Les 4 vérités - Amélie de Montchalin
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Amélie de Montchalin, nous allons parler du budget mais d'abord un mot sur l'Aquarius qui demande à la France d'accoster à Marseille à titre exceptionnel à son bord 58 migrants alors que le navire va perdre son pavillon du Panama. Peut-on le laisser accoster avec ses 58 migrants le temps qu'il retrouve son pavillon ? Je crois que la méthode que nous cherchons à pousser c'est toujours la même, c'est de considérer qu'il faut absolument que cette solution soit concertée au niveau européen.
Il faut que ce soit le port le plus proche, je crois qu'à la fois le Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères et le Président sont en train de travailler très activement et présenteront comme on l'a toujours fait une solution qui soit viable. Là il y a des circonstances exceptionnelles, c'est ce que disent les ONG, c'est-à-dire c'est un bateau qui n'a plus pavillon et qui demande à accoster dans son port d'attache à savoir Marseille. Chaque fois que l'Aquarius a demandé à être accueilli quelque part c'était exceptionnel parce qu'il y avait soit beaucoup de monde soit parce qu'il était en mauvaise santé.
Là il y a effectivement cette histoire du pavillon panaméen, je crois qu'on a toujours la même méthode, travailler au niveau européen et apporter une solution et je pense qu'elle arrivera dans les prochaines heures. Travailler au niveau européen, apporter une solution, se débarrasser du problème en réalité on peut le dire autrement. A chaque fois que l'Aquarius a accosté, la France a joué son rôle, elle a d'abord facilité la mise en commun des moyens et elle a accueilli des personnes qui étaient sur ses bateaux en France.
Donc je pense qu'on ne se décharge pas, on prend au contraire nos responsabilités face à beaucoup de gens qui considèrent que c'est très simple ou alors que c'est très compliqué et qu'il ne faut surtout pas regarder le problème. Est-ce qu'à votre avis ce navire doit poursuivre son action de sauvetage en mer ? Est-ce qu'il faut tout faire pour qu'il retrouve un pavillon ?
Est-ce que c'est ça la réalité ? S'il n'a pas de pavillon il ne peut plus repartir sur ces zones-là ? Ce qui est certain c'est que le droit humanitaire est un droit absolu, le droit de protéger, le droit d'apporter des solutions est un droit absolu.
Notre président de la République est aux Nations Unies en ce moment, je pense que la protection des personnes en situation de migration est absolument essentielle à protéger. Mais vous à titre personnel, vous pensez que ce navire doit continuer de faire ce qu'il fait en Méditerranée ? Moi ce que je sais c'est qu'on ne peut pas laisser les gens se noyer et qu'aujourd'hui le problème de fond c'est que nous avons en Libye des gens qui poussent les migrants sur des bateaux.
Donc à partir du moment où nous n'arrivons pas à traiter la situation à la racine, ce que nous essayons de faire chaque jour en ayant plus de moyens, notamment dans les pays africains, évidemment on ne laisse pas les gens se noyer. Donc évidemment on a besoin du travail de ces ONG et de l'Aquarius ? Non mais évidemment le droit humanitaire est un droit absolu, ce n'est pas aux politiques de considérer et de juger l'action des humanitaires.
Les humanitaires sont dans leur rôle et heureusement qu'ils sont là. Mais parfois ils ont besoin d'un coup de main à Méditerranée de Montchalin. C'est pour ça qu'on y travaille.
Bon c'est dit. 6 milliards, il paraît. 6 milliards pour le pouvoir d'achat des Français.
Alors le FCE dit 3 milliards et demi en réalité. La dernière fois que vous aviez fait un pari comme ça sur le pouvoir d'achat, ça s'était un peu retourné contre vous. Les Français avaient attendu du mieux, ils ne l'avaient pas vu forcément dans leur quotidien.
Est-ce que cette fois-ci ils vont voir la différence et quand ? Alors la première chose c'est avant qu'on se lance dans une bataille de chiffres, juste rappeler pourquoi on fait tout ça. On fait tout ça parce qu'on croit à une chose très claire, c'est que la France est bloquée depuis 5 ans, 10 ans, 30 ans par un certain nombre de sujets, des réformes qui n'ont pas été faites et surtout de l'emploi qui manque.
On est extrêmement mobilisés pour recréer de l'emploi. Parce que quand on a de l'emploi, on peut former des gens, on peut produire plus, on peut émanciper plus et on peut partager. Sur le pouvoir d'achat pour y revenir.
Pendant des années le pouvoir d'achat, c'était une chose dont on parlait beaucoup et qu'on finançait par de la dette. Et donc on disait aux gens, voilà de l'argent, ne vous inquiétez pas, c'est vos enfants et vos petits-enfants qui paieront. C'est 6 milliards d'euros dont vous parlez, c'est la suite de ce qu'on a fait depuis 2018 avec un budget sur 5 ans.
C'est de dire quoi ? C'est de dire la taxe d'habitation, on la supprime pour 80% des Français. Ça les Français l'avaient compris l'année dernière déjà.
Quand est-ce qu'ils vont le voir ? Vous me dites, est-ce que les gens y croient ou pas ? Ça tombe bien, c'est au mois d'octobre.
On dit, on a supprimé les cotisations sur chômage et maladie. Quand est-ce qu'ils vont le voir ? Ce mois-ci.
On dit, on augmente l'allocation adulte handicapé. Quand est-ce qu'ils vont le voir ? Le mois prochain.
On dit, on veut que la prime d'activité augmente. Quand on est au SMIC, aujourd'hui on a à peu près 130 euros. Quand on est célibataire sans enfant, tous les mois parce qu'on est accompagné en activité.
Cette prime d'activité va augmenter de 20 euros. Quand ça ? Ce mois-ci.
Donc les résultats, c'est là, à très court terme. Donc effectivement, ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait deux choses. On est parti de notre projet, ce qu'on avait expliqué aux Français qu'on voulait faire.
Depuis 15 mois, on essaie de le mettre dans la loi. Et les résultats de la loi à la réalité, ça commence maintenant. Alors le problème, c'est que là, très vite, les gens qui vous regardent, ils vont aller à la pompe.
Et ça, ce sera dès maintenant, dès le mois prochain. Parce qu'ils ont l'impression, à chaque fois qu'on présente ce budget, c'est toujours très complexe. Il y a des éléments de langage, tout ça est très bien fait.
Et puis les gens, dans leur quotidien, ils se disent très bien la taxe d'habitation, mais dans le même temps, augmentation des taxes sur le tabac, augmentation des taxes sur les carburants. Vous prenez d'un côté, vous donnez l'autre. Nos 6 milliards, comment c'est construit ?
C'est 8 milliards de baisse d'impôt, taxes d'habitation, cotisation, 300 000 retraités qui ne payent pas la CSG et 600 millions qui sont les heures supplémentaires. Et de l'autre côté, c'est effectivement 2 milliards de plus sur le tabac et le diesel. Ce sont des choses que nous assumons totalement.
Sur le diesel, vous savez, il y a quelques semaines, on parlait beaucoup d'écologie. Il fallait que tous qu'on soit des écologistes et on est des écologistes. On a voté une trajectoire carbone.
Prenons le prix du diesel. Un tiers de la hausse que les Français vivent et que nous vivons tous, c'est lié à notre politique, c'est d'augmenter le prix du carbone, de faire en sorte que quand on pollue, on paye plus. Les deux tiers, c'est la géopolitique.
Mais contrairement à ce que disent les oppositions, on n'a pas les Français seuls devant le problème. On a mis en place quelque chose qui n'appelle la prime à la conversion. 200 000 voitures qui sont changées.
Qu'est-ce que vous faites des recettes ? 70% juste de ces 200 000 voitures. Qu'est-ce que vous faites des recettes ?
C'est-à-dire que vous augmentez le prix sur les carburants. être totalement écolo, ce serait de dire que ces recettes-là, elles seront fléchées pour faire du durable, par exemple. Qu'est-ce qu'on fait ?
On fait 1 milliard d'euros d'augmentation du budget de l'écologie. On va rénover les routes. On va investir dans la recherche, notamment, pour qu'on puisse produire autrement de l'énergie.
Donc, notre budget, bien sûr, ça arrive dans le budget et on le réutilise. Aujourd'hui, les politiques publiques qu'on mène sur la transition des transports, la transition de l'agriculture, la transition de la production industrielle, c'est bien sûr financé par les recettes qui viennent notamment du prix du diesel qui a augmenté. Sur le tabac, je veux juste faire un point.
On a 73 000 personnes qui meurent tous les ans parce qu'ils ont fumé. Je pense que c'était une politique de santé publique que d'augmenter le prix. Est-ce que c'est un budget pour les classes moyennes ?
C'est un budget pour les classes moyennes. C'est un budget pour tous les Français qui travaillent. C'est un budget pour que ceux qui, tous les matins, se lèvent, ont l'impression depuis des années de payer des impôts et de payer des impôts, soient beaucoup mieux répartis.
Ce qui est très intéressant, c'est que ce qu'on essaye de faire, c'est une politique de justice. C'est-à-dire, dans notre pays, pourquoi on parle du travail ? Parce que qui finance les retraites ?
Ceux qui travaillent. Qui finance l'assurance chauvage ? Ceux qui travaillent.
Qui finance l'assurance maladie ? Ceux qui travaillent. C'est rude pour ceux qui ne travaillent pas, qui vous écoutent ce matin et qui se disent on sert quand même à quelque chose, on a participé à l'effort collectif.
Si vous parlez des retraités, mais les retraités, aujourd'hui, on n'est pas en train d'opposer les Français les uns aux autres. Pour que les retraites augmentent, il faut qu'il y ait du travail. Un petit coup quand même, Amélie de Montchalin.
Quand vous dites, en gros, on a décidé de mettre le paquet sur les actifs, sur ceux qui travaillent. Mais c'est là où je voudrais qu'on en revienne à quelque chose d'essentiel. Les retraites, aujourd'hui, sont payées par le travail.
Pourquoi on augmente les retraites de 0,3% ? Bien sûr que j'aimerais les augmenter de 2%, mais je ne peux pas, aujourd'hui, le faire autrement qu'en regardant ceux qui travaillent, ceux qui le permettent de produire. Donc, notre combat, plus de travail, plus de retraite.
Un mot sur les entreprises. 18 milliards pour les entreprises avec le transfert du CICO en baisse de charge pérenne. Est-ce qu'à ces montants-là, on peut être dans le donnant-donnant ?
Ou est-ce qu'il reste juste la confiance ? On dit aux entreprises, voilà, il y a des signaux très forts qui sont envoyés en direction des entreprises. Vous avez parlé tout à l'heure de création d'emplois.
Est-ce que le donnant-donnant, ce serait si choquant ? Mais aujourd'hui, on a signé 1 million de CDI au deuxième trimestre du jamais vu. On recrée 5 000 emplois dans l'industrie du jamais vu depuis 20 ans.
On a l'investissement qui est reparti au deuxième trimestre dans les robots et le numérique comme on n'a jamais fait en France depuis des années, depuis des décennies. Donc, le donnant-donnant, c'est quoi ? C'est-à-dire aux entreprises, on vous donne les moyens d'embaucher, on vous donne les moyens d'investir, vous investissez, vous embauchez, vous créez notre croissance de demain parce que sans vous, la France ne peut pas fonctionner et sans travail, je le répète, il n'y a pas de retraite, il n'y a pas de chômage, il n'y a pas d'assurance maladie.
Notre système, il est assis sur le travail et c'est ça qu'on valorise. Merci beaucoup Amélie de Montchalin. Merci Caroline.
Bonne journée à toutes les deux.
Amélie de Montchalin