Discours d'Hervé Juvin à Fréjus
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30Invité politiqueFait
« Vous avez sans doute vu, comme moi, les déclarations récentes de M. Alexandre Benalla et le mépris absolu dont il témoigne face à la représentation populaire de la France, face aux institutions. »
- 7:41Invité politiqueChiffre
« 670 millions d'êtres humains sont touchés par une obésité qui réduit gravement leur espérance de vie. »
- 8:06Invité politiqueFait
« En Grande-Bretagne et aux États-Unis, l'espérance de vie baisse pour la première fois depuis des générations. »
- 8:17Invité politiqueFait
« Les pauvres dans les banlieues de Glasgow ou de Londres, les pauvres dans le sud des États-Unis, ont une espérance de vie de 20 ans inférieure à celle de ceux qui ont une nourriture saine. »
- 7:41Invité politiqueChiffre
« 670 millions d'êtres humains sont touchés par une obésité qui réduit gravement leur espérance de vie. »
- 10:03Invité politiqueFait
« La pression démographique est un sujet qui compte dans l'épuisement des systèmes vivants. »
- 28:19Invité politiqueFait
« Jean-Claude Juncker a dit que dorénavant, l'Europe devait être une puissance. »
- 33:18Invité politiqueFait
« La Cour européenne des droits de l'homme est en train de reconnaître de fait un droit absolu à la mobilité et au maintien sur le territoire d'entrée de tous les migrants où qu'ils soient arrivés. »
- 33:54Invité politiqueFait
« La récente injonction de je ne sais quel comité des Nations Unies ordonnant à la France de supprimer sa loi sur le port du voile islamique. »
- 40:47Invité politiqueChiffre
« La France avait le second domaine maritime au monde, plus de 11 millions de kilomètres carrés. »
- 41:31Invité politiqueChiffre
« Une entreprise allemande détient 60% des brevets sur la vie marine. »
- 41:08Invité politiquePromesse
« Si ces 15 demandes totalement justifiées et légitimes de la France sont acceptées, la France sera tout simplement le premier domaine maritime du monde. »
Temps de parole
- Hervé Juvin100 %
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Bonjour, merci de votre invitation et merci d'une invitation qui va, je l'espère, nous permettre d'aller très vite au cœur et au fond de choses graves, actuelles et où se joue probablement l'avenir de notre pays et l'avenir de l'Europe. Je vais le dire sans embâge, j'ai publié ce livre « Le moment politique » parce que je crois que nous vivons en effet un moment tout à fait exceptionnel dans lequel le pire comme le meilleur se joue, un moment dans lequel nous pouvons être conduits à vivre des tragédies historiques, un moment dans lequel nous pouvons reprendre le pouvoir sur nous et sur notre pays qui nous a été soustrait.
Ce moment où le pire ou le meilleur peuvent se jouer, je l'avais caractérisé par trois mots. Le moment politique, il doit donner lieu à une réflexion nationale, écologique et sociale. L'actualité me conduit à ajouter un mot et je voudrais commencer par le moment démocratique que nous vivons. Vous avez sans doute vu, comme moi, les déclarations récentes de M. Alexandre Benalla et le mépris absolu dont il témoigne face à la représentation populaire de la France, face aux institutions. Et ce mépris affiché n'est probablement que l'idée fausse selon laquelle le pouvoir présidentiel se renforce en affaiblissant les assemblées.
C'est une déviation institutionnelle grave et je ne suis pas certain que nous ne soyons pas à la veille d'une crise institutionnelle en France, d'une gravité peu connue depuis la Constitution de 1958. Nous sommes en train de sortir des équilibres institutionnels. Nous sommes en train de sortir de la légitimité de la représentation du peuple et de ses élus par le gouvernement des juges, par le gouvernement des commissions, par le gouvernement des sachants et des possédants. Ce n'est pas la France et ce n'est pas la voie de la démocratie. Et je voudrais dire très clairement deux sujets, deux affirmations sur ce thème.
La première, c'est ce qui se passe, ce moment politique et ce moment démocratique. C'est le moment de l'épreuve de vérité entre le libéralisme de l'individu, c'est-à-dire la dissolution de tout corps politique national, régional ou local, dans le grand tout mondialiste, uniforme et atomisé. Le libéralisme de l'individu, c'est ce qui fait de chacun de vous, de chacun de nous, des êtres hors sol, entièrement soumis au désir que la publicité et les multinationales fabriquent pour gouverner nos vies.
Face au libéralisme de l'individu, le libéralisme authentique, le libéralisme de la Révolution française, le libéralisme de tous les grands combats populaires, c'est le libéralisme politique, c'est-à-dire la capacité pour une nation, la capacité pour des citoyens, par le suffrage universel, décider à la majorité des votants, de décider de leur destin, de décider de leur loi, et notamment de décider à quelles conditions on peut s'installer sur leur sol et à quelles conditions on peut acquérir la nationalité.
C'est ça la véritable démocratie, c'est pour le rétablissement du libéralisme politique qu'il faut agir et c'est ce rétablissement du libéralisme politique qui est en jeu partout en Europe et dans le monde. Parce que regardez ce qui se passe du discours de Victor Orban à la poussée de Matteo Salvini. Mais de ce qui se passe en Inde comme en Chine, de ce qui s'est passé aux Etats-Unis, c'est quoi d'autre qu'une poussée de fierté nationale et que la volonté des citoyens américains de reprendre en main leur destin.
Ce qui se passe partout dans le monde et ce qui est en train de se dérouler en Europe, c'est la redécouverte que le véritable libéralisme, c'est la capacité d'un peuple de décider de son destin. Cette capacité nous a été enlevée au nom de la globalisation, au nom de la soumission à des impératifs économiques venu de nulle part et totalement illusoire. Le résultat, vous le voyez, nous le voyons tous. Une formule américaine le résume très bien. La globalisation, ça a fait une poignée de milliardaires. Ces milliardaires sont des gens qui ont ruiné leur ville, mis tous leurs voisins au chômage et détruit tout l'environnement autour d'eux.
Ça, c'est la réalité de la globalisation naïve dans laquelle nous avons vécu depuis plus de 20 ans. Et c'est fini. Effondrement des institutions multilatérales, effondrement de ce qu'on a appelé la gouvernance mondiale. Qui parlerait encore d'une démocratie planétaire ? Qui rêve encore d'instaurer un gouvernement mondial comme certains l'espéraient ? Ce moment politique, ce moment démocratique, il a une seconde caractéristique. Partout en Europe, les droites de conviction, partout en Europe, les droites populaires ont été accusées par les belles âmes, et notamment par la gauche des comités de direction et des cocktails, de mépriser le suffrage universel.
Partout, depuis beaucoup d'années, depuis des décennies, les droites de conviction ont été vaguement suspectées de préparer des coups d'État ou des tentatives de mise bas des institutions. C'est exactement l'inverse qui est en train de se passer. Partout en Europe, ce sont les droites de conviction, ce sont les droites populaires qui défendent le suffrage universel. Et partout en Europe, ce sont les puissants, les sachants et les possédants qui rêvent d'invalider le suffrage universel par le gouvernement des juges et des commissions.
Le moment que nous vivons est le moment où nous allons reprendre le pouvoir sur notre destin parce que c'est ça la démocratie et c'est ça le vrai libéralisme qui est le libéralisme politique. Je l'ai dit, le moment est écologique. Le moment est écologique, pas pour beaucoup des mauvaises raisons qui sont agitées parce qu'il s'est constitué en partie vert et qui a réalisé un véritable hold-up sur le combat écologique. Cher Xavier Roffer, la réalité aujourd'hui, c'est que l'écologie, c'est un sujet de sécurité globale. Vous le savez, les maladies humaines liées à l'agro-industrie, liées à l'empoisonnement de la terre et des eaux sont en train de se développer partout dans le monde.
Vous le savez sans doute, un colloque qui s'est tenu en Chine en novembre 2017 sous l'égide des Nations Unies a tiré la sonnette d'alarme. L'épuisement des sols provoqués par trop de sollicitations chimiques et industrielles menacent de stérilité le tiers des traires arables dans le monde. Et vous savez qu'aujourd'hui, l'Organisation mondiale pour la santé, de même que l'Organisation des Nations Unies contre la faim dans le monde, tire la sonnette d'alarme sur l'obésité. 670 millions d'êtres humains sont touchés par une obésité qui réduit gravement leur espérance de vie.
Vous savez sans doute qu'en Grande-Bretagne et aux États-Unis, l'espérance de vie baisse pour la première fois depuis des générations. Vous savez que les pauvres dans les banlieues de Glasgow ou de Londres, les pauvres dans le sud des États-Unis, ont une espérance de vie de 20 ans inférieure à celle de ceux qui ont une nourriture saine, tout simplement parce que la process food, la nourriture industrielle, ça nuit gravement à la santé humaine et ça dégrade gravement l'espérance de vie. Oui, le sujet de l'écologie est en train de devenir un sujet de sécurité globale des populations.
L'effondrement des systèmes vivants, l'effondrement de la biodiversité qui nous menace, ça nous touche nous, nos enfants et nos petits-enfants. La dégradation de la qualité de l'air, la dégradation de la qualité de l'eau, dans les années à venir, sont susceptibles de provoquer des paniques et des mouvements de population qui vont bouleverser tout ce que nous connaissons des débats politiques et des accords interneos-sénaux actuels. Et pour le dire d'un mot, il est clair que notre système économique actuel est à bout de souffle.
C'en est fini de l'agro-industrie au moment où il est démontré que des techniques douces, de la permaculture à l'agroforesterie, etc., sont infiniment plus productives, emploient davantage d'hommes et de femmes sur le territoire et sont le moyen efficace en respectant la biodiversité de combattre le réchauffement climatique. Le sujet écologique, c'est aussi un sujet de mobilité des populations. Il est très clair que l'idéal de mobilité absolue des populations, c'est la promesse de destruction de tous les systèmes vivants, de tout ce qui assure la vie sur les territoires. La pression démographique est un sujet qui compte dans l'épuisement des systèmes vivants.
Et l'idée que l'afflux de millions de migrants sur une Europe ouverte, et désarmés serait bon pour tout le monde, c'est simplement la promesse de l'accélération de la dégradation des systèmes forgés par le travail de générations de paysans et d'agriculteurs qui ont fait cette merveille qu'est le paysage français, qu'est la diversité végétale et animale française.
Citoyens, tout homme et toute femme soucieux de l'avenir, soucieux de transmettre une France et un territoire français plus beau, plus riche et plus vivant qu'il ne l'a reçu de ses parents et de ses grands-parents, doit être conscient que tout afflux migratoire est une menace supplémentaire d'effondrement de nos systèmes vivants et de dégradation de la qualité de nos territoires. Il y a plus, il y a plus, et j'écoutais Xavier Roffer, l'écologie c'est une affaire humaine. L'écologie c'est ce qui fait nos vies de tous les jours, ce sont ses goûts, ses saveurs, ses odeurs du territoire français, cette merveilleuse diversité des cuisines, cette merveilleuse diversité des produits du terroir.
Tout cela, c'est la véritable écologie, c'est l'écologie du respect des territoires et c'est l'écologie humaine. Et à cet égard, vous ne devez avoir aucun complexe. Parce que c'est quoi le discours immigrationniste qui nous est tenu ? Eh bien c'est d'abord un discours du mépris. Oui, c'est un discours du mépris. Je respecte trop les Malgaches, les Marocains ou les Sri Lankais pour penser que tout Malgache, tout Marocain et tout Sri Lankais n'a d'autre avenir que de devenir un Américain comme les autres ou un Français comme les autres. C'est dans leur culture, sur leur territoire, avec leurs mœurs et dans l'unité de leur population qu'ils doivent construire leur futur.
Et dans l'affirmation que tous les hommes sont les mêmes et dans l'affirmation que tous les hommes et toutes les femmes doivent devenir des Européens ou des Européennes comme les autres, il y a un mépris absolu pour les autres cultures et les autres civilisations. Et il y a la négation même de la civilisation qui, comme le disait le grand Claude Lévi-Strauss, n'est rien s'il n'y a pas des civilisations. Le discours immigrationniste, c'est un discours du mépris.
C'est aussi un discours du mépris et de la méconnaissance de la force des autres cultures parce que ce discours conduit, je le lisais encore récemment, conduit ses tenants à affirmer qu'il n'y a jamais un million de migrants, il y a un million de fois un individu. Cela aussi, c'est un mépris absolu. C'est les ceux qui viennent, ils viennent avec une culture, ils viennent avec une religion, ils viennent avec des attachements, avec des liens, avec une foi.
Et croire que parce qu'ils abordent les rivages enchantés de l'Europe, ils vont abandonner leur foi, leur culture et leur civilisation, croire qu'ils vont se fondre dans le grand tout individualisé européen, c'est méconnaître totalement la force des cultures et la force des religions.
Il est très clair que ce 1 million de migrants qui entrent en Europe, ce sont des communautés qui s'installent, ce sont des communautés qui s'installent avec leur foi, leur culture et leur civilisation, elles sont totalement respectables, mais il est clair que certaines ont leur place en Europe, certaines peuvent avoir leur place dans nos nations, il est clair aussi que certaines heurtent de front nos convictions, nos singularités nationales, heurtent de front notre principe de laïcité, heurtent de front la liberté des hommes et des femmes de vivre selon leur gré et de faire de leur corps et de leur vie ce qu'ils veulent, c'est un mépris absolu que l'affirmation 1 million de migrants, c'est 1 million d'individus.
Non, ce sont des groupes sociaux, ce sont des groupes qui arrivent et nous devons les traiter en tant que tels parce que sinon, nous allons à la guerre sur notre sol des civilisations. L'écologie humaine, c'est le respect de la diversité des cultures sans laquelle le monde perd son goût, sa saveur et sa beauté. moment démocratique, moment démocratique, ô combien grave, moment écologique, parce que notre avenir, l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants s'y joue, le moment est naturellement national. Le mot national était un mot quasiment proscrit. Le mot national était un mot qu'à peu près personne ne pouvait prononcer publiquement.
Je suis très frappé pour avoir accompagné certaines quand je vois la force et la réussite de certaines entreprises françaises dans le monde. Je suis très frappé quand je vois les entreprises et les réussites de beaucoup de Français dans le monde. Je suis frappé de voir à quel point ça n'est pas en étant moins Français, ça n'est pas en cachant leurs drapeaux et leurs passeports qu'ils réussissent. Au contraire, croyez-vous que ce qui fait réussir les géants du luxe français, premières entreprises mondiales du luxe, les Hermès, les LVMH, les Kering, etc., ce soit autre chose que la touche française, l'esprit français, le charme et la beauté de la France ?
Croyez-vous que ce qui fait partout dans le monde le succès des produits du terroir français ? Je me souviens avoir été reçu quand je m'occupais de réformes institutionnelles au Maroc, je me souviens d'avoir été reçu par des membres de la Maison Royale et je me souviens de la fierté avec laquelle dans un palais de Rabat, ils m'avaient dit ce soir, ce soir, nous avons fait venir exprès et vous allez manger des huîtres pratarkoum. Ça, c'est la France. Ce sont les terroirs français. Et j'ai envie de dire que c'est en étant plus français, c'est en affichant davantage la singularité française et la richesse française que l'on est à l'aise et que l'on peut gagner dans le monde.
Oui, je suis un citoyen français, je crois être un patriote et je suis à l'aise dans la mondialisation et je suis à l'aise dans le monde parce que plus on est français, plus on est attendu et plus on est désiré par le monde. La grande méprise de la globalisation, c'est de croire que tout va se dissoudre dans l'uniformisation, que nous sommes des êtres hors sol, que nous devons abandonner toute singularité. C'est exactement l'inverse. Nous valons quelque chose, vous valez quelque chose dans le monde parce que vous êtes français, parce que vous êtes unique et parce que vous êtes porteur d'une singularité nationale. Cette richesse-là, c'est clair, c'est une richesse qui est menacée.
Elle est menacée parce que l'Union européenne, plutôt que de comprendre que la puissance de l'Europe vient de la puissance des nations qui la composent, n'a de cesse que d'en finir avec les singularités nationales, n'a de cesse que d'arraser tout ce qui dépasse et de nous fondre dans un grand tout mondialisé. L'Union européenne doit mettre son réveil matin. C'est fini l'illusion du monde uniforme. J'ai pris l'exemple de l'Inde qui renoue entre les valeurs sacrées millénaires de l'hindouisme et la plus extrême modernité technologique.
Je prends évidemment le cas de la Chine qui, d'une manière extraordinairement habile, est en train d'aménager des cycles de pouvoir de 30 ans parce que la Chine a bien compris que les véritables enjeux, on ne les traite pas avec des mandats à 5 ans. Les véritables enjeux, on les traite avec des prises de décision et une continuité politique qui peut s'étendre sur une génération et plus. Le cycle de pouvoir de Deng Xiaoping et de ses successeurs, c'est 30 ans. Et M. Xi Jinping, le président de la République de Chine, a mis en place l'infrastructure politique qui, lui aussi, va lui permettre de donner des inflexions à son pays pour une durée de 30 ans.
Nous aurons quelque part à réfléchir à la continuité de nos décisions politiques en Europe également. Et puis, comment ne pas parler de ce qui se passe en Europe ? Comment ne pas dire que la véritable Europe, celle des nations, celle qui s'enrichit des singularités nationales et des affirmations nationales, celle qui se nourrit de la force de la citoyenneté, des citoyens européens dans leur nation et dans leur patrie est en train de balayer les illusions de dissolution globaliste ? Oui, il va falloir réécrire le cahier des charges de l'Union européenne.
Oui, il va falloir réécrire les fondamentations de l'Union européenne parce que sinon, l'Union européenne n'aura été qu'un moment transitoire, passager et peut-être même destructeur pour l'Europe et pour les nations européennes. L'affirmation nationale, elle n'est pas contre l'Europe, elle n'est pas contre le monde. Le monde se construit à partir de la diversité. Le monde est beau, il est riche, il est passionnant parce qu'il y a la diversité des cultures et des citoyennetés. La France est une partie essentielle de ce monde. Et je vous l'ai dit, je ne suis pas en France, je ne suis pas de ceux qui considèrent la France comme un hôtel. Je suis de France.
Je suis dans l'appartenance, je suis dans le lien, je suis dans la transmission de ce que j'ai reçu pour mes enfants et pour mes petits-enfants. Et je crois que c'est aussi le sens du combat national. Ça n'est pas simplement un combat pour les frontières, ça n'est pas simplement un combat pour la citoyenneté, ça n'est pas simplement un combat pour que la France préfère les Français, sinon qui d'autre le fera. C'est aussi un combat pour la transmission dans le temps de ce que nous avons de meilleur, de ce que nous avons peut-être de plus fort et de plus précieux entre nous, la France, notre douce France. J'ai dit que le moment était social. Le moment est social parce qu'il est économique.
Notre système économique est à bout de force. Je l'ai dit, notre système agro-industriel détruit les terres plus vite qu'il ne prétend nourrir la planète. Notre système de distribution qui étrangle les PME, qui détruit les petits producteurs, qui a favorisé outre-jugement les marques commerciales au détriment des appellations territoriales. est à bout de souffle parce que la ruine des centres-villes devient tôt ou tard la ruine des villes et l'on est en train de fabriquer un désert français autour de quelques pôles qui se rêvent pôles mondiaux et qui ne mesurent pas que l'appauvrissement du territoire tôt ou tard, ce sera aussi un appauvrissement de toute la nation.
Notre système industriel, économique, est à bout de souffle parce qu'il se l'a concédé à la finance ce qu'il n'aurait jamais dû concéder. La quête de rendement sans cesse croissant, ce qui nous conduit dès le début du mois d'août à avoir épuisé le rythme naturel de renouvellement des ressources, c'est le système de la mort. L'exigence de rendement financier à 15 à 18% tue les entreprises qui y sont soumises. Un rachat d'entreprises par des actionnaires gourmands, ça passe. Deux ou trois rachats successifs d'entreprises, c'est la faillite de l'entreprise, saignée à blanc par l'exigence de rendement qu'on lui fait subir.
Il faut retrouver une économie plus locale et à cet égard de l'imprimante 3D au financement de proximité, au crowdfunding, nous en avons tous les outils à notre disposition. Il faut reconstruire une économie coopérative sur la base de sociétaires associés aux entreprises de leur territoire.
Et il faut reconstruire une économie dans laquelle une économie d'intégration, une économie d'association et une économie inclusive dans laquelle une entreprise, ce n'est pas seulement le rendement pour les actionnaires, c'est aussi des emplois stables, c'est aussi la prise en charge d'activité sur le territoire, c'est aussi une contribution à la croissance du territoire, à la bonne vie sur le territoire et à la pacification du territoire. Oui, le sujet social aujourd'hui, il est en train de devenir essentiellement territorial.
Parce que la première facture sociale, c'est probablement moins la fracture qui sépare des salariés et leurs dirigeants, c'est la fracture territoriale qui est en train de monter. Je vois l'appauvrissement, je vois la désertification, je vois les commerces qui ferment et je vois ces villes petites et moyennes qui désormais sont soumises à ce qu'on croyait être le destin seulement du rural profond, ces villes moyennes dont toute la vie, dont toute la sève, dont toutes les richesses humaines sont aspirées par la métropole de proximité. La fracture sociale est en train de devenir la fracture territoriale.
Et je regardais à cet égard tout récemment un enregistrement de vidéos que Louis Alliot a consacré à la dépossession des élus locaux, à consacrer au mépris que les sachants et les possédants d'en haut, vous, à la démocratie locale, nous ne referons pas une France forte, puissante et vivante sans revitaliser nos territoires. Et à cet égard, nous devons mesurer deux choses. Nous avions une politique exigeante en France, une des meilleures au monde, sur l'égalité territoriale. J'entendais tout récemment un ami élève d'un professeur de macroéconomie au MIT. Le MIT, c'est une des institutions les plus prestigieuses dans le monde.
Un professeur de macroéconomie enseigne à ses élèves à quel point la France a réussi quelque chose d'unique dans le monde avec son système social qu'il faut certainement modifier et rendre plus fluide, mais qui assurait une cohésion sociale et une unité nationale extraordinaire. Et puis ce professeur soulignait l'unité du territoire. Depuis un millénaire, les rois de France, avec la Poste, avec les intendants, ont forgé cette unité et cette égalité territoriale. Elle est en train de s'en aller de partout. Elle est en train de s'en aller partout parce que le phénomène, c'est qu'on a abandonné l'idée d'un aménagement territorial. Nous sommes en phase de désaménagement territorial.
Nous sommes en phase d'abandon par les administrations de la continuité sur le territoire. Nous sommes en phase d'abandon par l'état de l'expertise d'État qui seul peut protéger le citoyen de la mainmise des grands groupes et des multinationales, qui développe de la fausse science, qui développe des contre-vérités. Regardez toutes les contre-vérités sur les aspects cancérigènes de certains produits chimiques pour l'agriculture qui ont été sciemment assénés pendant 20 ans, exactement de la même manière que les cigarettiers pendant 50 ans ont menti sur les aspects cancérigènes du tabac.
l'expertise publique, l'expertise d'agences indépendantes est quelque chose de vital pour la protection des citoyens. Et je remarquais à quel point tout récemment, il a été décidé de supprimer des subventions aux associations de consommateurs, mais plus grave encore, il a été décidé de limiter l'action et les moyens de la direction générale de la concurrence et des fraudes. Ça n'est pas une bonne chose pour le citoyen français, ça n'est pas une bonne chose pour le régalien et ça n'est pas une bonne chose pour notre sécurité.
Nous sommes en phase de désaménagement du territoire et là encore, reprendre la main, reprendre un projet ambitieux pour la France, c'est réaffirmer que l'égalité du territoire, que la continuité de l'action de l'État sur le territoire, que l'autorité de l'État et de ses agences indépendantes et de son expertise indépendante, c'est une condition vitale de notre sécurité et de la reprise du pouvoir sur nous. Ne croyons pas qu'aucun de nous a quelque pouvoir que ce soit face à la mainmise des GAFAM. Je pense que s'il y a une vraie menace totalitaire, elle est de leur côté.
Et si je peux rêver d'une souveraineté numérique individuelle, ce ne sera qu'avec le concours de l'État, ce ne sera qu'avec les moyens de l'État et ça ne sera que parce que l'État se considérera le protecteur numérique de tous les citoyens français. Il faut y travailler et il faut avancer sur cette voie. Le social et territorial, le territoire nous renvoie naturellement à l'Europe. De grandes échéances nous attendent, de grandes échéances vous attendent. Le moment politique que vit l'Europe est tout à fait exceptionnel.
Je le dis très clairement, je crois que depuis la semaine dernière, l'Union européenne telle que nous l'avons connue, l'Union européenne telle qu'elle continue à se propager, à s'agiter, est morte. Ce n'est pas le discours courageux de Victor Orban qui signe la mort de l'Union européenne telle que nous l'avons connue. C'est le discours sur l'état de l'Europe de Jean-Claude Juncker. Si vous l'avez écouté comme je l'ai fait, Jean-Claude Juncker a employé des mots que personne, depuis les traités fondateurs, n'avait jamais employé. Jean-Claude Juncker a dit que dorénavant, l'Europe devait être une puissance.
et Jean-Claude Juncker a dit que l'Union européenne devait se consacrer à développer une puissance européenne indépendante, militaire, scientifique, économique, etc. J'ai entendu dans les propos de Jean-Claude Juncker les reflets du propos de ce ministre allemand des Affaires étrangères qui indiquait en août que l'Europe devait travailler à construire un système bancaire, à construire un système financier, à construire un système de règlements internationaux totalement indépendant du dollar et totalement indépendant des autorités américaines. C'est quoi ça sinon une révolution dans les affaires européennes ?
Et c'est quoi ça sinon le renversement complet de tout ce qui a été dit depuis la création de l'Union européenne, ouvrir toujours plus, supprimer toutes les frontières, prôner la souveraineté de l'individu contre la souveraineté des nations et contre la démocratie ? Bref, faire de l'Union européenne le prototype d'une démocratie planétaire, d'un monde sans frontières et probablement d'un gouvernement mondial des élites. C'est fini. C'est fini et l'Union européenne ne sera pas si elle n'est pas le moyen de la puissance de l'Europe. L'Union européenne ne sera pas si elle ne renverse pas complètement ses fondamentaux. C'est dorénavant extrêmement clair.
L'Union européenne ne sera rien si elle n'est pas l'outil du refus par l'Europe de la colonisation de son territoire, de la colonisation de ses entreprises, de ses banques et de ses richesses par des multinationales venues de ces deux pôles qui entendent bien se partager le monde et que sont la Chine et les Etats-Unis. L'Europe ne sera rien si elle ne rentre pas en résistance et l'Union européenne ne sera rien si elle ne comprend pas que son grand problème n'est pas de détruire les nations qui la composent.
Son grand problème, c'est de se séparer de ceux qui n'est pas elle, de séparer les Européens de celles et de ceux qui ne sont pas Européens, qui n'ont pas vocation à l'être et donc de tenir ses frontières extérieures. La tragique comédie qui s'est jouée à la Turquie est un exemple lamentable à cet égard.
Chacun disant, sachant depuis très longtemps que la Turquie n'était pas Européenne, ne rentrerait pas dans l'Union, on a fait comme si et ça n'est pas bien de mentir sur ces sujets-là et ça n'est pas bien de tromper ses amis comme on le fait probablement aujourd'hui dans les Balkans et comme on le fait probablement avec un certain nombre de pays auxquels on fait miroiter l'idée d'une entrée dans l'Union qui est formellement exclue par la quasi-totalité de ceux qui savent bien qu'un élargissement accéléré a précipité la fin de l'Union Européenne telle que nous l'avions connue.
Cette Union Européenne n'est plus ce qu'elle a été, elle doit être refondée, sinon elle signifie tout simplement qu'elle nuira gravement à l'Europe comme elle a gravement ennui aux nations. Je ne vais pas développer les réformes qui s'imposent. Nous savons tous, nous savons très bien qu'il faut en finir avec cette règle de l'acquis communautaire qui prive de capacité d'action la seule institution réellement légitime de l'Union Européenne qui est le Conseil des présidents et chefs d'État. Parce que l'acquis communautaire, c'est simple, tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à vous se discute.
Ça n'est tout simplement plus acceptable et il faut le dire très clairement, tout ce qu'un traité a fait, un traité peut le défaire. Et je pense notamment à des traités de libre-échange qui organisent le pillage de nos territoires et qui méprisent ouvertement les préférences collectives des Françaises et des Français. Tout ce qui a été fait par un traité peut se négocier, tout ce qui a été décidé par une commission, une autre commission peut le défaire. Je pense qu'il faudra s'en souvenir dans les temps à venir. Une seconde réforme s'impose.
Vous connaissez comme moi les ingérences multipliées, les ingérences insupportables de la Cour de justice européenne, de la Cour européenne des droits de l'homme dans des actions qui nous protègent du terrorisme, dans des actions qui défendent nos frontières, dans des actions qui reflètent simplement la volonté du peuple français de se défendre en tant que nation, en tant que peuple.
L'Union européenne est complice de l'un des plus graves dénis de démocratie qui a eu lieu en France et c'est tout simplement le fait qu'à aucun moment le peuple français, vous, nous, moi, nous n'avons été consultés sur les questions qui touchent aux migrations, sur les questions qui touchent au regroupement familial, sur les questions qui touchent à la mobilité des personnes. Vous savez que la Cour européenne des droits de l'homme est en train de reconnaître de fait un droit absolu à la mobilité et au maintien sur le territoire d'entrée de tous les migrants où qu'ils soient arrivés, sans que jamais aucun européen n'ait été consulté sur ce sujet.
C'est tout simplement intolérable et le mépris témoigné pour les peuples d'Europe, le mépris témoigné pour les nations européennes, condamne l'Union européenne et condamne ses institutions sur leur forme actuelle. La récente décision, la récente injonction de je ne sais quel comité des Nations Unies ordonnant à la France de supprimer sa loi sur le port du voile islamique, c'est l'aboutissement caricatural de l'individualisme libéral. C'est cette idée qu'une jeune fille, une femme qui porte le voile exerce simplement un droit individuel.
Alors que chacune et chacun sait bien que le port du voile c'est un signe ostentatoire de prise de possession du territoire et c'est peu à peu l'obligation pour les autres filles et les autres jeunes femmes elles aussi de porter le voile. Ces injonctions d'institutions sans légitimité, sans responsabilité démocratique qui ne rendent compte de rien à personne est simplement insupportable parce que c'est une insulte à notre dignité de citoyens et de citoyens français. Très clairement, ce sera un des sujets majeurs de réforme de l'Europe. Les nations doivent faire entendre leur voix sur les sujets qui les concernent.
J'observe que l'Union Européenne a oublié le vieux mot de subsidiarité que j'entendais tellement quand j'avais l'occasion dans un autre cas de travailler sur les sujets de préparation de l'euro du temps de M. Raymond Barr. Les gens de l'Union Européenne n'avaient à la bouche que le mot de subsidiarité. Il a totalement disparu du vocabulaire autorisé. Eh bien, il faut le retrouver.
C'est aux Français de s'occuper de ce qui les concerne et à l'Union Européenne de s'occuper des seuls sujets de l'intérêt collectif des nations européennes, de ce qui va faire les nations plus riches, plus fortes et plus puissantes dans le monde, en aucun cas de s'ingérer dans la volonté des citoyens des nations européennes.
Ne nous y trompons pas, c'est un certain nombre de ces ingérences qui ont provoqué le Brexit parce que les Britanniques, dont vous savez qu'ils ont inventé la protection de la personne et de l'individu avec le Bill of Rights, vous savez aussi d'ailleurs que les Anglais ont inventé la protection des biens communs parce que tout de suite après le Bill of Rights du XIVe siècle, vous avez le « Chacteurs of the Forest » qui affirme que les biens communs sont à la disposition de tous les Britanniques et que c'est le devoir de la Couronne de protéger ces biens communs pour tous les citoyens du Royaume d'Angleterre.
Eh bien, les Britanniques n'ont pas supporté un certain nombre d'ingérences de la part de gens et de la part de pays qui n'ont aucune leçon à leur donner sur les droits de l'homme, sur les biens communs et sur ce qu'est une loi légitime auprès d'un peuple libre. Je crois que la majorité des peuples européens entre en résistance. Je crois que la majorité des peuples européens ont commencé un combat pour l'indépendance. Oui, c'est le moment politique que nous vivons. C'est un moment où les nations relèvent leurs drapeaux. C'est un moment où les nations demandent à l'Union européenne d'être le moyen de leur indépendance, de leur puissance, de leur autonomie.
et c'est un moment où la France qui est d'Europe, comme l'Italie, comme la Hongrie, comme tant de sots qui relèvent le drapeau et qui relèvent la tête, a tous les moyens de changer l'Union européenne pour le salut de l'Europe parce que si l'Union européenne est seulement le moyen de dissoudre l'Europe, eh bien la question se pose de passer à une autre phase de l'Histoire et de refaire l'Europe ensemble. Je terminerai avec quelques mots sur la plus grande France. Ce livre, Le moment politique, ça n'est pas un programme. Ça n'est pas non plus vraiment un manifeste. Certains ont dit que c'était une déclaration d'amour, je l'accepte. Oui, j'aime la France.
Oui, j'aime la France telle que je la rencontre dans le visage de tous mes interlocuteurs, de toutes mes interlocutrices partout dans le monde. Quand vous enseignez à Madagascar, des étudiants, des élèves viennent vous voir et vous disent « Ah, monsieur, vous êtes un écrivain français. » Et vous sentez un immense respect pour ce que ça veut dire être un écrivain français. Je ne suis pas sûr qu'on le trouve dans les lycées et dans les universités à Paris, à Lyon, à Toulouse ou ailleurs. Une des surprises de tous diplomates français, on m'a dit que c'était même une des surprises du président Emmanuel Macron, c'est de constater à quel point combien de diplomates chinois ont appris le français.
Combien de diplomates chinois savent ce que sont les grands auteurs français et ce que sont les plus beaux chefs-d'oeuvre de la culture française. J'ai un souvenir très émouvant en me trouvant au fin fond du Yunnan avec des futurs diplomates chinois que j'avais en formation. Tous ont entonné à l'unisson la vie en rose d'Edith Piaf et entendre 30 ou 40 futurs ambassadeurs, futurs membres du gouvernement populaire de Chine chanter à l'unisson avec toutes les paroles la vie en rose. Je peux vous dire que quand vous êtes français, ça vous fait chaud au cœur. Cela, je le retrouve partout. La France est attendue, la France est désirée, la France est écoutée mais aujourd'hui, la France déçoit.
Je l'ai entendu, y compris dans des institutions américaines. On me dit mais vous avez une réflexion stratégique autonome mais vous avez quelque part été un pays compliqué, vous êtes un pays non aligné. Nous attendons de vous un autre regard, une autre vision. Nous n'attendons pas l'alignement de gens soumis qui suivent des décisions dont nous savons bien qu'elles reposent sur du sable. Nous sommes attendus pour notre différence, nous sommes attendus pour notre liberté, nous sommes attendus pour notre capacité à dire non. Oui, la France est plus grande quand on la voit du reste du monde que quand on la voit de Paris, des rives de la Seine ou des palais ministériels.
C'est cette plus grande France à laquelle je fais appel. Oui, le moment politique est de proclamer cette plus grande France. C'est extrêmement concret ce que je vous dis là. La France, depuis le départ de la Grande-Bretagne, est le seul pays d'Europe qui est réellement mondial. Et je pense à nos amis de Nouvelle-Calédonie comme je pense à nos amis de la Guadeloupe et de la Martinique. Je pense à nos amis abandonnés de la République de Mayotte et des Comores. Je pense à nos amis de La Réunion qui sont aujourd'hui confrontés à un afflux massif de réfugiés tamouls du Sri Lanka que personne n'a venu venir et auxquels aujourd'hui l'administration n'apporte aucune réponse.
Parce que la France, elle est bien dans le monde et la France, elle est partout dans le monde. Je vais probablement vous apprendre quelque chose. La France avait le second domaine maritime au monde, plus de 11 millions de kilomètres carrés. Nous avons aujourd'hui 15 instances auprès de l'organisation internationale qui reconnaît que le domaine maritime d'un pays s'étend à tout le plateau continental. Si ces 15 demandes totalement justifiées et légitimes de la France sont acceptées, la France sera tout simplement le premier domaine maritime du monde, ce qui en fera le premier au monde pour la réserve de biodiversité.
Et ça, c'est une richesse dont trop peu de Françaises et de Français sont conscients. c'est une richesse qui me conduit à préconiser que l'on crée un fonds souverain de la biodiversité nationale pour éviter que des multinationales s'emparent, déposent des brevets. Vous savez qu'une entreprise allemande détient 60% des brevets sur la vie marine. Ça, c'est une richesse que nous devons à nos enfants et à nos petits-enfants. La biodiversité, c'est probablement l'or bleu, c'est probablement le pétrole ou c'est l'or de demain. Nous, nous devons de la garder intacte, nous devons de préserver une France plus diverse, plus riche en vie végétale et animale que nous ne l'avons reçue.
C'est cette plus grande France et cette immense richesse qu'il faut réveiller. Non, la France n'est pas petite. Non, la France n'a pas à se résigner. Non, la France n'a pas à se soumettre. Et pour terminer, je voudrais vous dire que si je suis avec vous ce matin, c'est parce que je crois que nous partageons l'essentiel. Je crois que nous partageons quelques mots simplement que l'on pouvait se dire entre amis, en confidence et sans être entendus. Des mots que l'on pouvait se passer de l'un à l'autre comme un mot de passe que l'on dit parce que les ennemis sont là et que c'est dangereux dehors.
Ce sont des mots dorénavant que nous devons partager avec toutes celles et avec tous ceux pour qui être français, c'est le meilleur de ce qu'ils ont à partager ensemble. De toutes celles et de tous ceux qui savent qu'ils sont plus grands, plus libres et plus vivants avec la France. De toutes celles et de tous ceux pour qui la France c'est plus que Rome ou la Mecque, c'est plus que Jérusalem ou Constantinople, c'est plus que Washington, Pékin ou Moscou.
Avec toutes celles et avec tous ceux-là, parce que je suis français, parce que je crois que la France est bien plus grande que nous ne le pensons, bien plus grande que nos rêves l'ont imaginé, je crois que nous pouvons dire en ce moment politique pour que vive la France. Merci.
Hervé Juvin