Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 13 février 2026 38 min

Municipales : les maires écologistes en sursis ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et l'actualité dans nos régions, c'est grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale. On va à Clermont-Ferrand. Bonjour Franck Charvet, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes chef des rédactions des éditions du Puy-de-Dôme à la Montagne et à lire dans vos pages un gros dossier sur l'effroyable accident d'hélicoptère mercredi qui a coûté la vie à un médecin urgentiste et à un pompier lors d'un entraînement dans le Puy-de-Dôme. D'abord Franck, qu'est-ce qu'on sait de cet accident ?

0:34
Invité

Pour l'instant, on sait juste que le parquet a ouvert une enquête pour homicide involontaire. Le procureur évoque une manœuvre imprévue dont la cause est déterminée. Pour rappeler, cet accident s'est produit dans le Massif du Sensi. Le Massif du Sensi, c'est dans le Puy-de-Dôme, plus connu pour ses stations de ski. Et c'est un exercice de routine qui a donc viré au drame. Voilà, le filin qui retenait les deux secouristes a donc cédé pour des raisons indéterminées.

1:07
Présentateur

– L'enquête commence, Franck Charvet. Est-ce qu'on a plus de réponses sur les circonstances de ce drame, de cette tragédie ?

1:15
Invité

– Pour l'instant, les investigations devront déterminer plusieurs choses. S'il s'agit d'une défaillance technique ou matérielle, d'une erreur humaine ou des conditions météo qui ont joué un rôle. Parce que la question qui revient effectivement, c'est pourquoi avoir maintenu une manœuvre dans des conditions très difficiles, puisque ce jour-là, le Puy-de-Dôme était classé en vigilance jaune, inondation et vent. Donc les questions qu'on peut se poser, c'est est-ce que le câble s'est bloqué dans les roches ? Est-ce que le pilote et le mécanicien opérateur ont dû interrompre le lien physique avec le sol ? Puisque le procureur évoque, lui de son côté, un mouvement périlleux de l'hélicoptère.

1:57
Présentateur

– Merci Franck.

1:57
Invité

– Et il faut savoir qu'effectivement…

1:59
Présentateur

– Non, non, allez-y, allez-y, pardon, allez-y.

2:01
Invité

– Non, non, voilà, c'est quand même la grosse question. Il faut savoir qu'en aéronautique, quand l'hélicoptère est en danger, on est obligé de se séparer de la charge au bout du câble. C'est ce qu'ils appellent dans le langage d'urgence le cisaillement.

2:15
Présentateur

– Merci beaucoup, merci Franck Charvet d'avoir été avec nous pour nous parler de cette tragédie, chef des rédactions des éditions du Puy de Dôme à la montagne. Et la une de la montagne ce matin, c'est la rupture du câble au cœur de l'enquête. Merci Franck Charvet. Quentin, on va faire le tour de la presse régionale et on va continuer justement à rester sur ce thème puisque plusieurs titres ce matin consacrent leur une à la question des secours en montagne.

2:38
Invité

– Oui, c'est-à-dire dans Corse ce matin et dans le Dauphiné libéré, le choc d'un rapport titre ce matin journal de l'île de beauté. Quant à Grenoble, on se demande si on va vers la fin de la gratuité. On parle d'un rapport de la Cour des comptes qui jette un pavé dans la mare et lève un tabou d'île Dauphiné. Il préconise ce rapport une facturation au moins partielle du sauvetage en montagne hors domaine aménagé. Il pointe aussi l'incohérence de l'organisation entre gendarmes, CRS et pompiers. Il faut dire que le coût des moyens aériens a bondi de 141% depuis 2012. Le coût moyen de l'intervention a lui aussi bondi, passant de 8600 euros à 11 000 euros.

Rien que l'unification, oriane, des moyens de secours, cela pourrait rapporter 10 millions d'euros.

3:25
Présentateur

– Et la presse régionale qui revient aussi ce matin sur la tempête Nils qui touche de nombreux départements.

3:31
Invité

– Oui, alors qu'on a appris ce matin effectivement qu'il y a une deuxième victime à déplorer à cause de cette tempête Nils, la dépêche du midi à Toulouse titre sur cette tempête qui a balayé le département de la Haute-Garonne à la clé 135 000 foyers privés d'électricité quand le populaire du centre décrit un déluge sur le limousin avec de nombreux cours d'eau qui ont débordé hier en Haute-Vienne en Corrèze. Dans les pages intérieures, le journal qui décrit aussi beaucoup les deux dégâts, un coup de vent d'une incroyable violence à Lenteuil en Corrèze qui a causé de gros dégâts.

On le voit dans le journal, ces immenses arbres couchés, les toits qui sont volés, le maire qui témoigne, on a l'impression que le temps change. On n'avait jamais connu autant de phénomènes comme cela auparavant, jamais. L'apprentissage de la vie à l'heure des aléas climatiques n'est pas un long fleuve tranquille, conclut l'article.

4:21
Présentateur

On va terminer par quelque chose d'un peu plus léger, de même beaucoup plus léger. On va chez vous, Quentin, dans le Cher ?

4:28
Invité

Exactement, avec un anniversaire à la une du Berry républicain. Les 50 ans des crotins de Chavignol, ce petit fromage de chèvre à la forme cylindrique produit dans le département du Cher, notamment tout près de Sancerre, il y a Chavignol. Ce sont les 50 ans de l'appellation d'origine contrôlée. Le travail de la terre et du lait, lit-on dans les pages intérieures. On peut lire les détails du processus de fabrication, de l'affinage. Une petite pépite de la gastronomie française à consommer, Oriane, pourquoi pas, avec un verre de vin blanc de Sancerre ou de Mentou Salon, servi bien frais. Alors attention, le vin avec modération, mais le fromage, c'est autant qu'on veut.

5:02
Présentateur

On va suivre vos conseils, c'est vous le régional de l'étape, Quentin. Allez, on va tout de suite ouvrir notre page spéciale consacrée aux municipales. Et dans quelques instants, notre reportage au cœur de la campagne. On ira à Grenoble, mais d'abord, Quentin, on regarde avec vous les dernières infos de campagne. On commence à Marseille.

5:23
Invité

Voilà la Provence qui titre ce matin sur la liste de Martine Vassal. Exclusif, le journal dévoile les 110 colistiers de la candidate de la droite à l'élection municipale. Il y a les historiques comme Catherine Pila, qu'on voit tout à gauche, présidente du groupe d'opposition municipale. Ou encore Valérie Boyer, la sénatrice salaire. Les nouveaux comme Romain Simarano, qui, ici, juste à gauche de la candidate, il est renaissance, numéro 2 de la liste. Ou encore Fabienne Bédayant, la présidente du CRIF Marseille-Provence. Le journal qui évoque aussi les absents, comme Sabrina Agristi-Roubache, l'ancienne ministre de la Ville, un temps pressenti pour représenter le camp présidentiel.

Mais Auriane, qui n'a finalement pas été retenue parmi les 111 noms.

6:02
Présentateur

Au reste du sud de la France, on va à Nice.

6:04
Invité

Oui, exactement. On voit que Franck Therrier, le héros du scooter de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, il rejoint la liste d'Éric Ciotti. On s'en rappelle, il est l'un des deux hommes qui a tenté de stopper le camion qui écrasait la foule. Il est des hommes dont le destin raconte à lui seul l'âme d'une ville à saluer Éric Ciotti.

6:26
Présentateur

Les dernières nouvelles d'Alsace consacrent un dossier à un autre enjeu de ces municipales, ce sont les intercommunalités.

6:31
Invité

Exactement, les DNA qui titrent sur cet autre enjeu des municipales. Les intercos couvrent le territoire et sont pourtant mal connus. Ces instances où siègent les maires du secteur concerné ont de multiples compétences, gestion des déchets, transport, petite enfance et même tourisme. Dans les pages intérieures, on analyse le mode de scrutin. Il y a 35 000 maires en France et combien d'intercommunalités, Auriane ?

6:55
Présentateur

J'ai triché, j'ai la réponse.

6:56
Invité

Oui, 1 200. 1 254. Effectivement, si vous avez le texte sous les deux, c'est tout.

7:00
Présentateur

J'ai regardé, j'ai triché, j'avoue. On termine avec une histoire insolite.

7:03
Invité

Voilà, c'est-à-dire dans le bien public, ses frères sont rivaux pour les municipales. Arnaud et Denis Guvé-Natham sont engagés sur deux listes différentes à Dijon au municipal. L'un est sur la liste écologiste, l'autre sur celle de la maire sortante, la socialiste Nathalie Kenders. Certains trouvent bizarre que deux frères soient sur des listes différentes, explique l'un des deux. Ça en dit long sur la représentation qu'ils ont de la politique, mais en vérité, il n'y a aucun problème, explique l'un des deux frères dans le journal.

7:32
Présentateur

Merci beaucoup. Merci, Quentin, pour toutes ces infos de campagne. Il y a un mois du premier tour qui aura lieu, je vous le rappelle, le 15 mars. On vous emmène au cœur de la campagne, dans nos villes, direction Grenoble. C'est la première grande ville remportée par les écologistes en 2014. Et après 12 ans de mandat, le maire sortant, Éric Piolle, ne se représente pas. Les verges ou gros, pas question de perdre dans leur fief historique. Mais face à eux, la droite, emmenée par Alain Carignan, compte bien récupérer sa place à l'hôtel de ville 30 ans après. On regarde ce reportage de Gaspard Bunet.

8:03
Invité

Grenoble, 156 000 habitants. Première grande ville remportée par les écologistes en 2014.

8:09
Présentateur

Bonjour, Laurence Ruffin. Je me présente aux élections municipales. Je ne sais pas si vous savez, en mars, on vote pour un nouveau maire.

8:14
Invité

Voici celle sur qui le maire sortant, Éric Piolle, a misé pour prendre la relève.

8:19
Présentateur

On nous l'a pas mal remonté. Et puis c'est quelque chose qu'on porte d'aller plus loin sur la question du bio dans les cantines.

8:23
Invité

Grenobloise d'adoption, Laurence Ruffin s'est lancée dans la course à la mairie, sans aucune expérience politique. Elle mise plutôt sur ses compétences d'ancienne chef d'entreprise, pour que ce bastion, historiquement à gauche, le reste six ans de plus.

8:37
Présentateur

Il y a une évolution globale de droitisation de la société, qu'on retrouve partout. On a la chance à Grenoble d'avoir une ville avec un fourmillement associatif, culturel, une forme de résistance et une envie de faire ensemble, qui se retrouve encore aujourd'hui, au quotidien, et dans les différentes élections passées.

8:55
Invité

Annoncée en tête pour le premier tour des élections, Laurence Ruffin compte déjà de nombreux fans, à commencer par son grand frère, François Ruffin.

9:02
Présentateur

Vous lui avez donné des conseils pour la campagne ?

9:04
Invité politique

Absolument aucun, c'est ma sœur qui me donne beaucoup de conseils.

9:07
Invité

À un mois des élections, Laurence Ruffin souhaite se démarquer de l'image critiquée du maire sortant.

9:13
Présentateur

On porte un nouveau projet, une liste qui ce soir va être présentée, qui est renouvelée à 75%, plein de personnes nouvelles engagées dans la société civile, dans le monde associatif. Donc je pense que ça représente aux yeux des grenobloises et grenoblois un vrai renouveau, un vrai souffle.

9:27
Invité

Si elle a le soutien de la majorité de la gauche, deux candidats font sécession, notamment Alain Brunon, investi par la France Insoumise. Ça va ? Ça va, merci. Pour lui, l'alliance avec les socialistes n'est pas tolérable. Il faut voir qu'il y a un retour en arrière, parce qu'en 2014, le parti de gauche avec les écologistes ont gagné la ville par une rupture avec le parti socialiste. Et aujourd'hui, Laurence Ruffin, comme acte premier qu'elle pose, c'est de prendre dans ses bagages le parti socialiste. Donc elle est en rupture historique avec ce qui a permis la victoire à Grenoble. Les sondages le placent troisième à 10% d'intention de vote, mais Alain Brunon n'en démore pas.

L'alliance des gauches doit se faire en sa faveur. On est en tête aux élections présidentielles dans cette ville, aux élections législatives, aux élections européennes. Par conséquent, il y a une force indéniable. Et donc j'appelle Laurence Ruffin, le soir du 15 mars, quand on sera devant elle, bien évidemment, à rejoindre la dynamique insoumise et à faire en sorte de participer à cette politique de rupture. Cette division pourrait faire le jeu de la droite et de son candidat bien connu des habitants. Alain Carignon, maire de Grenoble de 1983 à 1995, veut retrouver l'hôtel de ville avec la sécurité au cœur de sa campagne.

10:40
Invité politique

J'appelle moi tous les grenoblois qui veulent changer la direction et l'orientation de la ville, qui veulent retrouver la sécurité, la propreté, l'attractivité. Je les appelle à se retrouver avec le collectif réconcilié Grenoble.

10:55
Invité

Condamné à 5 ans de prison pour corruption et abus de biens sociaux dans les années 90, sa nouvelle candidature divise les électeurs.

11:01
Invité politique

C'est un vrai scandale.

11:03
Invité

C'est terrible. Il n'a pas de colonne vertébrale, cet homme-là. Une fois qu'on a purgé sa peine, eh bien on est repart à zéro. Malgré son passé judiciaire, Alain Carignon se place deuxième des intentions de vote et tente de jouer des coudes avec Laurence Ruffin.

11:17
Invité politique

C'est moins un débat droite-gauche qu'un débat continuité-changement. Laurence Ruffin, c'est la continuité d'Éric Piolle, peut-être en pire. Et nous, nous incarnons ce changement dont Grenoble a besoin.

11:29
Invité

Le ralliement surprise du candidat soutenu par la majorité présidentielle à sa liste pourrait renforcer Alain Carignon. De quoi accentuer encore un peu plus la pression sur la gauche grenobloise.

11:40
Présentateur

– Et on va en parler avec vous, Arnaud Benedetti. Bonjour, merci d'être là, directeur de la Nouvelle République, Lou Frittel. – Non, Nouvelle Revue Politique. – De la Nouvelle Revue Politique, n'importe quoi je dis. Lou Frittel, journaliste politique à Paris Match, va nous rejoindre dans quelques instants. On va évidemment parler de la candidature de Bruno Retailleau. Mais d'abord, Arnaud, on voudrait avoir votre analyse sur Grenoble et plus largement sur ces villes détenues aujourd'hui par les écologistes. Grenoble, c'est le fief historique, c'est la première ville gagnée par les écolos. C'était en 2014. Il y a eu une vague, ce qu'on appelait une vague écologiste en 2020.

Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez que la vague va refluer lors de ces municipales 2026 ?

12:19
Invité politique

– On va voir. Ce qui est sûr, c'est qu'actuellement, quand on regarde un certain nombre d'intentions de vote dans des villes qui ont été gagnées justement à l'époque et qui sont un peu symboliques de cette vague verte dont vous parlez, c'est-à-dire autant Lyon par exemple que Strasbourg, on voit qu'aujourd'hui, dans les intentions de vote, les candidats sortants, les maires verts, sont en difficulté.

Il faut rappeler quand même que cette élection 2020 municipale était une élection, on l'a peut-être oubliée, mais qui s'est quand même produite dans des conditions tout à fait exceptionnelles puisque c'était en pleine crise sanitaire et il y avait eu quand même une mobilisation électorale beaucoup plus faible que lors des élections municipales précédentes, ce qui a pu aussi expliquer d'une certaine manière la victoire, pas seulement d'un certain nombre de verts, dans des municipalités de taille importante comme Grenoble, enfin Grenoble c'était avant, mais Lyon ou Strasbourg, voire Bordeaux.

On verra quel sera le comportement électoral et la mobilisation électorale dans quelques semaines, dans un mois maintenant.

Par ailleurs, ce qu'on regarde quand même, quand on voit les enjeux prioritaires, quand on demande aux Français quelles sont leurs priorités pour ces élections municipales, très clairement on voit que par exemple la priorité environnementale qui était un peu plus forte manifestement en 2020, aujourd'hui manifestement n'est même pas dans le top 5 des grandes priorités, et ce sont plutôt des enjeux sécuritaires très nationaux d'ailleurs aux demeurants qui aujourd'hui semblent primer, ce qui peut expliquer en effet éventuellement un reflux du vote vers l'ordre des prochaines municipales.

13:58
Présentateur

Mais est-ce que les écologistes peuvent être une force pivot à gauche pour ce scrutin ou est-ce qu'au contraire ces municipales vont finalement être l'illustration d'un parti qui manque de clarté politique, qui ne sait pas finalement où se situer entre le PS et la France Insoumise ?

14:12
Invité politique

– Le vrai sujet pour la gauche dans ces élections municipales, ça va être LFI, plus que les Verts en l'occurrence. Quelle va être la stratégie de LFI ? Notamment dans les seconds tours, c'est ça le plus important. Les Verts en effet ont aujourd'hui à essayer de défendre un bilan avec des sortants dans un certain nombre de grandes municipalités. La question pour eux c'est de savoir s'ils vont conserver ou pas ces municipalités, ça semble plutôt mal parti à Lyon, c'est pas évident. Ça semble un peu plus évident, encore il faut être très prudent à ce stade du côté de Bordeaux. En plus les maires Verts n'ont pas su les mêmes stratégies.

Vous voyez bien que par exemple le maire de Bordeaux sur la question de sécurité a une stratégie très différente du maire de Grenoble. il a fait preuve disons d'un pragmatisme que le maire de Grenoble n'a manifestement pas exprimé dans sa politique en matière de sécurité. Donc on verra, mais bon à Grenoble c'est un peu différent. À Grenoble il y a une succession et on voit déjà que Mme Ruffin essaye quand même, si ce n'est de prendre ses distances, mais de se différencier du sortant.

15:25
Présentateur

Lou Frittel nous a rejoint. Bonjour Lou. Bonjour. Merci d'être la journaliste politique à Paris Match en charge du suivi des droites. On va parler avec vous de la déclaration de candidature de Bruno Retailleau. C'était hier le patron des LR qui se lance donc dans la course à l'Elysée. Les temps forts de cette déclaration avec Gérard Bravier.

15:42
Locuteur non identifié

En retrait depuis sa sortie du gouvernement Lecornu, le patron des Républicains Bruno Retailleau sort de l'ombre et se lance sans surprise dans la course à l'élection présidentielle. À 14 mois de l'échéance, il est désormais officiellement candidat et mis sur la sobriété.

15:59
Bruno Retailleau

Je ne veux pas être président de la République par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir. Je ne chercherai pas à séduire à tout prix. Et encore moins, et encore moins, au prix de mes convictions.

16:12
Locuteur non identifié

Immigration, sécurité, justice et revalorisation du travail, les thèmes portés sont ceux attendus. Mais c'est sur la méthode que Bruno Retailleau promet d'agir différemment avec plusieurs référendums.

16:25
Bruno Retailleau

Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est pas le peuple qui gouverne. Trop souvent, ce sont des juges qui nous imposent leurs décisions. Et moi, je pense que pour remettre de l'ordre dans le pays, il ne suffira pas de voter des lois. Il faudra avant, précisément, changer la constitution pour dire au peuple français, c'est vous qui allez pouvoir vous prononcer sur la question de l'immigration, sur la justice, pour durcir les sanctions.

16:46
Locuteur non identifié

Reste à savoir s'il sera le seul candidat de son camp, alors que Xavier Bertrand, David Lysnard, Laurent Wauquiez ou d'autres ont annoncé ou préparent leur candidature. Le parti, dirigé par Bruno Retailleau, doit présenter son mode de désignation après les élections municipales de mars.

17:05
Présentateur

Lou Frittel, Bruno Retailleau, qui a donc choisi de se lancer dans la course à la présidentielle. On est à un mois des municipales. Est-ce que ce calendrier est surprenant ?

17:13
Invité politique

Ce calendrier, en tout cas, a été étudié. Ça a été considéré comme la moins mauvaise des solutions. En tout cas, c'est comme ça que je l'interprète. Parce que nous, quand on parlait avec ses équipes en novembre, décembre, nous était dit qu'il devait encore réfléchir et surtout convaincre sa femme à Noël de voir s'il pouvait... – Oui, c'est quand même une question importante, la famille, sur ce genre de décision. – Bah oui. – Donc savoir s'il y avait un accord pour qu'il y aille et ensuite se déclarer en janvier qui semblait la feuille de tir la plus appropriée pour éviter justement de percuter ce scrutin. Mais il y a eu un problème qui s'appelle les primaires.

Parce que, comme vous l'avez rappelé, quand il s'agit de... Il y a aussi David Lysnard ou Laurent Wauquiez qui se présentent, qui demandent des primaires. Et pendant cette période-là, post-fête, c'était l'actualité qui dominait. Et donc l'enjeu pour Bruno Retailleau, c'était de s'extraire de cette actualité-là. Sauf que du coup, il lui restait seulement février-mars. Donc est-ce que ça voulait dire reporter après scrutin et prendre le risque de subir l'embouteillage de candidatures ? Vous l'avez bien rappelé dans votre reportage. On va sans doute avoir aussi Gabriel Attal qui va se déclarer. – On va en parler évidemment. – On va en discuter.

Donc il a été considéré que c'était le meilleur moment. Les élus que j'ai pu avoir au téléphone étaient, eux, assez furieux. Notamment, j'ai eu une tête de liste qui m'a quand même dit qu'il voulait rendre sa carte.

18:39
Présentateur

– Parce qu'il a l'impression qu'il ne les soutienne pas au municipal, qu'il a joué perso ?

18:45
Invité politique

– Il s'est senti, il trouve que c'est déloyal. En fait, il faut bien avoir une chose en tête, c'est que ce scrutin, qui est un scrutin très personnalisé, implique aussi beaucoup de candidats qui se présentent sous l'étiquette d'hiver droite ou d'hiver gauche. Donc justement, un refus de l'étiquette, il n'y a pas qu'avec LR. Mais c'est vrai que LR, malgré ce regard qu'ils ont eu au gouvernement, avec Bruno Rotaio, ministre de l'Intérieur, Michel Barnier, Premier ministre, eh bien il y a à nouveau l'idée que ce parti s'est démonétisé. C'est vrai que ce n'est pas une super période pour eux, en plus avec le budget qui leur est reproché aussi sur le terrain.

Donc d'avoir le chef de son parti qui se présente à la présidentielle au moment où vous essayez de décoller votre étiquette et votre personne dans la tête des électeurs, ce n'est pas forcément très bien perçu.

19:33
Présentateur

– Sur le calendrier, Arnaud, et surtout, est-ce que ça veut dire qu'en cas d'échec des LR municipales, de perte de ville, ça va saboter la candidature de Bruno Rotaio à la présidentielle ?

19:45
Invité politique

– Sur le calendrier, Lou a tout dit, c'est vrai que c'est un calendrier qui est un peu compliqué et qui percute l'élection municipale. Après, essayons de comprendre pourquoi. Qu'est-ce qu'il essaye vraisemblant de faire ? C'est d'imprimer sa marque en prenant de l'élan et en s'inscrivant dans la distance et dans la durée pour finalement réussir à imposer son offre politique dans un univers qui est à la fois très restreint, quand même en zone de chalandise électorale, celui de LR, ou en tout cas de la droite dite de gouvernement, mais où il y a manifestement une pléthore, c'est le moins qu'on puisse dire, de candidats potentiels. On a cité David Lissnard, on a cité M.

Bertrand, il y en aura peut-être d'autres, sans compter qu'il y a les candidatures macronistes du bloc central qui viennent aussi quelque part pour une partie, disons, concurrencer cette zone de chalandise. Donc tout ça est très, très, très compliqué.

Mais le fond du problème, LR, c'est imaginer qu'ils avaient repris un peu de souffle après 2024, suite à la nomination d'un Premier ministre issu de leur rang, suite à l'entrée au gouvernement d'un certain nombre de personnalités politiques issues de leur rang, dont Bruno Retailleau, la vérité c'est qu'ils n'ont jamais résolu le problème qui est le leur depuis 2017, c'est-à-dire qu'ils sont pris en étau entre d'un côté un bloc macroniste qui a réussi à ramener, d'ailleurs après l'élection présidentielle, d'abord une partie de leur cadre, puis une partie de leur électorat, alors pas partout, mais dans un certain nombre de territoires, je pense par exemple à l'ouest parisien, qui est quand même de ce point de vue-là assez intéressant, et puis ils sont pris en étau de l'autre côté par le Rassemblement National, qui aujourd'hui occupe une grande partie de l'espace politique et de l'espace électoral, qui était celui des LR.

Quand même, le Rassemblement National a certes pris, en fonction des territoires d'ailleurs, parfois récupéré, mais il y a déjà plus longtemps une partie d'électorat qui pouvait voter communiste, par exemple, dans le Nord, mais ils ont surtout récupéré une grande partie de l'électorat de LR aujourd'hui, qui vote pour eux. Donc comment on se positionne, c'est extrêmement compliqué, et surtout ensuite comment on incarne, quelle est l'incarnation ? Et finalement, toutes les incarnations de LR, depuis 2017, ont échoué les unes après les autres, qu'il s'agisse de M. Wauquiez quand il a pris la tête de LR, qu'il s'agisse de M.

Bertrand, qu'il s'agisse de Mme Pécresse aux élections présidentielles, qui quand même fait moins de 4%, ce qui est un score historiquement bas. – De M. Ciotti, d'une certaine façon, qui est parti… – De M. Ciotti, et M. Ciotti a fait, je veux dire, un pas de côté, si je puis dire, qui aujourd'hui le positionne dans un autre monde ailleurs. Et puis aujourd'hui, M. Rotaillot, qui quand même… Alors, il faut le créditer d'une sincérité, Bruno Rotaillot. D'ailleurs, Bruno Rotaillot, c'est très intéressant, il fait partie des hommes politiques qui ne sont pas différents dans le public et dans le privé, ce qui n'est pas toujours quelque chose.

22:41
Présentateur

– Il a misé là-dessus, il en a parlé hier.

22:43
Invité politique

– C'est vrai, il a ce côté-là, après, vous savez, la boîte de pendant est ouverte.

22:49
Présentateur

– Un mot sur la forme qui dit aussi peut-être beaucoup Bruno Rotaillot, il a fait sa déclaration de candidature, seul, à un pupitre, sans personne autour de lui. Alors certes, la présidentielle, c'est la rencontre d'un homme et d'un peuple, mais est-ce qu'il a le parti derrière lui ? Est-ce qu'il a les ténors derrière lui ? Et est-ce qu'il les avait, à minima, prévenus, d'après vos infos ?

23:10
Invité politique

– Alors, déjà, quand il s'est présenté, il était seul face à la caméra, mais il y avait du monde autour de lui. Et oui, effectivement, il a quand même son clan. Il a le numéro 3 du parti, par exemple, Ketman Nassrou, qui aujourd'hui gère ce parti, des porte-parole, Agnès Évren, par exemple. Donc, il a François-Xavier Bellamy, qui a tweeté dans la foulée. Mais il a déjà entendu, lui, l'ennui, c'est qu'à l'Assemblée nationale, il n'y a pas grand monde. Et à l'Assemblée nationale, c'est le terrain de qui ? D'un certain Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, qui avait quand même bien joué sur une chose quand il a perdu, de façon écrasante, au printemps dernier, face à Bruno Rotaillot.

Il a demandé une sorte de vote de confiance aux députés, juste avant que Bruno Rotaillot vienne leur parler à l'issue de sa victoire, à main levée et à l'unanimité ou quasi-unanimité. Il a été reconduit. Et en fait, il s'est recréé une légitimité de cette façon-là aussi, à lire excellent papier dans le point de Nathalie Chuc à ce sujet. Donc, quoi qu'il en soit, non, il y a quand même des gens derrière. Là où je voulais rejoindre Arnaud, c'est sur la question aussi du défi de l'incarnation et de la suite. Hier, j'ai été frappée par une chose que disait Bruno Rotaillot dans son interview à Darius Rochebord, parce qu'il a d'abord eu cette déclaration face caméra, tout seul, etc.

Et puis, il y a eu cette partie-là qui était très intéressante. Il se coupe vraiment du bloc central, du RN. Il met de côté toute alliance possible dans le futur. Il dit qu'il y aura une majorité absolue à l'Assemblée nationale s'il gagne. Il se place vraiment dans une logique très RPR, en époque Jacques Chirac, où on pensait qu'Edouard Balladur allait prendre le parti. Et en fait, le parti était derrière Jacques Chirac, a investi Jacques Chirac, a donné son assentiment à Jacques Chirac. Et donc, c'est Jacques Chirac qui est allé. L'ennui, c'est qu'à l'époque, le RPR, c'était un énorme parti. Un parti qui avait une légitimité, un poids, et qui permettait de donner le là.

Aujourd'hui, quand vous regardez la multiplication des candidatures, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'à part être une incarnation, le parti, il ne vous donne aucune légitimité. Donc, en l'occurrence, Bruno Rotaillot, il peut avoir le parti derrière lui, mais il y aura sans doute besoin d'une primaire quand même. Pas pour choisir la personne dans le parti pour représenter parti, pour représenter une sensibilité politique, voire deux ou trois sensibilités politiques si vous allez largement sur le bloc central.

25:48
Présentateur

Et justement, on va voir ce que dit de cette multiplication des candidatures. Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, membre de Renaissance, allaité ce matin sur TF1.

25:58
Locuteur non identifié

Au sein de cet arc qui unit la droite et le centre, nous devons toutes et tous travailler à l'unité et les échappées solitaires ne mèneront qu'à des échecs collectifs. Si on veut éviter un second tour, entre Mme Le Pen ou M. Bardella et probablement M. Mélenchon, il va falloir que les candidats déclarés, putatifs, ils sont nombreux, se mettent dans une même pièce, se parlent, discutent de leur programme et de comment est-ce qu'ensemble, ils peuvent créer une dynamique, un collectif et de l'unité. Et d'ici là, il y a 14 mois, on ne peut pas se permettre de mettre la France en pause en attendant l'élection présidentielle.

26:37
Présentateur

Arnaud, est-ce qu'il pourra aller jusqu'au bout, Bruno Retailleau, ou est-ce qu'à un moment, il va devoir se mettre autour de la table avec Édouard Philippe, Gabriel Attal, peut-être Gérald Darmanin ?

26:47
Invité politique

Seul l'avenir le dira, moi je ne lis pas dans les boules de cristal.

26:51
Présentateur

Mais est-ce qu'il aura d'autres choix politiquement ? Est-ce que les LR aujourd'hui peuvent aller au bout et avoir un candidat éclaté à l'air à la présidentielle ?

26:58
Invité politique

On voit bien quel est le référentiel de Bruno Retailleau, c'est en effet le référentiel de Jacques Chirac en 1994-1995. Sauf qu'il n'a pas l'histoire de Jacques Chirac, il n'a pas le parti qui était en effet le RPR de 1994 et 1995. Quoiqu'il faut quand même se souvenir que Jacques Chirac était bien seul à un moment donné, puisqu'il avait la majorité du groupe parlementaire, quasiment RPR, qui était passé chez Édouard Balladur, il faut s'en souvenir, mais sauf que c'est un autre contexte, c'est une autre histoire, ce sont d'autres personnalités, c'est d'autres trajectoires. Donc on ne peut pas véritablement, si vous voulez, coller 95 sur 2026 et 2027, ce que nous sommes en train de vivre.

Je voudrais revenir sur Wauquiez. Moi je pense que quand même, la légitimité de Wauquiez vis-à-vis du groupe parlementaire, ça ne compte pas beaucoup. Parce que je pense que le groupe parlementaire LR est très abîmé après le vote du budget. C'est-à-dire que si vous voulez, le dernier élément qui permettait pour LR, et là pour le coup Bruno Rotaillot n'en est pas responsable, mais il en est une victime collatérale d'une certaine manière, le dernier élément qui permettait pour LR de se différencier du Rassemblement National, c'était une forme de crédibilité sur les questions budgétaires ou les questions économiques.

À partir du moment où le groupe LR n'a pas voulu à l'Assemblée Nationale censurer un budget qui est quand même orthogonal de tout ce que pense, en principe, le référentiel LR, il crée là aussi, j'allais dire, un effet d'éviction vers d'autres offres politiques. Alors Bruno Rotaillot, il est aussi, j'allais dire, victime et otage de cette situation.

Il est, si vous voulez, un personnage en quête, pas d'auteur, mais en quête de crédibilité dans un univers politique où l'ensemble, de toute façon, le vrai problème, j'écoutais Mme Bréjean, c'était très intéressant, mais enfin, regardons la réalité, vous avez quand même un baromètre qui est sorti en début de semaine, qui est le baromètre du CEVIPOF, qui mesure la confiance des Français dans leur classe politique. 22% des Français aujourd'hui ont confiance en leur classe politique. Ce qui nous met très loin derrière nos voisins allemands, italiens ou britanniques, c'est-à-dire que les offres de gouvernement, qu'elles s'appellent M. Attal, qu'elles s'appellent M.

Philippe ou qu'elles s'appellent, malheureusement peut-être pour lui, M. Rotaillot, sont particulièrement, aujourd'hui, abîmées. Et le risque, en effet, d'un second tour entre un candidat du RN et un candidat de LFI, c'est une hypothèse qu'il ne faut pas tout à fait écarter aujourd'hui. – C'est là où jouer la stratégie de la sincérité est plutôt bien jouée. Parce qu'en l'occurrence, c'est vrai que peu de gens dédaignent à Bruno Rotaillot une sincérité qu'il porte en étendard. En l'occurrence, c'est pour revenir sur votre question de savoir s'il va aller jusqu'au bout.

En tout cas, hier, tout en fermant la porte à la primaire et en expliquant en même temps que ce sont les adhérents qui choisiront le mode de scrutin, une question leur sera posée à l'issue de la commission qui rendra ses travaux en mars. Cette commission, vous avez M. Gérard Larcher, président de cette belle institution que nous sommes aujourd'hui. En l'occurrence, une fois que ces travaux seront rendus et que les électeurs se prononceront, ils auront choix entre deux choses.

Est-ce qu'on choisit Bruno Rotaillot tout de suite en tant que candidat à la présidentielle ou est-ce qu'on considère qu'il n'a pas la légitimité, qu'il n'a pas réussi l'envergure et surtout qu'il n'a pas réussi à se convertir de ministre de l'Intérieur ? Parce qu'hier, on a eu un revival du ministre de l'Intérieur, finalement, sur ce pipite. Est-ce qu'on choisit Bruno Rotaillot ou est-ce qu'on choisit de départager les candidats entre plusieurs personnes qui se présentent ? Et dans ce cas, jusqu'à quel point aussi ? Est-ce qu'on va jusqu'au centre ? Est-ce qu'on va jusqu'à Sarac-Nafo ? C'est quand même pas pareil.

Et en l'occurrence, quand j'entends le discours de Bruno Rotaillot hier, qui est un discours qu'il a toujours tenu sur l'immigration, le référendum aussi sur l'immigration, article 11, etc., sur l'État de droit, mais il ferme quand même la porte au centre, à ce moment-là. Il est très compliqué pour une bonne partie des centristes, même un Édouard Philippe, honnêtement, de se dire, je peux faire cause commune avec un Bruno Rotaillot. Et en même temps, bon, on verra aussi au dernier moment... En fait, je n'arrive pas à savoir si Édouard Philippe et Bruno Rotaillot pourraient, à un moment donné, comme ça existe dans l'air, comme idée, faire un ticket. Ça paraît quand même un peu hypothétique.

Est-ce qu'ils ont des rapports réellement, même personnels ? Pas énormément. Et de l'autre côté, vous avez quelqu'un qui toque à la porte, Sarac-Nafo, qui, en plus, a la porte ouverte par Laurent Wauquiez et David Lissnard, il ne faut surtout pas en parler. C'est vraiment un danger. C'est considéré comme un danger. Donc, Bruno Rotaillot, à part fermer la porte à une primaire, il est un peu coincé.

32:05
Présentateur

Et vous parliez de Bruno Rotaillot, ministre de l'Intérieur. C'est aussi l'angle d'attaque choisi par le Rassemblement national pour critiquer sa candidature. C'est assez facile. Son bilan au ministère de l'Intérieur, son appartenance au gouvernement. On va écouter le porte-parole du RN qui était sur notre plateau il y a quelques minutes. Laurent Jacobelli.

32:22
Locuteur non identifié

Il y a Bruno d'un côté, il y a Rotaillot de l'autre. Moi, je rappelle qu'en tant que ministre, il n'y a pas si longtemps, il y a quelques semaines, il est le ministre de l'Intérieur qui a laissé rentrer en France le plus de migrants légaux. Le plus. Il est le ministre de l'Intérieur qui a raté sa négociation avec l'Algérie pour la reprise des OQTF français. Il est celui qui a vu les taux d'insécurité, notamment de crimes, augmenter, voire exploser. Alors, évidemment, une fois qu'il n'est plus ministre, il fait le beau et il parade. Moi, vous savez, quand je vois un LR, je n'écoute pas trop son discours. Je regarde plutôt son bilan. Et en général, vous n'êtes pas députés.

32:57
Présentateur

Mais si vous voulez, c'est un atout ou c'est un boulet l'année passée au ministère de l'Intérieur ?

33:02
Invité politique

Le problème, c'est que, si vous voulez, toute l'argumentation de Bruno Rotaillot, c'était de rentrer au gouvernement pour être utile. C'est ce qu'il disait. Pour pouvoir imprimer la marque, justement, des LR sur l'action publique, même s'il s'agissait de se différencier du président de la République et du macronisme. Malheureusement, c'est qu'il n'a pas eu, et c'était le sujet principal, c'est qu'il n'a vraisemblablement pas eu les moyens de sa politique. Et donc, n'ayant pas les moyens de sa politique, son résultat, son bilan apparaîtra décevant pour ceux qui étaient en demande de fermeté et d'autorité. On l'a bien vu, par exemple, sur le dossier algérien.

Sur le dossier algérien, Bruno Rotaillot a eu un discours, en effet, qui était un discours de très grande fermeté vis-à-vis du pouvoir algérien, notamment quand Boilem Sansal était emprisonné, mais n'a pas pu, finalement, prendre les mesures qui étaient les mesures que son discours incitait à prendre. Donc, en effet, il se retrouve avec un bilan qui est contrasté. Et bien sûr, vous voyez bien que le Rassemblement national, de ce point de vue-là, appuie un peu là où ça fait mal. – En l'occurrence, pour moi, Bruno Rotaillot, en fait, a fait une erreur. Cette dernière année, c'est de se présenter à la tête de LR. Les Républicains, c'est pas un parti qui a vraiment le vent en poupe.

C'est plutôt un fil à la patte. Je me souviens, pendant les Européennes, quand Bellamy, qui est son décalque, et qui est un de ses amis, d'ailleurs, se promenait sur les marchés, faisait campagne, ce qu'on entendait, c'était « On vous aime bien, monsieur Bellamy, mais votre problème, c'est votre parti. » Ben, Bruno Rotaillot, c'est pareil. On lui dit « Son problème, c'est son parti. »

34:43
Présentateur

– Mais là, il aurait pu se présenter à la présidentielle hors LR ?

34:47
Invité politique

– Honnêtement, oui, parce que, déjà, je pense qu'il n'aurait pas été à la tête de LR. Laurent Wauquiez, qui est quand même un très, comment dire, assez dur dans les négociations, aurait peut-être permis à LR de rester au gouvernement au moment de Le Cornu 1. Au moins, Bruno Rotaillot ne se mettait pas à découvert, pouvait peut-être garder son portefeuille, pouvait garder son portefeuille parce qu'il avait quand même une bonne code d'opinion. – Mais Laurent Wauquiez l'aurait laissé aller,

35:18
Présentateur

aller à la présidentielle, si lui-même avait été président du LR ?

35:21
Invité politique

– C'est comme aujourd'hui, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, Bruno Rotaillot, il essaie d'éviter la primaire, mais à la fin, ça peut faire comme… Honnêtement, je pense que ça va faire comme du Bertrand, 2021, il s'est présenté, et six mois plus tard, il a fallu qu'il se range à la primaire, et bien Laurent Wauquiez aurait pu être totalement la même chose, sachant qu'en plus, il n'y aurait pas eu de véritable campagne interne pour la présidence du parti, un parti qui est quand même assez moribond. Laurent Wauquiez aurait eu aussi le bilan de ce budget, justement, qui a été voté à l'Assemblée nationale. LR a quand même accepté la suspension de la réforme des retraites, c'est pas peu de choses.

Donc, en l'occurrence, je pense qu'au contraire, il avait de laisser la tambouille de partis à Laurent Wauquiez et d'éviter, en plus, de prendre des tirs de la part des cadres ou des élus locaux en pleine campagne municipale. Non, je pense qu'il se protégeait plutôt, et surtout, il se laissait la possibilité d'avoir un vrai bilan à l'intérieur. Parce que, qu'il ait fait ou non des choses, le problème, c'est qu'il est resté 12 mois. 12 mois, vous ne pouvez pas faire grand-chose. La réalité est celle-ci, aujourd'hui. Vous avez, en plus, une administration extrêmement lourde. Vous avez eu une instabilité politique chronique.

Donc, il aurait pu, sincèrement, en tirer plus de bénéfices qu'aujourd'hui.

36:33
Présentateur

Merci à tous les deux. Merci. Merci, Arnaud Benezetti. Merci, Lou Frittel, d'avoir été avec nous, directeur de la nouvelle revue politique. Arnaud et Lou Frittel de Paris Match. On va terminer par l'histoire du jour. Est-ce que vous reconnaissez ce macaron rouge et bleu ? Je ne sais pas si on va le voir. Il arrive, voilà. Il est en un petit peu petit. C'est celui des relais routiers. 90 ans d'existence dans les années 60. La France en comptait 3 500, dont une centaine sur la célèbre nationale 7. Aujourd'hui, il n'y en a plus que 300. Fini les établissements qu'on trouvait tous les 10 ou 15 kilomètres et qui sont un lieu de convivialité pour les chauffeurs routiers.

Mais voilà, la crise du Covid et les difficultés du pouvoir d'achat sont passées par là. Ils ont pris l'habitude de la gamelle. Ils ont vu qu'on pouvait économiser sur ce que leur donne leur patron pour manger. Ils ont du mal à revenir. C'est ce que confie la gérante d'un relais routier. Pourtant, les prix des menus n'excèdent pas 17,50 euros. La marque cherche donc à se réinventer en misant notamment sur la convivialité et la nostalgie de cette enseigne emblématique. Merci à tous les deux. Merci d'avoir été avec nous.

Municipales : les maires écologistes en sursis ? — Bruno Retailleau · Pourquijevote