Garde à vue de Rima Hassan: l'interview de Manuel Bompard en intégralité
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D'abord, M. Nunez fait fi, manifestement, de la présomption d'innocence. Pourquoi ? Parce qu'il dit que Rima Hassan, en gros, est responsable d'apologie du terrorisme, ce qui n'est évidemment pas le cas.
Il dit qu'elle est accusée d'eux, elle est soupçonnée d'eux.
Non, non, il ne dit pas qu'elle est accusée d'eux, il dit qu'il a considéré, lui, que c'était de l'apologie du terrorisme et c'était la raison pour laquelle il avait fait un signalement. Écoutez, Rima Hassan, depuis deux ans, elle a fait l'objet de dizaines d'enquêtes, de saisines, de signalements, etc. À l'heure où on se parle, aujourd'hui, il y a eu 13 affaires qui ont été classées sans suite. Mais il en reste d'autres. Il en reste 6. Mais moi, je vous parle de celles qui sont closes aujourd'hui. Les 13 en question, elles ont été classées sans suite.
Donc, il y a, à l'égard de Rima Hassan aujourd'hui, un acharnement judiciaire et politique dont tout le monde comprend la raison, c'est-à-dire qu'on reproche en vérité à Rima Hassan d'être une voix engagée pour dénoncer le génocide à Gaza. Et que vous avez aujourd'hui des gens qui essayent de la faire taire sur ce sujet et qui utilisent, y compris la voix judiciaire, pour essayer de la faire taire sur ce sujet. Comme elle l'a fait, d'ailleurs, pour des syndicalistes, des intellectuels, des personnalités dont le seul tort, en vérité, est de protester contre le génocide à Gaza.
On va revenir en détail sur le fond. D'abord, il y aura un jugement, le 7 juillet, parce que c'est ce qu'on a appris également. Une date a été fixée et on a appris, grâce au service police-justice de BFM TV, Pauline Romnard, qu'elle était convoquée aussi aujourd'hui à la PJ Rima Hassan. Est-ce qu'on sait pourquoi ou pas ? C'est dans un autre dossier, nous dit-on. Alors, il faut voir, c'est donc dans un des dossiers des 6 autres procédures en cours, puisque, je le confirme, il y en a 13 qui ont été classés sans suite. Ça ne se passe pas au même endroit qu'hier.
Ça se passe devant la BRDP, c'est-à-dire la brigade de répression de la délinquance aux personnes, c'est-à-dire derrière le tribunal judiciaire de Paris. Elle est attendue ce matin. Elle est probablement convoquée. Elle le savait qu'elle avait ce rendez-vous devant la justice. Elle le savait depuis plusieurs jours. Elle s'y est sans doute préparée. Et son avocat fait savoir que la conférence de presse aura bien lieu dans les prochaines heures. Donc, le scénario le plus probable, c'est qu'elle soit auditionnée ce matin et qu'elle tienne sa conférence de presse cet après-midi.
Alors qu'on voit les locaux dans lesquels elle est ou elle doit être interrogée, on ne sait pas si elle est physiquement présente, mais peut-être, Manuel Bompard, vous avez ces informations. Est-ce qu'elle y est en ce moment ? Et surtout, pourquoi est-elle convoquée ?
Non, moi, ce que je sais, c'est que, comme ça a déjà été le cas depuis plusieurs mois, elle a été convoquée pour ce qu'on appelle une audition libre. C'est-à-dire que vous avez la possibilité de vous présenter ou de ne pas vous présenter. Rima Hassan, à chaque fois qu'elle a été convoquée pour une audition libre, malgré l'acharnement dont on est en train de parler, elle a toujours répondu présente. Et c'est la raison pour laquelle le fait qu'hier, elle ait été convoquée sous le régime de la garde à vue, comme le disait l'avocat qui était présent sur le plateau avant moi, est particulièrement scandaleux. Vous convoquez une personne sous le régime de la garde à vue...
Alors qu'elle est en train d'arriver, pardon, je vous interromps, parce qu'on voit justement cette image.
Vous avez la réponse à votre question. Et bien voilà.
Est-ce qu'elle s'exprime ou pas ?
Observation déjà préalable pour vous dire que... On va peut-être se décaler parce qu'il y a une voiture qui arrive, on va la bloquer. Il y a un peu trop. Attention, attention. Pardon. Simplement déjà pour vous dire, il faut que je rappelle que nous organiserons une conférence de presse cet après-midi qui se tiendra à 17h. Ça, c'est le premier point que je souhaitais vous communiquer. Ensuite, deux observations préalables à cette conférence de presse. C'est aujourd'hui la raison de notre venue.
Je rappelle, et le parquet l'a confirmé hier, que sur 16 des procédures qui ont été diligentées à l'encontre de Rima Hassan, 13 ont fait l'objet d'un classement sans suite, précisément parce qu'elles sont parfaitement infondées. Et si nous présentons aujourd'hui à nouveau devant les services enquêteurs, c'est que nous attendons qu'un même traitement soit réservé aux restants des procédures, à savoir qu'elles fassent l'objet d'un classement sans suite. Ça, c'est la première observation.
Deuxième observation, et avant même d'attendre la conférence de presse cet après-midi, nous demandons solennellement à la procureure de la République de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire compte tenu des nombreuses fuites qui sont survenues hier et dont le but était de porter atteinte à la réputation de Mme Rima Hassan. Et c'est une responsabilité qui incombe à la procureure de la République et qui incombe d'autant plus compte tenu des nombreuses fausses informations qui ont circulé pendant toute la journée d'hier et au sujet desquelles nous reviendrons plus en détail cet après-midi. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi elle est convoquée aujourd'hui ?
Je n'aurai pas plus de déclarations. Merci à vous.
Et voilà donc pour ce commentaire de l'avocat de Rima Hassan qui s'exprimera, vous l'avez entendu, à 17h. Et cette demande d'ouverture donc d'une enquête sur les fuites qui sont intervenues hier. Pauline Rovna, peut-être rafraîchissez-nous un petit peu la mémoire. Que s'est-il passé hier et de quoi parle ici son avocat alors qu'on continue de voir leur arrivée à la police judiciaire ici en direct ? Maître Mrengart, il parle des premières informations qui ont été distillées dans les médias concernant effectivement le placement en garde à vue de Rima Hassan et des produits qu'on a retrouvés dans ses effets personnels.
Le plus simple peut-être, c'est de regarder ce que nous dit le parquet puisqu'il y a ce communiqué du parquet qui nous est parvenu dans la soirée. La fouille des effets de Rima Hassan, vous le voyez à l'écran, a révélé la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD, d'autre part à de la 3 MMC, sur laquelle elle a été interrogée. Ces éléments sont disjoints, précise le parquet, et feront l'objet d'une procédure distincte. Et je pense que c'est probablement là-dessus, Manuel Bompard, que vous voulez apporter des précisions. Moi, ce sont les mots de la justice et de la procureure de Paris. Je vous les livre tels quels.
Voilà ce que dit le parquet à ce stade. Manuel Bompard. Écoutez, moi je suis venu aussi ce matin pour ça, pour dire qu'hier, pendant toute l'après-midi, Rima Hassan, elle a été calomniée. Elle a été diffamée. Pourquoi ? Dites-nous exactement sur ce que vous en savez. Je vais vous dire pourquoi. Je vais vous dire pourquoi. Par des médias, vous en avez fait partie. Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Hier, pendant 4 heures, vous avez fait 12 bandeaux dans lesquels vous avez dit, on a retrouvé de la drogue dans le sac de Rima Hassan. Nous, on cite ce que dit le parquet. Non, le parquet n'a pas dit ça. Il y a des fuites, il y a des informations. Le parquet n'a pas dit ça.
Le parquet a dit, soi-disant, qu'il y aurait eu des substances, s'apparentant à. Mais c'est ce qu'on vient de montrer, c'est ce qu'on peut voir. Ce n'est pas ce que vous avez dit hier. Moi, ce que je vous affirme ce matin, solennellement, c'est que Rima Hassan n'a pas consommé de drogue et ne détenait pas de drogue hier, lorsqu'elle a été auditionnée.
Qu'est-ce qu'elle détenait ?
Elle détenait une chose simple, elle l'a dit elle-même, ce qu'on appelle du CBD, qui est une substance parfaitement légale, vendue dans le commerce en France, qu'elle utilise à des fins médicales, comme des milliers, des dizaines, peut-être des centaines de milliers de personnes en France, et qui n'est pas un produit illégal, et qui n'est pas de la drogue. Alors toutes celles et ceux qui... Attendez, attendez, moi je suis allé au bout. Parce que l'avocat de Rima Hassan, il a dit ce que lui allait faire. Moi, je vais vous dire ce que moi je vais faire.
Moi, ce que je fais, c'est d'abord que je demande que le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice, diligente des enquêtes administratives pour comprendre d'où viennent ces fuites. Et je lui ai posé la question ce matin. Et je le sais, et je l'ai vu. Et M. Nunez a répondu... Et M. Nunez a répondu, ça c'est mon affaire.
C'est mon affaire, ça veut dire que peut-être qu'il donnera des suites en effet...
Mais ce n'est pas son affaire, c'est notre affaire à nous. Parce que je vous rappelle qu'il existe dans la loi un principe qui s'appelle 1. la présomption d'innocence et 2. le secret de l'enquête et le secret de l'instruction. Et quand vous avez des gens dans les services de police et dans les services de justice qui volontairement font fuiter des fausses informations pour salir une responsable politique, et bien ça doit donner lieu à des sanctions. Deuxièmement...
Il peut y avoir une enquête ouverte devant l'IGPN, l'inspection générale de la police. Je le précise pour les téléspectateurs.
Je vous en remercie. Je souhaite qu'il y ait des enquêtes administratives dans la police, dans la justice. Je saisirai avec mes collègues de la France Insoumise l'ARCOM pour que l'ensemble des médias qui n'ont pas pris les précautions nécessaires pour relater ces informations soient sanctionnées. Je demande que des excuses soient présentées sur l'ensemble des plateaux de télévision où Rima Hassan a été calomnié et diffamé pour dire que ce n'est pas normal que l'on fasse et que l'on utilise ce type de pratique. Parce que là, le mal est fait maintenant. Elle a été salie et ça va être très difficile de corriger les informations qui ont été données sur lesquelles. Précisez-nous les choses
sur ces matières, pour reprendre les mots du parquet toujours, s'apparentant à une drogue de synthèse qui s'appelle le 3MMC. De quoi parle le parquet ici ?
Écoutez, moi, je suis respectueux de la loi, contrairement aux autres. Donc je suis tenu moi-même au secret de l'enquête, Rima Hassan aussi et son avocat aussi. Donc ils s'exprimeront cet après-midi. Mais ce que je vous dis, moi, puisque Rima Hassan l'a dit, et donc je peux m'appuyer sur ces termes, et je sais que c'est vrai, ce que je peux vous dire, c'est que Rima Hassan n'avait pas de drogue hier en garde à vue sur elle.
Et à votre connaissance, elle répondra ce soir à ces questions précisément.
Je crois, puisqu'il y compris ce que son avocat a dit. Et peut-être que le parquet pourrait communiquer plus précisément sur ce sujet, puisque manifestement, le parquet communique.
La question leur a été posée.
Eh bien, on va attendre leur réponse. Mais peut-être que vous aussi, vous avez une responsabilité. Que les responsables politiques qui hier sont venus sur les plateaux de télévision pour dire des choses du type « Rima Hassan est une camée ». J'ai entendu ce type d'expression. Rima Hassan consomme... David Nisner,
maire de Cannes. Exactement.
Moi, je dis que l'ensemble de ces responsables politiques doivent s'excuser aujourd'hui et qu'ils sont couverts de honte. Et qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui vont passer pour des imbéciles.
Alors, on va attendre ce que dit évidemment la suite de l'enquête. On sait quelle sera la suite précise sur ce point, Pauline, ou pas ? Non, mais ce qu'il faudrait faire, c'est mener des analyses précises sur ces substances et pour comprendre exactement de quoi il s'agit. S'il s'agisse du CBD, s'il s'agisse de la 3MC, ça doit être possible de faire ces constatations. C'est de la police technique et scientifique. Donc ça, c'est possible de le faire dans un temps relativement court. Et ensuite, on verra effectivement ce qu'il en ressort. Moi, j'entends ce que vous dites aussi. Est-ce que c'est courant et systématique comme ça de fouiller les affaires en cas de garde à vue ?
Oui, alors ça, on peut fouiller en cas de garde à vue et on peut ouvrir une enquête pour ça. Oui, on peut le faire. Ça, techniquement, c'est tout à fait possible.
Madame, techniquement, c'est tout à fait possible. Je ne le conteste pas. Mais quand vous convoquez sous le régime de la garde à vue pendant 10 heures une personne pour un tweet, d'abord, pourquoi vous la convoquez sous le régime de la garde à vue alors qu'elle s'est présentée à toutes les auditions libres à laquelle elle a été invitée ? Il n'y a aucune motivation et aucune raison. Et deuxièmement, pourquoi vous la fouillez ? C'est pour un tweet qu'elle a été convoquée. Alors, il n'y avait rien. Mais on fait une fouille. Ensuite, on dit « Ah, dans la fouille, il y a des choses qui ont été retrouvées. » Ensuite, on sort ces informations et ensuite, vous répétez ça pendant toute la journée.
Est-ce que ça ne peut rien faire ? Et en plus, elle est en garde à vue.
Donc, vous accusez la justice d'avoir manipulé
cette garde à vue ? Je considère que les fuites, je ne dis pas la justice, les fuites dans la police et dans la justice sont des fuites qui s'est passé et assalir les masses.
Non, la question lui a été posée sur, en effet, ces fuites et sur le fait que la France Insoumise et vous, précisément, demandaient à ce qu'il, diligente, lui, ses services et le garde des Sceaux, Gérald de Narnoilin, une enquête. Et vous en parliez, Pauline, notamment avec, sans doute, la police des polices pour savoir pourquoi ces fuites ont eu lieu. En effet, là-dessus, il est resté extrêmement prudent. En revanche, là où j'ai envie de revenir avec vous, Manuel Bompard, c'est sur cet article 40, ce signalement fait par le ministre de l'Intérieur lui-même en plus d'autres associations concernant ce tweet précisément. Apologie du terrorisme, les mots aussi sont importants.
Voilà ce que tweetait Rima Hassan le 26 mars dernier. Elle fait référence à un homme japonais qui, dans les années 70, a été accusé de terrorisme et elle dit « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Il appartient au ministre de l'Intérieur de réagir aussi comme il l'entend. Ce signalement, article 40, il est tout à fait en liberté de le faire et de réagir comme il le souhaite. Ça, vous ne contestez pas.
Des articles 40, j'en fais moi-même, plusieurs par mois. Le problème, c'est que quand moi je fais des articles 40, par exemple pour des propos racistes qui ont été tenus, ça ne donne pas lieu à une convocation sur le régime de la garde à vue, à 10 heures de garde à vue, à des fuites policières et à des fuites judiciaires pour salir les gens pendant toute la journée. Jamais. Donc le problème, ce n'est pas d'avoir fait un article 40. Après, on pourra parler du fond si vous voulez.
Évidemment, comme ça a été dit, Rima Hassan, sur le moindre de ses tweets, aujourd'hui, vous avez des associations qui sont liées au régime de Netanyahou, au régime du gouvernement israélien qui visent à la faire taire en utilisant chacune de ces expressions.
Vous disiez la LICRA, en l'occurrence, parce qu'elle aussi...
Je ne le dis pas eux, mais il y a des organisations qui, depuis deux ans, se sont fait une spécialité de venir déposer des plaintes sur le moindre des propos, sur des enquêtes qui, ça a été dit, en tout cas, toutes celles qui ont été closes à ce stade, en fait, étaient absolument sans aucun fondement puisque tous ont été classés sans suite. Donc il n'y avait absolument aucun fondement. Et donc, il y a une pratique d'harcèlement judiciaire. Là, c'est différent. Vous dites que vous faites
des signalements plusieurs fois par mois, vous pouvez admettre que d'autres aient le droit de les faire aussi.
Mais moi, je ne conteste pas, madame, le fait qu'on puisse faire des signalements. C'est un droit constitutionnel. Le problème, ce n'est pas qu'il y ait des signalements. Le problème, c'est que certains signalements, manifestement, sont écartés et donnent lieu à des gardes à vue alors que, franchement, on parle de 10 heures de garde à vue pour un tweet, quand même.
Est-ce que, Pauline, sur ce fameux article 40, pour les gens qui nous regardent, qui découvrent sans doute un petit peu tout ça, le fait qu'il y ait un article 40, ça déclenche automatiquement une garde à vue ou pas ? Non, ça ne déclenche pas automatiquement une garde à vue. Ça fait un signalement à la justice. La justice étudie la chose et se demande... Ça ne donne pas une dimension différente. Non, mais c'est... En fait, si vous voulez, l'histoire de l'article 40, c'est que toute personne qui a l'autorité a un devoir de signaler ce qu'elle juge hors les clous, si vous voulez.
Et alors ensuite, à la justice d'apprécier et de dire sous quel régime, comment on va faire, comment on va la convoquer. Il y a plein de possibilités. Là, il se trouve qu'elle était convoquée et que ça a basculé en garde à vue.
Monsieur, je vais vous dire pourquoi je suis agacé. Parce que ce n'est pas la première fois. Parce que pendant la campagne des élections municipales, on a eu une séquence à peu près de même nature. C'est-à-dire que Sébastien Delogu, qui était la tête de liste de la France Insoumise à Marseille, pendant plusieurs jours dans les médias, on a dit qu'il s'est fait livrer de la drogue à domicile sur la base de fuite policière. Et puis en fait, il est allé à la convocation et puis on s'est rendu compte que ce n'était pas de la drogue qui s'était fait livrer à domicile, c'était des meubles. Et puis après, on n'en a plus parlé.
Donc vous vous dites que c'est le même procédé ?
Je dis que le procédé qui consiste à, par l'intermédiaire de fuite policière et judiciaire politiquement orientée vise à nous salir. Et après, qu'est-ce qui se passe ? Pendant plusieurs jours, vous dites Sébastien Delogu s'est fait livrer de la drogue. Donc tout le monde se dit c'est bizarre quand même. C'est pas normal. Et puis après, quand on apprend que c'est des meubles, plus personne n'en parle et puis on passe à autre chose. Puis le mal est fait. Donc vous comprenez pourquoi il y a un secret de l'enquête et un secret de l'instruction.
Vous comprenez pourquoi il faut faire attention quand on évoque des accusations contre quelqu'un parce qu'en plus elle n'a pas la possibilité de se défendre.
À salir la France insoumise.
Évidemment.
À salir Jean-Luc Mélenchon.
Pourquoi la France insoumise est la seule formation politique qui est aujourd'hui ciblée par ses pratiques ? Pour quelles raisons ? Pour quelles raisons ? Donc... Bah écoutez, les deux exemples
que je suis en train de vous donner... Il y a des articles 40 qui sont... Mais c'est pas les articles 40, monsieur, le problème. Les articles 40,
c'est pas un problème. Vous dénoncez quoi ? Un devoir de mesure ? C'est un devoir. Moi, quand je fais un article 40, c'est même pas un droit. C'est une obligation.
Qui découle de cet article 40 que vous dénoncez.
Mais je dénonce le traitement et je dénonce la boucle police-justice-média qui consiste désormais à faire fi de la présomption d'innocence, à faire fi du secret de l'enquête pour instrumentaliser des affaires judiciaires pour salir une force politique. Parce que ça fait du mal après. Sur le déclenchement... Parce qu'évidemment que les gens n'ont pas envie de voter pour des gens qui se font livrer des drogues à la maison.
Juste, Manuel Gompard, sur le déclenchement de cet article 40 et le tweet en question, est-ce que vous reconnaissez quand même... Sur l'apologie pour que les choses du terrorisme, voilà. Est-ce que vous reconnaissez quand même que Rima Hassan flirte souvent avec les limites ? Dans ce que j'ai lu là, dans l'événement auquel elle fait référence, encore une fois, de cet homme dans les années 70 qui tue des Israéliens dans un aéroport. Elle n'a pas dit
qu'elle a prouvé son action.
Elle ne l'approuve... Non mais encore une fois, c'est là où je vous dis de flirter avec les limites.
Oui, mais flirter, pardon, ça ne veut rien dire. C'est-à-dire que là, on parle de délit. Donc soit les délits... Mais c'est la justice qui se prononcera. Il vient au jugement le 7 juillet. Très bien. Mais pour l'instant, sur les 13 enquêtes qui étaient ouvertes, la justice s'est prononcée. Il y en a eu 13 qui ont été classées sans suite. Il en reste 6. Voilà. Et je pense que ces 6-là, si vous me demandez mon avis à moi, seront aussi et ne donneront lieu à aucune condamnation. En tout cas, je le crois. Et parce que je considère que les faits ne sont absolument pas avérés. Rima Hassan n'approuve pas les actions violentes dont vous êtes en train de parler. Je ne dis pas qu'elle les approuve.
Je dis qu'elle
bien la langue française. Oui, mais flirter,
ça ne veut rien dire, madame. Soit vous posez un acte qui est un délit et les caractériser comme tel, soit non. Flirter, ça n'existe pas.
Et c'est la justice qui va trancher encore une fois. D'accord. La justice qui tranchera le 7 juillet.
Pourquoi la justice ? Pourquoi il y a cette forme de harcèlement judiciaire contre Rima Hassan ? Est-ce que vous trouvez normal qu'une députée européenne élue par les Françaises et les Français pour faire son travail passe 10 heures en garde à vue pour un tweet de 144 caractères ? Qu'est-ce que vous faites pendant 10 heures en garde à vue sur un tweet de 144 caractères ?
Ce n'est pas grave
l'apologie du terrorisme ? Ça veut dire quoi ? Faire l'apologie d'actes terroristes ? Si, c'est grave, oui. Bien sûr, si quelqu'un le fait, ce n'est pas normal de le faire. Mais en l'occurrence, personne ne le fait chez nous. La justice, encore une fois,
se prononcera le 7 juillet. Elle ne l'a pas encore fait
sur ce point précis. Mais est-ce que Rima Hassan a dit tel acte terroriste, je l'approuve, je le soutiens, je l'encourage ? Jamais. Jamais elle n'a fait ça. Et heureusement. Donc l'apologie du terrorisme, aujourd'hui, c'est quelque chose qui d'ailleurs, initialement, était dans le droit de la presse, qui a été élargi dans le droit commun. Et d'ailleurs, ça a été très contesté quand ça a été fait parce que tout le monde s'est dit, attention, c'est une notion suffisamment floue pour que ça devienne un outil de persécution politique. Et d'ailleurs, nous faisions partie de ceux qui l'avons dit à l'époque. On n'était pas seuls.
Les communistes, les écologistes avaient voté contre l'introduction dans le droit commun parce que tout le monde avait compris à l'époque que ça allait être utilisé pour être détourné de son objet. Que le sujet n'était plus le fait de faire de l'apologie de l'acte terroriste mais de chercher, comme vous le dites vous-même, des zones de flou. Mais en fait, on a le droit de critiquer l'action du gouvernement israélien. On a le droit de dénoncer le génocide à Gaza. On a le droit de soutenir...
Ça, c'est la liberté d'expression ?
On a le droit, madame, y compris de soutenir la résistance palestinienne parce que la résistance palestinienne, c'est un terme qui est reconnu y compris par le droit international. Quand il y a une situation d'oppression, vous avez un droit à la résistance que vous n'avez pas le droit. Évidemment, c'est les crimes de guerre, c'est les crimes contre l'humanité. C'est là où est la distinction. Mais parler de résistance palestinienne n'est pas un délit. Et heureusement, au contraire, moi je soutiens et j'encourage la résistance palestinienne.
Mais quand vous dites ça, évidemment, tout le monde pense à ce qui s'était passé le 7 octobre. Mais ça n'a rien à voir
avec la résistance palestinienne.
Je pense que c'est important de le préciser.
Mais moi, je l'ai dit depuis le premier jour, je l'ai même caractérisé en droit international. Il a dit que c'était ce qu'on appelle des crimes de guerre. D'ailleurs, il y a ce qui s'appelle la Cour pénale internationale. Il y a des mandats d'arrêt qui ont été délivrés contre les dirigeants du Hamas en raison de ce qui s'est passé le 7 octobre et contre le Premier ministre israélien, M. Netanyahou, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, voire crimes contre l'humanité. Vous voyez, il faut parler précisément des choses. Moi, j'essaye de parler précisément des choses.
Elle est convoquée ce matin devant les enquêteurs de la brigade de la répression de la délinquance sans personne pour une des six autres procédures. Rappelons donc qu'il y en a 13 qui ont été classées et qu'il y en a 6 en cours. C'est l'une de ces six. Et ces six autres procédures, on sait quelle est leur nature ? On ne connaît pas le contenu ni le détail. Évidemment, on a demandé des précisions et on creuse ce chapitre-là. Parce que rappelez-nous par qui elle est entendue ce matin, ce qui peut nous permettre peut-être d'éclairer un petit peu les choses. Non, c'est un service de la police judiciaire de Paris.
Elle est entendue au Bastion, donc derrière le tribunal judiciaire par les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance aux personnes. Juste un dernier point, Manel Bompard, sur ce que vous demandez aujourd'hui au ministre de l'Intérieur de dilégenter des enquêtes. Si ces enquêtes n'étaient pas diligentées, justement parce que vous dénoncez ces fuites, est-ce que vous pourriez aller peut-être plus loin, passer ces demandes-là ?
Qu'est-ce que je peux faire de plus ?
Porter plainte,
je ne sais pas. En ce qui concerne les plaintes, c'est évidemment Rima Hassan et son avocat qui en décideront. De ce que j'ai compris, pour l'instant, leur déclaration, c'est de demander à ce que ça ne soit pas à eux de déposer plainte, mais que ce soit le parquet lui-même qui dépose plainte. Parce que cette manière qui consiste à dire, alors qu'il y a des violations absolues des principes de l'État de droit, en fait, c'est votre problème à vous, c'est à vous de le régler en portant plainte alors que ça nous concerne tous.
Mais cela dit, pour l'instant, je vous interromps, parce que le parquet, alors il a communiqué sur ces substances qui s'apparentent selon les termes du parquet à du droit à l'MMC, mais pour l'instant, à ma connaissance, et je parle souvent de contrôle, il n'y a pas de suite judiciaire qui soit enclenchée sur cet aspect-là. Pour l'instant, à ma connaissance, non, mais il va falloir qu'on avance un peu là-dessus, effectivement, et il faut, je pense, éclaircir un peu plus les formulations.
Non, mais ce que je voulais juste vous dire, c'est qu'indépendamment du fond, donner des informations dans une enquête en cours pendant une garde à vue, faire comme on a assisté hier, c'est-à-dire quasiment on pouvait suivre la garde à vue de Rima Hassan en live-tweet hier. Mais en fait, c'est illégal. Et la responsabilité du ministre de l'Intérieur, du ministre de la Justice, c'est de faire respecter la loi. Quand la loi n'est pas respectée, c'est de leur responsabilité de mener les enquêtes et d'identifier les responsables des violations de la loi pour les sanctionner.
Une précision peut-être, Pauline Revenas, sur la façon dont les choses se passent. Ces fuites, alors on peut les regretter, effectivement, mais ça arrive dans d'autres cadres que l'audition de Rima Hassan. Ce n'est pas un cas unique. Ça arrive régulièrement qu'on ait des informations, qu'on obtienne des informations sur des gardes à vue qui sont en cours, pas forcément dans un cadre politique. Oui. Qu'est-ce que vous voulez me faire ? Ce que je veux dire, c'est que vous semblez dire qu'il y a un acharnement spécifique mais que c'est du jamais vu. Mais non, c'est assez courant.
Non, mais monsieur, ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui brûlent des feux rouges que si vous brûlez un feu rouge, vous avez le droit de le faire. Donc ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce n'est pas de savoir si ça existe dans d'autres affaires. Le sujet, c'est est-ce que oui ou non, il y a des violations du secret de l'enquête et si oui, il y a des violations des secrets de l'enquête, c'est un délit, c'est illégal. Et donc ça doit donner lieu à des poursuites, à l'identification des personnes qui en sont responsables. Dans une garde à vue, il n'y a pas 40 personnes.
Donc on doit savoir assez précisément qui sont les personnes et on doit pouvoir les retrouver assez facilement qui donnent des informations à l'extérieur pendant la garde à vue qui en plus les trafiquent ou en tout cas les présentes d'une certaine manière visant ensuite à ce que ces informations soient utilisées dans l'espace médiatique pour salir une personne.
Donc vous dites ce matin, c'est quand même, vous demandez au parquet aussi de se saisir.
Mais moi je demande à ce que la vérité soit faite, que les personnes qui sont responsables de ces fuites soient identifiées, qu'elles soient sanctionnées.
Quelle que soit la manière que ça a...
Et je considère que ce n'est pas à nous de porter plainte que c'est au ministre, au gouvernement de dire s'ils trouvent que c'est acceptable ou pas acceptable dans un état de droit et si ce n'est pas acceptable dans un état de droit alors il doit mener les enquêtes en cours. C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure quand M. Nunez dit mais ça c'est mon affaire, non ce n'est pas son affaire, c'est notre affaire à tous.
Enfin il ne dit pas qu'il ne donnera pas suite, pardonnez-moi.
Il n'a pas dit ça, mais il n'a pas dit qu'il allait donner suite, madame, vous êtes d'accord ?
Oui, mais il ne le dit pas non plus.
Vous avez raison. Mais ce n'est pas son affaire, c'est notre affaire à tous. Parce que si on est attaché à un état de droit dans lequel il y a des principes, présomption d'innocence, respect du secret de l'enquête, ces principes, tout le monde doit les défendre, pas seulement moi.
Vous lui avez parlé à Rima Hassan depuis hier ou pas ?
Oui. Et alors quel est son état d'esprit ? Elle le dira dans sa conférence de presse j'imagine cet après-midi mais je pense à ses proches d'humains.
On ne l'a pas entendu, on l'a vu arriver tout à l'heure en direct, il y a son avocat qui était à ses côtés et lui s'est exprimé, son avocat écoutait une partie de son expression il y a quelques minutes. Son avocat, vous nous rappelez ? Vincent Bringart. On l'écoute.
Nous demandons solennellement à la procureure de la République de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire compte tenu des nombreuses fuites qui sont survenues hier et dont le but était de porter atteinte à la réputation de Mme Rima Hassan. Et c'est une responsabilité qui incombe à la procureure de la République et qui incombe d'autant plus compte tenu des nombreuses fausses informations qui ont circulé pendant toute la journée d'hier.
Voilà donc cette intervention il y a quelques minutes. On vous rappelle l'audition qui est en cours à la police judiciaire pour Rima Hassan accompagnée par son avocat et donc la conférence de presse qui a été confirmée par l'avocat. Ce sera à 17h. On vous remercie Emmanuel Bompard d'être venu ce matin sur BFM TV pour réagir en direct à cette audition et cette garde à vue d'hier. C'est parti.
C'est parti. C'est parti.
Manuel Bompard