"On est venus à bout", un responsable syndical drômois alerte sur l'épuisement chez les sapeurs pompiers volontaires
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- 0:06OuverteRéponse directe
Les pompiers volontaires vont-ils tenir le choc cet été ?
- 1:21OuverteRéponse directe
Vous avez en tête une situation récente ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Pourquoi en remettre une couche aujourd'hui ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous réclamez très clairement aujourd'hui ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Les pompiers volontaires, c'est plus de huit sur dix.
- 3:50OuverteRéponse directe
Pourquoi ça ne fonctionne pas en fait ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéFait
« ça fait déjà plusieurs années où on est fatigué, où on peine à trouver du monde au niveau SPV. »
- 0:48InvitéFait
« On les garde 6 ans, y compris avec leur formation. Donc c'est-à-dire qu'on les garde 4 ans. »
- 0:56InvitéChiffre
« Et garder un pompier 4 ans, je pense que ça doit coûter cher à la société. »
- 1:03InvitéFait
« Moi ça fait 38 ans que je suis pompier. »
- 1:51InvitéFait
« aujourd'hui, la saison de feu de forêt a commencé très tôt. »
- 2:00InvitéFait
« je pense qu'on est venu à bout au niveau des sapeurs-pompiers volontaires. »
- 2:23InvitéFait
« Le gouvernement a déjà fait un geste concernant la retraite au niveau des sapeurs-pompiers volontaires. »
- 2:36InvitéFait
« où actuellement, moi je pars avec trois trimestres, sauf que sur le premier décret ou la première loi, je pars avec beaucoup plus de trimestres. »
- 3:04InvitéFait
« pour un pompier volontaire, il faut deux ans pour qu'il soit formé. »
- 3:07InvitéFait
« Il faut qu'il prenne ses formations sur ses congés annuels. »
- 4:36InvitéFait
« la dernière fois, moi, j'ai fait une garde de nuit, j'ai sorti cinq fois. »
- 4:46InvitéFait
« il y a des conventions qui ont été passées. »
- 5:25InvitéFait
« L'inquiétude, elle est depuis un moment. »
- 5:55InvitéFait
« Les délais d'intervention sont un peu plus longs. »
Temps de parole
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Le réveil 100% local. Ici matin, jusqu'à 9h. Les pompiers volontaires vont-ils tenir le choc cet été ? On en parle avec notre invité, Emmanuel Champal. Bonjour Jean-Marc Pontal. Bonjour. Responsable de rembois du syndicat des pompiers volontaires de France. L'actualité se percute ce matin avec un très gros incendie à Valence qui a fait une trentaine de blessés. On va y revenir dans le journal à 8h évidemment. Mais avec vous, on va parler plus généralement de cette saison des incendies qui vient de démarrer avec plusieurs feux déjà en Dromardèche ces derniers jours. Et encore ce week-end d'ailleurs. Vous alertez, votre syndicat alerte.
Et ce sont ses propres mots sur un risque majeur d'épuisement des volontaires. Que se passe-t-il ?
Disons que ça fait déjà plusieurs années où on est fatigué, où on peine à trouver du monde au niveau SPV. Où les SPV, on les garde 6 ans, y compris avec leur formation. Donc c'est-à-dire qu'on les garde 4 ans. Il faut les former, il faut les habiller, il faut les assurer. Et garder un pompier 4 ans, je pense que ça doit coûter cher à la société.
Le problème n'est pas nouveau ?
Non, ça fait longtemps déjà qu'on en parle. Moi ça fait 38 ans que je suis pompier. Et des pompiers comme moi, on n'en voit plus. Les gens, je vous dis, actuellement il reste 6 ans. Et on peine à trouver du monde, que ce soit en journée essentiellement. Et donc c'est compliqué. Vous voyez, la journée des centres, nous à Valence, on va sur des centres voisins. Parce qu'il n'y a pas de pompiers sur les centres voisins.
Très concrètement, vous avez en tête une situation qui vous est arrivée assez récemment ?
Ça arrive souvent qu'on va sur Etoile ou qu'on va sur les centres voisins pour intervenir. Parce qu'il n'y a pas de pompiers volontaires disponibles sur la journée. Il y a 3 ou 4 mois, il y a des pompiers professionnels de Romand, Valence ou Saint-Marcel qui allaient à 10 pour monter des gardes la journée. Parce qu'ils n'étaient pas assez nombreux à 10 pour monter des gardes.
On en est à ce point-là.
On en est à ce point-là, oui.
Sachant que ce problème n'est pas nouveau,
pourquoi vous en remettez une couche spécialement aujourd'hui ? Aujourd'hui, la saison de feu de forêt a commencé très tôt. Et donc, on est inquiets par rapport à notre sollicitation qui est de plus en plus importante. Et je pense qu'on est venu à bout au niveau des sapeurs-pompiers volontaires. Il faut tout remettre en cause pour voir l'organisation des pompiers volontaires.
Qu'est-ce que vous réclamez très clairement aujourd'hui ?
On réclame un peu plus d'être reconnus déjà, plus reconnus. Mais cette reconnaissance, elle passe par quoi ?
Vous voulez quoi ? Vous voulez être mieux défrayé ?
Le gouvernement a déjà fait un geste concernant la retraite au niveau des sapeurs-pompiers volontaires.
Avec effectivement des points de bonification. Voilà.
Alors, entre ce qui est fait à la première loi, au premier décret qui a été fait, et le deuxième décret, il y a déjà des changements. Où actuellement, moi je pars avec trois trimestres, sauf que sur le premier décret ou la première loi, je pars avec beaucoup plus de trimestres. Donc déjà, le gouvernement a revu les bonifications de retraite à la baisse. Alors, il y a eu ce petit peu en avant ? Oui, c'est déjà bien par rapport à nous. Maintenant, vous attendez quoi ? On attendait un peu plus, je ne sais pas, d'être reconnus, et puis plus de monde déjà, et puis voir ce qu'on peut faire par rapport à la formation, essayer d'aller plus vite.
Il faut savoir que pour un pompier volontaire, il faut deux ans pour qu'il soit formé. Il faut qu'il prenne ses formations sur ses congés annuels. Donc c'est très compliqué.
Les pompiers volontaires, il faut le rappeler, Jean-Marc Pontal, c'est plus de huit pompiers sur dix.
Oui, alors à Valence, il faut savoir que, étant donné que je suis à Valence, c'est un corps professionnel. Donc tous les jours, il y a des volontaires qui montent des gardes à Valence. Donc il y a au minimum un à voir deux volontaires la journée, et voir un à deux volontaires la nuit. S'il n'y a pas de pompiers volontaires à Valence, l'effectif ne peut pas tourner. Ils ne sont pas si nombreux les professionnels pour monter les gardes.
À Valence comme ailleurs.
À Valence comme ailleurs.
Vous disiez effectivement que beaucoup de casernes manquent de volontaires. Effectivement, quand on prend les routes de la Drôme, on voit bien aux entrées des villages des grandes banderoles qui sont là pour recruter. Pourquoi ça ne fonctionne pas en fait ?
Je ne sais pas pourquoi il peine à trouver du monde. Aujourd'hui, c'est compliqué de partout. Aujourd'hui, vous vous rendez compte que dans les associations, c'est toujours les mêmes personnes que vous voyez. Dans les écoles, c'est pareil. Quand vous cherchez du monde pour faire les conseils de classe, vous n'avez pas de parents. Aujourd'hui, moi, ça m'est arrivé d'être parent, d'être au conseil de classe, et que ce ne soit pas ma fille qui soit dans ce conseil de classe. Parce qu'il manque des parents. Aujourd'hui, je pense que les personnes ne veulent pas s'investir.
Et peut-être qu'elles ont d'autres choses à faire que d'aller à l'école pour s'investir, ou d'aller chez les pompiers, ou d'aller dans un club de foot. Vous, vous êtes pompier volontaire depuis 38 ans. Dès comme vous, il n'y en a plus ? On n'en trouvera plus. Dès comme moi, des gens qui durent aussi longtemps, je pense qu'on n'en trouvera plus.
Parce qu'il est aussi impossible de conjuguer, effectivement, cette activité avec le travail. On ne peut pas être d'intervention la nuit, et travailler le matin.
Oui, la dernière fois, moi, j'ai fait une garde de nuit, j'ai sorti cinq fois. Donc, je suis sorti deux fois avant minuit, et trois fois après minuit. Donc, ça veut dire que le matin, je vais au boulot à 8 heures, dans quel état, dans quelles conditions ?
Il y a bien des conventions qui ont été passées avec des entreprises.
Alors, il y a des conventions qui ont été passées. Moi, pour l'hôpital, je sais que ma convention, il m'autorise à partir uniquement pour faire des stages, et uniquement si je suis remplacé sur mon temps de travail. Sinon, ils ne me laissent pas partir en stage.
Ça veut dire qu'effectivement, du côté des conventions aussi, il y a des améliorations à porter ?
Je pense qu'au niveau des conventions, il y a des améliorations à faire. Et puis, vous prenez un petit entrepreneur ou un artisan qui a des devis et des faits et qui doit finir un boulot, par exemple, pour ce vendredi. Si, au vu d'être trois, il se retrouve à deux, il fait comment pour finir son travail ?
Jean-Marc Pontal, très sincèrement, vous êtes plus inquiet ce matin que les années précédentes ?
L'inquiétude, elle est depuis un moment, je vous le dis. Aujourd'hui, vous voyez arriver des pompiers, vous ne savez pas si c'est les pompiers de votre commune qui interviennent ou si c'est des pompiers d'ailleurs qui interviennent. Par contre, vous voyez arriver des pompiers, donc vous ne vous rendez pas compte de la situation. Par contre, nous, étant donné qu'on est pompier, on se rend compte que c'est très compliqué.
C'est un peu le paradoxe, c'est ce que j'allais vous dire, c'est qu'effectivement, nous, en tant que citoyens, finalement, vous êtes toujours là.
Oui, on est toujours là. Mais par contre, ce ne sont peut-être pas forcément les pompiers de la commune qui interviennent, ce sont peut-être des pompiers de l'extérieur. Est-ce que c'est si grave ? Non, ce n'est pas grave. L'essentiel, c'est qu'il y ait des pompiers. Mais par contre...
Les délais d'intervention sont peut-être un peu plus longs ?
Les délais d'intervention sont un peu plus longs. Et le problème, c'est que quand c'est les pompiers de l'extérieur qui interviennent, ils sont peut-être intervenus déjà plusieurs fois sur différentes interventions. Et on commence à être fatigué que ce soit toujours les mêmes qui interviennent.
On l'entend ce matin. Attention aux risques majeurs d'épuisement. C'est ce que vous nous dites ce matin, Jean-Marc Pontal. Vous êtes responsable, Dromois, du syndicat des pompiers volontaires de France. Merci à vous et passez une bonne journée.
Merci à vous de m'avoir reçu. Il est 7h52.