Olivier Faure : "J'ai dit à Raphaël Glucksmann qu'il ne devait pas nous ressembler, mais nous rassembler"
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Bonjour et merci d'être fidèle à Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité jusqu'à 13h, je vous le disais, en prenant la tête du Parti Socialiste, il disait qu'il fallait tout changer ou bien mourir. Il a fait le pari d'un changement radical en s'alliant avec Raphaël Glucksmann et Place Publique pour les Européennes. Et il revient d'ailleurs de Toulouse où il était fier pour le premier grand meeting de la campagne. Lui arrive-t-il de douter de son choix et de son candidat, comme en doutent bien des militants socialistes et même François Hollande ?
Nous voulions l'entendre alors que se joue peut-être l'avenir du PS et de la gauche. Et au-delà, à un moment politique important, puisque nous sommes à la veille de la restitution du grand débat national, pour intervenir sous l'application France Inter et les réseaux sociaux avec le hashtag QuestionPol, notre invité jusqu'à 13h est Olivier Faure.
France Inter, questions politiques, Alibadou.
Bonjour Olivier Faure. Bonjour Alibadou. Quand on est en meeting à Toulouse, on parle rugby, on parle stade toulousain. Alors pour ne pas vous dépayser, admirez l'alignement du pack de questions politiques. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, bonjour Nathalie. Bonjour Ali, bonjour à tous. Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise.
Bonjour Ali, bonjour à tous.
Et Laurence Perron de France Inter, bonjour Laurence.
Bonjour Ali, bonjour à tous.
Laurence qui a préparé votre portrait, Olivier Faure. Les drôles de dames, non, le pack le plus lourd du journalisme politique. Merci pour le lourd. Une métaphore de rugby. Ne voyez pas le mal. Beaucoup de questions à vous poser Olivier Faure. On va d'abord commencer avec ce premier débat des élections européennes qui avait lieu jeudi soir sur France Inter et sur France 2. En présence notamment de Nathalie Saint-Cricq évidemment. Premier meeting de la campagne pour vous et vos troupes. C'était donc hier à Toulouse, vous lanciez, vous attaquiez donc cette montagne qui arrive devant vous. Est-ce que vous êtes confiant aujourd'hui ?
Dans quel état d'esprit êtes-vous par rapport aux élections européennes ?
Mais moi je ne cherche pas à être confiant ou pas confiant. On n'est jamais confiant quand on est en campagne électorale. On va chercher à convaincre et chercher à faire en sorte que le plus grand nombre rejoigne les thèses que nous portons et qui sont dans cette élection assez simples. Nous sommes la seule liste qui est à la fois pro-européenne et en même temps qui veut une Europe différente, qui veut une Europe qui soit plus sociale et plus écologique.
Et donc nous allons le porter avec un candidat, Raphaël Glucksmann, qui est un candidat qui change forcément parce qu'il n'est pas un professionnel de la politique, parce qu'il n'a pas forcément ses codes, parce qu'il n'a pas forcément l'expérience que peuvent avoir celles et ceux qui font de la politique depuis 10 ans. Mais justement, il est autre chose. Il est ce regard porté sur l'Union européenne. Il est ce militant de l'Europe depuis toujours. Et franchement, moi je suis très fier d'être avec lui dans cette campagne.
On va en parler évidemment de ce choix et de ce que ce choix dit aussi de l'identité de votre parti et éventuellement de l'avenir de la gauche et la façon dont vous l'envisagez. Mais d'abord votre portrait, Olivier Faure. Il est signé Laurence Perron.
Bonjour. Lorsque vous êtes venu dans Question politique, c'était il y a quasi pile poil un an, tout juste élu. Premier secrétaire du Parti Socialiste, alors dans les pas de Jaurès, de Léon Blum, de François Mitterrand, Michel Rocard ou Lionel Jospin. Ça, ce sont les grands ascendants que vous aviez alors convoqués lors du congrès d'Aubervilliers. Tiens, tiens, François Hollande avait déjà disparu. Lorsqu'on vous a tiré le portrait ici pour la première fois, et c'était moi déjà, tiens, tiens, coïncidence, je ne crois pas, eh bien on a rappelé déjà votre engagement au PS tout petit, 16 ans, votre drôle de pédigré.
Vous êtes de votre propre aveu, l'enfant caché ou naturel, je crois que vous avez dit, de François Hollande et de Martine Aubry. Ce qui fait de vous un monstre, et le perputatif ne se prive pas de vous le rappeler, mais ça on y reviendra. J'avais rappelé aussi la colloque fin des années 80 avec Benoît Hamon, alors plus du tout un copain, Benoît Hamon je crois. En tout cas, votre tête de liste européenne, Raphaël Glucksmann, lui donne des coups de pelle à chaque fois que c'est possible. Ma préférée étant, Fort a eu l'audace de lui faire confiance, de me faire confiance, de faire confiance à la société civile. Pour Hamon, la société civile, ce sont des pins sur le revers du veston.
Alors ça c'était du off, mais votre figure de poule, lorsqu'elle se lâche en hyne, c'est pas mal non plus.
Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi a priori, culturellement, que quand je me rends en Picardie. Et c'est bien ça le problème.
Alors j'avoue, c'est pas très très gentil de ressortir les vieux dossiers, en même temps c'est pas un très vieux dossier, parce qu'on est quand même fin octobre 2018, donc à la veille du soulèvement des gilets jaunes, et vous négociez déjà avec Raphaël Glucksmann. C'est là que je reviens à la colocation de vos jeunes années socialistes, parce que dans la colloque, il y avait Benoît Hamon, on connaît, mais il y avait surtout Christophe Clergeau.
Alors son nom ne dit pas grand chose au grand public, mais le Nantais, qui est conseiller régional des Pays de Loire, et depuis toujours dit-on, l'homme qui vous murmure à l'oreille, ce serait l'intello de la bande, disent vos détracteurs, quelqu'un qui serait comme un peu votre gourou, disent encore vos détracteurs au sein du PS. Clergeau est aujourd'hui en troisième position, je crois, sur la liste des européennes, et il vous a fait tuer la mère, Martine Aubry, qui ne décolère pas parce que ses proches ont été relégués, comme ceux d'Hidalgo, de Carvounas, et bien sûr je ne parle pas des Hollandais, mais là je vais laisser la parole au maître, c'était sur France Inter cette semaine.
Question à François Hollande, allez-vous voter socialiste aux prochaines européennes ?
Je voterai pour les socialistes, je vote toujours pour les socialistes. Vaut-il encore qu'il y en ait ?
Je ne sais pas, je pense que François Hollande est un homme avisé, et qu'il aura compris que sur cette liste, il y a effectivement une moitié de socialistes, et une moitié de gens qui ne le sont pas. Pourquoi ? Parce que moi je voulais montrer que le rassemblement, il est possible, et qu'on a tellement souffert de cette gauche émiettée, fragmentée, qui en permanence explique les uns et les autres qu'il faut se rassembler, mais c'est toujours derrière soi, et au final il ne se passe rien.
Il faut dire que c'est la première, c'est la première dans l'histoire du PS, la tête de liste aux élections européennes n'est pas socialiste, et même disiez-vous hier à la tribune du meeting de Toulouse, quelqu'un qui ne parle même pas le socialiste couramment, pour qualifier...
Mais c'est vrai, mais précisément quand on se rassemble avec d'autres, on ne cherche pas à se rassembler avec soi-même. Moi je ne cherche pas à avoir une liste qui soit composée exclusivement de gens qui seraient avec le même pédigré que moi. Quand Aurore Laluc, qui est l'ex-porte-parole de Génération, vient sur la liste, évidemment elle porte une identité qui n'est pas la mienne. Quand Pierre Larouturou, qui avec Jean Jouzel a été le concepteur du pacte finance-climat, vient sur la liste évidemment, qu'il a une vision qui est différente de la nôtre. Et c'est pour cela que le rassemblement est intéressant.
Si c'était simplement pour se rassembler entre nous, il fallait faire simplement un congrès, et puis mettre comme toujours les différentes motions les unes derrière les autres, et considérer que le travail était terminé. Ce n'est pas ce que je crois, je crois au contraire que la gauche a besoin d'oxygène, elle a besoin de trouver une force qu'elle n'a plus, et donc on la repuisera dans une capacité à trouver nos convictions, notre socle de valeurs, et avec des gens qui peuvent le porter avec nous, parce que la gauche, elle n'appartient à personne, ni au PS, ni au PC, ni au vert, ni à quiconque.
Elle appartient à celles et ceux qui veulent se battre, qui veulent combattre, qui veulent une Europe différente, et c'est ce que nous allons prouver. France Aspresso, puis Nathalie Saint-Dix.
Alors, le rassemblement, c'est ce qu'on soit quand il y a un rassemblement de gauche. Or là, on a cinq listes à gauche. Donc, ce qu'on ne comprend pas très bien, c'est en quoi, dans ces cinq listes à gauche, le Parti Socialiste y gagne, en perdant quand même une partie de son identité. C'est ce que souligne François Hollande en disant, où sont les socialistes aujourd'hui ?
La numéro deux de la liste s'appelle Sylvie Guillaume, et elle est socialiste. Donc, je ne vois pas où est la perte d'identité. Ce que je vois aujourd'hui, c'est que nous avons effectivement cherché, pendant des mois et des mois, à faire en sorte que les écologistes et l'ensemble de la gauche puissent se retrouver sur une liste commune. Y compris, rappelez-vous, c'est Colène Royal, qui a un temps à penser être sur cette liste, a fait la proposition à Yannick Jadot de le voir, lui, tête de liste, et une socialiste en deuxième position. C'était, effectivement, inédit. Nous n'avons jamais été dans cet état d'esprit-là, mais parce qu'il n'y a plus de force à gauche qui soit hégémonique.
Il n'y a pas, en fait, le grand frère qui discipline tous les autres. Et donc, on a cette espèce de meutte dispersé, et qui fait qu'aujourd'hui, on a ce paradoxe incroyable, qu'on a, en fait, un face-à-face, organisé volontairement par le pouvoir actuel, par La République En Marche, donc qui oppose les libéraux aux nationalistes, alors que si on regroupait les forces dont vous parlez, nous serions devant les uns et les autres. Et donc, c'est vrai qu'il y a un paradoxe incroyable, et je comprends qu'il y ait des gens aujourd'hui qui, à gauche, soient dans l'abstention, se disant, mais pourquoi faire ?
Et donc, moi, je voulais qu'on ouvre un chemin pour le rassemblement, un chemin pour celles et ceux qui veulent qu'à nouveau, il y ait un endroit où on puisse porter leurs idées. C'est ce qu'on va faire.
Alors, Olivier Faure, ce n'est pas la faute d'Emmanuel Macron, ou de Marine Le Pen, ou de Jordan Bardella, si Benoît Hamon, Yannick Jadot, Yann Brossat ne veulent pas se mettre avec vous. Alors, en clair, vous aviez dit, avec Raphaël Glucksmann, ça va être plus facile de se rassembler. C'est un peu la question de Françoise Fresseuse. Est-ce que vous pensez que c'est cuit, en clair, et que d'ici l'échéance, il ne se passera plus rien du côté du rassemblement ?
Moi, je crois qu'il y a encore des forces qui peuvent se rassembler, et je crois que la raison peut toujours l'emporter, mais je ne cours pas après. Je n'ai pas passé mon temps à aller réclamer aux uns et aux autres une alliance, un rassemblement dont ils ne veulent vraisemblablement pas.
On a l'impression que vous avez fait une liste par défaut, Olivier Faure.
Ben, pas par défaut, une liste par choix. Mais non, c'est tout l'inverse. J'aurais pu effectivement dire, on fait une liste de socialistes tout court, c'est comme toujours, et puis c'est très bien, et on avance comme ça. Mais non, j'ai fait un autre choix, et qui est un choix qui a été validé par 80% des militants socialistes, qui considère qu'effectivement, aujourd'hui, l'heure n'est plus simplement à chacun se compter au millimètre, mais de faire en sorte que la gauche puisse retrouver une voie qui puisse porter... Qui vous semble le plus...
Vous voudriez être avec qui ? Le plus proche de vous ? Est-ce que vous discutez avec quelqu'un ? Est-ce que c'est Benoît Hamon ? Est-ce que c'est Yann Brossin ? Est-ce que c'est les écologistes avec Yannick Jadot ? Qu'est-ce qui vous crève le cœur dans cet espèce de démiettement ?
Sur la question européenne, franchement, je pense qu'il y a l'épaisseur du papier des acides de cigarette, avec Yannick Jadot, sur la question environnementale. Parce que nous avons tous pris conscience de ce qu'était la tragédie qui vient. Et donc, avec Yannick Jadot, il y avait une évidence, effectivement, à vouloir ensemble porter le combat d'une Europe environnementale, une Europe qui se bat contre le réchauffement climatique. Et donc, je l'ai appelé, j'ai essayé de voir avec David Cormand, j'ai essayé de faire en sorte que les choses avancent. Je vois qu'ils sont dans une autre stratégie.
Ils considèrent que l'élection européenne est leur élection, et donc qu'il faudrait systématiquement se compter cette échéance. Mais les mêmes me disent, mais ce n'est pas grave, on se retrouvera dans les échéances suivantes. Moi, je leur dis qu'à chaque marche que nous ne franchissons pas ensemble, il y a des gens qui, à gauche, se désespèrent. Et c'est tout le problème d'aujourd'hui. Mais maintenant, voilà, c'est fait. Donc, avançons. Si à un moment donné, cette possibilité se rouvre, j'en serai le premier heureux. Mais je ne veux pas passer la campagne à simplement aller chercher les uns et les autres. Maintenant, on avance.
Alors, les arguments des gens qui n'ont pas voulu s'allier, parce qu'effectivement, l'EPS a fait offre de services, et ces offres de services ont été refusées, c'est vrai. Benoît Hamon ne veut pas y aller, et Yannick Jadot ne veut pas y aller, parce qu'au Parlement européen, vous allez siéger avec des sociodémocrates qui sont, selon eux, des socios libéraux, et qui, de toute façon, ne pourront pas mettre en place la transition écologique que l'un et l'autre appellent de leur vœu. Pour eux, ça n'est pas possible de s'allier au PSE. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Vous allez siéger avec le PSE ?
Olivier Faure. Bien sûr, mais... Bien sûr. Bien sûr. Oui, enfin...
Parce que Raphaël Bluxman a l'air beaucoup moins clair.
Je vais vous répondre sur... Mais quand même, je voudrais dire une chose très simple. Dans le prochain Parlement européen, il y aura deux forces principales. Les conservateurs et les libéraux. De l'autre, les sociodémocrates. Où siègent les trois députés de Génération depuis que Génération a été créée ? Où est-ce qu'ils siègent ? Ils siègent dans le groupe social-démocrate. Et donc, voir des gens qui ont siégé pendant deux ans avec les sociodémocrates nous expliquer aujourd'hui que ce serait la peste, avouez que c'est quand même fort de café.
Ils n'ont pas l'intention de continuer à siéger avec les sociodémocrates. Ils ont constitué eux-mêmes un rassemblement dans lequel ils comptent siéger.
Depuis la campagne électorale, ils ont changé d'avis. Mais avec qui ont-ils porté les différents combats sur leur d'auteur ces derniers jours ? Mais ça, c'est du passé, Olivier Faure. Mais ce n'est pas le passé. Ça veut dire que quand vous voulez changer l'Europe, et moi, c'est ce que je veux faire, je ne veux pas simplement témoigner, je ne veux pas simplement dire qu'avec cinq copains, on est à l'arrière de l'hémicycle et puis de temps en temps, on braille. Ce n'est pas ça, la vie politique. La vie politique, c'est d'arriver à trouver des majorités qui permettent de faire changer les choses. Et donc, si vous voulez changer l'Europe, vous ne pouvez pas le faire sans les sociodémocrates.
C'est impossible. Et donc, il faudra le faire avec une majorité de gauche, que moi, je sais, j'appelle de mes voeux, et puis avec effectivement les sociodémocrates.
Ça, ce sont les majorités, mais avec qui et avec qui ? Parce que dans le prochain Parlement, tout ce qui se dit, c'est une poussée quand même des partis de droite ultra, et puis aussi peut-être une poussée des libéraux. Est-ce que vous pourriez vous allier, par exemple, au Parlement européen avec les troupes d'Emmanuel Macron ?
Olivier Faure. Non, moi, je ne souhaite pas qu'on maintienne cette idée qu'il existerait, il y a eu un temps, pour l'Union européenne, où les chrétiens démocrates et sociodémocrates ont porté sur les fonds baptismaux, c'est le cas de le dire, puisqu'il s'agissait d'être un démocrate, ont porté l'Europe. Ça a été le couple entre Égid Cardestin et Helmut Schmidt. Ça a été Mitterrand et Kohl.
Mais ça, tout le monde dit que c'est terminé.
Mais c'est terminé. Pourquoi ? Parce qu'il fallait, à un moment donné, effectivement, asseoir l'Europe sur ses bases. Mais aujourd'hui, la question, ce n'est plus d'avoir une Europe. L'Europe, elle existe. Et la question, maintenant, pour éviter de nouveaux Brexit, c'est de faire en sorte que ce soit une Europe qui convainque, et qui ne soit pas simplement l'Europe de la paix, ça, j'espère que c'est fait, et il faut maintenir l'acquis, mais il faut aller au-delà.
Et maintenant, il faut une Europe qui ne soit pas une Europe libérale, une Europe qui retrouve son âme, une Europe qui retrouve sa capacité à enclencher le défi énergétique, le défi climatique, et qui soit aussi une Europe qui soit plus sociale.
Alors, soyez clair, Olivier Faure, où siégera Raphaël Glucksmann ?
Et Raphaël Glucksmann l'a déjà dit... Non, il ne l'a pas encore dit, clairement. Non, non, on ne comprend pas bien. En tout cas, ce qu'il nous a dit à nous, c'est qu'il siégerait, effectivement, dans le groupe social-démocrate... Donc, au PSE. Non, alors, pardon, mais si vous voulez rentrer dans les détails...
Oui, je peux rentrer dans les détails, parce que c'est vraiment très important de savoir où vont siéger les élus français au Parlement européen.
Je vais vous répondre très précisément, y compris pour les autres de la liste. Donc, le groupe social-démocrate au Parlement européen est un groupe qui comprend, en fait, une multitude de partis, dont le PSE. Le PSE étant le Parti Socialiste Européen, pour ceux qui nous écoutent et qui ne comprennent pas de quoi on parle. Mais, donc, il y a des socialistes européens et des gens qui ne le sont pas. Et donc, il fera partie de ceux qui ne sont pas socialistes européens, mais qui siégeront dans le groupe SND. Il y a Aurore Laluc, dont on a parlé tout à l'heure, qui est une ex de génération et donc qui est une économiste de la transition écologique.
Elle m'a dit que, elle, elle souhaitait siéger demain au Parlement européen dans le groupe écologiste. Eh bien, j'en ai... Enfin, pour moi, c'est une excellente occasion de dire que... C'est sidérant, Olivier Faure. Je vous le dis très sincèrement,
ça n'a aucun sens. Mais non, ça n'a aucun sens. Mais il faut le dire clairement. Si vous votez pour moi, j'irai dans tel groupe, j'amènerai telle politique. Lors, ne parlons pas tous ensemble. Lors, Olivier Faure, par respect pour nos auditeurs et par respect pour les électeurs... Je viens de vous répondre très clairement.
Oui, ne dites pas... Il y a une personne dans la liste qui ne veut pas, pour l'instant, siéger avec le groupe PSE. C'est Aurore Laluc. Pour les autres, c'est clair, ils iront siéger dans le groupe social-démocrate. Mais que les choses soient claires, Raphaël Wuxman ne siégera pas au PSE. Mais je viens de vous dire le contraire. Je viens de vous dire qu'il siégera au groupe S&D. C'est acté. Maintenant, laissez-moi finir pour vous dire les choses telles qu'elles sont. Dans toutes les élections, parce que là, vous êtes en train de faire un cas de cette histoire qui n'a aucun sens.
Quand vous êtes électeur aux élections municipales, aux élections municipales, vous allez voter pour une liste qui est une liste de gauche rassemblée. Et ensuite, vous avez des groupes différents qui siègent dans la même majorité. Oui, mais c'est différent de la gauche rassemblée, justement. Mais dans une... Justement, ce qu'on cherche à faire, nous, c'est une gauche rassemblée. Et donc, ensuite, au Parlement européen, arrivez à faire travailler les différents groupes entre eux pour pouvoir gagner des combats communs. Parce que si vous ne le faites pas, qu'est-ce qui se passera ? Vous allez donc avoir des élus
qui siègent dans des groupes différents ? Vous aurez une élue, effectivement. C'est totalement absurde, dans le meilleur des cas. Mais si, c'est absurde. Mais ce n'est pas absurde. En l'occurrence, Jean Quatremer, le journaliste de libération spécialiste des questions européennes, dit même que c'est une arnaque, en l'occurrence.
Mais ce serait une arnaque si je ne vous le disais pas. Je vous dis les choses en transparence. Je vous dis les choses telles qu'elles se passeront. Et quand vous voulez rassembler des gens, si on avait aujourd'hui une liste qui serait une liste commune entre écologistes, socialistes, progressistes. Mais ça aurait été la même chose ? Vous croyez que Jadot... Mais non, ce n'est pas la même chose. Un socialiste qui vote pour la liste PS, Olivier Faure, un socialiste qui vote
pour la liste PS votera donc pour quelqu'un qui ne siégera peut-être pas avec les socialistes au Parlement européen. Mais je viens de vous dire l'inverse. Donc ne cherchez pas à me faire dire ce que je n'ai pas dit. Si on vote pour votre liste,
je vous dis que s'il y avait eu une liste de rassemblement...
On peut voter pour une personne qui ira voter avec les Verts, qui ira siéger avec les Verts au Parlement européen. Est-ce que vous pouvez entendre ce que je vous dis ? S'il y a eu une liste commune
entre Yannick Jadot et moi, par exemple, est-ce que vous pensez qu'Yannick Jadot aurait abandonné son groupe ? Non ! Et c'était pour autant une liste de rassemblement. Parce que ce qu'il faut, à un moment donné, c'est arriver à incarner ensemble des combats communs. Ça ne veut pas dire qu'en se rassemblant, on est tous identiques. Moi, j'en ai marre de cette façon de faire de la politique qui considérait qu'il faut être tous derrière le caporal. Il n'y a pas de caporal sur la vie politique. Il y a par contre une volonté de dire qu'il y a des combats qui nous rassemblent et ces combats-là, ils permettent effectivement de faire avancer l'Europe. C'est ça le sujet.
Admettons par exemple que vous ayez un élu. Je ne vous le souhaite pas, mais en l'occurrence, vous pouvez avoir un élu, la tête de liste, Raphaël Glucksmann. Non, c'est impossible. Et donc, en l'occurrence, le candidat... Au moins 5%, donc vous ne pouvez pas avoir un élu. Ça n'existe pas. Donc, en l'occurrence, on peut avoir un élu, Raphaël Glucksmann, qui ne siègera pas
une dernière fois, Raphaël Glucksmann siégera au sein du groupe social-démocrate au Parlement européen. Donc, pas au PSE, oui.
Mais le PSE est un parti... Oui, vous avez siégé depuis toujours, en l'occurrence.
Mais non, pas du tout. Mais attendez, franchement, vous ferez l'exercice en sortant de cette émission. Il y a les socialistes européens siègent tous au groupe social-démocrate qui s'appelle le groupe SND. Et donc, il n'y a pas... Enfin, après, il y a dans ce groupe social-démocrate des gens qui ne sont pas socialistes au PSE. Voilà. Donc, on peut être dans le groupe social-démocrate. Il y a aujourd'hui des radicaux de gauche, par exemple. Virginie Rosière siège dans le groupe social-démocrate. Elle n'est pas socialiste. Vous avez aujourd'hui des gens de génération qui siégeaient dans le groupe SND et qui n'étaient plus socialistes. Vous avez des gens qui, dans tous les pays d'Europe...
Oui, le seul problème, c'est Aurore Laluc.
Qui, effectivement... Enfin, le seul problème, si on considère que c'est un problème, c'est Aurore Laluc qui, elle, va aller siéger avec les écologistes. Si Raphaël Glucksmann siège avec les socialistes au Parlement européen, a priori, on est dans les clous. Enfin, dans les clous. Qu'est-ce que Raphaël Glucksmann apporte au Parti socialiste que le Parti socialiste ne pouvait pas incarner dans la campagne ?
Olivier Faure. Il est, pour moi, en fait, justement, au confluent de ce que sont les différents mouvements de gauche. Il n'est pas socialiste. Il a porté avec nous un certain nombre de combats. Il a une vision de l'Europe qui nous est proche. mais il n'est pas exactement nous. Et moi, ce que je cherche aujourd'hui, c'est non pas simplement à sauver un appareil politique, c'est à faire en sorte que la gauche puisse à nouveau parler d'une même voix. Et donc, je cherche, en fait, des incarnations, des figures, des gens qui portent des combats. Au-delà de Raphaël, est-ce qu'on n'est pas en train de faire une action présidentielle, on est en train de parler d'une liste ?
Sur cette liste, il y aura des gens comme Claire Nouvian. Claire Nouvian qui est prix Nobel de l'écologie et qui est... Claire Nouvian ? Claire Nouvian, oui. qui n'est pas en position éligible ? Qui est... Mais ça dépendra de vous. Vous verrez bien si elle est éligible ou pas. Ça dépend du score que nous réalisons. Elle est combien tu aimes sur la liste ? Elle n'est pas décidée encore. Elle n'est pas décidée encore.
Elle ne souhaitait pas être élue. Elle l'a répété plusieurs fois.
Claire Nouvian, Jérôme Carsanti... Elle a dit qu'elle ne voulait pas
être élue, donc vous n'allez pas la contraindre à être élue, Olivier Faure.
Ce n'est pas moi qui la contraindrait. En l'occurrence, ce sont les électeurs qui la mettraient en position éligible ou pas. Mais ce que je vous dis, c'est que vous avez des gens qui portent des causes, des gens qui viennent avec leurs combats, qui ne sont pas simplement des gens que l'on convertit du jour au lendemain en élus, des gens qui ont porté des combats dans la société civile et qui veulent maintenant les assumer dans le débat politique, dans l'arène politique. Eh bien, je trouve ça formidable. Il y a des gens qui seront élus ou pas élus mais qui vont continuer à combattre avec nous sur ces sujets-là.
Ma question, c'était, vous avez été élue depuis un an au sein du Parti Socialiste. Est-ce que vous vous êtes dit qu'au fond, en interne, vous n'aviez plus les ressources pour rebâtir en un an un projet porteur qu'il fallait absolument intégrer des figures de l'extérieur parce qu'au fond, la matière était vide à l'intérieur ? Est-ce que ce n'est pas un peu ça l'impression que vous donnez aujourd'hui ?
C'est la question que vous voulez donner de nous mais c'est tout l'inverse. Moi, je souhaite un parti ouvert. J'en ai marre des casernes. Je ne veux pas être dans une caserne. Je veux au contraire être avec d'autres. Je veux pouvoir faire ensemble. C'est quand même très différent. Qu'est-ce que j'ai fait depuis un an que je suis premier secrétaire ? La première chose que j'ai faite, c'est d'abord de faire en sorte que les socialistes puissent se réconcilier sur un projet européen. Cela faisait 13 ans depuis le référendum de 2005 que nous n'avions jamais trouvé d'accord. Il y a eu un vote en octobre qui a rassemblé l'ensemble des socialistes.
Nous avons ensuite opéré un déménagement symbolique mais de la rue de Solferino vers la banlieue parisienne. Pourquoi ? Parce que je voulais aussi symboliquement que nous puissions retrouver le cœur de ce qu'est notre électorat. Ensuite, il a fallu faire l'inventaire parce que je voulais aussi que les Français se disent et comprennent que nous avions compris quelque chose de notre échec, que nous n'étions pas dans le déni. Nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu l'élection présidentielle mais nous sommes le seul parti, le seul parti, entendez-moi, à avoir fait un inventaire, à avoir osé nous regarder dans un miroir, à avoir osé dire qu'effectivement nous n'avions pas tout réussi.
Et on a compris que ça ne plaisait pas à François Hollande. Mais pas qu'à François Hollande.
Mais même à moi, ça ne m'a pas fait plaisir pour tout vous dire. Olivier Faure,
Dans vos douze travaux d'Hercule, il y avait aussi le chantier européen que vous avez confié à une eurodéputée socialiste, Christine Revaud-Dallon, qui est a priori une jeune femme qui aurait pu avoir sa place sur la liste, qui elle voulait être élue et que vous avez mis en position inéligible. C'est ça qui donne l'impression aussi qu'il y a de la tambouille contrairement à ce que vous dites. Pourquoi on met Raphaël Glucksmann en première place et pourquoi Christine Revaud-Dallon se trouve, alors qu'elle a été une députée européenne à laquelle vous avez confié votre chantier des européennes, reléguée en place non éligible. C'est ça qui instille un doute.
Olivier Faure. C'est vous qui l'instille dans toutes les listes. Malheureusement, quand on est dans une liste, si on faisait 25%, cette question-là ne se poserait pas. La question, c'est quand vous êtes dans les sondages entre 6-7%, effectivement, vous considérez, vous, qu'elle n'est pas encore éligible. Moi, je considère...
Elle le considère aussi.
Oui, c'est vrai. Et ça a été pour moi, quand j'ai dû l'appeler un crève-cœur, effectivement, parce que je lui avais confié avec Boris Vallot la charge de rédiger effectivement le projet et qu'elle a été une députée ultra-méritante. Mais ceux qui sont retenus sont aussi des députés ultra-méritants. Sylvie Guillaume sur la question migratoire, Éric Andrieux sur la question des pesticides, sur la question agricole et toutes celles et ceux qui sont sur la liste le sont aussi.
Et donc, à un moment donné, le problème, c'est que dans la vie politique, on n'est pas forcément amené à faire les choix qui sont les choix du cœur mais aussi des choix de raison, des choix d'équilibre géographique, des choix d'équilibre politique. C'est ce que j'ai fait. Et donc, je l'assume, même si effectivement il y a des moments où c'est difficile parce que effectivement, j'aurais préféré que nous ayons une possibilité plus large et j'espère que dans l'échéance qui vient, nous pourrons à nouveau ouvrir à ces talents-là la possibilité d'être élu. Nathalie Saint-Cricain.
On a bien compris que vous n'aimiez pas les casernes ni le caporalisme. Je voulais simplement vous dire si dans le cas de Raphaël Glucksmann, si l'absence totale d'expérience, alors on dit que c'est de la fraîcheur, qu'il est romanesque, qu'il est romantique, c'est sûrement vrai. Est-ce que finalement l'absence d'expérience n'est pas un handicap quand on le voit à la fois dans le débat qui a eu lieu sur France 2 il y a quelques jours et en meeting ? Est-ce qu'il ne faut pas de temps en temps avoir des gens qui connaissent la politique et qui sont capables d'entraîner les gens et d'être reconnaissables par les électeurs ?
Olivier Faure. Ça dépend de quelle expérience on parle. Si l'expérience, c'est l'expérience des plateaux de télévision, effectivement, si c'est le seul critère, vous ne renouverez jamais la vie politique. Il y a un an quand je suis devenu premier secrétaire, c'est ce que tout le monde a dit.
En l'occurrence, il a une grande expérience des plateaux de télévision.
Non, pas forcément de ces débats-là, pas de cette nature-là et pas de la même façon. Et donc, je sais bien qu'on aimerait toujours avoir le même modèle parce qu'on est toujours à reconnaître les siens. Non, non, je vous demandais si ça ne vous inquiétez pas
simplement parce qu'on peut être très très bon dans certains domaines et pas forcément adapté à d'autres, c'est tout.
je dis soir, je ne suis pas fait pour ça.
Oui, je pense qu'il a intériorisé le fait qu'à un moment donné, il pouvait ne pas avoir les standards, les codes de la vie politique et moi, ce que je lui dis quand je l'ai vu depuis, je lui dis, mais ne cherche pas à nous ressembler. Cherche à nous rassembler. C'est différent. Et donc, fait en sorte ne pas chercher simplement à... Oui, comment convaincre
quelqu'un de voter pour quelqu'un
qui dit qu'il n'est pas fait
pour ça ?
Non, il ne dit pas qu'il n'est pas fait pour le combat politique, il dit qu'il n'est pas fait pour le débat tel qu'il est organisé à 12, le brouhaha, le machin, où il faut être le plus féroce pour pouvoir se faire entendre. Ce n'est pas sa nature, c'est un garçon qui a des convictions, mais c'est aussi un garçon qui, visiblement, est plutôt plus poli que les autres et donc qui ne cherche pas à attraper par le callback les uns et les autres. Bon, c'est sa façon de réagir dans un débat, sans doute corrigera-t-il et sans doute avancera-t-il différemment. Moi, ce que je dis, c'est qu'il ne doit pas chercher... Enfin, la vie politique souffre d'avoir des gens qui sont tous interchangeables.
On a tellement de clones. Est-ce que quand... Bardella, formidable Bardella, 23 ans, on a l'impression qu'on en a 70. C'est pas un clone. C'est un clone. Mais Bardella, c'est le clone de Marine Le Pen. Il a 23 ans en l'occurrence, oui,
mais il ne vient pas du CERA, il n'est pas passé par l'ENA, par exemple. Je ne sais pas ce que vous imaginez comme étant le moule.
Il parle comme les autres, il a les mêmes éléments de langage, il a exactement la même façon... Enfin, franchement, est-ce que vous voulez que la vie politique ce soit uniquement des gens ?
Hier, c'était 12, la liste de jeudi soir, pardon, Manon Aubry. Enfin, en l'occurrence, c'est des profils très différents là-dedans. Manon Loiseau...
Ce qu'on ne comprend pas, c'est sur le fond... Pas Manon Loiseau.
Nathalie Loiseau.
Vous ne trouvez pas
qu'il y a un changement...
Nathalie Loiseau, vous ne trouvez pas que c'est un stéréotype de ce qu'est la vie politique depuis trop longtemps ? Attendez, c'est pas ça.
C'est ma histoire de savoir si on pense que c'est un stéréotype. Je me demande juste si vous ne vous inquiétez pas en vous disant et je vais lui prodiguer un certain nombre de conseils de manière à ce qu'il soit plus efficace. Si vous remplissez une immense salle et qu'il va à la tribune et qu'il ne sait pas très bien faire, ça sera peut-être un problème.
Écoutez, hier, il y a eu un meeting à Toulouse et j'ai vu des gens qui étaient effectivement, avant de l'entendre, peut-être dans le doute, qui sont venus me voir à la fin et qui m'ont dit ce choix est excellent, merci. Pourquoi ? Parce qu'ils ont pour une fois entendu quelqu'un qui parlait vrai, qui parlait avec ses tripes, qui parlait avec sa vision... Vous vous rendez compte de ce que vous dites
et que vous avez l'air de dire au fond, l'avant, on parlait faux. C'est ça qu'on ne comprend pas. C'est au fond... Qu'est-ce qu'il est ? Quel est l'apport qui ont aidé à la reconstruction du parti
qui ne sont pas partis ? Je ne dis pas que moi-même je ne parle pas vrai. Ah bah si, là vous êtes en train de nous dire enfin quelqu'un qui parle vrai. Ne vous ressemblez pas, etc. Vous jetez un peu l'opprobre sur vos amis socialistes. Je dis simplement que dans la langue politique, dans la façon où nous avons tous de nous exprimer, effectivement, nous avons tendance à trop nous ressembler. Et donc, quand vous avez quelqu'un qui détonne, eh bien ça étonne aussi. Mais simplement, moi je préfère les gens qui détonnent et qui étonnent plutôt que les gens qui finalement ne se font plus entendre.
Et donc, nous avons certainement besoin aussi de gens qui ont des profils différents et qui, ça ne veut pas dire que moi je n'ai pas de convictions, ça ne veut pas dire que moi je ne porte pas la même chose, mais je voulais aussi quelqu'un qui puisse porter ces convictions-là d'une autre façon, peut-être pour être mieux entendu. Est-ce qu'il l'est plus que moi ? Est-ce qu'il l'est moins que moi ? J'espère de toute façon faire campagne avec lui jusqu'à la fin et que vous m'entendrez autant que vous l'entendrez lui. Mais il faut des profils différents, il faut ouvrir, il faut s'ouvrir.
Moi je ne veux pas d'une vie politique formatée, verrouillée, je cherche au contraire à faire en sorte que cette vie politique elle puisse faire en sorte que tous les gens s'y retrouvent, qu'ils se disent ben oui effectivement il n'y a pas que des gens qui sont...
Et ceux qui ne s'y reconnaissent pas justement, quand vous entendez François Hollande, François Hollande lui-même qui se demande s'il va voter pour cette liste-là, est-ce que ce n'est pas un signe que vous avez mis en péril l'identité du Parti Socialiste ?
Écoutez, l'identité du Parti Socialiste elle est en péril non pas dans cette élection, elle est en péril depuis la défaite des législatives et des présidentielles. Donc toutes celles et ceux qui ont en fait peur de l'effacement doivent se poser la question non pas... Là vous parlez de François Hollande ? Je parle de toutes celles et ceux... Moi je parle de François Hollande. François Hollande en fait certainement partie. Mais moi aussi j'en fais partie. Je fais partie de ceux qui cherchent à faire en sorte que cette grande idée ne s'efface pas. Mais elle ne s'est pas effacée aujourd'hui cette semaine. Elle s'est effacée depuis des années.
Je vous rappelle que nous avons perdu les municipales, les européennes, les départementales, les régionales, les présidentielles, les législatives. Donc cette question-là elle n'est pas nouvelle. La question c'est comment est-ce qu'on y répond de façon nouvelle ? Comment est-ce qu'on fait pour qu'à un moment donné à nouveau les gens se disent oui il se passe quelque chose dans ce parti socialiste. Ils ont enfin compris quelque chose. Ils ont enfin ouvert. C'est pour ça que je vous ai dit que j'ai aussi fait l'inventaire. C'est pour ça aussi que j'ai voulu ouvrir cette liste.
C'est pour ça que j'ai voulu en fait que nous repartions y compris sur un projet européen qui soit un projet différent. François François Hollande
François Hollande il est un peu le gardien du temple. Il a l'air de dire on ne peut pas rebâtir en faisant table rase et en disant par exemple que la déchéance de la nationalité a été une trahison. Comment vous vous positionnez par rapport à lui ? Est-ce que vous lui dites écoutez sortez de la vie politique vous avez failli ? Comment vous vivez avec le poids de François Hollande sur vos épaules ?
Olivier Parc. Mais je ne vis avec aucun poids. Je vis avec l'idée qu'il y a des gens à gauche. Non non plus. Non non franchement pas. Ce n'est pas du tout ma conception. En fait pour tout vous dire moi je considère que la gauche elle n'appartient ni à Olivier Faure ni à François Hollande ni à qui que ce soit. Elle appartient à celles et ceux qui veulent se battre pour que le monde change. Je suis pour une gauche de transformation. Et donc dans ce combat là il y a des gens qui ont des pensées différentes qui ne sont pas toujours d'accord et si la gauche était tout le monde d'accord et bien ça se saurait aussi.
Depuis sa naissance depuis le début depuis Jules Gued et Jean Jaurès il y a des gens qui s'affrontent y compris dans la même formation politique qui n'ont pas toujours la même vision mais c'est cette vision enfin ce chemin dialectique qui a permis d'avancer.
Et moi ce que je cherche c'est à ce que le débat soit ouvert et je comprends qu'on puisse ne pas partager mes choix mais une fois que le choix est ouvert que la démocratie l'a emporté et que nous avons fait ses choix il faut que tout le monde s'y tienne et qu'on avance ensemble parce que c'est la cacophonie souvent à gauche qui détruit ce que peut être en fait l'image de cette gauche rassemblée qui est une belle image et qui est une image dynamique qui fait avancer. c'était celle d'hier à Toulouse elle était formidable cette image là.
Enfin hier il y avait quand même beaucoup d'accent pour une gauche rassemblée en l'occurrence pour ceux qui veulent se rassembler un groupe était rassemblé
pour ceux qui veulent se rassembler moi je ne peux pas demander enfin vous êtes formidable vous avez quand la gauche était miettée vous dites elle est miettée quand il y a des gens qui font l'effort de se rassembler vous dites c'est vrai mais quand vous avez des gens qui font l'effort de se rassembler ne dites pas au moins reconnaissez qu'il y a des gens qui font cet effort là et ne dites pas à chaque fois le bordel à gauche mais en même temps il y a aussi des gens qui font l'effort de le réduire ce bordel et qui font l'effort de se rassembler qui font l'effort d'avancer ensemble qui font l'effort de se rassembler avec des gens qui ne ressemblent pas forcément et bien ça c'est pour moi la meilleure façon de faire de la politique fédérée, rassemblée d'abord nous-mêmes puis ensuite les français et c'est comme ça qu'on avance Une question encore et on passe au grand débat
C'était sur le grand débat
Un certain nombre de têtes de liste se fixent un objectif on a entendu Jordan Bardella tout à l'heure dire c'était passer devant la liste en marche du côté des républicains on met 10-12 en considérant que c'est bien c'est quoi votre objectif vous sachant que le score à la présidentielle était autour de 6
6,3 précisément faire mieux
mais mieux c'est quoi tout le monde a le courage de dire à peu près un étiage si vous me dites
on était à 6 à la présidentielle à partir de 7 c'est mieux et donc moi après j'ai envie de vous dire il faut faire encore mieux je ne suis pas je ne vais pas limiter les casistes je ne vais pas dire que c'est 7, 8, 9, 10 je n'en sais rien
devant Yannick Jadot devant Jean-Luc Mélenchon est-ce que ça se passe en termes de podium de cette façon là ou c'est juste faire
j'espère qu'on ne parle pas en termes de podium mais moi j'aimerais que nous soyons parce que je pense que nous sommes ceux qui ouvrons la possibilité d'un rassemblement futur de la gauche je pense que cette liste là devrait être celle qui entraîne le plus à gauche maintenant on verra bien et c'est pas je ne veux pas fixer un objectif chiffré mais l'objectif c'est d'arriver à entraîner et que celles et ceux qui à gauche aujourd'hui ont envie de ce rassemblement viennent soutenir cette liste parce que c'est comme ça que le message pourrait être adressé de manière puissante pour les élections suivantes et pour que la gauche puisse enfin se retrouver Françoise
quel est le message essentiel que vous voulez porter dans cette campagne européenne
un message très simple nous avons aujourd'hui des gens qui sont à gauche mais qui ne sont pas pro-européens nous sommes à gauche et pro-européens parce que nous pensons que pour résoudre les grandes questions par exemple le climat on ne peut pas le faire dans un pays seul ensuite nous sommes pour marier définitivement le social et l'écologie pourquoi ?
parce que les premières victimes du réchauffement climatique de la pollution de la malbouffe ce sont les pays ce sont les régions ce sont les quartiers les plus défavorisés et que la meilleure façon d'interroger aujourd'hui le capitalisme le libéralisme le néolibéralisme et bien c'est de passer par la question écologique parce que c'est une façon de marquer des frontières de marquer des limites de dire ce que doit être effectivement un monde dans lequel nous puissions vivre encore ensemble parce que les défis ils sont immenses on en parle trop peu parce qu'on fait trop de politique politicienne dans nos émissions et vous et moi mais la réalité quelle est-elle ?
ça veut dire que nous avons aujourd'hui 10 ans 10 ans pour faire en sorte que l'irrévassible ne soit pas commis si ça n'est pas fait toutes ces petites questions vous vous rendez compte qu'aujourd'hui le président de la république refuse l'Aquarius Christophe Castaner ministre de l'intérieur nous explique que les ONG sont complices des passeurs la honte la honte pourquoi ?
parce que le grand défi il n'est pas là le défi c'est que de faire en sorte qu'il n'y ait pas de réchauffement climatique s'il y a un réchauffement climatique c'est pas 300 avec l'Aquarius qui vont arriver c'est des centaines de millions c'est un milliard de femmes et d'hommes qui vont fuir leur pays qui vont le fuir non pas parce qu'ils ont envie de venir chercher nos allocations mais simplement parce que chez eux on ne pourra plus boire on ne pourra plus manger parce qu'il y aura des guerres climatiques je ne suis pas en train de faire cassandre je suis en train de dire
ce que tout le monde sait et en tout cas vous faites une corrélation assez étrange c'est-à-dire en gros il faut lutter contre le réchauffement climatique parce que sinon il y a un milliard d'Africains qui vont débarquer en Europe
mais ça c'est la réalité
mais Alibadou c'est la réalité on n'est pas là pour débattre entre nous la question en l'occurrence de l'urgence climatique vous la liez directement à la question migratoire mais la question migratoire
est étroitement liée effectivement à la question climatique enfin tout le monde le sait et depuis longtemps je suis quand même eurasien je suis issu d'une famille qui est pour moitié une famille française de souche comme dirait Marine Le Pen et pour moitié j'ai une mère qui est vietnamienne et dans ma famille beaucoup se sont exilés pourquoi ? parce que vous pensez qu'ils n'étaient pas heureux dans leur pays d'origine ?
non ils l'ont fait parce que c'était la guerre ils l'ont fait parce qu'il y avait effectivement un risque pour leur vie et ils sont venus en France et aujourd'hui ils sont français mais ils ne l'ont pas fait de guetter de coeur ils l'ont fait au départ c'était un arrachement je ne sais pas s'il faut que je dise ça mais j'ai assisté il y a peu de temps à l'enterrement d'une de mes tantes un enterrement d'un exilé est-ce que ça c'est-à-dire un enterrement avec des gens qui sont avec 3, 4, 5 personnes de la famille exclusivement parce qu'on s'est coupé de ses racines parce qu'on n'a plus ces gens qu'on aimait etc c'est toujours une détresse et vous croyez que tous ces gens-là ils viennent simplement par plaisir est-ce que vous pensez que c'est Bardella qui a raison est-ce que vous pensez que c'est Marine Le Pen qui a raison moi ce que je vous dis c'est qu'effectivement si on ne veut pas que ces gens-là s'exilent et bien il faut les aider à rester là où ils sont et donc il faut se battre pour le climat et on a 10 ans pour ça et c'est maintenant qu'il faut le faire
et ça se passe au Parlement européen ça se passe au Parlement européen ça se passe en France aussi ça se passe partout Françoise Fresseuse
on va peut-être passer au grand débat
justement mais le temps de rappeler à nos auditeurs qu'Olivier Faure secrétaire premier secrétaire du parti socialiste est l'invité de questions politiques ce dimanche
France Inter Alibadou questions politiques
le grand débat national est donc terminé en tout cas dans sa première phase il devrait y avoir demain une restitution de ce grand débat national au Grand Palais à Paris en présence du premier ministre qu'en attendez-vous Olivier Faure ?
j'aimerais en attendre beaucoup je ne suis pas sûr de pouvoir le faire pour l'instant je vois que les annonces se suivent et se ressemblent en fait les français qui ont manifesté sur les ronds-points dans les rues et puis plus largement ceux qui ont soutenu le mouvement des gilets jaunes dans l'opinion publique et bien l'ont fait parce qu'ils souhaitaient un changement de cap et je vois que c'est tout l'inverse qui se profile ce n'est pas un changement de cap c'est un approfondissement du cap initial sur la réforme des retraites sur l'assurance chômage sur y compris la taxe d'habitation parce que je ne sais pas si les gens se rendent compte mais on a une taxe d'habitation qui est donc promise ils ont promis de la supprimer pour 80% des français maintenant c'est 100% ça veut dire quoi ?
ça veut dire que en fait sous l'apparence d'un cadeau fiscal fait à l'ensemble des français on va faire un énorme cadeau fiscal à celui qui vit dans son penthouse dans son loft à Paris et qui payait une très grosse taxabilitation en revanche pour bien me faire comprendre les 80 premiers pourcents ça coûte 10 milliards à l'état 10 milliards de recettes en moins vous faites les 20% suivants ça coûte 12 milliards à l'état et donc ça veut dire que vous allez donner en réalité plus à ceux qui ont beaucoup qu'à ceux qui ne la payent déjà pas et donc par définition ne voient rien venir et après donc effectivement et surtout vous allez avoir un manque à gagner pour l'état de 22 milliards qui va se traduire par moins de transition écologique qui va se traduire par moins de services publics et ça qui n'en bénéficiera pas ce sont tous les autres moi j'aurais préféré franchement que ces 22 milliards on les mette dans la transition écologique pourquoi ?
parce que la transition écologique ça sert aussi à faire baisser la facture et à gagner du pouvoir d'achat comment ?
tout simplement quand vous avez aujourd'hui des passoires énergétiques si vous mettez aux environs de 20 000 euros par logement c'est beaucoup 20 000 euros vous savez très bien que les plus pauvres ne pourront jamais le faire mais si on est là pour subventionner pour faire des prêts à taux zéro qui sont remboursés par les économies vous avez en réalité la possibilité de faire en sorte que la facture diminue de 50-60% par an et ces 800 euros qui reviennent dans la poche de ces familles-là c'est en réalité bien plus que ce qu'elles recevront avec la fin de la taxe d'habitation et donc il y a d'autres façons de procéder qui ne sont pas celles du gouvernement et donc on a des études très classiques et en réalité qui sont assez électoralistes
est-ce qu'à un moment donné on a le choix parce qu'en réalité la taxe d'habitation chaque citoyen est censé être taxé de la même manière l'égalité devant l'impôt des citoyens peut-être qu'à un moment donné on n'a pas le choix sur cette taxe d'habitation
dans ces cas-là il faut passer par le chemin que je viens d'indiquer c'est-à-dire qu'on ne fait pas comme ça on fait en sorte qu'on utilise ces 20 milliards différemment et vous savez très bien
que ça sera compensé et que ce n'est pas simplement des dépenses qui vont être faites comme ça on parle également d'une modification de l'IFI l'impôt sur la fortune immobilière et d'un certain nombre de modifications de rajout de tranches supplémentaires donc vous savez très bien que ce n'est pas simplement un cadeau aux riches supplémentaires ou alors vous faites semblant
de le croire Nathalie Saint-Cric je ne fais semblant de rien j'aimerais vraiment tellement vous croire mais je ne sais pas particulièrement mais par exemple la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu mais vous savez combien elle rapporterait ? 500 millions donc on vient de faire un cadeau de 5 milliards aux grandes fortunes et on dit mais non mais attendez on revient sur notre position initiale on va leur reprendre 500 millions écoutez je cherche à compter je cherche à voir comment ça peut marcher je vois que ça ne marche pas je vois que sur le CICE ils ont cherché à le doubler dans l'année en 2019 20 milliards de plus
ça c'est un peu votre politique quand même non pas du tout
non pas du tout le CICE non comment ? c'est pas parce qu'on a fait le CICE c'est vous qui l'avez fait quand même
on est d'accord
mais je le revendique même c'est pas ça la question la question c'est est-ce que vous en faites un crédit d'impôt comme c'est le cas aujourd'hui et moi je souhaiterais y compris qu'il soit conditionné à une négociation annuelle entreprise par entreprise pour faire en sorte qu'on ait non pas du prêt-à-porter mais du sur-mesure et qu'il y ait aussi une marge de négociation entreprise par entreprise ça c'est ce que je pense mais ce que eux sont en train de faire c'est qu'ils sont en train de doubler dans l'année 2019 le montant du CICE sans aucune contrepartie sans rien et donc finalement c'est de l'argent qu'on dissémine et pendant ce temps-là on ponctionne les retraités on fait la CSG sur les retraites on fait aussi la désactexation des retraites alors qu'on sait que très bien que les gens qui vivent ça va être attrapé
vous le savez enfin vous avez fait comprendre mais pour partie seulement
vous savez qu'ils vont le faire jusqu'à 2000 euros et que c'est jusqu'à 3 et que le prix moyen d'un NEPAD en Ile-de-France c'est 3000 euros donc comment est-ce que vous faites pour compenser ce manque à gagner c'est quand même des trucs qui sont enfin c'est il faut juste être hors sol pour ne pas comprendre qu'aujourd'hui il y a des gens qui souffrent et qu'il y a des gens qui ne comprennent pas la politique qui est menée parce que moi je ne suis pas tout n'est pas critiquable mais les choix qui sont faits sont quand même des choix qui vont toujours dans le même sens c'est-à-dire que quand vous donnez un peu à quelques-uns quand vous faites un plan pauvreté de 8 milliards pendant ce temps-là vous faites un plan riche à 25 c'est ça qui n'est pas compris et c'est pour ça que tout le monde se révolte et même quand vous faites ce plan pauvreté de 8 milliards pendant le même moment vous supprimez le même montant sur les APL 8 milliards et donc les gens se disent finalement c'est les pauvres qui financent les pauvres et pendant ce temps-là c'est les castroniennes qui financent les riches et donc ça devient insupportable et c'est ça qui crée le fait que nous ayons des gilets jaunes les gilets jaunes on n'est pas le seul pays où il y a une crise on n'est pas le seul pays où ça va mal mais on est le seul pays en Europe où il y a des gilets jaunes posez-vous la question pourquoi ?
Françoise Fresseuse
Alors l'autre question c'est le choix du gouvernement c'est effectivement de dire il y a trop d'impôts on va les baisser pour tout le monde est-ce que c'est pas aussi une remise en cause du fait que vous avez trop augmenté les impôts vous-même sous le précédent quinquennat on voit qu'il y a une sorte de résistance en France à l'impôt est-ce que ça vous pose pas un problème en tant que social-démocrate souvenez-vous quand Jean-Marc Ayrault avait proposé à François Hollande la grande réforme fiscale François Hollande a dit non les français sont en allergie fiscale notamment parce que les impôts avaient énormément augmenté est-ce que ça ça vous pose un problème en tant que social-démocrate et est-ce que vous dites qu'il y a peut-être une autre façon de viser plus d'égalité ?
Olivier Faure Ce que j'entends à chaque fois dans ma propre circonscription et au moment de ce qu'on a appelé le ras-le-bol fiscal j'ai été interpellé très souvent par mes concitoyens et ce qu'il me disait c'est que ce qui leur paraissait insupportable c'est d'avoir toujours le sentiment d'être l'idiot du village en fait d'être celui qui paye quand celui d'à côté ne paye pas celui qui a moins ou celui qui a plus et d'être finalement le seul contributeur et y compris il y a beaucoup de gens qui votent pour l'extrême droite dans ma circonscription et donc qui venaient me dire mais nous en fait monsieur le député vous aime bien mais comprenez que le matin on se lève on bosse c'est dur on paye des impôts mais à la fin on n'a pas de retour parce que le service public il nous a abandonné parce qu'il n'y a plus d'école parce qu'il n'y a plus d'hôpital parce qu'il n'y a plus de culture parce qu'il n'y a plus donc je leur dis bah alors oui vous avez raison mais votre combat celui que vous devez mener avec moi c'est pas celui contre celui que vous appelez l'assister votre combat c'est pas de dire qu'il faut plus d'impôts votre combat ça doit être de dire que vous devez avoir le retour votre money back et donc battez-vous avec moi pour que vous ayez le retour sur investissement que quand vous payez des impôts effectivement vous avez le service public qui correspond parce que vous pouvez faire un choix différent on peut dire on paye plus d'impôts mais faites la comparaison avec ce pays magnifique qu'est les Etats-Unis on paye alors là c'est sûr moins d'impôts moins de cotisation moins de tout mais quand vous faites non pas la comparaison entre ce qu'on paye en termes fiscales ou social mais entre ce que vous devez payer de manière générale pour vous assurer parce que quand vous tombez malade quand vous n'avez pas d'assurance c'est la carte bleue quand vous allez à l'hôpital ou à la clinique et donc comment vous faites pour vous soigner attendez j'ai les gilets jaunes il n'y a pas eu de ras-le-bol fiscal vous êtes en train de répondre
à François simplement parce que les gens trouvent qu'il n'y a pas suffisamment de service public pour l'argent qu'ils donnent vous considérez alors que c'est un peu le contraire ce qu'on a vu quand même de la restitution qu'il n'y a pas une espèce d'allergie fiscale d'allergie française à la hausse permanente des impôts qui se serait manifestée chez les gilets jaunes
Olivier Faure mais ce que j'entends d'abord je veux quand même finir de répondre à François Sressos en lui disant qu'aux Etats-Unis quand vous faites l'addition et bien quand vous vous assurez quand vous dépayez l'école quand vous dépayez etc finalement ça vous revient plus cher que quand ces services sont mutualisés et qu'ils sont donc assurés par l'Etat et par les services publics pour répondre à votre question sur ce que disent les gilets jaunes moi il me semble que les gilets jaunes ont beaucoup parlé de justice fiscale et qu'ils parlent beaucoup de cette nécessité de faire en sorte que ceux qui ont plus payent plus et que ceux qui ont moins reçoivent davantage en fonction de ce que sont leurs besoins non pas pour en faire des assistés mais simplement parce que il y a des gens qui doivent avoir simplement la possibilité de vivre ce fameux pouvoir de vivre dont parlent Nicolas Hulot Laurent Berger et ces 19 organisations qui se sont rassemblées pour présenter ensemble un plan
et que vous soutenez
et un plan que je soutiens parce que pour une large part ils recoupent ce que nous portons déjà et puis parce qu'ils sont aussi innovants et donc moi je souhaite que ce débat là puisse être mis jusqu'au bout sur la table et c'est la raison pour laquelle de ce grand débat et pour revenir à ce que disait Ali Badou moi je souhaiterais que demain le Premier ministre enfin oui demain le Premier ministre nous dise qu'il va réunir une grande conférence sociale que tous les grands acteurs dans la société française vont être rassemblés les territoires avec leurs élus les ONG les associations et les syndicats mais c'est pas déjà
ce qui a été fait pendant le grand débat national
mais non c'est pas le cas pour l'instant jusqu'ici franchement ça a été une fin de non recevoir or comment peut-on assumer le changement dans un pays comment est-ce que vous pouvez transformer une société vous pouvez penser que Jupiter a tous les pouvoirs Emmanuel Macron s'est promis dans le territoire
il a rencontré les maires il a rencontré les élus il a rencontré les citoyens
mais moi aussi je rencontre les gens c'est pas pour autant que je transforme la vie pour pouvoir transformer une société il faut pouvoir abattir des compromis durables avec des forces c'est ce qui a été tenté
le précédent quinquennat et admettez que ça n'a pas été très réussi
mais pas toujours ça l'a été pour une part pas toujours suffisamment et je pense que nous pouvons faire mieux et davantage et qu'il y a effectivement un dialogue permanent qu'il faut avoir et puis ensuite arriver à bâtir des compromis et ensuite se battre ensemble pour les faire entrer dans la réalité parce que souvent ce dont on souffre c'est que une fois que la loi est votée on considère que le boulot est fait alors que le boulot ne fait que commencer et c'est peut-être ce qu'il faut que nous changions nous-mêmes c'est que nous soyons capables de ne pas être simplement dans l'incantation mais davantage dans le suivi dans l'évolution si j'avais été si on me donnait le pouvoir aujourd'hui je dirais que même dans un gouvernement il faut qu'il y en ait la moitié qui soit là pour suivre les débats parlementaires avancer, innover et l'autre moitié devrait être simplement pour le suivi de l'application aller sur le terrain chaque jour pour en sorte que ça bouge que ça avance parce qu'autrement on est forcément dans une parole qui finit par se perdre et qui devient une langue morte ce propos là
les projets de réforme de la fonction publique notamment aussi une modification du transfert des énarques dans les grands corps en considérant qu'il faut qu'ils aillent sur le terrain c'est quelque chose qui va dans le bon sens ce qui est proposé par Emmanuel Macron
Olivier Faure que les énarques aillent sur le terrain d'abord c'est déjà le cas mais ça ça va dans le bon sens
la chaîne de commandement de la décision et de l'application vous pensez que là aussi il faut secouer le système et que ça va dans le bon sens
il y a des choses qu'il faut secouer effectivement il faut une fonction publique qui soit plus performante au sens non pas
et au service des gens
et au service des gens au sens effectivement c'est ce que je voulais dire au sens du service rendu au public et donc de ce point de vue parce que c'est l'outil de la cohésion sociale de la redistribution et bien il faut effectivement qu'il soit chaque jour qui se pose des questions et que chaque jour on fasse mieux et davantage maintenant dans la réforme qui est proposée et qui est en train de soulever des oppositions y compris de tous les réformistes c'est parce qu'on ne sent pas l'esprit du service public précisément et qu'on a l'impression que la conversion que veut opérer Emmanuel Macron de toute force c'est de convertir le service public les fonctionnaires à une forme de management qui est un management tiré de ce qui se fait dans le privé et je veux en finir avec l'exception de ce qu'est la fonction publique et qui est une longue histoire de la république depuis la révolution française en passant par l'après-guerre et qui est l'histoire de salariés qui sont au service de l'état au service d'une idée au service d'une conception de ce qu'est le service public et donc c'est avec ça que moi je ne veux pas que nous payons le fil de notre histoire et que nous restions
c'est aussi le socle de votre électorat et pour le coup qui s'est largement détourné de vous Olivier Faure
pourquoi est-ce que
vous voulez toujours tout résumer à des questions
purement électorales et à de la politique politicienne c'est vrai que vous n'y pensez jamais en l'occurrence mais je ne dis pas que je n'y pense jamais mais bien sûr je suis le dirigeant d'une formation politique et donc ça m'arrive de penser vous aimeriez bien
que les gens votent pour vous
je préfère
vous aimeriez que ce parti le parti socialiste qui était le parti des ouvriers des classes populaires et des fonctionnaires le redevienne bien sûr
il faut donc les convaincre et les convaincre tout ça vous avez raison mais ne pensez pas non plus que ce que je vous dis aujourd'hui est simplement lié à chaque fois un calcul on peut avoir aussi dans la vie politique des convictions et c'est ce que j'essaie de porter et de démontrer Françoise
quelques questions d'actualité est-ce que vous seriez partisan de supprimer un ou plusieurs jours fériés pour financer la dépendance
je ne peux dans la vie publique il ne faut jamais exclure a priori telle ou telle solution elles sont en débat mais il faut avant d'arriver à cette solution voir comment est-ce qu'on peut le financer différemment on a la possibilité de le faire par exemple par la CRDS aujourd'hui puisqu'il va venir à terme donc ça peut être une des solutions est-ce que on n'a pas un problème quand on dit qu'il faut un jour de travail supplémentaire moi je pense qu'il y a un problème c'est qu'on est en train de dire que c'est finalement le travail et les travailleurs seuls qui vont financer la dépendance alors que le capital n'est pas appelé à fournir le moindre effort est-ce que ça ne pose pas une question est-ce que c'est toujours les salariés qui doivent être les seuls à payer la facture donc la réponse est donc la réponse est moi je veux bien qu'on imagine un certain nombre de choses mais je veux que ce soit une contribution qui soit une contribution équitable ça ne peut pas être toujours uniquement le salarié jamais jamais l'entrepreneur jamais l'actionnaire jamais celui qui vide sa rente enfin il y a quand même un moment où il faut que pour assurer la cohésion dans un pays qui est un pays qui malheureusement se fragmente davantage chaque jour et bien il faut retrouver de l'unité il faut retrouver du sens collectif et pour ça et bien il faut aussi des mesures qui appellent chacun à la solidarité moi je ne suis pas contre la solidarité je sais bien qu'il faut passer par des moments où il faut se poser des questions et arriver à trouver des financements mais je souhaite des financements qui soient des financements solidaires et pas toujours les mêmes qui payent Il reste une minute Laurence Perron
Juste une question vous n'avez pas parlé de l'ISF et pourtant vous avez lancé sur votre site un référendum d'initiative partagée on essaye de convaincre des parlementaires ça en est où cette histoire ?
Il en manque aujourd'hui une vingtaine donc si nous avons ces 20 parlementaires supplémentaires et si chacun s'accordait et mettait en acte ces paroles nous les trouverions pour l'instant
Ce ne doit pas être difficile à convaincre aujourd'hui on a des moyens quand même sur internet vous pouvez les troller etc. C'est facile les 24 parlementaires
Je ne suis pas vraiment un troll mais je retiens la leçon et donc on va essayer de les troller et de trouver ces 20 supplémentaires parce que je souhaite un ISF vert je souhaite qu'on fasse en sorte que justement puisque maintenant les gens se demandent toujours à quoi sert l'argent qu'on collecte et je souhaite que plutôt que de faire comme l'avait fait Emmanuel Macron d'augmenter de manière drastique la taxe carbone et de faire payer par tout le monde la transition écologique et bien je souhaite que les premiers contributeurs soient les grandes fortunes de ce pays et donc que l'argent récolté serve par exemple à financer la transition et à financer les passoires énergétiques faire en sorte que Martine Aubry-Anne Hidalgo
excuse moi c'est fini elles sont derrière vous complètement ?
Ah oui absolument C'est très clair C'est très clair
Merci Olivier Port d'avoir été notre invité L'émission se termine Bon dimanche Merci Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique de Questions Politiques Rendez-vous la semaine prochaine
Olivier Faure