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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 décembre 2023 26 min

Enquête visant Agnès Firmin Le Bodo, augmentations des taxes sur l'électricité, prix des mutuelles… Le 8h30 franceinfo de Thomas Cazenave

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Cazenave, votre collègue du gouvernement, la ministre Agnès Firmin-Lobodo, qui est actuellement ministre de la Santé par intérim en remplacement d'Aurélien Rousseau, a confirmé il y a quelques instants sur France Bleu qu'elle était bien visée par une enquête dans le cadre de sa fonction de pharmacienne, puisqu'elle est pharmacienne à la base, c'est ce que Mediapart révélait, qu'elle était visée par une enquête sur des cadeaux d'une multinationale de produits de santé, Urgo, qu'elle aurait reçue en tant que pharmacienne et qu'elle n'aurait pas déclarée. C'est sur ce point précisément qu'elle est mise en cause.

Est-ce qu'on peut être ministre de la Santé et avoir caché des cadeaux de l'industrie pharmaceutique ?

0:40
Agnès Firmin Le Bodo

Vous avez employé le conditionnel, je pense avec prudence, il y a une enquête en cours et je crois sur ce sujet-là, comme sur tous les autres sujets, il faut laisser la justice faire son travail et dire sa vérité.

0:55
Présentateur

Elle est évidemment présumée innocente. Si c'était vrai, néanmoins, c'est un peu cette petite musique autour des ministres qui ont été régulièrement mis en cause. En fait, c'est la question de l'exemplarité en politique qui joue toujours.

1:05
Agnès Firmin Le Bodo

Mais l'exemplarité, elle est absolument indispensable, non négociable. Mais vous l'avez dit, il y a une enquête en cours, attendant le résultat de l'enquête et la décision de juges qui sont saisis et qui diront la vérité.

1:18
Présentateur

Thomas Cazenave, après le vote de la loi immigration, on en parlait un instant. Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé, a démissionné. Hier, on a appris que votre collègue, la ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau, a aussi présenté sa démission qui a été refusée. Vous, ça va ? Vous êtes toujours à l'aise dans ce gouvernement ?

1:34
Agnès Firmin Le Bodo

Je suis à l'aise. Et je vais vous dire, j'ai fait, alors que je terminais mon budget, j'ai pris du temps pour regarder ce texte, qui n'est pas le projet du gouvernement, qui est le fruit d'un accord entre la majorité et les LR, pour le comprendre et pour voir si j'étais véritablement à l'aise. Et j'ai entendu dire, vous avez repris un texte du Rassemblement National. Donc j'ai regardé dans le détail. Je rappelle quelques principes de base sur le projet du Rassemblement National. Le projet du Rassemblement National, c'est la préférence nationale sur l'accès à l'emploi, aux logements, aux écoles. Il n'en est nullement question dans ce texte.

Il n'y a pas de préférence nationale sur les allocations. Je vais y revenir. Le Rassemblement National, c'est la fin du droit d'asile. Nous ne touchons absolument pas à la question du statut des réfugiés. Le Rassemblement National, c'est la fin de l'aide médicale d'État. Il n'en est absolument pas question. Et le Rassemblement National, c'est plus de régularisation. On va multiplier par deux les régularisations. On va revenir sur ces points-là, Thomas Cazen.

2:34
Présentateur

Est-ce que vous comprenez la démission d'Aurélien Rousseau dans ce contexte ?

2:37
Agnès Firmin Le Bodo

Je respecte Aurélien Rousseau. Je ne prends pas cette décision-là. Parce que je considère que ce texte, qui est le rétablissement d'un compromis, qui a des défauts par ailleurs, n'est pas du tout le texte du Rassemblement National. Je rappelle, tout ça est en fait le fait d'une volte-face et d'un énorme mensonge du Rassemblement National qui le matin même disait « on ne votera pas ce texte » qui permet la régularisation de travailleurs étrangers et qui le soir tente un coup politique pour déstabiliser la majorité en voulant faire croire à tout le monde que c'est son texte. C'est aux antipodes de son texte multipliés par deux les régularisations.

Ce n'est pas le projet du Rassemblement National.

3:12
Présentateur

Ce n'est pas le seul sujet, et vous le savez, si Sylvie Retaille au reste d'ailleurs, c'est que le Président lui a donné des garanties contre la caution étudiante qui figure dans la loi. C'est une somme qui serait demandée aux étudiants étrangers voulant obtenir leur titre de séjour. Cette caution, Emmanuel Macron lui-même a jugé que c'était une mauvaise idée. C'est-à-dire que vous vous êtes battu pendant plusieurs jours pour faire voter une loi qui contient, de l'aveu même du Président, de mauvaises idées.

3:37
Agnès Firmin Le Bodo

Cette loi, je l'ai dit, c'est un compromis. Vous savez, vous le dites souvent ici, et je le constate moi aussi comme ministre, on est en majorité relative, il y a un compromis qui est trouvé avec les LR. Moi, ce n'est pas des mesures que j'aurais portées dans un texte. Ce n'était d'ailleurs pas des mesures qui étaient dans le projet du gouvernement. Parmi les mesures qui me posent des difficultés, je vous le dis, moi je partage l'avis de Sylvie Retailleau sur la question des cautions pour les étudiants étrangers. Je crois notre université à notre recherche française qui doit être ouverte sur le monde, qui doit accueillir des étudiants, des chercheurs étrangers.

Nos étudiants doivent partir à l'étranger. Je trouve que ce n'est pas une bonne mesure. Il y a des dispositifs réglementaires qui devront préciser comment se les appliquent. Mais je le redis, je ne suis pas à l'aise avec tout le texte. Mais de là à entendre, ce qui est un énorme mensonge, je le redis, ce serait le texte du Rassemblement National. Non, je ne le partage pas.

4:24
Présentateur

Ce qui est un tout petit peu baroque, c'est qu'on a l'impression que vous comptez sur le Conseil constitutionnel pour venir gommer les lignes rouges qui ont été franchies dans ce texte. Ce n'est pas tout à fait comme ça que ça doit se passer, notamment. Et d'ailleurs, en embuscade, vous avez les LR, notamment Éric Ciotti ce matin dans Le Parisien, qui continue à mettre la pression en disant que ce serait un déni de démocratie si ces points-là n'étaient pas respectés dans le texte qui a été voté.

4:47
Agnès Firmin Le Bodo

Non, il n'y a pas de déni de démocratie quand le Conseil constitutionnel contrôle les lois qui sont votées. Vous savez, on vient d'adopter définitivement le budget de l'État, le projet de loi de finances. Il va être contrôlé par le Conseil constitutionnel. Il n'y a rien de plus classique et de plus protecteur pour nous tous que le Conseil constitutionnel valide les lois. Il lui arrive de censurer des dispositions, y compris dans les budgets. Chaque année, il y a des dispositions qui sont censurées. Il va donc contrôler le résultat issu de la CMP qui a été voté.

Dont je dis par ailleurs que quand vous travaillez sur des compromis sans, à la différence d'un projet du gouvernement, où vous saisissez le Conseil d'État, vous vérifiez la solidité juridique de vos dispositions, ce n'est pas le cas dans le cas d'un compromis. Je trouve que c'est une sécurité indispensable prévue dans nos textes. Et donc le contrôle du Conseil constitutionnel, comme sur les autres textes, est attendu et est indispensable.

5:42
Présentateur

Thomas Cazenna, vous disiez qu'il n'y a pas de préférence nationale. Seulement, les prestations familiales seront désormais conditionnées à une présence en France d'au moins 5 ans pour les étrangers en situation régulière sans emploi et 2 ans et demi pour ceux qui travaillent. On va prendre un exemple très concret. Une femme étrangère en situation régulière qui a un enfant n'aura pas l'allocation de rentrée scolaire si elle ne remplit pas ses nouvelles conditions. Elle n'aura pas non plus les allocations familiales, alors qu'une française ou une ressortissante européenne aura, elle, ses avantages. Vous trouvez que c'est juste ? Et si ce n'est pas la préférence nationale, c'est quoi ?

6:14
Agnès Firmin Le Bodo

Mais là encore, alors non, ce n'est pas la préférence nationale. Je vais vous dire pourquoi. La préférence nationale, c'est interdire l'accès aux étrangers d'un certain nombre de dispositions. C'est ce que veut le Rassemblement national.

6:24
Présentateur

Les allocations n'en font pas partie pour vous.

6:25
Agnès Firmin Le Bodo

Non, mais on ne dit pas, le texte ne dit pas, ils n'ont pas droit. Il dit qu'il y a un délai pour y avoir droit. Alors, je rappelle qu'il y a des dispositions comme le RSA, le revenu social d'activité. Il permet à ceux qui n'ont aucune activité d'avoir un revenu. Aujourd'hui même, il est conditionné à 5 ans de résidence en France.

6:45
Présentateur

Mais François Hollande vous rétorque que ce n'est pas le même type de revenu. Mais François, pardon de le dire. Ce n'est pas une prestation presque vitale. Là, vous voulez que les étrangers s'intègrent mieux et vous allez leur supprimer l'allocation de rentrée scolaire, les allocations familiales ?

6:59
Agnès Firmin Le Bodo

Le revenu social d'activité, c'est le filet de sécurité universel qui permet à ceux qui ne travaillent pas, qui n'ont pas d'allocation de gens. Il existe déjà dans notre droit. La prime d'activité est conditionnée aussi à 5 ans de résidence. Le minimum vieillesse. On n'en parle pas, le minimum vieillesse ? 10 ans sur le territoire national. Ce que je veux dire, c'est qu'ils ont modifié des curseurs, modifié des délais. Ce n'est pas le projet initial du gouvernement. Mais ça n'a rien à voir. La préférence nationale, je le redis, c'est interdire aux étrangers l'accès à ce type de dispositif.

Il y a des délais, c'est interdire l'accès ou bien privilégier les Français pour inscrire dans les écoles, accéder à des logements, accéder à l'emploi. Donc, ils ont choisi dans leur compromis de décaler des curseurs. Nous avons, la majorité, permis d'enlever des éléments absolument indispensables dans l'accord. Je pense notamment à la question du fait que, pour ceux qui travaillent, l'accès aux APL a été ramené de 5 ans à 30 mois. Par exemple, la suppression de l'AME que souhaitait le Sénat a été supprimée du compromis. Donc, il y a eu un travail de compromis. Mais Elisabeth Borne s'est engagée à la réforme.

Non, mais Elisabeth Borne, je veux dire, elle a dit quelque chose de très clair auquel je suis très attaché comme toute la majorité. Il n'y aura pas de suppression de l'AME. En revanche, il y a eu un rapport remis par Patrick Stéphanini de droite, Claude Évin de gauche, en disant, un, il n'y a pas d'appel d'air avec l'AME, que c'est un dispositif utile, mais qu'on peut revoir les conditions de coordination de soins. Il y a des dispositifs peut-être à retoucher, mais il est hors de question que nous remettions en cause l'AME.

8:27
Présentateur

Thomas Cazenave, ministre délégué au compte public. On se retrouve dans un instant, juste après, à le fil infos de Maxime Glorieux à 8h41.

8:33
Invité

Retour à la normale ce matin dans le tunnel sous la Manche. Une trentaine de trains Eurostar annulés hier lors d'une grève surprise. Grève terminée. Dans la soirée, un accord a été trouvé avec la direction. Les syndicats demandaient le triplement d'une aide de fin d'année. Trois hommes placés sous contrôle judiciaire, ils prévenaient les taxis clandestins lors de descentes de police à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Jusqu'à 70 clients identifiés, ces faux taxis raquettent les touristes étrangers. Un business qui se développe à l'approche des JO de Paris. Il n'est pas invité, mais vous pourriez le retrouver à table pour Noël.

Le Covid avec une vaccination qui a pris du retard cette année. Un quart seulement des plus fragiles sont protégés. Alors que quatre régions sont passées en phase épidémique. Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne, Franche-Comté, le Grand Est et l'Occitanie. Et puis six ans après sa disparition, Johnny Hallyday de retour à Paris lors d'une grande exposition pour six mois à partir d'aujourd'hui. Avec des costumes, des harlés d'Advidsson ou encore la reconstitution de sa chambre d'enfant.

9:31
Présentateur

France Info Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot. Toujours avec Thomas Cazenave, ministre délégué au compte public. On parlait à l'instant des nouvelles règles qui pénalisent les étrangers en situation régulière pour recevoir des prestations familiales notamment. Quel est le message envoyé aux talents étrangers dont la France a besoin ? Parce que cette loi, elle vise à diminuer l'immigration avec des régularisations au compte-gouttes. Est-ce que c'est vraiment compatible avec la réalité, avec le vieillissement de la population, avec les pénuries de main-d'oeuvre ce projet ?

10:06
Agnès Firmin Le Bodo

Alors oui. Je vais vous dire pourquoi. Au-delà des dispositions qui font le plus de débats, il y a deux éléments importants qui étaient déjà dans le projet du gouvernement qui se retrouvent dans ce texte. D'abord, il faut qu'on soit plus rapide, plus efficace pour reconduire à la frontière des étrangers délinquants qui menacent notre sécurité. On le sait, les procédures sont trop longues, trop difficiles. Et le deuxième pilier qui a été conservé, c'est, et vous l'avez dit, la possibilité de régulariser des travailleurs qui sont sur notre sol depuis plusieurs années, parfaitement intégrés, qui travaillent dans des secteurs dans lesquels il y a des besoins de recrutement.

D'ailleurs, le président du MEDEF vient de dire il y a quelques jours qu'il y avait des besoins de main-d'oeuvre.

10:44
Présentateur

Lui parle de 3,9 millions de travailleurs d'ici à 2005 ans. Il dit que les régularisations, c'est mineur, pardon Thomas Cazenave, mais il dit que ce n'est pas le sujet. Il dit qu'il faudrait réinventer notre modèle ou alors avoir 3,9 millions de salariés étrangers. Ce n'est pas les quelques régularisations par an qui vont permettre...

10:59
Agnès Firmin Le Bodo

C'est déjà un pas important quand on dit qu'on va multiplier par deux les régularisations pour permettre dans les secteurs en tension, dans les entreprises comme dans nos services publics. Je pense à notre système de santé, je pense au secteur du bâtiment, par exemple. On a besoin de régulariser des travailleurs. Et ça, c'est une réponse aux difficultés de recrutement et au fait que la France reste un pays ouvert. Elle a besoin, dans certains secteurs, d'une immigration de travail qui permet de garantir la bonne intégration dans le pays. Et ça, c'est permis par l'accord qui a été trouvé entre la majorité et l'LR.

Et c'est là où je dis complètement à rebours de toutes les thèses défendues depuis des années par d'abord le Front National et le Rassemblement National qui ont toujours dit qu'on veut fermer les frontières, arrêter les régularisations et on ne fera jamais avec leurs mesures une France ouverte qui attire les talents, qui se développe, qui rayonne.

11:53
Présentateur

Mais c'est le contraire qu'envoie votre projet de loi. Ce n'est pas ce message qui est envoyé.

11:58
Agnès Firmin Le Bodo

Ce n'est pas vrai sur les régularisations.

12:00
Présentateur

Je vous renvoie aux déclarations du ministre de l'Intérieur.

12:05
Agnès Firmin Le Bodo

Le ministre de l'Intérieur, par exemple, il a annoncé qu'on avait doublé le nombre de régularisations. Doublé le nombre de régularisations grâce à ce dispositif.

12:12
Présentateur

Alors qu'est-ce qui fait que l'opinion ne retienne pas particulièrement ce point-là ? Donc la main tendue, la porte ouverte au travail en tension et plutôt garde en tête les dispositifs plus répressifs et la question des allocations et de ce que le Rassemblement national a revendiqué comme préférence nationale.

12:32
Agnès Firmin Le Bodo

Mais parce que tout ça repose depuis quelques jours sur un énorme mensonge du Rassemblement national. Donc c'est la faute des autres, ce n'est pas votre texte qui... Excusez-moi de le dire. Moi, j'ai porté mon budget, j'ai pris le temps de regarder dans le détail ce texte. Mais c'est un énorme mensonge de l'aveu même du Rassemblement national. Je le rappelle, le jour du vote, le matin, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, nous voterons contre ce texte. Et ils ont senti l'opportunité d'un coup politique. Ils mentent aux Français. Ils nous ont fait le coup sur les retraites en disant tout et son contraire. Ils ont fait le coup sur l'immigration. Ils ne sont pas fiables.

Ils mentent aux Français et ils ont récidivé.

13:08
Présentateur

On vous a entendu là-dessus. Néanmoins, vous avez commencé l'année avec les retraites sur la base du projet de la droite et vous l'avez terminé sur l'immigration en co-rédaction avec les Républicains. Donc, est-ce que maintenant, vous vous assumez de dire que vous gouvernez avec la droite ?

13:21
Agnès Firmin Le Bodo

Nous sommes une majorité relative. Sur tous les textes, nous devons trouver des accords. Par exemple, avant de faire valider le budget hier à l'Assemblée nationale, moi, je portais un budget rectificatif avec lesquels j'ai trouvé des accords avec les LR, le PS, les écologistes, le groupe Liotte, sur un budget rectificatif. Sur les énergies vertes, sur l'énergie nucléaire, sur l'industrie verte, sur la sécurité, on cherche des accords. On cherche des accords. Mais il faut être... Pardon, mais pour un accord, il faut être deux. Il faut être deux. Et donc, on voit bien que c'est parfois plus difficile, avec la gauche, de trouver des accords.

13:58
Présentateur

Ce n'est pas pour autant qu'il faut y renoncer. Nous sommes en majorité relative. Est-ce qu'il faut changer de Premier ministre pour sortir de cette crise ? François Bayrou, président du Modem, appelle à un nouveau départ pour le gouvernement.

14:07
Agnès Firmin Le Bodo

Mais moi, j'entends régulièrement l'appel à un nouveau départ. On n'a pas changé de cap. On a un cap auquel je suis très attaché, celui du plein emploi. Pourquoi le plein emploi ? Quand même, on oublie trop facilement qu'on a réussi, depuis 2017, à vaincre le chômage de masse dans notre pays. Et qu'il y a encore du travail à faire. Pourquoi c'est important ? Parce que c'est bon pour le pouvoir d'achat de faire baisser le chômage. C'est bon pour la lutte contre les inégalités. C'est bon pour l'intégration. Et c'est bon, parce que ça, c'est ma responsabilité, pour le redressement des finances publiques.

14:37
Présentateur

Alors, finances publiques, 111,7% du PIB, voilà la dette publique, c'est ce que vient de publier l'INSEE. Dans le même temps, on a aussi une inflation, alors elle, elle commence à baisser doucement. Qu'est-ce que vous dites aux Français qui sont inquiets, là, ils font leur course de Noël, ils veulent faire un bon dîner, ils se rendent compte que le panier coûte de plus en plus cher. Vous dites que, là, c'est un peu dur, mais que ça ira mieux demain ?

14:57
Agnès Firmin Le Bodo

L'inflation est en train de reculer dans le pays. L'INSEE le dit, c'est les prévisions que nous formulons avec Bruno Le Maire, avec l'INSEE notamment, elle va progressivement baisser. Je sais qu'elle frappe durement les Français, que le pouvoir d'achat, il est rudement frappé, notamment pour celles et ceux qui ont les revenus les plus faibles. Mais grâce à l'action, notamment avec les industriels, avec le secteur de la grande distribution menée par Olivier Grégoire et Bruno Le Maire, nous avons une baisse de l'inflation. Et ça, on sera à 2,5% d'inflation. Mais on a aussi des mesures d'accompagnement. Vous savez, je parlais du budget rectificatif.

Par exemple, on a voté une amélioration de la prime de Noël. La prime de Noël qui vise notamment les familles les plus en difficulté, bénéficiaires des minimas sociaux, pour les familles monoparentales, par exemple. Je pense aux femmes seules qui élèvent leurs enfants. Mais on a, dans un accord d'ailleurs avec la gauche de notre hémicycle, permis d'augmenter la prime de Noël pour les familles monoparentales.

15:53
Présentateur

Cette année. Et en parallèle, le paradoxe, Thomas Cazenaf, c'est qu'il y a aussi des prix qui augmentent. L'électricité, par exemple, avec le retour d'une taxe qui va entraîner 10% de hausse sur les factures. Ça va encore augmenter ?

16:07
Agnès Firmin Le Bodo

Il faut aussi. Moi, ma responsabilité, c'est de dire la vérité aux Français sur les finances publiques. Nous avions 5% de déficit public. L'État a protégé tout le monde pendant la crise. Depuis la crise du Covid jusqu'à la crise ukrainienne, la crise de l'énergie. Est-ce qu'on peut rester avec 5% de déficit, 3 000 milliards de dettes ? Non. On a mis en place des dispositifs pendant la crise. On a supprimé la taxe sur l'électricité, par exemple, pendant la crise. On l'a divisée par 32. Il a resté un euro. Est-ce qu'on peut rester comme ça ? Non. On prend encore en charge 40% de la facture d'électricité des Français. Mais ce n'est pas durable.

16:40
Présentateur

Ça veut dire que ça va encore augmenter ? Les taxes vont encore augmenter sur l'électricité en 2025 ?

16:44
Agnès Firmin Le Bodo

Comme les prix de l'électricité baissent dans notre pays, ce qui nous permet de remettre progressivement des taxes, tout en tenant l'engagement qui a été pris par le gouvernement de ne pas augmenter les prix de l'électricité en février de plus de 10%. Mais il faut qu'on puisse dire la vérité aux Français.

17:01
Présentateur

Vous assumez d'augmenter, par exemple, les taxes typiquement sur l'électricité, puisque le prix de l'électricité baisse. En gros, vous partez du principe que pour le consommateur, ce sera d'une certaine manière un peu indolore, sauf qu'en réalité, ce sera une hausse de taxes.

17:13
Agnès Firmin Le Bodo

Absolument. Je pars du principe qu'on ne peut pas garder des dispositifs qui ont été mis pendant la crise, alors que la crise des prix de l'énergie est désormais derrière nous. C'est ma responsabilité de le dire. Nous devons mieux maîtriser nos finances publiques. Nous ne pouvons pas laisser à nos enfants un déficit public qui ne serait pas réduit, une dette qui serait en croissance. Ce ne serait pas responsable. Et je pense que les Français attendent de notre part que l'on gère de manière sérieuse nos finances publiques.

17:39
Présentateur

Et on va continuer à parler des finances publiques dans un instant. Thomas Cazenave, juste après le fil info de Maxime Glorieux à 8h50.

17:45
Invité

La ministre de la Santé par intérim confirme être visée par une enquête dans le cadre de sa fonction de pharmacienne. Selon Mediapart, Agnès Firmin-Lebodo aurait reçu des cadeaux d'une valeur de 20 000 euros de la part des laboratoires Urgo. L'exemplarité est indispensable, mais il faut laisser la justice faire son travail, réagit Thomas Cazenave, ministre délégué au compte public, invité du 8h30 France Info. Une journée de deuil nationale demain en République tchèque, après l'attaque la plus meurtrière jamais connue dans le pays. Un jeune étudiant de 24 ans a tué hier 14 personnes à Prague et blessé 25 autres, dont 10 grièvement. La piste du terrorisme international est écartée.

Emmanuel Macron exprime sa solidarité avec le peuple tchèque. A la veille du week-end de Noël, bison futé, voie rouge sur les routes dans le sens des départs en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. Les maires des stations de montagne dénoncent une pénurie de trains qui forcent les Français à prendre la voiture.

18:41
Présentateur

France Info Le 8h30 France Info, Agathe Lambray, Jean-Rémi Baudot. Toujours avec Thomas Cazenave, ministre délégué au compte public, on parlait à l'instant des prix de l'électricité qui augmentent. Avant-hier, le président, en parlant des Français aussi qui consomment trop de médicaments, a dit travailler sur les franchises. Elle en est où cette piste du doublement de la franchise médicale, c'est-à-dire de la part que payent les Français quand ils achètent des médicaments ou vont chez le médecin ?

19:07
Agnès Firmin Le Bodo

Aujourd'hui, quelle est la situation ? Les dépenses de médicaments, elles augmentent entre 4, 5, 6% par an. Ce n'est pas soutenable. Moi, je pense que la sécurité sociale, auquel on est tous attachés, elle est soutenable si elle est financée. Donc, la question, c'est comment on fait pour maîtriser l'évolution des dépenses de médicaments ? D'abord, on fait baisser les prix des médicaments. Et ça, on a obtenu 1 milliard d'euros d'économie de la part des industriels. Deuxième axe, il faut travailler avec les professionnels, les médecins eux-mêmes qui prescrivent les médicaments. Il faut qu'on prescrive mieux, il faut qu'on prescrive moins de médicaments. Et je l'assume.

Il faut qu'on travaille sur des sujets très concrets. Il y a trop de gaspillage en matière de médicaments.

19:45
Présentateur

Et c'est ça pour quand cette franchise ?

19:45
Agnès Firmin Le Bodo

Et j'y arrive, je n'élite pas la question. Et j'y arrive sur la question, par exemple, de la prescription à l'unité. Moi, je crois qu'il faut une prescription plus à l'unité pour éviter gaspillage. Et enfin, la question des franchises, c'est une forme de participation à l'effort collectif, à l'effort partagé. Moi, je souhaite qu'elle puisse être mise en œuvre. La loi de finances sur la sécurité sociale a été définitivement adoptée.

Nous allons pouvoir maintenant lancer le travail, parce qu'il s'agit de textes réglementaires, pour revoir un dispositif qui existe depuis 2008, 50 centimes, qui n'a jamais été revu, ni par la droite, ni par la gauche, ni remis en question, pour l'augmenter de 50 centimes, en protégeant les malades. Ça fait combien de différences à la fin pour les finances publiques ? Ça fait 600 à 700 millions d'euros d'économies, mais qui ne se feront pas sur celles et ceux qui sont les malades chroniques, ceux qui sont en ALD, en infection de longue durée. Pourquoi ? Parce qu'on garde pour chacun le fait que personne ne paiera plus de 50 euros par an, plus de 50 euros par an, pour les franchises.

20:44
Présentateur

Néanmoins, il y a les prix des mutuelles qui augmentent en ce moment. Dans ce contexte, vous n'estimez pas que les Français sont suffisamment mis à contribution ? Vous voulez encore les taxer davantage ?

20:53
Agnès Firmin Le Bodo

Nous avons un débat avec les mutuelles. Nous considérons que l'augmentation des prix des mutuelles, qui sont annoncées aujourd'hui, ne sont pas justifiées. Le ministre de la Santé, qui était jusqu'à quelques jours Aurélien Rousseau, a pu le dénoncer publiquement, convoquant les mutuelles. Ce travail doit continuer avec les mutuelles. Donc moi, j'appelle tout le monde à la modération sur l'évolution des prix des mutuelles.

21:17
Présentateur

Vous assumez, on l'a vu il y a quelques instants, d'augmenter le prix des taxes sur l'électricité pour effectivement que ça ne pèse pas sur l'État. Mais elle est devenue quoi, la promesse du Président de 2 milliards d'euros de baisse d'impôt pour les classes moyennes ? Ce sera quand ? Ce sera combien ? Enfin, vraiment ?

21:33
Agnès Firmin Le Bodo

On travaille sur une question, pour moi, fondamentale. C'est que pour les rémunérations les plus faibles, il faut que le travail paye mieux. Il faut que notamment... Ça fait 30 ans qu'on l'entend. Non mais sauf que ça fait 30 ans, mais nous, on a agi. On a agi. On a agi pour le pouvoir d'achat, on a baissé le chômage. Donc non, non. On a agi, mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'on constate ? Il reste, au niveau du SMIC, il reste des charges, par exemple. Il y a une mission qui a été confiée à Antoine Bozio et Étienne Vassemer, en disant, est-ce qu'on peut avoir une autre politique d'allègement de charges ? On y travaille, on attend leur rapport au mois d'avril.

Moi, je suis convaincu qu'il faut, encore pour ces niveaux de rémunération, baisser le coût du travail pour redonner du pouvoir d'achat et permettre de créer plus d'emplois dans notre pays. Notre enjeu, c'est de baisser, continuer à baisser le chômage. C'est ce qui permet de garantir l'évolution du pouvoir d'achat. On l'a vu, quand il y a des tensions de recrutement, qu'est-ce qui se passe ? Les salaires remontent. Par ailleurs, c'est bon pour nos finances publiques, c'est bon pour la lutte contre les inégalités.

Donc la question, la promesse du président de la République de Milia, elle est dans cette réflexion globale autour de, au fond, comment est-ce qu'on peut accompagner mieux, notamment les classes européennes ? Vous vous donnez un calendrier ? On a dit qu'on y travaillerait pour le prochain budget, en attendant notamment les rapports qui nous sont adressés sur la politique d'allègement de charges. C'est cette politique globale qu'il faut revoir et l'engagement du président de la République est situé dans ce cadre-là.

22:55
Présentateur

Gérard Depardieu rend fier la France, si c'est le président mercredi, à propos du comédien accusé de viol et d'agression sexuelle. Vous aussi, il vous rend fier, Thomas Cazenave ?

23:04
Agnès Firmin Le Bodo

Écoutez, moi, je suis comme beaucoup de Français, j'ai vu ces images qui m'ont beaucoup choqué. Voilà, je ne vais pas me faire circonvolution.

23:14
Présentateur

Les images du complément d'enquête, dans lequel on voit Gérard Depardieu tenir des propos.

23:17
Agnès Firmin Le Bodo

Les propos tenus m'ont beaucoup choqué. Voilà, je le dis.

23:23
Présentateur

Donc ce n'était peut-être pas nécessaire pour le président d'aller aussi loin dans le soutien ? Il aurait pu rester un peu plus sobre ?

23:31
Agnès Firmin Le Bodo

Non, mais moi, je ne suis pas là pour donner des bons points ou des mauvais points. Ce que dit le président de la République, il a raison de rappeler tout le monde à une forme de prudence. C'est que moi, je suis un peu terrifié, au-delà de l'affaire de Gérard Depardieu, du fait qu'une forme de tribunal populaire sur les réseaux sociaux, s'agissant de Gérard Depardieu, il y a des enquêtes judiciaires, là encore, en cours.

23:54
Présentateur

Mais les présidents ne parlent pas des victimes présidiennes ? Il aurait pu être dans un en même temps qu'on aurait pu entendre, peut-être ?

23:59
Agnès Firmin Le Bodo

Il y a des enquêtes qui sont conduites. Moi, je souhaite qu'elles aillent jusqu'au bout pour les plaignantes, celles qui se sont manifestées. Ça me semble absolument indispensable. Et je ne suis ni procureur, ni juge.

24:11
Présentateur

Allez, il nous reste quelques secondes. La mairie écologiste de Bordeaux a finalement décidé de ne plus servir de foie gras lors de ces événements officiels, au nom du bien-être animal après avoir résisté. Vous qui êtes élu de Bordeaux, ça vous inspire quoi ?

24:21
Agnès Firmin Le Bodo

Oui, c'est une mesure de plus qui enfonce progressivement Bordeaux dans une forme de repli sur soi. Pas de 5G, pas de ligne à grande vitesse vers Toulouse, éclairage public éteint à partir d'une heure du matin, pas de foie gras à la mairie de Bordeaux. Donc je considère effectivement qu'il y a une forme de dérive dans la vision qui doit être notre ville. C'est-à-dire une ville ouverte, une ville intégrée dans son territoire, fière de ses racines du sud-ouest et donc aux antipodes de la vision que moi-même je porte pour notre ville.

24:57
Présentateur

Vous êtes déjà en campagne pour les prochaines municipales ?

25:00
Agnès Firmin Le Bodo

Non, je ne suis pas en campagne, mais je suis bordelais, conseiller municipal, engagé dans ma ville et pleinement à ma tâche avec notamment l'adoption du budget pour l'année 2024.

25:09
Présentateur

On a compris que si vous étiez à la mairie de Bordeaux, ce serait différent. Ah oui ? Avec vous. Merci beaucoup Thomas Cazenave. Ministre délégué au compte public, merci d'avoir été l'invité du 830. Merci beaucoup Agathe de m'avoir accompagné. Dans 5 minutes, les informés de Renaud Delis au programme ce matin. On va revenir sur le casse-tête d'Emmanuel Macron sur éviter les démissions au sein de son gouvernement et puis on va revenir sur ce projet de loi d'immigration et ce que deux Français se font face à face. Tout ça, c'est avec Renaud Delis dans un instant.