Nicolas Dupont-Aignan invité de LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, bienvenue. Vous comptez rester jusqu'au bout de cette interview ?
- 0:15OuverteRéponse partielle
Bernard Tapie est parti ce matin. Il a quitté le studio d'Europe 1 quand je lui ai parlé des accusations qu'il doit faire face ces derniers jours. On regarde la séquence, on en parle ensemble.
- 0:25OuverteÉludée
Bernard Tapie, il y a une semaine du procès, Marc Fratani, l'un de vos proches pendant vos années OM, affirme que vous avez notamment acheté un arbitre il y a 10 ans.
- 0:45OuverteÉludée
Ce même Fratani, il avait pourtant publié un livre dans lequel il affirmait il y a 10 ans.
- 1:10ComplaisanteRéponse partielle
Vous saviez très bien qu'on parlerait de ça.
- 2:25OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas pu parler de votre programme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07Invité politiqueFait
« Oui, pourquoi partirais-je ? »
- 0:40InvitéFait
« Ah ben, ça va de soi, s'il a acheté un arbitre, ça aurait été à votre demande. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Au nom des millions de Français, qui ne supportent plus cette loi du plus fort, cette confiscation de la démocratie, j'ai le devoir aujourd'hui de quitter votre plateau. »
- 2:36Invité politiqueChiffre
« les résultats ont montré que j'ai fait le même score que le cinquième candidat qui était M. Hamon. »
- 5:28Invité politiqueFait
« Je suis interdit d'un journal parce que j'ai voté au second tour pour Mme Le Pen. »
- 5:49Invité politiqueChiffre
« J'ai un million de vues. »
- 10:22Invité politiqueFait
« réindexation des pensions de retraite sur l'inflation »
- 10:32Invité politiqueFait
« Ça coûte cher de respecter un contrat »
- 10:43Invité politiqueFait
« comment Macron a acheté littéralement sa présidence. »
- 10:51Invité politiqueChiffre
« la suppression de l'ISF qui a rapporté la dernière année 4 milliards 3 »
- 11:04Invité politiqueChiffre
« nous sommes les seuls à avoir proposé des économies, pour lutter contre les gaspillages, 32 milliards »
- 17:28Invité politiqueFait
« Est-ce que vous trouvez normal que le responsable des participations de l'État a été entusé à Banque d'Amérique ? »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan65 %
- Présentateur13 %
- ?10 %
- Invité5 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
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Nicolas Dupont-Aignan, bienvenue. Vous
comptez rester
jusqu'au bout de
cette interview ? Oui, pourquoi
partirais-je ?
Bernard Tapie, figurez-vous, est parti ce matin. Il a quitté le studio d'Europe 1 quand je lui ai parlé des accusations qu'il doit faire face ces derniers jours. Celle de Fratani, son ancien proche des années OM, qui l'accuse notamment de lui avoir fait acheter un arbitre. On regarde la séquence, on en parle ensemble, juste après. Bernard Tapie, il
y a
une semaine du procès, Marc Fratani, l'un de vos proches pendant vos années OM, affirme que vous avez notamment acheté un arbitre il y a 10
ans. Non, non, il dit
qu'il l
'a
acheté lui.
Alors, il n'a pas dit, n
'en rajoutez pas, il a dit qu'il avait acheté un arbitre.
A votre
demande ?
Ah ben, ça va de soi, s'il a acheté un arbitre, ça aurait été à votre demande.
Ce même Fratani, il avait pourtant publié un livre
dans lequel il affirmait il y a 10 ans.
Si on passe la matinée pour parler de ce que Fratani a dit, je me lève et je vous laisse toute seule. On est d'accord ? Je ne vous répondrai pas. Et
vous ne serez
pas la première.
Non, mais vous avez... Allez, au revoir
madame. Mais non, mais Bernard Tapie, Bernard
Tapie,
mais non,
vous savez, Bernard Tapie, c'est ridicule, franchement. Vous saviez très bien qu'on parlerait de ça. Non, un commentaire
? Écoutez, il y
a
des questions qui gênent. Moi, je n'étais pas parti à TF1 à cause de vous.
Ah oui, alors tenez, tenez,
parce que vous aussi,
vous m'aviez fait le
coup à TF1.
On va expliquer à nos téléprédaques, donc
décidément, je suis maudite,
je crois. Je n'étais pas parti à cause de vos questions. Vous m
'aviez laissé au bout de deux questions et c'était lors
du coup d'internet
de TF1, on regarde. C'était pendant la campagne présidentielle 2017.
Au
nom des millions de Français, qui ne supportent plus cette loi du plus fort,
cette
confiscation de la démocratie, j'ai le devoir aujourd'hui de quitter votre plateau. Et je souhaite que ce geste, vous savez qu'il me coûte, il me coûte
ce geste. Eh bien, je souhaite que ce geste
réveille les Français sur la République, sur l'égalité. Et je souhaite que par mon geste, votre chaîne renoue un jour avec la démocratie. Je vous remercie.
Donc on ne
parle pas de votre programme. Je vous souhaite une bonne soirée.
Merci, madame.
Écoutez, je regrette votre choix. Merci
d'être passée. J'y suis obligé.
Bon, vous m'aviez laissée aussi.
Oui, mais ce n'était pas vous qui étiez en cause. Et je vais vous dire, quand je suis arrivé et que
j'ai
vu que c'était vous qui allait m'interviewer, j'étais très triste parce que je me disais, c'est une journaliste impartiale, pas comme d'autres. Et ça va tomber sur elle, c'est quand même pas de chance.
Vous ne
regrettez pas ? Pas
du tout un instant. Vous n'avez pas pu parler de
votre programme ? Pas du tout
un instant. Oui, j'avais préparé une longue interview sur votre programme à l'époque.
Il y avait une injustice incroyable avec un débat qui a été organisé à cinq candidats.
Avec les principaux
candidats.
Oui,
les résultats ont montré que j'ai fait le même score que le cinquième candidat qui était M. Hamon. Et c'était profondément injuste. D'ailleurs, et heureusement, et ça a été la vidéo la plus vue de la présidentielle,
puisqu'elle a été
vue sur plus de 20 millions ou 30 millions
d'exempleurs sur Internet.
Justement, Nicolas Dupoignan, ces départs
font
le buzz. Est-ce que ces départs sont prémédités
? Moi,
je l'avais prémédité parce que j'étais révolté que l'on m'invite sur votre chaîne, alors que trois jours après, il y avait un débat. Et rien ne militait pour qu
'on
m'exclu de ce
débat. Mais vous aviez un programme.
Vous
aviez un
programme. Je voulais vous inviter, vous interroger sur votre programme.
Oui, mais
c'était un alibi. On m'excluait. Mais
ce n'était pas de votre fait. Mais vous le savez très bien. Mais on m'avait
invité trois minutes parce qu
'on
ne m'invitait pas pendant deux heures avec les cinq autres candidats. Alors
que tout militait pour
qu
'on
nous invite à six.
Le score, l
'équilibre politique, etc.
Vous parlez de millions de vues sur Internet. C'est
-à
-dire que les hommes politiques qui dénoncent le système, qui dénoncent les journalistes, préparent aussi ces coups-là.
Ça dépend desquels. Il y a beaucoup de coups qui sont sincères et qui sont sur le fait. Mais là, il y avait une telle injustice à choisir cinq candidats à la présidentielle arbitrairement. Et vous n'étiez pas en cause. Qu'il fallait réagir. Parce que je pense qu'il
y a
un moment où... D'ailleurs, si aujourd'hui... Il faut quand même se poser la question. Si aujourd'hui, les chaînes de télévision ont besoin d'être protégées sur le terrain par des gardes du corps.
Il
faut quand même s'interroger.
J'ai
fait un débat dans l'Aisne. J'ai fait un débat dans l'Aisne. C'était samedi.
Et il
faut voir la haine.
La
haine de la population française. Et pas des violents. Pour certaines chaînes de télévision. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on doit s'interroger. Elle est sans doute excessive. Mais elle a aussi une part de vérité. Beaucoup de Français ne se sentent plus représentés par ce qu'ils voient à la télévision.
Il faut peut-être qu'on
s'interroge. Nicolas Dupont-Aignan.
On
fasse un examen de conscience. Nicolas
Dupont-Aignan.
Que vous fassiez un
examen de conscience.
Est-ce que ce n
'est
pas aussi l'occasion de gens comme vous... Quand on ne peut pas se faire remarquer par sa présence, on se fait remarquer par son absence. Lorsque vous avez rencontré Édouard Philippe aussi, vous étiez allé avec votre portable pour faire un Facebook Live. On vous l'a refusé. Là aussi, il y
a
eu un coup de buzz. Est-ce que ce n
'est
pas l'occasion aussi pour vous de montrer votre propre vérité ? Peut-être.
Peut-être. Mais
face à un système très
injuste qui est ségrégationniste quelque part, il y a un moment où on est bien obligé de trouver des moyens. Sans prétention, je ne le prends pas pour le général de Gaulle. Le général de Gaulle s'est exprimé à la radio quand il ne pouvait plus s'exprimer dans le pays. Je vais dire que chacun, à sa manière, essaye de s'exprimer pour défendre ses convictions.
Ce
qui est nouveau, c'est qu'aujourd'hui, on peut s'exprimer en dehors des plateaux de télévision. Je disais à un rédacteur en chef, je suis interdit d'un journal
en
France. Je suis interdit d'un journal parce que j'ai voté au second tour pour Mme Le Pen. Et je disais au rédacteur en chef qui m'interdisait, ce journal, je lui disais, bon, ça m'a fait de la peine au début. Ça m'a frustré, j'ai envie qu'il y
ait
égalité dans ce journal. Et puis finalement, aujourd'hui, je fais une vidéo sur n'importe où avec mon iPhone. J'ai un million de vues.
Et
dans son journal, j'aurais combien
de lecteurs ? Donc vous êtes un peu sur les gilets jaunes
qui veulent un peu bypasser les médias traditionnels pour s'adresser directement via
les réseaux sociaux.
Mais
si on a envie de passer les médias traditionnels, parfois, pas tout le temps. Parce que moi, vous savez, je serais ravi de participer aux médias traditionnels aussi. C'est parce que
trop
souvent, les médias traditionnels ont une partialité.
Je vais vous
donner un exemple. J'étais face à La Voix du Nord, qui est un journal de qualité. Et vous connaissez le journaliste de La Voix du Nord. Et on discutait au Salon de
l
'agriculture. Et il me dit, je ne comprends pas pourquoi les gilets jaunes sont très agressifs avec nous, etc. Je lui dis, mais souvenez-vous,
le
journal La Voix du Nord a pris partie aux élections régionales dans le Nord.
Il
a pris partie au second tour pour un candidat contre un autre.
Et
ne vous étonnez pas alors, si votre journal prend partie aux élections, que la moitié qui n'était pas en faveur de ce choix vous critique. Je crois qu
'il
faut réconcilier. Moi, je ne
suis
pas là pour attaquer les journalistes. Je ne l'ai jamais fait. Je dis simplement qu'il
y
a certains éditorialistes, certains journalistes qui déconsidèrent le métier, comme il
y
a certains politiques qui déconsidèrent le métier, si je puis dire. Voilà. Et il faudrait quand même qu'on arrive à réconcilier les Français avec leur presse, parce que s
'il n'y a pas de presse indépendante... Mais
on peut poser
des questions. Oui,
mais bien
évidemment. Sans
que les politiques partent
autant. Mais bien évidemment.
Et moi, je ne
suis
pas parti parce que vous m'aviez posé une question dérangeante. Je n
'ai
pas peur
de vos questions. Mais ça ne nous rassurera pas.
Donc, vous ne soutenez pas, vous désolidarisez quelque part de l'attitude de Bernard Tapie
?
Complètement. On voit bien pourquoi Bernard Tapie part. Parce qu'il y a une question gênante. Mais ça, c'est l'honneur d'un journaliste.
Ce
n
'est
pas la même chose.
Et
suite de notre émission, avec notre invité Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être à nos côtés. Vous publiez aux éditions de Rocher, ça sortira mercredi, Résistance, comment en finir avec ce système et rendre le pouvoir aux Français ? Parlons-en justement à travers les Européennes, rendre le pouvoir aux Français. Ce week-end, je vous avais dit à demi-mot, alors j'aimerais vous entendre précisément là-dessus, qu'il était temps que les manifestations de gilets jaunes s'arrêtent. Je précise que vous soutenez les gilets jaunes depuis le début du mouvement, que vous dites les comprendre. Il est temps pour vous, clairement, que les manifestations s'arrêtent
? Mais il est temps qu'il y
ait
des solutions. Je pense que même les gilets jaunes en ont assez de manifester. Et qu'il est malsain de laisser pourrir cette crise. Et ce que je reproche à Emmanuel Macron, il a inventé le grand débat pour faire diversion. Mais maintenant, il va être au pied du mur. Qu'est-ce qu'il propose ? Et nous, à Debout la France, on a fait des propositions, des solutions techniques, précises, démocratiques. Mais concernant
les
manifestations, qu'est-ce que vous dites aujourd'hui ?
Mais les manifestations, elles sont le résultat d'un pourrissement voulu par le président de la République.
Mais
est-ce qu'elles doivent s'arrêter ?
Je peux dire que je voudrais qu'elles s'arrêtent. Elles ne
s
'arrêteront pas s'il
n
'y
a
pas des solutions à la misère sociale, à la crise profonde du pays. J'étais dans l'Aisne, c'était très intéressant, samedi. Les cinq usines autour du...
dans
la région où j'étais ont fermé. Les cinq usines. Les emplois d'insertion qui avaient été mis en place pour pallier ont été supprimés par Emmanuel Macron. Les fermes
agricoles ferment. Mais vous ne répondez pas à la question.
La question,
c
'est est-ce qu'aller tous les samedis, de moins en moins nombreux, à Paris, sur les Champs-Elysées, avec des risques de violence, est-ce que c'est utile ?
Ce que je
vais vous dire, on parle des Champs-Elysées, c'est que sur tous les ronds-points de France,
il
y a des gens qui
n'en peuvent plus. Oui, mais les Français,
les millions de Français n'en peuvent plus de cette politique. Et la question qui se pose, ce n
'est
pas de dire « je veux que la fièvre descende
», c
'est « est-ce qu'on prend les mesures qui s'imposent pour
traiter à la racine ?
» Pourquoi vous ne voulez pas répondre à cette question simple
? Est-ce que
vous continuez de soutenir les gens
qui vont soutenir tous les samedis,
tous les gens qui vont soutenir tous les samedis, avec des
manifestations ? Je soutiens
le mouvement des Gilets jaunes dans son essence pour corriger le tir d'une politique qui casse la France. Mais pas les manifestations, donc ? Mais certaines manifestations pacifiques, je les soutiens. Quand il y
a
des Gilets jaunes sur des ronds-points paisibles, et j'en ai vu dans l'Aisne, j'en ai vu en Provence, qui sont des retraités, des artisans, des ouvriers, des cadres parfois, qui sont là paisiblement, je les soutiens. En revanche, je n'ai jamais soutenu, et je ne soutiens pas, des manifestations violentes. Simplement, je dis que tout a été fait par le gouvernement pour laisser les casseurs rentrer dans les manifestations, pour déconsidérer un mouvement populaire sincère, et ça ne sert à rien de faire ça, parce que le problème pourrit, et je dis que c'est la responsabilité du Président de la République maintenant, de prendre des décisions. Et
soulignez
-vous,
en
68, le général de Gaulle et Georges Pompidou n
'ont
pas attendu 6 mois. Au bout d'un mois, il y
a
eu un grenelle social. Donc, réindexation des pensions de retraite sur l'inflation, quand
?
Il
y avait l'argent dans les caisses à l'époque, il
y
en a
un peu moins maintenant. Excusez
-moi, la
réindexation des pensions de retraite, ce n
'est
pas une question d'argent, c'est le respect d'un contrat. Ça coûte cher. Ça coûte cher de respecter un contrat,
avec
tous les retraités de France,
quand
on donne 5 milliards à une infime minorité de soutien politique qui ont fait votre élection.
Ce
que j'explique dans mon livre, comment Macron a acheté littéralement sa présidence.
Vous parlez de la suppression de l'ISF qui a rapporté la dernière année 4 milliards 3. Et
c'est tellement facile de faire vivre dans la misère des retraités français, quand on donne 5 milliards à ses copains qui ont financé sa campagne, parce que c'est ça la réalité. Donc, deuxièmement, j'ai proposé à Debout la France, nous sommes les seuls à avoir proposé des économies, pour lutter contre les gaspillages, 32 milliards, et on l'a écrit, et on a fait un tract, 32 milliards d'économies qu'on redistribue sur les bas salaires, sur les retraités pauvres, sur tous ceux qui ne peuvent plus vivre de leur travail. Et si on ne comprend pas qu'il
y a
une crise de dignité, de confiscation de la démocratie, et que demain matin au mois de mai, s'il
n
'y a pas de réponse forte du gouvernement, la crise des gilets jaunes peut repartir avec des millions de gens dans la rue.
Nicolas
? Voilà ce que je voudrais, c'est qu
'on
traite les problèmes.
Nicolas Doména.
Si l'on accepte Marine Le Pen, ça n
'a
pas l'air de bénéficier à tous ceux qui courent après le mouvement, ou en tout cas veulent se confondre, ou le soutiennent à fond, comme Jean-Luc Mélenchon qui perd des points, vous-même qui espériez à un moment, au fond, bénéficier d'une forme d'aspiration, vous êtes en train de baisser.
Je
veux dire, porter, quand on est au fond un membre de l'élite, porter un gilet jaune, c'est un peu comme un... ça vous va un peu comme un tablier à une vache finalement, parce que vous êtes quelqu'un, vous êtes un énarque, vous êtes un élu d'une certaine partie de la France, vous ne représentez pas...
Eh bien, si vous étiez venu, cher Nicolas Doménac, dans l'Aisne, vous verriez qu'au contraire, il y a beaucoup de gilets jaunes qui nous soutiennent, parce qu'ils aiment leur pays. Et moi, j'ai toujours pris mes responsabilités, j'ai pas soutenu les gouvernements qui ont signé les traités européens, qui nous ont mis dans cette situation. Vous voyez,
samedi, samedi...
Pourquoi seule Marine Le Pen en bénéficie ? Vous dites ça, vous répétez ça comme un perroquet,
c'est totalement faux si vous
regardez les sondages, et puis il
y
a les sondages,
et il y a la
réalité, et il
y
a la réalité, il y a les votes.
Oui, mais
vous
évoquez les sondages, regardons le sondage.
Voilà,
le
sondage, le voilà, où êtes-vous ? Alors, attendez, La République en marche à 22, le Rassemblement National, donc Marine Le Pen à 20, et vous êtes à 6%, je précise,
il faut 5%
pour être élu.
C'est ça, vous baissez. C'est un constat.
C'est un constat.
C'est
un
constat,
Nicolas Doménac, il y avait un sondage sur BFM où j'étais à 4,5 trucs, il y
en
a un autre à 8, sur 10 000 personnes, 10 000 personnes du Cévis, pauvre, 10 000. Je suis à 6,5, il y
en
a un 7, c'est déjà pas mal. Et puis, comme en général je fais le double des sondages, à chaque élection, et que vous me répétez pendant toute la préparation, vous êtes là, vous êtes là, moi, ça m'est complètement égal. Je fais en fonction de ce que je crois.
Je
suis sincère,
et
ça vous le savez. J'ai voté contre tous les traités européens qui ont créé cette crise sociale, cette concurrence déloyale, cette confiscation de la démocratie. Et je suis candidat aux élections européennes justement parce que je suis convaincu qu'on réglera la question de la misère en France, du déséquilibre des territoires, de la confiscation de la démocratie, si on change radicalement le fonctionnement
de l'Union Européenne. Vous n'êtes plus pour sortir
de l'euro en tout cas.
Je suis pour une évolution de
l'euro. Non, vous n'êtes
plus pour sortir de
l'euro. Oui,
j'ai évolué là-dessus, et vous le savez déjà, c'était à la présidentielle. Oui, mais comme vous sinuez, donc...
Oh, sinuez. Je suis le seul...
Je suis le
seul homme politique,
excusez-moi, qui n
'est
pas sinué sur la question européenne. Puisque j'ai voté contre tous les traités,
alors
que la plupart de la classe politique a accepté ces traités, et maintenant se plaint de leurs effets. Donc, je suis très clair dans ma tête, je suis convaincu
que
si on veut régler la crise démocratique française, car c'est avant tout une crise existentielle, c'est pas simplement une crise du pouvoir d'achat, c'est qu'il
y a
une moitié de Français qui sont exclus du jeu politique. Eh bien, si on veut le faire, il faut reprendre le pouvoir sur cette organisation qui nous fait du mal, qui s'appelle Union Européenne. Et il faut reconstruire une Europe des nations, des projets.
Et
c'est ce que je défendrais, et puis après c'est aux Français de choisir.
Alors, Emmanuel Macron a accordé une interview à la RAI, à la télévision italienne, quelques semaines après le bras de fer entre Paris et Rome. Emmanuel Macron promet de, je cite, combattre avec force ceux qui défendent le nationalisme. Vous combattre donc, vous,
par exemple ?
Je ne
me sens pas
nationaliste, je suis patriote. Emmanuel Macron est exactement le pyromane, vous savez, ce type qui fout le feu partout, et qui après se fait passer pour un pompier. Qu'est-ce qu'a fait Emmanuel Macron
? Il
est solidaire de cette Europe
qui
brise les peuples, qui dresse les peuples les uns contre les autres, qui ne marche pas, qui est bureaucratique, qui
dépense des
milliards. Et il en est le pur produit.
Et
il vient se plaindre. Mais moi j'ai proposé une autre Europe, je propose une autre Europe, on va rendre
aux nations. Une Europe des nations, une Europe des nations. Ça veut dire la
démocratie. Si on lise ça, est-ce que ce n
'est
pas le refermement de chacun des peuples
sur eux-mêmes ? C'est l'inverse. Il y a une Europe qui a marché.
C
'était l'Europe qui respectait les nations et qui faisait des projets en commun. Ça a été la politique agricole commune. On n'était pas à 28, on était à 6, 12, on avait le même niveau social. Et on se respectait. Il n
'y
avait pas l'euro et on était amis. Il y avait même des beaux projets. Airbus, Ariane. Ça c'est l'Europe des nations et des projets.
On
respecte les démocraties.
On
n'est pas dans la purée de poids supranationale. On a transféré avec tous les traités et les pouvoirs à des gens non élus, des juges non élus, des banquiers non élus, des commissaires non élus.
Et
aujourd'hui vous avez le retour, oui, des rejets. Donc
la
nation c'est le lieu de la démocratie. C'est le repère.
Quand
on casse la nation, on a le retour des nationalismes.
Et
donc moi je veux un équilibre, nation et projet.
Et
je ne veux pas une Europe où on rentre comme dans un moulin. Je veux une Europe avec des frontières.
Je
veux qu'on contrôle. Je ne
veux
pas l'Europe de l'évasion fiscale qu
'il a fait Macron. Chacun fait ça fiscalité. Nicolas Doménac. Nicolas Doménac.
Juste une question comme ça. Vous savez ce que signifie en grec ancien votre prénom Nicolas ? Oui. Allez-y. Le pouvoir du peuple. Oui. Alors ça a déjà marché une fois pour l'un. Vous, vous croyez que vous allez y arriver ? Oui.
Quand
? Mais je ne sais pas.
Et
puis si ce n
'est
pas moi ce sera un autre. Parce que nous sommes des résistants d'une longue chaîne. Moi je n'accepte pas de voir une petite oligarchie pourrie, pourrie par la tête, qui brade nos biens publics comme l'a fait Emmanuel Macron quand il était ministre,
qui
va brader à l'aéroport de Paris, qui appartient à tous les Français.
Pourrie. Six entreprises.
Pourrie.
Qu
'est-ce que
ça
veut dire
pourrie ? Pourrie. Conflit d'intérêts.
Vous lirez mon livre. Emmanuel
Macron il est où là ?
Conflit d'intérêts permanents.
Oui.
Pourrie ça veut dire qu
'il aurait été... Ça veut dire quoi ? Six
entreprises multinationales françaises qui ont été bradées à l'étranger ? Mais qui
est
pourrie, ça veut dire qu'il a touché l'article ? Ça veut dire une oligarchie, une oligarchie pourrie, oui. Est-ce que vous trouvez normal que le responsable des participations de l'État a
été entusé à Banque d'Amérique ? Vous trouvez ça normal, mais
accusé de corruption c'est autre chose.
Conflit d
'intérêts. Oui, c'est pas le conflit d'intérêts. Je dis simplement
que
si tant de Français manifestent, si tant de Français sont écœurés, si tant de Français n'en peuvent plus, c'est bien parce qu'il y
a
une oligarchie qui a confisqué le pouvoir en France.
Dans votre livre,
vous
dites
que le conflit d
'intérêts, c'est parce que le président a choisi à chaque fois la banque Rothschild dans des grands arbitres
financiers.
C'est
quand même gênant. Reconnaissez que c'est gênant.
Monia. Reconnaissez que c
'est quand même gênant. Surtout quand ce sont si belles entreprises françaises. Nicolas
Dupont-Aignan, écoutez-moi, je vais
partir. J'ai une question, pourquoi avoir refusé de vous unir une nouvelle fois au Rassemblement National ? Pourquoi avoir refusé d'avoir la place de Thierry Mariani ?
Je n
'ai
pas du tout, parce que je ne suis différent du FN, j'ai un parti politique
indépendant. Vous ne l'étiez pas pour les présidentielles ?
C'était un soutien, une alliance, de gens différents, au second tour. Quand François Fillon a soutenu Emmanuel Macron, quand tous les républicains ont voté Emmanuel Macron et l'ont soutenu, est-ce qu'ils ont adhéré à En Marche ?
Mais ce n'était pas plus
stratégique pour vous. Est-ce qu'ils ont adhéré, madame ? Parce
que là, vous êtes cavalier solitaire, est-ce que ce n'était pas plus stratégique pour vous de vous rallier au Rassemblement National
? Je ne suis pas cavalier solitaire.
A 5, 6
% ? J'ai... Écoutez, c'est déjà pas mal, c'est plus que le Parti Socialiste. Oui, mais vous avez baissé. Eh bien, vous allez voir.
Mais
le Parti Socialiste, ça
ne compare
plus au Parti Socialiste aujourd'hui. Mais vous allez voir la suite. J'ai négocié avec à la fois les républicains et le Front National, car je suis convaincu qu'à terme, il faudra une grande alliance pour renverser cette oligarchie qui nous dirige.
Est-ce que vous pensez que c'est prévu, justement, que vous voyez Thierry Mariani,
ex-républicain, rejoindre le
Front National ? Est-ce que vous pensez
que cette union de la droite que vous souhaitez depuis longtemps est en passe d'arrivée
?
Attendez. Oui, à terme, oui. Mais j'ai proposé
de
tirer les leçons de la présidentielle.
Parce
qu'il y
a
eu un échec à la présidentielle. Pourquoi il y
a
eu un échec ? Parce que le programme n'était pas assez crédible. Parce que notre alliance n'a pas été perçue suffisamment crédible. Parce que notre alliance était trop réduite. J'ai voulu et j'ai essayé avec une partie des républicains, avec Marine Le Pen. Il n'y
a
pas eu d'accord sur un projet. Or, moi, je suis désolé. J'estime qu'aux élections européennes,
il
faut un projet.
Est-ce
que ce n
'est
pas
plutôt qu'à l'époque, et vous le racontez dans votre livre, votre démarche avait provoqué une profonde consternation auprès de vos proches, notamment votre bureau municipal ? Est-ce que finalement, vous n'avez pas raté cette...
Non. Alors là, je vais vous dire une chose. J'explique dans mon livre. Je ne regrette pas un instant. Parce qu'aujourd'hui, si justement, il y a tant de Français qui adhèrent à Debout la France, il y
en
a quand même énormément progressé. A la présidentielle, les sondages qu'on me rabâchait sur les plateaux, c'était 1%.
Et
on a quand même fait 5. 4-7. 4-7. C'est pas mal, quand même.
Dans le
contexte utile. Et oui,
et on fera plus la prochaine fois. C'est vrai que vous entendez sur l'Algérie avant que vous ne quittiez. Je ne regrette
en rien, parce qu'il fallait choisir. Et moi, je peux me regarder dans la glace aujourd'hui quand je vois les dégâts d'Emmanuel Macron en France.
Nicolas Dupornier, j'aimerais vous entendre que vous me quittiez sur l'Algérie. Donc Abdelaziz Bouteflika est candidat. Certains manifestants, qui lui demandaient de renoncer à ce cinquième mandat, demandent à la France d'intervenir, à Emmanuel Macron de se prononcer. J'aimerais avoir votre avis. Il y a une telle interpénétration entre nos deux pays, entre la France et l'Algérie. La France peut-elle ne pas intervenir dans le débat ?
La France ne doit pas intervenir dans ce débat, compte tenu des cicatrices du passé qui sont très vives en Algérie.
Pour
autant, la France a le droit de penser. Et les Français ont le droit de penser. Et les gouvernements ont le droit de penser. Et vous, votre pensée ? Ma pensée, c'est que c'est une situation ahurissante, surréaliste. Surréaliste. Mais pour autant, imaginez que si la France commençait à s'ingérer dans les affaires algériennes, nous rendrions service à M. Bouteflika, qui immédiatement dirait
qu
'il est mis en cause par la France, vieux colonialisme, etc. Il en joue. Ce pouvoir en a toujours joué. Or,
il
y a une nouvelle génération qui voit bien qu'il y
a
une nouvelle étape qu'il y
a
à avoir entre la France et l'Algérie. Il y a toute une jeunesse en France qui connaît ce pays, qui est issue de ce pays. Et d'ailleurs, j'étais l'un des rares à l'élection présidentielle à avoir proposé un plan pour la Méditerranée. Car c'est vital si on veut éviter des flux migratoires énormes. Et parce que les Algériens ont le droit de vivre chez eux,
dans
une vraie démocratie. C'est ça l'enjeu. Mais surtout, ne donnons pas des leçons maintenant. Parce que ce sera utilisé par Bouteflika contre cette jeunesse qui proteste.
Merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan. Merci d'être venu nous voir ce
matin. Merci à vous. Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan