un grand producteur de médicaments. Il a perdu ce statut-là et ça c'est le défaut d'une politique nationale couplée à une politique européenne. Alors justement ce qu'on parle de politique nationale, de politique européenne. Il y a aussi des questions intra-européennes, on va le voir. C'est le cas notamment du côté de la Bretagne.
On parle de relocalisation, on apprend que Sanofi va céder des sites de production à une entreprise allemande. On va aller à Rennes où on retrouve Stéphane Bénier. Bonjour Stéphane Merci beaucoup d'être avec nous, directeur de l'information de TVR. Stéphane, une usine Sanofi en Bretagne pourrait être cédée ? Oui, on a pris aujourd'hui cette usine qui est un peu emblématique en région Bretagne qui emploie 65 salariés, eh bien pourrait être cédé à une usine du groupe allemand chez Plafarm. Alors c'est un peu un site stratégique pour cette usine créée en 1981. Sanofi est l'un des 19 sites de la marque, site industriel stratégique qui fabrique de l'héparine.
C'est un anticoagulant essentiel à partir de matières premières issues de l industrie porcine. Le site produit chaque année entre 40 et 50 tonnes d'épargne, ce qui représente environ 50 % du marché mondial. Alors monsieur le sénateur, bonjour, j'ai une question à vous poser sur Sur cette pénurie, comment accepter que la France manque de médicaments essentiels alors qu'elle dispose encore de sites de production sur son territoire ? Est-ce que c'est un véritable paradoxe ? Bonjour, monsieur. Le résultat, la résultante de ce que j'ai expliqué, c'est-à-dire un défaut de politique industrielle en matière de médicaments. On a laissé notre industrie partir. On n'est pas les seuls.
L
qui est vraiment problématique pour les malades de médicaments. C'est essentiel que l'héparine, par exemple, qui est un anticoagulant absolument fondamental. Eh bien, il est temps, il est urgent et c'est le travail qui est fait depuis deux ans au niveau européen, mais qui encore une fois est beaucoup trop lent, de mettre en place des mécanismes qui nous permettent de protéger cette industrie et de ne pas être dépendant d'une production d'hépargine qui sera située à Champ d Ou à Wuhan en Chine et qui sera soumise aux aléas, d'abord de la production dans ces pays, du transport. Et in fine, le résultat de cette politique de laisser aller d'ultralibéralisme, en fait, où c'est juste la loi
du marché qui dicte les conditions de production et les prix de vente. Et bien le résultat de cette politique-là, c'est que des patients français n'ont pollu le médicament que leur état de santé nécessite. Stéphane, vous avez une deuxième question ? Oui, une deuxième question parce que vous avez parlé tout à l'heure, monsieur le sénateur de souverainisme européen, c'est très important. On a envie que des sites comme Plohermel puissent encore demain garantir notre indépendance. Est-ce qu'on n'est pas trop dépendants aujourd 'hui, justement des productions étrangères ? On est extrêmement dépendants des productions étrangères, mais ça n'est pas forcément problématique.
Je veux bien préciser les choses. On ne peut pas tout produire sur le sol français, c'est ce que je veux expliquer. Mais on doit avoir avec nos partenaires de l'Union européenne une capacité à produire ce dont on a besoin. On ne peut pas résoudre le problème nous tous seuls en France. Une politique industrielle uniquement française serait vouée à l'échec pour de multiples raisons, et notamment en termes de matières premières, de principes actifs nécessité pour produire les médicaments mais nous devons impérativement avec nos partenaires de l'union européenne mettre en place cette politique et c'est ce défaut encore une fois de
conjonction de volontarisme européen et de politique industrielle française qui a produit ce résultat qui fait que nous ne sommes plus en capacité d'avoir les médicaments dont nous avons Donc pas de réponse isolée, nous tous seuls sur le territoire français, ça c'est une blague. Ça, ça n'est pas possible. Mais une politique coordonnée avec les autres États de l'Union européenne, oui, ça ça garantirait l'approvisionnement aux médicaments pour notre population. Mais est-ce que là-dessus, on a suffisamment tiré les leçons du Covid ? Parce que cette politique coordonnée au niveau européen, il en a beaucoup été question en 2020, en 2021. Depuis, toutes ces belles promesses ont été un peu oubliées Je ne sais pas si elles ont été oubliées.
Le règlement, la législation pharmaceutique européenne a beaucoup changé et ce travail est bien issu du constat qu'on était des par ailleurs l'Union européenne a mis en place un organisme que les citoyens connaissent pas mais qui s'appelle ERA qui joue un rôle maintenant dans la réponse aux crises sanitaires et qui est dotée de moyens mais vous avez raison c c'est un enjeu pour les années à venir justement de développer ces mécanismes de coopération et de travail en commun parce que sinon à la prochaine crise sanitaire on se retrouvera complètement démuni. Merci Stéphane Bénier d'avoir été avec nous directeur de l'information de TVR
et afin de mieux éviter ces pénuries de médicaments la droite sénatoriale propose donc de piocher dans les stocks de sécurité des laboratoires pharmaceutiques. Alex vous allez Rappelons d'abord que la loi actuelle oblige les groupes pharmaceutiques à constituer des stocks de sécurité de médicaments justement en cas de pénurie ou de tension d'approvisionnement. On va regarder ce que dit aujourd'hui le code de la santé publique. Toute entreprise pharmaceutique exploitant un médicament constitue un stock de sécurité qui ne peut excéder 4 mois de couverture des besoins en médicaments. Mais pour la droite sénatoriale, ces stocks peuvent aller à l en contre de l'objectif recherché. Selon ces sénateurs, notamment les Républicains, si vous obligez les labos pharmaceutiques
à constituer ces stocks de sécurité sous peine de sanctions financières, ces entreprises vont rechigner à commercialiser davantage de produits et cela peut créer des pénuries. On va lire l'exposé des motifs de cette proposition de loi qui est déposée par les sénateurs de la majorité sénatoriale, l'application des obligations de stock peut fragiliser la disponibilité des médicaments et dissuader certains acteurs de couvrir les besoins du marché en période de tension. Ce texte permet donc aux entreprises pharmaceutiques d'utiliser temporairement une partie de ses stocks stratégiques pour répondre à la demande puiser dans les stocks de médicaments mais sur certaines conditions oui alors les auteurs de cette proposition de loi
prévoit quelques garanties ce stock de sécurité doit être reconstitué au plus vite par le groupe pharmaceutique dans un délai fixé par voie réglementaire le marché national doit être approvisionné au niveau habituel pas question d'inonder le marché et puis la commission des affaires sociales du sénat qui a étudié le texte avant le débat cette semaine en séance publique eh bien quand même rajouter quelques garde-fous c'est l'agence nationale de sécurité du médicament qui pourra autoriser cette eh bien diminution des stocks stratégiques et puis il sera interdit de puiser dans ses réserves juste pour des fins commerciales et enfin chaque entreprise devra toujours conserver un stock de sécurité supérieur à un mois de besoin du médicament en question.
Bernard Jaumier, est-ce que vous êtes favorable à cette proposition de loi La question des stocks, vous savez, c'est le Sénat qui s'en est préoccupé le premier. En 2018, c'est un amendement que j'avais déposé et qui a été adopté par le Sénat qui prévoyait des stocks de quatre mois pour ce qu'on appelle les médicaments d'intérêt thérapeutique majeur, des médicaments très importants. Depuis, la situation a évolué. Là, nos collègues de la majorité sénatoriale proposent de donner la main, en fait, aux fabricants, aux industriels, parce que les industriels n'aiment pas, en fait, les stocks et ils ont été soumis à des sanctions assez importantes ces deux dernières années pour non-respect de la législation.
Le problème de la proposition, et vous l'avez bien rappelé, c'est qu'il excluait en fait l'Agence de sécurité du médicament qui est le gendarme qui veille à ce que la loi soit respectée. Il disait ben non, alors comme il y a eu trop d'amendes, en gros on va retirer le gendarme. Non, ça c'est pas possible. Donc la commission des affaires sociales a commencé, on va dire, à corriger cette situation, mais ça n'est pas satisfaisant. Parce que quand on donne trois semaines à l'agence de sécurité du médicament pour dire non, la dérogation est pas possible, c'est ce qui est prévu dans le texte, c'est beaucoup trop court. Une agence qu'on a privée de moyens, on va lui demander de travailler en trois semaines. Et on dit que si elle ne rend pas son avis en trois semaines, la dérogation est accordée.
On ne peut pas laisser des stocks de médicaments s'effondrer avec une agence qui n'a pas le temps de dire non, il faut conserver le stock. Il y a un risque, il y a un risque de pénurie. Il faut dire que depuis que la législation a changé, l'année dernière, les pénuries ont plutôt diminué. Plutôt diminué alors que, ça a été rappelé depuis 15 ans, elles augmentaient sans cesse. Donc le dispositif est efficace. – Ça veut dire que vous ne comprenez pas l'argument de la droite sénatoriale qui affirme que finalement ces stocks, ils peuvent créer justement des tensions sur le marché. Ce que tout le monde comprend bien, c'est que pas de stocks, ça s'appelle du flux tendu et c'est un facteur du pénurie
et trop de stocks, vous y mobilisez inutilement. Donc tout le monde est d'accord là-dessus. Après, laissez la main aux industriels, c'est ça que veut faire la droite sénatoriale. Et moi je dis, nous nous disons non, il faut que le gendarme régule réellement et soit celui qui a le pouvoir de décision en la matière c'est meilleur pour l'intérêt collectif. En fait c'est une proposition de loi qui est plutôt inspirée par le lobby pharmaceutique qui voudrait se desserrer de certaines contraintes ? Je pense surtout qu'elle vient un peu, elle est un peu étonnante parce qu'en fait il y a un décret qui a été pris au mois de juin et qui prévoit la souplesse qui est demandée par la loi. Que les dispositifs soient ajustés, c'est plutôt intelligent.
Il faut pas être figé, il faut regarder comment évolue le marché du médicaments et l'objectif, c'est qu'il n'y ait plus de pénurie pour notre population. C'est ça l'essentiel. Alors il y a un décret qui a été pris en juin qui met un peu cette souplesse et cette proposition de loi, elle dit un peu la même chose mais en moins bien. Donc au fond, on se demande pourquoi elle est présentée aujourd'hui. Et on la suivra demain, examen de ce texte, puisque c'est la rentrée en séance pour les sénateurs et ce sera donc le premier texte examiné en séance demain. On va terminer en parlant politique puisque vous êtes l'un des deux sénateurs place publique, le parti de Raphaël Glucksmann et on va regarder justement cette image de Raphaël Glucksmann
qu'il a postée lui-même sur ses réseaux lorsqu'il apprend hier le résultat de la primaire. 66 ,17%.
On a l'impression, il y a la joie évidemment de réflexion, mais on a aussi l'impression d'une forme de sidération face à ce score de 66 ,17 % au premier tour. Vous étiez dans le même État ? J'étais tout à fait heureux d'abord, parce que le message en fait... Vous savez, il y avait cette boîte noire de dizaines de milliers de Français qui s'étaient inscrits pour voter. Et n'on ne savait pas au fond ce qu'ils souhaitaient. La boîte noire, c'est ceux qui s'étaient inscrits sur le site choisir 2027 et qui n'étaient donc ni membres de place publique, ni de GRS, ni du PS. Exactement. Et... 40 000 personnes à peu près. Voilà. Et le message qu'ils ont envoyé, qui est très clair, c'est... Ils ont voté pour Raphaël Glucksmann très massivement.
Et donc, ils disent, nous, on veut une gauche nouvelle qui se ressource, qui est claire dans ses choix, qui répond aux problèmes des Français et qui rassemble pour gagner cette élection présidentielle. Et donc, qu'il y ait eu ce mouvement aussi fort, c'est une bonne surprise, bien sûr, parce que la gauche, elle n'est pas Parce que la gauche, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Parce que la gauche, ce sont ces dizaines de milliers et plus de 100 000 participants qui ont dit voilà ce que Raphaël Glucksmann a proposé lors des élections européennes précédentes et et qui fait qu'il a largement rassemblé, n'est pas une fiction, c'est une réalité politique du pays. Et cette réalité politique, on doit la faire grandir.
Vous qui êtes membre de Place Publique, Raphaël Luxman pour avoir 79 000 voix, il a forcément eu un nombre conséquent de voix du Parti Socialiste. Est-ce que c'est aussi la victoire de Place Publique sur l'EPS ? C'est... Vous savez, on est à un instant de l'histoire où la gauche elle doit se repenser parce que les appareils actuels ne correspondent plus aux électeurs. Et vous savez, il y a une gauche démocratique qui est sociale, qui est écologiste, qui est claire sur ses choix, qui est intransigeante sur ces valeurs. Et cette gauche-là, vous la retrouvez dans le Parti Socialiste, vous la retrouvez à Place Publique, vous la retrouvez chez des écologistes, vous la retrouvez au PRG, etc.
Donc vous la retrouvez dans différents appareils de la gauche. Aujourd'hui, nous avons collectivement, avec le Parti Socialiste et avec bien d'autres, la responsabilité de faire vivre cette gauche-là. Et ça n'est pas un affrontement. Si affrontements il y a, ce sera avec l'extrême-droite à la présidentielle. Mais au sein de la gauche, nous devons repenser nos organisations. Et c'est ça aussi le message des électeurs. Ils ont balayé ce que pouvaient être les consignes ou la place des uns et des autres dans les appareils politiques. Ils ont envoyé un message clair à nous de le respecter et de le faire grandir. – Pour terminer sur vous Bernard Jomier, puisque je le rappelle, vous êtes donc l'un des deux sénateurs place publique.
Vous siégiez jusque-là au groupe socialiste avant le renouvellement du Sénat fin septembre. Vous avez choisi de le quitter pour aller au groupe écologiste. Pourquoi ce choix ? – J'aurais continuer, mais alors sans aucune difficulté à siéger au groupe socialiste, mais avec mon collègue Grégory Blanc. Nous sommes deux sénateurs place publique et nous souhaitions siéger dans le même groupe. Écologistes ou socialistes, vous savez, il va falloir qu'on se Et Grégory Blanc ne pouvait pas venir siéger chez les socialistes ? Les socialistes n'ont pas souhaité que Grégory Blanc vienne siéger dans leur groupe. Je le regrette. Ils n'ont pas su tendre la main, simplement. Ils n'ont pas su accepter notre Notre autonomie politique, le fait que nous avons un message singulier.
J'ai été neuf ans apparenté au groupe socialiste sans aucune difficulté. J'aurais pu l'être trois ans de plus. Maintenant, on va tous ensemble se tourner vers l avenir, je crois. Comment ça a été perçu chez Place Publique le fait que vous quittiez le groupe socialiste en pleine primaire PS Place Publique ? Il me semble sans difficulté. Vous avez vu un communiqué qui rappelle les règles interne, mais je pense que ce communiqué était plus le fait, voilà, de vouloir calmer les choses pendant la séquence de la primaire. Comme on l'a vu, vous savez, ce que font Bernard Jomé et Grégory Blanc, ça n'a aucun impact sur la Ça n'a eu aucun impact sur la primaire. Il y aura des sanctions parce que vous avez quitté le groupe S ou pas ? Je suis prêt à prendre le pari que tout ira bien demain.
Parce que Raphaël Glucksmann a gagné ? Non seulement parce que Raphaël Glucksmann a gagné, mais parce qu'au fond, le message politique qu'on a porté, c'est encore une fois qu'on devait rassembler au-delà de ces clivages de groupe. Même si votre siège en moins, ça coûte la deuxième place au PS qui n'est plus deuxième dans l'ordre des groupes du Sénat, mais pas ce troisième derrière les centristes ? Moi, ce qui me chagrine, vous le savez, c'est qu'à l l'occasion du renouvellement sénatorial, la gauche a reculé au Sénat. C'est ça qui est le plus chagrinant. Pourquoi ? Pourquoi elle a reculé ? Elle a reculé, elle a perdu quelques sièges. Et donc c'est ça qui est problématique et c'est ça qui doit nous obliger. Quand on croit à nos valeurs, ce qui doit d'abord nous motiver,
c'est de faire progresser nos idées et c'est de gagner les élections. Merci Bernard Jomier. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
Bernard Jomier