Thomas Ménagé, député RN : "Nous, nous ne rentrerons pas dans le gouvernement, nous sommes dans l'opposition"
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France Inter Le grand entretien d'Inter ce samedi matin avec Marion Lourd, notre invité et député Rassemblement National du Loiret, vice-président de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale. Vos questions, réactions sur la scène et le moment politique que nous vivons au 01 45 24 7000, chers auditeurs, ou sur l'application France Inter. Thomas Ménager, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation. Et bienvenue, vous étiez devant votre télévision hier soir. Première interview de Michel Barnier sur le plateau de TF1. Première interview de Michel Barnier, Premier Ministre. Comment vous avez reçu sa prestation ? Est-ce que vous avez été rassuré ?
Pour le moment, oui, il n'a pas infirmé les positions qu'il avait tenues sur le perron. C'est-à-dire, un, le respect de l'ensemble de la classe politique. Il a dit par exemple qu'il respectait les 11 millions d'électeurs, qu'il respectait Marine Le Pen, qu'il allait recevoir notre présidente de groupe Marine Le Pen. Et donc, il est dans la continuité, au lendemain, ça aurait été gênant de se contredire de ce qu'il a annoncé. Maintenant, c'est des paroles. On va voir les actes très concrets, le discours de politique général et le budget, notamment.
Michel Barnier, vous le trouvez rassurant, donc ?
Non, enfin, généralement, ce qui me rassurait, ça serait, dans l'intérêt du pays, d'avoir un gouvernement du Rassemblement National, et ça aurait été d'avoir Jordan Bardella. Mais dans tous les cas, il rassure sur le fait qu'il ne se contredit pas dès les premiers jours, et qu'il semble aussi, semble aussi, ne pas vouloir être à la main d'Emmanuel Macron. Et c'est ce que les électeurs attendent, ce que les Français, au-delà de nos électeurs, attendent, c'est qu'on ne soit pas dans la continuité du macronisme, mais qu'il y ait une véritable rupture.
Et en même temps, il se démarque de vous, parce que ce qu'il a dit aussi hier, au 20h, le nouveau Premier ministre, c'est qu'il n'avait rien, ou pas grand-chose, de commun à voir avec les thèses et les idéologies du Rassemblement National. Comment vous la recevez, cette déclaration ?
Je vous confirme, il dit exactement ce que l'on dit nous aussi, où certains ont voulu faire croire que c'était limite notre choix, notre désir qu'on avait rêvé au Rassemblement National d'avoir Michel Barnier. Absolument pas, c'est un opposant politique, il a été de tous les gouvernements successifs qui ont aussi mené le pays à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Donc ce n'est absolument pas de notre famille politique, et on est dans l'opposition à M. Barnier, mais il y a plusieurs manières de faire l'opposition.
Il y a la bordélisation, le blocage, et il y a l'opposition qui doit être aussi une opposition constructive, constructive, raisonnable, ferme, mais pour éviter le blocage de notre pays.
Le rôle du Rassemblement National, il faut se souvenir de Sébastien Chenu, membre de votre mouvement, qui disait lui-même, c'est tout juste si Marine Le Pen ne devient pas la DRH d'Emmanuel Macron. Donc ça ne vient pas de nulle part comme idée que le Rassemblement National aurait des points communs, ou aurait en tout cas des affinités avec Michel Barnier et la politique qu'il pourrait mener.
Non, je crois qu'Emmanuel Macron, et c'était son rôle en vertu de la Constitution, devait nommer un Premier ministre. Il a fait le choix de nommer un Premier ministre qui pouvait durer, au moins ne pas être censuré dès le premier jour, ce qui aurait été le cas d'un Premier ministre du Nouveau Front Populaire, et nous avions fixé des lignes rouges. Nous, pour le mandat qui nous avait été confié, c'est que les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour nous soient respectés. Donc on ne voulait pas, par exemple, que M. Bertrand, qui avait insulté avec des propos outranciers vis-à-vis de nos électeurs, soit Premier ministre. Mais on n'a pas choisi, mais M.
le Président de la République a bien entendu consulté Marine Le Pen et Jordan Bardella pour peut-être s'assurer de sa stabilité du moins provisoire.
On a du mal à comprendre, malgré tout, le positionnement du Rassemblement National. Vous ne voterez pas la censure, pour commencer ? Pas le premier jour. Pas le premier jour. Ça tout dépendra.
Nous, on attend de voir, on attend la feuille de route, on attend le budget, on attend le discours de politique générale. Mais si, dès la semaine prochaine...
Si jamais il y a un vote de confiance après le discours de politique générale,
vous voterez la confiance ? Il n'y aura pas de vote de confiance. Ni M. Attal, ni Mme Borne l'ont demandé, alors même qu'ils avaient une majorité relative, mais quand même une majorité. C'est pas impossible. Aujourd'hui. Après, la confiance, non. Vraisemblablement, on ne la voterait pas si elle était demandée. Vous abstiendriez ? On n'a pas confiance. Si on votait contre, il y aurait, bien entendu, le gouvernement qui tombait. Ça serait une motion de censure déguisée.
Pas complètement, puisque votre vote, le vote du groupe Rassemblement National, ne suffirait pas à faire tomber le gouvernement. Oui, mais on sait très bien que le mouvement populaire
qui est prêt même à aller jusqu'à la censure, a priori, sans même entendre, sans même discuter, et au blocage du pays, le ferait. Donc, bien entendu, mais la question du vote de confiance ne se posera absolument pas.
Parce que la question des motion de censure, jamais vous n'avez réussi en deux ans à voter ensemble RN et gauche contre un gouvernement...
Alors si, on l'a fait même avec certains républicains, mais jamais en nombre suffisant. Au moment de la réforme des retraites, on était à neuf voix de faire tomber et de mettre en échec le gouvernement sur cette réforme. Ça n'a pas été le cas, malheureusement.
Ce qu'on sait, c'est les informations de notre service politique ici à France Inter, c'est que le président de la République a appelé, en tout cas, le Rassemblement National pour s'assurer, a priori, que vous ne censureriez pas automatiquement le Premier ministre Michel Barnier. Quelle garantie le Rassemblement National a obtenu en échange ?
Je crois aucune. Enfin, on a absolument... On a juste répondu, Marine Le Pen, enfin, je n'ai pas à teneur des conversations, a juste répondu et a donné surtout des conditions, des lignes rouges sur les personnalités. Alors, première ligne rouge que nous avons fixée, c'était, je vous l'avais dit, le respect de nos électeurs, que nous censurions toute personne qui allait cracher, parce que c'est un peu ce que fait, par exemple, M. Bertrand, sur les élus du Rassemblement National et les 11 millions de Français qui ont voté pour nous.
Et puis, après, derrière, nous censurons tout gouvernement, et notamment même le gouvernement Barnier, rapidement ou non, ça dépendra de lui, qui ne donne pas des réponses très claires en matière de pouvoir d'achat, d'insécurité, d'immigration, et qui aussi n'ouvre pas le dossier de la proportionnelle pour dégager demain une majorité.
Donc, ça veut dire qu'on vous a dit que le président de la République n'a pas fermé la porte à l'introduction d'une dose de proportionnelle par ce nouveau gouvernement Barnier quand il sera formé ?
Alors, je ne sais pas s'il a répondu à ces questions et s'il a donné un retour. Ce qui est certain, c'est que nous, on a entendu et on a appris que c'était M. Barnier et qu'on a constaté que la première condition était respectée. Après, je pense que les autres conditions, on va les voir en marchant en fonction de la feuille de route et de la manière de travailler
de ce nouveau Premier ministre. Mais vous fixez des conditions. On va aller au Standard Inter où il y a de nombreuses questions de nos auditeurs pour vous, M. Ménager. Mais vous, vous avez l'intention d'être fermement dans l'opposition ou dans une forme d'accompagnement, je vais dire, doux ?
Non, enfin, de la même manière qu'on allait être avec M. Attal ou Mme Borne, c'est-à-dire que dès lors qu'il dépassait un certain nombre de limites, notamment au moment du budget, notamment au moment des retraites, sur un certain nombre de projets de loi, on était dans une opposition très ferme. Mais aujourd'hui, on est dans une situation inédite. Les Français l'ont bien compris, il y a trois blocs. Si tous les deux blocs censurent automatiquement le troisième, on est dans une situation où tous les premiers ministres vont tomber. Donc, opposition très claire à M. Barnier, on n'est absolument pas dans un soutien. Mais vous savez, c'est les usages de la sacrée réplique.
Dès lors qu'on est dans l'opposition, on ne censure pas automatiquement. Les oppositions n'ont pas toujours déposé une motion de censure continue contre le gouvernement en place. La motion de censure, c'est un outil qui est là pour faire tomber le gouvernement quand il va trop loin. Bonjour Frédéric et bienvenue sur Inter.
Bonjour à tous. Bonjour Thomas Ménager. Alors, une remarque, j'ai suravis d'entendre que vous ne censureriez et disons que si vous n'étiez pas d'accord, c'est parce qu'on avait entendu par rapport au Front populaire, par exemple, si le Front populaire avait proposé une augmentation du SMIC, donc vous disiez que vous l'auriez censuré. J'apprends aujourd'hui que c'est non. Il y a là, disons, un double langage qui ne me va pas très bien. Mais ma question porte sur les finances. À l'état actuel de crise économique et dans l'état économique où la Macronie nous laisse le pays, l'État va avoir besoin d'argent, obligatoirement. Il n'y a que deux solutions, c'est soit l'impôt, soit la dette.
Alors, l'impôt, on sait qu'on a un système fiscal très inégalitaire. Augmenter l'impôt permet de diminuer les inégalités. Alors, vous avez le choix soit entre laisser les inégalités en n'augmentant pas l'impôt, soit augmenter la dette et qu'elle est le choix du RN.
Merci Frédéric pour votre question.
Bon, Frédéric, concernant la première question, malgré tout, on était une, je vais répondre très rapidement. Il y aurait eu, de notre part, une sanction de nouveau Front populaire parce que pour rebondir ce que vous dites après, le programme du Nouveau Front populaire était un danger pour le pays. 150 milliards de dépenses supplémentaires alors même que vous l'avez très bien expliqué, la situation économique est aujourd'hui déjà catastrophique et puis après, sur le plan des valeurs, sur un certain nombre de sujets comme la laïcité, sur les sujets régaliens, il y avait aujourd'hui une ligne rouge et qui était à l'opposé. C'est malgré tout la première force au Parlement.
En termes de nombre, bien entendu, mais aujourd'hui, il y a trois blocs quasiment équivalents, on est de 140 à 180 et donc il n'y avait pas de majorité, contrairement à ce que
laissait penser 140,
nous sommes 140 avec nos alliés des Républicains, d'Éric Ciotti. Concernant l'économie, bien entendu, en 2026, ce sera le premier poste, notamment la charge de la dette, c'est bien entendu pour les générations à venir et c'est un sujet majeur.
Et vous avez raison, ça passe par des économies qu'on pourrait lister sur l'immigration, sur la fraude sociale et fiscale, sur le train de vie de l'État notamment et, vous l'avez très bien dit, des recettes supplémentaires, donc indirectement l'impôt, mais nous, nous ne voulons pas taper sur les classes populaires et les classes moyennes, nous voulons par exemple avoir une recette supplémentaire que serait l'impôt sur la fortune financière qui permettrait de rapporter déjà par exemple 3 milliards d'euros au budget d'État.
Et ça fait partie peut-être des mesures fiscales qu'est-ce qu'il sait déjà Michel Barnier ? Il a parlé aussi hier le Premier ministre puisqu'on en est au chapitre qui va ouvrir sur la réforme des retraites, le passage à 64 ans. Vous, votre parti, a milité pour l'abolition de cette réforme des retraites. D'ailleurs, vous allez le reproposer à l'Assemblée nationale fin octobre. Qu'est-ce que vous espérez du débat que va ouvrir Michel Barnier sur le sujet ?
Alors, on verra ce que M. Barnier lance, mais nous, on a quand même l'initiative parlementaire. Il faut que les Français comprennent que, bien entendu, il y a l'exercice du gouvernement et le Parlement, en plus, reprend toute sa place. On l'a dit et donc l'Assemblée nationale. Donc, on verra. Moi, je n'attends pas de Michel Barnier. J'attends de voir. Je ne peux pas vous dire et je n'ai pas une boule de cristal pour savoir ce que M. Barnier va faire. Nous, ce que je sais, c'est que le 31 octobre... Il dit amélioration
et pas annulation de cette réforme, quand même.
Après, ça sera la même chose nous, le 31 octobre, quand nous déposerons dans notre niche parlementaire et là, ça sera notamment au nouveau Front populaire, comme vous l'avez dit, qui représente aussi une importante part de cette Assemblée, de se définir. Mais nous, nous proposerons l'abrogation uniquement, pas des avancées qui ont permis les augmentations des petites retraites puisque nous le portions avec Marine Le Pen au moment de l'élection présidentielle et que nous avons soutenu au moment de la réforme des retraites cette petite partie.
Mais surtout, c'était l'économie générale de la réforme et la question de l'âge avec le passage de deux ans supplémentaires, de 62 à 64 ans, notamment pour les catégories générales, qui sera abrogée et du moins mise en abrogation possible lors de cette...
Ça coûte 15 milliards.
Alors ça coûte...
Et on a une dette monumentale.
Selon l'IFRAP, qui est un institut indépendant, ça coûte 10 milliards. Dans tous les cas, ça coûte...
C'est un institut indépendant libéral de droite, l'IFRAP.
Oui, enfin, c'est pas l'institut du Rassemblement international. Nous, on l'a chiffré à 10 milliards. Ils l'ont confirmé à 10 milliards. Aujourd'hui, ça coûte dans tous les cas. 10 milliards, vous avez raison. C'est un choix de société. Après, ces 10 milliards, il faut aussi y retrancher 3 milliards, rapport de la Cour des comptes de 2021 qui démontre quand vous augmentez deux ans de plus l'âge de départ à la retraite, il y a des dépenses supplémentaires sur d'autres branches de la sécurité sociale puisque quand vous êtes plus âgé, vous êtes plus en maladie professionnelle, plus au chômage, plus au RSA.
Donc, ça coûte environ 7 milliards si on prend les chiffrages qui sont aujourd'hui connus. C'est un choix de société. Et puis après, il y a d'autres leviers. La natalité, la démographie, la question de la productivité, la recherche et le développement et puis la question de l'emploi. Aujourd'hui, il y a 5 millions de chômeurs qui ne trouvent pas d'emploi. Il y a 500 000 seulement off qui ne sont pas pourvues. Donc, il y a nécessité de relancer notre économie, de travailler la démographie, la productivité pour permettre d'avoir des ressources supplémentaires.
Et puis, je vous le dis, nous, nous l'assumons, un choix de société de faire que les gens puissent partir en bonne santé à un âge raisonnable à la retraite. Et ça a un coût, c'est certain.
On retourne au standard. Bonjour Patrick et bienvenue dans le grand entretien d'Inter.
Oui, bonjour. Il y a une majorité au Parlement pour voter le RIC, référendum des initiatives citoyennes. Donc, je voudrais savoir si une proposition de loi sera déposée puisque ce programme est du Rassemblement National et du Front Populaire.
Merci Patrick pour votre question. C'est imaginable ?
Alors, cette proposition de loi a déjà été déposée dans la législature précédente par mes collègues du Rassemblement National et vous avez raison. Je pense qu'il y a une majorité qui peut se dégager. Elle sera sûrement redéposée par mes collègues et peut-être par d'autres bancs. Moi, ce que je peux dire à votre auditeur aujourd'hui, c'est que nous, si c'est demain sur la table, que ce soit de notre part ou d'un autre groupe parlementaire, on fera ce qu'on a toujours fait. Si on est d'accord... Notre niche parlementaire
est fixée au 31 octobre prochain. Oui. Alors, après, aujourd'hui, on a un groupe,
on verra si ça peut être un des sujets qui peut entrer dans la niche. Aujourd'hui, l'ordre du jour n'est pas défini, excepté la question de l'abrogation de la réforme des retraites. Mais ce que je peux, moi, confirmer aux auditeurs de France Inter ce matin, c'est que nous, on vote toujours tout ce qui va dans le sens de l'intérêt général et tout ce sur quoi on est en phase et le RIC en fait partie, peu importe, de manière non-sectaire.
Alors, il y a plus de 150 cortèges aujourd'hui qui sont annoncés en France à l'appel de LFI, des étudiants aussi, des organisations étudiantes, des écologistes, pour dénoncer, je les cite, un coup de force d'Emmanuel Macron avec cette nomination de Michel Barnier. Est-ce que vous comprenez cette expression coup de force ?
Non, parce que le Nouveau Front Populaire depuis deux mois veut laisser penser qu'ils ont gagné et qu'ils ont une majorité.
Ils étaient en tête, encore une fois.
Alors, en nombre de parlementaires, après un certain nombre de manœuvres qui ont entraîné des évolutions sur ce qu'aurait dû être, mais, dans tous les cas, moi, je respecte la composition de l'Assemblée Nationale telle qu'elle est aujourd'hui. Après, aujourd'hui, le Président de la République, et il n'est absolument pas ma famille politique et je le combats maintenant sans relâche depuis sept ans, a fait le constat réel qu'à la fois ses députés et le Rassemblement National, parce que le programme du Nouveau Front Populaire était à danger, allaient censurer a priori tout gouvernement du Nouveau Front Populaire. Donc, il y aurait une instabilité.
Donc, à un moment, il faut que ces personnes arrêtent de vouloir mettre le bazar, parfois appeler à marcher sur l'Assemblée Nationale et reviennent à la raison. Il y a trois blocs, il faut se mettre au travail et trouver des solutions pour les Français et ne pas mettre le bazar.
Mais nommer quelqu'un qui est issu d'un parti qui a fait 6,5% aux élections législatives, c'est démocratique ?
C'est une anomalie démocratique, mais c'était un peu peut-être la seule solution ou la seule possibilité qu'avait Emmanuel Macron. Et ça revient sur le sujet que nous sommes aujourd'hui peut-être les seuls à mettre au cœur des préoccupations qui est la question de la proportionnelle avec une prime majoritaire. C'est ce qui existe dans les communes, c'est ce qui existe dans les régions qui permet que le parti arrivé en tête ait une majorité et qu'il puisse dégager un gouvernement et qu'on évite ce blocage institutionnel parce que par le passé, la Ve République a été pensée avec un bipartisme, deux blocs.
Aujourd'hui, il y a trois blocs et donc le scrutin majoritaire à deux tours ne correspond plus à la réalité politique et il faut surtout qu'on se pose la question avant une éventuelle dissolution parce que les mêmes effets pourront se reproduire à l'avenir.
La raison pour laquelle vous ne censurez pas immédiatement un gouvernement en Barnier, c'est notamment ses positions sur l'immigration ?
Non. Là aussi, il vous a rassuré de l'aménager ? Pas spécialement. Objectivement, pas spécialement. Je vous ai dit, les lignes rouges ont été claires. Après, c'est vrai que M. Barnier, en vieillissant, a évolué sur un certain nombre de sujets, sur les sujets européens, sur la question de l'immigration. Il a repris, notamment quand il était candidat à la primaire, un certain nombre de ce que nous défendons au Rassemblement National. Primer à l'air en 2021. Exactement. Il a repris un certain nombre des positions qui étaient les nôtres, notamment, je pense, au remplacement de l'aide médicale d'État par l'aide médicale d'urgence. Mais maintenant, vous savez, nous attendons de voir si M.
Barnier va au bout de ce qu'il a pu défendre quand il n'était que candidat putatif à l'élection présidentielle.
Est-ce que Michel Barnier est un fossile ?
Je vois que mon collègue Jean-Philippe Tanguy, qui était chez vous, justement, est revenu sur ses propos. Il a dit, il s'en est même excusé en disant qu'ils n'étaient pas forcément très courtois. Maintenant, il est Premier ministre, il ne l'était pas, il le respectera.
Il califait Michel Barnier de fossile à qui l'on essaye
de redonner vie. C'était un cri du cœur d'un député de l'Assemblée qui a un territoire qui a énormément souffert, notamment du fait de la question européenne que M. Barnier a soutenu pendant de nombreuses décennies d'un certain nombre de gouvernements. Il s'est excusé, il a expliqué que c'était absolument pas courtois. Et Jean-Philippe Tanguy qui est un coliste qui respecte les institutions, vous le verrez, comme on l'a toujours fait, il respectera le Premier ministre quand il sera dans l'hémicycle et maintenant qu'il est Premier ministre.
Alors Michel Barnier, il vous respecte aussi, il l'a dit hier soir, il respecte vos électeurs, toutes les forces politiques. Il consulte en ce moment pour former un gouvernement et il a reçu hier les groupes Renaissance et LR. Est-ce qu'il a appelé le RN ? Est-ce qu'il a reçu le RN ? Est-ce qu'il va le recevoir ?
Il l'a dit lui-même. Pour le moment, je ne sais pas si la date est fixée parce qu'il a commencé par son camp avec ceux qui vont vraisemblablement rentrer dans le gouvernement. Nous, nous ne rentrons pas dans le gouvernement, nous sommes dans l'opposition. Mais bien entendu, on n'est absolument pas de la même famille politique. Nous sommes dans l'opposition à M. Barnier. Il sait aussi M. Barnier. Juste, je vois vos airs surpris.
Mais ça sert à quoi de lui parler du coup ? C'est l'image de l'opposition.
Parce que vous savez, l'opposition a toujours parlé à la majorité. L'opposition n'est pas là juste pour dire nous bloquons tout, nous ne parlons rien, nous attendons le prochain coup pour se faire élire. Nous, l'opposition est là pour s'opposer, améliorer, amender, obtenir des victoires pour les Français
et éviter le blocage du pays. Mais s'abstenir lors d'un vote de confiance, ne pas voter la censure et éventuellement même voter ou s'abstenir sur le budget, excusez-moi, c'est une manière de s'opposer qui n'est pas franchement radicale Thomas Ménager.
Vous le verrez, les Français, à un moment, ne présagez pas de la manière dont on agira au Parlement. On a juste aujourd'hui une position qui est approuvée par 73% des Français sur l'insodage qui est sorti hier, 93% de nos électeurs qui ont compris qu'on était dans une situation inédite, qu'il y avait trois blocs et qu'on ne pouvait pas bloquer pour bloquer, qu'on ne pouvait pas juste être dans une opposition bête et méchante. C'est ce que fait le nouveau Front populaire et ce n'est pas dans le sens des Français qui attendent des mesures en matière de santé, en matière de pouvoir d'achat, en matière de services publics, en matière d'immigration, en matière de sécurité.
Et si on est juste dans cette volonté de bloquer le gouvernement quel qu'il soit, ça n'a absolument pas de sens.
90% de vos électeurs, c'est le verdict d'une grande enquête menée par l'Institut Ipsos pour le Monde et la Fondation Jean Jaurès. 90% de vos électeurs disent ne pas avoir confiance dans l'Assemblée nationale nouvellement élue. C'est un paradoxe au moment où jamais le Rassemblement national n'a eu autant de députés. Comment l'expliquez-vous ?
Je l'explique par l'image catastrophique qui a été donnée de l'institution dès les premiers jours où, justement, nos électeurs, ces 90%, ont été éjectés des instances où il y a eu une coalition de M. Wauquiez jusqu'au Nouveau Front Populaire qui ont fait le choix de ne pas donner les postes qui, dans les règlements de l'Assemblée, revenaient aux électeurs du Rassemblement national, aux élus du Rassemblement national.
Donc, je peux comprendre les électeurs qui se disent cette Assemblée, bien entendu, elle me représente encore plus puisqu'il y a un groupe du Rassemblement national qui est le premier groupe, mais en même temps, avec toutes les autres forces politiques qui se coalisent contre et donc qui ne respectent pas
le scrutin. On ne vous fait pas confiance. Alors, toujours dans cette enquête, 76% de vos électeurs,
je ne pense pas.
Les électeurs du Rassemblement national à 76% sont favorables à la démission d'Emmanuel Macron. Vous les comprenez ? Vous les encouragez ? Je les comprends
et je comprends le ras-le-bol de cette ère Macron. Après, Emmanuel Macron a été élu. Donc, vous êtes favorable ? Non, Emmanuel Macron a été élu. Il est légitime jusqu'à la fin de son mandat. Après, si demain, à un moment, il y a un blocage tel dans le pays qu'il n'y a pas la possibilité d'avoir une stabilité, dans le sens du pays, des Français et de leur quotidien, il devra se poser la question. Mais je ne suis pas là pour appeler à la démission du président de la République. Ça serait totalement contraire aux usages, aux institutions et à la démocratie.
Thomas Ménagé, l'été 2024 a été le plus chaud jamais mesuré. Ça, c'est ce que nous a appris hier l'Institut Copernicus. Vous continuez de penser, comme vous l'aviez dit à ce micro, je vous vois sourire. Oui, mais ça fait quatre fois que vous me reposez la même question. La question se pose. Est-ce que vous continuez de penser que les membres du GIEC qui lancent régulièrement l'alerte sur ce réchauffement ont tendance à exagérer ?
Je suis très heureux de voir que grâce à ces propos maladroits sur lesquels j'étais revenu, on parle des sujets environnementaux ici à France Inter de manière encore plus importante. On ne vous a pas attendu sauf votre respect. Et c'est tant mieux parce que c'est un sujet important. J'avais expliqué que je ciblais et que j'avais été maladroit dans mes propos les experts politiques du GIEC, je pourrais les citer, qui ont souvent des engagements politiques de par ailleurs. Et bien entendu, et j'espère que ce gouvernement et le Premier ministre l'a dit, ira sur les sujets environnementaux. J'ai sorti un rapport sur les accords de libre-échange.
50% des gaz à effet de serre sont aussi liés aux importations. Il y aura aussi la question de la crise agricole. Tous ces sujets sont des sujets majeurs et il faudra les traiter.
Et quand Michel Barnier parle de dette climatique, vous comprenez ce qu'il veut dire ? De dire la vérité sur la dette climatique ?
Bien entendu. Et puis parce que c'est les générations à venir dans tous les cas, ceux qui devront payer à la fois les dettes financières si on ne gère pas de manière sérieuse nos comptes publics et qu'on ne redresse pas la barre en faisant, je vous l'ai dit, des économies et des recettes supplémentaires pour aussi apporter plus de justice sociale. Il y aura en parallèle aussi cette dette climatique et cette difficulté à vivre dans notre pays et sur toute la planète si on n'agit pas rapidement et intelligemment.
Merci Thomas Ménager d'avoir été l'invité de France Inter. Merci à vous.
Thomas Ménagé