Budget : est-il encore possible de tenir les délais ?
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Et c'est l'heure de notre reportage en région. Alors que le Sénat a publié un rapport accablant sur l'état de l'industrie automobile française, nous sommes allés à bout en cours dans la somme à la rencontre d'un sous-traitant automobile qui n'a eu d'autre choix que de diversifier sa production pour ne pas mettre la clé sous la porte et préserver ainsi ses emplois. Clément Guillauneau. 3 millions de boîtes de dérivation électrique ou encore 300 000 coques de téléphones produits chaque année. Dans cette entreprise spécialiste de l'injection plastique, les machines tournent à plein régime. Le produit sort de la machine, je les contrôle sur le tapis, je regarde s'il n'y a aucun défaut.
Point noir, virgule, un manque. Mais il y a 10 ans, c'est la sous-traitance automobile qui représentait 80% du chiffre d'affaires du site de bout en cours. Ce n'est plus que 12% aujourd'hui. Ces dernières années, la crise qui frappe de plein fouet cette industrie en France a suscité de nombreuses craintes chez les salariés. On a eu peur, on s'est posé beaucoup de questions. Et puis, comme on a eu des nouveaux marchés, ça nous a rassurés. Et là, on voit que ça a pris la place, quasiment la place de notre production automobile avant. Donc, ça nous a pas mal rassurés.
On a eu vraiment une grosse peur à un moment donné. Je viens d'une grosse usine avant d'être ici. Une usine 100% automobile. Et on a eu beaucoup de chômage. Et ça a fermé quand même des sites. Donc, j'avais double crainte parce que je connaissais déjà ça.
Si les deux autres sites de l'entreprise, implantés en Turquie et en Roumanie, produisent encore une majorité de pièces pour l'automobile, le directeur du groupe avoue ne pas avoir eu d'autre choix que de se tourner vers de nouveaux produits pour assurer l'avenir de son usine française.
Le marché automobile a baissé en termes de volume. Et il n'y a rien qui, aujourd'hui, permet d'imaginer, qui remonte sur les niveaux auxquels on était avant, en tout cas sur les productions françaises. La survie du site passait forcément par une diversification. Les marchés qu'on est allé chercher sont des marchés de relocalisation. C'est uniquement des produits qui étaient fabriqués en Chine avant et qui, aujourd'hui, sont fabriqués à bout en cours.
Aujourd'hui, en France, constructeurs, équipementiers et sous-traitants emploient 800 000 personnes. Autant de salariés menacés par la crise de l'industrie automobile. Et on poursuit le tour de nos régions. On va parler des trains muis. Bonjour, Jeanne Barséguian. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes la maire écologiste de Strasbourg. On a appris la fermeture prochaine des lignes Paris-Strasbourg-Vienne-Paris-Strasbourg-Berlin. D'abord, quelle a été votre réaction en apprenant la fermeture annoncée de ces lignes ?
La stupéfaction, parce que c'est l'inverse de ce qu'il faut faire. Et en fait, c'est surtout un renoncement du gouvernement. Alors même qu'en 2020, en grande pompe, on nous annonçait en France la relance des trains de nuit, avec notamment la relance du Paris-Nice, et avec un objectif de faire revivre 10 lignes de trains de nuit d'ici 2030. Et en fait, là, c'est un renoncement en rase campagne. C'est une aberration et c'est incompréhensible, parce que c'est le train, et notamment le train de nuit, c'est un moyen de transport écologique, populaire, et ça fonctionne.
C'est un moyen de transport qui est plébiscité, donc c'est exactement l'inverse de ce qu'il fallait faire, et c'est aussi un coût apporté à la coopération européenne. Et c'est aussi une mauvaise nouvelle pour l'accessibilité de votre ville ? Absolument, en tant que capitale européenne, Strasbourg a besoin d'une bonne accessibilité, a besoin d'être située sur les tracés des lignes de trains européennes, et je me suis personnellement beaucoup battue ces dernières années, notamment pour pouvoir obtenir que les lignes Paris-Berlin, en grande vitesse de jour et les lignes de nuit, passent par Strasbourg.
C'est indispensable quand on est une grande capitale européenne et diplomatique, siège de plusieurs institutions, c'est un enjeu démocratique pour ces institutions européennes, c'est aussi un enjeu économique, puisque les liens sont étroits entre Strasbourg et les autres grandes capitales européennes, dont Berlin et Vienne. Et donc ces lignes, elles étaient utilisées, je ne comprends pas ce choix qui est finalement un choix budgétaire, ce sont clairement des coupes budgétaires qui ont été faites, pour des montants d'économies que je ne comprends pas.
Et ce que je sais, c'est qu'en 2025, vouloir faire des économies sur le train et sur l'Europe, c'est parfaitement aller contre le sens de l'histoire.
Vous le disiez, le gouvernement faisait la promotion des trains de nuit, Jean Castex, quand il était au gouvernement, faisait la promotion des trains de nuit, il est désormais le nouveau patron de la SNCF, est-ce que vous en appelez à lui ?
– Bien sûr, j'en appelle à tous nos dirigeants nationaux et à Jean Castex, à qui j'ai eu affaire quand il était Premier ministre et qui s'engageait notamment pour la vocation européenne de Strasbourg. Donc c'est un message très clair que je lui adresse et que j'adresse à l'ensemble de nos dirigeants, parce que là, c'est la France qui fait figure de mauvais élève, au moment, encore une fois, où au contraire, on doit développer le train, qui est un moyen de transport écologique. Le train de nuit, c'est aussi un moyen de transport moins cher et donc populaire, qui peut aussi venir concurrencer l'avion low cost. Et donc, c'est le moment, au contraire, de relancer cela.
Et je vous le disais, à Strasbourg, on se bat pour le train, on se bat pour les lignes européennes, on se bat aussi pour le train du quotidien. Et ça marche. On a notamment développé ce premier réseau express métropolitain en augmentant 700 trains supplémentaires par semaine. Et les trains sont utilisés par les habitantes et les habitants pour le travail, pour le loisir, pour leurs études, pour aller avoir accès aux services publics. Donc on a besoin de développer le train plus que jamais.
Merci pour ce message. Merci, Jeanne Barséguian, d'avoir été avec nous, maire écologiste de Strasbourg. Clémentine, on va voir avec vous ce qu'elle a une de nos quotidiens régionaux. On commence avec la une de Ouest-France qui revient sur le casse du Louvre.
Oui, on vient de l'apprendre à l'instant. Quatre individus viennent d'être arrêtés par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme. C'était hier soir, sur les coups de 20 heures, dans le 16e arrondissement de Paris. Tous les quatre sont désormais en garde à vue. Et il y aurait parmi eux l'un des cambrioleurs. Et cinq, cinq interpellations.
On a appris, cinq interpellations. On continue, Clémentine, du coup, avec la revue de presse. Alors, il y a plusieurs quotidiens régionaux ce matin qui posent cette question. Est-ce qu'il faut rendre les parkings des hôpitaux gratuits ?
Oui, c'est un débat qui fait la une ce matin. Et le midi libre nous apprend que le prix moyen d'une journée de stationnement sur le parking d'un CHU coûte environ 62 euros, ce qui est un coût considérable pour des patients qui viennent régulièrement à l'hôpital. Alors, si la majorité des établissements de santé ont des parkings gratuits, eh bien, les CHU facturent parfois leur place de stationnement pour éviter, en fait, la surfréquentation.
Le trafic de cocaïne explose dans le Pays Basque, devenu un point de passage vers le nord de l'Europe.
Oui, depuis septembre, 1 500 kilos de cocaïne ont été saisis par le parquet de Bayonne, alors qu'en général, eh bien, les autorités en saisissent environ 1 700 sur une année. Sud-Ouest fait donc la lumière sur les nouvelles routes du trafic de cocaïne de l'Espagne jusqu'à l'Europe du Nord, en passant par le Pays Basque. En interview pour Le Quotidien, le directeur régional des douanes de Bayonne explique que les narcotrafiquants disposent de moyens considérables avec des caches de plus en plus sophistiquées. Ils font appel à des mécaniciens, des tauliers ou des soudeurs pour dissimuler la marchandise. Pour rappel, la production de cocaïne a été multipliée par 4 en l'espace de 10 ans.
On part en Bretagne, où le Télégramme
s'inquiète du retard de l'industrie de la défense.
Oui, armement, un défi pour la France, titre le Télégramme. Le journal fait le point sur notre industrie avec un focus sur une fonderie bretonne chargée de produire 250 000 obus dans le cadre de la guerre en Ukraine. Sauf que, eh bien, depuis cette annonce, six mois après, eh bien, la production n'a pas vraiment commencé. Un tiers seulement des investissements ont été versés par la société, société qui s'appelle Europlasma. Son patron est attendu devant le tribunal de commerce mercredi prochain pour un point d'étape. Des médecins convoqués par l'assurance maladie pour avoir prescrit trop d'arrêts maladie.
Oui, et c'est une histoire qui fait la une de l'éclair des Pyrénées ce matin dans un contexte d'économie budgétaire où les arrêts maladie seront particulièrement se cruter la semaine prochaine lors de l'examen du projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Eh bien, l'une de ces médecins se défend. « Je suis là pour soigner, pas pour faire de la politique. » Elle rappelle qu'en cas d'aggravation de l'état d'un patient, eh bien, ce sont bien eux, les médecins, qui sont tenus responsables. Toutes les deux sont attendues dans les locaux de la CPM de Bayonne le 21 novembre prochain. Allez, on termine par du foot. C'était une soirée de championnat.
Hier, ça fait l'œil de plusieurs quotidiens,
dont la Provence.
Oui, la douche froide titre la Provence ce matin. Les Olapiens ne nous paraissent pas réussir hier soir à s'imposer face à Angers. Deux partout, malgré un doublé de l'attaquant, Robinho Vaz, entré à la mi-temps. Le club marseillais est dans une mauvaise passe en ce moment puisqu'il vient d'enchaîner deux défaites face à Lisbonne puis face à Lens. Peut-être qu'ils retrouveront le chemin de la victoire samedi face au CERN.
On va se refaire, on va se refaire. Merci beaucoup. Merci Clémentine. Place tout de suite à notre débat d'éditorialiste. On va parler du budget puisque les discussions se poursuivent au Parlement, à l'Assemblée nationale, des débats qui se prolongent au rythme des 3 611 amendements déposés. La partie recette doit être mise au vote mardi prochain mais ce délai pourrait ne pas être tenu au Sénat. Certains s'inquiètent. Les explications de Nicolas Dandry. Une course contre la montre quasi perdue et lancée, près d'une semaine après le début de l'examen de la partie recette du budget 2026 en séance à l'Assemblée nationale.
Plus de 2000 amendements doivent être encore traités d'ici au mardi 4 novembre. Une mission impossible soulignée hier par le président de la commission des finances.
Le ministre vient de dire qu'on n'avait pas de problème pour dépasser les délais. On va droit vers dépasser des délais parce qu'aujourd'hui, si on suit la moyenne qui est encore celle qu'on a observée hier, c'est-à-dire 11 amendements heure,
la partie 1, je ne parle pas de la partie 2, passerait peut-être tout juste les 40 jours. C'est-à-dire qu'on arrive au 23 novembre. Même sans le vote de l'Assemblée nationale, le projet de loi de finances doit arriver au Sénat le 24 novembre prochain. Le texte du gouvernement serait soumis aux sénateurs. Des sénateurs pessimistes sur leur impact dans le budget final.
Et le Sénat détricotera ce qu'a fait l'Assemblée, mais c'est la Constitution. Et puis à la fin, c'est l'Assemblée nationale qu'un dernier mot.
Quoi qu'il en soit, on va voir arriver un budget ici au Sénat. Il y aura une CMP non conclusive. Et puis on sait très bien qu'on va nous faire le coup le coût des ordonnances. Donc tout ça, c'est du cinéma. Chacun fait ce qu'il veut à l'Assemblée, au Sénat. Et le gouvernement attend de façon Ramina Grobis
à la sortie pour régler l'affaire. Face aux inquiétudes de la Chambre haute, le gouvernement se veut rassurant.
Nous, on sera évidemment très attentifs aux propositions du Sénat et de la droite sénatoriale qui fera son travail.
En cas d'échec du vote du budget, le gouvernement pourrait être amené à faire voter une loi spéciale. L'exécutif pourrait aussi adopter le budget par ordonnance au titre de l'article 47 de la Constitution, un acte réglementaire qui n'a jamais été pris dans l'histoire de la Ve République. – Et on va en parler avec nos deux éditorialistes. Bonjour Elisabeth Martichoux. – Bonjour. – Merci d'être là et bonjour Mickaël Darmes. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous. Alors on le voit, les débats se prolongent et se compliquent, notamment pour le camp gouvernemental à l'Assemblée. Est-ce que vous pensez, Elisabeth, que ce budget pourra aller déjà au bout dans les temps impartis ?
– Alors donc, on rappelle que la date du 4 novembre pour le vote solennel de la partie recette est maintenant extrêmement gagée, comme on dit, c'est peu probable. Donc ce sera après le PLFSS. Là, on sait qu'on parle à des spécialistes ici, c'est au public Sénat. Donc ce sera au tour du 12 novembre. Écoutez, il y a beaucoup d'amendements. Il faudrait qu'effectivement les groupes, alors par exemple quelqu'un comme Éric Coquerel à l'Assemblée, le président de la Commission des finances, d'ailleurs appelle lui à ce qu'on enlève des amendements parce qu'il lui semble très précieux qu'effectivement ce soit dans les temps pour éviter qu'il y ait une adoption du budget par ordonnance.
Donc ça va dépendre des amendements. C'est encore possible, de la même façon que je pense que, éventuellement, il peut encore être adopté par l'abstention d'un certain nombre de groupes. Bon, on verra. Ça se complique. Disons que ça se complique, mais ça on le savait un petit peu au départ que ce serait un miracle presque que ce budget arrive jusqu'à son terme.
Et d'autant que, est-ce que politiquement, il y a des intérêts un peu divergents ? La gauche et le RN qui ont intérêt à ce que ça arrive au bout pour que ce qui a été voté soit retenu, et puis le camp gouvernemental et les LR qui eux ont plutôt intérêt à ce que la main passe au Sénat.
– Oui, et puis, en fait, si on doit résumer un peu l'ambiance générale, même de ce que l'on lit dans la presse et ce que l'on sent, et pour prolonger ce que vient de dire Elisabeth, on a le sentiment que le mur se rapproche quand même. Et que, oui, ça va être très compliqué d'aller au bout.
Vous l'avez dit, le fait qu'il n'y ait pas de 49-3, que l'on discute maintenant jusqu'au bout de la nuit et que l'on puisse, au fond, voir des amendements tomber comme ça en embuscade, comme celui qui a eu la surtaxe sur les multinationales, qui, en même temps, est extrêmement symbolique parce qu'en réalité, les conventions fiscales avec la France font que les grandes multinationales du monde ne seront pas touchées par cet effet. Mais politiquement, comme vous le dites, effectivement, il a un effet. On a vu le RN voter, on a vu les socialistes voter. Donc, ce sont autant de signaux qui font que ça va devenir très, très compliqué de faire passer ce budget.
Il y a un pessimisme ambiant sur la capacité à ce que ce budget puisse aller au bout. Mais après, on n'est pas à l'abri d'un miracle, d'un bricolage, d'une énième nuit de discussion et qui va s'aboutir. Mais il ne faudra pas... Enfin, on le dit toujours très régulièrement ici. C'est vrai qu'il faut rester lucide. Ce n'est pas parce que ce budget passera que les problèmes de la France seront réglés. Bien au contraire.
Non, mais on en est là. Bien au contraire. Nous, on vit à la petite semaine.
Mais on est dans cette logique, effectivement, de but par but. Et on est réduit à ça. Ce qui, effectivement, a très considérablement et la vision, et le discours, et l'influence, voire parfois l'arrogance que l'on peut mettre lorsqu'on dit qu'on part depuis la France.
– Et on assiste dans ces débats à des alliances de circonstances, notamment entre la gauche et le Rassemblement national, Elisabeth.
– Alors, il y a eu cet amendement sur la multinationale qui a été, effectivement, proposé par LFI et voté par l'URN. Un peu surprenant, quand même. Alors, il a été justifié, évidemment, vous savez, avec la foi déconvertie par Marine Le Pen hier en conférence de presse. Mais oui, mais c'est bien sûr... C'était un peu étonnant parce que ça intervenait quelques jours après sa conférence de presse où elle présentait un contre-budget, toujours avec l'intention de séduire quand même une partie du monde économique, montrer le sérieux budgétaire. D'ailleurs, elle avait amendé quelques irritants, comme on dit maintenant, par rapport... Enfin, à l'égard des milieux d'affaires.
Par exemple, ça m'avait frappée en ce qui concerne l'argent qu'elle espère récupérer de l'Union européenne. Dans ce contre-budget, il était indiqué qu'on tenait compte du fait que le Conseil constitutionnel allait sans doute bloquer cette disposition et que donc ça prendrait plusieurs années. Ce que je veux dire par là, c'est que le Rassemblement national faisait à nouveau la stratégie de la cravate, de l'honorabilité. Et puis, sur les multinationales, évidemment, ça fait peur à toute une partie du monde économique. Et là, je pense qu'il y a eu une espèce de petit pas de côté qui a été fait dans l'hémicycle à l'initiative de Jean-Philippe Tanguy.
Sachant que personne n'est dupe, ça ne passera pas. Puisque les conventions internationales de gré à gré entre les pays s'opposent à cette disposition, à cette taxe. Donc, un coup pour rien, il y aura une deuxième lecture de ce texte. Donc, le groupe, le bloc central, espère que ce sera effacé à la fin. Mais c'est, en fait, c'est un coup de théâtre permanent, ce que permet l'absence de 49.3, avec effectivement ce type de... C'est pour ça qu'on parle de budget Frankenstein. C'est qu'un coup, ça va par là, un coup, ça va par là, avec des alliances qui sont parfois contre nature ou inattendues.
Et qui permettent effectivement de fabriquer de la position politique qui, parfois, n'a rien à voir avec le sujet. Je crois qu'une des grilles, une des grilles d'explication du comportement de Marine Le Pen, en ce moment, s'appelle Jordan Bardella, qui sort son livre, qui est, une fois de plus, porté par une partie de la presse comme étant celui, en particulier la presse du groupe Bolloré, qui serait celui qui serait le candidat dont on parle encore plus avec son livre, et qui est présenté comme étant, on va dire, pro-business, plutôt avec un discours plus libéral.
Et Marine Le Pen doit absolument, effectivement, prouver, d'abord un intérêt, parce que ce n'est pas gagné en ce qui la concerne pour la chose économique, et ensuite une compétence dans ce qu'elle dit et marquer le terrain et faire aussi l'agenda autour d'elle. Parce qu'il y a le sujet Bardella qui, de plus en plus, va poser un problème. On verra après comment la justice tranchera. Mais elle est positionnée.
C'est qu'en fait, on n'est pas que... Oui, juste, Marine Le Pen, quand même, elle doute de pouvoir être candidate.
Oui, mais pour l'instant, elle ne va pas aller sur la place publique en disant, vous savez, je doute d'être candidate. Elle fait tout comme, mais nous sommes d'accord sur la réalité. Mais il y a la répartition
des tâches à l'aune du fait que Marine Le Pen, elle pense, en tout cas, il y a une probabilité forte pour qu'elle ne soit jamais
candidate. Mais elle veut montrer qu'elle n'a pas perdu.
Il faut que le wagon, la locomotive, mais le wagon Bardella soit bien sur les rangs.
Mais tout en rappelant qui va être le moteur principal. Parce qu'au fond, le message qui se met en place, c'est peut-être qu'il y aura un candidat Bardella, mais c'est parce qu'il y aura Marine Le Pen à côté qui pourra avancer. C'est ça le message.
Non, mais ce que j'ai demandé, c'est qu'en fait, il n'y a pas que des discussions sur le fond autour du budget, il y a aussi des intérêts à l'intérieur des partis.
De toute façon, par exemple, du point de vue du Parti Socialiste, c'est énorme. Pardon, mais Parti Socialiste, il a un peu mis les doigts dans la prise à partir du moment où il a accepté, enfin, il a fait passer la suspension de la réforme des retraites, il a eu le 49-3, il n'a pas voté la censure. La question qui se pose, je pense, qui est assez fondamentale pour voir ce qui va se passer dans les semaines qui viennent, c'est est-ce que le Parti Socialiste peut reculer ?
Maintenant qu'il a fait cet effort-là, quel est son intérêt, puisque vous parlez d'intérêt politique, quel est l'intérêt du Parti Socialiste de rester sur cette voie engagée, c'est-à-dire rupture avec les filles, et conclusion d'un pacte provisoire sur le budget avec le bloc central, il ne s'agit pas de voter pour le budget, il s'agit de s'abstenir et de ne pas censurer, ou est-ce qu'il peut faire marche arrière et donc retrouver le gérant de LFI et donc la censure, etc. C'est ça la question qui est posée.
Si on part du principe que le Parti Socialiste ne peut pas faire marche arrière, il va y avoir un atterrissage à peu près sur tous les sujets, en particulier celles de la taxation et de la taxe Zuckmann. Donc c'est ça qui se joue en fait, à mon avis, en coulisses aujourd'hui, sachant qu'Olivier Faure a une bonne relation avec le Premier ministre.
Mais avec aussi un autre enjeu, et c'est aussi pour cela que ces messages partent pour consolider l'aile gauche, on va dire, du camp de la gauche, ce sont les municipales. Et chaque parole, aujourd'hui, est aussi pensée de la part des dirigeants politiques, des États-majors, et pensée en fonction de cette élection qui est supposée ne pas être politique, mais en France, on sait parfaitement qu'elle est politique, et qui envoie des messages pour ensuite consolider les situations sur le terrain. Il est vrai qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste se tâte tous les matins, reconnaît sa chance, se dit, mais qu'est-ce qui nous arrive ? À 69 députés, on fait le match.
Donc, il faudra voir, effectivement, jusqu'où ils seront capables de pouvoir le faire.
Et du coup, Marine Le Pen, qui était hier devant la presse parlementaire, ironise sur les relations entre le Parti Socialiste et le gouvernement. On l'écoute.
Alors, il a fait plus que tendre la main. Il a ouvert son cœur au Parti Socialiste. Enfin, c'est une véritable histoire d'amour à laquelle nous assistons.
Voilà, il, c'est Sébastien Lecourdi.
Oui, alors, moi, je pense qu'il n'y a pas de deal au sens où elle l'entend. Voilà. Mais, il y a peut-être un intérêt, encore une fois, objectif, à ce qu'à la fin, en effet, ils s'entendent. Mais le match n'est pas joué et ce qui sera très important, c'est qu'ils ont quand même besoin de voix écologistes pour que ça passe à la fin. Et ça, c'est un sujet pour le Parti Socialiste. Il faut qu'ils emmènent, peut-être pas tout le groupe, mais une partie des votes écologistes pour qu'à la fin, il y ait le compte, que le compte soit bon. Donc, vous voyez, il faut être très prudent. Il faut être très prudent. Un, est-ce qu'ils vont faire marche arrière ?
Deux, est-ce qu'ils peuvent emporter des socialistes ? Et tout ça est en train de se négocier jour après jour. Non, il n'y a pas de deal. Oui, il y a des discussions en ce moment-là dont on ne sait pas si elles vont atterrir, mais elles ont lieu. Ça, c'est vrai.
Et du coup, Marine Le Pen, dans une stratégie politique, elle met le Parti Socialiste dans le panier des macronistes.
Oui, elle a beau jeu de le faire parce qu'il faut d'abord qu'elle récupère une partie électorale populaire qui, en tout cas, continue à le fixer, surtout s'il y a des élections ou des échéances législatives dans une éventuelle dissolution. On ne sait pas, mais en tout cas, on voit bien que le comportement, il est là. Il est de dire, on continue à fixer un électorat qui, en tout cas, dans les sondages, nous maintient et nous met en tête d'éventuelles législatives. Donc, de ce point de vue-là, il faut continuer à montrer et à discréditer de façon à pouvoir dire qu'il n'y a que nous qui sommes capables de pouvoir être dans une véritable alternative et alternance et projet d'alternance.
Donc, tout cela, en réalité, le 49-3 a ouvert les vannes de la politique et des comportements politiques, en tout cas, la suppression du 49-3 a ouvert les vannes de la politique et donc, ce budget, il est une plaque sensible pour, on l'a dit, beaucoup de positionnements qui ont des vues ultérieures.
Oui, ce sont des positionnements quand même qui oublient un peu l'intérêt général. Les partis, c'est ça qui est frappant, les partis oublient complètement que ce qu'il faut, c'est un budget. En 2026, en ce qui concerne l'intérêt général, ils ont été à bonne école. Voilà, avec une ligne qui avait été définie il y a quelques mois, c'est que la France n'est pas en quasi-faillite mais elle est ultra, ultra, ultra déficitaire. On a l'impression que ça n'existe plus quand même. On en parle nous-mêmes, on l'analyse. Les socialistes font ça pour ça, les matronistes font ça pour ça. On est quand même, pardon, où est l'intérêt général ?
On oublie, on oublie le but même de ce qui se passe 149.3, c'est d'avoir un budget qui remette la France sur des rails de comptes publics qui soient assainis. Moi, je trouve que ça
de toute façon,
on vit une période hallucinante.
Je dirais que l'exemple vient d'en haut, que présenter une démarche de chaos comme étant un gage de stabilité, il faudra quand même qu'on nous explique longtemps pour qu'on puisse être convaincu. Et de ce point de vue-là, oui, si on donne la vérité des prix, dans tous les couloirs du pouvoir et des pouvoirs en France, tout le monde dit c'est terminé, on attend la fin, on attend la fin de ce quinquennat pour voir comment tout va être mis éventuellement sur la table à l'occasion du débat présidentiel. Il faut dire les choses comme elles sont. Pour le reste, ce n'est que cabotage et bricolage.
Et les partis pourraient considérer justement que les grands choix seront tranchés au moment de la présidentielle. Ça pourrait être, voilà, on s'entend sur un minimum minimum on fait un budget de 26 et on sait que dans quelques mois la campagne commence et à partir de là on pourrait quand même avoir quelque chose qui ressemble à un budget. Eh bien non. Pas pour le moment.
On pourrait se réunir sans avoir la convocation éliséenne et il y a beaucoup de salles à Paris ou en France où ils pourraient tous se réunir et faire une belle convention et dire ce que vous faites, enfin faire ce que vous dites pardon et montrer une capacité à dépasser. Mais c'est très très compliqué parce que on est dans une logique de cinquième république et
Et d'autant qu'on est dans le dur des débats. On a parlé de la taxe sur les multinationales. Il y a la taxe Zuckman qui va arriver. On va écouter ce qu'en dit le député François Ruffin.
Pour moi, c'est un amendement coup de pied au derrière. Qu'est-ce qui se passe ? On a des multinationales qui font disparaître leurs bénéfices comme des magiciens de France et les font réapparaître en Irlande, en Luxembourg, en Suisse et du coup elles échappent à l'impôt sur le revenu et de manière massive. C'est 40% de leurs bénéfices qui disparaissent comme ça. C'est une multiplication par 30 en 20 ans de ce dispositif.
En revanche, ce que je vois, c'est une passivité et donc une complicité en fait depuis des années de Bercy, des ministres de l'économie, de l'Elysée qui se refusent à mener le combat pour qu'il y ait simplement un peu de justice, que les impôts sur les sociétés soient payés par le multinational à l'égal du boulanger du coin.
Voilà, amendement coup de pied, c'était ce matin sur TF1, amendement coup de pied au derrière dit François Ruffin. On sent à gauche une volonté de pousser le curseur sur la justice fiscale, ce qui fait dire à Roland Lescure, le ministre de l'économie, qu'on n'est plus dans la justice fiscale, on est dans la surenchère fiscale.
Oui, alors ce serait intéressant de savoir ce que c'est que la justice fiscale. Parce que si on... Justice fiscale... Bref, on a connu des dictatures qui faisaient vraiment de la justice fiscale. Non, parenthèse fermée, la taxe Zuckman arrive. Demain, ce sera l'arbitre des élégances. On verra effectivement... Puisqu'on a vu que le Bloc central se rebiffait par rapport à une taxe même light, ils ne veulent pas qu'on touche... Le Bloc central ne veut pas qu'on touche aux biens professionnels. Ce qui importe le Parti socialiste, c'est le rendement. Il l'a dit, il nous faut 15 milliards de recettes pour éviter des dépenses qui pénaliseraient les Français et ce sera la discussion qui va venir.
Donc, est-ce que les partis socialistes vont acheter les dépenses et s'asseoir sur le symbole de la taxe Zuckman ? C'est un peu ça qui va se jouer, encore une fois, dans les discussions très, très étroites entre le gouvernement et le Parti socialiste.
Oui. Qui joue gros, d'ailleurs, le Parti socialiste sur cette taxe Zuckman ?
Oui. Qui joue gros parce que c'est là où il va montrer s'il est en capacité de pouvoir faire atterrir, comme on dit tout à l'heure, où il est obligé d'aller à la rupture parce qu'il y a une ligne rouge qui a été fixée. Une fois de plus, quand on considère, je dirais, froidement ce que cela représente, ça concerne 1 800 personnes en France. Certes, des très grosses fortunes, mais ça concerne 1 800 personnes. C'est à peu près l'équivalent, au fond, de cette fameuse, souvenez-vous, taxe à 75% qui avait fait, qui avait animé, qui avait joué le rôle d'agent d'ambiance économique et idéologique de la campagne de François Hollande pour être abandonné à peu près dès son arrivée à l'Élysée.
Donc là, il y a un effet symbolique et quelque part, peut-être, les socialistes se sont-ils piégés eux-mêmes avec cette marque symbolique, ce marqueur idéologique qui, en réalité, ne peut pas être le baromètre de la détestation des riches en France.
Et derrière, il y a les républicains, avec un Bruno Retailleau qui, il y a quelques jours, disait le budget invotable et qui, hier, dit qu'il est de plus en plus invotable. Qu'est-ce qui va se passer quand le budget va arriver au Sénat ? Il risque d'être détricoté et de mettre à mal toute la stratégie entre Sébastien Lecornu et le Parti socialiste ?
Oui, le Sénat attend avec gourmandise de pouvoir remettre de son point de vue le train sur les rails, effectivement, et après, ça va se conclure en CMP, sans doute, commission mixte paritaire, avec, on verra, quelle majorité, au sein de la CMP.
Il va être coincé un peu, Sébastien Lecornu, entre les gages qu'il veut donner au Parti socialiste et les républicains qui, eux, ne veulent pas forcément faire de compromis ?
Écoutez, on verra, à la fin, on verra qui vote le budget. Est-ce que les LR peuvent voter contre le budget ? Avec six ministres, certes suspendus, mais toujours quand même au sein du gouvernement. On entend beaucoup parler de l'union des droites, mais on sait bien que l'union des droites, elle pénalise surtout LR, sauf à s'accoquiner avec les hémoristes, mais auquel cas, ce ne sera pas bon, je pense, du point de vue de leur électorat. Donc, à la fin, qu'est-ce que LR voudra ? Est-ce qu'ils voudront voter contre ou est-ce qu'ils s'abstiendront sur le budget ?
Donc, c'est ça aussi qui va peser dans l'équipe, mais le Sénat, lui, il l'a dit, la suspension de la réforme des retraites, il n'en est pas question, la folie fiscale, il n'en est pas question. Oui, la Chambre haute va faire valoir, évidemment, ses convictions, elle travaille suffisamment pour ça toute l'année. Après, c'est la CMP qui tranchera.
– Et est-ce qu'ils peuvent aller jusqu'à provoquer une censure ? Est-ce que c'est dans l'intérêt des Républicains ?
– Pour être dans le paralysme des formes, ce qu'on a évoqué avec Marine Le Pen et Bardella existe aussi avec Laurent Wauquiez et Bruno Rotaillot. Et donc, là aussi, il y a de la politique. Voilà. Et Bruno Rotaillot vient dire que le budget est de plus en plus invotable après que Laurent Wauquiez soit passé dans les médias pour pointer, voilà, expliquer qu'il n'y a pas de chef, pas de candidat naturel chez LR quand on lui pose la question de savoir qui est le patron de LR. Donc, l'ambiance n'est pas terrible non plus dans ces couloirs et il y a aussi la volonté de répondre tout simplement. Voilà.
Donc, là aussi, on ne sait pas, on ne peut pas savoir encore effectivement quelle sera la véritable attitude face à cette politique publique qui est donnée quand même à la France parce qu'il y a beaucoup trop encore de paramètres internes et derrière pensée qui viennent brouiller le positionnement.
– Mais voter, quand Bruno Rotaillot dit de moins en moins votable, ça ne veut pas dire voter contre, ça veut dire ne pas voter pour.
– Ça ne veut pas dire
une posture qui laisse une porte ouverte. – Pareil, une petite linge de Manap. – Non mais Bruno Rotaillot qui va revenir au Sénat, voilà, maintenant, il est obligé de ramer, si je puis dire, pour se repositionner sur l'échiquier alors qu'il a été très déséquilibré par sa décision impulsive de quitter le gouvernement et de faire exploser le socle commun. Donc, voilà, il essaye de retrouver une position centrale d'acteurs avec ses convictions très fortes sur on ne peut pas le voter de moins en moins et donc du coup, M. Rotaillot, est-ce que vous voterez contre ? On verra à la fin.
– Il doit rentrer dans le costume du sénateur.
– Il doit re-rentrer ?
– Oui,
mais c'est un enjeu parce que quand il a été là où il a été, effectivement, c'est un enjeu de revenir là avec les pères et de continuer à faire entendre une voix singulière alors qu'en réalité on revient dans un collectif.
– Et dans ces conditions, est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir sa mission de doter la France d'un budget d'ici le 31 décembre ?
– En tout cas, lui, il doit l'espérer. Ce que l'on ressent, ce qu'on a échangé encore ce matin, c'est à quel point on peut ressentir un scepticisme à cet égard.
– Oui, personne n'y croit. Bon, Sébastien Lecornu…
– C'est son métier
Sébastien Lecornu, il tentera jusqu'au bout avec plus d'habileté que ses prédécesseurs avec cette espèce d'attitude très humble, besogneuse. Il va encore redescendre dans l'arène pour assister au budget, à la discussion budgétaire. Bon, il y a une petite probabilité, elle est faible, mais elle existe.
– Et on suivra évidemment ces discussions budgétaires. Alors, on va terminer par l'histoire du jour. L'histoire du jour, c'est l'histoire d'objet qui illustre une fracture générationnelle. D'abord, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, c'est ce téléphone. Regardez, à la une de la montagne, nous, ça nous rappelle des souvenirs. Il fallait tourner son doigt, vous souhaiter pour composer le numéro de téléphone ? Eh bien, c'est la fin. C'est la fin de l'âge de cuivre. En Auvergne, notamment, la bascule a commencé, tout le territoire aura basculé à la fibre d'ici 2030. Le réseau cuivre s'investige des 30 glorieuses.
Il a été déployé massivement dans les années 70, c'était des dizaines de millions de kilomètres, 18 millions de poteaux. C'était un autre temps. Et puis, à l'inverse, c'est la une du journal du centre. Regardez, c'est ces objets que les plus de 20 ans ont du mal à comprendre. Les objets connectés, ceux qui vous permettent de savoir que vous n'avez plus de lait dans votre frigo sans même avoir besoin d'ouvrir la porte. Des produits qui deviennent la norme. Et aujourd'hui, dénicher un simple poste de radio est compliqué, dit une commerçante. Mais les seniors, ils s'y mettent de plus en plus à ces produits connectés.
C'est le cas avec les téléviseurs, les montres connectés, notamment pour suivre l'état de santé. Alors attention, le ministère de l'économie alerte sur deux dangers principaux. L'utilisation commerciale des données personnelles, les atteintes à la vie privée. Comme quoi, le bon vieux téléphone incadrant, ça avait quand même un peu du bon. Passionnant. Merci. Merci.
Le téléphone pleure, mais ça aussi, il faut aussi avoir un souvenir.
J'ai bien fait gérer avec le lait, là. C'est intéressant.
C'est pas mal. Merci à tous les deux. Merci beaucoup. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée.
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Éric Coquerel