Budget, vote de confiance, chômage...La prise de parole de François Bayrou devant la CFDT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00François BayrouChiffre
« Cette charge dont nous accablons aujourd'hui les Français qui sont au travail et dont nous acceptons que soit accablé dans l'avenir les plus jeunes d'entre nous. »
- 13:00François BayrouChiffre
« 49 % des salariés français disent vivre en état d'anxiété au travail quand ils sont 30 % en moyenne dans l'Union européenne et 12 % en Allemagne. »
- 15:00François BayrouFait
« La France a un taux d'accident du travail deux fois plus élevé que la moyenne européenne avec un nombre inacceptable d'accidents graves et mortels. »
- 18:00François BayrouChiffre
« L'indemnisation des arrêts de travail a cru de plus de 10 milliards d'euros entre 2017 et 2022. »
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Madame la secrétaire générale, madame monsieur le secrétaire général adjoint, madame la ministre, madame la préfecte et mesdames et messieurs parmi les très nombreux défauts et très soulignés qui sont les miens, il en est un dont je veux bien reconnaître l'étrangeté et la gravité, c'est que je suis très sensible au signes. Nous sommes en août 2025 et il y a exactement un siècle, en 1925 était élu ici à Bois la rivière un nouveau maire. Et le nouveau maire de Boissy la Rivière, c'était un philosophe engagé, militant engagé. qui va jouer un très grand rôle dans l'histoire de France et un très grand rôle dans le courant d'idée de conviction qui fait que nous partageons le orange qui est votre bannière et la nôtre.
Il s'appelait Marc Sandier et il avait acheté ce domaine en 1921. Il a été élu maire en 1925 comme je le disais et il a offert ce domaine à la CFTC, le grand syndicat chrétien d'avant et d'après-gerre. d'où la CFDT par la majorité de ses adhérents a été issu et vous m'accordez et Marie-Lise Léon m'accordera et Yvan Ricordo m'accordera que ce n'est pas votre organisation ni ma demande qui avait prémédité l'organisation de ce débat ici à Biille.
C'était la bourse du travail qui devrait nous qui devait nous accueillir et vous savez que si cette rencontre n'a pas été possible là-bas, c'est en raison de l'évolution contrastée des relations entre les organisations syndicales. Vous voyez par quel détour le hasard, certains diront le destin, vous choisirz le mot que vous préférez, a voulu que par votre décision nous retrouvions ici à Bièreville. Permettez-moi d'y voir une manière pour la présence immatérielle, mais moi je crois réelle, d'un esprit comme celui de Marcier, de susciter une rencontre inédite entre ces héritiers syndicaux, ces héritiers politiques, ces cohéritiers en idéalisme. et en responsabilité.
Une phrase de Marxien a inspiré toute ma vie, pardon pour ceux qui m'ont entendu la ressasser à longueur d'événements et je suis sûr qu'elle pourrait inspirer la vôtre. Marxier dit "La démocratie, c'est l'organisation sociale qui porte à son plus haut la conscience. et la responsabilité des citoyens.
C'est exactement conscience et responsabilité ce qui est pour moi le l'essentiel des raisons pour lesquelles femmes et hommes, nous choisissons de nous engager dans le monde comme il est au moment où il se trouve au service d'une certaine idée de la société que nous construisons ensemble. Et j'ai été très souvent heureux de partager avec vos responsables. Permettez-moi de le dire à Maris Léon dont j'admire la constance et la combativité et à Yven Ricordau, parce qu'on a beaucoup travaillé aussi ensemble.
Permettez-moi de vous dire que j'ai à chaque moment vérifié que conscience et responsabilité était en effet les deux exigences qui nous permettent d'aborder parfois d'affronter le monde comme il est. Vous voyez très bien dans quel moment nous sommes et c'est un moment extraordinairement inquiétant. C'est un moment précisément de bascule alors que nous imaginions révolue ou en tout cas presque révolue le monde des rapports de force, de la force militaire, de la force financière, de la force commerciale, de la domination par les réseaux.
Euh nous croyons que c'était un monde d'avant et que la loi avait pris la place de la force et c'est le contraire que nous constatons tous les jours. Partout, c'est la force qui triomphe et non plus le respect du droit. Et ce monde en particulier nous rend attentif à une chose qui que nous avons en partage, c'est que l'esprit européen pour lequel Marxier a tant fait depuis l'œuvre des auberges de jeunesse jusqu'aux jusqu'au lancement des amitiés franco-allemandes après la guerre lorsqu'il est à l'Assemblée nationale député du groupe de notre courant de pensée député du MRP. cette Europe là que nous avons voulu pour qu'elle parle d'une seule voix, qu'elle porte la défense d'une société, de ses valeurs fondatrices, cette Europe apparaît hélas, inconsistente et soumise.
Nous venons de le vivre avec la décision unilatérale qui a été prise par les États-Unis de monsieur Trump, imposant aux Européens des droits de douane de 15 % sur toute leur production. sans même que nous ayons la véléité de nous défendre. Et cela si ça peut s'expliquer sans doute économiquement pour des facilités mais ça ne peut assurément pas être défendu symboliquement.
Mario Dragui, qui est un autre des rejetons de ce courant de pensée l'a dit la semaine dernière dans un discours très important à Rimini. Il a dit cet été le rêve d'une Europe qui compte dans le monde s'est évaporé. Et nous savons tous bien, vous syndicalistes et moi militant engagé et responsable public, nous savons tous bien ce que cet effacement de l'Europe représente pour nous et nous savons qu'à cet idéal de conscience et de responsabilité, nous ne renoncerons jamais.
Et nous savons, comme à chaque époque de notre histoire qu'il va falloir reconstruire à partir de nos idéaux. Alors, je voudrais vous dire le plus profond de ce que je pense. Je pense qu'un nouveau monde est en gestation en raison des impératifs qui devraient être écologique, qui devrait être prise en en charge, de la survenue comme une vague, comme un tsunami de l'intelligence artificielle, de la numérisation générale de la société. et de la logique de domination des empires que je décrivais un peu plus tôt.
Tout cela va bouleverser profondément la société dans laquelle nous vivons. Face à cette nécessité, le premier risque, celui dont nous ne nous relèverions pas, c'est le déni. Alors, je vais pas refaire devant vous la totalité des arguments que j'ai développé depuis des mois hier encore sur la dette.
Mais cette charge dont nous accablons aujourd'hui les Français qui sont au travail et dont nous acceptons que soit accablé dans l'avenir les plus jeunes d'entre nous. Cette charg elle va écraser les initiatives, elle va empêcher le déploiement des innovations. Associé à l'effondrement démographique, elle va mettre en péril le contrat social du pays. un pays construit sur son contrat social et qui va se trouver tout d'un coup à voir s'effondrer les piliers sur lesquels il y a 80 ans exactement par exemple la sécurité sociale a été construite.
Et donc, j'ai pris le risque de mettre devant leur responsabilité les représentants des Français notamment à l'Assemblée nationale. C'est un moment de clarification et c'est un moment de vérité. Alors, je vois bien tous ceux qui devant cette exigence de clarification choisissent d'être purement et simplement les artisans du chaos.
C'est le contraire de l'esprit de responsabilité et même de coresponsabilité que défend le courant démocratique, social, lucide, réformiste qui soude les militants de la CFDT et qui est en partage avec les militants de la démocratie sociale. tout le contraire de ce que cela veulent. Et donc dans les 13 jours qui viennent, les Français vont choisir, vont influencer leurs représentants pour qu'ils choisissent et disent s'il se placent du côté du chaos ou du côté de la conscience et de la responsabilité.
Une fois la réalité acceptée, comme un grand peuple, nous pouvons dire "Nous ne fuirons pas nos responsabilités, nous avons la charge de nos enfants et on ne va pas les laisser dans cette dérive." Alors, il y a précisément là à inventer le monde nouveau. Et cela passe autant, c'est ma conviction, par la démocratie sociale que par la démocratie politique.
Et c'est pourquoi je veux avec vous aborder un certain nombre qui existent de novation profonde. D'abord parce que nous devons regarder nos faiblesses en ce qu'elles sont incompréhensibles qui ne s'expliqu par la multiplication de choix erronés, de choix dilatoires qui existent depuis des années, depuis la dégradation de notre balance commerciale jusqu'à l'acceptation générale de la de la désindustrialisation à commencer par l'éducation nationale. où nous avons plongé dans tous les classements planétaires.
Et donc de ce point de vue- là et c'est vrai aussi pour ce qui concerne le chômage, particulièrement le chômage des jeunes dont le taux accrue et passé à 19 % un jeune sur 5 au chômage alors que des centaines de milliers de postes demeurent non pourvus dans l'industrie et dans le tertiaire. Alors même que les entreprises ne parviennent pas à recruter et à trouver des jeunes pour s'engager et prendre des responsabilités. Ces questions que je balis devant vous, je veux affirmer une chose essentielle.
Elles ne sont pas solubles si nous n'avons pas conscience du caractère vital de la démocratie sociale dans leur résolution. Il n'est pas possible de répondre au problèmes aussi complexes d'une nation. En ayant comme référence unique la démocratie politique.
La démocratie politique ne peut pas prendre en charge la totalité de la complexité d'une société. Si on se laisse aller à cette illusion, alors inévitablement tout remonte au sommet politique et donc aux affrontements. Et donc il ne reste dans une telle société que deux attitudes possibles.
Ou être contre. Et évidemment c'est le contre qu'on choisira le plus souvent. Nous avons un besoin impératif de complémentarité. entre la démocratie sociale et la démocratie politique pour affronter les immenses défis qui se dressent devant la France et devant l'Europe.
Et c'est parce que nous sommes devant des moments si difficiles, si inédits, que nous avons le devoir d'inventer un monde plus juste. Et cela passera en particulier par la confiance dans les organisations représentatives et dans les organisations syndicales en particulier. Or ces dernières décennies, c'est très précisément l'inverse ce qui s'est passé.
Le fonctionnement des régimes sociaux a été en grande partie étatisé et il faut y voir selon moi la conséquence de ce mal français. Au fond, l'État ne fait pas confiance à la société. Sans confiance de l'État, il n'y a pas de responsabilité collective.
Et dans cet esprit de responsabilité au regard des réussites par exemple des partenaires sociaux dans la gestion de certains régimes, notamment des complémentaires retraites, je propose que nous changions de cap et que nous fassions pleinement et entièrement confiance aux partenaires sociaux en leur confiant la gestion des principaux piliers du système de protection sociale, notamment les assurances chômage et vieillesse et cela avec une règle d'or que la condition d'équilibre financier soit fixée dans la loi afin de ne pas faire peser sur les générations futures le poids du surendettement et des dérives financières. Ce changement d'architecture, c'est un changement de monde et je voulais l'énoncer devant vous. s'engager ch Marie-Lise Léon, c'est un verbe qui vous intéresse et qu'on va découvrir dans les jours qui viennent sur la couverture de votre livre.
S'engager, c'est faire preuve de combativité et d'un véritable esprit de dialogue afin de faire vivre la démocratie, ensemble les injustices. Je suis témoin que pour tout ce qui a concerné la concertation sur les retraites, ce qu'on a appelé le conclave entre guillemets avec d'autres organisations syndicales, vous avez pu proposer des améliorations du système et notamment, j'y tiens, un meilleur calcul de la pension des retraites et un accès facilité au dispositifs de carrière longue pour les femmes qui ont connu des périodes de maternité et une meilleure prise en compte, une vraie prise en compte de la pénibilité du travail. Comme je m'y suis engagé, le gouvernement présentera pour des articles pour retranscrire dans la loi des avancées sur ces points et le parlement aura le dernier mot sur ces mesures avec les procédures adaptées pour faire adopter ces véhicules législatifs.
C'est pourquoi j'ai proposé un plan d'ensemble pour retrouver une situation économique et financière qui nous permette d'honorer la promesse française de solidarité. Ce plan repose et il n'est pas facile. Je lis dans vos pensées.
Ce plan repose sur deux piliers. le premier pour arrêter l'expansion incontrôlée de notre dette et le second pour relancer la capacité de production de notre pays. Dans la définition de ce plan, une conviction nous a guidé.
On ne peut refonder un modèle de justice sociale en bafouant la justice sociale, mais on ne peut assurer la justice sociale, la solidarité, la redistribution si l'on sape la condition de son équilibre qui est la croissance de l'économie française. Toutes les propositions que nous avons faites sont ouvertes au dialogue dans le cadre fixé par cette conviction. Lorsque vos moyens sont plus importants, votre contribution au redressement des finances publiques doit l'être aussi.
C'est pourquoi un effort spécifique sera demandé au plus haut revenus, à ceux qui optimisent leur fiscalité en particulier. Et les niches fiscales qui profitent d'abord au ménage aisés et aux grandes entreprises seront supprimées chaque fois qu'elles seront constaté comme injuste et inutile. À cette suppression, il faut ajouter la réduction de plusieurs ou le rééquilibrage de plusieurs aides aux entreprises.
Vous savez que le Sénat a publié un rapport indiquant que c'était 211 milliards. La vérité c'est que ce rapport additionne des sommes de nature très différentes, des subventions, des prêts. Mais nous avons la conviction qu'un rééquilibrage peut se produire avec une diminution des aides aux entreprises équilibré par un allègement des normes, des complexités des de la bureaucratie qui vient alourdir comme vous savez un rapport européen récent l'a montré.
Dans les autres pays européens, le poids de ces normes et de cette bureaucratie est de l'ordre de 05 à 08 % de la production par an. Or, en France, c'est estimé par le même rapport à plus de 4 %. Si vous vous rendez compte ce que représente euh le potentiel euh de productivité et de production de ces 4 %.
Et donc nous identifions actuellement ces normes superflu et nous allons les simplifier. Ce gain d'efficacité doit permettre de revenir sur certaines aides que la puissance publique par une sorte de compensation accorde aujourd'hui aux entreprises. Il suffirait de supprimer les raisons de la compensation.
Enfin, la lutte contre la fraude sociale et fiscale va être intensifiée grâce à un projet de loi pour renforcer la lutte contre l'évasion fiscale, étendre la responsabilité au donneur d'ordre en cas de travail dissimulé et mieux contrôler les actions de formation financées sur fonds public. Si la justice sociale n'était pas notre souci, aucune de ces mesures n'aurait été proposées. Elles peuvent toutes être ajustées, améliorées, rendu plus intelligentes.
Elles ne sont pas beaucoup sans doute au départ grâce au dialogue avec les organisations syndicales mais sur la base du respect y compris pour les organisations, y compris pour le gouvernement. Sur la base du respect de la bonne foi et de la recherche de justice de chacun. Personne n'essaie de tromper personne.
Et cela vaut aussi pour le deuxème axe du plan, c'est-à-dire celui de la relance de la production. Je me refuse et pas depuis cette année à admettre qu'un pays comme le nôtre, grand pays de recherche, grand pays de technologie, grand pays de compétence, d'inventivité, d'énergie se résolve au déclassement que nous subissons depuis des années. Le séisme commercial que nous vivons appelle un ressais européen notamment en ce qui concerne les mesures de défense commerciale et de préférence européenne.
Elle appelle aussi une action de l'État dans le soutien aux entreprises et filières en difficulté. Je défends depuis des années, notamment quand j'étais commissaire au plan avec un certain nombre d'entre vous que nous devons définir des stratégies de filière sur la base d'une analyse produit par produit des chiffres du commerce extérieur qui associera les pouvoirs publics et les grandes entreprises pour apporter un soutien décisif à la création d'activités nouvelles et à la volonté d'équilibrer les chapitres dans lesquels nous sommes absents. Mais nous devons également examiner les fondations de l'ensemble de l'activité productive.
Je veux en mentionner trois. L'investissement, les compétences et les conditions de travail. Nous devons d'abord préserver et favoriser l'investissement productif.
Cela concerne la recherche. C'est pourquoi la trajectoire prévue par la loi de programmation de la recherche en 2020 va être poursuivie. Cela concerne les filières d'avenir dans lesquelles nous continuerons d'investir notamment au travers de France 2030.
Cela concerne plus largement l'investissement dans l'outil de travail. Si nous voulons que notre économie, que chaque entreprise, que chaque service public se dote des meilleures technologies numérique de l'intelligence artificielle partout où elle permet des avancées réelles et respectueuses du travail, des meilleurs moyens de limiter le réchauffement climatique et de s'y adapter. Alors, nous devons mieux fléchir les aides aux entreprises et notamment, je le disais, faire une revue des niches fiscales dès le prochain budget avec les commissions parlementaires.
La relance de la production repose également, c'est un grand combat et la CFDT y est engagée depuis longtemps sur la mobilisation des compétences. Nous nous privonons bien plus que nos voisins européens des compétences des jeunes et des compétences des travailleurs expérimentés. En ce qui concerne l'emploi des jeunes dont la première expérience sur le marché du travail reste trop marquée par les difficultés, les contrats de courte durée et l'absence de perspective, les ministres de l'éducation nationale et du travail ont présenté au mois de juillet un plan d'urgence dès cette rentrée et tout à l'heure Astrid vous en parlera.
Dès cette rentrée, nous allons également améliorer leur orientation et préparer l'expérimentation d'une année de propédotique commune au BTS des filières de production et du tertiaire. Pour les travailleurs expérimentés, l'accord interprofessionnel conclu le 14 novembre dernier a été transposé dans un projet de loi qu'il revient maintenant à l'Assemblée nationale d'approuver définitivement. Si le taux d'emploi des 55 64 ans a progressé, nous ne pouvons accepter qu'il demeure de 5 points inférieur à la moyenne européenne.
Ce projet de loi comporte aussi pour l'ensemble des actifs des mesures de simplification des transitions professionnelles qui transposent l'accord interprofessionnel du 25 juin. Et je veux saluer votre action et l'action générale des partenaires sociaux qui ont permis ses avancées. La relance de la production passe par cette plus grande mobilisation des compétences, mais notre situation ne nous permet pas d'ignorer d'autres moyens possibles de les solliciter.
Le temps de travail des actifs à temps complet à la moyenne européenne et il est impossible que cet accord n'ait pas une répercussion sur notre prospérité. La question du travailler plus, de travailler plus nombreux, travailler dans une meilleure organisation se pense se s'impose et je pense aussi à l'amélioration du retour à l'emploi et donc au fonctionnement de l'assurance chômage. Les causes du paradoxe que nous connaissons, 7 et5 % de taux de chômage mais 450000 postes non pourvus.
Ces causes sont multiples et elles tiennent notamment aux conditions de travail que j'évoquerai dans un instant. Mais nous pouvons certainement rendre plus efficace le retour à l'emploi, par exemple avec une adaptation de la rupture conventionnelle trop souvent détourné de sa justification. Sur ces sujets également, j'ai proposé aux partenaires sociaux d'ouvrir un dialogue et je me suis engagé à ce que ce dialogue respecte les principes que vous avez défendu dans l'accord interprofessionnel du 15 novembre, en particulier en ce qui concerne les conditions d'indemnisation des jeunes et des seiors.
Est-ce que nous pouvons envisager différemment que cela a été prévu à l'ouverture de ce dialogue ? différemment la question de la durée pour ouvrir les droits au chômage. Je suis tout à fait prêt à y réfléchir.
Enfin, troisème grand combat sur lequel je veux insister devant vous. La relance passera aussi par l'amélioration des conditions de travail. Il y a 4 ans, au sortir de l'épidémie de Covid, la France, comme d'autres pays, a été touchée par une grande remise en question du travail.
Je n'ai jamais vu dans ce mouvement une crise de paresse. J'ai voulu notamment dans mes fonctions de haut commissaire au plan en analyser les ressorts profonds et il est apparu que ces ressorts profonds tenaient en France à un sentiment de perte de sens et de perte de reconnaissance du travail nourri par des causes multiples allant de la pression croissante dans notre société sur le court termisme notamment financier à lire irruption non contrôlée de certaines technologies. En passant, je veux pas l'ignorer, je veux pas l'oublier par la difficulté de plus en plus grande à se loger grâce à son travail.
Mais une cause est apparue plus immédiate que les autres, le caractère particulièrement vertical dans l'organisation de nos façons de travailler. Or, la CFDT a depuis longtemps réfléchi au moyen de combler ce handicap en renforçant notamment le dialogue professionnel et en l'articulant avec le dialogue social. C'est le dialogue professionnel qui souvent permet d'alerter quand la charge du travail dérape.
Nous ne pouvons pas accepter que 49 % des salariés français disent vivre en état d'anxiété au travail quand ils sont 30 % en moyenne dans l'Union européenne et 12 % en Allemagne. J'aurai l'occasion ce jeudi devant vos partenaires du MEDF dans la rencontre dite des entrepreneurs de France de demander et de proposer les moyens de les impliquer davantage sur ce sujet. Mais c'est l'ensemble de nos conditions de travail que nous pouvons et devons améliorer.
Personne ne le sait mieux que les organisations syndicales. Je serai votre porte-parole. Voyez, c'est pourquoi c'est pourquoi j'ai souhaité identifier avec elle les sujets sur lesquels une grande négociation sur le travail, les conditions de son exercice et la levée des freins identifiés au recrutement devait être ouverte.
La ministre du travail mène depuis hier des concertations pour en définir les objets et il est inutile, mais je vais le faire quand même, de lui dire ma confiance sur ce sujet. Je crois que cette négociation pourra notamment faire de la prévention des risques professionnels une priorité quotidienne. La France a un taux d'accident du travail deux fois plus élevé que la moyenne européenne avec un nombre inacceptable d'accidents graves et mortels et je dis pas ça en l'air parce que mon père s'est tué dans un accident du travail.
La négociation pourra également améliorer la condition des salariés en temps partiel contraint qui pour 80 % d' ont des femmes en ce qui concerne leur salaire, la prise en compte de leur temps de trajet, la réduction des coupures horaires qui asservissent le temps libre. Elles pourront enfin renforcer le dialogue social dans les très petites, petites et moyennes entreprises et accroître un jour combat ancien et qu'il faut faire aboutir la place des salariés dans les conseils d'administration. En parallèle, le gouvernement va continuer à inciter les branches professionnelles à revaloriser leur grilles et à négocier pour améliorer les conditions de travail.
Ni dans sa finalité, ni dans ses modalités, cette négociation que nous ouvrons n'est une dérégulation sauvage comme il m'est arrivé de l'entendre dire. Elle entend les demandes de simplification portées par les employeurs et partagées par nombre de salariés. Mais elle entend aussi les demandes d'amélioration des conditions de travail portées par les salariés et les organisations syndicales.
Elle est donc tout sauf une vision unilatérale, mais elle peut certainement être enrichie par le dialogue social. Certaines propositions du gouvernement ont suité de vives interrogations, par exemple en ce qui concerne l'indemnisation des arrêts de travail. Mais ici non plus le constat ne peut être éludé.
En dehors des maladies professionnelles et des accidents du travail, l'indemnisation des arrêts de travail a cru de plus de 10 milliards d'euros entre 2017 et 2022. Et un/ers au moins de cette hausse ne s'explique ni par le vieillissement de la population active, ni par la progression des salaires. Les moyens de lutte contre cette augmentation immétrisée en mettant tant les entreprises que les salariés face à leur responsabilité doivent aussi figurer dans la négociation.
D'autres négociations devront être ouvertes, essentielles, fondamentales, structurell. notamment sur le financement de notre protection sociale qui aujourd'hui pèse, on en est très nombreux à en être d'accord lourdement sur le travail et donc sur la rémunération des salariés. C'est un chantier d'importance primordiale qu'il nous faudra ouvrir.
C'est encore le nouveau monde que j'ai évoqué devant vous. Le discours que je tiens devant vous n'est pas facile à tenir et pas aisé à entendre parce que la réalité est dure. Je sais que pour beaucoup de Français, la vie quotidienne l'est aussi.
Je n'y rien de tout cela et j'aurais, je vous assure, préféré que la réalité soit plus favorable et que nous ayons davantage de moyens pour laisser la place à des améliorations toutes souhaitables. Mais la lucidité et la franchise sont pour moi les conditions premières de la démocratie. Elle m'oblige à indiquer devant vous les problèmes que je vois et les moyens de les résoudre de la façon la plus acceptable par le grand nombre.
C'est mon rôle à la tête du gouvernement. Si d'autres vous affirment en vous regardant dans les yeux que ces problèmes n'existent pas ou qu'on les exagère ou qu'il suffit de s'en prendre à telle ou telle catégorie pour les résoudre. Aux étrangers disent les uns, aux riches disent les autres.
Alors, soyez sûr que cela, s'ils exercent le pouvoir un jour, non seulement ne résoudront pas la situation, mais ça pouront un peu plus encore. Notre cohésion sociale et républicaine et l'efficacité de la République. C'est ce souci de clarification du débat public qui m'a conduit à annoncer hier l'engagement de la responsabilité du gouvernement le 8 septembre prochain.
La question centrale, vous la connaissez. Y a-t-il ou pas ? Y a-t-il ou pas ? urgence nationale à rééquilibrer les comptes du pays, à échapper parce que c'est encore possible au surendettement en choisissant de réduire nos déficits et de produire davantage.
Voilà la question centrale. La discussion sur les mesures est une étape différente qui va être menée avec les partenaires sociaux quand ils l'accepteront et avec le Parlement dans la discussion budgétaire. La France, j'en suis sûr, est pleinement capable d'affronter ses problèmes à une condition certaine que la logique du tout ou rien cède devant la conscience partagée et l'exercice de la responsabilité dans l'intérêt commun que nous avons à discuter.
Je vous remercie aujourd'hui de confier donc le système de l'assurance vieillesse, assurance chômage aux partenaires sociaux, ce serait une nouveauté en France à ce point-là. Mais comme chacun peut s'en rendre compte, on est en train de changer de monde. Il y a un nouveau monde, j'ai dit, qui est en gestation, qui est en train de naître.
Ce monde, il exige deux qualités ou en tout cas deux courages. Le premier courage, c'est le courage de la lucidité. J'ai dit hier à tous les Français et et à tous ceux qui les représentent qu'on ne peut pas construire l'avenir en ayant la gravité de la situation dans laquelle nous place la dette. des gens qui peuvent faire semblant.
Mais il est pas possible consentir si on laisse s'accumuler comme on le fait depuis des décennies au-dessus de notre tête des milliers de milliards que ceux qui sont au travail et les enfants qui viendront devront rembourser. On peut dire on s'en on ne s'en occupe pas, on veut continuer comme avant. On veut rien changer.
Et moi je dis que ceci est suicidaire. Il y a une deuxième qualité qu'il faut avoir, c'est accepter de changer le monde. Je suis persuadé que on a le plus grand besoin de confier à la société, aux français organisés qui réfléchissent des responsabilités que l'État n'arrive pas euh tout seul à exercer.
Et parmi ces responsabilités, il y a la celle des des organisations du pacte social français, c'est-à-dire la séc, les retraites, le chômage que les partenaires sociaux ont montré qu'il savaient gérer par exemple sur les retraites complémentaires de la GIR Carco. Et je pense que la période où le le pas décisif que nous devons faire, c'est d'aller plus loin et de confier la responsabilité de ces grandes organisations sociales avec un contrat fondamental, c'est il faut qu'on respecte l'équilibre financier de ces organisations. Et je trouve que en effet c'est une proposition forte, capable de changer les choses. une de celles qui peuvent permettre de construire dans la paix civile et dans l'efficacité le nouveau monde dont nous avons besoin et de vous maintenir au gouvernement et de vous maintenir ou peut-être vous n'avez pas écouté hier mais si vous avez écouté vous aurez conclu une chose assez simple c'est que je considère que je ne suis pas là pour assurer ma sécurité je suis pas là pour assurer la durée je suis pas là pour durer contre je suis là au contraire pour queon s'occupe de l'essentiel qu'on ait le courage avec les Français qui m'ont écrit par milliers de dire voilà la situation de la regarder en face de ne pas accepter qu'on nous en détourne et de ne pas accepter en particulier qu'on nous en détourne pour créer un désordre dans la société française de se relation sur chômage vous venez d'envoyer une lettre de cadrage aux partenaires sociaux est-ce que c'est pas contradictoire avec cette autonomie vous dites vous voulez leur laisser la gestion mais vous leur imposez de renégocier Ben je les invite, d'abord, nous nous sommes engagés, je l'ai dit, à respecter l'accord qui avait été conclu euh à la fois sur les jeunes et sur les seiors, mais je les invite à regarder les difficultés et en face et par exemple à s'interroger sur cette question centrale.
Comment on peut avoir un jeune sur C au chômage et que les entreprises ne trouvent pas ces jeunes pour s'engager ? Est-ce que vous maintenez l'objectif de 4 milliards d'économie sur l'assurance chômage en 2030 et d'autre part ? Juste vous n'avez pas parler du tout des jours fériers dans votre discours aujourd'hui à la CFDT.
Est-ce que vous abandonnez ce projet ? Non, peut-être vous n'avez pas bien entendu. Je répète devant vous, il y a deux étapes.
La première étape, c'est est-ce qu'on est d'accord sur le constat ? Est-ce que entre citoyen et organisation, est-ce qu'on peut accepter de se dire on est aujourd'hui écrasé par la dette et on menace d'être submergé par la dette ? Est-ce qu'on peut se mettre d'accord pour dire ça c'est la situation et c'est à cette situation qu'il faut répondre et si on veut répondre à la situation ça veut dire en effet qu'il faut des efforts.
Après il y a les mesures, la proposition des jours fériers dont j'avais annoncé depuis le départ qu'elle était flexible cette proposition des jours fériers et d'autres sont des mesures pour répondre à la question et je suis prêt à examiner, je l'ai dit, toutes les mesures. Est-ce que vous avez été surpris par la rapidité pardon ? Est-ce que vous avez été surpris à la rapidité par laquelle les oppositions de gauche et du RN vous ont dit non immédiatement hier ?
Est-ce que vous croyez encore à un miracle d'ici de semaines ? Il y a très longtemps que je suis habitué à la rapidité pour dire non et à la lenteur pour dire oui. On a 13 jours maintenant devant nous et je suis absolument persuadé que beaucoup beaucoup de Français se disent "Mais qu'est-ce qu'il peut y avoir après ?" L'alliance entre LFI et le RN.
Ça conduit la France où ? Quel est le lendemain de tout ça ? Ce sont des organisations politiques pour certaines d'entre eux brutales qui sont absolument antagonistes l'une contre l'autre.
Et c'est par leur addition des voix qu'on se trouverait dans une crise politique. Et cette crise politique qui l'a péré comme l'an dernier au moment de la censure, c'est les Français qui l'ont payé. Et donc parce que ce sont des milliards que coûteraient à la France la crise.
Et donc si nous sommes là, c'est pour éviter la crise, pour que les Français se disent "Mais ce que nous voulons, c'est la paix civile. Ce que nous voulons, c'est qu'on réponde aux questions, mais qu'on réponde aux questions lucidement en acceptant ce qu'on refuse depuis des décennies de regarder en France la montée de la marée de la dette les les réponses qu'il faut apporter pour en sortir. Et moi, je suis persuadé que c'est un motif d'espoir.
Je suis persuadé que un peuple comme le nôtre peut ouvrir les yeux et dire "Bon, on va pas laisser faire ça." Vous pensez pas vous allez devoir trouver un moyen de faire changer d'avis Parti socialiste et le Rassemblement national. Les socialistes vont changer d'avis 13 jours vont pas changer d'avis.
Je demande à personne ne se renier mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu'on peut avoir. Je suis persuadé qu'il y a parmi les Français un très grand nombre d'entre eux, une majorité d'entre eux qui ont envie qu'on réponde aux questions et qu'on regarde les problèmes en face.
En fait, vous proposez vous proposez au vous vous vous proposez aux députés un référendum pour savoir s'il faut ou non ça euh à la à la à la difficulté de nos finances publiques. Vous aviez référendumation du parlement mais vous aviez évoqué il y a quelques mois l'idée d'un référendum justement sur le budget. Est-ce que aujourd'hui vous n'en voulez pas au président de ne pas avoir pris cette initiative ?
Tout pas du tout. Je je parle beaucoup avec le président de la République et sur cette question du référendum sur le budget, je comprends ses réserve et sa réflexion. Pourquoi ?
Parce que la question c'est de s'interroger sur le jour d'après. S'il y a un nom, qu'est-ce qu'on fait après ? Et donc je comprends parfaitement que qu'il puisse réfléchir.
Et donc j'ai choisi l'autre voix qui est la voix parlementaire qui est la manière la plus directe. On se plaint toujours qu'il y ait pas de démocratie en France. On se plaint toujours que le parlement ne soit pas consulté.
On a protesté beaucoup contre les 493 qui empêchent l'expression des représentants des Français. Ben là, il y a la proposition directe sans ruse que chacun réfléchisse et qu'on regarde si la situation du pays exige ou non qu'on s'en occupe. Ma réponse c'est qu'elle exige qu'on s'en occupe.
Merci beaucoup. On reste ici s'il vous plaît.
François Bayrou