Jean-Luc Mélenchon : "Biden signe la fin d'une époque, il tourne la page du néo-libéralisme"
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Bonjour, bonjour et bienvenue dans Questions politiques. Merci d'être fidèle au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde, de notre partenaire et de France Info. Notre invité aujourd'hui jusqu'à 13h, il a théorisé il y a quelques années l'ère du peuple et la révolution citoyenne. Et il prolonge sa réflexion dans un livre qui vient de paraître. Un livre de combat où il analyse, où il décrit l'émergence de ce qu'il appelle un peuple humain. Il nous expliquera dans un instant sa définition d'un intérêt général à l'échelle de l'humanité. Ce que ça implique également pour l'action de son mouvement, celui des Insoumis.
Question politique est en direct avec le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale et député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon. Quelles sont les grandes lignes et la stratégie de sa campagne pour l'élection présidentielle ? Que pense-t-il du climat politique en France, de la désunion de la gauche ? Comment s'opposer en même temps à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen ? Voilà quelques-unes des questions que nous lui poserons pour intervenir l'application France Inter et les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter. Question politique. Alibadou.
Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Le déconfinement se poursuit. Nous avons aussi de nombreuses questions économiques, sociales, la taxation des multinationales qui vient de s'inviter dans l'actualité. Mais autour de moi, pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Ali. Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour à tous.
Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise.
Bonjour Ali. Bonjour à tous.
Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait. Monsieur Mélenchon, nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Aïe. Vous n'avez pas encore été piqué. Pas encore même été vacciné. Ça vient, ça vient. On parlera tout à l'heure du contenu de ce livre député du peuple humain. Mais pour commencer, vous êtes député de la nation, Jean-Luc Mélenchon. En un mot, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire de se revendiquer député du peuple humain ?
Qu'il y a un intérêt général humain, quelle que soit sa nationalité, et que maintenant c'est prouvé. Avant, non. Pendant un siècle et demi, on s'est bien pouillé avec ceux qui disaient « Mais non, qu'est-ce que vous racontez ? L'égalité, ça n'existe pas. Il y a des petits, des grands, des gros, des maigres. » Et on en déduisait même qu'il y avait des gens dans la forme du crâne ou la couleur de peau, les distinguaient les uns des autres. Maintenant, on sait qu'on est tous logés à la même enseigne. Quand on respire de l'air pourri, qu'on boit de l'eau qui n'est pas potable, que la forêt disparaît.
Donc, nous sommes bien une seule et même espèce, qui, quelles que soient nos différences individuelles, est reliée par un intérêt général. Maintenant, comment traite-t-on cet intérêt général ? Eh bien, depuis l'endroit où on se trouve et où on peut prendre des décisions. Voilà pourquoi, aujourd'hui, c'est la nation. Je suis à la fois député du peuple français, et non pas député de Marseille, parce que des fois, on me dit « Vous êtes député de Marseille ». Pas du tout. Je suis député du peuple français, élu à Marseille, et je voudrais être, j'essaye d'être député du peuple humain.
C'est-à-dire, chaque fois qu'un problème se pose à mon pays, j'essaye de le régler en me disant « Qu'est-ce qui serait bon pour tout le monde ? » Voilà. Je ne dis pas que j'y parviens tout le temps, mais en tout cas, j'essaye.
Et voilà les grandes lignes. En tout cas, le déconfinement se poursuit, les indicateurs sont au vert. Est-ce que, pour vous, le pire est derrière nous ? Avant de parler des conséquences économiques et sociales, est-ce que vous regardez cette séquence que nous avons traversée, qui n'est toujours pas complètement terminée au passé ?
Non, elle est loin d'être terminée. Bon, je suis comme tout le monde. Je respire mieux. On avait besoin de cette respiration. En plus, il fait beau de temps en temps. On se retrouve à des terrasses de café. Tout le monde, d'ailleurs, a pu vérifier la centralité du bistrot dans la civilisation française, parce que c'est vraiment l'institution de la socialisation. J'ai dit ça avec des grands mots. Enfin, c'est bien agréable.
Et sans trahir de secret, vous en venez, d'ailleurs, du bistrot.
Pardon ?
Sans trahir de secret, vous en venez, vous y étiez, il y a quelques minutes, au bistrot, en train de la maison d'arrivée, fermant.
Alors, j'ai bu un café tout à l'heure, la fois d'avant à les fraises. Et je ne m'explique pas autrement que par cette espèce de jubilation qu'on ressent sans savoir y mettre des mots, qu'il y a eu un million et demi de personnes pour me regarder boire un lait fraise. Et j'ai dit, ce sont des plaisirs simples. Eh bien, je crois que nous sommes tous amateurs de plaisirs simples. Pour le reste, je voudrais quand même qu'on ne perde pas de vue la réalité. Elle est cruelle. Et tout à l'heure, j'ai lu que M. Le Maire disait, il n'y a pas eu de casse sociale. Enfin, où est-ce qu'il vit, ce gars ? Depuis le début de l'année, il y a eu mille plans sociaux. Alors, qu'est-ce qu'il raconte ?
Donc, il faut quand même revenir dans le domaine de la réalité. La pandémie n'est pas terminée. Des gens continuent à être contaminés. On annonce des variants. Donc, nous ne sommes pas débarrassés de l'obligation de réfléchir.
Alors, M. Le Maire, manifestement, le risque pris par Emmanuel Macron de déconfiner ou de lâcher un peu la bride, qui a été beaucoup critiquée à l'époque, est-ce que vous considérez que finalement, c'était le bon choix ? Et deuxièmement, je voudrais savoir, pourquoi vous n'êtes pas vacciné ?
Pourquoi ? Je ne suis pas.
Vous n'êtes pas vacciné, ça ne serait pas une précaution nécessaire.
Non, mais je m'empresse, je vois que les deux questions ont un contenu commun. Mais bon, ce n'est pas mon rôle, moi, de faire des compliments au gouvernement. C'est un peu le journaliste.
Ah non, mais je sais, c'était juste. Est-ce qu'on pensait que...
Je m'occupe juste de vous dire à chaque étape ce que je crois, bien ou pas bien, ce qui pourrait être utile. J'ai essayé tout le long de dire des choses comme ça. Prenons un exemple. Quand on a déconfiné et qu'on a dit aux enfants qu'il fallait qu'ils retournent à l'école, je trouve que ce qui n'a pas été fait, c'est de mettre dans toutes les salles de classe des purificateurs d'air, qui est une machine assez simple. Il y a, je crois, une dizaine d'entreprises en France qui fabriquent ça et ça aurait été plus intelligent que de dire qu'il faut ouvrir la fenêtre. Et vous étiez même venu nous en parler ici même.
Et ainsi de suite, je pourrais comme ça vous dire voilà comment je crois qu'il faudrait déconfiner. De la même manière, M. Macron s'est opposé absolument à la licence libre sur les vaccins qui est le seul moyen de faire en sorte que tout le monde soit vacciné. Moi, j'ai proposé, je ne vais pas dire je tout le temps, mais ça se trouve comme ça, que dès le mois de mars, j'ai dit mais il faut qu'on fasse la licence libre, je ne l'avais pas inventée. C'était des médecins qui disaient ça en disant une chose qui m'a paru de bon sens. Plus vous vaccinez de monde, plus vous avez de chances qu'on finisse par en sortir. À condition qu'il n'y ait pas de variant.
Alors, je pourrais continuer, vous dire, je trouve stupide qu'on n'ait pas interdit séance tenante les élevages intensifs de visons. Il y a des pays qui les ont interdits, pourquoi ? Parce que les élevages intensifs sont une source de zoonos, c'est-à-dire de passage des virus, des animaux aux êtres humains. Et tout le monde sait ça, il n'y a pas un seul pays qui a pris une disposition contre les élevages intensifs. Conclusion, il y aura de nouvelles vagues. Vous vous souvenez, Mme Saint-Cricq, c'est ici que j'avais expliqué qu'il y aurait une deuxième vague. J'en ai pris plein la tête. Bon, je m'en fiche, ça c'est trouvé que c'est comme ça.
Donc je vous dis qu'il y aura maintenant et dorénavant des pandémies à intervalles très réguliers.
Vous pourriez vous y préparer vous-même en vous faisant vacciner ?
Oui, ça c'est trouvé que ça ne s'est pas fait, mais ce n'est pas plus que ça. Je suis pour le vaccin, je crois à la science, je sais que ça me sépare de quelques-uns, y compris de mes proches, qui ont un petit recul critique à l'égard de prométhée et du progrès technique, mais pas moi. Moi je crois à la science. Donc je me ferai vacciner, il n'y a aucune intention politique de ma part. Sinon peut-être que je ne suis pas aussi méthodique pour m'occuper de moi que je suis pour m'occuper des autres. Francese Fresos, puis Karen Becker.
Je voulais vous interroger sur ce que change la pandémie. Vous dites dans votre livre, au fond, le capitalisme a fait son temps et en même temps on l'a vu quand même évoluer. On a vu par exemple quoi qu'il en coûte en France, on a vu une sorte de planification vaccinale qui a été faite et qui a été menée. On voit aujourd'hui l'idée d'un impôt minimal sur les sociétés multinationales et notamment sur les sociétés numériques. Donc est-ce que vous ne pensez pas que le capitalisme est capable d'évoluer, de se transformer au regard de la crise climatique ?
Alors, je vais distinguer deux aspects à votre question qui je crois touchent à quelque chose de fondamental. Il est clair que nous voyons, je commence par dire ça, à la fin d'un cycle. Les décisions de M. Joe Biden, le président des Etats-Unis d'Amérique donnent un point d'appui à des gens comme moi considérable dont on ne pouvait même pas rêver il y a encore deux ou trois ans.
Quand il décide d'un impôt mondial, quand il décide de distribuer de l'argent, c'est quasiment l'argent hélicoptère, il envoie un chèque de 1400 dollars à chaque Américain, il pose des conditions incroyables à toutes les entreprises pour avoir droit à une aide et puis les types disent, ah ben c'est normal, c'est eux qui payent, donc c'est eux qui décident. Et donc tout ça, ce sont des choses que le moment venu, et si j'en ai la responsabilité, je transposerai en France. M. Biden signe la fin d'une époque. Le pays dominant du capitalisme est en train de tourner la page du néolibéralisme.
Et ça, vous le saluez ?
Ah ben bien sûr ! Bien sûr ! C'est extraordinaire !
Qu'un marxiste applaudisse le président de la principale puissance capitaliste de la planète, avouez que ça peut surprendre.
Non, ça surprend que ceux qui ne comprennent pas le marxisme. Parce que, si vous regardez bien ce que dit Karl Marx lui-même, il dit que le capitalisme est une grande force de développement. Et Lionel Jospin avait eu une très belle formule, il avait dit, oui c'est une très grande force, mais c'est une force qui ne sait pas où elle va. Eh ben je vais vous dire, elle ne sait toujours pas où elle va. Alors là, pour l'instant, il répare la casse. Mais le système est condamné pour une raison qui n'a rien à voir avec la morale, qui moi, me préoccupe, mais je comprends que ça ne préoccupe pas tout le monde.
Que le système de l'exploitation de l'homme par l'homme paraît satisfaisant à certains qui pensent qu'après tout, les loups mangent les brebis et pourquoi pas l'homme exploitant l'homme. C'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est que le capitalisme, Mme Fressoz, pour répondre bien à votre question, est incapable d'assumer la crise qui arrive. Pourquoi ? Parce que c'est une crise qui vous oblige à raisonner à partir de l'intérêt général. Quand l'axe de la Terre, quand le tapis roulant du Gulf Stream ralentit, quand l'eau de mer monte, vous ne pouvez pas dire, ben écoutez, on s'en fout pendant ce temps-là, chacun fait ce qu'il veut et produit autant qu'il veut et ce qu'il veut.
Pardon Mme Fressoz, mais si on continue à balancer du plastique comme avant dans la Méditerranée, sous couleur de relance et de croissance, si on continue comme avant à dire à M. Mélenchon, ne nous cassez pas les pieds avec le bifosate, parce que ce n'est pas vous qui allez arracher l'herbe, etc. Ça, c'est ce que nous disent. Et c'est le moteur du capitalisme, c'est ça. Ce n'est pas la libre entreprise. Si c'était que cette liberté-là, on n'en discuterait pas. C'est l'irresponsabilité sociale et écologique qui fait que le capitalisme est un système qui, à mon avis, est historiquement condamné. Il y a eu d'autres formes. Alors, avec moi, à quoi ils auront droit ?
Ben, à la planification écologique. Ce que je vais... Le compromis que je ferai avec eux, c'est que je leur propose de la visibilité.
Ah, il y a quand même l'idée du compromis.
François Fressoz. Mais moi, attendez, je le dis clairement. Si vous voulez la... Comment dire ? La confiscation de toute la propriété, ben, vous votez pour Lutte Ouvrière ou pour le NPA. Moi, je n'ai jamais proposé ça. Je propose une économie mixte, une société de l'entraide qui mette à son sommet de la hiérarchie des normes la coopération, l'intérêt général et la société à laquelle je rêve et la société de l'entraide. Voilà, en quelques mots, le projet politique que je défends, mais j'admets qu'il y en ait d'autres qui puissent le voir d'une manière plus radicale.
Moi, je fais le pari qu'il y a moyen de moyenner et de faire un compromis, évidemment, où il faut un bon rapport de force et le rapport de force, c'est moi.
Mais ce capitalisme, il est capable d'être raisonné de temps en temps, puisque vous appelez ça la preuve, hier, avec cet accord qui a été passé au G7, la possibilité de taxer d'au moins 15% les grandes multinationales. Est-ce que vous, je ne sais pas comment dire, est-ce que vous saluez Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne sais pas pourquoi vous avez absolument besoin qu'on se réjouisse.
Est-ce que c'est un premier coup porté
aux paradis fiscaux ? On va voir quand ils vont le faire et comment. Le G7 est une honte en soi, parce que substituer aux Nations Unies un groupe de 7 pays qui décident entre eux ce que les autres vont faire, et puis ensuite, le passe au G20, qui lui-même le passe au G je ne sais pas quoi, et puis en face, vous avez le G160, qui sont tous les autres qui subissent et qui disent, enfin, au nom de quoi, c'est vous qui décidez.
Mais, s'il y a une taxe mondiale sur le capital, n'attendez pas que j'aille critiquer ça, ou faire le maximaliste qui viendrait qu'il n'ait jamais content de rien, mais très bien, mettez la main à la poche et prenez-en l'habitude, parce que, dorénavant, on va vous en prendre et chaque fois un peu plus. Pourquoi ? Parce que la civilisation humaine va devoir bifurquer. Ce n'est pas un choix, c'est une obligation. Elle va devoir bifurquer. Pour ça, donc, il va falloir financer de gigantesques transformations. Bon. Et donc, toute la décision publique dépend de... Hier, j'étais dans une usine dans la vallée de la Romanche. Les gars, ils font du silicium.
Le silicium, peu de gens connaissent ce nom, c'est le matériau de base de l'ère moderne. Vous collez les capteurs dessus, bref, la demande va être multipliée par quatre. Cette boîte va fermer. La boîte d'à côté, pareil. Donc, si j'étais le président de la République, compte tenu, non pas de mon intérêt pour le silicium, mais pour le fait qu'il faut qu'on puisse posséder des capteurs photovoltaïques partout, pour avoir le relais de l'énergie qu'on ne pourra pas toujours transporter parce que les câbles ne seront plus là, parce que les usines, la production cessera de fonctionner, on a besoin de tout ça. Bref, je réquisitionnerai.
Mais pas par idéologie, je vous le redis, parce que vous aurez besoin d'électricité.
Mais vous m'embrasserez sur les deux loups en disant, non, c'est qui qui était là,
parce qu'il a pensé à la suite.
Vous vous êtes éloigné de la question des... Ah. De la taxation des multinationales, et en l'occurrence, des géants du numérique. Est-ce qu'il faudrait aussi trouver le moyen de taxer à 15% ou plus les très grandes entreprises françaises ?
Bah, pourquoi ? C'est pas parce qu'elles sont françaises qu'elles cessent d'être humaines. Donc elles doivent payer comme les autres. Bon, mais après, ce qui est intéressant, c'est qu'à partir du moment où vous-même vous en parlez, c'est tant mieux, ça fait progresser l'esprit public. Les gens vont commencer à se dire, ben tiens, pendant qu'on en est à faire payer tout le monde, on pourrait faire l'impôt universel que propose M. Mélenchon sur les entreprises. Donc, les GAFA, comme en France, on sait exactement combien ils vendent de leurs produits. D'accord ? On sait exactement. Pourquoi ? Parce qu'ils payent une TVA dessus. La TVA, c'est un peu plus compliqué de tricher avec ça.
Donc, on sait combien ? Ben, on va les taxer. On va leur dire, vous n'allez pas payer ce que vous avez envie de payer. Vous allez payer ce que vous nous devez. Et vous nous devez plusieurs milliards. Et je ne vais pas aller les chercher parce que, comme m'a dit quelqu'un, oui, oui, ben vous autres, vous êtes jaloux des riches, ce n'est pas le sujet. J'ai besoin de sous pour faire tourner l'économie française et qu'elle réponde au défi de l'écologie. Voilà, M. Badou, pourquoi je me réjouis de cette taxe qui est naturellement commencer par payer et la prochaine fois, on viendra à vous en mettre davantage.
Et juste en incise, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, s'attend malgré tout à un combat très difficile au G20 et particulièrement avec la Chine. Nathalie Saint-Crick, tu es française.
Particulièrement avec la Chine,
ça ne tient pas debout. Pourquoi ceux-là ? Il y a ceux-là et les autres. Personne n'est d'accord dans le monde capitaliste pour payer. Donc, il faut forcer tout le monde. Vous n'avez pas le choix. Pardon.
Jean-Luc Mélenchon, vous déplorez, enfin, j'ai cru comprendre que vous déploriez qu'il y ait une focalisation sur les problèmes de sécurité dans cette campagne régionale quand on voit quand même le nombre de féminicides ou le nombre d'adolescents qui sont tués ou agressés. Est-ce que vous ne sous-estimez pas les problèmes de sécurité et que cette sous-estimation risque de profiter au Rassemblement national ?
Alors, ça, c'est l'argumentaire de l'extrême droite. Nous, ceux qui sont, de mon point de vue, nous sous-estimons, nous sommes dans le déni. À un moment donné, on m'a cassé les pieds avec l'islamo-gauchiste. On expliquait que la République était en danger parce que partout guettait des islamo-gauchistes qu'allait se jeter avec la complicité de Mélenchon. C'est tous les jours. Pardon, madame, j'essaie de vous répondre.
C'est par un fantasme.
Oui, oui, non, mais c'est vous postuler quelque chose que vous affirmez tranquillement, à savoir que je sous-estimerai le danger. Non, on vous pose la question. Non, on vous pose la question. Non, vous ne posez pas la question. Vous ne la posez pas, madame Le Pen. Pourtant, vous devriez. Je vais vous dire pourquoi. Elle sous-estime les questions d'autorité. Parce qu'eux n'ont aucune conscience de la réalité des tâches policières.
Voyez-vous, ma principale contradiction avec les organisations policières, à part qu'elles sont factieuses, à part qu'elles menacent les juges, à part qu'elles menacent les journalistes, à part qu'elles menacent les hommes politiques, c'est qu'elles ne tiennent pas compte de la réalité du métier de policier. Et voilà pourquoi, madame Jevien, vous mettez, vous, dans l'insécurité, les féminicides. Ça, c'est un phénomène de première grandeur. Et c'est la raison pour laquelle nous devrions examiner pourquoi la technique policière ne permet pas d'y faire face.
Parce que, dans les cas que nous avons vus, à chaque fois, la femme s'était plainte avant, sa plainte n'a pas été entendue, et on l'a laissée aux mains de son bourreau. Donc, ce qu'on va faire, ce n'est pas mettre en cause les policiers, on va mettre en cause la technique de la police qui permet, qui fait que ça passe entre les gouttes. De même, quand on fait du tam-tam toute la journée sur la difficulté du métier de policier. Bon, personne ne va dire le contraire, on ne va pas dire que c'est un métier facile. Ça finit par insupporter tous les autres qui disent, ben écoutez, pardon, mais on meurt plus dans notre métier du bâtiment que dans la police. Ils meurent.
Quatre fois moins de policiers qu'autrefois. Ça veut donc dire quoi ? que la technique s'est améliorée. Il faut donc travailler à améliorer la technique. Ça, c'est le sujet. Le sujet, ce n'est pas de s'en prendre au juge en pensant que parce qu'on va mettre des peines éternelles et infinies, ça va dissuader les gens d'intervenir. J'ai pas dit ça. Voilà, je termine en vous disant que non seulement je ne suis pas dans le déni, mais je suis, avec mes amis insoumis, les seuls qui proposent un plan concernant la manière de redéployer les moyens de la police d'une autre manière. On n'y répond pas seulement en disant, il faut des policiers de plus. Pourquoi faire ?
Il faut donc d'abord dire pourquoi faire ? Il faut donc d'abord dire comment le faire, avec qui le faire ? Nous avons besoin d'un plus haut niveau de formation des policiers. Nous avons besoin d'une police judiciaire plus intense. Nous avons besoin d'un renseignement pour les trafics qui comptent et dont on ne parle jamais. Trafic d'êtres humains trafic de drogue, trafic d'armes. Là, nous avons besoin de repenser la façon de manier la police.
Et en ce moment, on perd notre temps à discuter de sujets qui n'existent pas, comme celui que a posé les organisations policières qui ont obtenu l'autorisation miraculeuse de manifester devant l'Assemblée nationale pour crier leur haine de la justice le jour où on débatait d'une loi sur la justice. Ça, c'est de la perte de temps, c'est de l'opposition des Français entre eux, c'est des débats à la noix, ceux qui croient qu'il y a un problème, ceux qui croient qu'il n'y en a pas. Tout le monde sait qu'il y a un problème de violence dans les sociétés modernes. Est-ce qu'elle est plus intense qu'avant ? Personne n'en sait rien, on ne mesurait pas avant. Mais on sait que ça existe.
Et notamment, le développement des trafics d'êtres humains et de drogue déclenche une accélération de la violence dans toutes les sociétés. Nous le savons. Moi, j'ai été voir de près dans certains pays ce que ça donne les cartels de la drogue. Chez nous, ça va commencer aussi de la même manière. Vous mettez souvent
en cause les organisations policières, vous dénoncez des violences policières. Est-ce que vous diriez aujourd'hui que la police française n'est pas républicaine ?
Ça serait sans doute excessif parce que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas parce que nous avons un certain nombre de gens qui se comportent mal, qui sont violents. D'autres qui ont manifestement peur. Comment expliquez-vous que 32 fois quelqu'un ait été éborgné par un tir direct sans que personne n'ait rien vu autour et soit capable de dire qu'il a fait ? Je ne dis pas pour en accuser celui qui a fait le tir. Quoi ? qu'on ait avec lui à discuter de sa responsabilité morale. Parce que je n'ai pas été d'accord pour que soit condamné le gendarme qui a fait le tir qui a tué Rémi Fraisse. Mais qui a donné l'ordre ? Qui a fait monter le ton comme ça ? Qui a dit qu'il fallait nasser ?
Les chefs sont les premiers coupables. Les chefs ! Et après, vous avez le gars qui sur le terrain n'est pas capable de résister. Alors, je ne dirais pas d'abord parce qu'il y a quand même un nombre considérable de gens qui sont non seulement républicains de conviction, je veux dire, normalement, comme tout le monde, mais qui le sont de manière militante. Il y a dans la police de très nombreux insoumis, j'ai le plaisir de vous en informer, et qui me renseignent, et qui me disent ce qui se passe, qui me disent le rôle des organisations policières sur le déroulement des carrières, sur les affectations, sur les jours de congés. Ils ont peur. Vous seriez prêt à leur parler ?
Les organisations factures, alors la police doit être fondée de la cave au grenier.
Vous seriez prêt à leur parler à l'ensemble des organisations policières où avec certaines il n'y a pas de possibilité de dialogue ?
Ah non, mais je ne veux pas... Allianz, pour ne pas citer que cet exemple. Non, mais je pense que ça va, on sait ce qu'ils pensent, on sait ce qu'ils pensent de moi, ils l'ont dit, ils sont venus mettre le siège devant mon siège, je ne vois pas très bien ce qu'on aurait à se raconter, mais rencontrer des policiers...
Vous abandonnez le débat
à d'autres, à vos opposants, je pense au Rassemblement National par exemple ? Pourquoi pas, moi je suis prêt à parler avec tout le monde, et notamment de tâches policières parce que je sais qu'ils n'y connaissent rien. Ils ne s'y sont pas vraiment intéressés, racontent des trucs qui ne tiennent pas debout. Tout le monde sait, alors on fait semblant de trouver ça intelligent. Alors il faut rallonger les peines, il faut être sûr qu'elles sont incompressibles. Vous avez même un gars dont vous vous demandez comment il a fait pour être le membre du parti de Jaurès qui dit que la police doit surveiller l'application des peines de justice, mais qu'est-ce que c'est que c'est ?
Mais même si tout dont vous parlez, c'est Olivier Faure. Oui, c'est Olivier Faure, le secrétaire national du parti prétendument socialiste. Bon, qui a dit ça, ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on raconte.
Anne Hidalgo et Yannick Jadot qui sont au Rassemblement, aussi sont des néofascistes ou des gens...
Alors je n'ai pas dit néofascistes ni à propos de M. Faure ni à propos de M. Jadot. C'est vous qui le dites, madame, c'est pas moi. Vous avez parlé du syndicat Alliance tout à l'heure en disant... Je précise parce qu'on ne sait jamais et les gens pourraient vous croire. Donc je n'ai pas dit ça et je ne le dirai pas parce qu'ils ne le sont pas. Je pense qu'ils ont commis une erreur extrêmement grave en cautionnant un rassemblement factieux et qu'il n'y avait pas besoin d'être un aigle pour le savoir. Je ne suis pas plus intelligent que la moyenne. Mais quand on m'a dit nous allons rendre un hommage à la policière tuée, fort bien, pourquoi pas ?
Et moi je me lève dans l'Assemblée nationale chaque fois qu'on me demande de faire un hommage pour un policier, c'est-à-dire à peu près chaque fois que ça se produit ce qu'on ne fait pour aucune autre corporation ni pompier ni infirmier parce que quand on a demandé une minute de silence ou de se lever pour les infirmières on nous a refusé la chose. Donc je sais de quoi je vous parle. Alors donc ces gens viennent et il faut faire comme moi. Vous regardez ce qu'ils marquent dans leur tract et dans leur tract il n'était pas marqué hommage aux policiers. Il était la justice doit rendre des comptes et après ils se sont déchaînés.
Il faut avoir un peu d'expérience humaine pour savoir que des fois dans un meeting il arrive qu'on en dise plus que ce qui est raisonnable et ce n'est pas moi qui vais vous dire le contraire. On peut se laisser reporter. Donc quand on voyait de quoi ils partaient la justice doit rendre des comptes il ne faut pas s'étonner qu'en cours de route ils aient dit si nous avons un bon rapport de force on va passer au-delà de la constitution et de la loi. La totale. Dans quel pays on accepte une chose pareille ?
Mais quand on vous écoute parler on se dit qu'effectivement les thèmes de la sécurité les thèmes de l'identité sont très présents en ce moment dans le climat du pays. en sept mois de campagne quels sont les thèmes que vous avez réussi à imposer ?
Ah bah écoutez je pourrais Pour gagner il faut réussir à imposer ces thèmes ? Non mais ça madame chacun fait comme il veut pour gagner et moi je ne ferais pas comme ça. D'accord ?
je ne surferais pas sur les délires sur l'identité qui n'ont aucun sens aucun, zéro n'importe qui qui a fait 5 minutes d'études en classe de terminale sait que ça n'a pas de sens mais allons-y parlons-en puisque deux chaînes qui sont devenues elles maintenant des espèces de déversoirs de la boue d'extrême droite ils passent leur journée entière accompagnés toutes sortes d'illuminés qui viennent là du matin au soir dont personne n'interroge la compétence pour parler de sociologie d'anthropologie etc mais ils ont un avis sur tous ces gens-là et toujours le même avis ethnicistes confessionnels et compagnie alors pardon je veux juste faire une parenthèse pour me moquer de tous ceux qui sont venus me saouler avec la laïcité toute l'année là avec cette loi sur le séparatisme et alors qu'est-ce qu'ils font une fois qu'ils ont fini leur petit show d'extrême droite qu'ils ont fini d'insulter les musulmans pendant des heures à l'Assemblée nationale au détour d'un projet de loi de finances ils votent un arrangement avec les religions qui passe si vous donnez des sous jusqu'à présent et bien c'était 60% qui étaient retirés de vos impôts ce qui est déjà un problème mais maintenant c'est 70% alors je salue l'église catholique je ne sais pas si c'est elle qui a passé pour faire la quête mais elle elle va gagner 67 millions dans cette histoire et alors où sont passés tous ceux qui me faisaient des leçons de laïcité où ils sont à cette heure c'est pour vous dire madame que les thèmes qu'ils inventent n'ont aucune consistance dans leur propre esprit alors oui nous parlerons de thèmes de sécurité s'ils veulent qu'on parle de sécurité je me permets de rappeler que j'ai commencé ma saison par ça en septembre dernier un colloque sur la sécurité mais bon voilà je n'ai pas l'intention d'en faire davantage ce n'est pas pour moi le sujet central de l'élection le sujet central de l'élection c'est qu'est-ce qu'on va faire face à l'aggravation brutale de la crise écologique l'ère d'incertitude écologique dans laquelle on rentre et deuxièmement qu'est-ce qu'on va faire par rapport à la catastrophe sociale qui s'avance nonobstant les déclarations lénifiantes de monsieur le maire ça c'est des vrais sujets est-ce que vous aurez un boulot est-ce que vous aurez un toit sur la tête est-ce que quand vous allez ouvrir le robinet il y a encore de l'eau pas de savoir c'est la couleur de peau du voisin et de la religion de la voisine du dessus enfin tout ça est absurde ce peuple se traîne dans un débat qui n'a pas de sens Françoise Fresseuse
est-ce que vous diriez aujourd'hui qu'il y a deux gauches irréconciliables face au problème du régalien et de la sécurité
vous allez que Mélenchon d'abord qu'est-ce que ça veut dire la gauche aujourd'hui personne n'en sait rien si vous demandez vous êtes encore à gauche
ou pas ?
moi je suis un homme de gauche je viens de la gauche j'ai passé toute ma vie et puis mes idéaux tout le monde le voit bien mais moi je ne demande pas qu'on me juge là-dessus je demande qu'on me juge sur ce que je propose et puis après si les gens de droite trouvent que ce que je dis est bien et bien ils peuvent voter pour moi et s'il y a des gens de gauche qui trouvent que ce que je dis n'est pas bien ils peuvent aller voter pour la droite voilà donc ça c'est simple pour moi c'est pas la question vraiment qui est posée dans votre question comme souvent il y en a deux la première c'est est-ce qu'il y a deux camps irréconciliables on a l'impression oui oui mais je vous comprends sur la question de la sécurité mais commençons d'abord par cette formule parce qu'elle a fait Flores grâce à monsieur Valls bon je sais que nous sommes séparés par des oppositions sérieuses et qu'on ne peut pas les nier nous ne sommes pas d'accord sur l'Europe nous ne sommes pas d'accord sur le nucléaire je ne vais pas faire toute la liste et la 6ème république puisque moi je propose de me faire élire de passer à la 6ème république et d'aller jeter les clés de l'Elysée dans la Seine bon comme j'ai dit que j'allais le faire je le ferai donc pas d'héronisme il y a des sujets d'héronisme alors après que se passe-t-il pour gagner il faut une majorité pour avoir une majorité il faut que se réalise dans les urnes l'union populaire c'est-à-dire tous les gens qui sont d'accord avec un programme comme rétablir l'ISF augmenter le SMIC etc etc qui fait une écrasante majorité des français donc il faut que dans un vote commun se réalise l'union populaire c'est là que l'union de la gauche ou de ce qui est appelé la gauche fait obstacle à l'union populaire que voulez-vous que je vous dise après la manif du 19 mai le premier hashtag en tête la manif des policiers factieux le premier hashtag en tête c'était plus jamais PS comment voulez-vous que j'arrive ?
j'essaye de vous faire comprendre que si je me sautais dans les bras de M. Valls ou de M.
Hollande tout le monde dirait ceux-là sont des hypocrites ce n'est pas vrai ils ne peuvent pas nous blairer c'est vrai nous sommes en désaccord sur tout donc si vous voulez il y a là deux gauches qui ne sont pas compatibles à un premier tour mais dans un deuxième tour d'élection puisqu'on vit dans ce monde-là on ne va pas parler du monde idéal il faut qu'il y ait un vote commun alors il y aura un vote commun si je suis en tête pour l'instant c'est moi qui suis en tête du simple au double je me permets juste de le dire parce qu'on ne le dit jamais qu'à gauche pour l'instant dans ce qui est considéré comme la gauche il y a Mélenchon 12-13 et puis il y a les autres
6-6 même avec le parti communiste il n'y a pas qu'avec François Hollande évidemment
non mais le parti communiste c'est un cas à part ce sont des alliés des amis des camarades depuis 2010 on a commencé ensemble quelque chose d'extraordinaire ils ont décidé enfin ils ont décidé dans leur structure dirigeante c'est leur choix qu'est-ce que voulez-vous que je vous dise je ne vais pas les jeter de l'huile sur le feu c'est un craqueur pour moi mais pour moi c'est un craqueur
vous allez marcher en commun comme vous le dites vous le rappelez et là ils disent non on ne veut plus de Mélenchon
je ne sais pas s'ils disent on ne veut plus de Mélenchon moi ce n'est pas ça que j'ai compris c'est vous qui êtes cruel avec moi ils disent qu'ils veulent à tout prix avoir un communiste alors bon pour le parti communiste c'est leur affaire ils ont bien le droit quand même je leur demande de réfléchir si le communisme est une étiquette ou un contenu et si le communisme est l'objectif d'une élection ou d'une révolution et quand il compte la faire parce que dans les textes du congrès du parti communiste ce n'est même pas la révolution socialiste qui est annoncée c'est la révolution citoyenne la révolution citoyenne c'est un thème que nous avons mis en commun en 2016 et en 2012 donc je pense que nous nous retrouvons sur l'essentiel mais encore une fois vous ne me ferez rien dire contre les communistes je me suis engueulé avec eux tant et plus mais ce sont mes camarades c'est avec eux j'ai construit tout ça ça leur appartient en tant qu'à moi et vous savez je finirai pas eux nos idées
on ne veut pas vous faire dire du mal simplement probablement ce que Françoise vous dit je n'ai pas besoin de la traduire on a l'impression qu'en ce moment vous vous en prenez presque plus à des gens qui ont toujours été à peu près vos alliés à gauche vous tapez beaucoup sur les verts en disant je vous cite que finalement ils ont un avenir dès qu'on ne les a pas vus à l'oeuvre peut-être vous faites allusion au maire à ce qui s'est passé à Strasbourg Bordeaux ou Poitiers et les polémiques qui sont nés de là vous tapez également sur les socialistes on a l'impression quand même que c'est votre première cible et ça peut sembler étonnant si vous considérez qu'il faut se rassembler au deuxième jour par ailleurs deuxième question et très rapide attendez
déjà celle-là est en tissu de mensonge donc vous pouvez quand même commencer par dire des choses pardon madame Saint-Cricq mais vous n'êtes pas sérieux vous n'êtes pas sérieux vous ne traitez pas essayez de comprendre ce que je dis vous dites vous tapez d'abord sur mais qu'est-ce que vous racontez j'ai proposé écoutez-moi madame est-ce que vous permettez qu'on conteste votre brillante pensée alors je vais le faire j'ai proposé et nous avons écoutez alors on peut répondre j'arbitre le débat oui mais j'aimerais
juste vous ramener à la paix nous ne sommes pas des opposants nous ne sommes pas des ennemis nous vous posons des questions vous pouvez en discuter les termes et y répondre voilà mais vous non plus
ne le prenez pas mal j'ai le droit de dire que l'affirmation est inexacte ou j'ai pas le droit non mais si vous me le dites je ne le dirai plus si vous me dites sur ce plateau il est interdit de dire qu'un journaliste raconte des choses qui ne sont pas vraies je ne le dirai plus donc madame Saint-Cric vous avez parfaitement raison de dire que la France insoumise a proposé à tous les partis dits de gauche une alliance dès le premier tour parce que dans les questions régionales ne sont pas incluses nos divergences nationales et que en réponse à cela personne n'en a voulu ce qui est une manière comme vous en conviendrez de accabler les autres formations puisque je leur propose l'union de même je les ai accablés en proposant nous les premiers insoumis de faire une liste commune dans le nord sous direction vert parce que les verts ne supportent que comme tête de liste nous avons fait pareil dans PACA et en PACA ils nous ont tout simplement jeté dehors en disant au pot de vous voilà donc vous voyez que si vous vous dites avec beaucoup de subtilités que je tape les autres vous voudrez bien admettre que dans les faits ce sont les autres qui ont toujours refusé le rassemblement sur des bases sur lesquelles il était possible de le faire mon adversaire ce ne sont pas les gens qui sont à la moitié du nombre de voix que je suis censé réunir dans les sondages mon adversaire c'est la droite et l'extrême droite parce que je vais vous dire le macronisme et l'extrême droite qui sont deux variantes d'une même obsession identitaire et financière et ça c'est grave parce que le pays est en train de rouler à l'abîme mon problème ce n'est pas Olivier Faure ce n'est pas monsieur Jadot c'est ce qu'est en train de faire monsieur Macron quand il a commencé à dire que Pétain était un grand stratège que Maurras était un brillant intellectuel alors que ce sont deux antisémites traite à la patrie c'est madame Le Pen que par un concours de circonstances l'ensemble de la sphère médiatique a dédiabolisé pendant qu'on me diabolisait moi à mort et qui maintenant est aux portes du pouvoir et qu'est-ce qu'on fait à ce moment-là on vient encore trier dans mes cheveux pour savoir s'il n'y a pas ici ou là une raison d'être en désaccord avec les autres parce que pour le coup vous parlez d'une même obsession
celle du macronisme et du rassemblement national et lorsque vous parlez de Marine Le Pen aux portes du pouvoir c'est comme ça que vous percevez la situation politique
mais c'est ce que tout le monde voit quand je dis une obsession commune je vous rappelle que nous avons vu sur le plateau de France 2 on était en plein débat sur le séparatisme qu'est-ce qu'on a mis en scène une opposition soit disant entre M. Darmanin et Mme Le Pen comme si c'était ça le débat en France et que ça s'est terminé par M. Darmanin en disant à Mme Le Pen vous êtes trop molle et elle lui disant j'aurais pu signer votre livre donc ça monte pardon je ne crois pas solliciter trop les faits en disant que les deux ont pointé plus que des accointances on en était au niveau des surenchères pendant ce temps-là j'ai été chez M.
Amuna où l'on me donnait la parole pour expliquer le contraire de ce que racontaient ces gens
mais c'était pour parler de la situation et des rapports de force politique Françoise Fressos et puis votre portrait par Karine Becker Jean-Luc Mélenchon
c'est juste votre regard ah ça va être cruel le portrait je sens ça mais votre regard
sur ce qui s'est passé sous ce quinquennat mais il n'y a pas peur
mais non mais j'essaye
vous étiez souvenez-vous vous étiez en 2017 vous revendiquiez le fait de vouloir devenir le premier opposant à Macron là la réalité c'est que c'est Marine Le Pen qui l'est restée qu'est-ce qui s'est passé durant ce quinquennat pour que vous échouiez alors que vous aviez fait la question sociale dans les premiers de vos revendications
vous savez Madame Fressos d'abord j'ai rien revendiqué du tout certainement pas le concours à ce podium absurde qu'ont inventé je sais qui pour dire le premier opposant le deuxième enfin alors maintenant
c'est vous qui l'aviez qui l'aviez revendiqué
non non non j'ai dit que j'étais un opposant mais je n'ai pas réclamé la première place pourquoi ?
parce que je suis instruit par l'histoire vous savez Madame Fressos sur deux siècles on a gagné on a gagné 3, 4, 5 fois donc ma famille politique est habituée à ramer beaucoup et à être une sorte de présence qui maintient un autre idéal en face d'une société de brutalité d'exploitation nous représente l'autre camp ceux qui disent bah non il faut partager bah non il faut avoir le souci des autres alors maintenant on y rajoute le souci des animaux bref donc je suis assez expérimenté sur le plan historique pour savoir que comme disait Jaurès il faut agir sans se demander si on sera récompensé et Jaurès rajoute en disant on ne sait même pas
si on ne récompense qu'est-ce qui fait qu'au fond Marine Le Pen a conforté alors qu'elle avait fait un débat désastreux en 2017 je ne peux pas vous répondre
Madame Fressos parce que vous allez mal le prendre alors je ne voudrais pas vous vexer on est dimanche ça m'ennuierait beaucoup et s'il passait que M.
Macron a gagné avec l'appui de toute l'oligarchie française qui possède 90% des médias et qu'ensuite il y a eu une vaste opération de dédiabolisation de Madame Le Pen et de banalisation des thèmes qu'elle porte qui continuent tous les jours sur certaines chaînes d'information à continu quand du matin au soir si au lieu de parler ce qui a son importance de tel ou tel fait divers obéter par exemple en avant les 170 employés du bâtiment qui meurent en se disant mais comment se fait-il que le travail tue si on mettait les pompiers peut-être que vous verriez alors toute la France se dire mais bon sang il y a un problème social dans ce pays si vous montriez les 300 000 personnes qui n'ont plus d'eau ou les 200 000 qui n'ont plus d'électricité donc il y a une responsabilité médiatique ou les 200 000 les milliers qu'on se prépare à mettre dehors alors à ce moment là vous verriez tout le pays dirait mais enfin qu'est-ce qui se passe dans ce pays on est si riche
mais la responsabilité médiatique n'est pas déterminante en dernière instance pour expliquer la situation politique
non mais je vous pose une question
avant c'est une question j'ai mis un premier interrogation à la fin
moi j'ai cru que c'est une affirmation alors donc je retire je retire mais je vais vous dire depuis que l'homme est homme les êtres humains et bien les représentations le discours structure la pensée par exemple dans les grottes de Lascaux ça structurait quelque chose on ne sait pas quoi mais ça le structurait et donc depuis toujours par exemple pendant des siècles le prêche du dimanche structurait la pensée des gens qui étaient là qui avaient la foi et qui écoutaient les consignes politiques donc aujourd'hui on regarde la télé et du matin au soir et d'éviter un discours avec les réseaux sociaux il n'y a rien au-dessus de la flexibilité et que le vrai problème de tous les jours c'est l'islamo-gauchisme alors après étonnez-vous qu'il y ait des gens qui finissent par le croire
les réseaux sociaux sont quelquefois et d'ailleurs vous les utilisez largement vous savez très bien qu'il n'y a plus la messe du 20h et que quand les gens les journalistes disent quelque chose les gens obéissent ça n'a jamais été le cas
non ça n'a pas été le cas mais pas grâce à vous c'est grâce au travail militant qui a été fait mais quand vous dites les gens mais jamais les gens n'ont écouté et mis aux ordres c'est pas comme ça que ça se passe la domination ne se crée pas de cette manière là il n'y a que vous pour croire ça on n'est pas dans une rédaction où on donne des ordres on est dans une société où vous avez de la pub partout qui vous donne des conseils pour être beau pour être intelligent pour être ceci pour être cela vous avez des médias qui vous disent ah le grand problème aujourd'hui comme vous l'avez dit tout à l'heure sauf si vous êtes dans le déni le vrai problème c'est la sécurité oubliez madame monsieur vous n'avez plus de sous pour payer votre appartement oubliez que vous n'avez plus de boulot oubliez que votre pays est en train de dévaler la pente vous décrivez
la fabrication de l'idéologie dominante mais on peut aussi penser qu'un citoyen n'est pas passif et forcément passif devant son écran et qu'on a une capacité critique et c'est ce qui fait que l'on peut par exemple échanger et qu'on peut aussi du coup se faire une idée et puis en plus je vais vous dire une chose lorsque nous allons voter
monsieur Badou je m'incline moi je ne suis pas un démocrate les jours de fête ou les jours où je gagne parce que comme on perd le plus souvent le plus difficile en démocratie c'est d'accepter de perdre alors pour ça c'est nous les records bon donc je m'incline si les français veulent maltraiter les musulmans du pays montrer du doigt les pauvres dire des chômeurs qui sont responsables de leur chômage et bien ils n'ont qu'à voter pour monsieur Macron et madame Le Pen mais s'ils se disent bon sang il y a peut-être moyen de faire autrement alors ils votent pour moi
le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon est l'invité de Questions Politiques jusqu'à 13h
Vous allez pouvoir souffler
Jean-Luc Mélenchon Karine Becker a préparé votre portrait
je vais recevoir une pure giclée mais non j'essaye de vous pressionner avant le passage à l'acte
alors ce n'est pas si facile de condenser 44 ans d'un parcours politique vous en conviendra
Ah non je ne vous permets pas 50 j'ai commencé à 15 ans alors moi j'avais 70 donc ne réduisez pas mes mérites je vous prie
Je suis le casque bleu de cette émission respectez les règles Karine Fé son portrait en plus c'est nul le calcul mental 40 plus 50 ça ne fait pas 70 et vous pourrez y répondre vous aurez toute liberté d'y répondre Non je ne réponds pas c'est trop bien
Alors j'avais noté 44 ans parce que pour moi tout avait commencé pour vous Jean-Luc Mélenchon à seulement 26 ans quand vous décidez d'adhérer au PS c'était en 1977
Mais j'étais trotskiste avant j'ai été enfant de cœur j'ai été à l'âge de 15 ans
Redoutable endurance de toute façon pour celui qui a dont on a souvent oublié qu'il avait été sénateur vous l'êtes resté pendant presque 20 ans pourtant ministre aussi certes beaucoup moins longtemps ministre à l'enseignement professionnel nommé par Lionel Jospin l'ancien copain le trotskiste l'ambertiste exactement comme vous Alors fallait-il à 66 ans que vous vous lanciez dans un mandat de député au printemps 2017 après votre deuxième campagne présidentielle vous étiez assez tenté de rester au-dessus de la mêlée et puis vos troupes vous ont un peu poussé et vous vous êtes laissé tenté
C'est un moment très important pour moi parce qu'une élection comme celle-là on y met beaucoup de choses et bon que Marseille ait dit oui et avec autant de force c'est un événement pour moi dans ma vie politique et dans ma vie affective et l'homme que je suis voilà ici je suis chez moi quand même ça y est vous êtes chez vous ? Ah ben meuvelin marseillais non ?
Élu à Marseille précisément là où le jeune pied noir que vous étiez a débarqué quand vous avez quitté le Maroc où vous avez passé vos 11 premières années bref important Marseille mais il était surtout important pour vous l'insoumis Mélenchon de vous afficher comme le premier opposant à Emmanuel Macron et c'est ce qui s'est médiatiquement passé dès votre arrivée à l'Assemblée dès les premiers textes qui ont été votés face au jeune président libéral vous êtes apparu comme l'inépuisable défenseur social
Le 23 septembre prochain il faut que le peuple défère la Paris contre le coup d'État social contre le coup d'État antidémocratique qui s'organise contre lui
Sauf que cela n'a pas du tout marché la déferlante la fête à Macron les appellent à manifester vous n'êtes jamais parvenu Jean-Luc Mélenchon à massivement mobiliser vous y avez mis beaucoup d'énergie mais les Français ne vous ont pas suivi voilà comment vous avez perdu au milieu du quinquennat votre statut d'opposants dominants ce qui ne vous empêche pas de rester un tribun flamboyant mâchoire serrée vous êtes un des rares encore capables d'enflammer l'Assemblée mais jamais le bruit et la fureur de vos 17 députés n'ont permis de faire reculer vraiment ce gouvernement alors qu'allez-vous faire maintenant Jean-Luc Mélenchon vous vous êtes lancé à bientôt 70 ans dans une troisième campagne présidentielle en tacticien ce qui est très mitterrandien vous placez le président Macron définitivement à droite de l'échiquier politique il n'empêche que vous le vouliez ou non les Français majoritairement le perçoivent toujours comme un progressiste
réaction Jean-Luc Mélenchon c'est toujours sympa d'écouter un portrait sur quoi me suis-je trompé sur pas mal de choses comme tout être humain notamment dans ma relation à Marseille je ne savais pas bien par rapport à Marseille ce que je pourrais faire finalement j'ai fait le plus raisonnable j'ai fait le président de groupe et je ne me suis pas amené de la vie politique locale ou très peu parce qu'ils vivent sans moi ils n'ont pas besoin de moi et j'ai presque l'impression qu'ils me l'ont dit donc je suis le dernier arrivé je me tiens tranquille pour le reste à l'Assemblée je fais mon boulot d'opposant et de président de groupe ça a été pour moi un moment de bonheur que vous n'imaginez pas parce que ma vie politique est longue et j'ai dû attendre longtemps d'être récompensé par la possibilité d'agir en meute à 17 bon ce sont des gens flamboyants et je suis certain que dorénavant la force politique que nous avons enfantée est pérenne avec des femmes et des hommes d'une puissance formidable quant à moi bon j'ai affronté un adversaire il ne faut pas regarder que mes talents il faut aussi regarder ceux de l'adversaire il a été plus fort que moi par exemple quand il fait son coup d'état social il renverse tout le code du travail il ne se passe rien il n'y a que moi avec le groupe des insoumis protester appeler à une marche on a même fait une marche et alors assez habilement tout un système s'est mis en place pour dire ah Mélenchon non seulement il veut être le chef de la gauche mais en plus des syndicats et il y a eu des dirigeants syndicalistes assez ballots pour tomber dans le piège et dire oui oui c'est nous qui nous en occupons ils s'en sont d'ailleurs occupés avec le brio qu'on a pu voir c'est à dire que tout est passé alors en effet c'est un échec j'en ai tiré une leçon il faut une convergence des forces politiques et sociales et c'est le cas de ce que ici même j'ai essayé de bâtir la dernière fois que vous m'avez invité je vous ai dit je voudrais une grande marche pour les libertés je voudrais qu'on se mobilise et des gens ont pris l'idée au vol notamment pour ce qui concerne les insoumis mais il n'est pas le seul Eric Coquerel le député de Saint-Saint-Denis qui a réussi une chose extraordinaire c'est que avec les autres 92 organisations il y a déjà plus de 60 manifestations prévues que voulez-vous que je vous dise il faut recommencer et toujours recommencer et puis un jour ou l'autre les circonstances finissent par rejoindre votre projet et alors l'histoire s'écrit mais je ne serai pas le premier à être dans cette situation regardez bien tous ceux qui ont fait des grandes choses ont souvent commencé par un long chemin pénible à mener et sont arrivés couverts de cicatrices pour ce qui est des cicatrices je suis bien placé
en l'occurrence est-ce que vous pensez que la mobilisation sera là lorsque le gouvernement comme il l'a prévu reprendra ses réformes il y a les plans de relance évidemment mais il y aura aussi à un moment la fin du quoi qu'il en coûte l'état Providence qui a protégé beaucoup de français peut-être pas assez mais qui en a protégé beaucoup qui a aidé des entreprises à traverser la crise ce temps-là va peut-être arriver à un terme il y a le projet sur les retraites qui va être discuté il y a la question de la réforme de l'assurance maladie vous pensez que la mobilisation sociale est à venir
je ne sais pas j'ai assez vécu pour avoir entendu annoncer je ne sais combien de printemps chauds et de rentrées encore plus chaudes et qui ne se sont pas produits donc je me contente d'essayer et puis après advienne que pourra si ils en veulent ça se fera s'ils n'en veulent pas ça ne se fera pas ce qui est certain c'est que vous inquiétez pas on va arriver un jour ou l'autre à parler d'autre chose que de musulmans et de sécurité et on finira par parler de la politique de monsieur Macron et on dira qu'il a signé un papier qui est son programme pour la fin de son mandat et le suivant il a signé un papier il a écrit à la commission européenne oui nous allons revenir au 3% de déficit oui vous n'aurons pas plus de vous avez vu le papier etc il a signé le papier le plan d'austérité le plus terrible dont on n'ait jamais entendu parler en France
donc il y aura une réforme des retraites alors à vous entendre parler
la réforme des retraites il a déjà signé 3 fois pour ça donc il va la faire peut-être pas juste là mais il se dit je vais peut-être essayer le coup d'après comme ça ça fera bien et j'aurai un argument bon alors les gens choisiront en connaissance de cause et d'ailleurs lui il est moins béat que beaucoup de ses commentateurs parce qu'il a dit dans le lot il est allé vous savez à peu près à 50 km de l'endroit où j'étais la semaine d'avant et il a dit j'aurai des décisions difficiles peut-être que je ne pourrais pas me représenter par pitié représentez-vous parce que lui on aura de quoi dire si on nous en ramène encore un autre
par pitié représentez-vous mais écoutez
moi j'espère qu'il se présente parce que celui-là il aura un bilan pour dire ben voilà ce que vous êtes capable de faire et puis voilà ce que vous avez prévu de faire tandis que sinon on nous en sort un autre du chapeau un autre petit Macron qui est là bon tous les autres sont allés souffler dans les voiles pour parler des voiles et puis bon tout d'un coup ça vous fait un type on ne sait pas qui c'est pouf mais vous pensez à qui ? vous pensez à qui ?
ben je ne le sais pas mais c'est le système qu'il invente la dernière fois Macron il arrive au dernier moment là ils vont peut-être en trouver un autre mais à chaque fois ils en trouvent un dans tous les pays du monde parce que voyez-vous la différence avec d'eau c'est que je voyage et je regarde dans tous les pays du monde on a élu des petits Macron il s'appelait Macri en Argentine c'était un comédien en Uruguay c'était en Ukraine un type qui jouait dans une série de télévision dans tous les pays du monde ils ont inventé un type comme ça qui sortait de rien et qui était porté par un système oligarchique et bien nous aurons ils sont capables de refaire tout le monde le sait en ce moment il y a plein de gens qui disent Mélenchon pense comme moi ben oui bien sûr on les a vus à l'heure de même que vous verrez pardon je termine là-dessus vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle nous aurons un grave incident alors ça a été ou un meurtre ça a été Mera en 2012 ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées vous vous rappelez de tout ça c'était la dernière semaine avant on avait eu Papy Voise dont plus personne n'a jamais entendu parler après donc tout ça c'est écrit d'avance nous aurons le petit personnage sorti du chapitre nous aurons l'événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d'inventer une guerre civile voilà c'est bateau tout ça il reste très peu de temps
juste une question parce qu'il y a le débat sur le front républicain est-il mort c'est-à-dire qu'on entend depuis 15 jours des gens qui disent finalement ça n'a pas de sens je voulais savoir un si vous considériez effectivement qu'il était mort c'est-à-dire qu'il n'y a plus de barrage au Rassemblement National et deuxièmement et j'ai été interpellé par l'interview de Clémentine Autain au Point qui dit Macron ressemble à Deladier il est devenu une passerelle vers le néofascisme laissant entendre en gros que Macron Le Pen tout ça c'était la même bande
alors d'abord c'est une interview très brillante parce que Clémentine Autain est quelqu'un de de très brillant qui a appuyé sur une une culture historique qui lui permet de parler et de dire des choses en voyant des relations je pense qu'elle se elle se réfère à un livre qu'elle m'a recommandé qui nous a impressionné tous les deux c'est celui qui s'appelle ah qui raconte que 1938 est en train de se reproduire et j'en demande pardon au philosophe qu'il a écrit je me rappelle
Michael Fessel le livre c'est récidive
voilà c'est un excellent bouquin et Clémentine me l'a recommandé à plusieurs reprises j'ai commencé à le lire et voilà ce qu'elle veut dire en effet il y a un glissement c'est toujours la même chose ces gens là se croient plus malins que tout le monde ils disent oui ben moi je vais récupérer l'électorat fasciste en parlant comme eux et à la fin ben non ils récupèrent rien du tout et c'est la non mais la comparaison avec Daladier
et le chef du gouvernement qui a signé les accords de Munich c'est une comparaison audacieuse on n'est pas loin
du point Godwin oui le point Godwin pour que les gens qui le savent pas c'est la manière de Kouelbeck à tous ceux qui veulent comparer la situation d'aujourd'hui avec celle des années 30 alors on dit comme ça fait chic les gens le temps qu'ils réfléchissent à qui peut bien être ce Godwin et qu'est-ce qu'ils veulent Godwin était un avocat et il dit on tue la conversation quand on compare quelqu'un à Hitler on a droit de faire une comparaison sans avoir à subir les foudres de la cléricature
non mais la question c'était quand même le front républicain non mais attendez
il m'évoque Daladier Daladier était un homme qui avait une posture dans la société française qui passait pour un miraculé de la politique un petit génie il a fini comme un collabo et il a été fusillé ou je sais pas quoi mais en tout cas il le méritait on lui a piqué sa flotte d'ailleurs est-ce que c'est
Macron Le Pen même combat on n'en veut pas le front républicain d'abord
acceptez de vous faire à l'idée que nous sommes plus subtils que les caricatures que vous faites je ne fais pas ça c'est parce qu'on n'a pas beaucoup de temps pour reposer la question nous ne disons pas que c'est la même chose et Clémentine Autain ne dit pas ça elle dit qu'il fonctionne comme une passerelle j'aurais aimé vous entendre dire quelque chose à propos de cette interview dans l'Express où un président de la république française qui est une république rescapée de la collaboration et de la défaite des nazis a osé dire que Philippe Pétain était un grand stratège et Maurras un grand intellectuel ce sont deux traîtres à la patrie et oui mais c'est le président de la république qui l'a fait il y a des choses qu'on ne dit pas quand on est français on ne le dit pas quand on est président de la république que Pétain était un grand stratège non c'est un traître
point final sur le front républicain c'est quoi le rapport avec Pétain
mais alors écoutez vous m'avez interrogé sur le sens des propos de Clémentine Autain je vous dis qu'elle a décrit un processus et qu'elle a raison de le faire parce que c'est ça que nous avons sous les yeux si vous avez suivi je suis sûr que vous l'avez fait le débat à l'Assemblée nationale sur le séparatisme vous avez entendu pendant 10 jours agonir d'un jour les musulmans sans que aucune de ces grandes personnes n'ait dit maintenant ça suffit on arrête au contraire sur votre plateau et à votre invitation quelqu'un a voulu dire à madame Le Pen vous êtes trop molle
en 2002
on va terminer on ne parle jamais de Macron ici
on ne parle jamais de Macron je trouve qu'on en a parlé il ne m'en rend pas compte le temps passe tellement vite en 2002 en tout cas l'émission se termine dans une minute une minute ? et oui le temps passe vite Jean-Luc Mélenchon votre compagnie
donc je peux
très rapidement du coup une réponse rapide de Jean-Luc Mélenchon
en 2002 face à Lionel Jospin enfin Lionel Jospin père et vous aviez clairement appelé au Front Républicain à voter pour Jacques Chirac vous ferez la même chose ou pas ? est-ce que en cas de dé...
non non donc le Front Républicain n'existe plus ? non mais je préfère le dire vous avez raison de me poser la question je ferai comme la dernière fois la dernière fois j'ai dit il ne faut pas voter pour l'extrême droite c'est compliqué deux candidats il ne faut pas voter pour l'un il faut quand même réfléchir alors bon ben voilà attendez j'ai fait autre chose parce qu'à chaque fois on me dit vous ne l'avez pas voulu trancher ce n'est pas vrai nous avons ouvert un site et on a dit à nos amis votez abstention Macron l'un ou l'autre alors il y en a qui ont été voté Mélenchon au deuxième tour pourquoi j'ai fait ça ?
parce qu'aucune consigne n'aurait été suivie je veux bien mourir pour vous mais pas tant que ça donc je dirai la prochaine fois si c'est le cas et ce ne sera pas le cas parce que c'est moi qui le ferai et comme ça la question sera réglée mais l'émission se termine et bien voilà si la question se pose là pour les régionales nous dirons aux gens méritez les votes du deuxième tour et nous dirons à nos amis à votre avis que comptez-vous faire mais ne me demandez pas d'aller appeler à voter pour des gens qui ensuite vont nous arracher les cheveux et la peau non je ne le ferai pas et nous sommes libres libres mais oui tous moi j'ai été voté je ne saurais jamais quoi merci à Jérôme j'ai été voté j'ai bien vu le temps de vote
devinez l'émission se termine député du peuple humain et publié chez Robert Lasfon merci d'avoir été notre invité merci à tous les trois merci de m'avoir invité alors que c'est craignos de nous avoir suivi ça n'a rien de craignos c'était au contraire un bonheur de vous entendre
merci monsieur Vadou je voulais que ça soit dit avant que je m'en aille
c'est dimanche il fait beau Jean-Luc Mélenchon et les terrasses sont ouvertes
oui et le lait fraise a gagné dans une compétition avec la bière
à dimanche prochain merci à tous
Jean-Luc Mélenchon