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InterviewC à vous (sur YouTube)· 3 septembre 2019 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJustice

François de Rugy s’explique - C à Vous - 03/09/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 53 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Comment, en tant que simple député, une rentrée qui ne sera pas tout à fait comme les autres ?

  • 2:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce que les titres de la presse vont être difficiles à faire oublier ?

  • 3:13RelanceRéponse partielle

    Quand votre ancien collaborateur s'inquiète de votre accueil sur le terrain, il a tort ?

  • 3:22OuverteRéponse partielle

    Vous ne redoutez pas le regard de vos collègues ?

  • 4:42RelanceRéponse partielle

    Ah oui ? C'est-à-dire ?

  • 5:48RelanceRéponse partielle

    Les deux faits rapportés par Mediapart, tout est faux, avez-vous dit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01Invité politiqueFait
    « Hier, en prenant ma décision personnelle, difficile, que j'ai présentée au Premier ministre, j'ai fait passer l'intérêt collectif avant mon intérêt personnel. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Si l'engagement politique apporte des satisfactions, il charrie aussi des difficultés, des douleurs, même parfois. »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « Ce travail de démolition, avec ce type de titres, avec ces mensonges... »
  • 3:02Invité politiqueFait
    « C'est injuste. Ce qui vous est arrivé, c'est injuste. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « C'est une défiance extrêmement forte à l'égard des hommes et des femmes politiques. »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « Je pense avoir été un peu, d'ailleurs, la victime expiatoire des gilets jaunes. »
  • 6:24Invité politiqueFait
    « Les dîners à l'Assemblée nationale étaient des dîners professionnels. »
  • 6:34Invité politiqueFait
    « J'ai une intolérance aux crustacés, aux fruits de mer. »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « Il n'y aurait jamais dû y avoir d'affaire de rugie. Et en revanche, aujourd'hui, c'est sûr, il y a une affaire Mediapart. »
  • 8:13Invité politiqueFait
    « J'ai logé dans un logement, mais j'étais tout à fait dans le plafond. »
  • 12:45Invité politiqueFait
    « Le régime de retraite des députés, il a été réformé, nous en avons décidé le 2 août 2017. »
  • 13:14Invité politiqueChiffre
    « Vous savez combien ça fait de baisse de la pension de retraite ? Moins 37%. »
  • 13:31Invité politiqueFait
    « C'est moi qui l'ai fait avec les députés de la majorité. »

Temps de parole

  • François De Rugy76 %
  • Présentateur9 %
  • Invité9 %
  • Invité 22 %

5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vaisselle d'apparat, grand cru et homard géant, documents, photos et témoignages à l'appui, Mediapart publie le mercredi 10 juillet au matin une enquête sur les dîners donnés aux frais de la République par François de Rugy à l'époque où il présidait l'Assemblée Nationale. Le feuilleton de l'été est alors lancé. Bonsoir à tous, François de Rugy dans la tourmente, le ministre de la Transition écologique est épinglé par Mediapart.

0:23
Invité

Les révélations sur les dîners organisés par François de Rugy lorsqu'il présidait l'Assemblée font polémique. Quand il était président de l'Assemblée Nationale, François de Rugy a organisé une dizaine de dîners luxueux dans les salons de l'hôtel de l'Asset. Des soirées fastueuses auxquelles étaient invités des amis de son couple.

0:40
Présentateur

Homard, champagne et grand cru étaient proposés aux amis du couple de Rugy.

0:44
Invité

L'intéressé réplique qu'il a au contraire réduit les frais de réception. François de Rugy qualifie cet article de grotesque et pamphlétaire.

0:52
Présentateur

François de Rugy se défend, sauf d'abord sa place au ministère de la Transition écologique avant de démissionner. Une semaine seulement après les premières révélations.

1:01
François De Rugy

Hier, en prenant ma décision personnelle, difficile, que j'ai présentée au Premier ministre, j'ai fait passer l'intérêt collectif avant mon intérêt personnel. Si l'engagement politique apporte des satisfactions, il charrie aussi des difficultés, des douleurs, même parfois. Pour celui ou celle qui s'engage, évidemment, on en prend le parti.

1:31
Présentateur

Depuis, François de Rugy, qui s'estime Blanchy, s'apprête à retrouver son poste de député. Il a choisi cet avou pour faire sa rentrée politique. Il est ce soir notre invité.

1:47
François De Rugy

Bonsoir.

1:47
Présentateur

Bienvenue sur le plateau de cet avou. C'est bien d'avoir accepté notre invitation alors que vous vous apprêtez à faire votre retour au Parlement. Comment, en tant que simple député, vous qui avez été le président de cette Assemblée nationale, vous qui avez été numéro 2 du gouvernement d'Édouard Philippe, une rentrée qui ne sera pas tout à fait comme les autres ? Entrée plat désert, Rugy Miky, Rugy paye l'addition. Voilà quelques-uns des gros titres de la presse du mois de juillet que tout le monde a encore en tête. Est-ce qu'ils vont être difficiles à faire oublier, François de Rugy ?

2:16
François De Rugy

Sans doute que, malheureusement, ce travail qui a été bien orchestré par Mediapart, ce travail de démolition, avec ce type de titres, avec ces mensonges...

2:30
Présentateur

Les titres n'ont pas été commandés ni commandités ni orchestrés par Mediapart.

2:33
François De Rugy

Mais après, vous avez un emballement médiatique. Ce n'est pas la première fois qu'il y a un emballement médiatique. Mais de telle ampleur, alors que tout est faux, ça, ça n'était jamais arrivé. Et donc ça, en effet, c'est quelque chose dont je sais que ça laisse des traces. Mais en même temps, je peux vous dire que pendant tout l'été, où j'ai rencontré des gens dans la rue, dans le métro à Paris, dans le tramway à Nantes, sur mon lieu de vacances, les gens sont venus m'arrêter dans la rue pour me dire « C'est injuste. Ce qui vous est arrivé, c'est injuste. » C'est ça le mot qui revenait le plus souvent, « C'est injuste.

» Donc je crois aussi que les Français sont clairvoyants et qu'ils font la part des choses.

3:09
Présentateur

Alors, quand votre ancien collaborateur, Alori Jordan, confiait à l'Express est-ce qu'il s'inquiète de la façon dont il sera ?

3:13
François De Rugy

Non, non, il n'a jamais été mon collaborateur. Il est un militant de la République en marche.

3:19
Présentateur

Quand il s'inquiète de la façon dont vous serez accueilli sur le terrain, il a tort ? Vous ne redoutez pas le regard de vos collègues ?

3:25
François De Rugy

Moi, je puis vous dire, en effet, j'aurais pu me dire « Il y a peut-être des gens dans la rue qui vont me prendre à partie. » Ça, des gens qui prennent à partie sur les réseaux sociaux, derrière leur écran, il y en a beaucoup. Ce n'est pas nouveau. Dans la rue, moi, j'ai constaté, je vous dis, j'ai pris les transports en commun, avec ma femme, tout seul, avec mes enfants. Pas de mauvaises lagues, pas de moqueries. J'ai été plutôt frappé, encore devant, d'ailleurs, l'entrée de ce plateau, de ce studio. Quelqu'un est venu, il voulait que je prenne une photo avec moi. Bon, voilà, moi, vous savez, je suis normal, dans la rue, ou encore une fois, dans ma vie quotidienne.

Je ne cache pas, je ne cherche pas non plus...

4:03
Présentateur

Vous ne savez pas que la confiance est concue avec les Français, avec les citoyens ?

4:05
François De Rugy

Non, je crois qu'il y a un phénomène de fond.

4:08
Présentateur

On va revenir dans un instant sur le fond de l'affaire.

4:10
François De Rugy

C'est une défiance extrêmement forte à l'égard des hommes et des femmes politiques. Et encore plus à l'égard de celles et ceux qui gouvernent, qui prennent la responsabilité d'essayer de diriger le pays et de changer les choses. Ça, ce n'est pas nouveau, et c'est encore plus fort aujourd'hui. L'histoire des gilets jaunes, un jour, sans doute, on fera une analyse de ce qui s'est passé en France à ce moment-là. C'est une vague qui a failli emporter, d'ailleurs, les institutions démocratiques de notre pays, sur la base de cette défiance. Je pense avoir été un peu, d'ailleurs, la victime expiatoire des gilets jaunes.

4:42
Présentateur

Ah oui ? C'est-à-dire ?

4:44
François De Rugy

Parce que vous avez, à un moment donné, une telle pulsion...

4:48
Présentateur

De rejet ?

4:49
François De Rugy

De rejet de la politique, de ceux qui gouvernent, et parfois, il faut bien le dire, de haine, et que, face à cela, beaucoup de responsables politiques de l'opposition, au lieu de dire, ayons le maximum de débats sur ce qu'il faut faire pour la France, ou ne pas faire, ce qui est bon, ce qui est mauvais, Emmanuel Macron fait des choix, ils sont bons, ils sont mauvais, on a d'autres choix à proposer. Au lieu de ça, on a vu que, lorsqu'il y a eu tout ce déferlement, qui a continué tout l'été, de haine contre les députés, notamment de la majorité, eh bien, certains ont même relativisé, ont banalisé, voire justifié.

J'ai entendu une députée de la France insoumise dire, non, mais le scandale, c'est pas qu'il y ait des permanences qui soient dégradées, qui soient saccagées, que des députés soient attaqués. Le scandale, c'est le CETA, le scandale, c'est la politique de M. Macron. Donc, quand vous êtes dans ce régime-là, où on est là à relativiser le fait que la violence soit utilisée dans la vie politique, que la haine soit le moteur,

5:45
Présentateur

en effet, c'est quelque chose qui est assez grave. Les deux faits, en tout cas, qui étaient rapportés par Mediapart.

5:49
Invité

Oui, tout est faux, avez-vous dit, après votre démission du gouvernement, vous avez accordé plusieurs interviews. C'est prouvé. Pour vous dire. C'est prouvé. Eh bien, vous allez nous... Document à l'appui.

5:57
François De Rugy

Non, vous allez nous le prouver, parce que pour l'instant, ça ne l'est pas. Non, non, non, c'est pas simplement moi qui l'ai prouvé. Ce sont des rapports indépendants, faits par des personnalités indépendantes, et ce sont certains de vos confrères et consoeurs, qui ont simplement pris la peine de décortiquer ce qui avait été affirmé par Mediapart,

6:11
Invité

et ont pu voir que c'était des mensonges. Vous avez accordé plusieurs interviews pour vous dire Blanchi, innocenté, accusé à tort, victime d'une chasse à l'homme, que Mediapart avait été démenti, etc. On va regarder quelques extraits.

6:20
François De Rugy

Je me présente devant vous, ce soir, en homme Blanchi. Les dîners à l'Assemblée nationale étaient des dîners professionnels. Ça vous surprend qu'à l'Assemblée nationale, on puisse être amené à servir du homard ? Moi, je n'aime pas ça. Je n'en mange pas. J'ai une intolérance aux crustacés, aux fruits de mer. Tout cela a été repris des milliers de fois, répété à l'envie, alors que cela n'était pas fondé sur les faits. Il n'y aurait jamais dû y avoir d'affaire de rugie. Et en revanche, aujourd'hui, c'est sûr, il y a une affaire Mediapart.

6:49
Invité

Il y a une affaire Mediapart et pas d'affaire de rugie, disiez-vous, en faisant savoir qu'il y aurait un procès contre le site d'information que vous le feriez condamné, etc. Or, Mediapart indique avoir reçu ce matin votre plainte en diffamation qui ne porte que sur une partie de ces révélations, sur votre logement à vocation sociale en Loire-Atlantique et tout le reste alors. Cela veut dire que les vinais, les travaux dans votre logement de fonction, les cotisations de votre parti, cela veut dire que tout était vrai. Ah non, non. Mais ça, tout a été prouvé.

7:18
François De Rugy

Tout est prouvé, documents à l'appui. Les documents ont été publiés. Vous vous rendez compte ? Je crois qu'il y a peu de personnalités dont on publie tous les avis d'imposition, le bail. Je ne sais pas si vous êtes locataire, M. Cohen. Enfin, si vous êtes locataire, je ne vous souhaite pas qu'un jour, quelqu'un brise le secret professionnel et prenne tous les documents que vous avez donnés à l'agence immobilière par lesquels vous êtes passés pour avoir votre location et mette ça dans la presse. Mais moi, ça a été fait. Tout a été fait. Vous savez que certains de vos confrères sont allés jusqu'à frapper aux portes de mes voisins à Orvaux. Ils me l'ont raconté cet été. Ils en étaient choqués.

Mais parlons du fond. Qu'est-ce qui était faux ? Qu'est-ce qui est faux ? Le titre de l'article de Mediapart, vous l'avez ? François de Rugy profite lui aussi d'un logiciel. Le logement est bien à vocation sociale. Qu'est-ce qui est faux dans cette phrase ? Le logement est bien à vocation sociale. Profitez ! Profitez ! Ça veut dire quoi, profitez ? Ça veut dire que ça veut dire qu'on n'a pas droit. Oui, ça veut dire que vous étiez au-dessus du plafond. J'ai logé dans un logement, mais j'étais tout à fait dans le plafond. Le loyer, ils disent dans l'article loyer préférentiel, loyer à tarif réduit. Les Français s'imaginent un loyer qui est nettement en dessous du marché. C'est faux.

C'est un dispositif lié social destiné à des personnes modestes. Voilà. Et alors, vous connaissez le marché immobilier de Nantes. Tous les agents immobiliers qui ont été interrogés, notamment par le journal Ouest France, qui se fait incendier par Mediapart. Parce que quand vous n'êtes pas d'accord avec Mediapart, vous êtes disqualifié. Je vous demande qu'est-ce qui est faux dans ce papier ? C'est faux. Profitez lui aussi d'un logement à vocation sociale. C'est faux. C'est un logement privé. C'est une dame qui est propriétaire. Ce n'est pas un bailleur social. Qui relève du dispositif. Ce n'est pas un office à chélèves. C'est lié social, c'est lié intermédiaire.

Il y a des conditions à remplir, que je remplissais, que je remplissais. Pourquoi ne pas avoir attaqué en diffamation sur le reste ? Je vais vous dire une chose. Ce que Mediapart oublie de dire, bizarrement, c'est que ce matin, en effet, ils ont reçu, nous avons assigné, citation à comparaitre, que l'audience aura lieu le 9 octobre. Donc, en effet, l'affaire Mediapart, car il y a une affaire Mediapart, et beaucoup de vos confrères et consoeurs le disent, malheureusement, parfois, comme on dit, en off, mais le disent, les méthodes de Mediapart ne sont pas des méthodes de journaliste. Ce sont même des méthodes de voyous, disons-le, où toutes les règles sont enfreintes.

Toutes les règles sont enfreintes. Pourquoi ne pas avoir porté plainte sur les autres papiers sur les autres faits ? Pourquoi ne pas avoir porté plainte ? Comme M. Plenel le souhaitait, il y a deux ans, dans deux ans. Vous voulez-vous bien répondre juste à cette question ? C'est vrai que ça pourrait nous éclaircir. Ah, mais si Mediapart souhaite que je porte plainte sur tous les articles... Non, non, j'avais annoncé que je porte plainte en affirmation, c'est ce que j'ai fait. Et Mediapart sera jugé, et j'espère bien, condamné pour ces mensonges. Uniquement sur ce papier.

Et par ailleurs, je vais vous dire une chose, et ça, tous les Français qui portent plainte le savent parfaitement bien, ou le découvrent, à leur dépend. Vous savez combien ça coûte de faire des procédures judiciaires ? Vous savez combien ça coûte si j'avais dû déposer une plainte, non seulement sur chaque article, mais dans chaque article, il y avait plusieurs mensonges. Donc c'est par souci d'économie que vous n'avez pas été plainte que sur une partie des révélations. Je vous le dis, il faut être très riche en France pour faire valoir son bon droit sur la vérité, quand on est face à une campagne aussi forte.

Et donc moi, en effet, j'ai fait le choix d'attaquer sur le point où là, tout a été démontré sur les mensonges, et Mediapart ne veut pas le reconnaître. Ce serait tellement simple. Vous savez, on n'aurait pas besoin de passer par la justice, on n'aurait pas besoin d'encombrer les tribunaux. Si Mediapart disait, on s'est trompé, l'article, on le retire, l'article, on le supprime. Sur Internet, c'est très facile à faire.

10:38
Invité

Je l'ai relu, ce papier originel, je l'ai relu attentivement avant de venir au plateau, et je n'ai pas trouvé d'élément factuellement inexact dans ce papier. Mais peut-être que vous le démontrerez au procès, ce n'est pas le souci.

10:51
François De Rugy

Est-ce que vous ne trouvez pas légitime un logement à vocation sociale ? Non, non, ça n'existe pas. Dans le code général de la construction, ça n'existe pas. C'est une invention de Mediapart. Pourquoi ? Parce qu'il fallait faire croire, et d'ailleurs, le début de l'article, relisez-le, c'est marqué comme sa directrice de cabinet qui bénéficiait d'un logement HLM, d'un bailleur HLM. Eh bien, François De Rugy, lui aussi, bénéficie d'un logement social.

11:17
Invité

À vocation sociale. Est-ce que vous ne trouvez pas légitime que des journalistes fassent la transparence sur les pratiques de celui qui a érigé la transparence en vertu cardinale ? On vous a mis de côté un extrait de votre discours d'investiture.

11:29
François De Rugy

Bien sûr que si. Ce serait bien aussi de faire la transparence sur les méthodes de Mediapart.

11:32
Invité

Votre discours d'investiture.

11:33
François De Rugy

Ou l'enrichissement des fondateurs de Mediapart. Pour nos concitoyens, l'Assemblée est trop souvent le symbole de l'opacité, du secret et du règne de pratiques exceptionnelles ou dérogatoires. Cette législature devra instaurer l'égalité entre les citoyens et les parlementaires. Il faudra aussi des décisions de notre Assemblée sur ses propres pratiques. Retraite des parlementaires, protection sociale en fin de mandat, notes de frais, règles d'emploi et de statut des collaborateurs parlementaires, immunité parlementaire. Remettons tout sur la table et garantissons l'égalité et la transparence.

Car des règles trop peu claires compliquent l'exercice du mandat et ouvrent la voie au fantasme et à l'anti-parlementarisme.

12:16
Invité

Égalité et transparence, est-ce que c'était votre promesse ? Est-ce que la presse, les citoyens ne sont pas fondés à essayer de vérifier que ce que vous dites correspond à ce que vous faites ?

12:24
François De Rugy

Eh bien, je vous remercie, indirectement, parce que je ne crois pas que c'était votre intention, de parler de mon bilan de président de l'Assemblée nationale sur le terrain. Tout ce qui a été dit là, tout ce que j'ai dit là, à la tribune de l'Assemblée nationale, le jour de mon élection, a été fait, réalisé. Vous savez, par exemple, on parle beaucoup aujourd'hui, avec la nomination de Jean-Paul Devoix, de la réforme des retraites. Vous savez quel est le premier régime de retraite spécial, totalement en dehors des règles générales, qui a été réformé ? Le régime de retraite des députés, il a été réformé, nous en avons décidé le 2 août 2017. Ça faisait à peine un mois que j'avais été élu.

Et ensuite, ça a été mis en œuvre le 1er janvier 2018. Pas pour le mandat d'après, comme c'était fait avant, par les précédentes mandatures. Non, pour les députés en place. Vous savez combien ça fait de baisse de la pension de retraite ? Moins 37%. Vous connaissez beaucoup de régimes spéciaux de retraite qui ont été réformés de cette façon-là.

13:19
Invité

Est-ce que Mediapart en a parlé ? Je note que votre successeur Richard Ferrand est allé plus loin, après ce qu'on a appelé l'affaire de Rugy, pardon. Il a annoncé la création d'un groupe de travail pour renforcer les règles et les procédures budgétaires de la présidence.

13:31
François De Rugy

C'est moi qui l'ai fait avec les députés de la majorité. Car vous savez qu'à l'époque, les députés de l'opposition étaient contre. Ça, c'est un vrai débat politique. Encore une question, François-Rugy. Les députés de l'opposition qui disaient, il ne faut pas réformer le régime de retraite des députés avant la réforme du régime général. Eh bien si, moi j'ai dit, on va le faire avant. Comme ça, on sera inattaquable lorsqu'on voudra faire une réforme générale des retraites.

13:49
Invité

La question que se posent sans doute beaucoup de téléspectateurs, François-Rugy, si vous vous sentiez aussi innocent, pourquoi avez-vous démissionné du gouvernement ?

13:58
François De Rugy

Ah mais je vais vous dire, je n'ai qu'un seul regret par rapport à Mediapart et à tous ces mensonges. Si j'avais eu sous la main, dans ma poche ou dans une enveloppe, à mon bureau, tous les documents datant de 5 ou 6 ans, je ne sais pas si vous, par exemple, vous êtes capable, là ce soir, de me donner des relevés bancaires datant de 5 ou 6 ans. Moi je n'en étais pas capable. Vous avez démissionné faute de rassembler tous ces documents. Mais si je les avais eus sous la main, ce jour-là, eh bien en effet, j'aurais pu montrer immédiatement

14:29
Présentateur

Il s'est écoulé une semaine à peu près.

14:30
François De Rugy

que tout ce que disait Mediapart était faux. D'ailleurs, ils ont été obligés de le reconnaître du bout de la plume dans un article qu'ils ont publié ce matin, dans l'auto-justification à laquelle ils se livrent. Tellement ils ont vu que les Français en avaient ras-le-bol avec leurs mensonges, qu'ils ont vu qu'il y avait une affaire Mediapart. Eh bien, vous avez vu, comme ce matin, 4 pages d'auto-justification, 7 minutes de vidéos. Ils s'y mettent à 4 journalistes. M. Plenel lui-même a fait 8 tweets. Rien que pour dire, lisez l'article que nous avons fait et abonnez-vous. Parce qu'il y a une petite entreprise commerciale derrière tout ça. Est-ce qu'un jour on va en parler ?

L'article est en accès gratuit. Oui, oui, mais justement, ils disent, celui-là est en accès gratuit, vous savez, c'est le produit d'appel. Et ensuite, abonnez-vous. Pour qu'on permette à M. Plenel de faire une belle plus-value. Une belle plus-value dans le montage financier, soi-disant pour l'indépendance de Mediapart. Mais c'est un article du Monde. L'article du Monde du mois de juillet qui dit, en fait, Mediapart, c'est 5 fois. Les fondateurs de Mediapart, ils vont récupérer 5 fois ce qu'ils ont investi il y a 10 ans. François de Rugy. C'est une petite entreprise commerciale. Mais c'est une entreprise de démolition. Ce n'est pas du journalisme. Vous, vous êtes journaliste.

Si vous faites une enquête sur les frais de fonctionnement de la Sainte Nationale... Pourquoi voulait-il démolir François de Rugy ? Ah, mais parce que c'est leur projet politique. C'est un projet politique. Mais ceux qui gouvernent. Oui, c'est leur projet. Vous croyez que M. Plenel n'a pas de projet politique ? Non, mais... Attendez, mais... Attendez, ça fait 10 années... Mais il passe par François de Rugy. Il fait profession de foi de dire, ceux qui gouvernent, il faut que nous puissions le faire tomber. C'était faux, ça n'aurait jamais eu autant d'écho. Ah, mais parce que vous savez ce qui compte. Vous savez déjà, mais ça, ce n'est pas nouveau. Ce n'est pas nouveau.

Ce qui compte, ce n'est pas que ce soit vrai. C'est que les apparences permettent de vendre.

16:08
Invité

Ça n'est pas vrai, les travaux d'envolement de fonction.

16:10
François De Rugy

Vous avez une photo de Omar, c'est sûr, ça choque. Non, non, non. C'est sûr, ça choque. Il n'y a pas que la photo. Vous la reportez encore. Non, non, en trois dîners. C'est ça qui a été le plus diffusé. Trois dîners de caractère familial et affectif. Trois dîners en 14 mois. Mais de... Ah, mais non, en 14 mois de présidence de l'Assemblée nationale.

16:28
Présentateur

Mais à une époque où il y a une exigence très forte sur les responsables politiques, oui, trois dîners, François de Rugy.

16:33
François De Rugy

Non, non, il y a une exigence très forte qui est légitime vis-à-vis des responsables politiques. En revanche, ça, c'est une question de démocratie. Est-ce que c'est une bonne chose qu'au lieu de demander des comptes aux responsables politiques, on cherche à les démolir ? Au lieu de s'emparer d'un sujet... C'est une façon de vous donner des comptes, François de Rugy. Au lieu de s'emparer d'un sujet, admettons qu'on dise... Mediapart n'a pas appelé à votre démission. ... des trains de vie à l'Assemblée nationale. Bon, c'est un sujet journalistique. Donc on regarde le président de l'Assemblée nationale au moment où c'était François de Rugy.

Avant, vous savez qu'il y a encore cinq présidents de l'Assemblée nationale qui sont encore en vie. Donc on aurait pu leur demander. Et puis après... Non, ça, ça n'a pas été fait. Ce qui a été fait, c'est uniquement la François de Rugy. Et d'ailleurs, dans l'article de Mediapart, ils le disent. Ils disent, nous revendiquons l'acharnement.

17:19
Présentateur

Ils précisent qu'ils n'ont jamais demandé à votre démission. Ils n'ont jamais appelé à votre démission. Oui, puis c'est le jour où vous voulez... Une question de Marion et d'Antoine ensuite. Ça fait quoi aujourd'hui pour vous de retourner à la base, simple soldat, quand on a été président de l'Assemblée nationale ? Et numéro deux du gouvernement.

17:35
François De Rugy

Vous savez, moi j'ai été élu député. J'ai été élu. La différence quand même, c'est que moi j'ai été élu. Je n'ai pas été embauché pour faire des articles et payé sans jamais rendre de compte. Jamais ils rendront des comptes. Est-ce que vous connaissez une profession comme ça ? Une petite entreprise est dans l'impunité la plus totale. Heureusement, j'espère que la justice va sévir. La justice va sévir. Mais vous pouvez écrire. Aujourd'hui, c'est quand même le sujet de fond. Vous pouvez écrire sur Internet ce que vous voulez. Vous pouvez dire, M. Cohen, je l'ai vu pendant les vacances. D'ailleurs, j'ai une photo de lui en mauvaise posture. C'est l'année ici.

Il ne devrait plus être dans l'émission de Mme Lemoyne.

18:13
Présentateur

Non, M. De Rugy, on attaque en diffamation. Si c'est le cas, on gagne un procès.

18:16
François De Rugy

Oui, vous en aurez pour deux ans. Entre temps, on vous demandera qu'il quitte l'émission tout de suite. C'est ça le monde dans lequel on vit. Ce n'est pas spécifique à la politique. Ne croyez pas. Antoine, pour conclure. Et sur la question que vous dites, moi quand j'ai été élu député, vous savez, en juin 2017, je ne savais pas que je serais élu président de l'Assemblée nationale. J'ai été élu président de l'Assemblée nationale. Je me suis présenté. J'avais un programme. Je l'avais repassé tout à l'heure. Je l'ai mis en œuvre. Puis ensuite, j'ai été nommé ministre. Voilà.

18:40
Invité

Et donc, je redeviens député, fonction à laquelle j'ai été élu. M. De Rugy, vous avez dit que vous pourriez être candidat sur la liste La République En Marche à Nantes, l'une des villes de votre circonscription, en tout cas proche de votre circonscription. Trois quarts de ma circonscription sont situées à Nantes. C'était avant la série d'articles de Megapart. Compte tenu de ce qui s'est passé, est-ce que vous maintenez cette intention de vous présenter ? Et si oui, est-ce que vous n'avez pas peur de pénaliser cette liste compte tenu de ce qui s'est passé ? D'abord, je vois beaucoup de gens

19:05
François De Rugy

qui me demandent de les soutenir, mais je ne ferai pas de commentaires sur la vie politique locale nantaise. Donc, pas de... Chaque chose en son temps. Pas de candidature ? Chaque chose en... Non, je ne revendique aucune candidature. Vous savez, moi, je suis député et je suis là pour agir et pour être utile. Être utile, comme toujours. Être utile dans son mandat, utile dans son action. Il y a aussi d'autres façons d'être utile, d'ailleurs. Et donc, je chercherai avant tout à être utile. Moi, je ne suis pas là... Et être utile... Vous savez, si je cherchais à tout prix un poste, si mon objectif dans la vie politique, c'était un poste et de s'y accrocher, eh bien, je n'aurais pas démissionné.

J'ai fait primer l'intérêt collectif...

19:41
Présentateur

Du gouvernement ?

19:42
François De Rugy

Du président de la République, du gouvernement, de la majorité, pour les protéger face à des attaques incessantes qui m'empêchaient de me défendre tout en exerçant ma fonction de ministre. Alors, peut-être que c'est des vieux principes, aujourd'hui, que certains considèrent dans la vie politique et médiatique actuelle vieillot, mais je crois que les Français, eux, ils savent faire la part des choses. Oui, il y a encore des responsables politiques qui ne s'accrochent pas à leur poste et qui font prévaloir l'intérêt collectif. Peut-être que je n'en serai pas récompensé, mais ce n'est pas grave. Moi, j'ai toujours agi comme cela.

Je continuerai à le faire au niveau national comme au niveau local.

20:14
Présentateur

Merci beaucoup d'être venu ce soir vous expliquer sur le plateau de CETA. Vous restez avec nous ?

20:17
François De Rugy

Avec plaisir.