«Le désordre, c'est l'autoroute vers l'extrême droite», selon François Kalfon, eurodéputé PS-Place publique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Est-ce là une réponse suffisante à la hauteur de la crise que traverse le pays ?
- 0:58RelanceRéponse partielle
Le Premier ministre qui n'exclut pas non plus de décréter l'état d'urgence si cela devait être utile, c'est le cran d'après ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Une réponse pénale élevée pour ceux qui ont été arrêtés, c'est une fermeté que vous soutenez ?
- 3:17OuverteRéponse directe
C'est à LFI que vous faites mention, pour avoir soufflé sur les braises de la colère, vous partagez cette critique ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Et ce faisant, au passage, il fait le jeu de l'extrême droite du Rassemblement national ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Quelle réponse politique à la crise pour ce retour à la paix civile ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« personne ne peut dire comment on va en sortir mais il faut prendre des mesures supplémentaires »
- 1:45Invité politiqueFait
« il peut y avoir des retenues finalement en amont grâce à des contrôles d'identité dans les gares »
- 2:10Invité politiqueFait
« avec le couvre-feu, vous aurez un moyen légal de mettre fin à la liberté de circulation »
- 4:37Invité politiqueFait
« le désordre, et le soutien au désordre, c'est l'autoroute vers Mme Le Pen »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« ça n'est pas avec 3000 professeurs volants qu'on règle la question des 15 millions d'heures supplémentaires »
- 6:50Invité politiqueChiffre
« on parle de 10 000 fonctionnaires de police qui auraient été mobilisés 17, alors qu'il en aurait fallu au bas mot 30 000, 40 000, 50 000 »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« on parle de 8, 9 milliards d'euros pour total »
Temps de parole
- François Kalfon72 %
- Présentateur26 %
- ?2 %
≈ 10,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour François Calfon, bienvenue sur RFI, au lendemain de ce week-end de chaos, on vient de l'évoquer, des meutes de pillages face à une police débordée, le président Macron a dit hier la honte et la colère du pays, alors que de nouvelles manifestations de gilets jaunes sont annoncées pour samedi prochain, le Premier ministre Lecornu vient quant à lui d'annoncer des couvre-feux localisés dès ce soir. Est-ce là, François Calfon, une réponse suffisante à la hauteur de la crise que traverse le pays
?
Clairement il faut monter d'un cran et les couvre-feux répondent à cette nécessité de monter d'un cran, personne ne peut dire comment on va en sortir mais il faut prendre des mesures supplémentaires et en ce sens nous les soutenons car il est insupportable de voir le lendemain du 17 octobre 18 et peut-être ce soir des exactions qui mettent gravement en danger la paix publique.
Le Premier ministre qui n'exclut pas non plus de décréter l'état d'urgence si cela devait être utile, c'est le cran d'après, ce n
'est
pas pour maintenant ?
Non, ce n
'est
pas forcément le cran d'après puisqu'en l'état du droit on peut faire beaucoup de choses, par exemple la restriction des transports publics à partir d'une certaine heure, le couvre-feu ça a été dit à la main des préfets, voyons un peu comment les choses se font. Et puis par ailleurs il y a un problème de renseignement qui a été pointé par le président de
la
République même s'il était tout à fait délégant de le faire dans sa déclaration, le renseignement c'est de pouvoir tracer, n'est-ce pas, avant qu'ils ne commettent leurs méfaits, ceux qui cassent et notamment ce qu'on appelle les black blocs, qui ont pu venir impunément, y compris depuis l'étranger, mettre le désordre dans Paris. Et en ce qui concerne la délinquance d'opportunité, il peut y avoir des retenues finalement en amont grâce à des contrôles d'identité dans les gares, en amont de Paris, mais également quand ils viennent sur le terrain. Quand vous venez avec des cagoules, avec des lunettes de piscine,
j
'en passe, c
'est
les meilleurs, un équipement du parfait délinquant, eh bien il y a lieu que les personnes soient interpellées. Mais j'ai envie de dire qu'avec le couvre-feu, vous aurez un moyen légal de mettre fin à la liberté de circulation et donc d'intervenir dans le cadre du droit.
Le Premier ministre, au terme d'une réunion de crise interministérielle ce matin, qui a annoncé également plus de fermeté, justement, contre les casseurs, une réponse pénale élevée pour ceux qui ont été arrêtés, et la recherche également des pilleurs, c'est une fermeté que vous soutenez
?
Qui ne la soutient pas ? Vous savez, moi je suis un socialiste, je souhaite qu'on revienne très vite à la table des négociations, mais le retour à l'exercice démocratique, c'est le retour à la paix civile, c'est le rétablissement de l'ordre public, car nous savons à qui profite le désordre. Il profite, n'est-ce pas, aux populistes qui considèrent non pas que c'est finalement le désordre, une tâche pour le bien commun à supprimer, mais qui considèrent que c'est du carburant électoral. Eh bien, je veux supprimer le carburant électoral aux populistes et à l'extrême droite, et c'est pourquoi il est urgent, il est urgent de rétablir l'ordre public.
C'est à LFI que vous faites mention, LFI qui montre
du doigt
par l'ensemble de la classe politique, pour avoir soufflé sur les braises de la colère, vous partagez cette critique.
Vous
savez, on peut toujours revenir, si il y
a
trois semaines, quatre semaines, un mois, pas plus tard qu'hier chez vos confrères de LCI, quand votre consoeur a demandé si M. Mélenchon condamnait le slogan hack, qui veut dire « All cop are bastards », donc tous les policiers sont des bâtards, il a dit « Moi, je suis tout à fait… » Tous les slogans peuvent être tenus « Excusez-moi quand vous êtes ambigus, quand vous êtes complices dans une telle situation, c'est que vous êtes coupable ». Il est coupable, et on le sait bien pourquoi, parce qu'encore un, c'est les populistes qui fait finalement des dérives. La contestation sociale, nous la soutenons, mais des dérives de celle-ci,
c
'est-à-dire la polistus, c'est lui l'auteur de la formule, et bien un carburant électoral. Mais vous savez, ça va le conduire là où il commence à être, c'est-à-dire dans une forme de déclin électoral, car progressivement, les Français qui sont un grand peuple, ouvrent les yeux quant à la vraie nature des motivations de M. Mélenchon.
Et ce faisant, au passage, il fait le jeu de l'extrême droite du Rassemblement national, c'est eux qui tirent aujourd'hui
les
« bénéfices » de ce
que le Premier ministre a appelé
la bordélisation du pays plusieurs fois
ce matin. Le désordre,
le désordre, et le soutien au désordre, c'est l'autoroute vers Mme Le Pen, tout le monde le sait,
et
je crois que tout le monde ne le sait pas encore, il va falloir le marteler. Et je crois que celles et ceux qui sincèrement disent « je veux plus de liberté publique », « je ne veux plus parcours sup », etc., en seront pour leur grade quand Mme Le Pen sera au pouvoir. Ça n'est pas avec elle qu'il y
aura
moins de sélection, ça n'est pas avec elle qu'il y
aura
moins de répression, ça n'est pas avec elle qu'il y
aura
plus de moyens pour les services publics. Je pense qu'il est temps de le dire.
Justement, François Calfon, quelle réponse politique à la crise pour ce retour à la paix civile que votre candidat à la présidentielle, Raphaël Glucksmann, a appelé ce matin de ses voeux
?
C'est la deuxième jambe, on a beaucoup parlé du retour à la paix publique, à l'ordre public pour parler simplement. La deuxième jambe, c'est celle de la grande ouverture du dialogue social. Il est évident que la question de parcours sup qui angoisse beaucoup les parents doit être posée sur la table. Il faut sans doute un mode de sélection, de classement, d'accès à l'enseignement supérieur qui soit moins angoissant. Et je le répète parce que vous savez, les faits sont têtus comme dirait l'autre.
Ça n'est pas avec 3000 professeurs volants qu'on règle la question des 15 millions d'heures supplémentaires, d'heures perdues où les enfants, les élèves ne trouvent pas de maître ou de professeur face à eux. Donc il faut résoudre cela, toujours de manière simonise quant à l'état des finances publiques. Mais enfin, quand il n
'y
a pas de professeur devant les élèves, c'est finalement un peu d'avenir, un peu de possibilité d'intégration et de succès qu'on leur arrache par copeaux successifs. Et donc ça, c'est un scandale, il faut y mettre fin.
Voilà, il faut revenir sur ce dialogue urgent avec les lycéens. Il faut également parler aux gilets jaunes qui vont se mobiliser sans doute dès le week-end prochain. Est-ce que cette manifestation doit, dans le contexte qu'on connaît, être interdite
? Non,
moi je suis contre l'interdiction des manifestations. Alors ça voudrait dire que finalement le pays est totalement hors de contrôle. Je souhaite que dès ce soir, l'ordre public soit rétabli. Par contre, il va falloir que les moyens de police consacrés, d'ailleurs une commission d'enquête émise en place par la présidente de
l
'Assemblée nationale, soit en rapport avec l'état de la menace. On parle de 10 000 fonctionnaires de police qui auraient été mobilisés 17, alors qu'il en aurait fallu au bas mot 30 000, 40 000, 50 000. Nous avons quand même une grosse difficulté. Donc on
ne revient pas à
la liberté de manifester.
Mais il faut
aussi rétablir le
dialogue, on le disait avec les lycéens, mais avec les gilets jaunes aujourd'hui, cette crise du pouvoir d'achat, elle continue à exister en quelques mots ?
La
crise
du pouvoir d'achat, on l'a dit, je le redis ici à votre antenne, nous souhaitons qu'il
y ait
une taxation des super-profits pétroliers, car il n'est pas normal que les groupes pétroliers qui d'abord, finalement, polluent notre planète avec les conséquences climatiques que l'on sait, fassent des profits de crise, et pas qu'un peu. On parle de 8, 9 milliards d'euros pour total. Alors on m'objectera qu'ils ne font pas les bénéfices dans le pays. Qu'à cela ne
tienne, il y a 6 pays
européens qui demandent une taxation au niveau européen, et je crois
que c'est la bonne
échelle pour taxer les profits de
crise.
Et
vous la demandez
également avec Raphaël Glucksmann. Merci beaucoup François Calfont. Bonne journée.
François Kalfon