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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 27 avril 2026 25 min

Adel Ziane : « Trump est à la fois victime et accélérateur de violences »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:12
Adel Ziane

Bonjour Adèle Zianne. Bonjour. Vous êtes sénateur socialiste de la Seine-Saint-Denis. Actualité très chargée, comme vous avez pu le voir. Actualité traitée avec nos partenaires de la presse régionale. Regardez ce qu'il fait la une ce matin. C'est juste derrière moi. Voilà, vous voyez, il y a trois unes. Le progrès surpopulation, les prisons au bord de l'explosion, midi libre, boum, des prix du carburant, des solutions font le plein. Et puis, Ouest France, ciblage des ados, comment contrer les réseaux sociaux ? Quelle une, quelle actu vous inspire ce matin ?

0:40
Invité

Moi, l'actu qui m'inspire, c'est Ouest France. C'est la une de Ouest France avec le ciblage des ados, comment contrer les réseaux sociaux ? C'est un sujet sur lequel nous avons travaillé récemment avec les parlementaires, les sénateurs et sénatrices ici, avec une proposition de loi. Ça a été un débat aussi, le président de la République l'a évoqué. Comment justement faire en sorte que nos adolescents, qui sont extrêmement sensibles aux influences des réseaux sociaux, soient le mieux protégés possible ?

1:05
Adel Ziane

Et ça peut mener parfois à la violence en politique. Ça me fait la transition avec ce qui s'est passé, évidemment, aux États-Unis, avec cette nouvelle tentative d'assassinat présumée contre Donald Trump. La troisième en trois ans, ça provoque beaucoup de réactions. Vous avez vu Emmanuel Macron qui écrit sur X la chose suivante. L'attaque armée visant le président des États-Unis est inacceptable. La violence n'a jamais sa place en démocratie. J'adresse à Donald Trump tout mon soutien. Vous aussi, ce matin, vous apportez votre soutien au président américain.

1:35
Invité

Quand on vit en Occident, en Europe, en France ou aux États-Unis, quand on est un démocrate, quand on est un fervent républicain, un défenseur de la liberté d'expression, évidemment qu'on apporte son soutien au président Donald Trump quant à la tentative d'assassinat dont il a été la cible. Parce qu'en politique, en démocratie, la violence est toujours, toujours, qu'elle soit verbale ou physique particulièrement, elle est toujours inacceptable. Mais aujourd'hui, quand on voit la situation aux États-Unis, on se rend compte que c'est un pays qui est dans une situation extrêmement violente.

Je regardais un très beau documentaire hier sur le service public, justement sur la situation aux États-Unis. Je lisais que soit 58% des adolescents aux États-Unis, des jeunes, s'attendaient à une guerre civile dans les prochaines années. Mais il se passe quelque chose aux États-Unis.

2:17
Adel Ziane

Mais c'est qu'aux États-Unis ou ça dit quelque chose aussi des démocraties en général ? Est-ce que ça nous guette aussi en France ?

2:21
Invité

Moi, je pense que ça nous guette progressivement en France, si on n'y porte pas garde sur la liberté d'expression, sur la liberté, justement, de pouvoir s'exprimer de manière sécurisée dans l'espace public. Mais on voit bien qu'aux États-Unis, ils montaient en puissance de cette violence avec un président américain, Donald Trump, qui est à la fois une victime dans cette séquence, mais qui était aussi une espèce d'accélérateur de particules. Quant à cette violence, qu'elle soit politique, on a pu voir ça avec l'assaut du Congrès, après sa défaite aux élections présidentielles. On voit bien aussi qu'un nombre important de personnalités politiques ont été victimes, cibles de tentatives.

On a eu Charlie Kirk qui a été tué, une députée américaine qui a été assassinée. Deux démocrates. Deux démocrates, assassinées aussi avec son époux. Donc on voit bien qu'aux États-Unis, ce qui se passe souvent aux États-Unis, a une influence bien évidemment.

3:06
Adel Ziane

Mais vous dites, d'une certaine manière, Donald Trump, il attise la violence verbale, et donc ça provoque ce genre de violence physique,

3:13
Invité

c'est ce que vous dites ? Moi, je pense très clairement qu'aujourd'hui, on a un président américain qui n'est plus forcément dans une logique d'utilisation des outils démocratiques. Et il le revendique aussi en expliquant qu'ils sont dans une phase de transition. Lorsqu'ils plaisantent régulièrement en disant que potentiellement, ils pourraient se représenter lors des prochaines élections présidentielles, ils jouent avec la démocratie. Et je ne parle même pas de l'international, ce qui s'est passé au Venezuela, ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient, dans le Golfe.

C'est sa méthodologie aussi, d'avoir cette brutalisation et cette violence physique qui aboutit à la situation qu'on connaît aujourd'hui au Proche-Orient.

3:44
Adel Ziane

On va reparler de la violence, notamment avec votre texte qui a été voté au Sénat, mais juste avant, quelques mots de l'actualité parlementaire du jour. En France, ces députés qui doivent voter en faveur ou non de la publication du rapport à l'oncle. Vous avez ce rapport sur l'audiovisuel public. Est-ce que vous êtes pour la publication de ce rapport dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines ?

4:04
Invité

Alors, là, il s'agit d'une commission d'enquête. C'est un travail parlementaire de fond, très important. Quel était l'objectif de Charles à l'oncle ? Moi, avec le recul, quand on voit les 67 auditions qui sont plus apparentées à des espèces de moments de show, c'était de se faire connaître. Bon, il a réussi son coup, c'est formidable. Aujourd'hui, on parle beaucoup de lui. Par contre, un travail parlementaire, une commission d'enquête, j'ai eu l'occasion de participer à des commissions d'enquête ici au Sénat, c'est quelque chose de sérieux. C'est quelque chose qui doit se faire sur le fond.

sur des aspects de forme, parce qu'à la fin, ça aboutit à des mesures, à des recommandations qui ont un impact important, et là, en l'espèce, sur l'audiovisuel public, son avenir. Bien sûr qu'on peut discuter, disserter de l'avenir de l'audiovisuel public. C'est de l'argent public, c'est important de savoir ce qu'on en fait. Par contre, ce qu'on a pu voir dans les auditions, c'est que tout était à charge, tout était orienté vers un audiovisuel public qui devait être parfois privatisé, parfois fusionné des chaînes, etc. On n'a pas vu les conclusions. Pour répondre très précisément à votre question... Oui, vous n'avez pas répondu pour l'instant. Oui, mais c'est pour ça que je vous le dis.

Moi, ce qui m'inquiète dans la publication de ce rapport, est-ce que ce travail était sérieux ? Les fuites qu'on a pu avoir dans la presse, tout récemment, c'est qu'il y a des propositions qui seraient farfelues, des propositions avec des éléments erronés dans les auditions.

5:12
Adel Ziane

On va revenir sur ce qui a fuité les propositions, mais très clairement, oui ou non, faut-il publier ce rapport ? Moi, je le publierai.

5:18
Invité

Vous publieriez ce rapport ? D'abord, il y a deux choses. Il y a un vote sur les recommandations, il y a un vote sur la publication. Si ce travail, et c'est les députés qui vont en décider, si le travail tel qu'il est présenté, s'il y a des erreurs factuelles, s'il est mal écrit, je ne pense pas que ça rendrait honneur à l'Assemblée nationale de le publier. Mais moi, en mon fort intérieur, et si j'avais à le lire, je le publierais pour pouvoir justement mieux critiquer les propositions qui sont faites.

5:40
Adel Ziane

Est-ce que le travail aurait été plus sérieux au Sénat, s'il avait été fait au Sénat ?

5:44
Invité

Je pense qu'au Sénat, on aurait eu d'abord un peu plus de temps, on aurait été peut-être moins dans l'espèce de show médiatique qui aurait été organisé par le député Alonc, qui a réussi à se faire connaître à travers cette commission d'enquête. Par contre, on peut avoir parfois, même assez souvent, des divergents d'appréciation sur les recommandations qui vont être faites entre la droite et la gauche sur un rapport. Eh bien, c'est ça aussi le travail parlementaire, c'est ça aussi le travail démocratique. Par contre, il faut que le fond soit extrêmement solide pour qu'on puisse en débattre sereinement et intelligemment.

6:14
Adel Ziane

Il y en a 80, il y en a quelques-unes qui ont fuité, notamment la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par le pouvoir politique, notamment par l'Elysée. C'est un retour à l'avant-Sarkozy. Qu'est-ce que vous en pensez ?

6:24
Invité

Moi, je pense que ça serait justement une catastrophe, parce que l'objectif aujourd'hui, c'était de sortir. Alors, on a vu un retour à l'ORTF, une prise en main. On voit un exemple très concret. On parlait des États-Unis, on parlait de dérives, de régimes illibéraux, voire totalitaires. En Italie, la RAI, Giorgia Meloni, a repris la main, en tout cas sur la manière de fonctionner de l'audiovisuel public. Ce qui est important aujourd'hui dans l'audiovisuel public par rapport au privé, c'est de sortir des problématiques liées au financement.

Aujourd'hui, on a un audiovisuel public qui est capable de proposer des contenus pluralistes, et ça, c'est un point extrêmement important, de répondre aux enjeux posés par l'ARCOM en termes de chartes de diffusion sur un canal hertzien. Et ça, ce sont des éléments qui sont extrêmement importants. Que peut porter l'audiovisuel public ? Là, en l'espèce, avoir un président de l'audiovisuel public qui soit nommé par le pouvoir politique, moi, je trouve que c'est une suivi d'arrivée extrêmement dangereuse.

7:13
Adel Ziane

Alors, on va passer à un sujet qui vous concerne, qui vous intéresse beaucoup, les libertés académiques. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé un plan pour renforcer l'attractivité des universités. Philippe Baptiste demande au président de ces universités de faire payer plus les étudiants étrangers pour leurs études. Est-ce que c'est comme ça qu'on renforce l'attractivité, la compétitivité ? Je ne sais pas si le terme est bien choisi, mais en tout cas, l'attractivité des universités.

7:36
Invité

Et il se trouve que, justement, on a une commission d'enquête en cours actuellement au Sénat sur l'attractivité de l'excellence académique dans nos universités. Et un des sujets qui émergent, porté par nos collègues de droite, c'est l'augmentation des frais de scolarité pour pouvoir, justement, venir abonder le budget des universités. Nous, nous sommes singulièrement contre, parce que, justement, l'université est un lieu qui doit permettre d'accueillir l'ensemble des étudiants qui veulent, justement, être en capacité de poursuivre leurs études.

Et je lisais une interview hier de Cynthia Fleury qui parlait, justement, qui disait que dans une démocratie, ce n'est pas le politique, la philosophe. Cynthia Fleury qui disait que dans une démocratie, la vérité, elle n'appartient pas au pouvoir, mais au savoir. Et donc, on est tout à fait dans le sujet de la liberté académique.

8:14
Adel Ziane

Donc, vous dites au président d'université qui refuse de faire payer plus cher les étudiants étrangers, continuer malgré les recommandations du gouvernement. Mais alors, justement, les étudiants étrangers,

8:23
Invité

aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit en France, dans notre pays ? C'est que nous sommes derrière, aujourd'hui, l'Allemagne et le Japon en termes d'attractivité et d'accueur des étudiants étrangers. Pourquoi ? Parce que nous sommes moins compétitifs, peut-être moins intéressants. Mais ce qui est important, ce qui nous permet d'accueillir des étudiants étrangers encore aujourd'hui, ce sont ces frais de scolarité. Mais les étudiants étrangers, quand ils viennent en France, ils sont formés par le système français, ils sont formés par les académiques français, et ensuite, ils repartent dans le pays. Et c'est du soft power à la française qu'on doit pouvoir porter et générer.

On va voir, justement, cette augmentation des frais qui touche particulièrement demain les étudiants africains, parce qu'il y a ce sujet-là aujourd'hui. Est-ce qu'on souhaite attirer des étudiants du monde entier ou est-ce qu'on souhaite, justement, faire un choix dans les origines des étudiants ?

9:02
Adel Ziane

Alors, vous avez récemment défendu une proposition de loi sur l'enseignement supérieur qui sera prochainement examinée à l'Assemblée nationale. Vous demandez une meilleure protection de la liberté d'enseignement. En quoi cette liberté est-elle menacée aujourd'hui en France ? Expliquez-nous.

9:16
Invité

Alors, justement, j'ai eu le plaisir de porter et de faire adopter, faire voter une loi en février dernier sur comment préserver et mieux garantir la liberté académique dans une université. Sans être trop technique, évidemment, c'est le débat qu'on a pu voir aux États-Unis qui a émergé, l'arrivée de Donald Trump, qui tout de suite, et ça, c'est vraiment quelque chose d'assez caricatural lorsqu'un pouvoir totalitaire arrive à prendre les manettes, il s'attaque d'abord aux médias, il s'attaque à la culture, il s'attaque ensuite aux universités. On touche d'abord à la jeunesse, on touche ensuite à la liberté de création, ensuite on touche à la liberté d'expression.

– Vous êtes en train de dire que Trump, c'est un pouvoir totalitaire ? – Pour moi, franchement, aujourd'hui, lorsqu'on voit sa manière, justement, et je ne suis pas le seul à le dire, heureusement, mais on voit bien que sa manière de gouverner, sa volonté d'ébranler les institutions démocratiques, sa manière d'aller contre aux États-Unis, par exemple, sur des interventions qui sont faites à l'étranger, elles se font sans l'aval du Congrès, sans débat démocratique.

10:12
Adel Ziane

– Totalitaire, le mot est très fort, on parle de la plus grande démocratie du monde. – Vous utilisez le terme totalitaire pour désigner le régime, le pouvoir de Donald Trump.

10:20
Invité

– On peut l'utiliser illibéral, on peut dire que c'est un pouvoir néo-conservateur, etc. Aujourd'hui, quand on analyse précisément la manière dont le gouvernement, le président américain gouverne aujourd'hui, il y a une forme de totalitarisme, oui, qui est en train, dans son attaque contre les médias, dans cette ère de post-vérité, de réécrire justement l'histoire, d'être en capacité, oui, il y a une forme de totalitarisme qui est en train de se mettre en place. – Les attaques contre les universités… – Font partie de cette stratégie.

10:47
Adel Ziane

– Mais non, mais ça peut arriver aussi en France ?

10:50
Invité

– Moi, je pense qu'aujourd'hui, c'est pour ça que j'ai porté cette proposition de loi, c'est qu'il faut se prémunir et se préserver, justement, de ce type de danger. Et on voit bien, moi, je l'ai vu, et tout le monde l'a vu à partir de 2022-2023, des universités qui étaient attaquées politiquement, qui étaient attaquées d'un point de vue financier, qui étaient attaquées d'un point de vue médiatique, et justement, parfois, des chercheurs, dans leur champ de recherche, dans leur domaine de recherche, qui étaient mis en cause parce que, justement, ils travaillaient sur la question de l'islam dans un certain nombre de pays, qui travaillaient sur des sujets de recherche qui ne convenaient pas.

– Oui, de la France ou des États-Unis ? – Là, je parle de la France. Effectivement, il y a eu des cas de figure, justement, où des conseils d'administration ont été envahis parce qu'ils étaient en train de débattre sur un sujet et parce qu'ils ne prenaient pas position, par exemple, dans le conflit au prochain, que ce soit pour le côté palestinien ou pour le côté israélien. Ça, il faut faire de l'université un lieu sacré où, justement, les étudiants…

11:38
Adel Ziane

– Je vais juste vous donner un exemple concret. Il y a un an, effectivement, Fabrice Balanche, vous le connaissez, géographe, maître de conférence à Lyon 2, était violemment pris à partie par des étudiants pro-palestiniens. Il a dû quitter l'amphi sous des huées qui étaient très menaçantes. Un an plus tard, il dit dans le Figaro ce week-end que rien n'a été fait. Il vient enseigner sous la protection de deux agents de sécurité. Comment c'est possible, ça, aujourd'hui, en France ?

12:00
Invité

– Ça fait, justement, lorsque j'évoquais, justement, cette nécessité de prendre en considération les dangers qui guettent aujourd'hui les chercheurs, les étudiants-chercheurs et les étudiants tout court, c'est tout à fait ce genre de situation qui est à mettre en évidence.

12:12
Adel Ziane

– Et rapidement, quels sont les outils que vous proposez qui seraient éventuellement mis en place ?

12:16
Invité

– Alors, le premier point, c'était de bien définir la liberté académique. Le deuxième point, c'était ensuite de créer un observatoire qui permettait de qualifier, de quantifier ces atteintes à la liberté académique. Parce qu'aujourd'hui, on parle de faits divers, de remontées d'informations, parfois, qui mettent en évidence ces dangers-là. Et ensuite, des éléments, on va dire, qui vont pénaliser les atteintes à cette liberté académique que ce soit d'un point de vue juridique, pénal ou financier.

12:38
Adel Ziane

– Nelziane, on va parler de la gauche, si vous voulez bien que vous êtes membre du Parti Socialiste. On va voir tout ça avec Alex. Alex, le Parti Socialiste, qui a présenté la semaine dernière son nouveau programme pour répondre aux défis du XXIe siècle. Mais il doit servir surtout de base pour la campagne présidentielle, c'est ça ?

12:54
Invité

– Oui, Steve, c'est un document de 144 pages qui propose des centaines de mesures et qui a été rédigé par Chloé Rydel. Chloé Rydel, c'est une eurodéputée socialiste. Elle est en charge de refonder le projet du Parti Socialiste. Et politiquement, elle est plutôt proche du premier secrétaire Olivier Faure. On la voit à l'écran. Et en tout cas, même si elle est proche d'Olivier Faure, elle a écrit ce programme en associant les différents courants du parti. Alors, quel est le but de ce nouveau corpus idéologique du PS ? Eh bien d'abord, c'est d'occuper le terrain des idées à gauche. Un terrain qui est, il faut le dire, monopolisé depuis des années par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise.

Et encore récemment avec son concept de Nouvelle France. Ensuite, ce texte socialiste entend tourner la page de la social-démocratie héritée du XXe siècle. Une social-démocratie qui a, selon les socialistes, permis des progrès sociaux, mais sans forcément prendre en compte les limites écologiques de la planète ou sans réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. Et puis enfin, l'EPS veut reprendre à son compte l'idée de liberté, accaparée par la droite et l'extrême droite. Selon les socialistes, je cite Chloé Riedel, la liberté est une question éminemment sociale.

Être libre, c'est avoir un travail qui paye, pouvoir s'éduquer, ne pas subir les discriminations et ne pas être assigné à résidence.

14:12
Adel Ziane

Alex, donnez-nous le programme. Quelles sont les mesures fortes de ce programme ?

14:15
Invité

Ce sont des propositions de gauche classiques, notamment sur la fiscalité, avec une taxe Zuckman de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, un impôt sur les grandes successions au-delà de 200 000 euros et puis la promesse d'un SMIC à 1 690 euros net par mois, c'est-à-dire une hausse de 200 euros par rapport au niveau actuel. Et ensuite, on retient une réforme des retraites dans une version socialiste avec une abrogation de la réforme des retraites bornes à 64 ans, un âge légal de départ qui est fixé à 62 ans, 43 années de cotisation et puis la possibilité de partir quand même plutôt en cas de métier pénible.

On peut dire également qu'il n'y a pas de grandes indications sur le financement de ces centaines de mesures. Maintenant, les militants du Parti Socialiste vont pouvoir dans les prochaines semaines amender ce programme et ce texte, il doit être prêt cet été. Adel Zian, ce texte, ce programme du Parti Socialiste pour le XXIe siècle, il ne fait pas forcément l'unanimité au sein du parti. Vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Moi, je me réjouis, dans un premier temps, que nous puissions avoir un parti qui a travaillé de manière transpartisane, c'est-à-dire que tous les courants du parti ont pu être associés dans une démarche, on va dire, un peu heuristique autour de cette réflexion.

Qu'est-ce qu'un programme socialiste pour la prochaine élection présidentielle ? On parle souvent du programme de la LFI, l'Avenir en commun, qui a été mis en place en 2016, qui a été amendé. Aujourd'hui, nous arrivons avec une proposition consolidée qui demande justement demain à être travaillé. C'est pour moi le point extrêmement important et peut-être la faiblesse dans un premier temps de ce programme, de ce projet, c'est de pouvoir être amendé, travailler sur le fond, par l'ensemble des militants. Est-ce que c'est un programme qui a vraiment des idées fortes, par exemple, pour gagner la présidentielle ?

Pour le moment, c'est, j'ai envie de dire, un corpus idéologique qui cherche à dire, qui va vers qu'est-ce qu'être socialiste aujourd'hui. Il y a des points, moi, sur lesquels je ne suis pas tout à fait d'accord. Par exemple, quand vous l'évoquiez, tournez la page de la social-démocratie. Je suis un social-démocrate, je n'ai pas de problème avec ça. Et je considère justement que c'est une manière de gouverner respectable et respectueuse de la démocratie, des valeurs et des principes de la République autour de ce corpus. Maintenant, est-ce que c'est un programme qui permet de gagner l'élection présidentielle demain ? Pas encore. On est vraiment sur une ébauche.

C'est un document sérieux, consolidé, il fait à peu près 144 pages. Et il y a un point extrêmement important, et vous l'avez dit, comment est-ce qu'on le finance ? Et quand on parle de comment est-ce qu'on le finance, c'est toutes les difficultés qu'on connaît depuis de nombreuses années sur comment équilibrer ce budget.

16:36
Adel Ziane

Vous dites que ce programme, il n'est pas financé aujourd'hui ?

16:38
Invité

Pour l'instant, il y a tout un travail qui est en train d'être fait. Là, ce sont les propositions et le travail à venir. Et là, on va revenir sur le fond, c'est qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui de la fiscalité ? Quand on voit que le gouvernement a baissé depuis 2017 de 60 milliards les rentrées fiscales dans notre pays, je suis élu à Saint-Ouen, j'ai été élu aux finances dans cette ville, j'ai pu voir de 2020 à 2026 les brèches qui ont été faites dans le financement des collectivités locales parce que la taxe d'habitation a été supprimée, parce qu'un grand nombre d'éléments comme la DSU et la DGF ont été baissés, voire supprimés.

Aujourd'hui, quand on doit se poser la question à l'horizon de l'élection présidentielle, la question de ce financement elle va être déterminante. Alors, un programme très bien, mais maintenant il faut un candidat pour la gauche pour se qualifier au second tour, notamment face à Jean-Luc Mélenchon qui lui sera certainement candidat. Marine Tondelier qui est à la tête des écologistes défend l'idée d'une primaire de la gauche hors LFI, une primaire qui d'ailleurs est critiquée par certains socialistes, notamment François Hollande.

Et hier sur le plateau de notre émission Le Grand Jury en partenariat avec le RTL, et bien Marine Tondelier a eu des mots très durs envers les opposants à cette primaire de la gauche.

17:42
Présentateur

Je vais vous dire, en politique, on a le droit d'avoir des avis différents. Mais là, c'est quand même du sabotage. C'est-à-dire qu'on est dans une séquence de décomposition politique. Les gens ont le droit d'avoir des désaccords, d'être un peu perdus. Ils ont le droit d'être perdus, mais ils n'ont pas le droit de nous faire perdre. Et moi, je n'accepte pas qu'un outil qui est sur la table, qui est plébiscité par entre 85 et 90 % de nos électeurs, on le casse sans ne proposer rien d'autre à la place. Je trouve que c'est du sabotage.

18:09
Invité

Adélziane, est-ce que vous êtes favorable à cette primaire de la gauche hors LFI ? Ou est-ce que vous faites partie des saboteurs ? Pour reprendre les mots de Marine Tondelier. Ni sabotage, ni saboteur. Moi, ce que je constate, c'est que s'il y a un parti à gauche qui a initié la logique de primaire, c'est le Parti socialiste. On a pu le voir, ça a eu des fois des conséquences positives pour le Parti socialiste. la primaire de 2007, la primaire de 2012 qui avait permis ensuite à François Hollande d'être candidat.

Des fois, ça a été plus compliqué, celle de 2017 où l'ensemble des candidats avec Benoît Hamon, avec l'ensemble des candidats, de mémoire, il y avait donc Manuel Valls, François de Rugy. Alors, sur celle de 2027. Et donc, sur celle de 2027, est-ce que la recette de la primaire des années précédentes fonctionne aujourd'hui ? Moi, quand on parle de la primaire justement de 2017, elle avait été faite au sein du Parti socialiste. C'est un débat, en tout cas, au sein du Parti socialiste encore. Est-ce qu'on envoie un candidat socialiste, on le désigne et il va à la primaire ?

Est-ce que tous les socialistes, tous les écologistes, tous ceux qui veulent être partenaires et partisans de cette primaire peuvent candidater ? Enfin, les contours, ils sont encore très, très vagues. Donc, votre avis n'est pas encore tranché sur cette primaire à gauche ? Sur cette question de la primaire à gauche, mon avis n'est pas tranché parce qu'est-ce qu'on voit ? Il y a ceux qui veulent y aller et ceux qui ne veulent pas y aller. Sachant que la LFI, Jean-Luc Mélenchon a toujours dit de toute façon, j'irai de mon côté, je n'ai pas besoin de partenaires, j'avance et ensuite vous rallierez à moi.

Dernière question rapidement sur ces questions politiques à gauche, il y a une rencontre aujourd'hui entre Olivier Faure et Raphaël Glucksmann qui est à la tête de son parti Place Publique. Je pense qu'on va parler de présidentielle dans ces échanges. Est-ce que selon vous, Raphaël Glucksmann a le profil pour être le candidat soutenu par les socialistes ? Raphaël Glucksmann a été déjà un candidat soutenu par le Parti socialiste au moment des élections européennes que ce soit en 2019 et en 2024. Il avait fait une belle campagne en 2024 et il avait permis justement enfin au Parti socialiste qui le soutenait de faire un score à deux chiffres dans une élection nationale et européenne.

Est-ce qu'il a envie d'être candidat du Parti socialiste ? Est-ce qu'il a envie de porter des valeurs de gauche ? Visiblement oui, il a envie d'être candidat

20:07
Adel Ziane

du Parti socialiste. C'est donc votre réponse à la question d'Alex.

20:10
Invité

Et donc ma réponse à la question d'Alex c'est qu'aujourd'hui il est en train de discuter et c'est un sujet qui doit être traité pour ma part en tout cas. Est-ce que ça sera mon candidat ? Moi ce que je vois c'est qu'on est dans une forme de grand prix de Formule 1 c'est le warm-up. Il y a les tours d'essai il va y avoir les qualifications et ensuite il y aura le grand prix en lui-même. Raphaël Glucksmann a été un bon candidat en 2024 mais est-ce qu'il sera le bon candidat pour les élections présidentielles ? Encore faut-il un projet qui soit porté et qu'il porte un projet socialiste. Vous doutez un peu.

Moi j'attends un petit peu de voir aussi les messages qu'il envoie à la gauche qu'il envoie au peuple de gauche désolé d'avoir ce logiciel mais aujourd'hui et je pense que 2027 un des enjeux qui sera important c'est qu'on va revenir à un clivage gauche-droite et vraiment aujourd'hui les marqueurs politiques entre la gauche et la droite vont revenir.

20:53
Adel Ziane

On en reparlera évidemment à Delziane. L'actualité c'est aussi cette affaire cette affaire qui rend fou votre ville de Saint-Ouen l'affaire Master Poulet c'est un resto rapide que le maire Karim Boimbran du parti socialiste tente de faire fermer. On va tout de suite rejoindre Charles-Henri journaliste à citoyens.com Bonjour Charles racontez-nous cette polémique qui a des accents très politiques

21:15
Invité

Oui bonjour bonjour Adelziane donc oui en effet la ville de Saint-Ouen vous êtes donc élu élu au sein de la majorité depuis 2020 a engagé en fait un bras de fer avec cette enseigne de restauration rapide donc Master Poulet qui s'est installé donc à deux pas de la mairie le maire socialiste de Saint-Ouen Karim Boimbran lui il estime qu'elle a ouvert donc cette enseigne le 10 avril sans autorisation préalable il a fait installer des blocs de béton pour en bloquer l'accès en réponse Master Poulet a saisi le tribunal administratif de Montreuil qui lui a donné raison en tout cas sur ce point celui du blocage les blocs de béton ont bien été retirés mais ils ont été remplacés depuis vendredi par de grands pots de fleurs donc le contentieux continue en fait ce que reproche Karim Boimbran à cette enseigne de restauration rapide c'est la qualité de la nourriture qu'elle produit et aussi des nuisances les nuisances que génère son activité sur le cadre de vie des riverains notamment le bruit et les émanations donc des cuisines en revanche le différent a pris récemment une tournure politique puisque les élus de la France insoumise ont pris parti pour le restaurateur et accusent même le maire de Saint-Ouen de pousser à la gentrification de la ville sous couvert de lutte contre la malbouffe donc moi ce que je voudrais je voudrais vous interroger en fait c'est sur votre perception de cette politique et cette polémique et finalement si elle ne reflète pas ce qu'on a vécu un peu pendant les municipales c'est-à-dire cet affrontement entre deux gauches deux visions de la société ici gentrification d'un côté lutte contre la malbouffe de l'autre et donc affrontement entre deux gauches qui a d'ailleurs rebondi avec l'élection du maire de Saint-Denis Bali Bagayoko à la tête de Pleine Commune face à Karim Bouhamran

23:17
Adel Ziane

alors votre réponse à Charles sur cette polémique Master Poulet

23:20
Invité

sur cette polémique moi j'ai été avant d'être sénateur j'étais adjoint à l'aménagement et l'urbanisme de la ville de Saint-Ouen et j'étais également vice-président de Pleine Commune à l'aménagement et l'urbanisme quand on a un commerce qui s'installe qui s'installe alors dans l'espèce Master Poulet n'avait pas les autorisations encore délivrées par l'urbanisme à l'aménagement d'ouvrir quand un commerce s'installe qui a des nuisances qui a des problématiques aussi d'extraction que ce commerce ouvre sans les autorisations de la ville effectivement nous en tant qu'élus les personnes que nous allons voir ce sont les habitants qui viennent nous dire qu'est-ce qui se passe à cet endroit attendez attendez justement c'est pas juste ça la deuxième chose je vais y venir sur la France insoumise puisque c'est ça que vous voulez savoir la deuxième chose c'est que dans la diversification commerciale de la ville sur l'avenue Gabriel Paris on a eu six ouvertures de restauration de poulet c'est le rôle du maire j'en suis désolé mais c'est comme ça c'est le rôle du maire aussi de s'assurer de la qualité de la diversification d'offres parce que c'est ce qui est attendu par les habitants enfin sur la France insoumise écoutez il y a une gauche qui s'agite et une gauche qui agit effectivement on sort des élections municipales on a eu la France insoumise qui a porté une candidature à travers une candidate et soutenue par Éric Coquerel donc qui reviennent aujourd'hui pour soutenir justement dans cette bataille de gentrification pas gentrification de la ville moi je me permets d'ajouter un point important j'ai été élu dans cette ville on a porté un projet de ville équilibrée on a créé 600 logements sociaux je ne suis pas en train de défendre notre bilan mais 600 logements sociaux on a fermé les 7 points de deal de narcotrafic de la ville de Saint-Ouen le soutien qu'on a eu de la France insoumise de ce côté-là il a été très très faible

24:55
Adel Ziane

Merci beaucoup merci Charles-Henri journaliste à Citoyens.com merci de nous avoir résumé cette polémique qui prend des affaires une dimension quasi nationale merci beaucoup Adelziane Merci

25:05
Présentateur

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25:15
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Adel Ziane : « Trump est à la fois victime et accélérateur de violences » — Adel Ziane · Pourquijevote