Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique est l'invité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Mathieu Lefèv, merci d'être avec nous ce matin sur France info canal 16. C'est la rentrée politique et la rentrée du gouvernement avec un premier conseil des ministres de rentrée demain et surtout la préparation du budget euh 2027. Le premier ministre Sébastien Lecnu a écrit hier soir à l'ensemble des parlementaires, sénateurs euh et députés pour les mettre en garde, je cite le premier ministre, il faut adopter un budget, doter le pays d'un budget sous peine de désordre.
Les mots sont très forts. Est-ce que vous êtes inquiet, monsieur le ministre, sur cette séquence budgétaire à venir ? En tout cas, le premier ministre est du côté de l'intérêt général et il appelle chacun à la responsabilité.
Est-ce qu'il faut ajouter dans ces temps d'incertitude une incertitude supplémentaire en matière budgétaire ? Est-ce qu'il faut prendre le risque d'une crise économique avec une augmentation des taux d'intérêt qui pénaliseraient non seulement le budget de l'État, mais aussi les entreprises et les ménages français ? Est-ce qu'il faut prendre le risque d'une crise peut-être démocratique avec une élection présidentielle qui serait grevée par l'absence de budget ?
Je ne le crois pas. Il faut donc que chacune et chacun puissent trouver des compromis au service de l'intérêt général pour que le pays puisse se doter d'un budget et si j'ose dire pour être aussi moins emprise avec de potentiels spéculateurs à un moment où les taux d'intérêt sont en train de remonter. Est-ce que ça montre pas quand même la la la grande fébrilité du gouvernement ?
On sait que vous n'avez pas de majorité parlementaire bien évidemment. Il y a cette campagne présidentielle qui a qui a commencé notamment ce weekend en cette rentrée euh euh politique. Est-ce que euh dans ce contexte-là, c'est aussi pas la raison pour laquelle le le Premier ministre a fait cette lettre ?
On a l'impression de d'une grande fébrilité du gouvernement par rapport à cette séquence budgétaire. Non, il y a aucune fébrilité. Simplement il y a un état de fait.
On entend d'ors et déjà des parlementaires qui nous disent qu'ils vont quoi qu'il arrive censurer le budget qui proposent d'ors et déjà des moyens de contourner le débat démocratique qui est leur mission première. Donc le premier ministre a raison de les appeler à la responsabilité, de les appeler au débat qui est dans le fond la mission première du parlement qui est de voter le projet de de budget. Mais nous ne découvrons pas non plus une situation politique dans lequelle le gouvernement n'a pas de majorité.
Il est vrai que l'élection présidentielle exacerbe les tensions, les positions, les postures, mais le pays mérite mieux que des postures. Et surtout encore une fois, l'élection présidentielle pourrait être grevée si demain il n'y avait pas de budget. Parce que s'il faut euh adopter un budget en milieu d'année prochaine, ça veut dire que nous ne l'aurons qu'à l'automne prochain.
Donc le prochain président qui sera élu n'aura pas les moyens de son action. Ce qu'on propose, c'est un budget qui soit non pas réversi mais qui puisse être modifié par le choix démocratique des Français. Mais on ne peut pas modifier un budget qui n'existe pas, un budget qui ne passerait pas en force.
En tout cas, c'est ce que dit visiblement le le Premier ministre dans dans dans sa dans cette lettre au parlementaires. Il dit "Aucun recours au 493 ni aux ordonnances, ça comment vous pouvez tenir cette promesse là Le Premier ministre est un artisan du compromis. Il l'a montré l'an passé.
Il tend la main à l'ensemble des forces politiques républicaines pour adopter un budget. Simplement, on va pas commencer à débattre des outils constitutionnels ou réglementaires alors même que le débat n'est pas encore venu. Alors même que le gouvernement n'a pas encore présenté sa copie.
Il faut que nous puissions débattre de l'ensemble des articles du projet de loi de finance et loi de financement de la sécurité sociale, avoir un débat de fond. Peut-être d'ailleurs que les formations politiques disent qu'elles veulent pour le pays pour la suite et qu'on puisse avoir un débat contradictoire. Mais ne commençons pas à parler outils avant de parler de mesures.
Euh Mathieu Lefève, en tout cas, il va falloir faire des choix budgétaires. On sait que le gouvernement cherche environ 60 milliards d'euros d'économie. Est-ce que vous nous dites ce matin, est-ce que vous vous engagez sur les mesures qui ont été annoncées suite à cet cet été hors norme catastrophique notamment sur le front des des incendies avec ces mégafeux en Giron, dans le Var et dans les Landes ?
Est-ce que ces mesures budgétaires qui ont été annoncées seront maintenues et figureront dans le prochain budget ? Oui, les moyens seront là et ce que je veux d'abord vous dire c'est que il y aura plus demain la capacité à investir ou à faire face à une crise nouvelle comme nous l'avons vécu avec le D3 d'Ormous si nous n'avons pas de budget. L'absence de budget, elle coûte 15 milliards d'euros.
C'est un rapport de l'IGF qu'il a indiqué cette semaine et elle empêche d'investir pour l'avenir ou de protéger les Français. Mais au cas particulier de la transition écologique et de l'adaptation au changement climatique, ces dépenses seront sanctuarisées. Elles seront en augmentation plus 1 milliard et demi pour le budget de l'écologie. un fond vert, cet outil qui permet d'adapter les collectivités au dérèglements climatiques.
Donc ce que vous nous annoncez, c'est que le fond vert euh va être euh enfin son budget va être augmenté à nouveau parce qu'il avait été ponctionné le budget du fondé à 1 milliard d'euros dans le projet de budget qui sera présenté aux parlementaires avec notamment 100 millions d'euros pour renouveler la forêt, plus de la moitié des dépenses qui sont consacrées à l'adaptation au changement climatique. C'est un effort extrêmement important. Les dépenses du budget de l'État vont augmenter moins rapidement que l'inflation, quatre fois moins que l'inflation, mais certains secteurs sont préservés dont la transition écologique, dont la défense.
Ça veut dire qu'il faut faire des économies par ailleurs avec notamment le plan de communication en réduction qu'a proposé le premier ministre pour sanctuariser des dépenses d'investissement et revenir sur des dépenses de fonctionnement. Donc vous faites cette annonce ce matin que le fond vert va voir son budget augmenter d'un milliard d'euros, donc revenir quasiment 1 milliard d'euros. 1 milliard d'euros, d'accord. euh au lieu de 900 millions euh aujourd'hui à peu près he 750 millions d'euros 750 millions donc ça monte un petit peu en rappel he le fond vert c'est un dispositif qui permet de de d'assurer la transition écologique du du pays he pour les téléspectateurs qui qui nous regardent parmi ces 60 milliards d'euros d'économie où allez-vous les les trouver ?
On entend beaucoup que les retraités aisés vont être mis à contribution et participer davantage à l'effort national. Est-ce que vous confirmez que en effet vous vous orientez dans cette direction et donc que les retraités les les plus aisés vont être vont être sollicités ? D'abord, il y a eu beaucoup de fake news dans ce débat.
Le premier ministre a remis les choses au carré cette semaine en écartant certaines pistes. Il y aura l' ministre de l'économie. C'était c'était sa proposition he débat.
Ce débat est un débat légitime. Je ne sais pas si elle sera retenue cette mesure par le gouvernement et je ne sais pas, je dis que le débat est légitime, qu'on peut l'avoir. Mais je dis aussi que sans budget de sauvegarde républicaine, sans budget raisonnable dans le monde concurrentiel que nous connaissons face à une telle flambée des taux d'intérêt, il va falloir faire des efforts, pas des efforts pour faire des efforts, pas des efforts aveugles, mais des efforts pour préserver notre capacité à investir dans l'avenir et notre capacité à défendre l'économie française et les ménages français.
Alors, parlons de cette élection présidentielle. Vous vous soutenez Édouard Philippe, l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron qui est à Mayotte, qui a fait sa rentrée politique à Mayotte avec des annonces autour de l'immigration. Il souhaite, je cite, fermer les vannes totalement de l'immigration à Mayotte sur c sur cette île française.
Ça valu une passe d'arme avec Jean-Luc Mélenchon, leader des des insoumis. Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement, vous êtes, je le rappelle, soutien euh d'Édor Philippe dans cette campagne, comment on fait juridiquement et d'un point d'un point de vue constitutionnel pour totalement euh arrêter l'immigration à Mayotte ? Édard Philippe propose trois choses à la fois un centre de retour spécifique pour euh les pays euh du sud de l'Afrique qui propose également un moratoire sur l'immigration et euh il propose également de ne plus instruire les demandes d'asile à Mayotte.
Si l'on ne fait pas preuve de grande fermeté en matière migratoire à Mayotte, on va au deve grandes difficultés. Et d'ailleurs, ce plan s'inscrit dans la prolongation de ce qu'a fait Emmanuel Macron et ce qu'a fait Gérald Armanin depuis 2017. Mais pardon monsieur ministre, mais ça empêche pas les gens qui souhaitent venir rejoindre Mayotte via des bateaux d'ailleurs de fortune de de misère de le faire quand même.
C'est pour ça qu'il faut continuer, faut poursuivre l'augmentation des moyens en faveur de la lutte contre l'immigration clandestine comme nous l'avons fait depuis 2017-28. C'est pour ça qu'il faut poursuivre l'augmentation des moyens en matière de force de sécurité intérieure. Je rappelle que dès 2018, Édouard Philippe proposait à la fois de réduire le droit du sol à Mayotte et d'augmenter ses moyens et que Gérald Armin a mené une action en la matière les années suivantes avec par ailleurs un dialogue beaucoup plus exigeant vis-à-vis des pays tiers et notamment des com.
Des coms. Vous parlez de Gérald Armanin, il annoncé son soutien justement à votre candidat Édouard Philippe. Ça change quoi ?
Qu'est-ce que ça change ? D'abord Gérald Arrmanin, c'est un acteur de premier plan de la politique française. Ça montre la capacité d'Edouard Philippe à s'élargir et Gérald Arrmanin le fait sur le fond avec à la fois des divergences par rapport à Édouard Philippe mais Géraldmanin met les égos de côté au service d'une cause qui est la lutte contre le duel attendu entre le Rassemblement national et la France insoumise.
C'est donc un acte politique majeur. Par ailleurs, Géraldin a des différences de sensibilité. Ce sera je crois à la fois un aiguillon social, un aiguillon politique pour Édouard Philippe.
Il va jouer quel rôle Gérald Darmanin dans cette campagne ? Il jouera le rôle qu'il souhaite. En tout état de cause.
Le gouvernement est pleinement mobilisé à sa tâche qu'on a évoqué les enjeux budgétaires, les enjeux qui sont face à nous. personne ne comprendrait que nous ne soyons pas à notre tâche. Gérald Armanin jouera le rôle qu'il souhaite, mais quoi qu'il en soit, c'est un acteur de premier plan et c'est donc la démonstration de la capacité d'Edouard Philippe à s'élargir et à faire l'union de la droite et du centre autour de lui.
Alors, il y a il y a une annonce qui est attendue ce soir. C'est la déclaration très probable de de Raphaël Gluxman candidat à l'élection présidentielle et sans doute candidat aussi à la primaire du du Parti socialiste. C'est une candidature qui est plutôt qui qui qui est favorable pour vous.
Comment de comment vous la voyez ? Comment vous l'analysez ? Est-ce que ça divise davantage la gosse ou c'est un candidat sérieux qu'Edouard Philippe va devoir prendre en compte et affronter Raphael Glman ?
Oui, bien sûr. Mais bon, moi j'observe d'abord qu'il y a évidemment deux gauches irréconciliables et je Bah comme au sein du bloc central où vous êtes pas bien réconciliable, Gabriel Atal, Bron. Nous, on se divise pas sur des sujets essentiels.
Eux se divisent sur des sujets essentiels. Par exemple, Raphael Luxman est pro européen. Mélenchon n'est pas Jean-Luc Mélenchon n'est pas proeien.
Raphaël Luxman n'est pas communautariste. Jean-Luc Mélenchon est communautariste. Sur l'antisémitisme, la rupture est franche.
Mais moi, je souhaite en effet pour notre pays que nous puissions avoir une gauche républicaine avec laquelle nous avons des désaccords, des désaccords profonds, mais au moins avec laquelle nous pouvons débattre en républicain dans le respect des valeurs de la République. C'est pas du tout le cas de Jean-Luc Mélenchon, c'est certainement le cas de Raphaël Luxman. Merci Mathieu Le fait.
Merci d'avoir été avec nous dans le 740 sur France canal 16.
Mathieu Lefèvre