Juan Branco à l'EDHEC: "Votre fonction est devenue parasitaire"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 71 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 34:32OuverteRéponse directe
Vous avez été conseiller juridique de Julian Assange en 2015. Comment envisagez-vous le dilemme de la transparence des institutions face à la sécurité publique ?
- 38:10OuverteRéponse directe
Vous affirmez que 90% de la presse serait entre les mains de quelques milliardaires. Quel mécanisme pourrait garantir une véritable indépendance de la presse en France ?
- 40:06OuverteRéponse directe
La presse contribue-t-elle à ce qu'on appelle aujourd'hui des prophéties autoréalisatrices ?
- 45:36OuverteRéponse directe
Il y a 5 ans, vous décriviez la construction politique d'Emmanuel Macron dans votre livre Crépuscule. Y a-t-il des analyses que vous portiez à l'époque que vous souhaiteriez aujourd'hui nuancer ou accentuer ?
- 46:46OuverteRéponse directe
Nous aimerions vous faire réagir rapidement à quelques sujets d'actualité. Le premier article concerne l'arrestation en France de Pavel Duroff, le PDG de Telegram. Qu'en pensez-vous ?
- 56:15OuverteRéponse directe
Est-ce que le constat de la décroissance des corps intermédiaires renforce votre adhésion à la démocratie directe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Dans le système actuel, politique, médiatique ainsi de suite, la vérité ne compte pas. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. Ils ont réussi à établir un système dans lequel la corruption est devenue légale. »
- 15:30Invité politiqueChiffre
« Je rappelle quand même que le coût annuel, non pas le coût annuel de votre scolarité, parce qu'une grande partie est subventionnée par la puissance publique, mais ce que vous, vous avez à débourser pour étudier ici, boursier mis à part, correspond au revenu annuel moyen, médian, pardon, des populations des Hauts-de-France. »
- 16:41Invité politiqueFait
« votre fonction en tant que financiers commerciaux et ainsi de suite est devenue à l'égard du territoire dans lequel elle s'inscrit quasi parasitaire ou parasitaire. »
- 16:51Invité politiqueFait
« Quand on a un territoire qui passe de 800 000 d'emplois à 300 000 dans l'industrie en moins d'un demi-siècle et qui en sert ces grandes conurbations et notamment l'île d'un vote qui est proto-révolutionnaire parce que la progression extraordinaire de l'extrême droite a pour vocation à éviter de couper des têtes et d'envoyer un avertissement symbolique aux dirigeants de notre pays. »
- 21:17Invité politiqueFait
« quand la gauche que j'appelle la gauche Zara vous propose en fait que des augmentations qu'une politique en gros de la demande c'est-à-dire une augmentation de la capacité à consommer des produits sans changer les structures industrielles et productives du pays. »
- 21:40Invité politiqueFait
« nous amène à avoir exporté notre prolétariat et les esclaves du contemporain en en réimportant quelques-uns pour qu'ils soient dans les fourneaux et nous alimentent à bas prix en acceptant des conditions de rémunération de travail bien inférieure à celle des autres français parce qu'ils sont mis dans une situation d'illégalité ou de clandestinité. »
- 27:10Invité politiqueFait
« le préfet et le procureur avaient décidé probablement dans un dîner en ville de faire une radia sur tous ceux qui avaient été identifiés pendant les gilets jaunes comme étant les têtes de pont des gilets jaunes. »
- 29:09Invité politiqueFait
« on a une suppression de la justice populaire qui est un grand acquis de la révolution française. »
- 30:18Invité politiqueFait
« aujourd'hui de plus en plus on a une suppression de la justice populaire qui est un grand acquis de la révolution française c'est des juges professionnels dans toutes les affaires de terrorisme avec des dérapages mais délirants. »
- 45:55Invité politiqueFait
« La Macronie était une nouvelle variante de fascisme. »
- 50:26Invité politiqueFait
« Pavel Durov a entre ses mains de quoi faire sauter à peu près 150 fois la République française. »
- 53:23Invité politiqueFait
« c'est-à-dire l'étouffement, l'étouffement, l'étouffement, c'est-à-dire que les choses disparaissent, les choses passent, il n'y a aucune recherche en profondeur des dialectiques et des mécaniques sous-jacentes à des événements qui sont potentiellement très graves et qui affectent les vies de milliers de personnes. »
- 55:00Invité politiqueFait
« on est dans un pays où on enferme des citoyens sans décision de justice pendant trois mois, à travers un dispositif qui s'appelle les MICAS du simple fait de raison d'ordre public. »
- 55:20Invité politiqueFait
« c'est des gens qui grandissent en France, c'est pas des étrangers, il y a eu la face syrienne et tout ce qu'on veut, mais aujourd'hui on a une sorte de violence interne qui fait que l'état se sent obligé d'enfermer préventivement chez eux pendant des mois des personnes alors même qu'ils n'ont aucun élément pour les poursuivre judiciairement. »
- 55:46Invité politiqueFait
« et c'est des milliers de personnes qui sont concernées, donc on est dans une situation où il y a une violence latente immense qui donc a commencé à s'exprimer au sein d'un certain nombre de territoire de la république que l'on appelle en général les quartiers les banlieues et ainsi de suite. »
- 58:18Invité politiqueFait
« Haïti c'est de facto une société qui a décidé de se faire la guerre et donc c'est une société qui est dirigée par des acteurs privés qui n'essaient même plus d'imiter ou de concurrencer l'état qui décident en fait de prendre le pouvoir par elle-même. »
- 1:01:30Invité politiqueFait
« il y a un moment donné où en fait où l'accumulation à la fois des difficultés structurelles comme celle que je présentais à l'égard des écarts de richesse et de niveau de vie qui peuvent exister dans le Haut de France avec un taux de pauvreté qui est quand même délirant. »
- 1:02:56Invité politiquePromesse
« moi je crois sincèrement qu'il faut une révolution parce qu'on est sur un système circulaire qui est clos, il n'y a pas de possibilité à travers la voie électorale d'obtenir une rupture à l'intérieur de ce système. »
- 1:03:22Invité politiqueFait
« Mélenchon il a le modèle bolivarien à l'esprit, si vous voulez comprendre ce que fait Mélenchon, il comprend la rationalité qui existe de la stratégie mélenchoniste qui se veut révolutionnaire. »
- 1:08:55Invité politiqueChiffre
« sur les 60 000 euros qu'aurait demandé Lucie Castel pour pouvoir monter son équipe cet été pour devenir première ministre, et dont 9 000 euros pour son salaire. »
- 1:10:32Invité politiqueFait
« on a vu avec le mouvement des retraites que le politique n'en avait plus rien à faire de la question démocratique et en particulier de l'une de ses expressions fondamentales qui est la manifestation. »
- 1:12:40Invité politiqueFait
« moi mon idée de la guillotine c'est de se dire que des guillotines dans le jardin ça ne fait de mal à personne enfin vous voyez à part un psychopathe qui voudrait en passant l'utiliser. »
- 1:14:45Invité politiqueFait
« je trouve que la panique morale qu'on a essayé de faire naître par rapport à leur arrivée au pouvoir au regard de la violence et de l'extrémisme dont a fait preuve dans tous les domaines le pouvoir actuel était surjoué. »
- 1:15:23Invité politiqueFait
« le RN c'est suffisamment inséré dans l'establishment pour penser que les ruptures ne seraient pas radicales en cas d'arrivée au pouvoir de cette force politique. »
- 1:15:56Invité politiqueFait
« je peux vous assurer qu'il y a toute une série de forces républicaines qui dans d'autres pays l'ont porté et l'ont défendu »
- 1:16:31Invité politiqueFait
« né en France de parents français du fait des idées qu'il défendait et du fait qu'il se soit opposé au projet de guerre au Niger qui était porté par Emmanuel Macron l'année dernière »
- 1:17:09Invité politiqueFait
« le signataire des accords de Munich celui qui a créé les camps d'internement qui accueillerait les républicains espagnols les juifs »
- 1:25:00Invité politiqueFait
« une population de 18 millions de personnes dont l'âge médian est de 19 ans et qui vivent avec un PIB que j'ose même pas vous décrire tellement il est faible »
- 1:26:27Invité politiqueChiffre
« Bernard Arnault sa fortune est de 40 milliards d'euros aujourd'hui est de 250 milliards d'euros »
Temps de parole
- Juan Branco80 %
- Présentateur12 %
- Invité4 %
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Pour la forme, adulé par les uns, jugé beaucoup trop radical par d'autres, ce jeune trentenaire brillant qu'ont déjà un riche parcours derrière lui. Juan Banco, bonjour.
Plusieurs milliers de gilets jaunes qui protestent ou contre la hausse du prix du carburant.
Dans le système actuel, politique, médiatique ainsi de suite, la vérité ne compte pas.
Vous êtes engagés à trois ans.
J'ai découvert tout un système de compromission, d'intérêt qui desservait en fait la cause commune.
Eh bien, c'est bien. Et votre engagement a été trop molle, vous savez, de l'Europe.
Ces gens-là ne sont pas admirables, ces gens-là n'ont rien à m'apporter. Ils n'ont pas de valeur humaine, ils n'ont pas d'idée, ils sont juste là pour avoir une place sociale. Alors moi, cette place sociale, je ne la désire pas en soi. Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. Ils ont réussi à établir un système dans lequel la corruption est devenue légale.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue. L'Agora est heureuse de vous recevoir pour sa première conférence de la saison. Ce soir, nous avons le plaisir de recevoir à notre tribune M. Juan Branco. Diplômé de l'École normale supérieure et de Sciences Po Paris, docteur en droit et ancien conseiller juridique auprès de Julian Assange, Juan Branco a un parcours aussi singulier que solitaire. D'abord conseillé à la Cour pénale internationale, son activisme le fait ensuite connaître en France lorsqu'il devient un défenseur des lanceurs d'alerte et des figures contestataires.
Il prend notamment part à plusieurs affaires très médiatisées, dont celle de Wikileaks et de l'ingénieur suisse Hervé Falciani. En 2019, il soutient le mouvement des Gilets jaunes en défendant certaines de ses figures de proue, telles que Maxime Nicole. Ses ouvrages, comme Crépuscule ou Abattre l'ennemi, ainsi que ses prises de position publique, sont marquées par une critique acerbe des institutions républicaines et des élites françaises. Plus récemment, il prend part à la défense d'Ousmane Sonko, principale figure de l'opposition au Sénégal, lors de son arrestation par le président sénégalais de l'époque, Macky Salle.
Depuis son parcours d'avocat symbolisé par l'abeille, jusqu'à son engagement contestataire, nous parlerons avec Juan Branco de liberté d'expression, du lien entre sa pratique juridique et son combat politique, mais aussi des rouages complexes du paysage politico-médiatique français. Avant de laisser place au débat, l'Agora souhaite remercier l'EDEC et la Régie pour leur aide logistique. L'Agora souhaite également remercier ses partenaires, Total Energy, Oresis, EDEC Alumni, Un Besoin des Solutions, Planète Grandes Écoles et Weo TV pour leur confiance. Je vous prie d'accueillir à présent de M. Juan Branco. Bonjour M. Branco, bienvenue à l'EDEC et merci d'avoir accepté notre invitation.
Controversé, admiré ou rejeté, votre engagement politique et intellectuel ne laisse personne indifférent. M. Branco, vous tenez, il faut le dire, des propos des plus clivants et controversés. Pour cela, vous êtes de moins en moins vus sur les plateformes traditionnelles. Mais c'est précisément pour cette raison que nous souhaitions vous recevoir ce soir. Il est en effet dans les valeurs de l'Agora de promouvoir l'esprit critique et le débat libre. Or, un débat libre ne saurait exclure aucune opinion, même les plus subversives. Avant de commencer la conférence, Eva nous délivrera notre traditionnel billet d'humeur.
Nous diffuserons après cela un micro-trottoir donnant un aperçu de la réaction des Lillois face à quelques questions. Ensuite, viendra le temps des questions que Charles et Laura se chargeront de vous poser. Pour finir, la conférence se clôturera sur un moment dédié aux interrogations du public. Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente conférence. Bonjour, M. Branco. Vous ne me connaissez certainement pas, et pourtant, nos chemins ont été à la fois semblables et lointains. Vous avez grandi dans le 6e arrondissement où le Café de Flore est le sol fait local, tandis que je suis née dans le chic 7e arrondissement avec la tour Eiffel pour voisins de palier.
Vous avez choisi les sciences sociales et embrassé la gauche caviar quand j'ai choisi la finance et le libéralisme. Bref, je me suis retrouvée à l'EDEC, et vous, à l'ENS. Alors, finalement, pourrions-nous être amis, vous et moi ? Si je vous demande cela, M. Branco, c'est parce qu'actuellement, c'est la période des recrutements. Et je pense que si vous étiez à ma place, vous auriez fait le même pari que moi, celui de l'Agora. À vrai dire, on est presque les mêmes. Vous prenez la pirogue pour tenter de fuir un pays, et nous autres y allons les deux pieds joints afin d'y déguster un bon zazou à 59 degrés. En tout cas, de mon côté, ça commence bien. Vous souhaitez la disparition d'HEC ?
Perso, ça m'arrange. Comme ça, on pourra enfin être dans le top 3. Bon, assez parlé de moi, parlons plutôt de votre parcours. De l'école alsacienne à l'ENS, en passant par Sciences Po Paris, vous avez tout vu. En témoignent les 6 pages bien dodues de votre CV. J'en connais un qui n'a pas écouté la règle des 2 pages max Police 11 lors des cours de Business Co. Et pourtant, après une maîtrise de master et une thèse, après tous ces efforts, tous ces diplômes, paf, surprise, vous avez pris tout le monde de cours. Vous avez décidé de rompre avec ce quotidien et de vous jeter à corps perdu dans le torrent de la dissidence.
Je dois reconnaître que votre penchant pour la subversion ne manque pas à de m'intriguer. On aurait pu croire à une phase passagère, propre aux bourgeois qui découvrent les thèses de Bourdieu. Et pourtant, jour après jour, essai après essai, vous prouvez la sincérité et la force de votre engagement. D'Aiglon à Ange Noir, vous planez sur Saint-Germain-des-Prés. Vous vous engagez dans une critique virulente du système, tout en y évoluant en version premium, un peu comme si Karl Marx avait écrit le Capital au stylo Mont-Blanc. Ceci dit, on vous comprend, monsieur Branco. Au vu de la situation politique actuelle, la République ne marche plus du tout.
Elle trébuche et se prend des crises dans les pieds. De quoi en tout cas être tenté d'écrire un certain nombre d'essais bien sentis. En plus de l'homme de lettres, il y a le Branco des médias, sur les plateaux comme sur les réseaux. Là, on touche au grand art. Vous avez d'ailleurs le chic pour faire des postes dignes de Proust. Postes que je n'ai personnellement jamais réussi à finir. Après, une bonne critique peut parfois s'avérer pertinente. Lorsqu'on voit le pouvoir politico-médiatique d'un Bolloré, il semble qu'on ait des raisons de s'inquiéter. Quand je regarde ces PMP, c'est-à-dire à peu près jamais, je me dis qu'on est quand même bel et bien en train de régresser.
Même si, j'avoue, j'aurais bien aimé que Hanouna m'habite dans sa ville à Centrope, j'aurais pu y trouver toute la crème intellectuelle française, notamment ce bon vieux Jordan. Vous êtes également fervent défenseur de lanceurs d'alerte, comme Julien Assange ou Pavlansky. Vous incarnez vous-même ce rôle à vos heures perdues. Par exemple, chez Hanouna, en révélant le scoop de l'usage de drogue dure dans le milieu de la télé. Ah, vous êtes réellement attaché à dévoiler tous les petits potins de la jet set parisienne. Bon, pour éviter que vous dévoiliez mes propres secrets, je préfère les livrer moi-même. Je le reconnais, je me dis rebelle, je critique le système entre deux verres de vin.
Finalement, j'aurais presque pu sauter le pas comme vous, M. Branco. Après, honnêtement, j'aime bien trop mes week-ends au Touquet et ma future carrière chez McKinsey. Révolutionnaire, mais pas trop, tel est mon credo. Contrairement à moi, vous, M. Branco, ne vous limitez pas aux mots. Bien loin de plonger dans l'ombre claire et confortable de tout ce que vous avez toujours connu, vous vous tournez vers les eaux libres de la révolte. Votre cuillère en argent, celle-là même qui a jadis doré votre jeunesse. Vous l'avez tordue, affûtée, aiguisée pour enforger l'arme que vous maniez aujourd'hui si fougueusement, votre esprit. Car l'abeille, si petite soit-elle, peut piquer.
Dans votre combat pour la justice, vous n'avez jamais hésité à pointer du doigt, à dénoncer, à faire entendre la voix des muselés et des oubliés. Votre plume est aussi acérée que le dard de l'abeille. Car vous savez que pour que le monde change, il faut parfois piquer au vif.
Moi, oui, je pense que c'est assez intéressant parce que ça permet un peu de voir les points de vue des autres gens, de voir où on peut se positionner. Moi, dans l'idée, oui, en vrai, non. Ça me stresse beaucoup trop, les débats.
C'est vraiment, oui, théoriquement, j'adore, mais dans la réalité des faits, non.
En famille ? Bien sûr, oui. En vrai, c'est pas mal de débattre, voir les avis différents. Et c'est surtout intéressant de voir les avis des autres. Oui, c'est intéressant de connaître le point de vue des autres personnes. Oui et non, ça dépend aussi des classes sociales et des inégalités qui sont présentes.
Un peu moins, je dirais, maintenant. Je pense que la démocratie a tendance à s'écraser avec une échelle sociale qui fait des très, très riches et puis maintenant, une masse informe de catégories intermédiaires.
Pour autant, on continue à maintenir nos élèves, nos étudiants dans une idée de si vous avez des diplômes, vous aurez plus de chances. Mais à quel moment l'embauche ? Je pense qu'il y a quand même des discussions à avoir là-dessus. Alors, nous, l'exemple, c'est qu'on vient vraiment d'une toute petite ville de merde dans le trou du cul du monde. On se retrouve à Lille, mais ce n'est pas pour ça qu'on va avancer. Enfin, je veux dire, c'est quand même très dur quand on est dans certains milieux sociaux de s'élever socialement. Moi, je ne trouve pas qu'on est dans un pays méritocratique parce que selon l'endroit où on est nés, on va être très coincés, en fait. Oui. Je dirais que pas vraiment.
Il y a des trucs à balancer, autant le faire. Après, il ne faut pas non plus tomber dans le complotisme. C'est ça, le truc. Je pense que tout ce qui est compliqué
autour des lanceurs d'alerte, c'est la balance entre les secrets qui sont gardés pour le bien de la sécurité publique et le public qui a juste le droit de savoir, en fait. J'avoue que je ne le connais pas.
Tous les lanceurs d'alerte sont légitimes. Chez vous.
Qu'ils soient, quel que soit le... Oui, bien sûr, les garçons, les filles. Qu'ils soient médiatisés ou non médiatisés. Enfin, je pense que là, c'est essentiel. Là encore, c'est au-delà du débat. C'est un engagement qui me paraît évident. Je pense que... Oui, je pense que c'est légitime, oui.
Moi, oui. Je trouve ça vraiment triste à chaque fois que le vote blanc ne soit pas pris en compte.
C'est exprimer aussi son avis politique d'une certaine manière. Non. Parce que je pense que si on vote blanc, ça profite généralement à la personne que je ne veux pas voir. Alors, je vais... J'ai voté blanc sur une des dernières élections, mais j'ai voté quand même. Ce que je regrette, c'est que mon vote ne soit pas pris en compte. Mais ça, j'ai 60 ans et c'est quelque chose que je regrette depuis que j'ai eu 18 ans et que j'ai pu voter.
Tant que ce n'est pas pris en compte, ça ne sert à rien.
Par défaut. Nous, on vient de la campagne et on ne se sent pas... C'est difficile d'être représenté quand tu vois que même les partis qui essayent de faire au mieux dans... On va essayer de représenter les gens. Ils vont à la limite dans les banlieues, dans les cités, mais la campagne, il y a un électorat qui est très peu touché et ceux qui touchent cet électorat, ce n'est pas ce qu'on voudrait. Je vote surtout parce que je sais que c'est des gens qui ont mes idées, mais qui ne vont pas forcément faire bouger les choses là où j'habite. Je ne suis jamais sentie représentée par un parti et je ne suis pas sûre que ce soit possible
de se sentir entièrement représentée par défaut.
C'est assez difficile à dire. Est-ce que je peux me l'avouer ? Je n'en sais rien, mais ça, ça peut être question de débat.
Moi, je dirais que ça va dépendre des élections, de certaines élections.
Honnêtement, non. Quand on voit ce qui s'est passé aux législatives, je n'ai pas trop d'espoir. C'est triste. Moi, j'ai un peu envie d'y croire quand même
parce qu'on voit, on se disait « Oh là là, les jeunes, ils ne sont pas du tout impliqués en termes politiques et tout. »
Tant qu'on aura des jeunes comme vous qui s'engageront, qui se poseront des questions et qui oseront les poser, l'avenir n'est pas perdu. Ça va. Merci. Bonjour, M. Branco. Bienvenue à l'EDEC et merci d'avoir accepté notre invitation. Avant de commencer, est-ce que vous souhaitez réagir au biais d'humeur ou au micro-trottoir qui viennent de vous être présentés ?
Bonjour à tous. Merci d'être venu, de m'avoir invité. Je suis assez frappé et non pas surpris, mais frappé par la douceur paradoxale avec laquelle, d'une part, je suis accueilli et qui, de façon générale, se dégage de ce lieu au regard des structures de pouvoir qu'il sert et de la violence qu'il va générer par la suite et dont vous allez être certains des relais. C'est un phénomène intéressant qui, en soi, déjà, justifie cette interaction.
Je rappelle quand même que le coût annuel, non pas le coût annuel de votre scolarité, parce qu'une grande partie est subventionnée par la puissance publique, mais ce que vous, vous avez à débourser pour étudier ici, boursier mis à part, correspond au revenu annuel moyen, médian, pardon, des populations des Hauts-de-France. C'est-à-dire que ce que dépensent vos familles ou les sommes auxquelles vous donnent accès les institutions de crédit pour ceux d'entre vous qui avaient pris un prêt sont équivalentes à ce qui permet de vivre parfois à une famille entière dans ce territoire, de se chauffer, de se nourrir et ainsi de suite.
Vous êtes dans une institution qui a été créée pour soutenir des industries qui, au moment de sa naissance, étaient principalement minières et textiles et qui amenaient à la mort parfois par milliers des ouvriers, des personnes que les grandes familles qui ont créé cette institution exploitaient et envoyaient dans des conditions de travail terribles.
Et de là est née une richesse extraordinaire que vous avez la fonction de perpétuer, à un moment où par ailleurs le tissu industriel est en train de cette région est dévastée et que quelque part votre fonction en tant que financiers commerciaux et ainsi de suite est devenue à l'égard du territoire dans lequel elle s'inscrit quasi parasitaire ou parasitaire.
Quand on a un territoire qui passe de 800 000 d'emplois à 300 000 dans l'industrie en moins d'un demi-siècle et qui en sert ces grandes conurbations et notamment l'île d'un vote qui est proto-révolutionnaire parce que la progression extraordinaire de l'extrême droite a pour vocation à éviter de couper des têtes et d'envoyer un avertissement symbolique aux dirigeants de notre pays, il y a quelque chose de fascinant à voir que vous réussissez à ce stade encore et je dis sincèrement comme un éloge y compris à l'égard de ceux qui façonnent cet espace qu'il commence en fait en tout cas que votre destin et votre parcours dans ces espaces-là commence par un rapport de non-violence.
Alors commence non, pas tout à fait parce que la présélection elle a été particulièrement rude et quelque part intense et d'une certaine façon violente. Je pense qu'il y en a quelques-uns qui ont dû laisser des plumes si ce n'est plus dans les classes prépa ou dans les chemins qu'ils ont empruntés pour arriver jusqu'ici. Mais tout de même il y a cet espace de respiration qui va peut-être permettre un échange qui sera enrichissant. Et donc c'est en tout cas ma réaction à l'égard de ce que j'ai vu jusqu'ici.
Vous avez pu l'entendre Eva dans le biais d'humeur incarne une étudiante qui justement a conscience de son milieu privilégié comme vous l'avez soulevé sans pour autant rompre avec lui. Pourquoi vous, monsieur Branco avez-vous franchi la ligne de la révolte ?
Je pense que je n'ai pas rompu avec mon milieu du tout.
Ce serait hypocrite de ma part de dire que je ne suis pas encore aujourd'hui un bourgeois même si je mets en place des dispositifs qui essayent de redistribuer en fait le capital auquel j'ai accès qu'il soit symbolique, économique ou autre et de créer une sorte de fluidité avec la société française pour éviter de devenir comme d'autres un point de fixation haineux ou à l'inverse une sorte de marionnette qui chercherait à se protéger de la violence à laquelle il participe à travers des artifices et des artefacts et des dispositifs de communication comme les politiciens aujourd'hui qui renoncent en fait à la vie et au rapport à l'autre pour survivre et acquérir leur position de pouvoir.
Mon enjeu et d'ailleurs toute la tension paradoxale de mon parcours et la violence qu'elle génère à l'égard des personnes qui nous gouvernent aujourd'hui c'est que je n'ai pas renoncé à être bourgeois et je continue à partir de ces positions-là de ces centralités au sein de Paris à servir de reflet de miroir et de point d'accueil aux personnes qui se voient ciblées ou attaquées ou voire harcelées par ce pouvoir en essayant de faire barrage et de les couvrir notamment avec ma fonction d'avocat mais également d'écrivain.
Donc c'est plutôt une disposition je ne sais pas si éthique mais en tout cas une sorte de contrepoint d'engagement vital qui est évidemment assez coûteux et pas très agréable mais qui me semble fondamentale dans une époque comme celle-ci où encore une fois on est à des moments de bascule particulièrement préoccupants parce que j'ai parlé des Hauts-de-France mais la question industrielle évidemment est généralisée et à partir de l'industrie se posent toute une série de questions par ricochet que ce soit pour vous qui justement n'avez de fonction que support par rapport à la création que ce soit intellectuelle, artistique ou justement de produits de biens et de services vous êtes censés les faciliter mais en soi vous n'avez pas de valeur ajoutée à apporter ou de façon et à partir de là donc pour vous très particulièrement parce que vous êtes en train de vous faire les supports de production qui ne sont pas générés dans les territoires dans lesquels vous grandissez avec des personnes à qui vous liez ainsi de suite donc vous êtes dans une forme de désidentitarisation qui a généré ces dernières années une sorte de crise très importante au sein d'un certain nombre de grandes écoles dont on a vu pour la première fois dans l'histoire qu'elles se désengageaient quelque part des parcours qui leur étaient proposés et qui étaient répétés de génération en génération par leurs aînés et évidemment de façon beaucoup plus large et beaucoup plus violente pour le reste de la population française qu'elles se retrouvent avec des enjeux tout simplement de survie dans un monde qui n'arrive plus à leur permettre d'une part de satisfaire à leurs besoins mais aussi simplement de s'enbrancher à l'autre de se lier d'aimer et de générer quelque chose qui pourrait être de l'ordre de la beauté ce que l'extrême droite appelle l'identité mais que j'essayerai d'étendre un peu qui nous ancre dans une crise qui par ailleurs n'a pas de réponse politicienne aujourd'hui et c'est une critique que j'ai un peu portée ces dernières semaines mais que j'ai répétée je vais être très court mais quand la gauche que j'appelle la gauche Zara vous propose en fait que des augmentations qu'une politique en gros de la demande c'est-à-dire une augmentation de la capacité à consommer des produits sans changer les structures industrielles et productives du pays c'est-à-dire en continuant à alimenter cette sorte de monde qui de Paris jusqu'au fin fond du Bangladesh nous amène à avoir exporté notre prolétariat et les esclaves du contemporain en en réimportant quelques-uns pour qu'ils soient dans les fourneaux et nous alimentent à bas prix en acceptant des conditions de rémunération de travail bien inférieure à celle des autres français parce qu'ils sont mis dans une situation d'illégalité ou de clandestinité et bien on n'est pas dans une situation qui soit enfin on n'est pas dans une offre pardon qui soit de nature à résoudre en fait les problématiques fondamentales de notre temps et je pense qu'en fait aujourd'hui dans ce moment de crise politique et démocratique qui a été décrit et qu'on ressent à travers ces interventions vous qui êtes encore dans des écoles donc il y avait une sorte d'espace intermédiaire avant d'arriver à des positions de responsabilité il est fondamental que vous cherchiez à féconder de nouveaux systèmes en fait et de nouvelles façons d'approcher ces crises parce que encore une fois le mal se rapproche de façon croissante ça se voit sur les cartes électorales et la bascule pour la France est imminente et vous nous mais vous en particulier sur ces terres du nord de la France vous avez la chance paradoxale que le RN soit une sorte de trappe à prolétaires dans laquelle en gros l'objectif est de s'assurer que les personnes les plus déshéritées de la société votent pour eux pour dégorger leur appétence de violence qui est croissante parce que c'est des personnes en souffrance alors même que ce parti n'a que pour objectif de servir les élites et les bourgeoisies du pays et de continuer en fait à écraser de façon plus violente encore ces classes sociales pour pour perpétuer le système donc il y a une sorte d'espace protecteur qui existe encore que les gilets jaunes ont failli éclater et il faudra toujours se souvenir qu'en novembre 2018 donc au moment de l'acte 2 entre l'acte 2 et 3 peut-être Marine Le Pen avait fait le 20 heures de TF1 en faisant un regard caméra qui lui était offert en fait par Martin Bouy et par les élites françaises qui étaient en panique et qui voyaient qu'Emmanuel Macron allait peut-être s'effondrer et qu'il fallait fabriquer très rapidement l'internative en appelant le peuple français à se calmer parce qu'en gros elle allait prendre la suite et qu'il fallait le faire de façon civile et sans égorger ceux qui s'étaient pris de les diriger
vous avez rapidement évoqué les gilets jaunes à la fin de votre réponse en 2019 vous défendez Maxime Nicole figure majeure des gilets jaunes après que ce dernier ait porté plainte pour menace et entrave à la liberté de manifester 3 ans plus tard vous avez également accompagné Damien Tarel envisagez-vous votre métier d'avocat comme un outil politique
j'aime beaucoup que Damien Tarel soit devenu un nom commun c'est-à-dire qu'on n'ait pas besoin de dire que c'est celui qui a souffleté Emmanuel Macron lors de son passage dans un village ça fait partie de mes combats c'est-à-dire cette capacité à incarner quelque chose à travers votre nom est quelque chose d'assez difficile et de quasiment impossible lorsque vous venez des classes populaires où vous n'êtes pas passé par des espaces d'intermédiation élitaires donc des personnes comme Christophe Détanger vous vous souvenez peut-être le boxeur gilet jaune qui avait dégagé un pont qui était bloqué par les forces de l'ordre Maxime Nicol Damien Tarel commencent en fait à devenir des points de référence alors positif ou négatif c'est une autre question mais en tout cas des points de référence qui permettent de de créer en fait des césures dans le débat public et de s'identifier à travers eux à notre rapport en l'occurrence à la violence à la légitimité du rapport à la résistance au pouvoir et ainsi de suite donc Damien Tarel Christophe Détanger tant d'opposants plus ou moins connus que j'ai eu le privilège de défendre avec mon cabinet c'est des personnes qu'on cherche à protéger en s'interposant entre le pouvoir et l'état et eux et à travers notre alliance quelque part qui nous permettent d'envoyer un signal à ceux qui essayent de les écraser consistant à dire ils ne sont pas seuls et si vous commencez à les frapper de façon démesurée vous allez vous retrouver en fait avec des forces qui vont vous inquiéter et d'ailleurs du coup on avait mis en scène cette alliance entre guillemets symbolique à travers le droit c'est vraiment une des rares qualités que le droit peut avoir dans l'exercice de la vocature quand on était venu pas si loin d'ici à Saint-Omer avec Christophe Détanger avec Damien Tarel justement avec d'autres pour défendre Valérie Minet qui était une citoyenne française qui avait été arrêtée placée en garde à vue pour un poste Facebook dans lequel elle critiquait Emmanuel Macron dans mon souvenir et elle disait que c'était un bouffon je ne suis pas sûr il faudrait vérifier et elle ne le nommait pas donc d'aucuns avaient trouvé relativement réjouissant de ce que les forces de l'ordre elles-mêmes avaient identifié Emmanuel Macron à ce terme négatif sans avoir besoin de l'explicité mais ça avait créé une sorte de vague d'indignation parce qu'elle a quand même été 48 heures de garde à vue dans mon souvenir arrêtée chez elle à 16h du matin traînée devant le tribunal et donc on s'était dit mais ce pouvoir est en train de partir dans des espaces qui deviennent dangereux y compris pour les bourgeoisies et les classes moyennes parce que si s'exprimer une critique de ce pouvoir en des termes certes un peu critiques mais sans menace enfin un peu un peu radicaux mais sans menace ni quoi que ce soit peut amener à une privation de liberté et bien il y a toute une série d'intérêts qui commencent à se sentir menacés et c'est ceux de personnes qui sont vaguement politisées de la social-démocratie à droite classique mais qui forment le socle du régime actuel et donc là il y avait potentiellement un petit point de bascule en tout cas un petit point d'inquiétude qui pouvait commencer à naître il se trouve qu'en fait Valérie Minet a été ciblée parce qu'on était en amont du début du mouvement de contestation de la réforme des retraites et que le préfet et le procureur avaient décidé probablement dans un dîner en ville de faire une radia sur tous ceux qui avaient été identifiés pendant les gilets jaunes comme étant les têtes de pont des gilets jaunes parce que les gilets jaunes n'ont existé que parce que les renseignements n'avaient pas été en mesure d'identifier quels étaient les points de connexion au sein de la société française ces individus comme Maxime Nicolle et d'autres mais qui étaient des milliers sur le territoire et ils avaient été pris de court et donc là pour ne pas être pris de court et se retrouver à nouveau face à une révolte qui pouvait se transformer en révolution ils avaient décidé de préventivement intimider d'envoyer des messages en arrêtant arbitrairement ici ou là au profit d'un prétexte telle ou telle personne et donc en l'occurrence Valérie Minet à Saint-Omer ce qui ne s'est pas très bien fini pour eux aujourd'hui il y a une procédure ouverte contre comme vous l'avez dit contre le procureur et d'autres pour justement pour privation arbitraire de liberté et je compte la mener jusqu'au bout
justement pour les affaires concernant Valérie Minet également Damien Tarel vous avez adopté une approche assez médiatisée on a pu notamment suivre l'avancée sur vos réseaux sociaux comment concevez-vous le rôle des médias dans le travail de défense d'un avocat
par exemple pour Valérie Minet il y avait 150 gilets jaunes qui étaient venus la soutenir au moment du procès grâce à cette médiatisation or il ne faut pas oublier que la justice est publique pour une raison c'est qu'elle est censée quand même se rendre au nom du peuple français et donc être poreuse à l'égard de la perception que le peuple français évidemment il ne faut pas adhérer au mouvement d'humeur systématiquement pour éviter la loi est là pour fixer des cadres rigides qui empêchent toutes dérives mais elle est censée se montrer sensible or ce à quoi on assiste notamment depuis les attentats de 2015 c'est une sorte d'enfermement de la justice sur elle-même qui finit par être rendu de plus en plus moi j'étais avocat de victime de l'attentat de Nice donc le procès a eu lieu déjà à Paris a eu lieu à Paris au sein du palais de justice qui était complètement isolé de la ville c'est à dire qu'on avait coupé tous les accès à la ville et au sein de ce palais de justice dans un espace spécifique qu'on appelle la salle des grands procès qui est une sorte d'aménagement horrible en bois tech contemporain dans un des plus beaux bâtiments de France qui a quasiment 1000 ans là où il y a la Sainte-Chapelle et ainsi de suite on a construit cette sorte d'horreur dans une des salles du tribunal complètement sécurisé complètement isolé du monde de sorte que ce procès Potenkin qui par ailleurs avait vocation simplement à purger la violence qui avait été commise par ce terroriste et qui avait vocation à fabriquer des boucs émissaires qui satisfassent la demande de réparation de la part des victimes et se tenaient à vide sans aucune émotion sans véritablement de public avec seulement quelques membres des familles des victimes et dans une sorte d'ambiance complètement délirante sans jury sans juré ça c'est très important quand même que vous le sachiez aujourd'hui de plus en plus on a une suppression de la justice populaire qui est un grand acquis de la révolution française c'est des juges professionnels dans toutes les affaires de terrorisme avec des dérapages mais délirants avec des destructions de vie mais qui là encore n'inquiètent pas beaucoup parce que ça touche une catégorie de la population qui elle-même est minorisée et complètement invisibilisée dans l'espace médiatique et public et avec du coup une sorte d'emprise de l'Etat sur sa citoyenneté sur la citoyenneté sur laquelle en fait il peut mettre la main qui ne fait l'objet d'aucun contre-pouvoir et quand vous êtes avocat et que vous plaidez quasiment à huis clos face à des juges professionnels qui sont convaincus de savoir mieux que vous ce qu'est le droit et comment il doit être édicté votre rôle se réduit quasiment à rien donc y compris l'avocature elle-même voit perdre de son utilité et on se retrouve avec des personnes qui sont seules face à ce monstre froid qui d'avance à décider de leur destin et cette chose terrifiante commence vraiment à s'amplifier et donc visibiliser ces processus-là c'est fondamental déjà pour les revitaliser pour éviter que le ronronnement de la mécanique judiciaire écrase de façon indifférente parce que voilà en fait on va au travail à 9h en tant que juge en tant que procureur et puis on part à 17h et entre temps on s'est occupé de pauvres airs qui sont des personnes qui n'auront jamais de capacité à avoir un impact quelconque sur notre vie donc on peut faire à peu près ce qu'on veut et pour dénoncer des situations qui en fait faisant symbole vont permettre aux gens de voir les niveaux d'injustice systémique qui existent au sein de notre pays et donc percevoir des lignes de fracture qui sont invisibilisées par les médias existants et en l'occurrence pour finir pardon à Saint-Omer on avait essayé de nous empêcher de rentrer dans le tribunal et si on n'avait pas été si nombreux c'est-à-dire qu'en fait je pense qu'il y avait une sorte de le procureur avait compris qu'on avait fait des nullités c'est-à-dire qu'en gros sa procédure était vraiment détruite et moi d'avant j'avais annoncé que j'allais le faire poursuivre j'allais le faire poursuivre aujourd'hui en France annoncer que vous allez faire poursuivre un magistrat ou un procureur ça m'a voulu ça me vaut aujourd'hui par exemple des poursuites disciplinaires au barreau de Paris parce que j'ai osé faire une citation directe contre un magistrat qui avait fait un faux qui est établi mais ça ne se fait pas donc nous on arrive en amont du procès qui est censé être le procès de ma cliente en annonçant qu'on va faire le procès enfin qu'on va traîner devant le tribunal le procureur qui a voulu la juger et en plus le procureur sait qu'on a raison il sait qu'il va perdre et donc dans une scène lunaire qui a été filmée mais évidemment pas diffusée dans les dans les dans les médias institutionnels mais qu'on a gardé et qu'on utilisera on le voit s'opposer physiquement et ordonner aux policiers de nous empêcher de rentrer dans le tribunal c'est des choses qui arrivent en France aujourd'hui et donc on a ce genre de procureur dont je ne vais pas faire la description physique pour ne pas me valoir d'autres poursuites se retrouve dans une situation vraiment d'essayer d'empêcher non seulement aux gilets jaunes mais du coup à l'avocat en me demandant ma carte d'avocat ma carte professionnelle en essayant de trouver des prétextes pour m'empêcher d'arriver à la salle d'audience donc ces dialectiques là elles sont fondamentales non seulement par rapport au processus judiciaire mais pour protéger aussi pour inverser le rapport de violence c'est extraordinairement violent évidemment je ne parle même pas de l'arrestation à 6h du matin c'est des choses qui quand vous les vivez seul sont de nature à vous briser définitivement et à briser toute velléité d'engagement et de défense de vos idées dans l'espace public et c'est des scènes qui se répètent dans toute la France de façon très très très systématique et leur invisibilisation permet de nourrir l'impression auprès des personnes qui en sont protégées de ces processus que nous vivons dans une démocratie libérale qui fonctionne et ainsi de suite et qu'il n'y a pas de contestation majeure du régime et tout d'un coup ils se retrouvent avec les gilets jaunes à leurs portes en train de casser leurs fenêtres donc voilà c'est fondamental pour ça et pour évidemment inverser le rapport de force et évidemment parfois ça nous coûte très cher à bien des niveaux mais c'est un des dispositifs fondamentaux et alors parler des médias mainstream ça serait toute une autre enfin des médias organiques ça serait toute une autre réponse ou conférence je ne sais pas si vous voulez qu'on se lance là-dedans mais ça risque de durer un certain temps je crois que c'est un peu
notre prochaine partie à vrai dire les médias mais on va parler avant toute liberté d'expression vous avez fait partie de l'équipe de conseillers juridiques de Wikileaks et du lanceur d'alerte Julian Assange en 2015 comment envisagez-vous le dilemme souvent cité de la transparence des institutions nationales face à la nécessité de la sécurité publique
sur le principe Julian Assange a déjà tranché cette sorte de fausse dialectique de façon très simple c'est-à-dire transparence pour le pouvoir et protection de l'intimité de la vie privée pour les citoyens c'est-à-dire qu'en fait la citoyenneté doit être protégée des regards et à l'inverse les institutions étatiques doivent être transparentes la mise en tension de ce principe elle intervient dans un monde concurrentiel c'est-à-dire dans un monde où vous avez des états qui cherchent à se nuire mutuellement et où le seul c'est un dilemme économique qui est bien connu en théorie des jeux c'est-à-dire que le seul acteur qui va agir en respectant complètement les règles va voir ses concurrents profiter de ce comportement pour lui nuire parce qu'eux ne vont pas le respecter complètement et dans cette asymétrie d'accès à l'information évidemment perdre des positions et du coup une capacité à protéger sa population et donc on est là là est véritablement la difficulté c'est-à-dire comment est-ce qu'on fait face à des états qui pourraient profiter de notre transparence pour nuire à nos populations pour protéger quand même nos instances nos instances étatiques et du coup par ricochet leur capacité à nous protéger de dommages extérieurs cette question-là elle se tranche elle ne se tranche pas en fait c'est-à-dire qu'en fait si jamais il y a la possibilité de faire transparence et il y a des acteurs suffisamment fous comme Julian Assange pour la faire moi je pense qu'il faut les protéger les laisser faire et assumer les conséquences qui seront certes déstabilisatrices à court terme mais bienfaisantes sur le long terme de façon systématique à mon avis ça c'est ma position en tout cas
et comment peut-on mieux les protéger selon vous ces lanceurs d'alerte
ça ce serait pas difficile parce que Julian Assange a passé 11 ans en détention successive avant d'être enfin libéré pour avoir révélé la commission des crimes par les Etats-Unis en Irak en Afghanistan leur fonctionnement diplomatique et évidemment un certain nombre de secrets de corruption de la part de son establishment la nature complètement délirante des persécutions qui sont mises en oeuvre en Occident contre des lanceurs d'alerte a atteint de tels niveaux que la Russie arrive à les instrumentaliser pour elle-même renvoyer une sorte d'effet miroir sur l'Occident en disant vous nous reprochez de ne pas respecter la liberté civile et ainsi de suite regardez nous on accueille Edward Snowden que vous poursuivez pour avoir révélé vos dispositifs délirants d'espionnage de vos propres citoyens donc je pense qu'un peu tout simplement en agissant tout simplement en ouvrant ces espaces il n'y a pas de disposition légale particulière on pourrait rentrer dans un débat technique sur les lois sapins et ainsi de suite je ne pense pas que ça intéresserait grand monde je pense qu'il y a juste une position libérale qu'il faut adopter de protection et d'encouragement à l'exposition du fonctionnement des appareils de pouvoir et aux conséquences que ça entraîne y compris négatif à court terme mais qui systématiquement amène à une amélioration de enfin je veux dire théoriquement on vous a enseigné ça en économie c'est-à-dire sur toutes les théories sur l'informe enfin toute la théorie des jeux appliquée à l'information mais aussi toutes les théories économiques sur les défaillances de marché liées justement à l'absence d'accès à l'information des concurrents et ainsi de suite ça fait partie des dogmes du libéralisme économique qui est enseigné en école de commerce donc il n'y a aucune raison de penser que les systèmes politiques fonctionneraient différemment
vous parlez tout à l'heure d'instrumentalisation de corruption ce sont des mots que vous évoquez également au regard de la presse vous affirmez notamment dans votre livre crépuscule que 90% de la presse serait je cite entre les mains de quelques milliardaires quel mécanisme selon vous pourrait garantir une véritable indépendance de la presse en France
il faut qu'elle appartienne à ses citoyens c'est aussi simple que ça moi je comprends que l'état ait besoin de véhicules pour diffuser son information donc c'est normal qu'il y ait un service public télévisuel et radiophonique même si le rassemblement national veut les privatiser je suis assez convaincu que s'ils arrivaient au pouvoir ils ne le feraient pas la question qui se pose c'est comment on fait pour libérer le capital des entreprises de presse privées et s'assurer qu'elles n'appartiennent pas à Dassault Drahi Lagardère bon Lagardère il s'est craché de lui-même mais Xavier Niel Bernard Arnault et ainsi de suite donc à ces quelques personnes qui l'utilisent pour en fait avoir accès à des faveurs et de l'influence dans l'appareil étatique ce qui leur permet d'accroître leur fortune c'est très simple c'est disposition encore une fois la technicité et d'une simplicité biblique la simple question c'est la volonté politique à un moment donné de se défaire de ces appareils de propagande plutôt que d'information qui sont ceux qui permettent à ceux qui nous dirigent d'être au pouvoir aujourd'hui et comment est-ce que vous sortez de cette boucle par laquelle ceux qui nous pouvoir sont soit choisis soit ont accès à l'espace public que sous condition quelque part qu'ils défendent ou n'attaquent pas trop directement ce système là et tant que vous n'avez pas résolu cette difficulté vous retrouvez avec mon cher ami Gabriel Attal et Michel Barnier au pouvoir dans des sortes de fonctionnement circulaire où la médiocrité se combine à l'absence de légitimité
est-ce que pour vous la presse justement contribue à ce qu'on appelle aujourd'hui des prophéties autoréalisatrices
dans quel domaine
notamment dans votre ouvrage Crépuscule vous parliez plutôt des sondages présents dans la sphère médiatique en les qualifiant d'opérations de propagande régulière est-ce que c'est une forme de prophétie autoréalisatrice
ça n'a pas marché pour les dernières élections c'est-à-dire que le rassemblement national était annoncé gagnant au second tour par tous les instituts de sondage et au contraire pour le coup ça a créé un effet récessif pour l'ORN ça a créé une sorte de panique morale qui a alimenté ce qu'ils ont appelé le front républicain ce qui a empêché le rassemblement national d'atteindre la majorité qui a été annoncée mais par contre en effet du coup même là c'est une démonstration de l'effet que ces sondages ont sur la fabrique de l'opinion mais ça s'inscrit dans un continuum beaucoup plus large il y a beaucoup plus de personnes à Paris aujourd'hui et en France de façon générale qui sont employées par des agences de communication de renseignement économique et ainsi de suite que par des rédactions par exemple c'est-à-dire que vous avez plus de personnes qui sont payées pour corrompre l'espace public informationnel que de personnes qui sont censées en fait travailler pour le nourrir objectiver les informations les filtrer et les rediffuser quand vous ajoutez à ça que 90% des journalistes travaillent pour des hommes d'affaires privés sont les employés de milliardaires factuellement ils peuvent s'inventer toutes les chartes éthiques qu'ils veulent et toutes les discussions leurs chefs sont choisies par des personnes qui elles-mêmes coptent les hommes politiques pour servir leurs intérêts pour trouver une situation où votre rapport au réel est complètement virtualisé moi j'ai connu ça de façon assez rigolote en parlant de mon ami Gabi sur la séquence 7 à 8 un peu larmoyante en novembre dernier où celui qui était alors ministre de l'éducation nationale avait décidé de vraiment je pense qu'on a atteint des points d'irréalisme extraordinaire donc le type qui n'a aucun fond politique et qui ne sait même pas pourquoi il est là si ce n'est parce que pour des raisons de proximité avec des personnes qui elles-mêmes ont rendu des services et plus s'affinités au pouvoir doit se construire un destin et donc il construit une armada de communiquants autour de lui comme l'avait fait Macron en son temps et décide bon qu'est-ce qu'on peut faire pour justifier de notre promotion éclair donc on est au budget bon on va essayer d'éviter de défendre un budget parce que ce serait un peu gênant après d'avoir tout simplement déjà à apprendre techniquement comment faire mais surtout à devoir assumer les conséquences des choix qui sont faits donc on arrive à esquiver le problème en se faisant propulser l'éducation nationale là pareil essayons d'éviter de faire une année complète parce que du coup ça permettrait de déventrer la farce et c'est exactement ce que Macron avait fait à ses postes successifs donc il y a une sorte de mimétisme parfait dans le parcours et donc qu'est-ce qu'on peut faire bon ben il y a Gabi Abaya séquence d'outes pour plaire à l'extrême droite pour essayer de se féconder un peu out of the blue un espace électoral et après il y a en novembre Gabi Plurnicher Gabi Harcelet et Gabi Harcelet qui était quand même la pire peste de l'école asacienne qui torturait à peu près tous les étudiants et qui a laissé une sorte de mémoire assez marquée à ces gens là tout d'un coup fait un 7 à 8 ou pendant 10 des 15 minutes il parle de moi en disant qu'il a été harcelé depuis qu'il a 14 ans que je le harcèle encore 20 ans après ainsi de suite et que du coup c'est pour ça qu'il a lancé un plan harcèlement qu'il comprend les pauvres enfants harcelés de France et de Navarre et qu'il va toujours être là pour eux et que du coup c'est un garçon bien vous voyez on est vraiment au niveau politique high level et ce que j'ai vu c'était assez fascinant c'est une sorte de machine médiatique se mettre en branle dans la foulée sans aucune vérification de l'information ce qui est en effet un peu compliqué de toute façon mais bon sans aucune volonté de savoir si c'est vrai ou pas le récit est bon donc on balance on distribue de façon massive et en fait on va construire à partir de là une figure politique qui va être largement relayée évidemment dans l'espace social et ensuite par les réseaux sociaux et justement tous les contenus qui sont fabriqués pour donner une deuxième et troisième vague qui va laisser persister l'effet choc de l'émission qui elle a fait 5 millions de spectateurs dans un premier temps et on va construire une identité politique à partir d'un mensonge c'est-à-dire vraiment de quelque chose qui est une pure fabrication qui a vocation d'une part à essayer de détruire un ennemi politique et d'autre part en fait à se valoriser à travers un dispositif empathique donc quand vous en arrivez à des tels niveaux de n'importe quoi vous comprenez que il n'y a pas d'autre solution que le contournement c'est-à-dire on ne va pas rentrer là-dedans essayer de se justifier d'expliquer de commencer à dire mais non mais c'est pas comme ça que ça s'est passé ça n'a aucun sens en fait vous êtes face à des machines qui n'ont rien à faire du réel en fait dont la vocation est de façonner des images des récits qui vont susciter de l'adhésion qui vont s'assurer d'une forme de consentement au sein des populations qui vont permettre au système de se perpétuer et aux différentes dispositions légales et ainsi de suite qui permettent en fait de maintenir le fonctionnement actuel économique, social et ainsi de suite de ne pas varier de façon brutale et de ne pas se retrouver avec je vous ai parlé de cette séquence-là parce que bon elle est assez grossière et évidente et que je l'ai vécu personnellement mais ce n'est plus que ça aujourd'hui le débat public c'est séquence ce qu'on appelle séquence sur séquence on génère des séquences successives dans le but de façonner de l'absence de pensée de la fascination de la sidération et du sentiment du ressenti soit de la colère soit de la tristesse soit de l'adhésion et à partir de là justement et bien permettre à tout cela de se perpétuer
Il y a 5 ans avec Crépuscule vous décriviez la construction politique d'un autre personnage Emmanuel Macron est-ce qu'il y a des analyses que vous portiez à l'époque que vous souhaiteriez aujourd'hui nuancer ou à l'inverse accentuer ?
Alors avant même Crépuscule en juillet 2017 donc un mois après son élection je publique contre Macron et la quatrième de couverture je vous incite à la lire j'écrivais donc je disais que la Macronie était une nouvelle variante de fascisme et qu'il faudrait être très attentif à la façon de débrancher ces êtres du pouvoir au moment du changement démocratique qu'il nous faudrait mettre en oeuvre Je pense que c'est assez sidérant de voir comment 7 ans après on se retrouve dans une séquence pour reprendre leur terme dans laquelle en effet le jusqu'au boutisme de ces individus c'est-à-dire leur accroche à leur position est telle qu'ils sont prêts à s'asseoir sur toutes les règles sociales légales réglementaires et ainsi de suite pour maintenir leur emprise sur un dispositif de pouvoir qui n'a plus rien à voir évidemment avec la population que ce soit du fait de de la représentativité démocratique ou même tout simplement des interactions c'est-à-dire qu'ils ne prennent pas du tout en compte les réactions que cela peut générer au sein de cet espace social
merci monsieur Branco à présent nous aimerions vous faire réagir rapidement à quelques sujets d'actualité pour cela deux articles vont vous être affichés à l'écran et ce sera à vous de les commenter succinctement nous reprendrons les questions par la suite le premier article issu du monde est intitulé l'arrestation en France de Pavel Duroff le PDG de Telegram une première mondiale
c'est intéressant parce que c'est un sujet pour lequel j'ai été approché d'ailleurs comme avocat on est sur une situation qui en fait je pense montre la déprise que l'on a par rapport au fonctionnement de nos sociétés c'est-à-dire que Pavel Duroff fondateur de Telegram messagerie de communication assez mal sécurisé mais qui est très utilisé notamment en Russie en Ukraine et aussi par nos élites politiques et notamment par la Macronie par Emmanuel Macron lui-même depuis la mi-2010 Pavel Duroff se voit attribuer la nationalité française par Emmanuel Macron en 2021 en dehors des dispositions légales habituelles à travers un dispositif exceptionnel alors même qu'il ne parle pas français qu'il ne vit pas vraiment en France et ainsi de suite cette nationalité aussi a été offerte au fondateur de Snapchat dont la directrice des relations publiques je ne sais pas si vous vous souvenez à l'année dernière admis qu'au moment des émeutes qui avait pris la suite de la mort de Naël Snapchat avait censuré en direct des contenus en coopération avec l'Elysée et donc on se retrouve dans une situation où il y a des interrogations qui naissent sur les dessous de cet accord entre Pavel Duroff et l'Elysée que je pose très rapidement et donc il y a cette arrestation le lendemain d'une visite de Pavel Duroff en Azerbaïdjan au moment où Vladimir Poutine y est avec des interrogations à beaucoup de niveaux c'est à dire que formellement c'est une procédure qui a été initiée par l'Office de lutte contre la pédocriminalité l'OFMIN donc qui est un office qui a été créé récemment donc sous la supervision d'un juge d'instruction après une enquête préliminaire ouvrête par le procureur de la République le procureur est sous le contrôle de l'exécutif du pouvoir d'accord c'est à dire formellement la politique pénale est décidée par le ministre de la Justice donc un procureur n'est pas indépendant en France un juge d'instruction théoriquement c'est ce qu'on appelle un magistrat du siège donc il n'a pas d'instruction directe de la part du pouvoir le magistrat en France n'est pas l'espèce la plus courageuse de toute façon donc il y a très peu de juges d'instruction qui vont aller ouvertement contre le pouvoir en place donc théoriquement il y a une question bizarre comment ça se fait que l'appareil judiciaire français se met en branle contre quelqu'un qui visiblement était très proche de la Macronie qu'est-ce qui se passe et donc évidemment des suspicions de ce qu'il y ait quelque chose de l'ordre du règlement de compte d'autant plus qu'encore une fois Télégramme accueillant toutes les conversations d'Emmanuel Macron avec ses plus proches conseillers et ainsi de suite les a accueillis de façon non chiffrée parce que ces gens-là qui ne sont pas les esprits les plus fins de la République ont décidé d'utiliser un logiciel étranger pour transmettre leurs documents les plus sensibles et leurs instructions les plus sensibles politiquement parlant alors même que ce logiciel ne chiffre pas par défaut leur communication et donc on sait parce qu'il y a déjà eu des perquisitions notamment d'Éric Dupond-Moretti dans le cadre de son affaire de prise illégale d'intérêt qu'il y avait des boucles télégrammes donc des groupes des discussions de groupes avec lesquelles les conseillers de justice des différents ministères et de l'Elysée échangeaient avec des magistrats pour leur donner des instructions sur des affaires en cours et ainsi de suite a été informé en direct de procédures judiciaires théoriquement couvertes par le secret donc en d'autres termes Pavel Durov a entre ses mains de quoi faire sauter à peu près 150 fois la République française parce que vous imaginez bien que s'il y a ces procédures judiciaires qui sont suivies en direct en dehors de tout cadre légal entre des procureurs des juges du siège y compris apparemment des conseillers ministériels et l'Elysée qui pliglottent des procédures censément être indépendantes on n'imagine même pas ce qu'il peut y avoir par ailleurs comme contenu sur les serveurs qui sont aujourd'hui principalement à Dubaï et on fait arrêter cette personne qu'est-ce qui se passe et quand on découvre qu'en plus Pavel Durov la première personne qu'il fait appeler c'est l'oligarque préféré d'Emmanuel Macron Xavier Niel donc propriétaire du monde de l'Obs de Free par ailleurs très impliqué dans le rapport à la sexualité soit infantile en étant l'hébergeur de la moitié des fichiers pédopornographiques de la planète un seul opérateur un seul opérateur et hébergeur ou en ayant lui-même eu le plaisir d'animer quelques sex-shops avec les prostituées qui allaient avec dans les années 90 pourquoi il a fait de la prison préventive à la santé avant d'être condamné pour blanchiment cette personne-là donc qui est l'oligarque préféré du président de la république très normalement et la personne qui est appelée par Pavel Durov qui est donc théoriquement en garde à vue pourquoi ?
parce qu'il refuse de répondre à toutes les réquisitions qui lui sont transmises par les parquets de France et de Navarre sur les questions de pédopornographie donc on est vraiment dans un truc qui n'est pas du tout glauque enfin on est vraiment dans la bienséance absolue et donc Emmanuel Macron dans cette situation-là se sent obligé de se fendre d'un tweet défensif ce qui n'arrive jamais c'est quand même une des personnes les moins dans l'autogistification et même dans la capacité à concéder une quelconque faiblesse que l'on puisse connaître expliquant que ce n'est pas une procédure politique bien sûr bien sûr tout ça n'a rien à voir avec la politique et donc on se retrouve avec cet individu qui pourtant alors qu'il était accusé de 12 crimes et délits va être libéré sous contrôle judiciaire et se retrouve aujourd'hui pris en otage en France parce qu'il ne peut pas sortir du territoire et il doit faire deux pointages par mois dans des commissariats dans des conditions qui sont pour le moins inexpliquées est-ce que vous avez un seul journal un seul journaliste en France parmi les 40 000 qui ont une carte de presse qui a tenté d'enquêter qui a posé la question de savoir mais comment ça se fait que cet individu appelle Xavier Niel qui appelle Emmanuel Macron comment ça se fait que cet homme a eu la nationalité française par Emmanuel Macron en 2021 du fait des services extraordinaires qu'il aurait rendu à la nation et trois ans plus tard se faire arrêter par la justice de ce même pays sur ordre du parquet qui est lui-même répond aux instructions de l'exécutif parce qu'il aurait facilité la commission de crimes de pédop qu'est-ce que c'est que ça et donc d'un énorme scandale d'état en puissance on se retrouve avec un petit article que peut-être la moitié d'entre vous n'aviez pas vu passer une extinction une normalisation et en fait ça c'est la récurrente aujourd'hui c'est-à-dire l'étouffement l'étouffement l'étouffement c'est-à-dire que les choses disparaissent les choses passent il n'y a aucune recherche en profondeur des dialectiques et des mécaniques sous-jacentes à des événements qui sont potentiellement très graves et qui affectent les vies de milliers de personnes en l'occurrence des personnes les plus vulnérables de la société et donc des dispositions qui nous permettent de nous laisser nous en fait sans prise sur le réel et sans capacité à affecter le fonctionnement de nos institutions
on va passer au deuxième article deuxième article est lui aussi tiré du monde il porte sur la mutation des formes d'engagement des jeunes en politique et titre loin des urnes le ras-le-bol très politique des jeunes
ah oui pardon et un dernier truc oui c'est un article du monde c'est-à-dire que vous êtes journaliste du monde théoriquement ça doit être relativement facile de pouvoir appeler votre propriétaire pour lui demander mais qu'est-ce qui se passe donc loin des élections de la jeunesse en cas de nouvelles formes d'engagement il va falloir couper des têtes les cocos enfin je suis désolé de vous dire ça mais vous allez rentrer dans une phase politique qui va soit en fait déboucher sur une fascisation extrêmement violente de l'espace social et donc en fait un écrasement du politique c'est-à-dire que le rôle de la citoyenneté dans l'organisation politique va être réduit à néant et donc vous allez devoir accepter une forme de passivité qui va vous permettre de n'agir que par la marge au sein des fonctions que vous allez occuper dans les institutions qui vont être les vôtres et peu de choses supplémentaires ou vous allez vous rendre participe ou être emporté par une ébullition qui va en fait produire nécessairement des formes de violence et de radicalité transgressive et la France est déjà dans un état de quasi-gare civile enfin je veux dire on est dans un pays où on enferme des citoyens sans décision de justice pendant trois mois à travers un dispositif qui s'appelle les MICAS du simple fait de raison d'ordre public de par la panique que l'appareil étatique a à l'égard de mouvements terroristes au sein de notre pays mis en oeuvre par des citoyens français ça c'est quand même le grand impensé des attentats de 2015 c'est des gens qui grandissent en France c'est pas des étrangers il y a eu la face syrienne et tout ce qu'on veut mais aujourd'hui on a une sorte de violence interne qui fait que l'état se sent obligé d'enfermer préventivement chez eux pendant des mois des personnes alors même qu'ils n'ont aucun élément pour les poursuivre judiciairement et à France Siori les condamner de façon préventive et c'est des milliers de personnes qui sont concernées donc on est dans une situation où il y a une violence latente immense qui donc a commencé à s'exprimer au sein d'un certain nombre de territoire de la république que l'on appelle en général les quartiers les banlieues et ainsi de suite mais qui est en train de façon poreuse de s'étendre dans d'autres espaces et les gilets jaunes c'était un peu le défilé du dimanche tout mignon par rapport à ce qui risque d'arriver s'il n'y a pas une réaction rapide non seulement de la part des autorités mais de façon générale une conscientisation de la part de la société française du niveau de bascule et de tension dans lequel elle est arrivée
Merci monsieur Branco à présent nous allons reprendre les questions au cours des quinquennats de monsieur Macron les corps intermédiaires comme les syndicats ou les partis à l'échelle locale ont vu leur influence décroître est-ce que ce constat renforce votre adhésion au concept de démocratie directe
oui bon ça là on est il y a 5 ans le RIC la démocratie directe avec les mandats impératifs là ce que je vous décris c'est une situation d'ébullition et d'urgence qui emmène en fait un risque de passage à l'acte par passage à l'acte je parle plus seulement justement des personnes qui sont pour des raisons ou d'autres tentées par le terrorisme islamiste et ainsi de suite je parle vraiment par une sorte d'incorporation de la violence par une partie de la citoyenneté contre ces institutions et contre d'autres parts de la société qui risquent en fait à un moment ou un autre de se matérialiser et lorsque vous rentrez dans des dynamiques de cet ordre là de dissociation du corps social français enfin d'une société quelconque les modalités de gestion du politique deviennent secondaires c'est à dire en fait en gros les gens commencent à dire on verra après d'abord on coupe des têtes d'abord on fait la révolution d'abord en fait on rentre dans des dispositions de subversion massive et ensuite on verra ce qu'on met en place et quelque part et c'est le grand danger aujourd'hui qu'importe si ce qui vient après est une sorte de dictature extraordinairement violente tant qu'elle résout les problèmes ou à l'inverse un truc tout doux tout mignon comme les gilets jaunes le proposaient où on redistribue le pouvoir au peuple et on essaie de pacifier la société parce que les gilets jaunes c'était vraiment un mouvement de transition de la violence c'est à dire en gros on purgeait et ensuite on essayait de régénérer le corps social français je peux vous dire que ce qui arrive ne va pas nécessairement se préoccuper du fait qu'il va falloir recoller les morceaux et ainsi de suite ils faudront juste en fait couper en petits morceaux la société française pas les gens encore et moi j'ai assisté j'étais cet été à Haïti Haïti c'est l'exemple de ce que la mondialisation peut produire Haïti c'est de facto une société qui a décidé de se faire la guerre et donc c'est une société qui est dirigée par des acteurs privés qui n'essaient même plus d'imiter ou de concurrencer l'état qui décident en fait de prendre le pouvoir par elle-même qui perdent complètement une quelconque forme d'inmission dans le rapport à la violence à une quelconque forme éthique ou morale ou ainsi de suite donc le kidnapping le viol le trafic de drogue tout est valable tant que tant que ça permet de financer des sortes de sous-structures à des échelles territoriales très locales donc j'ai rencontré Jimmy Cherizier barbecue voilà vous imaginez pourquoi on l'appelle barbecue qui est le chef de gang à Port-au-Prince qui a coagulé autour de lui neuf autres chefs de gang qui vit dans un petit appart à Delmas donc dans un des quartiers les plus vérolés par la mafia de Port-au-Prince mais qui est protégé par sa population parce qu'il leur préserve un espace de vie en dehors de la monstruosité qui avait été générée par des années de pillage d'interventions extérieures et ainsi de suite et donc ils acceptent complètement de vivre sous sa férule tant que la violence qu'ils projettent est vis-à-vis de leurs extérieurs mais leurs extérieurs c'est plus comme nous avec le Mali avec le Centrafrique avec la Syrie et ainsi de suite leurs extérieurs ça devient le quartier d'à côté la purgation par la violence ne passe plus par une projection à des milliers de kilomètres où comme ça avait été le cas après les attentats la décision de François Hollande d'envoyer quelques missiles en Syrie comme on savait très bien que ça ne servait à rien mais c'était une façon de dire on fait quelque chose on fait quelque chose on réplique à la violence et ça c'est quelque chose d'immuable à travers les temps et les civilisations la violence appelle à la violence et donc on a décidé d'envoyer quelques missiles en se disant ça va suffire et bien à un moment ça ne suffit plus et du coup la violence se rapproche on commence à à s'infiltrer au sein d'espaces sociaux de façon de plus en plus inattendue et finit en fait par par exploser et là la fragmentation qui s'ensuit elle est très très difficile à réparer à Haïti moi qui suis pourtant formé à essayer de trouver toujours des solutions structurelles il n'y a pas de perspective en fait et d'ailleurs les Etats-Unis la France ce qu'on appelle le corps groupe s'appuie entre autres sur Jimmy Churizier barbecue comme elles le font avec Al-Qaïda au Yémen et ainsi de suite pour essayer de maintenir l'ordre et éviter que ça dérape encore plus parce qu'il est vu comme l'un des moins pires dans l'écosystème qui a fini par être généré dans ces espaces là parce qu'en gros il veut tendanciellement éviter que la violence s'accroisse tendanciellement doucement il a quand même enfin c'est quand même quelqu'un qui dirige à travers les kalachnikov mais il n'est pas dans cette sorte de dérive absolue qu'il craigne au carré et dans un pays comme la France évidemment on a un pouvoir étatique qui a une intensité en fait dans sa capacité à contrôler le capital et du coup à mettre en oeuvre une force publique qui est le monopole sur la violence qui fait que l'hypothèse de la fragmentation elle n'est pas perçue par la société comme étant un véritable danger ou une véritable perspective et pourtant et d'ailleurs ça amène je pense que c'est ça qui explique que des personnes au sein de ce gouvernement aient eu le cynisme de créer un fond en l'hommage de Samuel Paty donc le professeur qui avait été égorgé pour distribuer de l'argent à leurs proches sans se poser la question de ce que ça pourrait susciter si c'était découvert le fonds Marianne mais il y a un moment donné où en fait où l'accumulation à la fois des difficultés structurelles comme celle que je présentais à l'égard des écarts de richesse et de niveau de vie qui peuvent exister dans le Haut de France avec un taux de pauvreté qui est quand même délirant enfin c'est à dire que vous le voyez probablement pas ou peut-être je ne sais pas je ne sais pas dans quelle mesure on organise autour de vous un vase clos ou vous-même cherchez à reconstruire des vases clos ou dans quelle mesure vous traversez parce que ce n'est pas compliqué la pauvreté elle est vraiment affleurante dans cette région il suffit d'aller à quelques mètres de là où vous étudiez là où vous vivez pour commencer à être confronté à des réalités sociales qui ne sont pas forcément perceptibles immédiatement comme on le voit par la dégradation d'urbains mais évidemment ce qu'il y a derrière les murs est bien plus violent mais c'est des choses qui sont en train de se rapprocher qui sont en train de se rapprocher et encore une fois dont le vote RN n'est qu'une expression parmi d'autres et la plus douce à laquelle l'on pourrait penser
pour laisser un peu d'espace au public on va vous poser une dernière question vous avez soulevé de nombreux problèmes notamment d'ordre systémique dans les Hauts-de-France pas uniquement si j'ai bien compris il faut tout changer selon vous qu'est-ce qu'il faudrait changer tout de suite pour éviter par exemple la montée de la violence potentielle que vous évoquiez juste avant
moi je crois sincèrement qu'il faut une révolution parce qu'on est sur un système circulaire qui est clos il n'y a pas de possibilité à travers la voie électorale d'obtenir une rupture à l'intérieur de ce système c'est le pari qu'a longtemps fait Mélenchon Mélenchon a fait longtemps le pari de se dire on va essayer de préserver un certain nombre d'alliés tactiques au sein de ce système de ne pas taper trop fort directement sur eux dans l'espoir de survivre dans le système institutionnel et à un moment donné provoquer une bascule Mélenchon il a le modèle bolivarien à l'esprit si vous voulez comprendre ce que fait Mélenchon il comprend la rationalité qui existe de la stratégie Mélenchoniste qui se veut révolutionnaire il est convaincu qu'il est révolutionnaire il faut aller voir ce qui s'est fait dans les prises de pouvoir pendant l'exercice du pouvoir au Venezuela en Bolivie et ainsi de suite c'est à dire en fait un jeu institutionnel un jeu avec l'institution pour insérer la subversion et depuis l'intérieur essayer de provoquer une bascule moi je suis dans une position qui consiste à dire que ayant vu je pense que je suis moins naïf que eux peut-être parce que j'ai vu de plus près avant cette sorte de politisation que vous avez décrite j'ai vu quand même tous les échelons c'est à dire des oligarques que j'ai rencontré personnellement jusqu'à leur larbin c'est à dire les journalistes avec lesquels j'avais à interagir quotidiennement et malheureusement encore aujourd'hui souvent en passant par les échelons intermédiaires que ce soit les millionnaires qui financent toutes ces structures intermédiaires les directeurs des rédactions qui sont ceux qui sont choisis parce qu'un journaliste va vous dire mais moi on ne me donne jamais aucune instruction et moi je dis ben oui coco c'est pour ça qu'on t'a recruté un parce qu'on n'a pas besoin de te donner l'instruction et deux parce que tu crois vraiment que tu es si important que Xavier Niel va passer un coup de fil pour te dire ne publie pas cet article ou publie le pourquoi tu penses que tu es un rédacteur en chef un directeur adjoint de la rédaction un directeur de la rédaction un directeur général et ainsi de suite c'est pour qu'on n'ait pas à s'adresser à toi parce que tu n'es au sein du système moi je ne fais pas bien le terme que je viens d'utiliser larbin c'est comme ça qu'ils sont perçus par le système eux-mêmes c'est leur larbin et c'est des gens à qui justement ils ne parleront jamais et du coup qui leur permet de les instrumenter à distance sans avoir à se salir les mains mais donc on est sur un système qui fabrique l'inconscience de l'appartenance à des systèmes de domination afin de procurer un minimum de satisfaction à ces gens là il faut bien un moment les attirer jusqu'à vous il faut bien un moment leur donner une forme d'estime d'eux-mêmes une forme de confort à la fois matériel symbolique ainsi de suite qui leur permette d'être un minimum fier d'eux si vous commencez à dire que vous n'êtes pas l'employé du monde grande maison prestigieuse créée après la seconde guerre mondiale etc mais d'un ancien proxénète qui était condamné ainsi de suite enfin vous voyez ce n'est pas la même chose de travailler pour quelqu'un qui trafiquait des êtres humains que pour une grande maison digne, noble qui participe à l'oeuvre de la démocratie alors que factuellement c'est ce qui est en train de se passer et la façon de le présenter la fabrication en fait d'espaces de légitimation de symbolisation et ainsi de suite est fondamentale pour s'assurer que des gens vont continuer à fluer jusqu'à vous vont se dire ah ça serait bien c'est bien d'être journaliste pour le monde en fait on sert le bien commun on va y aller et de même en fait faire cette démarche qui va les rendre complices d'un système dont ils considéreront qu'ils ne sont pas les responsables des méfaits
merci monsieur Branco d'avoir répondu à nos questions nous pouvons passer désormais aux questions du public
bonsoir maître merci beaucoup d'être venu ici je voulais vous poser une question c'est vous avez dénoncé un système pendant toute l'heure où vous êtes resté qui serait corrompu et qui étoufferait la population quelle solution concrète est-ce que vous pouvez apporter outre la révolution au problème que vous dénoncez et aussi pour finir sur la révolution ça a été un système qui a déjà été utilisé on a vu ça en 1789 ça nous a apporté Napoléon en 1917 chez les russes ça leur a apporté Lénine et après le chat d'Iran il y a eu le Khomeini en quoi cela est-ce que en quoi est-ce que ça représente une bonne solution la révolution aussi merci
alors pour la première la première réponse si vous avez un moyen institutionnel quelconque de libérer la fabrication de l'information en France c'est-à-dire de rendre le capital de ces grandes entreprises de médias à des citoyens j'ai pas besoin de révolution c'est-à-dire si vous arrivez à rompre si vous me proposez une quelconque solution qui permette à travers l'élection ainsi de suite de porter au pouvoir une force qui elle-même va en fait s'asseoir sur le système qui l'a fabriqué donc déjà il y a une sorte d'oxymore un peu compliqué à résoudre moi je ne suis pas du tout un révolutionnaire par romantisme ou par j'en ai rien à faire de la modalité pratique qui amène à une démocratisation du système politique mais dès le moment que vous arrivez à une démocratisation réelle du système politique par la libération d'informations par la sortie de ce royaume du mensonge en quelque sorte vous pouvez en fait refonder très facilement des politiques publiques qui vont s'intéresser à la citoyenneté française qui vont s'intéresser en fait à une réindustrialisation du pays à un rééquilibrage des politiques économiques je ne sais pas ça c'est un truc qui pourrait vous concerner pour ceux d'entre vous qui vont devenir entrepreneurs à la création d'un service de comptabilité nationale pourquoi est-ce que la compta c'est un truc que vous ne connaissez pas et tant mieux pour vous mais qui est un enfer pour toute personne qui est là pour prendre un discours de droite pour me prendre un contre-pied qui essaye de créer sa petite activité soit profession libérale soit PME et ainsi de suite et c'est un frein à l'innovation c'est un frein à la création dans ce pays pourquoi ?
parce que vous êtes obligés de remplir des formulaires de 50 pages et ainsi de suite pourquoi ?
parce que ce pays est dirigé quoi qu'il arrive par des personnes qui ont toujours vécu protégées par l'état c'est à dire que ceux qui aujourd'hui arrivent au pouvoir sont des gens qui en général pour beaucoup d'entre eux ont passé un concours l'INSP et compagnie donc ils arrivent à leur première fonction avec déjà une secrétaire avec déjà des assistants avec déjà des gens qui vont prendre en charge toute la lourdeur que l'état lui-même génère et à aucun moment on va se dire mais il faudrait peut-être éviter que cette lourdeur existe pareil d'ailleurs pour le rapport à l'impôt la gauche ZARA elle a aussi le problème d'être une on l'a vu avec cette polémique qui n'est pas si artificielle que ça sur les 60 000 euros qu'aurait demandé Lucie Castel pour pouvoir monter son équipe cet été pour devenir première ministre et dont 9 000 euros pour son salaire ces gens-là parce qu'ils ont toujours été abreuvés par l'état n'ont pas conscience d'à quel point il est difficile aujourd'hui de générer 9 000 euros par mois dans ce pays c'est extraordinairement difficile pour eux en fait c'est un acquis le fait que que la ressource leur soit distribuée de façon constante et s'il faut en passer par l'impôt bah tant pis on augmente les impôts il n'y a pas du tout une conscience de la lourdeur en fait qui s'applique sur la société et qui empêche aux classes populaires notamment de sortir de l'étau dans lesquels elles sont insérées je vous la fais très vite mais enfin voyez il y a toute une série de dispositions qui très rapidement permettraient en fait de provoquer des bascules qui quelque part libèreraient un peu le pays de l'enfer dans lequel il est en train en train de s'effondrer pour moi la première c'est cette question de l'information je suis pas loin de penser que s'il faut couper des têtes pour libérer l'espace démocratique français c'est pas grave coupons des têtes enfin voyez il y a un moment donné aussi la seule solution c'est d'en passer par la force c'est pour ça que le dernier bouquin qu'on a sorti s'appelle comment fabriquer les guillotines dans l'idéal il y a un manuel pratique dedans je vais vous le montrer on a un petit guide pratique avec tous les éléments nécessaires pour fabriquer les guillotines c'est quoi l'idée si on commence à fabriquer chacun dans notre jardin pour ceux qui ont un jardin des petites guillotines qu'on met là les gens qui nous gouvernent vont commencer à comprendre qu'on est dans une dialectique sérieuse dans le rapport de force qu'on essaye de mettre en place avec eux on a vu avec le mouvement des retraites que le politique n'en avait plus rien à faire de la question démocratique et en particulier de l'une de ses expressions fondamentales qui est la manifestation c'est à dire la capacité de la manifestation à produire un effet comme ça avait été le cas sous la droite traditionnelle avec le CPE et le CNE sous Dominique de Villepin c'est à dire par la simple capacité à mobiliser des forces à peser sur l'appareil institutionnel social, pacifique pour l'amener à renoncer à un certain nombre de propositions aujourd'hui ça ne fonctionne plus il y a une indifférence sauf que le pouvoir joue un jeu très dangereux en faisant ça parce que si à un moment donné par la voix pacifique vous n'arrivez plus à vous faire entendre c'est pas vous et moi qui allons commencer à foutre des bombes ou à s'attaquer à des policiers ou ainsi de suite pourquoi ?
parce qu'il n'y a pas d'enjeu vital pour nous aux politiques il y a un enjeu de distinction fondamentale il y a un enjeu de croyance c'est à dire une éthique du politique ce que ça devrait être ainsi de suite mais il y a très peu de personnes ici pour qui le rapport aux politiques présente une forme d'urgence vitale capacité à se chauffer capacité à se nourrir à alimenter ses enfants nous on le ressent mais en fait de façon indirecte c'est notre capacité à aimer c'est notre capacité à se lier à l'autre c'est notre capacité pour les jeunes qui ne sont pas des grandes écoles comme la vôtre de se loger dans le centre-ville de pouvoir offrir à la femme ou à l'homme qu'ils ont aimé une possibilité de construire un destin commun et donc il y a quand même une porosité qui commence à devenir dangereuse pour le pouvoir parce que quand vous mettez en difficulté y compris des gens des classes moyennes voire des classes moyennes hautes qui pour peu qu'elles n'aient pas d'héritage conséquent sont dans une difficulté à simplement se construire un destin pour elles-mêmes là vous commencez à les mettre en tension de façon à ce que dans les marges d'abord un rapport à la violence va naître et progressivement ce rapport à la violence risque de se contaminer mais au sein des classes populaires on y est là et il y a une contention pourquoi ?
parce qu'il y a une répression féroce parce qu'il y a des dangers qui sont trop importants aujourd'hui à l'heure de mettre en oeuvre mais il y a un moment donné où ça ne suffira plus à intimider et à ce moment là cette bascule et bien elle sera dangereuse pour tous y compris à commencer pour ceux qui auront mis en oeuvre ce rapport de violence parce qu'ils vont d'abord se faire écraser par les forces de l'ordre puis après par la justice ils vont être envoyés en prison etc.
moi mon idée de la guillotine c'est de se dire que des guillotines dans le jardin ça ne fait de mal à personne enfin vous voyez à part un psychopathe qui voudrait en passant l'utiliser mais pour ça un couteau suffira donc ça ne peut pas générer de la violence personne ne va s'amuser à couper des têtes dans son jardin par contre le signal envoyé qui consiste à penser qu'on commence à construire des guillotines à revendiquer ce symbole non plus comme ça l'a été fait par la république bourgeoise pour exécuter les pauvres airs qui de toute façon auraient passé le restant de leur jour en prison mais pour dire pour prévenir les élites dirigeantes des dangers qu'il y aurait à persister dans le chemin qui est le leur et de l'appétence quelque part de rentrer dans une démarche qui pourrait être dangereuse pour eux si vous commencez à les faire trembler de cette façon je peux vous assurer que tout d'un coup le rapport quelque part d'indifférence de satisfaction voire un peu de dérision à votre regard va commencer à basculer donc en fait c'est fondamentalement un dispositif de purgation de la violence d'évitement de la violence mais en même temps de non-renoncement de refus de l'acceptation de l'existant et de dire oh les cocos faites attention parce que demain ça pourrait vous arriver
bonsoir maître tout d'abord merci pour cette conférence étant donné que votre avis m'est important je voulais savoir vous avez vivement critiqué le RN vous avez fait sous-entendre que la stratégie des ultra riches avait plus ou moins échoué étant donné qu'ils ne sont pas arrivés au pouvoir je voulais savoir qu'en étaient-ils des autres partis politiques étaient-ils exants d'argent n'étaient-ils pas ne sont-ils pas soutenus par des ultra riches voilà quel est votre avis par rapport à cela
moi je n'ai pas du tout de rapport au système partisan actuel c'est-à-dire que je n'ai même pas de disposition particulière critique à l'égard du RN plutôt qu'à notre parti je trouve que la panique morale qu'on a essayé de faire naître par rapport à leur arrivée au pouvoir au regard de la violence et de l'extrémisme dont a fait preuve dans tous les domaines le pouvoir actuel était surjoué était une façon d'instrumentaliser et même de clientéliser une partie des populations françaises celles qui ont le plus peur de la violence raciste de façon structurelle donc les populations d'origine immigrée ainsi de suite on en a fait de la clientèle électorale en utilisant le RN comme façon comme sorte d'étendard pour agiter d'épouvantail pardon agiter pour les amener à voter la réalité est que la politique actuelle est déjà suffisamment violente à leur égard pour penser et le RN c'est suffisamment inséré dans l'establishment pour penser que les ruptures ne seraient pas radicales en cas d'arrivée au pouvoir de cette force politique que ce soit sur l'antisémitisme que ce soit sur le rapport aux institutions européennes que ce soit sur le rapport même à l'OTAN c'est devenu un parti qui a des positions qui sont devenues très similaires à celles en gros de la droite classique en France donc il y a une rupture qui est fondamentale là dessus et la seule proposition qui a un peu hystérisé le débat qui était sur la double nationalité pour les postes les plus sensibles de la République les 500 postes les plus sensibles de la République je peux vous assurer qu'il y a toute une série de forces républicaines qui dans d'autres pays l'ont porté et l'ont défendu moi-même étant binational je n'aurais pas vu de difficultés particulières à considérer qu'en effet il me faille choisir une nationalité si jamais j'avais voulu arriver à la direction d'un poste sensible au ministère de la Défense ou ainsi de suite donc il y a une sorte d'hypocrisie dans la mise en place de ce débat d'autant plus paradoxal moi j'ai adoré voir le pouvoir en place Emmanuel Macron pousser des cris d'orfraise sur ce sujet alors que je défends un homme qui est mis ses bas qui est aujourd'hui considéré comme le plus important intellectuel panafricaniste anti-impérialiste à qui on a retiré sa nationalité française né en France de parents français du fait des idées qu'il défendait et du fait qu'il se soit opposé au projet de guerre au Niger qui était porté par Emmanuel Macron l'année dernière donc une guerre contre le pays le plus pauvre de la Terre c'est là où on en est donc moi j'ai vu en fait dans ma pratique en tant qu'avocat l'hypocrisie de ce pouvoir qui ensuite prétendait que ce serait horrible qu'on mette en place des dispositions alors qu'eux-mêmes ont fait usage de dispositions qui n'avaient pas été appliquées depuis les années 60 et qui ont été adoptées par qui ont été créées par Édouard Daladier en 1938 donc le signataire des accords de Munich celui qui a créé les camps d'internement qui accueillerait les républicains espagnols les juifs et ainsi de suite donc voilà à un moment donné toute cette sorte de spectacle électoral qui a pour but justement que d'instrumentaliser les populations et les sentiments sincères d'inquiétude de peur qu'on peut ressentir se double par ailleurs moi d'une critique assez forte que j'ai en partage justement avec un certain nombre de militants et d'intellectuels de cette sphère-là souverainiste au sens décolonial anticolonial anti-impérialiste et ainsi de suite qui considèrent que les populations que l'on considère comme immigrées de couleurs différentes d'identités différentes et ainsi de suite devraient avoir un rapport d'affirmation et non de soumission et de peur et que la gauche qui à chaque fois joue la partition de la victimisation afin en fait de les tenir comme clientèle électorale ne leur rend aucunement service en fait et au contraire perpétue une forme de soumission symbolique qui ne favorise ni leur intégration ni la reconnaissance réelle de droit et la fin des systèmes de ghettoïsation que connaît ce pays mais par contre c'est très rentable électoralement et on a vu les résultats notamment pour la France insoumise plus que deux questions pour le public
bonsoir monsieur Branco merci beaucoup pour votre conférence ce soir j'avais une petite question je souhaitais rebondir sur ce terme de fascisation de la société c'est un terme intellectuellement qu'on peut tous concevoir au vu de la montée des extrêmes actuellement mais quand vous appelez à couper des têtes et à la violence notamment sur certains sujets est-ce que vous ne pensez pas que ça nourrit aussi cette fascisation de la société non je n'appelle pas à couper des têtes
je parle de la métaphore mais surtout en fait moi ce que j'essaie encore une fois ce que j'essaie de concevoir c'est les modalités d'évitement de cette montée en violence par contre ce que je refuse c'est de me retrouver à nouveau dans une situation comme celle des gilets jaunes où on a pu se retrouver avec des mutilations de citoyens français qui n'avaient pour seule vocation que de défendre leurs intérêts et leur dignité dans l'indifférence générale et sans qu'on ait aucune capacité de réplique mutilations qui sont intervenues parce qu'en face ils n'avaient pas peur de nous en fait la peur a une fonction politique fondamentale de la même façon un pouvoir ne recule qu'en tremblant un pouvoir ne va pas reculer par éthique ça n'existe pas l'éthique dans le pouvoir en tout cas chez ceux qui nous dirigent donc en fait il faut établir un rapport de force et malheureusement le rapport de force ils l'ont placé dans une dynamique confrontationnelle c'est à dire force de l'ordre instrumentalisation et force de l'ordre de l'appareil judiciaire mis au pas et ainsi de suite pour écraser des mouvements sociaux pour écraser une partie de la population qui n'a aucune arme pour se défendre qui n'a aucun accès à la représentation dans l'espace social institutionnel que ce soit dans les médias ou ainsi de suite ou alors à chaque fois que ça arrive c'est avec de la dérision avec du mépris de classe avec une forme d'écrasement immédiat symbolique qui fait qu'il n'y a aucune possibilité par la suite de persister parce qu'en fait il n'y a aucune récompense au fait d'intervenir dans l'espace public si c'est pour vous faire humilier vous préférez entrer chez vous plutôt que de passer pour ceux qu'on essaye à chaque fois de vous faire passer donc on est face à un pouvoir qui fait usage de l'humiliation de la force de la violence et je vois que ça monte je vois qu'en fait ça bouillit en fait et donc moi je préfère Damien Tarel qui soufflette en criant mon joie Saint-Denis Emmanuel Macron alors je ne suis pas royaliste enfin je ne suis pas je ne suis pas l'univers pardon l'univers référentiel monarchiste et royaliste n'est pas quelque chose qui m'est très naturel mais en fait qu'est-ce qu'il fait en faisant ça d'une part il fait rire la France entière et donc il y a un soulagement et donc il y a une réduction de la violence paradoxalement c'est une façon de se dire ah il a été humilié il a été humilié cet homme qui ne cesse de nous humilier depuis des années il y a cette respiration parce qu'il s'est fait avoir par un des nôtres qui n'a pas essayé de l'agresser si vous regardez la vidéo c'est pas un point dans la gueule c'est pas une tentative de faire mal c'est un soufflet c'est-à-dire c'est une réactivation de cette tradition toi qui es venu dans mon village je te défie en duel en fait je te provoque en duel et je te demande toi qui m'a déshonoré toi qui m'insulté qui m'a traité de rien qui m'a traité de enfin bref de tout ce qu'Emmanuel Macron a pu dire sur les français ces dernières années toi qui viens maintenant essayer de récupérer électoralement quelques bénéfices en prétendant être proche du peuple je te mets au défi de rentrer en duel avec moi ça c'est cher payé pour Damien parce que c'est trois mois de prison ferme immédiatement préventive enfin tout de suite en garde à vue et mandat de dépôt mais derrière c'est ok on a rééquilibré un peu le rapport de force et ça a coûté quoi Emmanuel Macron rien du tout enfin évidemment parce que je pense que ça ne lui a même pas fait mal ou quoi que ce soit mais on l'a humilié on l'a humilié du coup on lui a fait sentir ce que lui fait ressentir à des millions d'autres français voilà est-ce que c'est la meilleure est-ce que c'est un idéal non moi je ne suis pas en train de enfin je ne l'ai pas fait moi-même donc à partir de là vous voyez je pense que je ne l'aurais pas fait si j'avais mais par contre défendre les gens ou c'est comme quand Piotr Pawlenski montre le sexe sur G100 que le porte-parole du gouvernement envoyait des étudiantes via Instagram en DM alors qu'elle ne l'avait pas demandé c'est pas la chose la plus noble à faire je veux dire c'est pas quelque chose que j'ai revendiqué comme une pratique normale et habituelle dans une société mais à un moment donné à l'égard de cette personne qui en tant que porte-parole du gouvernement de la République française avait parlé des gilets jaunes comme ceux qui fument des gitanes et roulent en diesel ce n'est pas ma France alors même qu'on sait tous que si les gilets jaunes et d'ailleurs tous les français ont roulé en diesel pendant des années c'est parce que c'est un choix qui a été fait par l'état qui leur a été imposé et que maintenant on essaie de leur faire payer en retour enfin je veux dire c'est une humiliation au carré vous nous prenez vraiment pour des cons c'est comme la porte le Fenwick dans les portes littéralement du porte-parole du gouvernement c'est une façon symboliquement de lui dire voilà en fait c'est toi qui on ressent ce que nous on ressent et donc moi en tant qu'avocat je vois bien en fait ce que ça provoque l'hystérisation délirante qu'il y a eu à l'époque pendant un mois où on a voulu abattre ces gens là ça rend fou les classes dominantes donc pour moi c'est symptomatiquement intéressant que ça les rende fous parce que ça montre qu'ils ne supportent pas eux de ce que dans la position dans laquelle ils placent au quotidien des gens et d'autre part la nécessité évidemment de faire contrepoids et de détourner le feu pour que ça retombe sur moi et d'encaisser le coup c'est une fonction en tant qu'avocat qui est fondamentale et finalement c'est des mécanismes de régulation qui sont relativement non violents par rapport à ce qui pourrait nous arriver et ce qui arrive malheureusement au quotidien de beaucoup de français
C'est la dernière question Bonsoir monsieur tout d'abord merci beaucoup pour votre présentation je me demandais est-ce que pour vous une gouvernance mondiale réformée je pense notamment au fait que Piketty a réussi à faire passer il y a deux ans un taux d'imposition minimum sur les profits des grandes multinationales et donc des milliardaires puisse être une sorte d'option autre qui puisse nous permettre d'éviter une révolution et tout de même répartir mieux les richesses
Là c'est une enfin je pense que ça serait vraiment intéressant d'avoir un débat front contre front sur cette question pendant deux heures je pense que c'est un horizon fantasmatique quasi délirant c'est à dire que je pense qu'on est dans une dans un retour à la balkanisation et à la fragmentation de l'espace mondial de façon très claire c'est à dire que la poussée souverainiste elle existe partout et elle est symptomatique d'un rejet fondamental de mécanismes de gouvernement mondiaux et ainsi de suite qui ont été défendus pendant des décennies pour un effet nul ou très peu favorable à l'égard d'une grande partie des populations qui étaient censées en bénéficier donc on est dans une disposition où je vois pas je vois pas quelle gouvernance mondiale pourrait permettre de résoudre une situation comme par exemple celle que j'ai connue au Sénégal où on a une population de 18 millions de personnes dont l'âge médian est de 19 ans et qui vivent avec un PIB que j'ose même pas vous décrire tellement il est faible et donc qui n'ont qu'une vocation c'est de fuir de la misère dans laquelle ils sont plongés et qui vont nécessairement continuer à venir en masse et si ces gens là sont prêts à risquer leur vie pendant 5 jours dans des bateaux de fortune pour traverser l'océan pour arriver jusqu'ici ou traverser des déserts comme la Libye et ainsi de suite vous imaginez qu'il n'y a aucune disposition d'état qui permettra de les empêcher d'arriver à terme c'est à dire que si vous êtes prêt à prendre le risque de mourir de soif dans un désert c'est pas une quelconque loi française qui va vous faire peur vous êtes dans un rapport existentiel à la survie qui est bien plus puissant que ce que on peut opposer en retour en tant qu'état nous et donc cette situation là il n'y a pas de résolution de gouvernance il y a en fait 9 millions de personnes qui sont soit mineures soit à peine majeures qui sont en train de mourir de faim qui vivent dans des conditions matérielles indécentes et qui savent qu'à côté il y a des gens qui ont des ressources accumulées massives dont ils pourraient bénéficier et vous pouvez mettre en place toutes les mécaniques formelles que vous voulez pour essayer de redistribuer un peu et ainsi de suite la réalité c'est vous me parlez de cette disposition sur la taxe minimale etc en 2017 au moment où son poulain arrive au pouvoir Bernard Arnault sa fortune est de 40 milliards d'euros aujourd'hui est de 250 milliards d'euros alors je sais on ne va pas me faire un procès en mauvaise économie etc je sais que c'est une fortune virtuelle je suis au courant que c'est des actions qui n'ont pas été soldées blablabla blablabla la réalité est que justement ces sommes là sont virtuelles à ces échelles là mais par contre le rapport à l'argent est très réel pour 90% de la population où chaque euro lui va compter et chaque euro qui n'est pas dans le système économique mais justement stocké en action stocké enfin qui est justement une masse monétaire non tangibilisée c'est de l'argent qui manque pour faire tourner les rouages de l'économie non seulement en France mais évidemment a fortiori dans ces espaces là et donc ce rapport du virtuel au réel il n'est jamais interrogé dans ce sens là oui en effet c'est virtuel oui en effet c'est des actions qui sont c'est des cours de bourse très bien sauf que c'est quand même de l'argent qui théoriquement existe qui à un moment pourrait être se matérialiser et qui du coup n'est pas entre les mains d'autres personnes qui elles pour lesquelles ça pourrait changer des vies en fait fondamentalement donc Piketty c'est très bien mais enfin on voit bien que ça ne résout en rien les dynamiques structurelles qui vont vers une amplification massive des désajustements dans la distribution de la masse monétaire au-delà même de l'amplification elle-même de la masse monétaire mais bon là aussi on aurait pu faire tout parce que là c'est dit en deux minutes mais ça mériterait qu'on fasse deux heures sur cette question sur les politiques monétaires leurs effets et à quel point c'est justement à travers cet instrument qu'il peut y avoir des changements structurels fondamentaux qui pourraient toucher vous votre capacité demain à vivre sans être asservi au sein d'une grande banque ou d'une grande institution financière parce que ce sera la seule condition pour vous de pouvoir vivre au centre d'une ville de façon confortable et ainsi de suite les choix politiques qui sous-tendent ces conditions matérielles d'existence passent par les politiques monétaires qui elles-mêmes sont décidées de façon exfiltrée de tout contrôle démocratique comme on le sait aujourd'hui ce qui pose la question d'appartenance à l'Union européenne et à l'euro ce qui pose la question de la souveraineté bon mais là encore deux heures pour essayer de vous convaincre que la reprise de contrôle sur la capacité à la création monétaire est fondamentale aujourd'hui pour changer les destins de nos sociétés
merci monsieur Branco de vous être prêté au jeu nous souhaitons également remercier nos partenaires au Résis un besoin des solutions Total Énergie EDEC Alumni Planète Grandes Écoles et Weo TV pour leur confiance nous remercions également la Régie pour son aide logistique nous vous laissons si vous le désirez le mot de la fin
merci à eux merci à vous d'être venus merci encore monsieur
merci encore monsieur Branco et merci au public qui est venu assister à cette conférence nous demandons d'ailleurs à ce dernier de bien vouloir rester assis le temps que nous sortons de la salle vous pourrez retrouver cette conférence sur l'ensemble de nos réseaux sociaux qui s'affichent à l'écran n'hésitez pas à venir nous voir ou à vous abonner à ces plateformes pour pouvoir savoir quand est-ce qu'on fera notre prochaine conférence bonne soirée
merci
Juan Branco