"On ne peut pas tenir le discours que Mélenchon tient sans avoir un mot pour la mémoire de Quentin"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci de nous écouter sur Europe 1 et dans Europe 1 Soir ce soir avec moi Ophélie Roch, enseignante et chroniqueuse et Jean-Claude Dessier, chroniqueur politique. On va évidemment parler des répercussions de la mort de Quentin. Écoutez Jean-Luc Mélenchon qui tenait une conférence de presse cet après-midi. Le leader insoumis qui a estimé que la France insoumise était victime d'une violence médiatique.
Je crois que tout le monde a vu, même si on n'aime pas les insoumis, beaucoup de gens sont choqués par le côté rouleau compresseur quotidien permanent sur les chaînes de télé. On a l'impression de participer à des séances de l'Inquisition. Il s'agit de nous faire regretter, il s'agit de nous faire désavouer, il s'agit d'obtenir la tête d'eux, etc. Avec une violence verbale et physique qui se voit, je crois que les intéressés ne s'en rendent pas compte.
– La victime, c'est lui. – Il a l'air d'oublier tout de même qu'il y a un gamin, enfin un gamin, un jeune homme de 23 ans qui est mort quand même.
Quels que soient les choix politiques qui ont été les siens, on ne peut pas tenir le discours que M. Mélenchon tient sans au moins lui dire un mot à sa mémoire, dire un mot de soutien à la famille, aux amis. Moi je veux bien qu'on essaie d'inverser les accusations et que ce défilé soit un rassemblement d'extrême droite et de nazis. On a trouvé, c'est vrai, un gars qui se laissait un peu aller dans le discours. On a trouvé aussi un gars qui faisait un signe nazi, j'espère qu'il sera poursuivi. Là-dessus, il n'y a pas de doute.
– Et les enquêtes qui ont été ouvertes.
– Le problème tout de même, il est aussi ailleurs, c'est dans le soutien dont M. Mélenchon ne veut pas démordre, des jeunes gens qui ont assassiné le jeune Quentin. Enfin, il y a une dissolution qui en réalité ne veut rien dire, puisque d'abord elle n'est pas encore prononcée par le Conseil d'État, mais en plus de ça, on les voit sur les manifs comme si de rien n'était. La preuve en est, hélas, la mort de ce garçon. Donc franchement, je pense que M.
Mélenchon a une stratégie qui indispose de plus en plus les Français, qui se rendent compte que ce n'est pas aussi simple et que ce n'est pas gagné d'avance, qu'il ne suffit pas de l'avoir au pouvoir pour que d'un seul coup l'horizon s'éclaircisse et que tout aille bien. C'est l'inverse. Je pense que la stratégie de la gauche qu'essayait, enfin qu'essayait, on ne sait plus très bien où il veut aller, M. Mélenchon, de mettre en œuvre, mais que pour l'instant ça se présente plutôt mal. Je trouve que c'est toute la stratégie de M. Mélenchon qui est actuellement fortement bousculée par la mort de Cantor.
Je ne crois même pas qu'il y ait une stratégie. En fait, là, je pense que ce qu'on entend, c'est un égoïsme profond dans les mots qu'il prononce. C'est-à-dire qu'il a l'air de dire, mais regardez, tout le monde est choqué par le lynchage verbal et physique que ressent la France insoumise. Mais de quel lynchage on parle, en fait ? Enfin, je veux dire, quelqu'un vient de mourir. Qu'il tente en effet, peut-être maladroitement, de dire, écoutez, je ne suis pas responsable du comportement de ses adhérents, qui n'étaient peut-être pas des adhérents à LFI, qu'il tente de se justifier dans une certaine mesure, pourquoi pas ?
Mais il ne faut pas le faire au détriment et de la décence qu'on doit, finalement, à la personne qui est décédée et à sa famille. Moi, je pense que les parents, ils doivent être atterrés. Et je pense que, moi, s'il y en a qui sont à déplorer, c'est pas lui son ressenti. C'est le ressenti des parents qui, non seulement ont perdu leur enfant...
Alors, eux, ils ont pris la parole par la voix de leur avocat. Ils condamnent toute récupération politique et tout ce qui s'est passé samedi.
C'est ce que j'allais dire, c'est-à-dire qu'on a l'impression que les parents, quoi qu'ils fassent, ils sont pris entre deux étaux qui les resserrent. D'un côté, les taux de l'extrême gauche, de l'autre, les taux de l'extrême droite. Alors qu'ils ne veulent ni l'un ni l'autre, visiblement, parce que leur enfant... Quand ils disent « Quentin n'aimait pas la violence », pourquoi est-ce qu'on essaye à tout prix de récupérer ça ? Il faudrait vraiment laisser, à mon sens, cette famille tranquille, ce garçon est à peine refroidi, que déjà les gens commencent à essayer de dire « Oui, mais lui, il était comme ça, non, lui, il était comme ça ».
Laissons un peu de dignité, en fait, à ce jeune homme qui est mort. Ne venons pas bafouer sa sépulture en disant « Oui, regardez, moi, je fais un scène nazi parce qu'il était comme nous, alors qu'on n'en sait rien », ou d'autres dire... Voilà, ça, moi, ça me choque, en fait, que l'extrême droite comme l'extrême gauche se servent de son cadavre, en fait, comme un étendard. Jean-Claude Dacier.
Moi, il y a une déclaration que j'ai prise au sérieux et écoutée avec intérêt, c'est celle de François Hollande. Je ne suis pas un admirateur de François Hollande, loin s'en faut, tout le monde le sait. Mais honnêtement, je trouve qu'il a fait une excellente analyse, même s'il disait le contraire il y a quelques mois, en disant qu'il n'y a plus d'entente possible.
Eh bien, justement, vous voulez l'entendre, on va l'entendre, ce sera mieux, on éviterait de paraphraser. Mais vous voyez, on se rejoint.
Il a une responsabilité morale et politique. Plutôt que de faire un monde honorable pour essayer de retrouver une forme de responsabilité politique qui lui permette de solliciter le suffrage universel avec quelque chance, il se met dans une position, j'ai pu dire, de tortue. On se carapace pour essayer de tenir bon. Eh bien, c'est une faute, c'est une double faute. Et il la paiera, forcément, puisqu'il ne peut plus représenter pour la gauche quelques candidats qui puissent arriver au second tour.
Et Jean-Claude Assé, vous ne pensez pas qu'il a bon dos, là, François Hollande ? Lui qui a été élu sous l'étiquette NFP ?
Avec donc la France insoumise ? D'abord, il le dément, mais je n'ai pas d'admiration particulière pour François Hollande. Je connais ses allers-retours. Je connais la capacité qu'il a de commenter avec talent en général la politique française. Là, je lui donne raison à 100% parce que je pense que Mélenchon, avec sa créolisation, avec son grand emplacement et avec les mesures économiques folles, je pense qu'il va falloir maintenant qu'ils s'expliquent et qu'ils s'entendent avec le peuple de France. Et quand je vois les sondages, qui ne me donnent pas vraiment tort, 70-75% de Français considèrent qu'il y en a marre de la violence et que M.
Mélenchon ne veut pas en entendre parler parce qu'il ne veut pas condamner ses amis, il ne veut pas condamner l'homme qui a fondé la... comment ça s'appelle déjà ? La jeune garde. La jeune garde, n'est-ce pas ? Bon, eh bien, vous avez une situation qui, à gauche, pour les gens de gauche, est extrêmement préoccupante, pour ne pas dire difficile à gérer.
Alors, écoutez, déjà, Jérôme Gage, on va commencer avec lui, le député socialiste de l'Essonne, qui a demandé qu'il n'y ait aucune alliance avec LFI en vue des élections municipales. Il était sur France Info ce matin.
Moi, je le dis, il ne doit pas y avoir, au premier tour des élections municipales, un seul bulletin de vote en France où le logo du Parti socialiste serait à côté du logo de la France insoumise. Parce que d'abord, ça abîmerait tout le Parti socialiste et parce que ce serait, pardonnez-moi l'expression, un bras d'honneur pour tous ceux de nos candidats socialistes qui sont en campagne des municipales en ce moment et qui ont face à eux des candidats de la France insoumise. Je pense à Montpellier, je pense à Paris, je pense à Marseille, qui veulent leur faire la peau.
Et puis, on va écouter Jean-Luc Mélenchon, donc le leader de la France insoumise, qui a répondu aux socialistes, qui demandent aucune alliance avec LFI aux élections municipales.
Des dirigeants historiques de la gauche, non moins historiques, M. Cazeneuve, M. Hollande, et puis leur supplétif, M. Gage, qui, ce matin, tout d'un coup, trace une ligne entre nous et le reste. Et Hollande dit « En aucun cas ! » Au deuxième tour, il m'attribue et la candidature et la présence au deuxième tour, il ne représenterait la gauche. Ah bon, M. Hollande ? Mais ça, c'est un tournant historique. C'est vous la gauche ? Et moi non. C'est une blague. Mais admettons qu'on dépasse le côté tragicomique de voir M. Hollande tout d'un coup transformé en barricade. Mais est-ce que c'est quelque chose qui est une attitude tenable de dire qu'en face de l'extrême droite, on compte ?
Non, on ne veut pas de... Mais c'est comme quand ils disent dans les élections qu'ils veulent de nous, ni au premier, ni au deuxième tour. Ils comptent être élus par qui, alors ?
Voilà, Jean-Luc Mélenchon qui dénonce l'hypocrisie et le double discours des socialistes.
C'est intéressant parce qu'à un moment, il n'a pas fini sa phrase quand il dit « Ils dénoncent l'extrême droite et ils ne veulent pas s'allier avec... » Et on sentait qu'il avait envie d'extrême gauche et qu'il s'est dit « Ce n'est pas une bonne idée, je dois représenter la gauche » et en même temps, les gens n'y croient plus forcément. Enfin, je pense que Jean-Luc Mélenchon... Moi, j'avais de la sympathie pour ce personnage il y a une quinzaine d'années, en fait, parce qu'il représentait un mouvement de gauche un peu écologiste qui n'était pas complètement devenu comme une toupie folle, en fait, qui s'est emballée.
Et de voir, en fait, cet homme-là, qui avait, je pense, des vraies capacités intellectuelles, être arrivé, en fait, à ce niveau de presque de déchéance dans les propos, c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il dit les choses uniquement dans le sens, en fait, pour choquer ou pour cliver ou pour opposer. Moi, j'ai beaucoup de tristesse, en fait, parce que quand il dit « Mais est-ce que Hollande, c'est la gauche ? » J'ai envie de dire « Peut-être que non, mais je crois que vous n'êtes plus non plus de gauche, réellement, M. Mélenchon, en tout cas pas la gauche sociale qui a longtemps eu en France. » La question va se poser pour les électeurs, évidemment.
C'est eux qui feront le choix, c'est eux qui feront la différence. Si je me trompe, ils me donneront spectaculairement tort, c'est une évidence. Je ne le crois pas, parce qu'encore une fois, on ne peut pas accepter dans un pays comme le nôtre que des gamins de 23, de 31 ans, 32 ans, meurent sous les coups.
Ah, pour qu'en temps de rang, 23 ans. Oui, 23 ans, pardon.
23 ans, oui. 23 ans, absolument. On ne peut pas l'accepter, on ne peut pas accepter que ça vienne de l'extrême droite ou de l'extrême gauche. C'est la même chose. On ne peut pas accepter que le pays s'enfonce dans une violence qui est déjà quotidienne. Vous faisiez référence à ce gamin de quelques années qui a pris quelques coups de couteau, on ne sait même pas pourquoi... À Bron, oui, à côté de son lycée. C'est tous les jours. Donc les Français en ont assez de cette violence quotidienne qui les assaille et qui les met en danger. Vous pouvez perdre la vie aujourd'hui pour un accident d'automobile banal, pour un téléphone, pour un regard malvenu. Bref, ce n'est plus acceptable.
Donc il va falloir que M. Mélenchon, peut-être, s'il veut encore avoir un peu d'existence politique et une chance aux prochaines élections, il va falloir qu'il réfléchisse à sa stratégie et au vœu des Français qui est, encore une fois, d'essayer de ramener le calme. Ça concerne aussi le président de la République et le chef du gouvernement. Parce que franchement, la politique pénale est insignifiante dans ce pays. On sait très bien qu'il règne un climat, une atmosphère absolument inacceptable. Tout le monde va payer aux prochaines élections. Y compris, évidemment, d'abord, sans doute, M. Mélenchon, mais d'autres aussi.
J'attends que les politiques reprennent la main et commencent à dire un certain nombre de choses. La violence qui règne dans ce pays à l'heure actuelle n'est plus acceptée par les Français.
Jean-Claude Dacier, Ophélé Roque, on reste évidemment ensemble pour continuer le débat d'Europe un soir. Dans un instant, on reviendra sur les répercussions politiques de la mort de Quentin Doran. Et cette réunion à propos des groupes extrêmes et des groupes violents à l'Élysée, demain matin, sous l'égide d'Emmanuel Macron, ce sera à 10h. Et puis, si le permis de conduire était plus facile, une réforme est actuellement à l'étude. On en parlera, on en débattra. Alors, restez bien avec nous. On reprend le débat avec Ophélé Roque, enseignante et chroniqueuse, et Jean-Claude Dacier, chroniqueur politique.
Demain, à l'Élysée, à 10h du matin, réunion sous l'égide d'Emmanuel Macron pour parler des groupes extrêmes et évidemment des violences. Il va être question de la dissolution de ces groupes. Il y en a déjà deux d'extrême droite qui sont dans le viseur et un d'extrême gauche. Mais la dissolution, et vous nous le disiez, Jean-Claude Dacier, en début de débat, pour vous, la dissolution, ça ne sert à rien. Regardez la preuve. La Jeune Garde était en cours de dissolution et on retrouvait ces membres de la Jeune Garde éparpillés un peu partout.
Vous l'avez excellemment dit, c'est une mesure qu'il faut sans doute prendre, mais qui ne sert strictement à rien, qui n'est pas opérationnel. La preuve, c'est qu'il y avait du monde sur le terrain, hélas, pour Quentin.
Et donc, qu'est-ce qu'on fait ?
Eh bien, je pense qu'il faudrait avoir une politique, notamment, j'y reviens, une politique pénale qui soit un peu plus sérieuse et que l'État français se montre plus efficace, plus rigoureux. Moi, je n'attends rien avant 2027, maintenant, parce que ce n'est pas Macron qui nous a mis dans cette situation, qui va changer quoi que ce soit. Mais j'espère que nous aurons un homme suffisamment courageux pour accepter de ne pas être réélu, éventuellement, cinq ans plus tard, mais prendre les mesures dont ce pays a cruellement besoin. Je ne suis pas sûr que tous les Français en soient convaincus.
Mais sur la violence, notamment, la réunion de demain, bon, elle va peut-être se laisser aller à deux, trois dissolutions supplémentaires. On a déjà dit que ça ne sert pas à grand-chose.
C'est une politique globale de fermeté qu'il faudrait.
On l'attend toujours.
Mais c'est ça qui est triste, c'est de voir que de plus en plus, l'État ne peut pas ne pas faire cette réunion, parce que symboliquement, on a fait sa compte. Mais c'est là où le bas blesse, c'est qu'à part énoncer des symboles, à part dire, regardez, on ne cédera pas sur telle valeur, en fait, rien n'est fait. Et rien n'est fait parce qu'en effet, il y a une sorte d'immobilisme. On a l'impression que tant qu'il n'y aura pas les nouvelles élections présidentielles, on a l'impression que rien ne bougera sur rien, finalement. On a l'impression que l'État lui-même sait que, de toute façon, quoi qu'il fasse, ça n'aboutit pas.
Il y a une fraction qui est telle que, de toute façon, rien n'est envisageable. Et surtout, concernant l'origine de cette violence, il faudrait aussi... Alors oui, les peines de prison, pour ceux qui passent à l'acte, je pense que c'est nécessaire, mais il faudra aussi réfléchir à pourquoi on est sur une société, finalement, où les gens deviennent enragés. Parfois, il n'y a pas d'autres mots. C'est-à-dire que moi, ça m'est déjà arrivé, rarement, mais parfois, hélas, de voir des enfants qui piquent des colères, mais qui sont des colères complètement disproportionnées, où on se dit, mais il y a un effet, finalement, de rage. Quelle est cette société qui propure ça ?
Qui n'était pas, selon vous, présente avant. Alors, moi, j'enseigne depuis huit ans. Voilà, désaffrontements entre groupes. J'avais le sentiment à... En tout cas, quand j'entends mes anciens collègues qui sont là depuis... Parfois, ils sont proches de la retraite, ils me disent, mais on a toujours eu des coléries, on a toujours eu des gens qui, parfois, bon, ont des problèmes psychiques, ça, ça a toujours existé aussi à l'école, mais on n'a pas eu autant de violences aussi facilement pour n'importe quoi. La violence pouvait exister, même de manière très, très... Parfois, très brutale, mais jamais pour des cas, en fait, qui étaient tellement...
qui nous semblent tellement dérisoires en tant qu'adultes, et on ne comprend pas du tout pourquoi ça monte d'un seul coup, avec, en plus, une vraie envie d'en découdre. Et ça, je pense que tant que... Le rôle du politique, il serait de se questionner sur le pourquoi généraliser cette violence et d'essayer, certes, de punir une fois que les gens sont passés à l'acte, mais surtout de comprendre ce qui dysfonctionne dans nos sociétés. Et là, on verrait que, à mon sens, la venue des réseaux sociaux a beaucoup fait, en fait, pour insensibiliser les jeunes.
Et la seule mesure peut-être un peu rationnelle qu'a pris le gouvernement, même si, finalement, il y a des gens qui ont peur que ça serve de sorte de musolière ou de censure, mais c'est, en effet, de dire « Mais attendez, à partir d'un certain âge, avant un certain âge, il n'y a pas de réseaux sociaux, quoi ! » Parce que ça vous rend complètement...
J'ai vu, dans l'excellente première émission de Gauthier, Le Bret, tout à l'heure, ce matin, j'ai vu le plan très long sur les jeunes qui étaient dans les rues perpendiculaires ou parallèles à la manif, donc ils ne faisaient pas partie de la manif.
– De samedi, on parle de la manif de samedi.
– Écoutez, excusez-moi, 17-18 ans, tous très jeunes. Je ne veux pas apparaître trop caricatural, mais bas de plafond, quand même. Très bas de plafond. Et je ne suis pas surpris que la violence leur serve d'argument. Parce que, franchement, ce que j'ai entendu n'était pas très rationnel et ne correspondait en rien à la situation de ce pays.
– Il n'y en a pas peut-être d'autres, on ne va pas généraliser, évidemment. – Non, mais ceux que j'ai vus, j'ai bien dit,
ceux que j'ai vus dans l'émission.
– J'aimerais revenir, et je rebondis un petit peu sur l'actualité, parce que l'affaire Quentin, comme je vais l'appeler pour faire simple, elle a de multiples ramifications, de multiples branches et répercussions politiques, on en a parlé, avec sur la gauche et sur la France insoumise aussi, mais également à l'international, avec, j'allais dire, des conséquences diplomatiques pour le moins fâcheuses, puisque Emmanuel Macron a répondu de manière assez ferme et brutale envers Georgia Mélanie, à temps en raison, vous allez me le dire.
Et puis là, donc Charles Kirchner, l'ambassadeur américain en France, qui était convoqué au Quai d'Orsay après avoir relayé des propos tenus de l'administration Trump sur cette affaire Quentin de Rang et la violence d'extrême-gauche en France, et qui ne s'est pas présenté à cette convocation.
– Mais d'une certaine manière, il a raison, – Alors attention, ce qu'il fait est complètement incivil, mais d'une certaine manière, il a raison, il peut se permettre de le faire. – C'est la méthode Trump, hein ? – Oui, mais il peut se permettre de le faire, c'est ça qui est intéressant, justement, c'est de dire que, regardez, on est tellement, d'ailleurs, moi je l'ai écouté un petit peu, ce nouvel ambassadeur quand il parle, mais il ne s'en cache pas du tout, de dire, mais j'ai un mépris, moi je ne parle pas français, moi je suis là pour les affaires, et puis de toute façon, c'est comme ça, et tout est fait, mais pourquoi ne l'utiliserait-il pas ?
En fait, il faut aussi qu'on réagisse, quand on convoque quelqu'un et ne vient pas, quelles seront les suites ? Il n'y aura rien. Donc, comme il n'y aura rien, pourquoi cet homme-là aurait eu tort, finalement ? Et d'une certaine manière, – La France apparaît faible. – Bien sûr qu'elle apparaît, mais elle est faible, c'est pas qu'elle apparaît, c'est qu'elle est faible. Et je pense que tout à l'heure, il disait, enfin l'invité de tout à l'heure, il disait, – Bruno Foux. – Bruno, voilà, je ne sais pas dire son nom du famille, j'avais peur de mal prononcer, donc c'est fou, il disait, mais on a besoin d'acteurs en Afrique. Mais qui a besoin d'acteurs en Afrique ?
Nous, nous avons besoin peut-être de l'Afrique sur certains marchés. Est-ce que l'Afrique a besoin de nous ? Est-ce que l'Afrique veut de nous ? Et c'est ça où, en fait, on a l'impression que la France, elle n'a pas compris. Elle n'a pas compris qu'elle était déclassée. C'est trop tard maintenant, pour plein de choses, c'est trop tard. La seule chose qu'elle peut faire, c'est qu'il faut se concentrer sur l'essentiel et arrêter de se disperser comme si on avait encore une influence. Parce que tant qu'on se ment à nous-mêmes, rien ne sera fait, d'une certaine manière.
Et là, j'ai le sentiment qu'on continue encore à se mentir en disant, regardez, on est indispensable au peuple malgache, mais regardez l'état de nos hôpitaux, regardez l'état de nos prisons. Est-ce que c'est vraiment le peuple malgache qu'on va sauver ? Déjà qu'on commence à sauver déjà nos propres institutions avant d'essayer de sauver celles des autres.
Dans la situation où nous sommes, effectivement, essayer de peser à l'extérieur n'est pas chose aisée. C'est le moins qu'on puisse dire. Sur l'affaire Mélanie, écoutez, franchement, le président de la République, je voudrais m'éviter de le critiquer encore une fois, mais il en manque pas une seule, il en rate pas une. Qu'est-ce qu'elle a fait, madame Mélanie ? Enfin, elle a fait, me semble-t-il, si j'ai bien lu, un texte de cinq ou six lignes où elle montrait sa compassion pour Quentin et le souhait à la famille, enfin bref, rien que de très banal et de très classique et de très sincère, sans doute.
Et Mélenchon, Mélenchon, le président de la République prend ça comme une espèce d'insulte personnelle et lui répond ouvertement, franchement, je suis là de cette situation permanente. Je ne sais pas où le président de la République va nous emmener, y compris en Europe.
Allez, on change de sujet alors, puisque vous êtes là. La réforme du permis de conduire, elle serait à l'étude. Pourquoi ? Pour le rendre plus facile, parce qu'il y a un faible taux de réussite au permis de conduire et les autorités envisagent d'assouplir cette notion d'erreur éliminatoire qui nous a, peut-être, tous, en tout cas, je parle à mon nom, coûté assez cher et coûté de repasser le permis un certain nombre de fois, en tout cas.
Donc, les erreurs éliminatoires, alors, elles sont, si je me fie au texte, donc, les erreurs éliminatoires, c'est un comportement dangereux qui met en cause la sécurité immédiate du véhicule d'examen, de ses passagers ou d'autres usagers de la route ayant nécessité ou non de l'intervention de l'examinateur. La France y ajoute cinq affractions. Le franchissement d'un stop, d'un feu ou d'une ligne continue, la circulation en sens interdit ou sur une bande d'arrêt d'urgence ou sur une voie réservée. Ce qui fait que le permis français est en fait plus dur, d'après ce que j'ai compris, que le permis de nos voisins. Mais cela pourrait donc changer. Quand pensez-vous ?
Alors, je vais le dire tout de suite, au fil et roc, vous n'avez pas votre permis de conduire.
Non, parce que je n'ai jamais tenté de le passer et je vais être franche avec vous. J'attends, en fait, qu'on nous le donne dans une pochette surprise pour le récupérer. Donc, vous voyez, ça sera déjà un tout petit peu plus facile. Ça commence.
Jean-Claude Assy.
J'ai du premier coup.
D'accord. Mais il y a quelques années. Oui, mais quand pensez-vous de le rendre plus facile ?
Écoutez, je ne sais pas trop parce que, tout de même, la liste des infractions que vous avez lues, Oui, elle est quand même gênante. Ça me paraît quand même un peu surprenant. Le franchissement du ligne jaune, bon, oui, ça peut arriver, mais le moins souvent possible. Mais qu'est-ce qu'il faut en mettre
sur le moment ? Je ne comprends pas. Qu'on le... Ça devrait être... Ça devrait être... Sanctionné. Voilà, sanctionné. D'accord. Oui, sanctionné, oui.
Et le franchissement d'un stop ? Bon, écoutez, il me semble...
Oh, qui n'a jamais franchi un stop ?
Oui, non, mais en douce, et quand il n'y a pas de force publique. Écoutez, franchement, je ne sais pas. Que les experts se... Il me semblait qu'il y avait un problème... Il y avait déjà un problème de temps. C'est-à-dire qu'il fallait attendre six mois pour passer son permis.
Oui, c'est quel cas...
Ça me paraissait plus urgent, moi, que d'assouplir... De temps et de coût, aussi. Franchement, je suis... Bon, le problème des conducteurs me paraît posé de manière étrange. Je vois bien que ceux qui boivent trop sont en infraction. Ça, c'est lourd. La consommation de drogue est encore plus lourde. Ça, ça me paraît les problèmes du moment. Les problèmes sérieux, notamment la sortie des boîtes de nuit. Maintenant, franchir un stop ou franchir une ligne jaune, je ne suis pas sûr qu'il faille les supprimer ou, en tout cas, se montrer plus complaisant, plus bienveillant à l'égard des candidats.
Mais moi, je pense que c'est surtout, en fait, que j'ai quand même acheté le code pour faire genre que je m'intéressais au permis. Et moi, je pense que c'est, parfois, c'est plutôt le code qu'il faudrait revoir plutôt que les séances de conduite. Parce que franchir une ligne blanche, même si vous êtes nerveux, moi, ça me semble très dangereux de donner le permis à quelqu'un qui fait ça. Par contre, quelqu'un qui, en effet, ne va pas savoir exactement où situer telle obscure pièce mécanique qu'il n'utilisera jamais dans sa vie,
c'est toute notre politique de circulation qui est à revoir. Là encore, grand projet secondaire pour 2027.
Merci Jean-Claude Dossier, merci au Folie Rock d'avoir participé à ce débat d'Europe un soir. Tout de suite, la météo de Marlène Duray.
Jean-Luc Mélenchon